3622 -Tchéquie, Pologne, Hongrie … bilan de l’année 2019

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Tchéquie : bilan de l’année 2019

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Par Alimuddin Usmani. 11 janvier 2020 VisegradPost

Tchéquie L’année politique 2019 en Tchéquie a été marquée par trois événements notables.

  • Tout d’abord par les élections européennes du 24 et du 25 mai,
  • ensuite par une énorme manifestation anti-gouvernementale le 23 juin
  • puis une deuxième marche protestataire du même ordre le 16 novembre,cette dernière manifestation coïncidant avec la commémoration des 30 ans de la Révolution de Velours.

Ces protestations ont été organisées par le collectif Million chvilek pro demokracii (un million de moments pour la démocratie) qui réclame la démission du Premier ministre Andrej Babiš, accusé de conflits d’intérêts dans deux affaires de subventions européennes. L’ONG Transparency International (TI), notamment financée par le milliardaire George Soros, s’est associée à cet appel à la démission [1].

Le parti ANO toujours en tête des sondages

D’après un sondage, publié le 20 décembre 2019 par le Centre de recherche sur l’opinion publique [2], le parti au pouvoir ANO du Premier ministre Andrej Babiš reste largement en tête avec 29,5% des intentions de vote, suivi par le parti Pirate (parti libéral-libertaire qui soutient en grande partie les manifestations anti-gouvernementales) avec 14% des voix et par l’ODS (parti de la droite économique) qui récolte 12,5%. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie, le Parti social-démocrate, l’Union chrétienne démocrate et le SPD de Tomio Okamura (parti souverainiste) peuvent raisonnablement espérer se situer au dessus de la barre de 5%. Tandis que le Parti Pirate reste stable et que l’ODS s’effrite légèrement par rapport aux résultats des élections européennes de mai 2019, le parti ANO rebondit de 21 à 29,5%.

Qu’est-ce qui explique que le principal parti au pouvoir résiste aussi bien à des manifestations de rue, pourtant sans précédent depuis 1989 ? 

Ce phénomène d’opposition systématique à la politique gouvernementale d’Andrej Babiš est effectivement une chose inédite sur la scène politique tchèque depuis la Révolution de velours. Aucun Premier ministre n’y avait été confronté. Mais ce n’est pas la rue qui gouverne. En réalité, chaque coalition au pouvoir façonne sa propre idéologie. Il y a, en Tchéquie, une sorte de nouveau contrat social, qui s’est conclu depuis deux ans, entre les partis au pouvoir et une grande partie de la société et qui reste valable en 2019. Si l’on voulait résumé la doctrine actuellement en place, on pourrait la résumer ainsi :

Nous vous garantissons la stabilité et une distribution régulière des prestations sociales, nous vous protégeons contre l’immigration massive et incontrôlée et en échange vous ne vous mêlerez pas de notre façon de gouverner et particulièrement de notre manière de gérer l’État comme s’il s’agissait d’une entreprise privée. 

L’immigration toujours rejetée par l’opinion publique et la classe politique

Le Parlement européen, le 17 septembre 2019, à Strasbourg, en France (image d'illustration).5db2cbd76f7ccc5de84bbd91 Le Parlement européen, le 17 septembre 2019, à Strasbourg, en France (image d’illustration).

Sur le sujet de l’immigration, l’année 2019 ne fait pas exception aux années précédentes. Le consensus anti-immigration au sein de la classe politique tchèque tient bon.  En effet, en octobre 2019, le Parlement européen a fait capoter, de justesse, une résolution favorable au sauvetage et à l’accueil des migrants en Méditerranée par 290 voix contre 288 [3].

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Les députés tchèques, dont la députée communiste Kateřina Konečná, ont largement contribué à ce succès des souverainistes, qui bataillent contre les ONG immigrationistes, en votant contre la résolution. Seuls les députés du Parti Pirate, dont l’électorat se situe principalement dans les franges urbaines et plus aisées de République tchèque, ont voté pour.

Relations internationales

le président tchèque Miloš Zeman 1042937218  le président tchèque Miloš Zeman

La Tchéquie, membre de l’OTAN depuis 1999, continue à avoir des relations contrastées avec la Russie. D’un côté, le président tchèque Miloš Zeman est réputé pour ses amitiés envers la Russie et la Chine, et de l’autre côté certains différents historiques ressurgissent de manière ponctuelle entre les deux pays. Cette année, la diplomatie russe a protesté {4] contre la décision de la Tchéquie de faire du 21 août une fête du souvenir en mémoire des victimes de l’invasion soviétique de 1968. Notons également que la Russie a inscrit l’organisation tchèque Člověk v tísni (Gens dans le besoin), financée par Soros et spécialisée dans l’humanitaire et l’aide aux migrants, sur la liste des organisations indésirables et interdites d’agir en Russie.[5]

Perspectives pour 2020

La scène politique tchèque devrait encore évoluer en vue des législatives de 2021. Si le parti ANO d’Andrej Babiš tient bon face aux déstabilisations, voulues par une partie de la société qui descend régulièrement dans la rue, il pourrait à nouveau se placer en bonne position pour rafler la prochaine mise électorale.

klaus_vaclav_mladsi Václav Klaus fils

Il sera également intéressant de voir l’évolution du parti Trikolora fondé en 2019 par Václav Klaus junior, fils de l’ancien président tchèque homonyme. Ce parti de droite, libéral sur le plan économique mais également conservateur sur le plan sociétal, souverainiste et eurosceptique, a le vent en poupe et Václav Klaus fils bénéficie, outre l’aura garantie par le prestigieux nom de son père, d’une image de sérieux et d’intégrité. L’institut de sondage Kantar CZ a estimé, en novembre 2019, qu’il pourrait recueillir 6,5% des intentions de vote[6] et faire son entrée au parlement en 2021.


LIENS

  1. https://sansapriori.net/2019/12/07/3573-une-ong-financee-par-soros-reclame-la-demission-du-premier-ministre-tcheque-andrej-babis/
  2. https://cvvm.soc.cas.cz/en/
  3. https://francais.rt.com/international/67285-parlement-europeen-rejette-resolution-favorable-sauvetage-accueil-migrants
  4. https://www.radio.cz/fr/rubrique/miroir/un-certain-regard-sur-lannee-2019
  5. https://www.clovekvtisni.cz/en/what-we-do/human-rights-support/russia
  6. https://www.novinky.cz/domaci/clanek/ano-a-pirati-ztraceji-trikolora-poprve-ve-snemovne-40306357

SOURCE/https://visegradpost.com/fr/2020/01/11/tchequie-2019/


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Pologne : bilan de l’année 2019

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Par Olivier Bault. 15 janvier 2020 VisegradPost

PologneDeux élections gagnées par le PiS, des résultats économiques insolents, une offensive généralisée du lobby LGBT et un conflit avec Bruxelles qui n’en finit pas.

Après la victoire en demi-teinte [1] du PiS et de ses alliés aux élections municipales et régionales de l’automne 2018, l’opposition polonaise comptait sur l’année 2019 pour chasser le parti de Jarosław Kaczyński du pouvoir. Les élections européennes de mai, censées être plus favorables à la gauche et aux libéraux car intéressant moins les « eurosceptiques » et l’électorat rural, devaient servir de tremplin.

Manque de chance, le PiS est arrivé largement devant la « Coalition européenne » réunissant les libéraux, la gauche post-communiste et le parti agraire (qui avait gouverné la Pologne aux sein de la coalition dirigée par les libéraux de la Plateforme civique de 2007 à 2015).

Une raison de cette défaite de l’opposition a probablement été son virage à gauche sur le plan sociétal [2], initié par le maire de Varsovie (Plateforme civique, PO) avec sa très controversée « Déclaration LGBT+ »[3] qui a marqué en février le début d’une grande offensive du lobby LGBT en Pologne.

Une offensive qui s’est d’ailleurs accompagnée d’une autre contre l’Église, avec des médias de gauche qui se sont mis à agiter d’anciennes affaires de pédophilie réelles, comme dans le film documentaire « Surtout ne dis rien à personne »[4], ou inventées [5]. Cette offensive avait en réalité démarré à l’automne 2018 avec la sortie du film de fiction violemment anticlérical « Le Clergé »[6] qui a fait l’objet d’une action de rabattage médiatique inédite.

Après la défaite des Européennes, la « Coalition européenne » s’est séparée[7] en formant trois blocs : les libéraux ont maintenu le cap libéral-libertaire au sein de la Coalition civique conduite par la Plateforme civique qui avait gouverné avec le PSL de 2007 à 2015, la gauche a viré encore plus à gauche (au sens social et surtout sociétal) et le PSL a repris une orientation plus conservatrice et plus proche des valeurs chrétiennes.

Ceci n’a toutefois pas empêché la coalition « Droite unie » conduite par le PiS de remporter largement[8] les élections législatives du 13 octobre. Il faut dire qu’il a bénéficié de plusieurs facteurs favorables. L’un d’eux était toujours et encore la radicalisation perçue par les électeurs du côté des libéraux très impliqués dans la défense des marches LGBT très nombreuses en 2019 en Pologne et aussi particulièrement agressives [9] vis-à-vis des catholiques, ce qui a permis au PiS de se poser en défenseur de l’identité polonaise, de la famille et des valeurs chrétiennes. Parlant de l’offensive idéologique en cours en Pologne, l’archevêque de Cracovie a fait jaser dans les médias internationaux en août quand il a évoqué dans un prêche [10] la « peste arc-en-ciel » qui avait remplacé la « peste rouge » sur les bords de la Vistule. L’année s’est d’ailleurs conclue par une résolution du Parlement européen [11] critiquant la Pologne pour sa résistance à l’idéologie LGBT très en vogue à Bruxelles.

Un autre facteur qui a favorisé le PiS, c’est la santé insolente de l’économie[12] et la très bonne tenue du budget malgré les politiques sociales généreuses (à l’échelle polonaise) du PiS. Petite ombre au tableau économique, mais qui n’apparaît qu’en ce début d’année 2020, l’inflation annuelle a atteint 3,4 % en décembre, ce qui est un niveau qui n’avait pas été vu depuis 2012. Du fait d’un taux de chômage qui n’avait jamais été aussi bas depuis la transition à l’économie de marché de 1989-90, à 3,1 % de la population active au 3e trimestre 2019 selon les critères Eurostat, et à 5 % en octobre 2019 selon le mode de calcul polonais (GUS), l’immigration de travail a continué d’augmenter l’année dernière avec plus de 665.000 travailleurs étrangers[13] cotisant à la Sécurité sociale polonaise (ZUS) à la fin du troisième trimestre contre 569.000 un an plus tôt. Ces étrangers sont très majoritairement des Ukrainiens (près de 500.000 cotisants à la fin du troisième trimestre 2019) et ces statistiques ne couvrent bien entendu que le travail déclaré,le nombre total d’Ukrainiens en Pologne étant estimé à quelque part entre un et deux millions.

Nombre d’étrangers cotisant au ZUS

POLOGNE PREMIER MINISTRE Mateusz Morawiecki mateusz_morawiecki POLOGNE PREMIER MINISTRE Mateusz Morawiecki

De ce fait, la Pologne reste de loin le pays de l’Union européenne qui délivre le plus de permis de séjour. Les données Eurostat publiées [14]en 2019, portant sur l’année 2018, montraient que, comme en 2017, la Pologne est le premier pays européen en termes de premiers permis de séjours délivrés pour tous les motifs confondus tout en comptant pour largement plus de la moitié en ce qui concerne ceux délivrés pour le travail. En tout, 635.000 premiers permis de séjour ont été délivrés par la Pologne en 2018 contre 544.000 par l’Allemagne, 451.000 par le Royaume-Uni, 265.000 par la France, 260.000 par l’Espagne et 239.000 par l’Italie.

Parallèlement, les chiffres publiés en 2019 ont montré que le nombre de Polonais vivant à l’étranger avait légèrement baissé [15] en 2018 pour la première fois depuis 30 ans à la faveur du Brexit et de la bonne conjoncture en Pologne. Mais ils étaient encore 2,45 millions émigrés polonais en 2018 dont 2,15 en Europe (contre environ 38 millions d’habitants en Pologne).

Par ailleurs l’année 2019 aura été l’année du transfert des conflits[17] initiés sous l’égide de la Commission Juncker sur la ligne Bruxelles-Varsovie de la Commission européenne à la Cour de Justice de l’UE, avec le nouveau Parlement européen et la Commission Von der Leyen qui semblent toutefois ne pas vouloir démériter[16] dans ce domaine. Attendons-nous donc à une année 2020 mouvementée avec la perspective de l’élection présidentielle dans laquelle l’actuel président Andrzej Duda part favori et avec aussi la perspective d’un envenimement des conflits avec Bruxelles exacerbé par l’opposition polonaise elle-même. Chose significative, en 2019, pour la première fois depuis l’adhésion de la Pologne à l’UE en 2004, une étude de la Commission européenne a montré que près de la moitié des Polonais pensaient que leur pays se porterait mieux en dehors de l’Union européenne. Précisons toutefois que cette étude est contredite par d’autres qui montrent que les Polonais restent largement partisans de l’appartenance à l’UE malgré les ingérences insistantes des institutions bruxelloises dominées par la gauche et les libéraux. Pour combien de temps encore ?

Pourcentage de gens qui sont d’accord avec l’affirmation « notre pays pourrait mieux faire face à l’avenir en dehors de l’UE ».

 

Pour en savoir plus sur les réformes polonaises et sur la chronologie du conflit avec Bruxelles : Comprendre la situation politique en Pologne : comment la Pologne a basculé en 2015 dans le « Camp du Mal » (pour Bruxelles et les médias dominants)

LIENS

  1. https://sansapriori.net/2018/10/29/3037-elections-regionales-et-municipales-en-pologne-victoire-en-forme-davertissement-pour-le-pis/
  2. https://visegradpost.com/fr/2019/05/30/apres-sa-defaite-contre-le-pis-la-coalition-europeenne-de-gauche-liberale-polonaise-sinterroge-sur-son-virage-lgbt/
  3. https://present.fr/2019/03/12/lopposition-liberale-polonaise-sengage-dans-la-revolution-culturelle/
  4. https://visegradpost.com/fr/2019/05/21/pedophilie-et-homosexualite-dans-leglise-polonaise-la-tempete-apres-le-documentaire-de-tomasz-sekielski/
  5. https://present.fr/2019/06/12/pedophilie-dans-leglise-polonaise-fausse-victime-et-vrai-maitre-chanteur-recu-par-le-pape/
  6. https://reinformation.tv/eglise-pologne-pedophilie-bault-88903-2/
  7. https://sansapriori.net/2019/08/08/3412-a-trois-mois-des-legislatives-lopposition-polonaise-divisee-et-en-manque-de-credibilite-les-conflits-entre-bruxelles-et-la-pologne-ne-seteindront-pas-avec-la-nouvelle/
  8. https://sansapriori.net/2019/12/02/3568-pologne-quelle-situation-politique-apres-les-elections-doctobre/
  9. https://visegradpost.com/fr/2019/07/27/le-proces-en-homophobie-de-la-pologne-apres-lultime-provocation-du-lobby-lgbt-a-bialystok/
  10. https://present.fr/2019/08/06/apres-la-peste-rouge-la-peste-arc-en-ciel-haro-sur-larcheveque-de-cracovie/
  11. https://lincorrect.org/le-parlement-europeen-exige-t-il-de-la-pologne-quelle-enseigne-la-masturbation-aux-enfants-des-la-maternelle/
  12. https://sansapriori.net/2019/08/26/3430-la-pologne-et-la-hongrie-parmi-les-economies-les-plus-performantes-de-lue-et-cest-au-moins-en-partie-parce-quelle-nont-pas-leuro/
  13. https://tvn24bis.pl/z-kraju,74/liczba-cudzoziemcow-ubezpieczonych-w-zus-dominuja-ukraincy,986548.html
  14. https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Residence_permits_-_statistics_on_first_permits_issued_during_the_year&oldid=456573#First_residence_permits_.E2.80.94_an_overview
  15. https://zgody.infor.pl/?h=1&backTo=https%3A%2F%2Fserwisy.gazetaprawna.pl%2Fpraca-i-kariera%2Fartykuly%2F1440610%2Cemigranci-z-polski-wracaja-dane-gus-o-migracji.html
  16. https://sansapriori.net/2020/01/07/3602-1-pologne-t-przeslawski-nombre-dactions-des-representants-des-professions-juridiques-peuvent-etre-lues-comme-portant-atteinte-aux-valeurs-du-droit-2-la-democratie/
  17. https://sansapriori.net/2019/08/08/3412-a-trois-mois-des-legislatives-lopposition-polonaise-divisee-et-en-manque-de-credibilite-les-conflits-entre-bruxelles-et-la-pologne-ne-seteindront-pas-avec-la-nouvelle/

SOURCE/ https://visegradpost.com/fr/2020/01/15/pologne-bilan-annee-2019/


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Hongrie : bilan de l’année 2019

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Par la Rédaction. 17 Janvier 2020  VisegradPost

Hongrie – Bilan de l’année politique 2019 en Hongrie : le Fidesz mis en ballottage par la coalition arc-en-ciel

2019 n’a certes pas renversé la table de la politique hongroise et le Fidesz de Viktor Orbán est toujours dominateur, mais la perte de Budapest aux élections municipales d’octobre a néanmoins écorné pour la première fois un Fidesz qui était invaincu dans une élection majeure depuis octobre 2006, et redonné des espoirs à l’opposition en vue des législatives de 2022, tout en suscitant quelques tensions au sein du Fidesz.

Ce que le triomphe 2018 du Fidesz a masqué

Après sa nouvelle victoire aux législatives d’avril 2018[1], accompagnée d’un inespéré renouvellement de la majorité constitutionnelle des deux tiers de l’Assemblée (pour la troisième fois consécutive), le Fidesz de Viktor Orbán semblait devoir poursuivre tranquillement sa domination politique en Hongrie. La carte de la lutte contre l’immigration illégale (après la crise de 2015) et des réseaux Soros avait produit ses effets.

Néanmoins, notre chroniqueur Modeste Schwartz mettait en garde[2] dès le lendemain de la victoire d’avril 2018, soulignant notamment un début de décrochage électoral au sein de l’électoral jeune :

« comparé à celui de son adversaire le plus novateur (le Momentum, sorte de réplique hongroise de En Marche), l’électorat du Fidesz présente une pyramide des âges presque inversée, notamment marquée par de relativement faibles effectifs dans la tranche la plus jeune. Ces électeurs, dont beaucoup n’étaient pas nés au moment de la chute du communisme, peuvent tout au plus se souvenir – à titre de repoussoir – des années Gyurcsány (deux périodes qui n’ont cependant presque rien en commun à part une certaine continuité dynastique des apparatchiks ex-communistes convertis au néo-libéralisme) ; pour eux, « le système », c’est le Fidesz. »

Dans son analyse, Schwartz ajoutait que

« le Fidesz ne pourra décemment pas perdurer plus de dix ans au pouvoir en reproduisant une rhétorique de rébellion – au risque de finir par promouvoir, sans s’en rendre compte, une alternative (comme Momentum) susceptible d’incarner mieux que lui cet idéal dépassé dans les faits mais conservé par l’inertie des discours. »

Les législatives du printemps passées, le Fidesz s’est rapidement installé dans un discours de pré-campagne en vue des européennes de mai 2019. En juillet 2018, Orbán ne cachait pas son souhait de voir émerger une nouvelle Commission européenne qui tournerait la page des élites soixante-huitardes[3] (ou qui serait, à tout le moins, moins hostile à la Hongrie).

Le sujet de l’affrontement Budapest-Bruxelles n’a fait que de renforcer à l’automne 2018 avec le vote du fameux « rapport Sargentini »[4], aux conséquences au demeurant limitées étant donné le soutien réciproque (avec droit de véto) que s’apportent Budapest et Varsovie dans les procédures initiées par l’Union européenne. En revanche, cet épisode a permis une fois de plus à Viktor Orbán [5](en venant en personne au Parlement européen à Strasbourg) de se poser aux yeux de son opinion publique en défenseur des libertés hongroises.

Pendant ce temps, au sein de la galaxie Fidesz, une autre lutte interne (qualifiée parfois de « Kulturkampf »[6]) s’engageait sous la houlette du journaliste Árpád Szakács, prenant symboliquement la suite d’István Lovas, disparu brutalement en juin 2018[7]. L’objet du débat était  (et est toujours) de critiquer l’octroi massif de subsides publics à divers organismes (en particulier culturels) fondamentalement libéraux et hostiles au gouvernement et à sa ligne politique patriotique.

À ce sujet, Modeste Schwartz prévenait dès avril 2018 :

« Viktor Orbán semble avoir prévu et accompagné cette évolution à temps en lançant son concept de « démocratie illibérale ». Peut-on en dire autant de son parti ? Rien n’est moins sûr. A l’abri d’une rhétorique de campagne civilisationnelle qui gommait les divergences d’intérêt entre Ouest et Est du continent, les élites du Fidesz ont pu jusqu’à présent se payer le luxe de contourner les questions qui fâchent. Elles ne le pourront pas éternellement. Quant à la presse du Fidesz, navigant entre deux eaux, elle désigne de plus en plus souvent l’ennemi comme « libéral », mais en utilisant généralement – à l’américaine – ce mot comme synonyme de « gauche », en feignant d’ignorer l’existence au sein du parti et du régime d’une tendance libérale de droite qui ne demeure fidèle au Fidesz que pour rester aux affaires. »

L’année 2018 se terminait par un épisode rappelant celui du projet de la « taxe Internet » fin 2014 : le vote d’une loi permettant aux employeurs d’imposer des heures supplémentaires. Qualifiée assez abusivement de « loi esclavagiste »[8], celle-ci a néanmoins permis à l’opposition encore sonnée par le triomphe d’avril 2018 de se remobiliser, et ce de façon unie : du Jobbik (anciennement nationaliste radical) au DK (libéral et pro-UE) de l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsány, les partis d’opposition ont marché ensemble et unis contre cette loi, mettant en place des opérations de communication communes[9].

Le feuilleton inachevé de l’année 2019 : le Fidesz et le PPE

Étant donné le succès de la recette en 2018, le Fidesz a poursuivi ses campagnes sur la thématique de l’immigration et des réseaux Soros, associant cette fois-ci Soros et Jean-Claude Juncker[10] (alors président PPE de la Commission européenne, ayant reçu le soutien des eurodéputés du Fidesz en 2014).

Quelle pouvait être la stratégie d’Orbán ? Provoquer un électrochoc ou une rupture au sein du PPE dans l’espoir de dessiner une nouvelle coalition au Parlement européen ? Toujours est-il que cette fois-ci, le PPE (dont une bonne partie des élus avait voté le rapport Sargentini) faisait de cette nouvelle campagne un casus belli, et que l’exclusion du Fidesz était évoquée. De son côté, Orbán annonçait que l’avenir du Fidesz en dehors du PPE[11] était possible.

Au final, le feuilleton s’est interminablement prolongé pour aboutir à une situation curieuse : le Fidesz annonçait en mars[12] son « auto-suspension » du PPE le temps qu’un comité de sages du PPE (composé notamment de l’ancien chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, critiqué en son temps pour avoir gouverné avec le FPÖ) étudie le cas du Fidesz. Une façon pour le Fidesz de ne pas perdre la face auprès de son électorat, tout en gardant la possibilité de réintégrer le PPE en fonction de la configuration politique qui sortirait du scrutin européen.

Néanmoins, début mai, Orbán annonçait lâcher Manfred Weber[13], le « Spitzenkandidat » du PPE, s’efforçant ainsi de conserver un statut de « faiseur de rois » au niveau européen.

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Des européennes en relatif trompe-l’œil

Comme à chaque scrutin européen tenu depuis 2004 en Hongrie (47% en 2004, 56% en 2009, 51% en 2014), le Fidesz a largement remporté les élections européennes[14] avec 52,5% des voix, passant de 12 à 13 eurodéputés (ce qui était l’objectif annoncé du Fidesz, afin de conserver le plus grand poids relatif au sein du PPE).

L’usage renouvelé de la thématique migratoire et l’excellente mobilisation de l’électorat du Fidesz (qui explique que le Fidesz a toujours obtenu des résultats légèrement meilleurs aux européennes qu’aux législatives) a ainsi permis au parti de Viktor Orbán de poursuivre sa dynamique de 2018.

Au niveau de l’opposition, partie en ordre dispersé aux européennes (au contraire de la gauche polonaise, rassemblée sans succès lors des européennes), les cartes étaient fortement redistribuées par le scrutin européen : tandis que le DK (16%) européiste de l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsány et les jeunes de Momentum (10%) faisaient une percée inédite, les socialistes (MSZP) et surtout l’ancien parti nationaliste Jobbik n’obtenaient que 6% des voix chacun, et un seul eurodéputé chacun. Quant au LMP, il s’effondrait à moins de 3%, battu même par le parti nationaliste Mi Hazánk (3,29%, pas d’élu).

Le visage fermé de Viktor Orbán au soir des européennes laissait toutefois déjà entrevoir pour ceux qui se risquent à lire entre les lignes une déception quant au résultat global des européennes[15] qui n’ont pas vu les équilibres politiques continentaux changer.

De surcroit, l’analyse du résultat des européennes à Budapest laissait déjà clairement entrevoir la défaite à venir aux municipales d’octobre dans la capitale :

 – Fidesz : 41,17%

 – DK (19,79) + Momentum (17,35) + MSZP-PM (9,04) = 46,18% (ces trois formations avaient annoncé leur intention d’organiser une primaire pour désigner leur candidat commun, qui sera remportée par Gergely Karácsony)

 – Jobbik (3,18) + LMP (2,98) = 6,16% (ces deux partis avaient initialement prévu de soutenir la candidature indépendante de Róbert Puzsér, avant de se rallier finalement à la candidature de Karácsony)

 – MKKP : 3,83% (ce parti satirique et nihiliste n’a pas présenté de candidat à la mairie de Budapest)

Face à la coalition du « tous contre le Fidesz » déjà clairement annoncée, la défaite du Fidesz dans la capitale et un certain nombre de grandes villes devenait envisageable.

Quant aux discours de refonte du projet européen, ils ont poliment cédé la place au réel. Malgré la suspension du Fidesz du PPE, ses élus siègent toujours dans le groupe parlementaire PPE. Et faute de bouleversement des équilibres politiques ou de poussée populiste, c’est l’allemande Ursula von der Leyen qui a remplacé l’allemand Manfred Weber comme candidat à la tête de la Commission européenne, avec le vote des europarlementaires du Fidesz. La pression exercée par les gouvernements du V4 a néanmoins eu un rôle dans le choix de la Commission et des postes attribués aux commissaires de chaque pays.

En effet, en ce qui concerne la répartition des postes au sein de la Commission européenne[16], si la Hongrie peut se targuer d’avoir obtenu l’important portefeuille de la Commission à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage (très utile à la politique balkanique de Budapest et du V4 en général), le gouvernement hongrois a en revanche subi l’affront de voir son candidat László Trócsányi (qui était tête de liste du Fidesz aux européennes) rejeté pour de futiles histoires de conflit d’intérêt et de devoir le remplacer par un candidat au profil plus policé. C’est ainsi le technocrate Olivér Várhelyi qui est devenu le Commissaire hongrois.

Jobbik et gauche libérale : les succès de l’alliance arc-en-ciel aux élections locales d’octobre

Ce qui a fondamentalement changé dans la politique hongroise en 2019, ce n’est pas le Fidesz (qui est resté très stable en nombre absolu et en pourcentage de suffrages exprimés aux élections), mais la configuration politique de son opposition.

Répétant le modèle expérimenté en février 2018 à Hódmezővásárhely[17], l’ensemble des partis d’opposition s’est coordonné sur la totalité du pays pour présenter des candidats uniques aux élections municipales.

L’impensable rapprochement du Jobbik (anciennement parti nationaliste radical ayant entamé un virage centriste en 2016)[[18] et des partis de la gauche libérale a été peu analysé par les médias occidentaux, le Visegrád Post ayant été l’un des rares médias à évoquer ce sujet qui a eu de lourdes conséquences sur la vie politique hongroise. En effet, les électorats des différents partis ont étonnamment suivi les mouvements d’appareil, et on a ainsi vu des électeurs de gauche voter pour des candidats du Jobbik, et des électeurs du Jobbik voter pour des candidats de gauche (y compris du parti de l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsány, dont le rejet violent en 2006 [19] avait été à la source du décollage du Jobbik).

Dès lors, l’alliance arc-en-ciel de tous les partis de l’opposition parlementaire est parvenue à mettre en difficulté le Fidesz, en remportant la capitale Budapest mais également 10 des 23 villes les plus importantes du pays, dites de droit comital (départemental).

Notons que la campagne du Fidesz à Budapest, même si elle a bien mobilisé l’électorat favorable au gouvernement, a été particulièrement réductrice, se contentant pour l’essentiel de qualifier les autres candidats d’incompétents, sans proposer de programme très novateur. L’échec de la campagne de Budapest a renouvelé au sein du Fidesz une critique régulièrement évoquée à chaque déconvenue (notamment après la municipale de Hódmezővásárhely en février 2018), à savoir le caractère réducteur des campagnes du Fidesz (sur l’immigration illégale ou les réseaux Soros) et l’absence de programme électoral.

Si le Fidesz remportait l’ensemble des 19 assemblées comitales (départementales), la claque de Budapest et des grandes villes fut malgré tout réelle. Dans une analyse publiée juste après le scrutin[20], Raoul Weiss prédisait déjà : « Le risque de voir un tel scénario se répéter à l’échelle nationale dans trois ans n’est pas énorme – mais il n’est, à mon avis, pas nul non plus. »

Les sondages d’opinion n’ont pas tardé à confirmer la prédiction de R. Weiss. Suite au scrutin municipal, les instituts de sondage ont noté un très net recul du Fidesz[21] :

Si le Fidesz reste encore, et de loin, le premier parti de Hongrie, la coordination des partis d’opposition aux législatives (en particulier dans la partie uninominale à un tour du scrutin, avec les 106 circonscriptions législatives ; les 93 autres sièges étant distribués à la proportionnelle) permettrait potentiellement en l’état actuel de renverser du pouvoir le Fidesz.

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2020 : le Fidesz entrera-t-il en crise ? L’opposition parviendra-t-elle à continuer à s’entendre ?

Après les batailles électorales de 2018 et 2019, l’année 2020 devrait constituer un premier round d’observation, étant donné qu’il n’y aura pas de scrutin avant les législatives du printemps 2022.

Lors de sa conférence de presse internationale de début d’année [22], Orbán a annoncé que 2019 était une année d’élections, et que les années 2020 et 2021 seraient consacrées pour le Fidesz à la gouvernance du pays.

Le Fidesz semble chercher à reprendre la main en trouvant d’autres axes que les cordes usées de la thématique migratoire (même si celle-ci n’est pas pour autant laissée à l’abandon ou reniée). La nomination d’une jeune femme de 22 ans, Zsófia Rácz, au poste de sous-secrétaire d’État à la jeunesse, a été durement critiquée par l’opposition en raison du fait qu’elle n’a pas terminé ses études universitaires, mais montre une volonté du Fidesz de s’adresser aux jeunes générations, auprès desquelles il a une image ringardisée. De même pour les annonces du gouvernement au sujet de la mise en place de politiques de protection de l’environnement, thématiques jusqu’alors peu présentes dans le discours du Fidesz.

Autre difficulté pour le Fidesz : produire une analyse cohérente pour expliquer la situation, afin d’y trouver les parades adéquates. De nombreux commentateurs favorables au gouvernement ont régulièrement décrit l’alliance « arc-en-ciel » de la gauche et du Jobbik comme une alliance entre les « rouges » (vörösök) et les « fascistes » (nyilasok). On comprend aisément les publics ciblés par cette description : l’électorat vieillissant du Fidesz, très anti-communiste, et la bourgeoisie ralliée au Fidesz susceptible d’être choquée par le recyclage d’anciens radicaux de droite.

Sauf que cette analyse n’est ni juste ni très efficace :

les partis de « gauche » ne sont plus « rouges », ni même de gauche, et ne sont pas les héritiers de Béla Kun ou de Joseph Staline : ils sont surtout « roses » et libéraux ; quant au Jobbik, il n’est plus un parti « fascisant », il est pour citer Gergely Karácsony [23]« un parti de centre-droit, avec un passé d’extrême droite »,

l’électorat sensible à la rhétorique anti-communiste étant vieillissant, l’agitation de l’épouvantail bolchevique n’est guère porteur d’avenir ; quant à l’épouvantail fasciste, celui-ci n’est pas non plus de nature à effrayer le bourgeois (même juif) de Budapest, le bon sens permettant de comprendre sans difficulté que même dans l’éventualité d’une accession à quelques responsabilités secondaires de figures du Jobbik (y compris celles ayant un passé compromettant), le risque de voir appliquer le moindre élément du programme de « l’ancien Jobbik » est égal à zéro.

En interne également, des dissensions apparaissent au sein du Fidesz, et l’ancien ministre János Lázár (qui est toujours parlementaire Fidesz) distille des critiques ponctuelles contre la stratégie actuelle du parti au pouvoir (notamment les campagnes négatives du Fidesz), tout en affichant une activité politique importante qui dépasse de loin celle d’un parlementaire lambda ayant pris du recul avec la grande politique nationale, et cultive son image nationaliste en affichant par exemple son hommage à l’Amiral Horthy [24]. Il est pourtant vu par beaucoup comme le responsable de la défaite de Hódmezővásárhely, souvent vu comme étant « son fief ».

Côté Europe, on peut également s’attendre à des velléités de revanche de Bruxelles (relire à ce sujet l’analyse d’Olivier Bault[25]), avec des pressions sur la distribution des aides européennes (et notamment le versement direct des aides européennes aux communes gérées par l’opposition), ou encore un avis de l’avocat général de la CJUE qui estime que « les restrictions imposées par la Hongrie au financement des organisations civiles depuis l’étranger ne sont pas conformes au droit de l’Union [26]».

En mai 2020, cela fera 10 ans que Viktor Orbán est revenu au pouvoir. Souvenons-nous qu’en mai 1968, c’était justement sous le slogan « 10 ans c’est trop ! » que la France manifestait contre le Général de Gaulle. Notons toutefois qu’à l’époque, le Général approchait les 80 ans, tandis qu’ Orbán n’aura encore que 56 ans lorsqu’il fêtera les 10 ans de son retour aux affaires.

Le chemin d’ici 2022 est encore long, pour le Fidesz comme pour l’opposition (où chacun cherche à se positionner en meneur, et où les intérêts et les stratégies pourraient diverger tôt ou tard). D’ici là, de nombreux événements (économiques ou géopolitiques) peuvent encore bouleverser la donne. Mais le jeu politique hongrois est plus ouvert qu’il ne l’a jamais été depuis une décennie.

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SOURCE/https://visegradpost.com/fr/2020/01/17/hongrie-bilan-annee-2019/

LIENS

  1. https://sansapriori.net/2018/04/09/2683-victoire-ecrasante-de-viktor-orban/
  2. https://sansapriori.net/2018/04/17/2707-splendeurs-et-dangers-dune-victoire/
  3. https://sansapriori.net/2018/08/03/2930-dire-adieu-a-lelite-soixante-huitarde-le-nouveau-projet-de-viktor-orban-discours-complet/
  4. https://sansapriori.net/2018/09/18/3002-1-tchequie-le-premier-ministre-andrej-babis-soutient-orban-et-desavoue-severement-ses-deputes-europeens-2-rapport-sargentini-et-maintenant-consequences-et-analyse-des-vot/
  5. https://sansapriori.net/2018/09/17/3001-viktor-orban-denonce-le-chantage-de-lue-discours-complet/
  6. https://sansapriori.net/2018/08/29/2973-kulturkampf-en-hongrie-la-theorie-du-genre-cest-fini-et-ce-nest-que-le-debut/
  7. https://visegradpost.com/fr/2018/06/17/adieu-pistol-pista-adieu-monsieur-istvan-lovas/
  8. https://visegradpost.com/fr/2018/12/14/troubles-entourant-la-loi-esclavagiste-hongroise-info-et-intox/
  9. https://visegradpost.com/fr/2018/12/20/la-hongrie-en-crise/
  10. https://visegradpost.com/fr/2019/02/25/loffensive-campagne-hongroise-pour-les-europeennes/
  11. https://visegradpost.com/fr/2019/03/09/viktor-orban-evoque-un-possible-avenir-du-fidesz-en-dehors-du-ppe/
  12. https://sansapriori.net/2019/03/21/3250-fidesz-ppe-le-feuilleton-continue/
  13. https://sansapriori.net/2019/05/09/3304-viktor-orban-lache-manfred-weber/
  14. https://sansapriori.net/2019/05/28/3329-analyse-des-resultats-de-lelection-europeenne-dans-le-v4/
  15. https://www.bvoltaire.fr/la-vague-populiste-na-pas-eu-lieu/
  16. https://sansapriori.net/2019/09/27/3479-ue-la-nouvelle-commission-europeenne-vue-deurope-centrale/
  17. https://sansapriori.net/2018/04/09/2684-hongrie-peter-marki-zay-%e2%80%afjaimerais-un-gouvernement-technocrate/
  18. https://visegradpost.com/fr/2016/10/23/2006-lautre-revolution-hongroise/
  19. https://visegradpost.com/fr/2016/10/23/2006-lautre-revolution-hongroise/
  20. https://sansapriori.net/2019/10/14/3502-elections-1-municipales-hongroises-pas-de-vraie-defaite-mais-un-avertissement-a-comprendre-au-plus-vite-2-une-victoire-au-gout-amer-pour-orban/
  21. https://demokrata.hu/kozvelemeny-kutatas/on-kit-valasztana-22-193881/
  22. https://visegradpost.com/fr/2020/01/10/viktor-orban-2019-a-ete-marque-par-les-elections-les-deux-prochaines-annees-le-seront-par-la-continuation-de-notre-projet/
  23. https://courrierdeuropecentrale.fr/gergely-karacsony-en-tant-que-maire-je-veux-que-budapest-devienne-plus-solidaire-et-ecologique/
  24. https://www.facebook.com/watch/?v=418255345510728
  25. https://visegradpost.com/fr/2019/12/28/bruxelles-repart-en-guerre-contre-budapest-et-varsovie/
  26. https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2020-01/cp200002fr.pdfcarte-de-groupe-visegrad-avec-le-drapeau-sur-globe-128097633