5267 – « Voix du Nucléaire Suisse » – Nouvelles du Monde – Janvier 2023

  • 1°/Russie… cinq années de plus pour Smolensk 1
  • 2°/Bulgarie… Westinghouse et Framatome produiront désormais du combustible pour Kozloduy
  • 3°/Grande-Bretagne… lancement de l’appel d’offres pour le fonds pour le combustible nucléaire
  • 4°/Suède… remise du permis environnemental pour l’extension du dépôt profond SFR
  • 5°/La centrale nucléaire flottante de Seaborg lève les premiers obstacles
  • 6°/Roumanie… un contrat pour les travaux liés au SMR
  • 7°/MADUK… l’IFSN améliore l’affichage des données de mesure
  • 8°/Le ministre allemand des Transports souhaite laisser les experts décider de prolonger… ou non… le fonctionnement des installations
  • 9°/Japon… la nouvelle politique énergétique prévoit une prise en compte maximale de l’énergie nucléaire


1°/Russie… cinq années de plus pour Smolensk 1
Le groupe étatique russe Rosatom a informé le 27 décembre 2022 que l’autorité de sûreté nucléaire russe, Rostechnadsor, avait délivré un permis autorisant le fonctionnement de la tranche nucléaire Smolensk 1 durant cinq années supplémentaires.

En décembre 2022, l’autorité de sûreté nucléaire russe, Rostechnadsor, a approuvé la demande de prolongation de l’exploitation de Smolensk 1. Source: Rosatom

La prolongation de l’exploitation de Smolensk 1 court jusqu’à fin 2027. Il s’agit de la seconde prolongation accordée à la tranche RBMK-1000 de conception soviétique, qui devait être arrêtée initialement en 2012.
Rosatom a déclaré à ce sujet que prolonger la durée d’exploitation de centrales nucléaires était monnaie courante. En conservant son parc de réacteurs actuel, Rosatom garantit à ses clients un approvisionnement énergétique fiable et obtient «du temps supplémentaire pour la planification et la construction de capacités de remplacement.»
La centrale nucléaire de Smolensk se trouve à proximité de la ville de Desnogorsk, à 370 km au sud-est de Moscou, et comprend trois réacteurs du type RBMK-1000. Smolensk 2 a été mise en service en 1985 et son permis d’exploitation court jusqu’en mai 2025. Smolensk 3 fournit de l’électricité depuis 1990 et, d’après Rosatom, elle fonctionnera jusqu’en décembre 2034. L’entreprise prévoit de construire sur ce site deux nouvelles tranches du type VVER-TOI (génération III+): Smolensk-II 1 et 2. Lorsqu’elles seront en service, les deux installations produiront chaque année 18 milliards de kWh d’électricité et 1,3 million de gigacalories d’énergie thermique. Rosatom a informé que les travaux préparatoires en vue de la construction des nouveaux réacteurs ont été lancés.
Source
M.A./C.B. d’après un communiqué de presse de Rosatom du 27 décembre 2022

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/russie-cinq-annees-de-plus-pour-smolensk-1


2°/Bulgarie… Westinghouse et Framatome produiront désormais du combustible pour Kozloduy
Bientôt, la centrale nucléaire bulgare de Kozloduy ne fonctionnera plus avec du combustible fourni par le Russe Tvel. L’exploitante, Kozloduy Nuclear Power Plant plc (KNPP), a en effet décidé de diversifier son approvisionnement. Pour ce faire, elle a signé fin 2022 un contrat de fourniture avec l’Américain Westinghouse ainsi qu’un accord avec le Français Framatome.
9 janv. 2023

Le 30 décembre 2022, lors d’une cérémonie officielle, Geuorgui Kirkov, directeur de la centrale de Kozloduy (au centre à gauche), et Lionel Gaiffe, Senior Executive Vice President, Operational Excellence and Fuel Business Unit chez Framatome (au centre à droite), ont signé un accord de fourniture de combustible nucléaire destiné à la tranche 6 de la centrale. Source: Kozloduy Nuclear Power Plant plc

La seule centrale nucléaire de Bulgarie se trouve dans le nord-ouest du pays, sur le site de Kozloduy, sur le Danube. Sur les six réacteurs, deux produisent encore de l’électricité: Kozloduy 5 et 6. Les deux réacteurs à eau sous pression russes du type VVER-1000 font l’objet d’un contrat de fourniture de combustible conclu avec le Russe Tvel JSC, qui court jusqu’en 2025. Mais d’après le portail d’information sur l’énergie nucléaire NucNet, le ministre bulgare de l’Énergie, Rossen Hristov, aurait déclaré en décembre 2022 que la fourniture de combustible par Tvel ne sera plus possible à partir de 2024, les Russes ayant demandé des modifications contractuelles jugées «inacceptables».
Afin d’accroître la sécurité de l’approvisionnement et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis de la Russie, la Stratégie européenne pour la sécurité énergétique de 2014 prévoyait déjà une diversification de l’approvisionnement en combustible des centrales nucléaires de l’UE. Pour mettre en œuvre de cette exigence à la centrale de Kozloduy, KNPP a établi un programme avec l’Agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA) – l’organisme chargé de surveiller l’approvisionnement de l’UE en matière fissile. Le 9 novembre 2022, le Parlement bulgare a également pris une décision relative à l’accélération de la procédure d’homologation et à la livraison possible de combustible par des fournisseurs alternatifs.
Un contrat de fourniture avec Westinghouse en date du 22 décembre 2022
En février 2021, KNPP avait déjà signé avec Westinghouse Electric Company un contrat portant sur l’utilisation de combustible fabriqué par Westinghouse dans la tranche Kozloduy 5. D’après l’agence d’information bulgare BTA, la procédure d’autorisation requise est en cours et devrait être achevée en 2023.
Le 22 décembre 2022, KNPP a conclu un contrat d’approvisionnement également avec Westinghouse Electric Sweden AB. Celui-ci porte sur la mise à disposition d’uranium enrichi, sur la fabrication d’assemblages combustibles, ainsi que sur leur livraison sur le site de Kozloduy. Le contrat entrera en vigueur après avoir été signé par l’ESA, et s’étendra sur une durée de dix ans. D’après M. Hristov, la procédure de l’UE a permis d’offrir à la Bulgarie des conditions contractuelles particulièrement favorables. Ainsi, par exemple, Westinghouse proposera gratuitement une implémentation de son système interne de contrôle des réacteurs.
Le groupe américain a précisé que le combustible serait fabriqué sur son site de production suédois de Västerås. Il a valorisé le fait d’être le seul capable de proposer une solution entièrement occidentale pour la fabrication de combustible nucléaire destiné aux réacteurs VVER. D’après NucNet, en mars 2022, le ministre bulgare de l’époque, Alexander Nikolov, a évoqué la possibilité de recourir au combustible de Westinghouse pour mi-2024.
Conclusion d’un accord avec Framatome le 30 décembre 2022
Par ailleurs, KNPP et Framatome ont conclu un accord portant sur la fourniture de combustible destiné à la tranche Kozloduy 6 le 30 décembre 2022. KNPP a précisé que le contrat définitif était en préparation: «L’accord conclu aujourd’hui règle le calendrier des négociations à venir et la conclusion d’un contrat relatif à la livraison de combustible pour la tranche Kozloduy 6. Celui-ci portera sur douze rechargements en combustible, au maximum, sur la période de 2025 à 2034.»
Framatome a souligné que son combustible destiné aux réacteurs VVER-1000 bénéficiait déjà d’une autorisation en Bulgarie. D’après un communiqué de KNPP, les assemblages combustibles fournis par Framatome correspondent en tous points à ceux de Tvel et, de fait, aucune nouvelle autorisation de la part de l’autorité de sûreté nucléaire bulgare n’est nécessaire. M. Hristov avait précisé par le passé que Framatome fabriquait, sous licence, les assemblages combustibles usés pour des réacteurs VVER-1000 en Europe. Selon lui, la fourniture de combustible neuf par Westinghouse et Framatome permettra de garantir le bon fonctionnement des tranches 5 et 6 de la centrale de Kozloduy au cours de la prochaine décennie.
Source
B.B.G./C.B. d’après NucNet le 3 janvier 2023, des communiqués de presse de KNPP des 22 et 30 décembre 2022, un communiqué de presse de Westinghouse du 22 décembre 2022 et une information de l’agence de presse bulgare BTA du 22 décembre 2022

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/bulgarie-westinghouse-et-framatome-produiront-desormais-du-combustible-pour-kozloduy



3°/Grande-Bretagne… lancement de l’appel d’offres pour le fonds pour le combustible nucléaire
Le 2 janvier 2023, le gouvernement britannique a lancé la collecte des demandes de soutien par le fonds pour le combustible nucléaire, actuellement doté de 50 millions de livres sterling (CHF 56 mio.). Ces moyens doivent permettre de réduire la dépendance du pays vis-à-vis de la Russie dans le domaine de l’utilisation civile de l’énergie nucléaire, et de renforcer la sécurité de l’approvisionnement énergétique du pays. Le gouvernement entend atteindre cet objectif en produisant le combustible nucléaire au niveau national, via un marché diversifié et résistant.
9 janv. 2023
Les demandes de soutien dans le cadre du fonds britannique pour le combustible nucléaire seront réceptionnées jusqu’au 20 février 2023. Grâce à ce mécanisme de subvention, le gouvernement souhaite accroître la production indigène de combustible. Une partie du montant alloué à Westinghouse a déjà permis de financer les travaux de préparation et de planification dans le domaine de la conversion de l’uranium sur le site de Springfields (photo). Source: Westinghouse

«La production de combustible nucléaire en Grande-Bretagne sera soutenue par le gouvernement à hauteur de 75 millions de livres [CHF 84 mio.], qui serviront à développer des alternatives à la fourniture de combustible par la Russie et à renforcer la sécurité énergétique de la Grande-Bretagne», a déclaré le ministre britannique de l’Énergie et du Climat, Graham Stuart, le 2 janvier 2023. D’après le Département britannique des Affaires, de l’Énergie et des Stratégies industrielles (BEIS), cela permettra d’encourager les investissements dans de nouvelles capacités robustes de fabrication de combustible sur le sol britannique et de soutenir l’objectif du gouvernement de mettre à disposition jusqu’à 24 GW d’énergie nucléaire d’ici à 2050.
En décembre 2022, Westinghouse avait déjà touché 13 millions de livres (CHF 15 mio.) du fonds pour le combustible nucléaire, qu’elle a utilisés pour financer des travaux de préparation et de planification dans le domaine de la conversion de l’uranium sur le site de Springfields. Au 2 janvier 2023, 50 millions étaient encore disponibles pour encourager les investissements dans le développement et la commercialisation de la production indigène de combustible pour les réacteurs actuels et futurs – y compris les technologies de combustible avancées. À travers ces projets, le gouvernement espère également promouvoir les connaissances spécialisées ainsi que la création d’emplois et de possibilités d’exportation. D’après le BEIS, des demandes pourront être remises jusqu’au 20 février 2023.
«Il s’agit de soutenir le développement de nouvelles capacités indigènes de production de combustible destiné, en partie, aux réacteurs à eau légère, y compris aux futurs petits réacteurs modulaires [SMR]. Ces derniers pourraient couvrir une large partie de notre besoin actuel en énergie nucléaire», a précisé le BEIS. Des efforts seront également déployés pour soutenir la fabrication de nouveaux types de combustible nucléaire destinés aux réacteurs modulaires avancés (RMA). D’après le département, des RMA pourraient être mis en service à partir des années 2030 et fonctionner, par exemple, avec des combustibles à base d’uranium faiblement enrichi (Haleu).
Source
B.G./C.B. d’après un communiqué de presse du BEIS du 2 janvier 2023

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/grande-bretagne-lancement-de-lappel-doffres-pour-le-fonds-pour-le-combustible-nucleaire

4°/Suède… remise du permis environnemental pour l’extension du dépôt profond SFR
Le 21 décembre 2022, le tribunal régional et environnemental a remis à l’organisation suédoise de gestion des déchets, la Svensk Kärnbränslehantering AB (SKB), un permis environnemental relatif à l’extension, sous condition, du dépôt profond de Forsmark qui accueille les déchets faiblement et moyennement radioactifs (le SFR). Cette extension permettra de placer dans le dépôt également les déchets à courte durée de vie issus du démantèlement des centrales nucléaires suédoises.
4 janv. 2023
Le dépôt en couches géologiques profondes SFR destiné au stockage des déchets faiblement et moyennement radioactifs à courte durée de vie dans le sous-sol marin de Forsmark, en Suède. Les installations en bleu représentent l’extension prévue des installations mises en service en 1988 (en blanc) et destinées aux déchets radioactifs issus de l’exploitation des centrales nucléaires, de la médecine, de l’industrie et de la recherche. Source: SKB

Le tribunal régional et environnemental du district de Nacka a délivré un permis environnemental assorti de conditions le 21 décembre 2022. Celui-ci porte sur l’extension du dépôt en couches géologiques profondes destiné aux déchets radioactifs à courte durée de vie de Forsmark (le SFR), dans la commune d’Osthammar. SKB a informé avoir obtenu également l’autorisation de dessaler et d’utiliser de l’eau de mer durant la construction. «Cela permettra d’économiser l’eau claire, disponible en faible quantité dans la région», a déclaré SKB. Le tribunal a également autorisé la réalisation des premiers travaux, ce qui signifie que les travaux de surface pourront être lancés dans un avenir proche.
D’après la commune d’Östhammar, les conditions posées concernent notamment les domaines du bruit, du transport et de la précaution, par exemple en lien avec le remplissage de plans d’eau et les travaux dans les réserves naturelles. «Le permis comporte des conditions importantes qui garantissent que les habitants et les riverains de la commune seront pris en compte comme il se doit. Pour nous, en tant que commune, cela revêt une importance capitale», a déclaré un représentant communal. D’après SKB, les conditions relatives à l’extension du SFR et au prélèvement de l’eau de mer à l’automne ont fait l’objet de négociations avec le tribunal durant trois jours.
«SKB a obtenu des conditions importantes pour l’extension du SFR et, ce faisant, pour la gestion des déchets radioactifs issus du démantèlement des centrales nucléaires», a déclaré la responsable du service communication de SKB, Anna Porelius. Plusieurs réacteurs sont en cours de désaffectation en Suède, et il est important que les déchets associés aient une destination définitive à Forsmark. D’après la World Nuclear Association (WNA), huit réacteurs se trouvent dans différentes phases du démantèlement en Suède.
Les étapes passées et futures du projet d’extension

SKB avait remis sa demande d’extension en décembre 2014. Celle-ci avait déjà été autorisée par l’autorité de radioprotection (SSM) et par le tribunal régional et environnemental en 2019. La commune d’Östhammar avait quant à elle donné son feu vert en avril 2021. Après que le gouvernement suédois avait, lui aussi, donné son accord en décembre 2021, l’affaire avait été renvoyée à la SSM et au tribunal.
«La prochaine étape de la procédure d’autorisation conformément à la loi sur la technique nucléaire prévoit que début 2023, SKB remette à la SSM un rapport de sécurité provisoire, pour examen», a informé SKB. L’extension du SFR devrait durer environ six ans, la première étape portera sur les travaux d’excavation et sur la construction d’installations de traitement de l’eau et d’autres infrastructures. «Dans une seconde étape, des travaux seront réalisés au niveau des tunnels situés dans la roche.»
Détails concernant le dépôt profond SFR
L’installation actuelle peut accueillir 63’000 m3 de déchets faiblement et moyennement radioactifs à courte durée de vie, et est actuellement remplie à hauteur de 60% (état: mai 2021). Outre les déchets issus de l’exploitation des centrales nucléaires sont également stockés des déchets radioactifs produits dans les domaines de la santé, de l’industrie et de la recherche. L’extension prévue permettra de placer aussi des déchets de faible et de moyenne activité issus du démantèlement des centrales suédoises. Pour ce faire, six cavernes taillées dans la roche d’une longueur de 240 à 275 m chacune et d’un volume supplémentaire total de 117’000 m3 seront construites dans le granite à une profondeur comprise entre 120 et 140 m.
Source
B.G./C.B. d’après un communiqué de presse de SKB du 21 décembre 2022, la page internet sur l’extension du SFR du 18 mai 2021; un communiqué de presse des tribunaux suédois du 21 décembre 2022; et un communiqué de la commune d’Östhammar du 22 décembre 2022

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/suede-remise-du-permis-environnemental-pour-lextension-du-depot-profond-sfr

5°/La centrale nucléaire flottante de Seaborg lève les premiers obstacles
Le plus gros constructeur naval sud-coréen, Samsung Heavy Industries, a achevé la conception de la centrale nucléaire flottante Compact Molten Salt Reactor Power Barge (CMSR Power Barge) de Seaborg, et a réussi la première étape de la procédure de qualification de l’American Bureau of Shipping, en vigueur pour les nouvelles technologies.
10 janv. 2023
Représentation générée par ordinateur de la centrale nucléaire flottante CMSR Power Barge de Seaborg.Source: Seaborg

En décembre 2022, l’American Bureau of Shipping (ABS) a achevé la qualification technologique de la CMSR Power Barge, développée conjointement par l’entreprise danoise Seaborg Technologies et par Samsung Heavy Industries. ABS a informé que la conception avait franchi l’étape de l’évaluation de la faisabilité, la première de la procédure ABS de qualification des nouvelles technologies.
D’après Samsung Heavy Industries, la CMSR Power Barge associe technologie nucléaire et technologie navale, mais elle est soumise à moins de restrictions en termes de choix du site qu’une centrale nucléaire terrestre. La durée de construction est de deux ans seulement, et les coûts sont réduits. Une seule CMSR possède une puissance de 250 MWth et de 100 MWe et une durée de vie de douze ans. Il existe des configurations comprenant de deux à huit tranches CMSR et le réacteur permet non seulement de produire de l’électricité mais il peut aussi être utilisé dans le cadre de la désalinisation de l’eau de mer et de l’approvisionnement en chaleur à distance.
Samsung Heavy Industries et Seaborg avaient signé un accord de partenariat portant sur le développement et la fabrication de centrales nucléaires flottantes en avril 2022. Au mois de mai, Seaborg avait annoncé avoir conclu, cette fois, une déclaration d’intention avec le Sud-Coréen Best Engineering in Energy Solutions Inc. (BEES) afin de clarifier les exigences réglementaires de l’exportation mondiale de centrales nucléaires flottantes basées sur la CMSR.
Source
M.A./C.B. d’après ABS, In the Spotlight, du 17 décembre 2022, et un communiqué de Samsung Heavy Industries du 4 janvier 2023

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/la-centrale-nucleaire-flottante-de-seaborg-leve-les-premiers-obstacles


6°/Roumanie… un contrat pour les travaux liés au SMR
NuScale Power LLC et le Roumain RoPower Nuclear SA ont signé un contrat relatif aux travaux FEED (Front-End Engineering and Design) le 28 décembre 2022. Les deux entreprises considèrent qu’il s’agit d’une étape importante vers la construction d’un petit réacteur modulaire (Small Modular Reactor, SMR) en Roumanie.
9 janv. 2023
Le SMR VOYGR de NuScale produira jusqu’à 924 MWe. Dans la conception standard, quatre, six ou douze modules peuvent être assemblés pour former une centrale.Source: NuScale

La phase 1 des travaux FEED, dont NuScale a la charge, permet de fixer les principales exigences posées au site et les prescriptions spécifiques en vigueur pour un SMR du type VOYGR-6, qui sera construit sur le site de l’ancienne centrale à charbon de Doicesti, en Roumanie. Le projet, qui s’étendra sur une durée de huit mois, comprend l’attribution de contrats de sous-traitance pour réaliser l’étude d’impact environnemental et l’analyse géologique du sol, l’évaluation du site et les exigences spécifiques à celui-ci en raison de la conception standard de NuScale, ainsi qu’une estimation des coûts du projet.
Le lancement de la phase 1 fait suite à la déclaration d’intention conclue en juin 2022 par NuScale et par l’entreprise publique Societatea Nationala Nuclearelectrica, qui réglemente la réalisation d’études et d’analyses techniques, ainsi que les activités d’homologation et d’autorisation dans le cadre de la construction du premier SMR VOYGR développé par NuScale.
RoPower Nuclear appartient à parts égales à l’énergéticienne roumaine Nova Power & Gas SRL et à la Societatea Nationala Nuclearelectrica SA. La société de projet RoPower Nuclear est responsable du développement et du déploiement de SMR en Roumanie.
Le SMR du type VOYGR
Pour les modules de son VOYGR, NuScale se base sur la technologie à eau légère éprouvée. L’enceinte de confinement d’un module mesure près de 25 mètres de haut pour un diamètre de 4,5 mètres. Il comprend à l’intérieur une cuve de pression intégrée dans laquelle se trouvent le générateur de vapeur et le cœur. Aucune pompe n’est requise pour faire circuler le caloporteur dans la cuve de pression, le refroidissement reposant sur une circulation naturelle. Jusqu’à douze modules peuvent être assemblés pour former une centrale nucléaire.
Source
M.A./C.B. d’après un communiqué de presse commun de NuScale et de Nuclearelectrica du 4 janvier 2023

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/roumanie-un-contrat-pour-les-travaux-lies-au-smr

7°/MADUK… l’IFSN améliore l’affichage des données de mesure
L’Inspection fédéral de la sécurité nucléaire (IFSN) a remanié son application Internet MADUK. Le réseau de mesure MADUK sert à surveiller la radioactivité dans l’environnement des centrales nucléaires et de l’Institut Paul-Scherrer (PSI).
6 janv. 2023
Les personnes visitant le site Internet de l’IFSN peuvent sélectionner une centrale nucléaire ou l’une des 57 sondes de mesure sur l’application Internet MADUK et consulter ainsi les valeurs de radioactivité en temps réel. Le site Internet de l’IFSN offre également la possibilité de consulter les données de mesure archivées pour chaque sonde jusqu’en 1994.Source: IFSN

Le réseau de mesure MADUK pour la surveillance automatique de la radioactivité sert à protéger le personnel, la population et l’environnement. L’IFSN surveille ainsi le respect des prescriptions de radioprotection et des limites de rejet dans le voisinage des centrales nucléaires et du PSI.
57 sondes fournissent des données 24 heures sur 24. La centrale MADUK de l’IFSN traite et archive les données et veille, en cas de besoin, à alerter immédiatement l’organisation d’urgence de l’IFSN et la Centrale nationale d’alarme (CENAL). Les sondes de mesure du système MADUK complètent le réseau national de surveillance de la radioactivité NADAM (réseau d’alarme et de mesure automatique du débit de dose), qui compte 76 autres stations de mesure réparties dans toute la Suisse. Le NADAM est géré par la CENAL.
L’application Internet pour l’affichage des données en temps réel des sondes de mesure MADUK offre de nouvelles fonctionnalités pour l’affichage des cartes et la sélection des stations. La nouvelle interface utilisateur est conçue dans un design convivial pour les téléphones mobiles et le mode plein écran facilite la consultation des données.
Source
M.A. d’après un communiqué de presse de l’IFSN du 21 décembre 2022

Radioactivité


https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/maduk-lifsn-ameliore-laffichage-des-donnees-de-mesure

8°/Le ministre allemand des Transports souhaite laisser les experts décider de prolonger, ou non, le fonctionnement des installations
Le ministre fédéral allemand des Transports, Volker Wissing (FDP), propose qu’une commission d’experts indépendante décide de la prolongation de l’exploitation des trois réacteurs encore en fonctionnement en Allemagne.
9 janv. 2023
Le ministre allemand des Transports relance le débat sur la prolongation de la durée de fonctionnement des trois tranches nucléaires allemandes encore en exploitation. Source: Site Web Volker Wissing

M. Wissing a déclaré à la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ): «Nous n’avons besoin ni d’un bras de fer politique ni d’opinions tranchées, mais d’une réponse professionnelle à la question de savoir comment nous pouvons garantir un approvisionnement énergétique stable et abordable tout en réalisant nos objectifs climatiques.» Avant d’ajouter: «Si nous ne voulons pas mener cette discussion au niveau politique, nous devrons le faire au niveau scientifique.»
M. Wissing estime que l’Allemagne n’a pas avancé suffisamment vite concernant le développement des énergies renouvelables. «Nous ne pouvons pas miser uniquement sur le charbon comme technologie de transition sous prétexte qu’il s’agit de la seule voie que nous n’avons pas fermée. Cela n’est pas compatible avec la protection du climat.»
En novembre 2022, le Bundestag avait décidé de prolonger le fonctionnement des trois derniers réacteurs en service: Emsland, Isar 2 et Neckarwestheim 2, jusqu’au 15 avril 2023. Suite à l’accident de Fukushima-Daiichi de 2011, le pays avait décidé de mettre définitivement à l’arrêt l’ensemble de son parc nucléaire d’ici fin 2022, donc plus tôt que prévu.
Source
M.A./C.B. d’après la FAZ du 2 janvier 2023

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/le-ministre-allemand-des-transports-souhaite-laisser-les-experts-decider-de-prolonger-ou


9°/Japon… la nouvelle politique énergétique prévoit une prise en compte maximale de l’énergie nucléaire
Le 22 décembre 2022, le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a présenté un projet de politique énergétique fondamentale pour la transformation verte du pays. Le Japon souhaite ainsi mettre en place un avenir neutre pour le climat, basé sur un approvisionnement énergétique stable et des prix de l’énergie abordables. L’énergie nucléaire sera utilisée autant que possible, des prolongations d’exploitation et de nouvelles constructions sont prévues.
5 janv. 2023
Le 22 décembre 2022, lors d’une séance du conseil japonais pour la mise en œuvre de la transformation verte, des mesures concrètes destinées à atteindre la neutralité climatique ont été présentées. L’énergie nucléaire sera pleinement prise en compte dans la nouvelle politique énergétique du pays. Source: Bureau du Premier ministre japonais

À l’été 2022, lors d’une séance du conseil pour la mise en œuvre de la transformation verte, Fumio Kishida avait reconnu le rôle des énergies renouvelables et du nucléaire en tant qu’instruments majeurs de la décarbonation. Il avait alors demandé d’accélérer la remise en service des réacteurs à l’arrêt ainsi que le développement de réacteurs innovants – et ce d’autant plus dans le contexte énergétique mondial après l’invasion russe en Ukraine. Il souhaitait proposer des mesures concrètes d’ici à fin 2022 sur la manière de mettre en œuvre une transformation verte visant la neutralité climatique.
Le 22 décembre 2022, lors d’une séance du conseil pour la mise en œuvre de la transformation verte, M. Kishida a présenté le projet de principe de la nouvelle politique énergétique du Japon, assorti d’un plan décennal de mise en œuvre. Ce projet prévoit de recourir à l’énergie nucléaire dans une large mesure, celle-ci «contribuant à la sécurité énergétique et étant jugée très efficace dans le cadre de la décarbonation». Ainsi, le Japon remettra en service autant de réacteurs que possible et prolongera la durée de fonctionnement des anciens réacteurs au-delà de la limite actuelle de 60 ans. Le gouvernement a également informé que le pays développera des réacteurs avancés pour remplacer ceux à l’arrêt. L’objectif est de faire en sorte que l’énergie nucléaire, en tant que source propre qui couvre la charge de base, atteigne une part comprise entre 20 et 22% dans le mix électrique japonais.
Le Premier ministre a précisé que le gouvernement présenterait début 2023, lors d’une assemblée parlementaire ordinaire, les projets de loi qui permettront de mettre en œuvre la nouvelle politique énergétique, laquelle sera officiellement entérinée par une décision gouvernementale attendue au plus tôt en février.
Suite à la séance du 22 décembre, le ministre japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (Meti), Nishimura Yasutoshi, a donné une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré: «Le gouvernement écoutera les avis émanant de divers bords et prendra le temps d’expliquer les choses», avant d’ajouter qu’il consulterait la population le plus tôt possible.
Les autorités de sûreté nucléaire autorisent la prolongation d’exploitation
Dans le sillage de l’accident de réacteur de Fukushima-Daiichi en mars 2011, il avait été décidé que les réacteurs nucléaires pouvaient fonctionner durant 40 ans, avec une prolongation unique de 20 ans, au maximum. Le 21 décembre 2022, l’autorité de sûreté nucléaire japonaise (NRA) a approuvé un projet de nouvelle prescription autorisant une durée de fonctionnement plus longue que la limite actuelle fixée à 60 ans. La modification doit encore être autorisée par le Parlement. Elle prévoit que les exploitants de réacteurs en fonctionnement depuis au moins 30 ans présentent un plan de gestion des réacteurs à long terme et, tous les dix ans au moins, demandent à la NRA l’autorisation de continuer à faire fonctionner leurs installations. Avec la nouvelle politique, le fonctionnement des réacteurs sera prolongé au-delà de 60 ans, la durée durant laquelle ils sont arrêtés pour inspection étant déduite de la durée de fonctionnement totale.
Par ailleurs, le 20 décembre, le tribunal du district d’Osaka a rejeté un recours qui demandait la mise à l’arrêt d’un réacteur de la préfecture de Fukui, en service depuis 46 ans.
État des lieux des centrales nucléaires au Japon
Suite à l’accident de réacteur de Fukushima-Daiichi, le Premier ministre de l’époque, Naoto Kan, a souhaité initier une sortie du nucléaire. Avant l’accident, les réacteurs japonais fournissaient 30% du courant indigène. Durant les 14 mois qui ont suivi l’accident, la production de courant nucléaire du pays a été interrompue, jusqu’à ce que les prescriptions soient modifiées.
Sur les 60 tranches en service commercial dans le pays, seules dix avaient été remises mi-décembre 2022. Sept autres réacteurs bénéficient d’une autorisation de redémarrage de la part de la NRA, les derniers travaux préparatoires sont en cours. Dix autres ont été soumis à des inspections et 24 autres – dont les sept endommagés lors de l’accident de Fukushima – ont été définitivement arrêtés. En 2021, l’énergie nucléaire a fourni seulement 7,2% de l’électricité du pays.
Source
B.G./C.B. d’après un communiqué du Japan Atomic Industrial Forum du 27 décembre 2022, les WNN du 23 décembre 2022, un projet de principe du conseil pour la mise en œuvre de la transformation verte du 22 décembre 2022, et un article du Japan Times du 21 décembre 2022

https://www.nuklearforum.ch/fr/nouvelles/japon-la-nouvelle-politique-energetique-prevoit-une-prise-en-compte-maximale-de-lenergie

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