4066 – Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie du 23 au 28/10/2020 … Kirghizistan, Grèce, Turquie, France … Rencontres…

1/ Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de son entretien avec Rouslan Kazakbaev – Ministre des Affaires étrangères du Kirghizistan, Moscou, 23 octobre 2020
2/ Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à l’agence de presse Athènes-Macédoine, 26 octobre 2020 – 9 H
3/ Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de la conférence de presse à l’issue de son entretien avec Nikos Dendias – Ministre des Affaires étrangères de la Grèce, Athènes, 26 octobre 2020 – 17 H 26
4/ Sur l’entretien téléphonique de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Jean-Yves Le Drian – Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française – 28 octobre 2020 – 20H04

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1/ Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de son entretien avec Rouslan Kazakbaev, Ministre des Affaires étrangères du Kirghizistan, Moscou, 23 octobre 2020
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Mesdames et messieurs, nos pourparlers avec le Ministre des Affaires étrangères du Kirghizistan Rouslan Kazakbaev viennent de prendre fin. Nous avons exprimé notre appréciation du fait qu’après son retour à ce poste, qu’il occupait il y a huit ans, Rouslan Kazakbaev a choisi la Fédération de Russie pour sa première visite à l’étranger. Cela confirme une fois de plus la nature stratégique de nos relations bilatérales.
La rencontre d’aujourd’hui a confirmé, et mon homologue l’a clairement dit, que nos pays étaient des alliés, des partenaires stratégiques privilégiés. Nos relations continueront de se construire sur la base de la confiance mutuelle, du respect et de la prise en compte des intérêts réciproques.
La Russie, et nous l’avons réaffirmé aujourd’hui, a suivi attentivement l’évolution de la situation sur le territoire du Kirghizistan, pays ami, après l’annonce des résultats des législatives du 4 octobre.

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Nous avons souligné aujourd’hui que, selon nous, la situation politique intérieure revenait dans le champ du droit et que la situation critique était surmontée dans l’ensemble.
Nous avons été informés en détail du calendrier, en cours d’élaboration actuellement, des législatives et de la présidentielle, de la réforme constitutionnelle. Nous espérons que tous ces processus seront mis en œuvre en s’appuyant sur l’entente nationale et l’harmonie du peuple kirghize afin de déterminer l’axe de développement de la République pour les années à venir. La Russie apportera son soutien à ces efforts de nos amis kirghizes.
Nous avons évoqué aujourd’hui tous les aspects de notre coopération bilatérale. Nous avons réaffirmé notre disposition à contribuer au dialogue politique, à l’approfondissement et au renforcement de notre coopération commerciale et économique bilatérale, à l’élargissement de la coopération interrégionale. Les coprésidents de la commission intergouvernementale pour la coopération commerciale et économique de nos pays ont prévu de se rencontrer d’ici la fin du mois.
Bien évidemment, la pandémie a apporté des correctives au calendrier des événements internationaux, et nous avons notamment dû reporter l’organisation de nombreuses activités dans le cadre du programme des Années croisées de la Fédération de Russie et du Kirghizistan. Nous avons réaffirmé la nécessité de garantir la poursuite de la réalisation du programme de l’Année croisée en reportant éventuellement une partie des activités pour 2021 quand ces restrictions seront levées et que la situation épidémiologique se normalisera.
La coopération en politique étrangère est traditionnellement de très haut niveau. Nous pensons que le plan de coopération entre les ministères des Affaires étrangères de la Russie et du Kirghizistan en vigueur jusqu’à la fin de l’année prochaine nous permet de promouvoir activement la coordination et le soutien mutuel sur les plateformes multilatérales.
Nos actions se basent sur nos positions coïncidentes à l’Onu, au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de la Communauté des États indépendants (CEI), de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Nous avons parlé en détail aujourd’hui des questions concrètes à évoquer lors des prochaines sessions des structures multilatérales mentionnées.
Nous avons évoqué la nécessité de consolider les processus d’intégration dans le cadre de l’Union économique eurasiatique (UEE). Nous avons la même vision des bonnes perspectives de dévoilement du potentiel de l’intégration eurasiatique afin d’améliorer la compétitivité des économies des pays membres de cette union et la prospérité de nos citoyens.

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Nous sommes convenus de contribuer à l’expansion des liens internationaux de l’UEE.
Nous avons salué le format, devenu régulier, des rencontres entre les ministres des Affaires étrangères « Asie centrale + Russie ». Ce format est très utile pour approfondir la coopération multilatérale, comme l’a confirmé la déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères des cinq pays de l’Asie centrale et de la Russie adoptée le 15 octobre 2020.
Dans l’ensemble ces pourparlers ont été très utiles et opportuns. J’espère que nous poursuivrons notre coopération au fur et à mesure de la stabilisation de la situation au Kirghizistan. Nous chercherons à y contribuer par tous les moyens.

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Question: Au vu des récents événements, la Russie a suspendu son aide financière au Kirghizistan. La situation s’est actuellement stabilisée dans le pays, le pouvoir s’est légitimé. Quand la Russie compte-t-elle rétablir l’aide financière pour notre pays? Il est question de 100 millions de dollars du Fonds eurasiatique de stabilisation et de développement.
Sergueï Lavrov: La décision du Fonds eurasiatique de stabilisation et de développement d’accorder un crédit préférentiel au Kirghizistan de 100 millions de dollars existe, elle n’a pas été annulée. Quant aux délais de réalisation de cette décision il faut évidemment s’entendre au niveau de ce fonds, et les amis kirghizes le savent parfaitement.
Nous avons réaffirmé aujourd’hui les accords convenus avec l’ancien gouvernement kirghize, et notamment l’explication que la question principale aujourd’hui était de déterminer les délais d’attribution d’un crédit au niveau du Fonds eurasiatique de stabilisation et de développement.
Question: La Russie étudie-t-elle la possibilité d’augmenter le nombre de vols réguliers entre les deux pays?
Sergueï Lavrov: Oui, elle l’étudie. En fonction de la situation épidémiologique. Cette question est prise en charge par Rosaviatsia et nos structures compétentes qui suivent la prolifération de la Covid-19 et sont responsables de la lutte contre le coronavirus.
Question: Étudie-t-on la possibilité d’organiser prochainement des réunions à haut niveau et au sommet?
Sergueï Lavrov: Si je comprends bien, il faut d’abord que nos amis kirghizes se décident concernant les processus qui doivent être achevés: la priorité des différentes élections, la priorité de la réforme constitutionnelle. Nous en avons parlé aujourd’hui. J’espère que la situation s’éclaircira très prochainement.
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https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4404234

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2/ Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à l’agence de presse Athènes-Macédoine, 26 octobre 2020 – 9 H

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Question: Quelle signification revêt votre visite actuelle à Athènes, quatre ans après votre précédente venue ici? Pensez-vous que la célébration du 200e anniversaire de la révolution grecque pourrait constituer le prétexte à un approfondissement des relations russo-grecques et, si oui, dans quels domaines?
Sergueï Lavrov: Je me réjouis de cette opportunité de revenir en Grèce. Ma précédente visite de travail à Athènes en 2016 avait coïncidé avec la réalisation d’un projet commun d’envergure sans précédent: les Années croisées Russie-Grèce, dont l’événement central a été la venue dans votre pays du Président russe Vladimir Poutine.
Depuis, les Années thématiques sont devenues une bonne tradition. En 2017-2018 s’est déroulée avec succès l’Année du tourisme, en 2019-2020 l’Année de la langue et de la littérature. Pour 2021 est prévue l’Année de l’histoire, qui coïncide symboliquement avec la célébration du 200e anniversaire du début de la lutte nationale de libération du peuple grec.
Les événements à venir seront un nouveau témoignage de l’entremêlement des destins historiques des peuples russe et grec. Il est réjouissant que votre pays se souvienne du rôle de la Russie dans l’acquisition de son indépendance par la Grèce et dans l’établissement de sa structure étatique, et qu’il honore la mémoire du premier gouverneur de la Grèce:
le Ministre des Affaires étrangères de l’Empire russe Ioánnis Kapodístrias. La bataille dévouée du peuple grec épris de liberté a été glorifiée à plusieurs reprises par nos grands poètes – Alexandre Pouchkine, Wilhelm Küchelbecker, Kondrati Ryleev, Vassili Kapniste, Fedor Glinka et d’autres.
La pandémie de coronavirus a été un défi aussi bien pour les économies de nos pays que pour la coopération commerciale et d’investissement bilatérale. En janvier-juillet 2020, les échanges ont diminué de 16,1% en glissement annuel. Un important travail commun est prévu pour revenir au moins au niveau d’avant la crise. Je compte évoquer en détail ce thème lors des pourparlers avec les collègues grecs.
Les peuples de nos pays se sont venus en aide plus d’une fois. La période que nous traversons n’a pas fait exception. Nous remercions nos amis grecs pour leur contribution logistique au rapatriement de citoyens russes. La coopération a été exemplaire, sans parler du fait que le premier vol retour grec était gratuit pour les Russes: nous exprimons nos remerciements particuliers pour cela. Depuis mars, sept vols spéciaux de Grèce ont permis de rapatrier plus de 700 de nos citoyens en Russie.
Question: Quelle est la position de la Russie, qui s’est déjà exprimée en faveur de la présence d’un plateau et d’une zone économique exclusive pour les îles, concernant les démarches provocatrices et les infractions commises  depuis un an par la Turquie dans le Sud-Est de la Méditerranée – de la signature du mémorandum turco-libyen à l’envoi de navires de recherche et militaires turcs dans la zone du plateau grec? Ces actions ont été condamnées par l’UE et la communauté internationale.

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Sergueï Lavrov: La position de la Russie qui a signé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, s’appuie sur les normes du droit international contenues dans ce document. En particulier, l’article 3 de la Convention prévoit que chaque État a le droit d’établir la largeur de sa mer territoriale jusqu’à une limite ne dépassant pas 12 milles marins. Cependant, dans bien des cas, pour différentes raisons, des pays déterminent une mer territoire de moindre largeur. Si cela soulève le problème de la délimitation de la mer territoriale entre pays voisins, il doit être réglé conformément au droit international.
La Russie prône le règlement de tous les litiges uniquement à travers le dialogue politique, en élaborant des mesures de confiance, en cherchant des solutions mutuellement acceptables basées sur le droit international.

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La basilique Sainte Sophie
Question: Comment la société russe a-t-elle réagi à la transformation de la basilique Sainte Sophie d’Istanbul en mosquée? Cette démarche est-elle offensante pour le monde chrétien, et notamment orthodoxe?
Sergueï Lavrov: La basilique Sainte Sophie est un site du patrimoine mondial de l’Unesco, du patrimoine de l’humanité, il revêt une importance culturelle et historique unique, une signification sacrale pour les orthodoxes de notre pays et du monde entier. Ce n’est un secret pour personne qu’aux yeux des Russes qui se rendent chaque année en Turquie, Sainte Sophie est particulièrement importante du point de vue spirituel. Certains viennent spécialement à Istanbul pour apprécier l’art des artisans et des architectes, la magnificence du décor intérieur conservé, des mosaïques et des fresques.
Nous exprimons régulièrement notre position à ce sujet aux partenaires turcs, notamment au sommet et à haut niveau. Plusieurs déclarations ont été faites par des représentants de l’Église orthodoxe russe concernant le statut de la basilique.
Nous partons du principe que la Turquie, comme cela nous a été affirmé plusieurs fois, sera guidée par les principes de respect mutuel, respectera dûment les sentiments des croyants orthodoxes et tiendra ses engagements de respecter toutes les règles et conditions liées au statut du site, garantira son intégrité et accessibilité pour les touristes et les pèlerins.
Nous trouvons importante, pour l’évaluation de l’état de la basilique, l’activité de la mission d’observation des experts du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco et du Conseil international des monuments et des sites. Nous espérons qu’à l’issue de l’inspection menée du 5 au 9 octobre 2020 les conclusions de la commission seront rapidement présentées, notamment la conclusion d’experts concernant la qualité des travaux de restauration réalisés par la Turquie, ainsi qu’un avis sur le respect de l’accès libre à Sainte Sophie pour les représentants de toutes les religions.

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Question: Que pensez-vous de l’implication de la Turquie dans les conflits au Haut-Karabakh – en Syrie et en Libye?
Sergueï Lavrov: La Russie et la Turquie travaillent au règlement des conflits dans les foyers de tension que vous avez énumérés. Et ce n’est pas un secret: nos approches du règlement des questions litigieuses, pour des raisons objectives, peuvent diverger significativement.
La normalisation de la situation en Syrie est un exemple notable de la coopération très professionnelle et objective entre les diplomates, les militaires et les renseignements russes et turcs, basée sur la prise en compte des intérêts réciproques. Grâce à nos accords conclus au format aussi bien bilatéral que trilatéral (avec l’Iran), il a été possible de créer le mécanisme d’Astana – le plus viable à l’heure actuelle pour le processus de paix. C’est cette coopération active entre nos deux pays qui a permis d’annoncer un cessez-le-feu en Syrie, de créer des zones de désescalade, ainsi que de mettre en place le Comité constitutionnel. Dans les zones problématiques de la Syrie telles qu’Idleb et l’Est de l’Euphrate ont été mises en place les patrouilles russo-turques conjointes qui jouent un rôle important dans le maintien de l’ordre et de la sécurité sur place. Le travail commun pour neutraliser les groupes terroristes crée des prémisses à la poursuite du processus de paix et au retour des réfugiés syriens chez eux.
A l’heure actuelle, des experts russes et turcs apportent également une contribution à la réconciliation des belligérants en Libye. Les efforts communs ont permis d’instaurer un cessez-le-feu, ainsi que de relancer l’activité du secteur économique principal du pays – le secteur pétrolier. Nous continuons de travailler au rapprochement des positions de négociations entre les belligérants afin d’entamer des transformations politiques basées sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et les décisions de la Conférence de Berlin.
Dans l’histoire du Haut-Karabakh, la nature de l’implication de la Russie et de la Turquie possède ses nuances. Nous ne cachons pas que nous ne soutenons pas la position selon laquelle une solution militaire à ce problème serait possible et admissible. Considérant les deux peuples, arménien et azéri, comme amicaux et fraternels, nous ne pouvons pas partager de telles aspirations. Les présidents de la Russie, des États-Unis et de la France, en tant que coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, se sont clairement prononcés au profit d’un règlement purement politique. C’est le « trio » de coprésidents qui est le format reconnu de médiation dans le cadre de la sortie de ce conflit de longue date.
Le 10 octobre 2020, après 11 heures de consultations, les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, avec la participation de représentants des États-Unis et de la France, ont débouché sur la mise au point d’une Déclaration conjointe prévoyant un cessez-le-feu et la reprise des négociations substantielles. Nous tentons de persuader les partenaires turcs de l’utilité d’user de leur influence pour soutenir cette ligne. Je me suis entretenu plusieurs fois sur le Haut-Karabakh avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.
Nous appelons tous les acteurs extérieurs à faire tout leur possible pour empêcher le déroulement du scénario militaire, pour calmer les émotions des parties, intensifier le travail pour créer les conditions afin de relancer le processus de paix.

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Question: Que signifie la décision de la Turquie d’ouvrir la zone côtière près de Varosha?  Cela compliquera-t-il le règlement du problème chypriote?
Sergueï Lavrov: Concernant l’objectif et la signification de la décision d’ouvrir la plage de Varosha, il faut poser la question à ceux qui l’ont prise.
Bien évidemment, cette démarche a suscité une grande préoccupation de notre pays car, premièrement, elle entre en contradiction avec plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies – 414 (1977), 482 (1980), 550 (1984), 789 (1992) и 2483 (2019); et, deuxièmement, toutes les actions unilatérales empêchent la création d’une atmosphère constructive et causent des complications supplémentaires pour la reprise des négociations sur le règlement définitif de ce problème de longue date.

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Vous le savez, le 9 octobre, sous notre présidence, a été spécialement réuni le Conseil de sécurité des Nations unies où a été prononcée une déclaration du Président du Conseil de sécurité des Nations unies. La Fédération de Russie, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, reste attachée aux paramètres de règlement approuvés par l’Organisation et est prête à contribuer à leur réalisation. Nous espérons qu’à l’issue des procédures électorales au Nord de Chypre et de la normalisation de la situation épidémiologique sur l’île, les parties reviendront à la table des négociations pour chercher des solutions mutuellement acceptables. Cela devrait contribuer à stabiliser la situation, à établir la paix et la sécurité dans la région.
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A Chypre, la Turquie avance ses pions. Ersin Tatar, le candidat favori d’Ankara, a remporté dimanche l’élection présidentielle de l’autoproclamée République turque de Chypre du Nord (RTCN). Selon le Conseil électoral, il devance le président sortant, Mustafa Akinci, en engrangeant 51,74% des voix au second tour. Une victoire surprise alors que le social-démocrate de 72 ans, à la tête de la partie nord de l’île depuis 2015, comptait pour s’imposer sur les voix de Tufan Erhürman, arrivé en troisième position au premier tour et favorable comme lui à une réunification de l’île. Mais une très forte hausse de la participation, notamment de la part des électeurs turcs venus d’Anatolie, a fait basculer l’élection en faveur de celui qui était Premier ministre depuis 2019
CF/ https://www.liberation.fr/planete/2020/10/19/chypre-nord-l-election-d-un-president-pro-turc-renforce-l-ambition-d-erdogan-sur-la-mediterranee_1802859
https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4405308

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3/ Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de la conférence de presse à l’issue de son entretien avec Nikos Dendias, Ministre des Affaires étrangères de la Grèce, Athènes, 26 octobre 2020 – 17 H 26

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Mesdames et messieurs,
Nous venons de mener de très bons pourparlers. Il m’est agréable d’être de nouveau en Grèce. Nous remercions nos amis et hôtes grecs pour l’hospitalité traditionnelle dont ils font preuve envers notre délégation.
La Grèce est l’un de nos partenaires européens les plus importants. Nous avons des liens historiques et spirituels séculaires étroits, qui sont un actif vraiment important dans nos relations, notamment à l’étape actuelle.

Nikos Dendias, Ministre des Affaires étrangères de la Grèce Nikos Dendias Ministre des Affaires étrangères de la Grèce

L’an prochain, nous célébrerons le 200e anniversaire du début de la lutte nationale de libération du peuple grec, qui a débouché sur l’apparition de la Grèce indépendante. Notre pays a pleinement contribué à ces processus. Il est symbolique, comme vient de le dire Nikos Dendias, que le premier gouverneur du nouvel État grec a été le Chargé d’affaires du Ministère des Affaires étrangères de l’Empire russe, Ioánnis Kapodístrias (Jean Capo d’Istria).
Nous avons signé aujourd’hui un document important donnant le départ à un nouveau grand projet socioculturel: l’Année de l’histoire Russie-Grèce qui, nous l’espérons, sera officiellement ouverte en début d’année prochaine. Le mémorandum commun prévoit un programme d’activités très nourri. J’espère que cette initiative sera intéressante non seulement pour les historiens et les archéologues, mais également pour le grand public de nos pays, notamment pour les jeunes.
Nous avons constaté que notre coopération bilatérale se poursuivait malgré la situation épidémiologique. Nous avons mentionné une nouvelle fois nos actions d’aide mutuelle au début de la pandémie, notamment le fait que nos amis grecs ont activement aidé à rapatrier plusieurs centaines de Russes (plus de 700 personnes) qui se trouvaient sur le territoire grec. De surcroît, le premier vol a été organisé gratuitement par nos amis grecs. Bien évidemment, nous l’apprécions. Ce soutien mutuel distingue nos relations dans tous les domaines.
Sur les affaires bilatérales, nous avons évidemment exprimé notre volonté de surmonter au plus vite un certain déclin dans les échanges à cause de la pandémie. Le rôle joué par la Commission mixte russo-grecque pour la coopération économique, industrielle, scientifique et technique est très important en ce sens. Les coprésidents de cet organe intergouvernemental important se sont entretenus en visioconférence. Dès que la situation le permettra, nous espérons organiser une réunion plénière de la Commission mixte en plein format.
Nous sommes convenus de poursuivre le travail sur la modernisation et l’élargissement de la base juridique de nos relations. Nos institutions compétentes planchent actuellement sur des documents dans des domaines importants tels que la santé, la communication, les technologies de l’information et la coopération douanière.
La coopération économique de la mer Noire (BSEC) a vu le jour en tant que modèle unique et prometteur d’initiative politique et économique multilatérale avec la signature de la déclaration du sommet d’Istanbul et de la déclaration sur le Bosphore par les chefs d’État et de gouvernement des pays de la région, le 25 juin 1992.

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Avec l’entrée en vigueur de sa Charte le 1er mai 1999, la BSEC a acquis une identité juridique internationale et s’est transformée en une organisation économique régionale à part entière – l’Organisation de la coopération économique de la mer Noire.

http://www.bsec-organization.org/

Nous avons un niveau élevé d’entente sur les affaires régionales et internationales. Nous sommes convenus de poursuivre les contacts au niveau des plateformes multilatérales dont l’Onu, l’OSCE, le Conseil de l’Europe et l’OCEMN. Nous avons exprimé notre grande estime du rôle joué par la Grèce depuis six mois à titre de président au Conseil de l’Europe dans le cadre du Comité des ministres de cette organisation paneuropéenne. Nous sommes satisfaits par les priorités promues par la Grèce au cours de ces six mois et par le fait que la prochaine conférence des ministres à Athènes début novembre, manifestement en visioconférence, approuvera des documents importants, y compris la Déclaration d’Athènes et les initiatives sur les questions liées au développement des contacts entre les jeunes de nos pays, à l’éducation, et à la culture.
Nous avons eu un échange d’avis très intéressant sur la situation en Méditerranée orientale. Nous avons réaffirmé notre position en faveur du règlement de toutes les contradictions dans tous les domaines par le biais d’un dialogue dans le cadre du droit international.

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Nous avons parlé de la Syrie, de la Libye. Nous avons parlé de la coopération avec d’autres acteurs extérieurs pour la paix, notamment de notre coopération avec la Turquie et l’Iran dans le cadre du format d’Astana pour la Syrie. Nous avons parlé des mesures prises pour que les accords russo-turcs sur la zone de désescalade d’Idleb soient entièrement mis en œuvre, notamment en ce qui concerne l’élimination des terroristes restants de Hayat Tahrir al-Cham.
En ce qui concerne la Libye, nous avons constaté de bonnes nouvelles en provenance de Genève où, sous l’égide de l’Onu, se sont déroulées des négociations entre les délégations de Tripoli et de Benghazi. Nous espérons que la trêve annoncée sera immédiatement appuyée par des démarches concrètes pour créer un mécanisme approprié et que les processus de paix ne seront pas jetés aux oubliettes.
Nous avons parlé du rôle joué par la Russie en tant que coprésident du Groupe de Minsk de l’OSCE afin de stimuler le processus de paix au Haut-Karabakh, à commencer par un cessez-le-feu immédiat.
Nous avons parlé des démarches entreprises dans d’autres domaines vis-à-vis de notre espace géopolitique postsoviétique. Bien sûr, nous souhaitons que tous les problèmes qui y existent soient entièrement surmontés et réglés.
Nous sommes satisfaits des résultats de l’entretien. J’ai invité monsieur le Ministre pour une nouvelle visite en Fédération de Russie. Il a promis de choisir la ville selon sa volonté. Nous sommes prêts à satisfaire son souhait.
Merci.

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Question: Nous voyons la rapidité avec laquelle évolue la situation en Méditerranée orientale. Vous venez d’en parler. La Russie dispose-t-elle d’un plan, d’une initiative pour contribuer au règlement de cette situation tendue?

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Sergueï Lavrov: En ce qui concerne la Méditerranée orientale, je peux confirmer ce que j’ai dit. Les problèmes se sont accumulés pendant des années dans cette région, notamment au Sud de la Méditerranée. De nouveaux problèmes se sont ajoutés – ils sont bien connus. Nous sommes convaincus qu’ils doivent être réglés en s’appuyant sur le droit international.
Quant à savoir si nous avons une initiative. A mes yeux, c’est le message général de la Convention de l’Onu sur le droit de la mer et d’autres documents juridiques internationaux qu’il faut remplir à part entière. C’est la clé pour apaiser la situation afin de l’orienter sur les négociations.
C’est avant tout les pays côtiers qui doivent faire preuve d’initiative. Si quelqu’un nous demande notre médiation, de faire jouer nos relations avec tel ou tel pays, bien sûr nous serons prêts à étudier une telle possibilité.
Question (traduite du grec): A l’heure actuelle, on parle activement en Grèce de l’élargissement des eaux territoriales jusqu’à 12 milles marins. Quelle est votre position à ce sujet?
Il est évident que la Turquie se trouve à une nouvelle étape de sa politique. Comment voyez-vous l’attitude de la communauté internationale envers cette politique?
Sergueï Lavrov: En ce qui concerne la décision de l’élargissement des eaux territoriales, vous avez vous-même dit qu’il s’agit des intentions du gouvernement de la Grèce, c’est pourquoi la Fédération de Russie ne peut pas adopter une quelconque position sauf celle déterminée par la Convention de l’Onu sur le droit de la mer. Conformément à cette Convention, chaque État membre de la Convention a le droit d’établir la largeur des eaux territoriales jusqu’à 12 milles, évidemment, en tenant compte du bon sens et des particularités géographiques. S’il s’agit du fait que les projets de deux États ou plus se croisent dans le cadre de cette convention, alors une solution peut être trouvée seulement par le biais de négociations en respectant les intérêts réciproques conformément à cette Convention.
En ce qui concerne la Turquie. Nous avons de bonnes relations avec la Turquie. Non sans problèmes. Nos approches sont loin de coïncider sur les différents problèmes existants, mais quand nous trouvons des dénominateurs communs (nous avons de bonnes négociations sur la Libye), nous unissons les efforts au profit de la cause et nous aidons à avancer dans la création des conditions nécessaires pour régler les situations de crise. Nous poursuivons une telle interaction avec la Turquie.
Tous les problèmes qui surviennent entre les États doivent être réglés par le dialogue, aussi difficile que soit la situation. Notamment entre la Turquie et la Grèce. Nous souhaitons que ces problèmes soient débattus et réglés à tra

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4/ Sur l’entretien téléphonique de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française – 28 octobre 2020 – 20H04
Communiqué de presse

Le Drian

Mardi 28 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu par télépone avec le Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
Les deux ministres ont évoqué en détail l’évolution de la situation dans la zone de conflit du Haut-Karabakh, ont exprimé leur sérieuse préoccupation compte tenu des vastes activités militaires qui y perdurent, et ont appelé les belligérants à cesser le feu complètement et au plus vite, ainsi qu’à la désescalade de la tension. Ils ont soutenu l’absence d’alternative au règlement diplomatique du conflit et la nécessité d’actions concertées des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE. Les différents scénarios de la suite des événements ont été étudiés.
Sergueï Lavrov et Jean-Yves Le Drian ont noté en particulier l’importance pour les belligérants de faire preuve de volonté politique pour cesser les activités militaires.
Les deux ministres ont également évoqué l’agenda bilatéral. Ils ont mis l’accent sur la nécessité de développer la coopération entre les organes des forces de l’ordre, notamment en vue de l’éventuelle visite en Russie du Ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin afin d’aborder un large éventail de questions liées à la lutte contre le terrorisme et l’idéologie extrémiste.
 https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4410061