3019 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 4 octobre 2018

  • 1/ Sur les pourparlers du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Enzo Moavero Milanesi

  • 2/ Sur les pourparlers du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes Miroslav Lajčák
  • 3/ Sur la visite de travail de la Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach
  • 4/ Sur la situation autour de Maria Boutina
  • 5/ Sur la situation autour de Kirill Vychinski
  • 6/ Sur l’évolution de la situation autour de Mikhaïl Botchkarev
  • 7/ Sur la possibilité d’un échange de détenus avec les États-Unis
  • 8/ Sur l’évolution de la situation en Syrie
  • 9/ Sur la situation actuelle en Afghanistan
  • 10/ Sur la déclaration du Directeur général de l’AIEA Yukiya Amano concernant l’activité d’inspection en Iran
  • 11/ Sur la situation en Macédoine
  • 12/ Sur le séisme en Indonésie
  • 13/ Sur l’évolution de la situation autour de l' »affaire Skripal »
  • 14/ Sur le scandale de dopage au sein de la communauté sportive des États-Unis
  • 15/ Sur la réaction britannique à la réintégration de la Russie à l’Agence mondiale antidopage (AMA)
  • 16/ Sur la 6e conférence internationale sur la cybersécurité « CyberCrimeCon 2018 »
  • 17/ Sur la création de cyberforces et d’un nouveau régulateur internet au Royaume-Uni
  • 18/ Sur le « deux poids, deux mesures » des États-Unis dans la protection des données personnelles
  • 19/ Sur les propos de la Première ministre britannique Theresa May
  • 20/ Sur les propos du Ministre américain de l’Intérieur Ryan Zinke
  • 21/ Sur les propos d’Hillary Clinton, qui a comparé l' »ingérence » russe dans les élections américaines aux attentats du 11 septembre 2001
  • 22/ Sur les propos d’un responsable de l’Ambassade américaine à Moscou
  • 23/ Sur le projet lituanien d’immortaliser la mémoire du chef des « Frères de la forêt » Adolfas Ramanauskas-Vanagas
  • 24/ Sur les événements organisés dans le sud de l’Italie avec la participation de la Fondation Saint-André à l’occasion des 110 ans du séisme de Messine 
  • 25/ Sur les propos du Sous-Secrétaire d’État américain Christopher Ford concernant le rôle prétendument destructeur de la Russie dans la base de données de l’AIEA sur les incidents et le trafic de substances nucléaires et radioactives

Note Sans a priori … conférence un peu longue … mais on s’ennuie pas ! il se passe toujours quelques chose entre les anglo-saxons et les russes … à croire que les USA ont peur de s’ennuyer si ils n’ont pas d’adversaires déclarés comme « ennemis » bien sûr !!!

 

1/ Sur les pourparlers du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Enzo Moavero Milanesi

ITALIE Enzo Moavero Milanesi REUTERSInts KalninsL-Italie-impose-des-conditions-pour-accepter-les-migrants-sauves-en-mer Enzo Moavero Milanesi REUTERS/Ints Kalnins

Le 8 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra avec le Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Enzo Moavero Milanesi.

Les deux chefs de diplomatie se pencheront sur l’état et les perspectives des relations russo-italiennes dans les domaines politique, économique, financier, culturel et social.
Les ministres débattront également des sujets-clés de l’actualité internationale, notamment de la situation en Syrie et en Libye, du conflit ukrainien et de la coopération dans le cadre de l’OSCE compte tenu de la présidence italienne de l’Organisation en 2018.

2/ Sur les pourparlers du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes Miroslav Lajčák

EUROPE le Ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes Miroslav Lajčák fcac695db02687ffb7955b66a43fe6e6-1496243103  EUROPE le Ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes Miroslav Lajčák 

Le 9 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra avec le Ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes Miroslav Lajčák, présent à Moscou pour une visite de travail.

Ils débattront d’un large éventail de questions relatives aux relations russo-slovaques et à l’actualité internationale en mettant l’accent sur les problèmes de l’OSCE dans le contexte de la future présidence slovaque de l’Organisation en 2019.
En marge de sa visite, le Ministre slovaque des Affaires étrangères et européennes Miroslav Lajčák prononcera un discours à l’Institut d’État des relations internationales de Moscou auprès du Ministère russe des Affaires étrangères.

3/ Sur la visite de travail de la Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach

ANDORRE la Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach Maria-Ubach-à-la-première-réunion-des-femmes-ministres-des-Affaires-étrangères-à-Montréal-600x600 la Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach

La Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach se rendra en Russie pour une visite de travail du 9 au 10 octobre. Le 10 octobre, elle participera à une rencontre de travail avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il s’agit de la première visite en Russie de la Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach. Son prédécesseur Juli Minoves Triquell s’était rendu à Moscou en 2007.

Les relations diplomatiques entre la Russie et Andorre ont été établies en 1995. Les autorités andorranes tentent de développer des relations stables, respectueuses et, si possible, de confiance avec tous les acteurs internationaux, notamment avec la Russie. En 2014, Andorre n’a pas soutenu les sanctions antirusses. Nos ministères des Affaires étrangères maintiennent des contacts réguliers et le soutien réciproque des candidatures lors des élections au sein des organisations internationales est une pratique établie depuis longtemps. Les relations russo-andorranes constituent un bon exemple de construction de relations mutuellement avantageuses dans l’Europe contemporaine, indépendamment des turbulences politiques, des différences d’approches des problèmes plus ou moins importants, du niveau économique et des formes de gouvernement.  

Les pourparlers du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Ministre andorrane des Affaires étrangères Maria Ubach devraient favoriser le renforcement de la coopération entre les deux pays sur la scène internationale et l’élargissement de leur partenariat dans le domaine de l’économie, de la culture et du tourisme.
Dans le cadre de cette visite, les deux ministres présenteront une publication russo-andorrane, le livre Andorre et le poète, consacré au court séjour dans ce pays de Maximilian Volochine, artiste, poète et critique littéraire russe éminent en 1901. Il s’agit d’un projet culturel conjoint, mis en œuvre avec le soutien financier de l’Agence fédérale de la presse et des médias et du Gouvernement andorran.  

4/ Sur la situation autour de Maria Boutina

RUSSIE Maria Boutinaskynews-maria-butina-russia_4364269  Maria Boutina

Nous suivons de très près la situation autour de la citoyenne russe Maria Boutina arrêtée aux USA sur de fausses accusations. Elle est injustement maintenue en détention depuis deux mois et demi et est, de facto, une prisonnière politique.
Les collaborateurs consulaires de l’Ambassade de Russie à Washington rendent régulièrement visite à Maria Boutina à la prison d’Alexandria, dans l’État de Virginie, où elle est détenue actuellement. Grâce aux efforts de nos diplomates, les conditions de détention de Maria se sont nettement améliorées – fin septembre, après un long isolement, elle a enfin été transférée vers le régime de détention général. A présent elle peut quitter sa cellule, communiquer avec d’autres détenus et téléphoner. Une rencontre avec un prêtre orthodoxe a été organisée avec la contribution de l’Ambassade.
En collaboration avec les avocats se poursuit l’élaboration de la ligne de défense de Maria Boutina pour la prochaine audience. Elle a l’intention de clamer haut et fort son innocence.
De notre côté, nous continuerons de lutter pour le respect des droits légitimes de Maria Boutina, nous exigerons des autorités américaines de faire cesser l’arbitraire et de la libérer sans plus attendre.

5/ Sur la situation autour de Kirill Vychinski

UKRAINE RUSSIE Kirill Vychinski 1037800923 Kirill Vychinski

Ce 2 octobre, il a été annoncé que l’examen de la plainte de la défense pour prolonger l’arrestation du directeur du site RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski à la cour d’appel de la région de Kherson a été reporté pour une durée indéterminée à cause de la suppression de toutes les cours d’appel de l’Ukraine.

A présent, il n’y a aucune information sur le début du travail du nouveau tribunal qui examinera les appels. Suite à cette situation, l’examen de l’appel contre l’arrestation du journaliste pourrait avoir lieu après l’expiration du délai de détention de Kirill Vychinski, c’est-à-dire après le 4 novembre. Dans ce domaine, la situation actuelle en Ukraine ressemble à un véritable chaos. C’est pourquoi nous allons suivre l’évolution de la situation. Nous voudrions souligner par ailleurs que si tout évoluait selon ce scénario, les droits d’appel seraient violés.
Une nouvelle fois, nous soulignons que l’arrestation du journaliste sur une accusation fabriquée de haute trahison est une grossière violation des engagements internationaux de l’Ukraine en matière de liberté des médias. Nous exigeons immédiatement la libération de Kirill Vychinski sans aucune condition. Nous jugeons insuffisante la réaction à cette situation des structures internationales compétentes et des ONG. Nous les appelons à renforcer la pression sur les autorités ukrainiennes en la matière. C’est effectivement un cas scandaleux dans l’histoire de l’interaction entre le journalisme et le pouvoir.

6/ Sur l’évolution de la situation autour de Mikhaïl Botchkarev

NORVEGE 1038202982 Norvège

Nous continuons de veiller de près au sort de Mikhaïl Botchkarev, collaborateur de l’Appareil du Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, arrêté le 21 septembre en Norvège. Il reste détenu à Oslo. Sa détention provisoire expire le 6 octobre.

RUSSIE Valentina Matvienko 1030796235  Valentina Matvienko 

La présidente du Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Valentina Matvienko a envoyé un message au Président du Parlement norvégien Tone Wilhelmsen Trøen pour exiger la libération immédiate de Mikhaïl Botchkarev.
Les diplomates russes à Oslo sont en contact permanent avec Mikhaïl Botchkarev qui, en coopération avec son avocat, reçoit toute l’aide possible pour défendre ses droits et intérêts. Le 1er octobre, les représentants du département consulaire de l’Ambassade l’ont rencontré de nouveau.
Nous exigeons des autorités norvégiennes qu’elles lèvent toutes les accusations fictives contre Mikhaïl Botchkarev et le libèrent au plus vite.
Tout cela indique que la situation relative à l’arrestation de Mikhaïl Botchkarev  et son accusation d’espionnage a été organisée par les autorités norvégiennes comme une action de chantage pour la libération du citoyen norvégien Frode Berg pris en flagrant délit en Russie. Ce dernier fait actuellement l’objet d’une enquête.

7/ Sur la possibilité d’un échange de détenus avec les États-Unis

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Je voudrais attirer l’attention sur les publications de nombreux médias qui évoquent l’échange éventuel d’Oleg Sentsov, condamné en Russie pour avoir préparé un attentat, contre des citoyens russes détenus aux États-Unis.

Nous avons été surpris par ces informations. Il n’existe aucune entente à ce sujet. Ce sont des désinformations.

En même temps, comme nous l’avons déjà indiqué à plusieurs reprises, nous demandons que Washington libère immédiatement et sans aucune condition Maria Boutina, arrêtée sur des accusations montées de toutes pièces. Je veux souligner encore une fois que nous considérons son interpellation et toute la situation autour de sa personne comme une persécution, une pression politique, un chantage. Elle est, sans aucun doute, une prisonnière politique.
 Nous avons exigé et exigerons encore le rapatriement de Viktor Bout et de Konstantin Iarochenko, interpellés à l’étranger par les services secrets américains, transférés de force aux USA et condamnés à des peines de prison énormes (25 et 20 ans respectivement). Nous ne renoncerons pas à nos efforts visant à libérer les citoyens russes victimes de l’arbitraire américain.

8/ Sur l’évolution de la situation en Syrie

TURQUIE RUSSIE picture

 

En ce qui concerne l’évolution de la situation en Syrie, la mise en œuvre du mémorandum russo-turc sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idleb signé le 17 septembre dernier à Sotchi revêt une importance particulière.

Selon nos informations, certaines structures de l’opposition armée d’Idleb ont annoncé leur soutien aux accords de création d’une zone démilitarisée. La coopération entre les militaires russes et turcs a permis d’assurer le fonctionnement du corridor humanitaire d’Abou Doukhour à l’est de la ville d’Idleb, qui permet aux civils de se rendre sur le territoire contrôlé par le Gouvernement syrien. Les personnes qui quittent l’enclave terroriste reçoivent toute l’aide nécessaire.
En même temps, les combattants radicaux, notamment les membres du Front al-Nosra et d’autres groupes terroristes internationaux liés à Al-Qaïda, ont peur de se retrouver isolés à cause de la mise en œuvre des ententes russo-turques et lancent des provocations, aggravent les tensions le long des frontières de la zone de désescalade d’Idleb, et appellent à poursuivre la résistance aux troupes gouvernementales. Ainsi, les terroristes tentent d’empêcher la réconciliation des groupes d’opposition qui veulent déposer les armes et rejoindre le processus politique.   

De nouvelles informations nous parviennent sur les préparatifs de mises en scène, par les terroristes, d’attaques chimiques des forces gouvernementales.

A ces fins, ils ont déjà envoyé dans la région des substances toxiques et des équipements vidéo professionnels. Ils ont même organisé des répétitions, dont des images ont déjà été publiées dans les médias.
On craint également que les civils kidnappés par les extrémistes, notamment les femmes et les enfants, soient victimes de ces opérations.

La Russie envisage de continuer sa lutte sans compromis contre le terrorisme jusqu’à son élimination complète sur le sol syrien.

Sur les territoires libérés des terroristes, le Gouvernement syrien lance la reconstruction de l’infrastructure économique et sociale, et fournit une aide humanitaire complète à la population.
On constate également la poursuite du retour des réfugiés syriens et des personnes déplacées vers leur lieu de résidence permanent en Syrie. Selon les autorités syriennes, environ 50 000 personnes sont revenues dans le pays depuis le début de l’année.

Nous avons repéré des informations sur une frappe de missiles lancée le 1er octobre par l’Iran à l’est de l’Euphrate contre les sites des auteurs de l’attentat organisé fin septembre dans la ville iranienne d’Ahvaz. Dans ce contexte, nous voudrions souligner que les militaires iraniens offrent en Syrie leur aide dans la lutte contre le terrorisme international de manière légitime et à l’invitation des autorités syriennes.

9/ Sur la situation actuelle en Afghanistan

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La situation en Afghanistan reste assez tendue. Les Talibans attisent les hostilités pratiquement dans toutes les régions du pays. Cette année, les forces de sécurité afghanes subissent des pertes inédites – on a dénombré 513 morts, 718 blessés et 43 prisonniers en septembre seulement.

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La branche afghane de Daech maintient un niveau élevé d’activité terroriste. Ainsi, un attentat-suicide a été enregistré le 2 octobre dans le district de Kama (province de Nangarhâr) au cours d’une rencontre d’un député avec ses électeurs, faisant au moins 13 morts et plusieurs dizaines de blessés. Selon les dernières informations, cette attaque a été organisée par Daech.

Parallèlement, les États-Unis et les pays membres de la coalition afghane continuent de miser sur une résolution militaire du conflit.

Cette approche se solde tout d’abord par une hausse du nombre de victimes civiles. Selon certaines estimations, les hostilités se sont soldées en septembre par 262 morts et 524 blessés au sein de la population pacifique. Qui plus est, la moitié de ces pertes s’explique par les frappes aériennes de la coalition occidentale. Un autre exemple de frappes aériennes non-sélectives des États-Unis est le bombardement par erreur des policiers afghans dans le district de Nad-Ali (province d’Helmand), qui a fait un mort et 29 blessés.
L’évolution actuelle de la situation en Afghanistan illustre de nouveau que le conflit dans ce pays n’a pas de solution militaire, et que la seule voie de règlement réside dans la réconciliation afghane par des moyens politiques et diplomatiques.

10/ Sur la déclaration du Directeur général de l’AIEA Yukiya Amano concernant l’activité d’inspection en Iran

IAEA Director General Yukiya Amano briefs members of the media at a press conference held during the 1412th Board of Governors meeting on Iran.  Photo Dean Calma/AIEA. Le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano .

On nous a demandé de commenter les récentes déclarations du Directeur général de l’AIEA Yukiya Amano concernant l’activité d’inspection en Iran. Nous voudrions donc préciser ce qui suit.

Le Directeur général de l’AIEA a parfaitement le droit de faire des déclarations sur les questions relatives à l’activité statutaire de l’Agence. Nous partageons entièrement les approches de Yukiya Amano vis-à-vis du travail d’inspection en Iran, qui sont reflétées dans sa déclaration officielle du 2 octobre. Nous pensons qu’elles correspondent au mandat de l’Agence dans le cadre du Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien, à la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité des Nations unies, à la résolution du Conseil des gouverneurs de l’AIEA du 15 décembre 2015, ainsi qu’à la pratique d’application du Protocole additionnel à l’Accord sur les garanties.

Nous faisons confiance à l’Agence qui mène professionnellement et objectivement depuis plusieurs années son activité pour vérifier que Téhéran remplit ses engagements dans le cadre du Plan d’action et du Protocole additionnel. A l’heure actuelle, l’Iran est le pays le plus inspecté par l’AIEA. L’ensemble des outils à disposition de l’Agence, ainsi que le niveau élevé de coopération dont fait preuve l’Iran, offrent à l’AIEA toutes les possibilités nécessaires pour lever tout soupçon, notamment concernant de prétendus « dépôts nucléaires secrets ».

IRAN directeur-general-Agence-internationale-energie-atomique-AIEA-Yukiya-Amano-rencontre-president-iranien-Hassan-Rouhani-29-octobre-2017-Teheran-transmise-presidence-iranienne_0_729_48  Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano rencontre le président iranien Hassan Rouhani, le 29 octobre 2017 à Téhéran (transmise par la présidence iranienne). / HO/AFP

Nous partageons également la position de Yukiya Amano au sujet du fait que l’information sur la tenue des engagements des États vis-à-vis de l’AIEA, notamment fournie par des pays tiers, ne doit pas être pris pour argent comptant mais être minutieusement vérifiée. Nous espérons que cette approche sera maintenue dans le travail de l’Agence.

11/ Sur la situation en Macédoine

MACEDOINE 1306097-Macédoine.HD

Nous avons déjà exposé notre position, qui a été publiée sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est également exprimé à ce sujet. Néanmoins, de nombreuses questions se font jour concernant la réaction que nous constatons au référendum qui a eu lieu en Macédoine.

Je rappelle que le 30 septembre en République de Macédoine a été organisé un référendum concernant l’acceptabilité de l’accord de Prespa sur le changement de nom de l’État en « Macédoine du Nord », qui a été reconnu non valide à cause d’un taux de participation insuffisant (36,9% au lieu des 50% + 1 voix nécessaires).

Les dirigeants de l’UE et de l’Otan avaient pourtant incité ouvertement les citoyens macédoniens à voter pour. Selon nous, c’est une pratique inadmissible compte tenu de la préoccupation de ces États précis vis-à-vis de l’ingérence dans tous les processus électoraux et nationaux.

  • Qu’y a-t-il de plus important et révélateur qu’un référendum national?
Malgré leurs incitations, une ingérence absolument sans gêne dans les affaires intérieures de l’État et la tentative d’influencer le vote des citoyens, tout a échoué.
Puis, sans l’ombre d’un doute, ils ont salué les résultats du vote en les décrivant comme un « large soutien » à l’accord de Prespa.

Le Secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a même promis de faire adhérer Skopje à l’Alliance début 2019, sans même douter que les parlements de la Macédoine et de la Grèce prendront les décisions nécessaires. Je voudrais répéter que tout s’est mélangé dans la tête des politiciens, non seulement des politiciens qui travaillent pour leur propre image mais également des politiciens qui s’occupent directement de la formation de l’agenda paneuropéen et nord-atlantique.

  • Si nous parlons de non-ingérence dans les affaires intérieures, alors on ne peut pas inciter à voter pour ou contre s’il est question de référendums.
  • Si nous parlons de non-ingérence dans les affaires intérieures et de respect du droit, y compris international, alors on ne peut pas – qui plus est le responsable d’une alliance militaire – parler au nom des parlements d’autres pays concernant les décisions qui seront prises.
C’est absolument inadmissible. Ou alors il faut reconnaître une fois qu’on peut le faire, et dans ce cas un nouvel ordre mondial serait probablement instauré. Dans ce cas, il faut s’exprimer honnêtement et ouvertement sur ce thème.

MACEDOINE experience-skopje-macedoine-samuel-9719681780f3064845b4d4cb52c73cc9  Skopje est la capitale de la République de Macédoine, située au centre de la péninsule des Balkans

Il s’agit manifestement de la poursuite d’une grossière ingérence extérieure dans les affaires macédoniennes avec pour objectif d’entraîner à tout prix Skopje au sein de l’Alliance. Selon la logique de ceux qui suivent cette ligne, il est possible d’ignorer l’avis de 63,1% de la population, dont le Président Gjorge Ivanov qui a refusé de soutenir cet accord. Les approches occidentales de la démocratie, dans la pratique, sont cyniques et hypocrites. C’est particulièrement visible dans les Balkans.

MACEDOINE le Président Gjorge Ivanov1049400672MACÉDOINE   le Président Gjorge Ivanov

Nous sommes surpris par la conclusion engagée du BIDDH de l’OSCE à l’issue de l’observation du référendum. La campagne propagandiste massive de l’Occident est présentée de manière positive. Mais si Moscou avait appelé les Macédoniens à voter d’une certaine façon, il aurait été immédiatement accusé d’ingérence dans les affaires intérieures.

Ce n’est plus du deux poids deux mesures, c’est un outrage aux normes et aux règles universelles.

La position de principe de la Russie reste inchangée: une solution à long terme ne pourra être trouvée que par les parties concernées, sans pression ni formules imposées de l’extérieur – qui ne fonctionnent pas. Je pense que les politiciens occidentaux l’ont compris. Cette solution doit être trouvée dans le champ juridique et s’appuyer sur un large soutien social.

12/ Sur le séisme en Indonésie

INDONESIE la province indonésienne de Sulawesi central.IMG_1538130243

Ce 28 septembre, un séisme de magnitude 7,4 accompagné d’un tsunami avec des vagues jusqu’à 3 mètres a frappé la province indonésienne de Sulawesi central. Les dégâts les plus importants ont été provoqués près des villes de Donggala et de Palu.

Au 3 octobre, le bilan de cette grande catastrophe naturelle était de plus de 1.300 morts, et près de 17.000 Indonésiens étaient sans foyer.

Indonesian President Joko Widodo gestures while speaking with Reuters during an interview at the presidential palace in Jakarta, IndonesiaPrésident indonésien Joko Widodo.

Suite à cette tragédie, le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre russe Dmitri Medvedev ont envoyé des télégrammes de condoléances au Président indonésien Joko Widodo.

Il n’y a pas de citoyens russes parmi les victimes ou les blessés. Le site et les pages de l’Ambassade de Russie à Jakarta ont publié les numéros joignables 24h/24 mis à disposition des citoyens russes.
Actuellement, nous étudions la possibilité d’envoyer une aide humanitaire russe (des centrales électriques mobiles, des tentes, des couvertures et de la nourriture) dans les régions indonésiennes touchées par le séisme.

13/ Sur l’évolution de la situation autour de l' »affaire Skripal »

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Nous avons déjà commenté récemment la décision du Ministère britannique de l’Intérieur de refuser au Parquet russe une aide juridique dans l’enquête pénale ouverte par le Comité d’enquête russe sur la tentative d’homicide visant la citoyenne russe Ioulia Skripal. Je rappelle que ce refus a été motivé par le fait que satisfaire la requête russe porterait prétendument atteinte à la souveraineté, à la sécurité et à l’ordre public ou d’autres intérêts majeurs du Royaume-Uni.

  • Que dire, si les autorités britanniques reconnaissent qu’une enquête conjointe sur l' »affaire Skripal » menace leurs intérêts?
  • Quels sont, alors, ces intérêts?

L’impression que nous avons assisté à une grande mise en scène ne nous quitte pas.

Pour maintenir le sujet dans toute sa simplicité et son intensité, Londres a recours à ses méthodes favorites de désinformation, qu’il désavoue souvent lui-même par la suite.

Par exemple le tweet de Ministre britannique de la Défense qui a disparu quelques minutes après son apparition sans aucune explication

  • (une erreur technique?
  • Ou la « main de Moscou » a-t-elle écrit quelque chose à la place du Ministre de la Défense?).

Ce tweet a simplement disparu.

Il disait que « l’un des suspects dans l’affaire de Salisbury s’avérait être un colonel russe. Je voudrais remercier tous ceux qui travaillent sans relâche sur cette affaire ». Le plus intéressant est que tout a été publié de manière synchronisée avec une nouvelle intox de Bellingcat 

( Bellingcat, le site internet d’investigation affirmant avoir découvert la véritable identité de l’un des suspects de l’affaire Skripal, est né de …FAKE NEWS)

relayée, malheureusement, par de nombreux médias sérieux. C’est cette liaison fantastique qu’entretiennent les autorités britanniques avec les pseudo-médias, ainsi qu’avec les vrais médias à l’histoire solide. Voilà ce que nous voyons.

La manière synchronisée avec laquelle apparaissent, dans l’espace médiatique, des titres avec les déclarations des politiciens britanniques et les fausses informations antirusses des pseudo-médias, ainsi que le passage sous silence systématique ou la désinformation autour de l’argumentaire russe, le tout en soulignant les accusations – infondées – de Londres, indiquent que le Royaume-Uni a oublié la liberté d’expression et l’inadmissibilité de la censure en s’impliquant trop dans les jeux géopolitiques et les querelles politiques intérieures.

D’ailleurs, si l’on parle des querelles politiques au Royaume-Uni, ce qui s’est passé hier ne laisse aucun doute.

Les affaires Salisbury, Amesbury et Skripal sont organisées notamment dans les intérêts de la lutte politique intérieure. Certains veulent améliorer leur popularité, d’autres cherchent à porter atteinte à leurs rivaux politiques. On a l’impression que les accusateurs (les représentants officiels britanniques) sont fanatiquement convaincus d’avoir raison, ils n’ont pas besoin d’arguments raisonnables ni de preuves. Le fameux « highly likely » suffit. Je suis certaine qu’à terme les historiens et les avocats britanniques s’en souviendront avec honte.

Malgré l’attisement de la situation par ces méthodes, on ne peut pas échapper à la vérité. Tôt ou tard, elle fera surface.

Sachant cela, il serait positif que les représentants britanniques, au lieu de leurs ruses habituelles, répondent simplement aux questions de base sur cette affaire.

  • Où et dans quel état se trouvent les citoyens russes blessés Sergueï Skripal et Ioulia Skripal?
  • Pourquoi ne peut-on pas prendre contact avec eux depuis plus de six mois?

Il existe de nombreuses autres questions sérieuses sur l' »affaire Skripal » que nous avons posées et transmises à plusieurs reprises aux autorités britanniques.

Nous en avons parlé à nos partenaires étrangers. Et surtout, on ignore encore ce qui s’est vraiment passé à Salisbury. S’il y a de prétendus suspects, cela veut dire que les autorités britanniques ont une description détaillée, minute par minute, de ce qui est arrivé. Nous voudrions savoir.
Nous appelons encore une fois les autorités britanniques à une discussion ouverte et honnête à la place de leur insolence péremptoire et infructueuse.

14/ Sur le scandale de dopage au sein de la communauté sportive des États-Unis

USA le-president-de-l-agence-mondiale-antidopage-ama-craig-reedie-lors-d-une-allocution-en-ouverture-du-symposium-annuel-de-l-ama-le-21-mars-2018-a-lausanne_6033400Le président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), Craig Reedie lors d’une allocution en ouverture du symposium annuel de l’AMA, le 21 mars 2018 à Lausanneafp.com/Fabrice COFFRINI

 

Comme on le sait, les États-Unis sont l’un des principaux instigateurs des accusations antirusses concernant l’existence d’un prétendu « système étatique de dopage ». Qui plus est, les fonctionnaires sportifs américains refusent de facto de reconnaître la décision du comité exécutif de l’Agence mondiale antidopage (AMA) sur le rétablissement du statut de l’Agence antidopage  russe.

USA Travis Tygart,maxresdefault  Travis Tygart,

L’acteur principal de cette campagne est le chef de l’Agence antidopage américaine (USADA) Travis Tygart, dont l’organisation est actuellement au cœur d’un scandale sérieux.

Le fait est que l’agence de Travis Tygart a été accusée d’avoir allégé la peine du pratiquant américain d’arts martiaux mixtes Jon Jones, « attrapé » pour la deuxième fois pour dopage en 2017.

Sa disqualification de 4 ans avait d’abord été réduite à 30 mois grâce à sa « coopération avec l’USADA et l’octroi d’informations sur l’utilisation de substances interdites par d’autres athlètes ». Ensuite, on a encore réduit ce délai – à 15 mois – en raison de l' »opinion d’expert » du canadien Richard McLaren, auteur des rapports sur le « dopage en Russie ».

Il s’agit d’une escroquerie pure des fonctionnaires sportifs des USA, du Canada et d’autres pays.

Leur décision se base sur l’affirmation que Jon Jones a utilisé les anabolisants de manière « non-préméditée » et que ces substances « n’ont pas influé sur les résultats de ses combats ».

  • La punition n’est donc convenable que dans le cas où le dopage influe sur les résultats?

Si l’athlète utilisait le dopage sans monter sur le podium, cela serait donc parfaitement normal… Et il ne serait même pas nécessaire de le punir. C’est en tout cas la logique des décisions adoptées aux États-Unis avec le soutien d’autres fonctionnaires sportifs internationaux.

Malgré les tentatives d’étouffer le scandale, la décision concernant cet athlète a suscité une vive réaction de la communauté sportive américaine. Qui plus est, d’autres pratiquants d’arts martiaux mixtes ont renoncé à coopérer avec l’USADA.

On peut citer un autre exemple de ce « deux poids, deux mesures »: le refus d’accuser l’athlète Will Claye, testé positif au clenbutérol (une substance interdite) en août dernier. Selon l’USADA, cette substance « s’est probablement retrouvée dans son organisme à cause de la consommation de la viande du Mexique ».

On a l’impression que les prétentions américaines au leadership dans la lutte pour la « pureté du sport » ne sont qu’une concurrence malhonnête, ce que prouvent les exemples susmentionnés.

15/ Sur la réaction britannique à la réintégration de la Russie à l’Agence mondiale antidopage (AMA)

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Les Américains ne sont pas les seuls à s’être « réjouis » de la réintégration de la Russie à l’AMA. Nous constatons le lancement d’une nouvelle campagne antirusse. Immédiatement après la restitution du statut de la Russie au sein de cette organisation sportive internationale, les Américains, qui avaient tenté de l’empêcher par tous les moyens, ont reçu le soutien de leurs fidèles alliés britanniques. Ces derniers ont lancé un flot de fake news, d’accusations et de déclarations à différents niveaux.

Ainsi, le Ministère britannique des Affaires étrangères – il s’avère donc qu’il s’occupe également de la sécurité des technologies de l’information et de la communication – a tenu hier plusieurs propos faramineux du type « highly likely » sur l’implication présumée du GRU dans des cyberattaques dans le monde entier, notamment contre les serveurs de l’AMA. Comme les Britanniques profèrent déjà depuis quelques semaines des accusations contre le GRU dans le cadre de l’affaire Skripal, des incidents de Salisbury et d’Amesbury, ils peuvent désormais lier facilement cette histoire médiatisée à la situation de l’AMA.

On y retrouve pêle-mêle le GRU, le cyber-espionnage, les hackers du Kremlin et l’AMA. Un cocktail infernal.

La fantaisie de nos collègues britannique n’a donc visiblement aucune limite! Je voudrais bien voir ceux qui imaginent tout cela. Ils jugent probablement par eux-mêmes, et décrivent ce qu’ils font. Un tel comportement est indigne d’un État qui prétend être l’un des leaders mondiaux.

16/ Sur la 6e conférence internationale sur la cybersécurité « CyberCrimeCon 2018 »

CYBERSECURITE 6e conférence internationale sur la cybersécurité CyberCrimeCon 2018conference-logo

Dans plusieurs pays occidentaux, il est aujourd’hui de bon ton d’accuser systématiquement la Russie de tous les péchés, notamment dans le domaine de la cybersécurité.

Cependant, dans la réalité – qui diffère fortement de la vision des stratèges politiques occidentaux – notre pays fait partie des acteurs les plus dynamiques de la coopération internationale, notamment dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. C’est la Russie qui cherche à réanimer l’activité du groupe de travail bilatéral sur la cybersécurité, par exemple avec les USA. Malheureusement les Américains, pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître, évitent constamment ces contacts mutuellement utiles. Nous en avons parlé à plusieurs reprises.
L’un des exemples de la disposition de notre pays au développement  de la coopération sur la cybersécurité est la conférence internationale annuelle « CyberCrimeCon » qui se tiendra à Moscou les 9 et 10 octobre 2018. Elle devrait réunir plus de 1.000 experts d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie pour évoquer les tendances de la cybercriminalité internationale, analyser les nouveaux instruments et tactiques des groupes de hackers les plus dangereux et échanger des données stratégiques dans le domaine du cyber-renseignement.

Comme si nos partenaires occidentaux ne voyaient pas et ne remarquaient pas tout cela. Venez, participez, parlez à vos confrères russes. Si vous ne voulez pas le faire au niveau officiel, il y a la communauté d’experts.

L’un des thèmes centraux de la conférence à venir est la lutte contre le cyberterrorisme et la protection de l’infrastructure critique, ainsi que les résultats des investigations sur les cybercrimes les plus retentissants de l’année. La participation de représentants d’Interpol, d’Europol, de cyberpolices de différents pays, de compagnies de télécommunication, de banques, et d’organisations spécialisées dans les technologies de cybersécurité est attendue.

Pour plus d’informations sur l’événement et ses participants, ainsi que la procédure d’accréditation des médias, veuillez consulter le site de CyberCrimeCon 2018: https://2018.group-ib.ru/

17/ Sur la création de cyberforces et d’un nouveau régulateur internet au Royaume-Uni

 angleterre 17a1c58e26679035ffb9aecc4cd12887-royaume-uni-les-donnees-personnelles-de-ministres-devoiles-cause-d-une-faille-informatique

Angleterre les « conservateurs » entendent imposer un étroit contrôle étatique à InternetThérésa-May-présentant-le-programme-de-son-parti-pour-les-élections-de-2017  Blanche Europe /Royaume-Uni : les « conservateurs » entendent imposer un étroit contrôle étatique à Internet

Notre attention a été retenue par le fait qu’au Royaume-Uni, le Ministère de la Défense et le Government Communications Headquarters ont entamé la création de cyberforces offensives dont l’objectif annoncé, hormis la lutte contre le contenu terroriste et les groupes criminels, est de combattre les menaces émanant des « pays hostiles » sur internet.
On devine que l’expression « pays hostiles » désigne la Russie, la Chine (qui a également été accusée par les USA d’ingérence dans les élections américaines, bien plus que la Russie – c’est nouveau), ainsi que l’Iran et la Corée du Nord qui, selon les services britanniques, auraient commis le plus grand nombre d’attaques contre l’infrastructure britannique. Mais aucune preuve factuelle n’est apportée.
De plus, outre cette initiative, le gouvernement compte créer un régulateur internet à l’instar du régulateur médiatique Ofcom, qui surveillera les réseaux sociaux et exigera des sites de supprimer rapidement le contenu interdit. Il s’agira non seulement des déclarations extrémistes et des appels à la violence, mais également de la désinformation.

De cette manière, Londres mobilise toutes les forces pour renforcer le contrôle du segment de l’internet de son espace médiatique en faisant appel aux militaires.

Il est évident que l’objectif annoncé de lutte contre le contenu illicite et les menaces de prétendue ingérence sert seulement de prétexte pour créer des leviers supplémentaires afin d’éradiquer le point de vue alternatif en ligne, qui sera certainement classé sans appel comme une désinformation.

Il est évident que l’internet qui par nature n’admet pas la censure et, contrairement à la presse libérale britannique, refuse de croire sur parole les versions officielles de Downing Street dans l’esprit du « highly likely », se transforme pour les autorités britanniques en problème dans le contexte de leurs tentatives d’obtenir le monopole sur la vérité.

Le projet de loi sur la lutte antiterroriste et la sécurité des frontières qui, selon le représentant de l’OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, pourrait porter atteinte à la liberté de la presse et criminaliser différentes activités liés à l’utilisation et à la diffusion de l’information dans le cadre de l’activité des médias et des investigations journalistiques, est très symptomatique.

  • Nous voudrions avoir l’avis de la communauté d’experts sur toutes ces initiatives de Londres.
  • Et étant donné que nous donnons une appréciation politique, nous voudrions connaître l’avis des journalistes à ce sujet, voir leur réaction, car à nos yeux tous ces efforts visent à renforcer la censure dans l’espace médiatique.

18/ Sur le « deux poids, deux mesures » des États-Unis dans la protection des données personnelles

 Nous voudrions attirer encore une fois l’attention sur des faits illustrant de manière évidente le « deux poids, deux mesures » des États-Unis dans la protection des données personnelles.

Il y a quelques jours, des inconnus ont publié les adresses personnelles, les numéros de téléphone et les adresses mail des sénateurs américains Lindsey Graham, Mike Lee et Orrin Hatch sur leur page de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Suite à cet acte scandaleux, Wikipédia a rapidement supprimé ces données. La Maison blanche a qualifié cette fuite de « scandaleuse ». L’establishment de Washington a exprimé son indignation, car cet incident a mis en danger les familles des politiciens.

Ukranian-Hungarian1-1728x800_c.jpg  Le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó, a été ajouté à la base de données du site ukrainien  » Mirotvorets  » (gardien de la paix). Cela a été une réaction de Kiev aux prétendues tentatives du haut diplomate hongrois « de saper la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine : menaces directes d’une attaque armée contre l’Ukraine ».
En même temps, l’Administration américaine continue d’ignorer et refuse de commenter l’activité criminelle du site extrémiste ukrainien Mirotvorets qui s’appuie sur l’infrastructure américaine. Ce site publie les données personnelles des personnes indésirables aux yeux du régime de Kiev. Il s’agit de citoyens ukrainiens et étrangers. Je voudrais souligner encore une fois que ce site publie des informations personnelles.

Qui s’est retrouvé sur Mirotvorets?

Par exemple Oles Bouzina et Oleg Kalachnikov, tués ensuite par les radicaux. Les propriétaires du site n’ont subi aucune répercussion après la publication des données personnelles des journalistes (y compris occidentaux) qui s’étaient rendus dans les républiques autoproclamées du Donbass.

La base de données de Mirotvorets a récemment été complétée

  • par les données personnelles du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre,
  • du patriarche serbe Irénée,
  • de la compositrice Alexandra Pakhmoutova,
  • du réalisateur du film Sobibor (proposé pour l’Oscar) Kostantin Khabenski,
  • de l’ancien leader du groupe Pink Floyd Roger Waters,
  • de plusieurs activistes antifascistes,
  • des habitants de Transcarpatie qui avaient obtenu des passeports hongrois
  • et même du Ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó.

Le service américain Cloudflare offre à Mirotvorets un soutien technique actif.

LES SERVICES CLOUDFLARE NE SONT PLUS ACCESSIBLE POUR LES ABONNÉS D'ORANGE - Réseaux - RomCat, Création de site web sur mesurecloudflare  LES SERVICES CLOUDFLARE NE SONT PLUS ACCESSIBLE POUR LES ABONNÉS D’ORANGE – Réseaux – RomCat, Création de site web sur mesure

Washington préfère ignorer tout cela. Nous voudrions bien savoir s’il s’agit en effet d’une approche « deux poids, deux mesures » ou si Washington peut justifier ses actions, dans la mesure où la publication des données personnelles des politiciens américains a provoqué une telle indignation et un tel retentissement aux USA.
Qui plus est, dans le contexte de la fuite des coordonnées bancaires de diplomates russes en poste aux États-Unis sur le site Buzzfeed, ce que nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises, les services secrets américains ont lancé une provocation préméditée. Le Département d’État américain ne nous a toujours présenté aucune explication claire concernant les raisons de cet incident et la punition des coupables éventuels.

Tout cela indique clairement que les propos de Washington sur la protection des données personnelles des utilisateurs concernent uniquement les Américains, voire l’élite politique du pays.

Les USA ne protègent donc que les données personnelles des élites, et sont tout à fait prêts à mettre en danger celles des autres, voire à le faire sciemment.

19/ Sur les propos de la Première ministre britannique Theresa May

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Je ne peux pas ignorer les propos tenus hier par la Première ministre britannique Theresa May sur l’admissibilité des opérations militaires sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’Onu, où la Russie peut utiliser son droit de veto contre les propositions de ce genre. Elle a fait cette déclaration lors du congrès de son parti, le Parti conservateur, actuellement au pouvoir. Tout le monde a vu les images de cette réunion.

Je voudrais souligner qu’il n’existe en réalité rien de réellement nouveau dans les propos de Theresa May.

Du point de vue de Londres, il est évidemment tout à fait acceptable d’organiser des opérations militaires sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’Onu. Il existe pourtant un autre problème. Le fait est que les prédécesseurs de Theresa May ont été top souvent obligés de rougir, de se justifier et de demander pardon à la communauté internationale pour leurs opérations militaires non approuvées par le Conseil de sécurité de l’Onu, qu’ils avaient considérées comme possibles et acceptables.
     Tony BlairL’ancien premier ministre britannique (1997-2007), Tony Blair, n’en finit plus de jouer les francs tireurs du « hard-Brexit ». Alors qu’il a annoncé début mai son retour dans l’arène politique pour mieux peser sur les négociations de sortie du Royaume-Uni de l’Union européeenne,
  • Je voudrais rappeler que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair s’est justifié et s’est excusé pour la participation du Royaume-Uni à la campagne anti-irakienne illégale.
  • Je voudrais également rappeler à Theresa May et aux élites politiques britanniques qui sont du même avis que leurs anciens collègues de l’UE – compte tenu du Brexit -,
  • les Italiens, ne savent pas quoi faire avec les répercussions d’une autre opération illégale qui a violé le mandat octroyé par le Conseil de sécurité de l’Onu. Il s’agit de la Libye.
  • Comme le Président russe Vladimir Poutine l’a indiqué hier, l’État libyen a été détruit, et les conséquences ont frappé directement l’Europe.

Beaucoup d’Occidentaux considèrent en effet ces actions comme acceptables. Mais ils doivent ensuite présenter leurs excuses, tandis que le monde entier tente de pallier leurs conséquences désastreuses. Il y a beaucoup d’autres exemples.

20/ Sur les propos du Ministre américain de l’Intérieur Ryan Zinke

usa Ministre américain de l'Intérieur Ryan Zinke cover-r4x3w1000-5aace417071c4-b8b012448f6330f7edb86401b04e090377fa0d9e-jpg  Ministre américain de l’Intérieur Ryan Zinke

Le week-end dernier, les propos tenus par le Ministre américain de l’Intérieur Ryan Zinke ont eu une certaine résonance.

Ce fonctionnaire, responsable de l’utilisation des ressources naturelles américaines, a soudainement voulu évoquer les affaires internationales. Au cours d’une conférence consacrée au développement du secteur énergétique, il a indiqué que la marine américaine pourrait bloquer les livraisons maritimes de pétrole russe sur les marchés extérieurs, notamment au Moyen-Orient – dont on sait parfaitement qu’il a bien assez d’or noir. Selon lui, les USA pourraient faire de même avec les exportations de pétrole iranien.
Premièrement, imaginez qu’un représentant de l’élite politique russe – un politicien, un député ou un sénateur, sans parler d’un membre du gouvernement – ait tenu les mêmes propos. Une telle déclaration aurait immédiatement été considérée comme une ingérence russe, une pression énergétique ou un chantage.
Deuxièmement, le Ministre américain de l’Intérieur Ryan Zinke a visiblement oublié qu‘il ne faisait plus partie de l’infanterie de marine – forces au sein desquelles il a servi pendant plus de 20 ans – mais occupait un poste politique important qui l’obligeait à ménager ses propos. Rappelons aussi qu’après sa nomination en 2017, il s’était rendu à son bureau à cheval et en tenue de cow-boy pour sa première journée de travail. Ce qui en dit long.

Les propos de Ryan Zinke sont très symptomatiques.

Ils reflètent clairement la pensée d’une partie de l’establishment politique américain, qui s’explique par une connaissance superficielle de la situation mondiale et une prétention démesurée.

Un tel cocktail est toujours explosif, y compris pour les États-Unis.

Les responsables qui sont si certains de leur « caractère exceptionnel » et de celui de leur État pour évoquer un blocus maritime de la Russie, non seulement se ridiculisent mais pourraient aussi attirer beaucoup d’ennuis réels à leur pays.

21/ Sur les propos d’Hillary Clinton, qui a comparé l' »ingérence » russe dans les élections américaines aux attentats du 11 septembre 2001

 usa Hillary Clinton, qui a comparé l'ingérence russe 13523173

Au cours de son intervention lors d’une conférence à Washington, Hillary Clinton a comparé l’ingérence prétendue de la Russie dans les élections américaines de 2016 aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Ces propos sont particulièrement scandaleux quand on sait que le Président russe Vladimir Poutine a été le premier chef d’État à téléphoner à son homologue américain George W. Bush après les attentats du 11 septembre pour exprimer sa solidarité avec le peuple américain.
Ensuite, afin de soutenir la Force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan, la Russie a permis aux États-Unis et à l’Otan le transit terrestre et combiné (ferroviaire, routier et aérien) d’armes, de matériels et d’équipements militaires via son territoire.
La Russie a fourni aux États-Unis tout le soutien politique et logistique nécessaire dans la lutte contre le terrorisme qui les avait agressés. La Déclaration commune des présidents russe et américain du 24 juin 2010 a constaté la mise en œuvre efficace de ces accords.
  • Par quoi étaient donc motivés ces propos d’Hillary Clinton?
Est-il tellement difficile pour elle d’accepter sa défaite et ses erreurs qu’elle tient des propos si étranges, ridicules et scandaleux? Nous ne pouvons que le regretter.

22/ Sur les propos d’un responsable de l’Ambassade américaine à Moscou

usa ambassadeur en russie 800px-Jon_Huntsman_(6184009883)  Jon Meade Huntsman Jr., né le à Palo Alto (Californie), est un homme politique et diplomateaméricain. Membre du Parti républicain, il est gouverneur de l’Utah de 2005 à 2009, ambassadeur américain en Chine sous la présidence Barack Obama et candidat aux primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2012. Il devient ambassadeur des États-Unis en Russie en octobre 2017, sous la présidence Donald Trump.

Le conseiller en chef de l’Ambassade américaine à Moscou, Michael Yoder, a proposé d’organiser une « compétition amicale » concernant le nombre de visas octroyé par les deux parties et a promis de doubler le volume de ces documents délivrés par la Russie.

Nous acceptons ce défi. Nous avons déjà publié hier un communiqué en ce sens. Nous proposons de commencer ces compétitions par le délai d’attente des entrevues pour l’obtention des visas et la rapidité d’examen des demandes de nos citoyens. La compétition doit être honnête. Comme nous l’avons déjà indiqué à plusieurs reprises, le délai d’attente pour cette entrevue obligatoire pour la plupart des catégories de citoyens russes a été porté à 300 jours en avril dernier. Comme il est pratiquement impossible d’obtenir cet entretien, il est tout simplement inutile de demander un visa.

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Ce n’est qu’en réponse à cette initiative que la Russie a augmenté en mai dernier la durée d’examen des demandes des visas à court et à long terme à 15 jours et à 30 jours respectivement.

Nous estimons que les États-Unis créent de manière préméditée un blocus de visas. Nous avons déjà évoqué les cas des sportifs russes invités à des compétitions aux USA et des personnalités culturelles qui n’avaient pas pu obtenir à temps un visa américain. Ces difficultés créées de manière artificielle par les autorités américaines dans le domaine de l’octroi des visas, compliquent le maintien des liens d’affaires, culturels, sportifs, voire familiaux.

C’est pourquoi nous acceptons ce défi. Fixons-en les règles communes. Nous y sommes prêts et attendons des propositions.

23/ Sur le projet lituanien d’immortaliser la mémoire du chef des « Frères de la forêt » Adolfas Ramanauskas-Vanagas

 lituanie Au Nord de la ville, le cimetière d'Antakalnis

Cimetière d’Antakalnis : Ici repose l’histoire de la Lituanie
Antakalnis, c’est le cimetière militaire de Vilnius, le symbole de l’histoire douloureuse de la Lituanie. Dans une pinède vallonnée, gisent des Polonais, des Russes, des Allemands – on peut y voir des croix catholiques, orthodoxes, et aussi des chandeliers à 7 branches – Vilnius était appelé la Jérusalem de Lituanie. https://lamemoirenecropolitaine.fr/cimetieres-de-lituanie/
Vilnius poursuit sa politique de révision de l’histoire récente et tente de présenter  comme des héros et des martyrs nationaux les membres des bandes des « Frères de la forêt » qui ont agi sur le territoire lituanien après la guerre et ont énormément de sang sur les mains.
Dans ce contexte, nous sommes naturellement indignés par la décision des autorités lituaniennes de proclamer cette année comme celle de la mémoire d’Adolfas Ramanauskas-Vanagas, l’un des chefs des « Frères de la forêt ». Une réinhumation solennelle de son corps devrait avoir lieu le 6 octobre au cimetière d’Antakalnis de la capitale lituanienne. L’aspect le plus cynique de la situation réside dans le fait que le tombeau d‘Adolfas Ramanauskas-Vanagas, responsable de la mort d’un grand nombre de civils, se retrouvera près de ceux de plus de 5 000 soldats soviétiques morts pendant la libération de Vilnius des occupants fascistes.

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Je voudrais rappeler que personne n’a annulé la décision de justice condamnant ses crimes de guerre contre les civils non-armés. Ce jugement n’a pas de délai de prescription.

24/ Sur les événements organisés dans le sud de l’Italie avec la participation de la Fondation Saint-André à l’occasion des 110 ans du séisme de Messine 

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 »Plus loin dans le temps, d’autres séismes très violents ont frappé l’Italie: le tremblement de terre du 28 décembre 1908, dans le détroit de Messine, au large de la Sicile, a fait 95 000 morts et celui du 13 janvier 1915, 30 000 morts, déjà dans la région des Abruzzes. 

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Une réception a notamment été organisée à bord de la frégate Amiral Essen de la Flotte russe de la mer Noire venue en Sicile pour cette occasion, à laquelle ont participé des représentants des autorités locales. Des commémorations solennelles ont été organisées à Messine, à Reggio de Calabre et à Taormine.

L’événement central a été la table ronde « La Russie et l’Italie dans le dialogue culturel: les 110 ans de la tragédie de Messine », suivie d’une exposition thématique de photos, d’une conférence de presse et d’un concert de collectifs musicaux russes.

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La visite de la délégation de la Fondation Saint-André en Italie a montré l’importance du rôle des associations sociales dans l’élargissement des contacts bilatéraux de la Russie avec d’autres pays.

25/ Sur les propos du Sous-Secrétaire d’État américain Christopher Ford concernant le rôle prétendument destructeur de la Russie dans la base de données de l’AIEA sur les incidents et le trafic de substances nucléaires et radioactives

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Le Sous-Secrétaire d’État américain Christopher Ford a annoncé le 29 septembre au cours d’un séminaire au Centre de conférences Wye River (Queenstown, Maryland) que la Russie « pourrait créer des obstacles » sur la voie de la base de données de l’AIEA sur les incidents et le trafic de substances nucléaires et radioactives. Selon Christopher Ford, cela s’expliquerait par l’introduction dans cette base par les Britanniques des données relatives à l' »utilisation par le Kremlin de polonium radioactif pour le meurtre d’Alexandre Litvinenko ».

Nous regrettons que Christopher Ford ait révélé des informations de cette base de données, qui sont confidentielles et ne sont destinées qu’à une utilisation interne par les États membres de l’Agence.

La Russie travaille avec cette base de données. En même temps, nous sommes parfaitement au courant des limites de cet outil. Le problème réside dans le fait que le Secrétariat de l’AIEA n’assume aucune responsabilité pour les informations introduites à l’initiative des États membres. Ainsi, cette base constitue malheureusement un bon outil de fake news irresponsables et de règlements de comptes politiques, ce dont témoigne l’introduction par les Britanniques de désinformations sur l’affaire Litvinenko dans la base de données.

Notre position sur cette base de données réside dans le fait que les États membres de l’AIEA peuvent y transmettre des informations de manière absolument volontaire (les statuts de l’Agence et les normes internationales ne prévoient aucune obligation en ce sens). Ces données ne peuvent pas servir à rédiger des analyses car cette base n’est en aucune façon complète et n’est pas protégée face aux initiatives politiques. Les informations de la base de données de l’AIEA ne doivent pas être transmises à des tiers.

Comme nous l’avons déjà établi, tout le monde ne veut pas respecter ces règles. Il faut souligner la position des Américains, qui ne présentent les données relatives à leurs propres incidents que très rarement et sous une lumière avantageuse pour eux-mêmes, exigeant en même temps que tous les autres États divulguent les informations les concernant. Encore un exemple de leur « exclusivité ».

 

Réponses aux TROIS questions:

Question: Un certain progrès se profile à l’horizon dans les négociations sur le processus de paix dans le Haut-Karabakh: le Ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Elmar Mamediarov a rencontré le Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian, et le Président azerbaïdjanais Ilhan Aliev a parlé au Premier ministre arménien Nikol Pachinian. Beaucoup observent la situation avec un optimisme prudent. Les experts estiment que c’est Moscou qui a préparé le terrain pour que ces entretiens aient lieu. Que pouvez-vous en dire? D’après vous, y a-t-il réellement un progrès et est-il possible de passer au niveau supérieur dans les négociations?
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ab/NK-Map.svg/1200px-NK-Map.svg.png
le Haut-Karabakh

Réponse: Nous saluons les tendances positives qui se profilent à l’horizon. Il est important de les développer et ne pas les gâcher par une rhétorique imprudente qui, malheureusement, se fait aussi entendre ces derniers temps. De notre côté, nous apporterons à ces tendances positives toute la contribution nécessaire.

Question: Est-il prévu de soulever la question du Haut-Karabakh dans le cadre de l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Enzo Moavero Milanesi, Président en exercice de l’OSCE et Ministre italien des Affaires étrangères?

01-00261346000015   Enzo Moavero Milanesi

Réponse: Je vais me renseigner. Il se pourrait que ce thème soit abordé. Je demanderai si ce sera le cas ou non. Je vous invite à venir à la conférence de presse qui se tiendra à l’issue de la rencontre et à prendre connaissance des résultats de l’entretien.

Question: Pouvez-vous expliquer plus en détail ce qui sera évoqué concernant le dossier libyen pendant la visite du Ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi? Je pense que vous savez que la Libye est un thème très délicat pour nous.

CONFLITS capture-d_c3a9cran-2018-03-20-c3a0-07-26-35 

Réponse: L’échange de points de vue sur le dossier libyen entre la Russie et l’Italie se déroule régulièrement à différents niveaux. Chaque rencontre porte indéniablement sur ce thème délicat, comme vous l’avez justement noté. Je dirais que ce thème est important. Et selon les représentants italiens, il est fatidique pour l’Italie. De notre côté, nous avons avancé à de nombreuses reprises des propositions globales adressées à nos collègues italiens, aux représentants d’autres pays, à l’organisation internationale chargée de ce problème. Le Président russe Vladimir Poutine en a parlé hier, notamment en ce qui concerne le travail avec le flux de migrants, de réfugiés. Il existe aujourd’hui une opportunité unique de leur permettre de retrouver leur foyer, notamment en Syrie. Nous avons toujours dit que la normalisation de la situation dans la région devait jouer un rôle exclusif, mais pas unique, dans ce dossier très complexe.

La stabilisation est nécessaire pour que le processus de retour des réfugiés et leur réintégration active à la vie normale sur le territoire de leur pays devienne le gage de l’inadmissibilité qu’une telle chose se reproduise à l’avenir, et du règlement global de cette situation.

Il est pratiquement impossible de régler ce problème sans normaliser la situation dans la région.

Le nombre de réfugiés augmente, leurs problèmes deviennent plus globaux, les gens ne viennent pas simplement sur le territoire des pays de l’UE: ils entraînent forcément derrière eux de nouveaux flux, ce qui crée des complications supplémentaires.
C’est pourquoi il est impossible de régler ce problème localement: il faut revenir dans la région et y remettre de l’ordre. Du moins, il faut tout faire pour que la situation ne s’y aggrave pas. Je pense que sur l’exemple de la Syrie, la communauté internationale voit que c’est possible. S’il y a encore deux ans nous avions imaginé avec vous que les réfugiés syriens, les déplacés internes et les migrants voudraient revenir chez eux, je pense que nous n’y aurions pas cru. Aujourd’hui, c’est la réalité. Les opérations actives pour éliminer les combattants et les terroristes, les efforts politiques pour unir et non séparer les opposants politiques, les actions pour initier leur dialogue, la contribution au début des discussions sur la réforme constitutionnelle et l’avenir politique de la Syrie, l’aide humanitaire, le dialogue multilatéral régulier entre les principaux acteurs – tout cela est devenu une base globale pour que la vie en Syrie se normalise et pour que les gens veuillent et puissent y revenir. C’est précisément le gage de la normalisation de la situation en Syrie, dans la région et en Europe.

Des schémas et des approches similaires, mais pas identiques, doivent être utilisés dans d’autres pays, notamment en Libye.

Les pays impliqués dans le règlement du problème libyen ne doivent pas déchirer le pays, créer des forces opposées les unes aux autres, miser sur les uns ou sur les autres, mais conduire la situation vers l’unification, le consensus national, la construction d’une nouvelle structure étatique libyenne, bien évidemment en respectant le droit international.

Il faut vraiment aider, car c’est la communauté internationale qui a plongé la Libye dans l’abîme des malheurs et des souffrances actuelles.

Les approches de base et les principes qui ont été appliqués vis-à-vis de la Syrie (le dialogue multilatéral des acteurs, l’aspiration au consensus politique, la capacité des puissances régionales et mondiales à voir l’essentiel derrière leurs intérêts privés, qui ont aussi leur importance) peuvent être appliqués à d’autres pays de la région où, malheureusement, les problèmes persistent.

Tout cela est évoqué et sera évoqué régulièrement. C’est seulement après les pourparlers que nous saurons quelles thèses de discussion concrètes seront trouvées. Mais je vous assure que les chefs de diplomatie de nos pays partageront leurs positions avec vous.

à suivre

RUSSIE au Ministère russe des Affaires étrangères,08ea0f17-0b97-430d-97da-c5c300317ca4

SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3367062

2 réflexions au sujet de « 3019 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 4 octobre 2018 »

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