3020 – Le retournement du monde, « l’organisation de coopération de Shanghai »… & …L’Organisation de coopération de Shanghai en cinq chiffres clés

OCS 2018 copshan-640x417

1/2 – Le retournement du monde, « l’organisation de coopération de Shanghai »

Robert Charvin* – 9/07/2018 – Investigaction.net

Les temps sont difficiles. Le petit monde occidental, qui a encore l’arrogance du temps de sa splendeur, a un parfum de décadence et de redites historiques, illustrées par les néofascismes qui fleurissent en Europe et tentent de revenir en Amérique du Sud. Les interrogations à son propos ne manquent pas…

  • Par exemple, où sont donc passés les Droits de l’Homme dont on nous abreuvait lorsqu’il s’agissait de donner des leçons aux régimes qui déplaisaient ?

Ils se dégradent dans les vieilles « démocraties » qui se replient pour se légitimer encore sur les seules élections, sur lesquelles les pouvoirs établis ont prises grâce à l’argent et à leurs médias.

Ils ont totalement disparu à propos des migrants et des demandeurs d’asile : le discours sur les droits de l’homme, accordant la priorité absolue à l’Humanitaire, se révèle vide depuis qu’il apparaît trop « coûteux » aux sociétés dites « chrétiennes » et « libérales », devenues sourdes à l’appel du Pape François lui-même et indifférentes à la légalité internationale !

La diversion que représentent dans les esprits le racisme, la xénophobie et la peur des différences permettant l’occultation des luttes sociales mérite que nos « élites » tournent la page (d’autant que les États-Unis de Trump ne montrent plus l’exemple).
La vieille loi des contradictions (inévitables) d’intérêts entre les économies capitalistes (États-Unis – Europe, par exemple), longtemps dissimulées au sein de l’Union Européenne, font apparaître que les tricheurs au pouvoir essaient de jouer sur la « libre » concurrence toujours faussée, sur la déréglementation au nom des « équilibres » financiers creusant surtout les inégalités sociales, sur une croissance sans développement social et humain.
Les crimes de guerre de l’armée israélienne, relevant d’une politique coloniale détruisant le peuple palestinien et la solution politique des « Deux États », sont supportés par les Occidentaux manifestant une complaisance pour Tel Aviv qu’ils ne pratiquent vis-à-vis de personne d’autre, si ce n’est pour la Turquie islamo-fasciste, pilier de l’OTAN ou pour l’Arabie Saoudite, une de nos tire-lire préférées, dont on applaudit avec enthousiasme l’apparition des permis de conduire féminins !

On peut aussi ironiser sur la subite perplexité des politiciens européens vis-à-vis de la question coréenne : les États-Unis et Séoul répondent enfin aux revendications de Pyong Yang (toujours soumis à embargo) qui ont presque 70 ans ! Visiblement, nombreux sont ceux qui préfèrent la tension à la détente et à l’ouverture de perspectives pour le peuple coréen !

Mériterait aussi une polémique la petite musique anti-russe à l’occasion de la Coupe du Monde « trop bien » organisée !

Le silence médiatique sur les massacres au Yémen (le compte des victimes est bloqué à 10.000 depuis des mois), et le bruit fait sur le Nicaragua ou le Venezuela, tandis que les États-Unis, la France et Israël bombardent périodiquement le territoire syrien pour essayer de se faire une place dans le futur règlement politique !

Mais, plutôt que de s’intéresser, une fois de plus, à la médiocratie affairiste occidentale, on peut souligner qu’un Nouveau Monde se prépare sans les Occidentaux, qui à son propos se taisent.

Les maîtres provisoires du monde semblent « oublier » que les vaincus de l’Histoire ne sont pas toujours les mêmes. Ces « vainqueurs » peuvent devenir « derniers de cordée » parce qu’il est peut-être plus tard qu’ils ne le croient !

Ce Nouveau Monde, composé d’États asiatiques, de la Russie et de la Chine, a beaucoup de chemin à parcourir pour réaliser les avancées sociales qu’il a programmées, mais il marche, à la différence d’un Occident en pleine régression dans tous les domaines et qui défend, y compris par les armes, un désordre établi pluri-séculaire. En quelques mots, pour s’intéresser à l’avenir, observons « l’Organisation de Coopération de Shanghai », qui tente de réaliser un « retournement du monde ».

Carte de l'organisation

Carte des membres de l’OCS en 2017

  •      États membres EN VERT
  •      États observateurs EN BLEU
  •      Partenaires de discussion EN VIOLET
Situation
Création
(succède au groupe de Shanghaï fondé le 26 avril 1996)
Type Sécurité mutuelle, coopération politique et militaire, développement économique
Siège Drapeau de la République populaire de Chine Pékin (Chine)

Site web http://eng.sectsco.org [archive]

L’O.C.S (Organisation de Coopération de Shanghai) a succédé au « Groupe (informel) de Shanghai », qui de 1996 à 2001 réunissait les chefs d’États d’Asie centrale, de la Russie et de la Chine, pour répondre aux bouleversements déstabilisateurs (notamment frontaliers) consécutifs à la disparition de l’URSS.

L’Organisation, née en 2001, vise à développer la coopération entre les États membres, mais en excluant toute intégration et toute ingérence, à la différence majeure de l’Union Européenne (voir, par exemple, le cas de la Grèce). C’est le principe fondamental de la Charte des Nations Unies, l’égale souveraineté des États, qui garantit au sein de l’OCS l’indépendance de chacun des « petits » États dans leur relation avec les grandes puissances qui s’y trouvent : les décisions sont prises par consensus. Les États fondateurs de l’OCS sont la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, dont les potentiels économiques et le poids politique sont évidemment différents.

En 2017, ont rejoint l’OCS, l’Inde et le Pakistan. Certains autres États ont la qualité d’ « Observateurs » : la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005), l’Afghanistan (à partir de 2012) et la Biélorussie (depuis 2015) (1).

L’OCS, organisation inter-étatique, possède une structure légère : aux côtés des Sommets (chefs d’États, chefs de gouvernements), qui ont lieu chaque année, l’organisation dispose

  • d’un Secrétariat, organe exécutif, dont le siège est à Pékin
  • du « RATS », structure antiterroriste, fonctionnant depuis 2004, basé à Tachkent en Ouzbékistan.
  • On peut citer aussi l’Association interbancaire de l’OCS et son rôle de financement de projets communs.
  • De nombreux accords bilatéraux complètent la Charte de l’OCS.

L’OCS, que les médias occidentaux ignorent, représente néanmoins près de 50% de la population mondiale (soit près de 3 milliards d’individus) et plus de 20% du PIB mondial (2), ce qui ne les empêche pas d’oser dire, à certaines occasions, que la Russie, par exemple, est isolée au sein de la « communauté » internationale et peut-être asphyxiée par les sanctions que l’Occident lui impose !

Les économies des États membres regroupent

  • 20% des ressources mondiales de pétrole,
  • 38% du gaz naturel (3),
  • 40% du charbon
  • 30% de l’uranium,

ce qui leur donne des moyens énergétiques sans rivaux. Seules les dépenses militaires sont inférieures à celles de l’OTAN : l’OCS leur consacre 364 milliards de dollars contre 606 milliards pour les seuls États-Unis (chiffre de 2016), ce qui limite la dangerosité dont sont parfois accusées la Russie et la Chine !

L’OCS travaille au renforcement du bon voisinage entre les États membres, à la sécurité de la zone (manœuvres militaires communes, lutte contre le terrorisme – qui n’est pas le monopole des Occidentaux (4), lutte contre les trafics de drogue et autres).

Elle facilite dans tous les domaines la coopération, particulièrement entre la Chine et la Russie, et œuvre aussi à la création d’un nouvel ordre politique et économique que celui résultant de l’hégémonisme occidental. C’est ainsi que l’OCS réclame la fermeture des bases militaires américaines dans la région et travaille à unifier l’approche de la situation militaire. L’OCS n’est donc pas une alliance militaire : aucune procédure n’y est contraignante et il n’y a pas l’équivalent de l’article 5 de la Charte de l’OTAN créant une obligation d’agir dans le cas où un allié est attaqué. Elle n’a pas pour objectif de contrer l’Occident, alors que l’OTAN a depuis l’origine une politique de « containment » du communisme puis de tous ceux qualifiés « adversaires » des États-Unis ! L’un des objectifs essentiels est cependant de constituer un pôle de puissance dans le cadre d’une société internationale multipolaire équilibrée dans un monde où l’unilatéralisme messianique des États-Unis représente un danger pour la paix et la sécurité.

L’OCS constitue ainsi l’embryon du recentrage de l’économie-monde autour de l’Asie pouvant succéder à moyen terme à des siècles d’hégémonisme euraméricain.

CHINE Jin Mao Tower. È tra gli edifici moderni più spettacolari della città- si può salire fino all_”observation deck”, posto all_ottantottesimo piano a un_altezza di 340 m

 

Bien évidemment des contradictions, sources de divergences se manifestent au sein de l’OCS. Certains sont pour l’essentiel maîtrisées, comme les différends frontaliers qui affectent traditionnellement la région. Depuis l’Accord de Minsk en 1992, puis d’Almaty en 1998, les États d’Asie centrale se sont mis d’accord sur une politique frontalière commune avec la Chine, afin de sécuriser, en particulier, la frontière chinoise du Xinjiang (5).

chine La-region-autonome-Xinjiang_0_730_366

Le Xinjiang (« nouvelle frontière ») est la plus grande province de Chine. Elle constitue à elle seule un sixième du territoire chinois. Son nom officiel est « Région autonome ouïghoure du Xinjiang », appelée également Turkestan oriental.
Il possède une frontière commune avec huit pays : la Mongolie, la Russie, l’Inde, le Pakistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, l’Afghanistan et le Tadjikistan. C’est l’une des cinq régions autonomes de Chine, comme la Mongolie intérieure ou le Tibet.
Il compte officiellement un peu plus de 22 millions d’habitants, dont 41 % d’Ouïgours, 6,75 % de Kazakhs, 4,5 % de Huis, 0,8 % de Mongols, 0,2 % de Tadjiks, et le reste est réparti entre 42 autres minorités.
https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/La-region-autonome-du-Xinjiang-2015-07-09-1332821

Cette province relevant de la souveraineté chinoise (depuis 1884), comme la Tchétchènie en Russie, ont été l’objet d’opérations islamistes, parfois de grande envergure, durant la même période où l’Occident a été victime du terrorisme. L’OCS a joué et joue encore un rôle déterminant dans le combat commun de tous les États membres contre ce terrorisme islamiste qui a parfois pour « couverture » un nationalisme séparatiste (c’est le cas des Ouïgours en Chine).

Mais pour le long terme, l’OCS s’engage sur la voie décisive d’un développement économique mutualisé, y compris entre des États d’orientation socio-économique et politique très différentes comme la Chine, l’Inde, la Russie et le Pakistan. Cette concentration des efforts n’exclut en rien la recherche de relations économiques avec les pays occidentaux, c’est le cas, par exemple, de la Russie qui propose une coopération énergétique (proposition du Ministre Lavrov dès 2006).

Les relations sino-russes sont complexes étant donné les inégalités de potentialités et les profondes différences civilisationnelles.

Dans le domaine de la paix internationale, l’OCS a obtenu, par exemple, au nom du respect de la souveraineté nationale, la fermeture en 2005 de la base américaine de Karshi-Khanabad en Ouzbékistan, instrument de la stratégie de Washington (doctrine du « pivot vers l’Asie » de 2011) visant à « contenir » l’influence croissance de la Chine dans la région (6) et au Kirghizistan celle de Manas en 2014, ainsi que la réduction des forces militaires dans les différentes régions frontalières. Mais elle ne peut que connaître des difficultés par l’appartenance à l’OCS de l’Inde et du Pakistan (en conflit par exemple sur le Baloutchistan) et de l’attraction de l’Inde vers les États-Unis par hostilité à la Chine.

Ce sont toutefois les critiques « occidentalistes » contre l’OCS (7), fondées sur les seuls modèle existant actuellement dans le monde euraméricain, qui permettent d’approcher au mieux la réalité de ce Nouveau Monde en Marche.

L’un des documents le plus spécifique est celui publié par l’IFRI en 2006, qualifiant l’OCS de « coup de bluff » !

L’auteur énumère tout ce que toute organisation internationale connaît et qui n’a rien de spécifique à l’OCS : il accuse cette organisation de bavardage sans conséquence à propos de ses « Déclarations », tout en la dénonçant comme une sorte de « protectorat économique de la Chine », de nature « bureaucratique », tout en soulignant que « bon nombre d’observateurs sont sceptiques ».
De plus, la « Chine serait isolée au sein de l’OCS », alors qu’elle viserait à instrumentaliser l’organisation pour « s’imposer comme un pôle de puissance mondiale » (ce qui semble selon l’auteur parfaitement illégitime), car cette « non démocratie » cherche à établir une « sorte d’hégémonie douce ». Quant à la Russie, elle considérerait la Chine comme « à terme une rivale stratégique ». L’OCS ne serait pour les Russes qu’un « instrument géopolitique provisoire prolongeant la doctrine Primakov » anti-occidentale.

Les pauvres Américains ont dû renoncer à « actionner le mécanisme de la révolution de velours » (bel aveu!), au Kazakhstan notamment, et à établir un cordon sanitaire entre la Chine et le reste de l’Asie centrale.

La nécessité qui s’impose est l’intervention de l’Union Européenne, actuellement absente de la région, pour « démocratiser » la région « par une sorte de réplique des accords de Lomé ou d’Euroméd » (sic) !

L’OCS serait un « piège économique » n’apportant aucun « dividende réel » aux membres autres que la Chine et la Russie.

Ce serait aussi une prison politique, puisqu’au Xinjiang, où 45% de la population est musulmane, l’islamisme radical ne peut plus s’épanouir à la différence de ce qui s’est passé en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou en Libye, grâce aux complaisances conjuguées des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite (8) !

En bref, à la différence de l’Union Européenne, l’OCS serait « loin d’être un modèle » concluent les brillants observateurs occidentaux en 2018 !

Dans le cadre de la pathologie occidentale la plus répandue, « l’occidentalocentrisme, le « respect de la souveraineté est peu compatible avec le concept de coopération internationale » qui « ne peut avoir lieu qu’entre des démocratie libérales »9.

A l’évidence, la pensée occidentale devient le Tiers-Monde de l’Esprit.

Carte de l'organisation

Notes :

1) Certains États participent aux réunions : le Sri Lanka, la Turquie, le Cambodge, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et le Népal. Sont aussi invités le Turkménistan et l’ASEAN. Les États-Unis et le Japon ont eu la prétention de rejoindre l’OCS qui a refusé leur adhésion.
2)Les échanges commerciaux se sont multipliés par 7 entre 2001 et 2017. Les pays de l’OCS, y compris les États observateurs, cumulent un PIB très proche de celui de l’Union Européenne et des États-Unis (37.200 milliards de dollars contre 40.000 milliards, selon le FMI).
3)Avec la Russie et l’Iran, l’OCS possède 55% des ressources mondiales de gaz.
4)On note que la propagande occidentale assimile dans cette partie du monde l’antiterrorisme à une lutte contre la volonté de certaines minorités à s’autodéterminer (problème des Islamistes tchétchènes ou ouïgours).
5)Cette région autonome, où sont réalisés par Pékin de très lourds investissements, possède des ressources naturelles particulièrement importantes.
6)Les États-Unis et l’Europe n’apprécient pas le grand projet de la Nouvelle Route de la Soie (« Une ceinture, une Route ») , vaste réseau de transports reliant les pays du Sud-Est asiatique au Moyen Orient, à l’Afrique jusqu’à l’Europe ! Plus de 60 pays ont accepté de participer à son financement
7) Elles ne sont pas très nombreuses en Europe qui ignore les réalités qui ne sont pas les siennes. Voir, cependant, Mourat Laumouline de l’IFRI, « l’OCS vue d’Astana : un « coup de bluff » géopolitique ? ». In Russie. Nei.Visions, n° 12. 2006. Cf. P. Chabal (dir.). L’OCS et la construction de la Nouvelle Asie. Peter Lang. 2016. Ou, par exemple, la note d’actualité de novembre 2017 du Centre Français de Recherche sur le Renseignement de J. Descarpentrie. « L’OCS : une alliance sécuritaire et économique en devenir »
8)Les citations sont extraites de « l’étude » précitée de L’IFRI (2006).
Robert Charvin* né le 13 décembre 1938 à Nice, est un homme politique et juriste français.
Il est professeur émérite, agrégé de droit, spécialisé dans les relations internationales, à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Il était doyen et doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice. Parmi ces prestigieux maîtres de renoms : René-Jean Dupuy, Charles Chaumont… Consultant en Droit International, droit des relations internationales, il a également été conseiller général pour le Parti communiste français des Alpes-Maritimes et avocat au barreau de Nice.
Très investi dans le mouvement alter-mondialiste, Robert Charvin a animé divers cercles de soutien international, tant à Nice qu’au niveau national et international. Il a également été conseiller général des Alpes-Maritimes.
Il est actuellement vice-président de l’Association d’amitié franco-coréenne1, et membre du conseil exécutif de Nord-Sud XXI. Il est auteur d’ouvrages universitaires et littéraires.https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Charvin

 


SOURCE/https://www.investigaction.net/fr/le-retournement-du-monde-lorganisation-de-cooperation-de-shanghai/


CHINE Pudong. Affacciata sul Bund e separata dal fiume Huangpu, l_area di Pudong rappresenta la parte più moderna della cittàShanghai-Pudong.-jpg-702x336

2/2 –  L’Organisation de coopération de Shanghai en cinq chiffres clés

Francais.rt.com/international – 8 juin 2018, 14:05 

Poids démographique et économique, superficie, ressources naturelles, effectifs militaires : dans le monde multipolaire qui est en train de voir le jour, l’Organisation de coopération de Shanghai dispose de nombreux atouts pour jouer un rôle majeur.

Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se tiendra les 9 et 10 juin prochains dans la grande ville côtière chinoise de Qingdao. L’occasion de mettre en lumière cinq chiffres qui révèlent le poids de cette organisation dans le monde.

Carte de l'organisation

3,2 milliards d’habitants

Avec la Chine et l’Inde comme membres permanents, le poids démographique de l’OCS est phénoménal. En ajoutant les six autres membres permanents de l’organisation, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Pakistan, elle rassemble plus de 3 milliards d’habitants. Et si l’on prend en compte les 125 millions d’habitants des quatre Etats disposant du statut d’observateur, l’Iran, l’Afghanistan, la Mongolie et la Biélorussie, l’OCS compte 3,2 milliards d’habitants, soit plus de 42% de la population mondiale.

37,5 millions de km²

Un constat similaire s’impose quant à la superficie globale de l’organisation, qui regroupe quatre des 10 plus grands pays du monde : la Russie (17 125 191 km²), la Chine (9 596 961 km²), l’Inde (3 287 263 km²) et la Kazakhstan (2 724 910 km²). S’étendant sur plus de 60% du territoire eurasiatique, l’OCS est en terme de superficie la plus vaste organisation au monde.

CHINE Bund. Su questo quartiere, il cui nome è una parola anglo-indiana che significa “molo”, si affacciano decine di edifici art décoBund.-jpg-800x516

37 200 milliards de dollars de PIB (PPA)

Selon les données publiées par le FMI en 2017, les pays de l’OCS, membres observateurs compris, cumulent un PIB à parité de pouvoir d’achat de plus de 37 200 milliards de dollars. Un chiffre qui doit notamment à la puissance de la Chine qui domine ce classement mondial avec 20 122 milliards de dollars, mais aussi de l’Inde (9 446 milliards) qui est en troisième position, et de la Russie (4 000 milliards) sixième. A titre de comparaison, l’Union européenne et les Etats-Unis cumulent à eux deux un PIB à parité de pouvoir d’achat d’un peu plus de 40 000 milliards de dollars, selon le FMI.

1 015 millions de tonnes de pétrole par an

Une puissance économique qui s’explique en partie par les importantes ressources énergétiques dont disposent les membres de l’OCS. En incluant l’Iran, ces derniers produisent en effet plus de 1 015 millions de tonnes de pétrole par an, selon les données d’une étude de BP réalisée en 2016. Certes, loin des 1 806 millions de tonnes de l’OPEP, mais à peu près autant que les pays de l’OCDE (1 087 millions de tonnes).

Et en ce qui concerne le gaz naturel, avec notamment les deux plus gros producteurs du monde, la Russie et l’Iran, l’OCS possède environ 55% des ressources mondiales.

OCS MILITAIRES 1015915525

5,6 millions de militaires

A sa création officielle en 2001, l’OCS s’est donné pour objectif d’assurer la sécurité de la zone eurasiatique, en luttant contre le terrorisme et les mouvements séparatistes ou encore extrémistes. Pour mener à bien cette mission, les Etats membres permanents disposent de 5,6 millions soldats en effectifs cumulés, pour un budget d’environ 364 milliards de dollars. A titre de comparaison, les Etats membres de l’OTAN dépensent plus de 900 milliards de dollars dans leur budget militaire – dont plus de 600 milliards pour les seuls Etats-Unis – mais disposent, logiquement, de nettement moins de troupes (3,8 millions d’hommes).

OCS La ville de Qingdao en Chine, où se tiendra le sommet de l'OCS des 9 et 10 juin 2018 5b1a5762488c7b263e8b4567  La ville de Qingdao en Chine, où s’est tenu le sommet de l’OCS des 9&10 juin 18

Consciente de ces atouts, l’OCS envisage de jouer un rôle diplomatique majeur à l’avenir. Elle en aura l’occasion dès son prochain sommet : suite au retrait des États-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien, Hassan Rohani viendra jauger le soutien que lui accordent la Russie et la Chine.


SOURCE/https://francais.rt.com/international/51431-organisation-cooperation-shanghai-cinq-chiffres-cles

2 réflexions au sujet de « 3020 – Le retournement du monde, « l’organisation de coopération de Shanghai »… & …L’Organisation de coopération de Shanghai en cinq chiffres clés »

Les commentaires sont fermés.