2952 – L’eau en discussion aux Nations Unies… à connaitre « Coalition eau »

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24 Juillet 2018

FPHN 2018

Le Forum Politique de Haut Niveau sur le développement durable 2018 : Quel bilan?

Clôture du FPHN (© IISD)

Clôture du FPHN (© IISD)

Le Forum Politique de Haut Niveau (FPHN) des Nations Unies sur le développement durable a eu lieu du 9 au 18 juillet 2018 à New-York. Instance intergouvernementale de suivi de l’Agenda 2030, les États s’y sont réunis pour discuter des progrès dans la mise en œuvre de 6 Objectifs de Développement Durable, dont l’ODD n°6 sur l’eau et l’assainissement. Alors que 3 ans se sont écoulés depuis l’adoption des ODD, de nombreux acteurs déplorent la lenteur des progrès.

L’eau en discussion aux Nations Unies

Une session officielle d’examen de l’ODD 6

Cette année, l’ODD 6 « Garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » était à l’ordre du jour du FPHN. Une session officielle de 3 heures a tiré la sonnette d’alarme, sur la base du récent rapport de l’ONU-Eau : les tendances actuelles ne permettent pas l’atteinte de l’ODD 6 d’ici 2030.

  • 30 % de la population n’aurait toujours pas accès à un service d’eau potable à domicile de qualité ;
  • 60 % de la population mondiale n’aurait pas accès à des services d’assainissement de qualité ;
  • 38 % des 110 pays ayant répondu à l’enquête qualifient leur niveau de mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau de « moyen-bas » ;
  • 70 % des zones humides mondiales ont disparu ces 100 dernières années.

Session officielle dédiée à l’ODD 6 (© IISD)

A noter que les données pour évaluer les progrès de l’ODD6 sont encore largement insuffisantes et obligent les Agences onusiennes à produire des estimations qui reflètent partiellement les réalités.

Si les différentes interventions des panélistes et des États-membres ont essentiellement porté sur la nécessité d’agir de façon urgente et coordonnée, le format du FPHN n’a pas permis d’aller plus en profondeur sur les solutions. Les réflexions reflètent les messages fréquemment portés lors de grands évènements internationaux de la communauté de l’eau.

Ce format a donc été critiqué par de nombreux Etats-membres : « Est-il suffisant de discuter des enjeux liés à l’eau et à l’assainissement pendant 3 heures tous les 4 ans ? » a interpellé l’Allemagne. Plusieurs Etats membres ont plaidé pour la création de réunions politiques intergouvernementales régulières pour le suivi des ODD pour l’eau et l’assainissement, dont la France, qui, pour cela, a offert son temps de parole au Partenariat Français pour l’Eau.

Les discussions sont donc restées très généralistes, en contradiction avec l’urgence d’agir pour atteindre les objectifs : D’après les prévisions de WaterAid (lesquelles ont eu un fort écho médiatique lors du Forum), la population Togolaise dans son ensemble ne boira pas d’eau potable avant 2047, les Nicaraguayens avant 2180 et les Namibiens avant 2246. Quant à l’accès à l’assainissement pour tous, il faudra attendre l’an 2478 au Gabon et 3828 à Djibouti…

  • Voir notre article d’analyse du rapport de synthèse sur l’ODD 6 produit par ONU-Eau ici
  • Voir le blog de la Coalition Eau, du CNRS et du PFE sur la session du FPHN dédiée à l’ODD 6 ici

Pour une plus grande redevabilité des Etats sur l’ODD 6 : la participation de la Coalition Eau et de ses partenaires 

L’un des enjeux du FPHN est d’accélérer la mobilisation de l’ensemble des acteurs tout en invitant les États à rendre des comptes sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et à améliorer la concertation avec la société civile.

La Coalition Eau et ses partenaires internationaux End Water Proverty, Watershed et WSSCC, ont publié un rapport mondial sur les mécanismes de redevabilité existants au niveau des gouvernements pour l’ODD 6, évaluant leurs forces, leurs limites et leur efficacité. L’étude se base sur des études de cas menées dans 25 pays. Le rapport fait émerger des recommandations pour améliorer la redevabilité des acteurs nationaux. Cette initiative permet de renforcer les organisations de la société civile dans leur dialogue avec les gouvernements sur la mise en œuvre de l’ODD 6.

Evénement parallèle sur la redevabilité pour l’ODD 6
(© IISD)

 

Les conclusions de l’étude mondiale ont été présentées lors d’un événement-parallèle au FPHN, le 11 juillet 2018. Modéré par Catarina de Albuquerque, Présidente du Partenariat Sanitation and Water for All, l’événement a permis d’appeler à un renforcement des mécanismes de redevabilité pour l’ODD 6 et à l’inclusion des différentes parties prenantes dans le dialogue national.

  • Lire le résumé de l’événement et voir les photos (par IISD) ici
  • Toutes les informations sur l’étude ici

Le segment politique du Forum

La phase ministérielle du Forum

Les trois derniers jours du FPHN ont constitué le segment ministériel, avec la présentation de Revues Nationales Volontaires par 47 pays.

A l’issue du Forum, les Etats-membres ont adopté à la quasi-unanimité une déclaration ministérielle, malgré l’opposition des Etats-Unis et Israël (plus d’informations ici). Cette déclaration, non contraignante, n’a pas de traduction concrète, mais permet de rappeler l’engagement des Etats en faveur des ODD et la nécessité d’accélérer les efforts.

Et la France ?

La France, représentée au FPHN par sa Secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a publié un point d’étape sur la mise en œuvre des 5 ODD examinés (eau et assainissement, énergie, villes, consommation et production responsables, et vie terrestre).

Ce rapport a été relayé sur Internet et présenté lors d’une conférence de presse à Paris, mais n’a pas fait l’objet d’un exposé officiel à New-York (puisqu’il ne s’agit pas d’une Revue Nationale Volontaire). Sa préparation a donné lieu à des échanges avec les organisations de la société civile française. Il constitue une bonne revue des politiques publiques existantes thématique par thématique.

Pour l’ODD 6 (voir pages 25 à 40), la France met en avant le fait que les données nationales sur l’eau et l’assainissement masquent des situations critiques en Outremer, notamment en Guyane, aux Antilles et à Mayotte, ainsi que pour une fraction de la population métropolitaine en situation précaire. Par ailleurs, si la cible liée à la GIRE est quasiment atteinte, la maîtrise des pollutions et des déficits quantitatifs demeurent un frein à l’atteinte d’autres cibles sur la qualité de l’eau, la gestion durable et les écosystèmes aquatiques. Au niveau international, le rapport valorise l’action forte de la France en matière de coopération internationale pour l’eau et l’assainissement, tout en relevant les enjeux d’un meilleur ciblage de l’Aide Publique au Développement.

Le Comité 21 a également publié un Rapport sur le niveau d’appropria­tion des ODD en France par les acteurs non-étatiques, élaboré avec la par­ticipa­tion de plus de 80 acteurs français, dont la Coalition Eau (voir notre article « Comment les ONG de la Coalition Eau s’approprient les ODD ? » pages 61-62).

  • Voir le point d’étape de la France ici
  • Voir le résumé quotidien des activités de la délégation française au FPHN ici
  • Voir le rapport du Comité 21 ici

Conclusion

Le FPHN traite d’un sujet systémique, la mise en œuvre des ODD, tous interdépendants. Chaque thématique n’est examinée que pendant un court créneau, avec des interventions rapides qui se succèdent et qui donnent l’impression de survoler les enjeux.

Le Forum permet toutefois de partager les constats entre Etats-membres, tout en incluant la société civile dans les débats, et d’alerter sur la nécessité d’agir. Il permet de stimuler la collecte de données, et d’encourager la redevabilité des Etats, sans pour autant les contraindre à rendre des comptes de façon exhaustive et transparente. Le FPHN est un lieu de rencontre des acteurs et de présentation d’initiatives, mais n’est pas un lieu d’engagement politique.

Rien ne remplace l’impact des politiques nationales : les organisations de la société civile doivent continuer de se mobiliser au niveau national, où sont déclinés les ODD.

Pour en savoir plus

Objectifs du Développement Durable pour l’Eau et l’Assainissement

Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies sont entrés en vigueur. Entre 2012 et 2015, la Coalition Eau s’est insérée dans le débat tout au long des négociations, pour porter ses messages en faveur de l’intégration d’un objectif de développement universel sur l’eau et l’assainissement. Suite à l’adoption de l’ODD n°6 sur l’eau et l’assainissement, la Coalition Eau est mobilisée pour que cet engagement politique majeur soit désormais mis en œuvre  dans les pays.

source/ http://www.coalition-eau.org/actualite/le-forum-politique-de-haut-niveau-sur-le-developpement-durable-2018/

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23 Juillet 2018

Rapport UN Water 2018

UN-Water publie son rapport de synthèse 2018 sur l’ODD 6 relatif à l’eau et à l’assainissement

UN-Water publie son rapport de synthèse 2018 sur l’ODD 6 relatif à l’eau et à l’assainissement

 

Afin d’éclairer les discussions des États Membres lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable qui a eu lieu du 9 au 18 juillet 2018, et à l’occasion duquel l’ODD 6 sur l’eau et l’assainissement était passé en revue, UN-Water a produit son premier rapport de synthèse sur l’ODD 6 (disponible ici).

Celui-ci présente les données de référence sur la situation mondiale de réfé­rence au regard de l’ODD 6, expose la situation actuelle et les grandes tendances mondiales et régionales, et décrit ce qu’il reste à parcourir pour atteindre cet objectif d’ici à 2030. Le rapport s’appuie sur les données les plus récentes disponibles pour les 11 indicateurs mondiaux relatifs à l’ODD 6 (données provenant des derniers rapports JMP, GEMI et GLAAS) pour suivre les progrès accomplis au regard des 8 cibles mondiales[1]. Le rapport explore également les liens entre les cibles de l’ODD 6 et les liens entre l’ODD 6 et les autres cibles et indicateurs (au travers d’une approche intégrée : eau et société, eau et environnement, eau et économie).

Un nouvel ensemble d’indicateurs qui pose de nombreux defis de reporting

Pour mesurer les progrès vers la réalisation des 8 cibles de l’ODD 6 sur l’eau et l’assainissement, les Nations Unies ont défini 11 indicateurs de mesure :

Cet ensemble d’indicateurs pose un certain nombre de défis en matière de mesure et de collecte de données comparables au niveau mondial, notamment car les données relatives aux cibles associées à l’eau, à l’assainissement et à l’hy­giène sont recueillies depuis 2000, au titre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, alors que le processus est beaucoup plus récent pour la plupart des autres cibles. A ce jour, moins de la moitié des États Membres dis­posent de données comparables sur les progrès qu’ils ont accomplis au titre de chacune des cibles mondiales asso­ciées à l’ODD 6. Près de 60 % des pays ne disposent d’aucune donnée au titre de plus de quatre des indicateurs mondiaux associés à l’ODD 6, et seuls 6 % d’entre eux ont communiqué des informations sur plus de huit indicateurs mondiaux, ce qui constitue une carence majeure pour établir des estimations solides.

Retrouvez le « Guide pour le suivi intégré de l’ODD 6 : Cibles et indicateurs mondiaux » ici

les chiffres à retenir

Etant donné ces lacunes de reporting, les estimations mondiales de UN-Water sont à prendre avec précaution. Voici les principaux résultats à retenir par cibles de l’ODD 6 :

Cible 6.1: Assurer l’accès à l’eau potable, à un coût abordable (estimations basées sur les données de 96 pays)

  • En 2015, 2,1 milliards de personnes n’avaient toujours pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable (eau potable gérée en toute sécurité[2]).
  • 844 millions de personnes ne bénéficiaient même pas d’un service élémentaire d’approvisionnement en eau potable[3].
  • La part de la population mondiale ayant accès au minimum à des services élémentaires d’approvisionnement en eau potable est passée de 81 % à 89 % entre 2000 et 2015.
  • Seuls 20 % des pays affichant une couverture inférieure à 95 % (pour un service élémentaire d’approvisionnement en eau potable) sont sur la bonne voie pour assurer l’accès de tous leurs citoyens à des services élémentaires d’ici à 2030.

Cible 6.2: Assurer l’accès à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats et mettre fin à la défécation en plein air (estimations basées sur les données de 84 pays pour 6.2.1a et 70 pays pour 6.2.1b)

  • En 2015, 4,5 milliards d’êtres humains ne disposaient pas de services d’assainissement gérés en toute sécurité[4], permettant l’élimination des matières fécales in situ ou leur traitement hors site.
  • Près de 892 millions d’êtres humains dans le monde pratiquaient toujours la défécation en plein air (contre un peu plus de 1,2 milliard en 2000). 90% de ces personnes résident dans des zones rurales et la majorité d’entre elles vivent en Asie centrale et méridionale (558 millions) et en Afrique sub­saharienne (220 millions).
  • En outre, seuls 10 % des pays au taux de couverture inférieur à 95 % (pour un assainissement élémentaire[5]) sont en bonne voie pour parvenir à un accès universel d’ici à 2030.
  • Le manque de données sur les dispositifs de lavage des mains avec savon empêche la production d’estimations mondiales. Néanmoins, dans les 70 pays pour lesquels des données sont disponibles, l’accès à l’eau et au savon pour le lavage des mains oscille entre 15% en Afrique subsaharienne et 76% en Asie occidentale et en Afrique du Nord.

Cible 6.3: Améliorer la qualité de l’eau, le traitement et la réutilisation sans danger des eaux usées (estimations basées sur les données de 79 pays pour 6.3.1 ; pour 6.3.2 : données de 30 pays sur les plans d’eau, 35 sur les rivières, 25 sur les eaux souterraines et 22 sur les trois)

  • 59 % des eaux usées produites par les ménages font l’objet d’un traitement adéquat.
  • 76 % des eaux usées domestiques des ménages raccordés aux égouts sont traitées de manière sûre, contre 18 % pour ceux dont les eaux font l’objet d’un traitement in situ.

Cible 6.4: Augmenter l’utilisation rationnelle des ressources en eau et garantir l’approvisionnement en eau douce (estimations basées sur les données de 168 pays pour 6.4.1 et 171 pays pour 6.4.2)

  • La moyenne mondiale de l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau s’établit à 15 dollars/m3 (variation de 2 dollars/m3 dans les pays dont les économies sont tributaires de l’agriculture à 1 000 dollars/m3 dans les économies fortement industrialisées).
  • La moyenne mondiale du stress hydrique (prélèvements d’eau douce en proportion des réserves en eau douce disponibles) s’établit à 11 %.
  • Dans 31 pays, cette valeur se situe entre 25% et 70%.
  • Dans 22 pays, elle est supérieure à 70 % (existence d’un stress hydrique particulièrement prononcé). C’est en Afrique du Nord et en Asie occidentale, centrale et méridionale que sont enregistrées les valeurs les plus élevées.

Cible 6.5: Mettre en œuvre une gestion intégrée des ressources en eau (estimations basées sur les données de 157 pays pour 6.5.1 et 107 pays sur 153 partageant des eaux frontalières pour 6.5.2)

  • Le degré de mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau est de 48 % sur le plan mondial (atteinte du niveau « moyen-faible » de mise en œuvre).
  • Seuls 25 % des pays figurant dans les trois groupes inférieurs de l’Indice de développement humain (IDH) atteignent le niveau moyen-faible de la GIRE.
  • Au sein des différentes composantes de la GIRE, les domaines de la coordination transsectorielle et la participation du public à l’échelon national enre­gistrent le plus de progrès (alors que le financement et l’égalité des sexes restent source de préoccupation).
  • Des progrès modestes sont relevés, mais au rythme actuel, la plupart des pays n’atteindront pas la cible d’ici à 2030.
  • 59 % des bassins transfrontaliers en moyenne sont assortis d’un dispositif opéra­tionnel de coopération sur les ressources en eau partagées données 2017/2018 provenant de 61 des 153 pays partageant des eaux trans­frontalières).

Cible 6.6: Protéger et restaurer les écosystèmes aquatiques (estimations basées sur les données de 38 pays pour 6.6.1)

Selon UN-Water, cet indicateur mondial reste très général et les données obtenues sont insuf­fisantes pour mesurer les progrès accomplis. Des données plus détaillées seront nécessaires pour parvenir à une perception fine des écosystèmes aquatiques et de leurs bénéfices.

Cible 6.a: Développer la coopération internationale et le renforcement des capacités (estimations basées sur les données de 140 pays pour 6.a.1)

  • Le montant total de l’aide consa­crée au secteur de l’eau est passé de 7,2 milliards de dollars en 2011 à 8,8 milliards en 2016)
  • Cependant, le pourcen­tage de l’aide publique au développement affectée à l’eau est resté stable, à environ 5 % de l’aide internationale tous secteurs confondus.
  • Les données actuelles ne permettent pas de déterminer dans quelle mesure l’aide publique au développement est inclue dans les programmes de dépenses au niveau national.

Cible 6.b: Appuyer la participation des parties prenantes (estimations basées sur les données de 110 pays pour 6.b.1)

  • Plus de 75 % des pays ont indiqué qu’ils étaient dotés de politiques et de procédures claires visant à permettre la participation des utilisateurs des services et de la population aux programmes de planifica­tion de l’approvisionnement en eau potable (zones urbaines : 79 %, zones rurales : 85 %) et de l’assainissement (zones urbaines : 79 %, zones rurales : 81 %).
  • 83 % des pays sont dotés de politiques et de procédures pour la planification et la gestion des ressources en eau.
  • Il sera nécessaire de mesurer la participation d’un point de vue qualitatif, grâce à des in­dicateurs plus clairs tenant compte de la nature de la participation, de son efficacité et de sa valeur.

CONCLUSION

D’une manière générale, si l’on se base sur les données présentées dans ce rapport, le monde n’est pas sur une bonne trajectoire pour atteindre les ODD d’ici 2030 : les financements consacrés à l’eau et à l’assainissement sont insuffisants, les structures de gouvernance sont fragmentaires et les capacités institutionnelles et humaines dans l’ensemble du secteur de l’eau sont également insuffisantes, notamment dans les pays les moins avancés.

A titre d’exemple, sur la base des progrès actuels et selon une étude menée par WaterAid[6], l’ensemble de la population togolaise n’aura pas accès à un approvisionnement élémentaire en eau potable avant 2047. En termes d’accès pour tous à des services élémentaires d’assainissement, le Togo n’atteindra la cible qu’en 3155, le Vanuatu en 3469 alors que le Ghana devra attendre 2468. La population sénégalaise dans son ensemble ne bénéficiera de services d’hygiène élémentaires qu’en 5080.

Pour aller plus loin

  • Le rapport de synthèse de UN-Water sur l’ODD 6 ici
  • Le résumé ici
  • Les points essentiels ici

Information complémentaire

UN-Water a réalisé une consultation publique sur ce rapport d’avancement sur la mise en œuvre de l’ODD 6 (de mai à septembre 2018). La Coalition Eau a contribué à la première phase de la consultation (en mai). Une deuxième phase de consultation a au lieu pour la préparation du FPHN (du 25 juin au 9 juillet). Une dernière phase sera organisée sur ses suites (du 31 août au 14 septembre).

Plus d’informations : ici

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[1] Approvisionnement en eau potable (cible 6.1) et services d’assainissement et d’hygiène (6.2), traitement et réutilisation des eaux usées et qualité de l’eau (6.3), utilisation rationnelle et pénurie d’eau (6.4), gestion intégrée des ressources en eau notamment grâce à la coo­pération transfrontière (6.5), protection et restauration des écosystèmes aquatiques (6.6), coopération internationale et renforcement des capacités (6.a) et participation de la popu­lation locale à la gestion de l’eau et de l’assainissement (6.b).

[2] « L’eau potable provenant d’une source améliorée située sur place et disponible en cas de besoin, exempte de contamination de matières fécales (et des produits chimiques d’intérêt prioritaire) », échelle JMP

[3] « L’eau potable provenant d’une source améliorée avec un temps de collecte de 30 minutes ou moins aller-retour, incluant la file d’attente », échelle JMP

[4] « L’utilisation des installations d’assainissement améliorés qui ne sont pas partagées par plusieurs familles et dans lesquelles les excréta sont stockés et traités sur place ou acheminés et traités hors site. », échelle JMP

[5] « L’utilisation des installations d’assainissement améliorées qui ne sont pas partagées par plusieurs familles », échelle JMP

[6] Données et méthodologies disponibles sur https://washwatch.org/en/

Pour en savoir plus

Objectifs du Développement Durable pour l’Eau et l’Assainissement

Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies sont entrés en vigueur. Entre 2012 et 2015, la Coalition Eau s’est insérée dans le débat tout au long des négociations, pour porter ses messages en faveur de l’intégration d’un objectif de développement universel sur l’eau et l’assainissement. Suite à l’adoption de l’ODD n°6 sur l’eau et l’assainissement, la Coalition Eau est mobilisée pour que cet engagement politique majeur soit désormais mis en œuvre  dans les pays.

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source/ http://www.coalition-eau.org/actualite/un-water-publie-son-rapport-de-synthese-2018-sur-l-odd-6-relatif-a-l-eau-et-a-l-assainissement/