2752 – Trump soutient la « Force spatiale » pour faire la guerre et dominer dans l’espace + + Le guide de régulation de la « guerre spatiale », un outil indispensable pour la sécurité mondiale

1/ Trump soutient la « Force spatiale » pour faire la guerre et dominer dans l’espace

2/ Le guide de régulation de la « guerre spatiale », un outil indispensable pour la sécurité mondiale

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1.mai.2018 // Les Crises –  Dennis J. Bernstein – Consortium News [1] , 20-03-2018 – politique militaire, USA

Les appels de Trump pour une nouvelle « Force spatiale » pourraient accroître le potentiel d’un affrontement armé entre les États-Unis et des puissances étrangères, comme la Chine et la Russie, rapporte Dennis J. Bernstein dans cet entretien avec le militant pour la paix Bruce Gagnon.

 Bruce Gagnon & Dennis Bernstein

Dans les quelques moments de rêve entre ses différents drames personnels et drames d’État, Trump a fait planer l’idée de créer une « Force spatiale » pour mener des guerres dans l’espace.

Bruce Gagnon est inquiet. Jeudi dernier, le 15 mars, Gagnon, coordonnateur du Réseau mondial contre les armes et l’énergie nucléaire dans l’espace [2], a déclaré :

« L’industrie aérospatiale voit une occasion d’accroître sa capacité de profit par la création d’une nouvelle “Force spatiale” qui dirigerait le programme militaire américain en expansion dans l’espace. »

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« L’industrie », poursuit M. Gagnon, « a poussé le Congrès à autoriser ce nouveau service distinct, tandis que les dirigeants de la Force aérienne se sont opposés au plan en prétendant qu’il augmenterait l’inefficacité et la bureaucratie. Dans la récente NDAA [National Defense Authorization Act], il a été demandé à l’Air Force de se concentrer davantage sur l’espace et d’en faire une priorité plus élevée ».

Lorsque je suis arrivé chez Gagnon dans le Maine, il était au 31e jour d’une grève de la faim pour protester contre un projet de loi d’aide à l’entreprise pour General Dynamics dans le Maine [3], où il vit. Néanmoins, il était assez fort et cohérent quant à son opposition au programme agressif et très coûteux des États-Unis en vue d’une domination totale dans l’espace.

Et il met en garde contre le pouvoir de l’industrie aérospatiale pour contrôler la situation.

« L’année dernière, un projet de loi visant à créer une “Force spatiale” distincte a été adopté par la Chambre, mais n’a pas été approuvé par le Sénat ».

L’appui de Trump au concept de « Force spatiale » indique que l’industrie aérospatiale a trouvé un solide allié à la Maison-Blanche et que les pressions exercées sur le Sénat pour qu’il approuve le plan vont maintenant augmenter de façon spectaculaire.

J’ai parlé à Gagnon dans le Maine le mercredi 14 mars 2018.

Dennis Bernstein : Vous êtes au 31e jour d’une grève de la faim. Parlez-nous de la grève et de la raison pour laquelle elle a lieu.

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Bath Iron Works est un important chantier naval, situé au bord de la rivière Kennebec, à Bath, dans l'État du Maine, aux États-Unis. Fondé en 1884, er-feet

Bath Iron Works est un important chantier naval, situé au bord de la rivière Kennebec, à Bath, dans l’État du Maine, aux États-Unis. Fondé en 1884, ce chantier naval est devenu un important fournisseur de l’United States Navy

Bruce Gagnon : General Dynamics, qui possède Bath Iron Works dans ma ville natale de Heron, Maine, construit des destroyers pour la marine, qui sont envoyés pour encercler la Russie et la Chine avec des systèmes de défense antimissile. General Dynamics exige de notre État très pauvre 60 millions de dollars que nous n’avons pas. Ils n’en ont pas besoin, ils ont fait 3 milliards de dollars de profits l’an dernier. Ils demandent aussi 150 millions de dollars au Connecticut et ils ont déjà reçu 20 millions de dollars du Rhode Island. J’ai organisé une campagne dans tout l’État pour essayer de bloquer cela.

DB : Comment allez-vous, au fait ?

BG : Eh bien, mon esprit s’embrouille un peu plus, comme vous le remarquerez probablement dans cette interview.

DB : Pourquoi une grève de la faim ? Pourquoi mettre votre vie en jeu ?

BG : Je l’ai fait pour deux raisons.

  1. Premièrement, lorsque je suis revenu d’une audience publique sur ce projet de loi devant le Comité de la fiscalité de notre capitale, je jurais pendant tout le chemin du retour à la maison. J’ai dit ce soir-là que si je n’entame pas une grève de la faim, je vais avoir une crise cardiaque avant que tout cela ne soit terminé.
  2. La raison politique en est que, puisque ce projet de loi est parrainé par deux démocrates de notre communauté locale et qu’il a l’appui de la direction du Parti démocrate, beaucoup de groupes de front démocrate de l’État qui travaillent sur la justice sociale se sont fait dire de ne pas s’en mêler. C’est donc vraiment la communauté de la paix qui organise tout cela. Je savais que si je faisais une grève de la faim, plus de gens seraient inspirés pour s’impliquer.

DB : Parlez-nous de ce nouveau concept de « force spatiale ». Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que c’est censé faire, et en avons-nous vraiment besoin ?

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BG : Comme l’armée de l’air, l’armée de terre ou la marine, il s’agit d’une branche séparée de l’armée. Ce sont les gens de l’industrie aérospatiale qui font vraiment pression pour cela.Ils savent que s’ils peuvent établir une entité distincte, ils peuvent faire encore plus d’argent.On dit depuis longtemps que « Star Wars » serait le plus grand projet industriel de l’histoire.

Dans une publication de l’industrie, il y a des années, ils ont écrit qu’ils devraient trouver une source de financement spécialisée pour payer tout cela et ils l’ont appelé le programme d’admissibilité. C’est la raison pour laquelle nous voyons aujourd’hui au Congrès des efforts pour financer ces programmes et transférer l’argent dans ce programme très coûteux de la « Guerre des étoiles ».

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Le chef d’état-major de la Force aérienne, le général David Goldfein, a récemment déclaré aux journalistes :

« La nation s’attend à ce que sa Force aérienne possède l’ultime position de domination et atteigne la supériorité spatiale, ce qui, comme la supériorité aérienne, signifie la liberté d’attaquer et la liberté de manœuvrer ».

Alors que les États-Unis encerclent militairement la Russie et la Chine aujourd’hui, essayant d’amener un changement de régime dans ces pays, la supériorité spatiale devient un élément central de toute cette stratégie.

Dans le dernier NDAA [National Defense Authorization Act], il y avait une disposition qui disait que l’armée de l’air devait faire plus d’efforts dans le domaine spatial. Le projet de loi a été adopté à la Chambre, puis renvoyé au Sénat où il a échoué, en grande partie parce que la Force aérienne s’y oppose, disant qu’il créera des inefficacités et plus de bureaucratie.

Mais à la suite du dernier vote de la NDAA, une division a été créée au sein de l’armée de l’air qui dirigera le commandement spatial américain et sera basée à Washington. Cela s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large de la Force aérienne pour se conformer à ce mandat législatif de se concentrer sur l’espace et d’en faire une priorité élevée. L’industrie aérospatiale pousse fort et a beaucoup de pouvoir à Washington et, comme nous l’avons vu, Ils ont l’oreille de Trump.

DB : Les graines de ce genre de programme ont été semées depuis au moins Clinton avec la tentative de contrôler le monde entier depuis l’espace.

BG : La plupart des gens pensent au programme SDI [Strategic Defense Initiative] initié sous Reagan.Quand Clinton est arrivé, il a essentiellement annoncé que nous ferions fermer le SDI.Mais ce que les gens ne savaient pas, c’est qu’il a essentiellement transféré le financement à un programme appelé BMDO [Ballistic Missile Defense Organization], qui a fait la même recherche et le même développement. Quand George W. Bush est devenu président, il a changé le nom de nouveau, pour devenir Missile Defense Agency.

Nous entrons maintenant dans de tout nouveaux domaines de développement de la technologie des armes spatiales.

De toute évidence, la Russie ne le souhaite pas. Ils se rendent à l’ONU depuis les années Clinton, suppliant les États-Unis de se joindre à eux dans la négociation d’un traité appelé PAROS, Prévention d’une course aux armements dans l’espace extra-atmosphérique. La position des États-Unis a toujours été qu’il n’y a pas de course aux armements et qu’il n’est donc pas nécessaire de négocier ce traité.

DB : Ce programme a tout à voir avec le genre de revendications que le nouveau secrétaire d’État [Mike Pompeo] va défendre [s’il est approuvé par le Congrès]. Il s’agit de contrôler les puissances de ce nouveau siècle par le biais d’une domination totale dans l’espace. C’est ce qui se passe vraiment dans les coulisses lorsque les États-Unis menacent la Corée du Nord en tant qu’agresseur.

BG : C’est exact. La Corée du Nord est un théâtre secondaire pour justifier les investissements massifs des États-Unis dans la technologie de l’armement dans la région. Rappelez-vous que ce sont Hillary Clinton et Barack Obama qui ont créé le « Pivot to Asia », par lequel nous déplacerions 60% des forces militaires américaines en Asie pour encercler à la fois la Chine et la Russie.

En conséquence,

  • ils ont besoin de plus de ports d’escale pour leurs navires, comme sur l’île de Jeju,
  • ils ont besoin de plus de terrains d’aviation comme nous le voyons à Okinawa,
  • plus de casernes pour les soldats américains comme ceux qui sont en construction à Darwin, en Australie.
  • Et maintenant, nous voyons l’OTAN s’étendre dans la région Asie-Pacifique.

DB : Le pire pollueur du monde est l’armée américaine. Les États-Unis se sont retirés du traité ABM [Anti-Ballistic Missile] en 2002 et depuis lors, ils ont la « suprématie » totale.

BG : Il s’agit en fait de la Chine et de la Russie qui disent : « Nous voulons un monde multipolaire où de nombreux pays participent à l’économie mondiale et s’occupent des questions de sécurité de la planète ».Les États-Unis reconnaissent qu’ils n’ont que deux ou trois ans pour essayer de faire tomber la Russie et la Chine avant qu’ils n’atteignent un point où ils ne peuvent plus être démantelés.

Ce que Poutine a dit, c’est que nous ne voulons pas de guerre, mais nous n’allons pas vous laisser contrôler et dominer l’espace. La défense antimissile est en réalité le bouclier que les États-Unis utiliseront après avoir lancé une première frappe.

DB : General Dynamics peut-il tirer profit de ce scénario de « force spatiale » ?

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BG : Oh, oui. Ces destroyers qu’ils construisent dans ma communauté sont équipés d’un de ces systèmes de défense antimissile, appelés intercepteurs SM3. Ils stationnent les navires très près de la Russie et de la Chine afin de pouvoir déclencher une frappe de représailles. Ils mettent également ces systèmes sur le terrain en Roumanie et en Pologne, jusqu’à la frontière avec la Russie.

DB : L’industrie a-t-elle en fait acheté le Congrès pour faire avancer ce nouveau programme spatial ?

BG : Absolument, républicains et démocrates. C’est la réalité de l’Amérique.Nous avons été vidés et transformés en un pays qui fabrique des armes. Notre principal produit d’exportation aujourd’hui est l’armement. Que devient alors votre stratégie marketing globale ?

DB : Comment estimeriez-vous le montant d’argent qui est aspiré dans cette économie de guerre permanente ?

BG : Tout compte fait, nous dépensons un billion [1 billion, en échelle longue comme en France, = mille milliards] de dollars par an pour l’armée.

C’est un montant énorme et c’est pourquoi il n’y a pas d’argent pour les programmes sociaux, pour l’assainissement de l’environnement, pour la lutte contre les changements climatiques. Les dépenses militaires sont de loin le pire moyen de créer des emplois.

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Dennis J. Bernstein est un animateur de “Flashpoints” sur le réseau de radio Pacifica et l’auteur de Special Ed : Voices from a Hidden Classroom. Vous pouvez accéder aux archives audio à l’adresse www.flashpoints.net.

 

 

Traduit par les lecteurs du site les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici.

Liens

  1. https://consortiumnews.com/2018/03/20/trump-supports-space-force-for-war-making-and-dominance-in-space/
  2. http://www.space4peace.org/mission.htm?link_id=5&can_id=5b0c2348bff1b5435d5ef2220cdcc87d&source=email-space-force-trump-accelerating-aerospace-goal-targeting-china-and-russia-interviews-available&email_referrer=email_317759&email_subject=space-force-trump-accelerating-aerospace-goal-targeting-china-and-russia-interviews-available
  3. http://space4peace.blogspot.fr/2018/03/day-29-maine-taxation-committee-trims.html?link_id=11&can_id=5b0c2348bff1b5435d5ef2220cdcc87d&source=email-space-force-trump-accelerating-aerospace-goal-targeting-china-and-russia-interviews-available&email_referrer=email_317759&email_subject=space-force-trump-accelerating-aerospace-goal-targeting-china-and-russia-interviews-available

source / https://www.les-crises.fr/trump-soutient-la-force-spatiale-pour-faire-la-guerre-et-dominer-dans-lespace/


2/ Le guide de régulation de la « guerre spatiale », un outil indispensable pour la sécurité mondiale

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3 décembre 2017 – Dale Stephens & Duncan Blake

Dale Stephens travaille pour l’Université d’Adelaide. Il dirige l’édition du projet MILAMOS .

Duncan Blake est directeur adjoint de l’édition du projet MILAMOS, il est doctorant à l’Université d’Adélaide. Son travail de recherche est supervisé par le Prof Dale Stephens (qui dirige l’édition du projet MILAMOS). le projet a reçu des financements du gouvernement canadien et d gouvernement australien, et également des dons privés (http://www.mcgill.ca/milamos/about#SUPPORT) .

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Évoquer la menace d’une « guerre spatiale »[1] fait immanquablement penser à de la science-fiction[2], mais c’est pourtant un sujet des plus sérieux[3].

Une telle guerre aurait en effet des effets dévastateurs [4] aussi bien pour l’ensemble des habitants de la planète Terre que pour l’exploration spatiale.

Aujourd’hui, il existe bien des lois [5] destinées à l’éventualité d’une guerre spatiale, mais on ne sait pas, concrètement, comment celles-ci pourraient s’appliquer.

C’est pourquoi, avec nos collègues du monde entier – des experts australiens, canadiens, américains, russes et chinois – nous menons un programme de recherche sur plusieurs années, afin de rédiger un guide sur l’application de la loi en cas d’intervention militaire dans l’espace.

Ce guide de droit international, applicable à l’usage militaire de l’espace extra-atmosphérique en cas de tensions ou d’hostilités (MILAMOS)[6], est un manuel qui aidera à renforcer la transparence et la confiance entre les puissances spatiales.

En principe, il devrait réduire le risque qu’une guerre dans l’espace se produise, ou, si jamais elle se produisait, réduire son impact sur les infrastructures spatiales[7] dont nous sommes tous devenus très dépendants.

Les satellites dont nous dépendons

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Nous utilisons les signaux GPS pour de nombreuses activités, notamment la navigation, la communication, la banque, l’agriculture, les voyages et Internet.

On estime [8] que 6 à 7 % du PIB des pays occidentaux dépend aujourd’hui de la navigation par satellite.

Les satellites de télécommunication permettent certes de diffuser les programmes de télévision, mais ils sont utiles à de nombreux autres réseaux terrestres. Dans les régions reculées du monde, ils sont parfois le seul moyen de communication disponible.

Dans un avenir proche, les satellites de télécommunications pourraient bien fournir au monde entier un accès Internet à haut débit [9].

  • Ils nous permettent aussi d’obtenir des prévisions météorologiques et d’améliorer la production agricole.
  • Ils nous aident à organiser les secours en cas de catastrophe, à trouver et exploiter les ressources naturelles, à surveiller l’état de l’environnement et ont encore bien d’autres applications.

Il faut s’attendre à une guerre spatiale

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Dans le monde militaire aussi, les satellites sont devenus incontournables.

En juin de cette année, la secrétaire américaine des Forces aériennes Heather Wilson [10] a déclaréqu’une guerre spatiale était une éventualité à prendre en compte, ajoutant que les États-Unis investissaient massivement dans le maintien de leur suprématie militaire dans l’espace. Elle a déclaré :

« Nous devons nous attendre à ce que toute guerre s’étende dans l’espace à l’avenir ; il nous faut changer notre façon de penser et nous préparer à cette éventualité. »

La première guerre du Golfe, en 1991, a souvent été qualifiée de première guerre spatiale, même si elle n’a pas réellement eu lieu dans l’espace.

Mais au cours de ce conflit, les États-Unis et les forces de la coalition se sont beaucoup appuyés sur la technologie GPS [11] et sur d’autres technologies satellitaires contre l’armée de Saddam Hussein. Depuis lors, les ressources spatiales se sont encore développées, offrant de nouvelles capacités aux forces terrestres, navales et aériennes.

Compte tenu de l’usage dual [12] (militaire et civil) de nombreux satellites, un conflit armé dans l’espace [13] pourrait se révéler catastrophique dans le monde actuel.

Traité sur l’usage des armes dans l’espace

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Il n’existe que cinq traités mondiaux [14] qui soient spécifiques à l’espace.

 

Le principal est le Traité de 1967 sur l’espace extra-atmosphérique [15], mais une seule de ses dispositions (article IV) mentionne directement l’activité militaire, en interdisant de disposer des armes de destruction massive dans l’espace.

 

 

D’autres moyens et méthodes visant à provoquer des destructions ou des interférences [16] par le biais d’un satellite ne sont pas interdits [17], bien que des domaines du droit réglementent leur utilisation, comme les lois sur les conflits armés.

Parmi eux figurent

  • les missiles anti-satellite,
  • les armes à énergie dirigée[18] (y compris les lasers),
  • la guerre électronique (exploitation des émissions radioélectriques d’un adversaire),
  • la cyberguerre et certaines technologies à usage dual, tels que les infrastructures en orbite destinées à la maintenance des satellites.

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Un effort commun

Le projet MILAMOS est conduit par trois universités[19] :

  1. Adélaïde en Australie,
  2. McGill au Canada
  3. Exeter au Royaume-Uni.

Il bénéficie d’un financement de la part des gouvernements australien et canadien, ainsi que de donateurs privés.

Ce projet s’appuie sur l’expertise du Comité international de la Croix-Rouge, de l’Union of Concerned Scientists [20] et des puissances spatiales majeures, principalement les États-Unis et la Russie, mais aussi la Chine et d’autres pays.

Les experts impliqués personnellement dans ce projet sont là pour fournir leur vision de la loi, et non pas pour définir ce que les États voudraient qu’elle soit.

Trouver une position consensuelle sur la loi, en dépit des positions personnelles fortement ancrées de chaque expert, est un véritable défi. C’est pourtant l’ambition de notre projet, à travers l’organisation de neuf ateliers de travail sur trois ans.

 Les premières réunions ont eu lieu à Montréal [21], à Adélaïde , à New Delhi[22] et à Colorado Springs [23].

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Méfiez-vous du vide juridique

L’alternative à cette démarche, ce serait que les États négocient formellement de nouveaux instruments internationaux pour clarifier ou étendre la loi. Malheureusement, les tentatives récentes en ce sens n’ont pas rencontré un grand succès [24]. Il y a donc un vide juridique que ce guide cherche à combler.

À cet égard, il est semblable à d’autres guides rédigés au cours des dernières années sur la loi applicable à la guerre dans d’autres espaces :

  • maritime (Manuel San Remo) [25],
  • aérien (Manuel de Harvard) [26] 
  • cyber (Manuel de Tallinn) [27].

Même si ces guides ne sont pas officiellement approuvés par les États, ils sont une référence essentielle [28] pour ceux qui travaillent sur le terrain : militaires, avocats du gouvernement, conseillers politiques, médias, groupes de défense publique et autres organisations non gouvernementales.

La publication du guide est prévue pour 2020. Paradoxalement, les contributeurs du MILAMOS espèrent bien qu’il restera sur les étagères sans jamais avoir à être ouvert.

La version originale de cet article a été publiée en anglais [29].

 

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Liens

  1. https://edition.cnn.com/videos/tv/2016/11/23/exp-cnn-special-report-war-in-space.cnn
  2. https://breakingdefense.com/2016/12/stop-the-fearmongering-over-war-in-space-the-skys-not-falling-part-1/
  3. https://thediplomat.com/2017/01/how-china-is-weaponizing-outer-space/
  4. https://docs.house.gov/meetings/AS/AS29/20170329/105785/HHRG-115-AS29-Wstate-SheltonW-20170329.pdf
  5. http://ndupress.ndu.edu/JFQ/Joint-Force-Quarterly-87/Article/1325996/the-role-of-space-norms-in-protection-and-defense/
  6. http://www.mcgill.ca/milamos/
  7. https://www.ucsusa.org/nuclear-weapons/space-weapons/what-are-satellites-used-for#.Wug3g3_Lg4l
  8. http://europa.eu/rapid/press-release_IP-11-398_en.htm?locale=fr
  9. https://theconversation.com/a-new-space-race-is-on-to-bring-the-internet-to-the-whole-world-29028
  10. http://www.af.mil/News/Article-Display/Article/1224907/air-force-leaders-continue-to-emphasize-air-and-space-priorities-on-capitol-hill/
  11. https://www.scientificamerican.com/article/gps-and-the-world-s-first-space-war/
  12. https://link.springer.com/referenceworkentry/10.1007/978-1-4614-6423-5_107-1
  13. https://prezi.com/oreiegimwxig/star-laws-why-the-law-of-armed-conflict-matters-in-outer-space/
  14. http://www.unoosa.org/oosa/en/ourwork/spacelaw/treaties.html
  15. http://www.unoosa.org/oosa/en/ourwork/spacelaw/treaties/outerspacetreaty.html
  16. https://thediplomat.com/2015/10/should-the-us-fear-chinas-new-space-weapons/
  17. https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-90-6704-933-7_8
  18. https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_%C3%A0_%C3%A9nergie_dirig%C3%A9e
  19. http://www.mcgill.ca/milamos/participating-institutions
  20. https://www.ucsusa.org/
  21. https://www.mcgill.ca/milamos/progress#MILAMOS%20Inaugural%20Plenary
  22. https://idsa.in/speech/milamos-jayant-prasad-2017
  23. http://www.usafa.af.mil/News/Article-Display/Article/1341927/conference-could-have-huge-ramifications-for-space-experts-say/
  24. http://www.unoosa.org/pdf/SLW2016/Opening/3._Meyer_-_SpaceCoopUNOOSASep52016.pdf
  25. https://ihl-databases.icrc.org/ihl/INTRO/560?OpenDocument
  26. https://www.cambridge.org/core/books/hpcr-manual-on-international-law-applicable-to-air-and-missile-warfare/EB28F7A1701637CA2390B25FB4840629
  27. https://ccdcoe.org/tallinn-manual.html
  28. https://drmc.library.adelaide.edu.au/dspace/handle/2440/97930
  29. https://theconversation.com/were-drafting-a-legal-guide-to-war-in-space-hopefully-well-never-need-to-use-it-86677

source française/ https://theconversation.com/le-guide-de-regulation-de-la-guerre-spatiale-un-outil-indispensable-pour-la-securite-mondiale-88333

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