2298 – « Qui est Jay Powell, le remplaçant de J. Yellen à la tête de la FED ? » Donald Trump choisit un républicain de l’establishment pour diriger la Fed

1 – « Qui est Jay Powell, le remplaçant de J. Yellen à la tête de la FED ? » L’édito de Charles SANNAT

2 – Donald Trump choisit un républicain de l’establishment pour diriger la Fed – Par Pierre-Yves Dugua

1 – « Qui est Jay Powell, le remplaçant de J. Yellen à la tête de la FED ? » L’édito de Charles SANNAT

par Charles Sannat | 3 Nov 2017 | A la une, Politique et économie |

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Ça y est. Le suspens n’aura pas été intenable, et Trump aura finalement très rapidement opté pour la solution la plus œcuménique et la moins problématique, et disons-le la plus consensuelle, dans son choix du successeur de Janet Yellen dont le nom est désormais connu puisqu’il s’agit de Jay Powell, qui est loin d’être un inconnu.
Un changement dans la continuité. Pas d’affolement à redouter. Et c’est vraisemblablement une bonne nouvelle (voyez, moi aussi je peux écrire l’expression “bonne nouvelle”, cela ne me pose aucun problème, il faut juste que ce soit le cas). Enfin, bonne nouvelle, dans le sens où il n’est pas à ce stade connu ou réputé pour être un faucon.

À la FED, Jay Powell a toujours soutenu la ligne de Janet Yellen

Yellen est l’ancienne conseillère économique de Bill Clinton et c’est elle qui dirige la Banque centrale américaine depuis 2014.
Son mandat prendra fin en février 2018 et c’est à ce moment-là qu’elle sera remplacée par Jay Powell qui ne représente pas du tout, de la part de Trump, un choix politique particulièrement transgressif dans la mesure où ce déjà membre de la FED n’est ni une colombe ni un faucon, mais qu’il a toujours suivi peu ou prou la politique menée par Janet Yellen qui a d’abord consisté à augmenter les stimulus monétaires avant de décider de tenter de les réduire progressivement.

Jay Powell devrait a priori piloter sa politique avec un pied sur l’accélérateur monétaire et un autre sur le frein, avec pour arbitrage les craquements sur les marchés boursiers et surtout… obligataires.

La nomination sans risque !

Jay Powell est un conservateur bon teint et fut d’ailleurs le sous-secrétaire au Trésor chargé des questions de finances domestiques de Georges Bush père. En 1991, il va gérer la crise liée à la Salomon Brother et fera nommer Warren Buffet à la tête de cette société pour éviter une crise systémique, il travaillera également pour le Groupe Carlyle où il réalisera l’essentiel de sa fortune estimée à environ 55 millions de dollars, ce qui fait de lui le gouverneur le plus riche de la FED !

Autant dire qu’il ne devrait pas prendre de risques démesurés.

En choisissant Jay Powell, Donald Trump a fait le choix de réduire considérablement les risques autour du vote de confirmation nécessaire pour accéder à ce poste et donc diminue grandement le risque d’incertitude pour les marchés.

En effet, Jay Powell est assez largement apprécié et compte peu d’ennemis, tout en sachant, et je cite Le Figaro* , que “ses plus virulents critiques voient surtout en lui un homme sans grandes convictions, peu enclin à prendre des risques”.

Voilà qui est tout de même très rassurant pour l’avenir et qui va plutôt dans le sens d’une politique monétaire qui sera douce, avec une montée des taux très progressive et sans doute vite limitée, tout en sachant que loin d’être idéologue, à la moindre difficulté, Jay Powell ouvrira certainement le robinet autant que nécessaire.

Bref, cette nomination est très clairement une bonne nouvelle pour… les actifs tangibles ! Car pour la valeur des monnaies, c’est évidemment une autre paire de manches !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

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source/ https://insolentiae.com/qui-est-jay-powell-le-remplacant-de-j-yellen-a-la-tete-de-la-fed-ledito-de-charles-sannat/


2 – Donald Trump choisit un républicain de l’establishment pour diriger la Fed Par Pierre-Yves Dugua

Par Pierre-Yves Dugua
Publié le 02/11/2017 à 07h15

Selon la presse américaine, Jerome Powell, dont le nom circule depuis plusieurs semaines, aurait été informé de sa nomination par Donald Trump. La décision devrait être officialisée aujourd’hui.

Pour la première fois depuis 30 ans, le patron de la Réserve fédérale ne devrait pas être docteur en économie. Selon la presse américaine, Jay Powell, qui depuis 2012 est déjà un des sept gouverneurs de la banque centrale des États-Unis, a été sélectionné par Donald Trump pour succéder à Janet Yellen au poste de président du Conseil des gouverneurs de la Fed. Républicain, âge de 64 ans, Jay Powell, juriste de formation, a passé l’essentiel de sa vie à Washington et New York.

On voit en lui un centriste respecté dans le monde des affaires et un digne représentant de l’establishment républicain que Donald Trump professe souvent de combattre. Sa candidature, poussée par le Secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, aurait été préférée à celle du professeur John Taylor, sommité en matière de politique monétaire et plus apprécié par nombre de conservateurs au Congrès.

À la Fed, Jay Powell a toujours soutenu la ligne de Janet Yellen, ancienne conseillère économique de Bill Clinton qui dirige l’institution depuis 2014 et dont le mandat expire début février 2018. À ce titre, Jay Powell est en particulier associé à la politique de relèvement très progressif de taux directeurs de la Fed entamée depuis décembre 2015.

Il soutient aussi la décision récente de réduction graduelle du bilan de la Fed, gonflé par huit années de rachats de créances publiques. Il avait certes des doutes sur la nécessité de lancer une troisième campagne de rachats de titres en 2012, après celles initiées en 2008 et 2010. Pourtant, il finit par se ranger au consensus autour de la table du comité monétaire, ce que nombre de conservateurs au Congrès lui reprochent.

«Ce n’est ni un faucon, ni une colombe»

Jay Powell apporterait à la Fed son expérience du monde de la finance, de la réglementation bancaire et de l’administration fédérale, ce qui est tout aussi important puisque la Fed ne s’occupe pas exclusivement de politique monétaire, mais aussi de la surveillance du système financier.

Richard Fisher, ancien président de la Fed de Dallas, connaît bien Jay Powell pour avoir travaillé avec lui. «Ce n’est ni un faucon, ni une colombe» explique-t-il pour décrire le centrisme de son ami. «J’ai essayé de lui faire boire plus de deux verres de vin lors d’un dîner. Il n’a pas voulu».

Diplômé des universités de Princeton et Georgetown, Jerome H. Powell, préfère se faire appeller «Jay». Après avoir fait ses armes dans de prestigieux cabinets d’avocats new-yorkais, de 1984 à 1990 il s’illustre dans la banque d’investissement Dillon, Read & Co., archétype de l’institution républicaine où Nicholas Brady sera son mentor. Lorsque ce dernier devient Secrétaire au Trésor de Georges Bush père, Jay Powell devient Sous-secrétaire au Trésor chargé des questions de finances domestiques.

À cette occasion il devra gérer en 1991 la crise de la maison Salomon Brothers. Cette banque d’investissement avait tenté de manipuler le marché des obligations du Trésor. Jay Powell depuis sa maison de vacances à Cape Cod (Massachusetts), négocia la démission des responsables de la banque new-yorkaise et la nomination à la tête de l’institution d’un investisseur au dessus de tout soupçon, Warren Buffett, pour stabiliser la situation.

De 1997 à 2005 il replonge dans le monde de la finance, mais cette fois-ci depuis Washington où se trouve le siège du fonds privé d’investissement Caryle Group où il dirige les opérations de reprises de sociétés industrielles en difficulté. Cette expérience fera de lui un multi-millionnaire. L’estimation la plus récente de son patrimoine porte sa richesse à 55 millions de dollars ce qui fait de lui le plus riche gouverneur de la Fed.

Jay Powell a jugé «qu’il y avait à boire et à manger» dans les propositions de l’administration Trump

En choisissant Jay Powell, Donald Trump minimise les risques de bataille partisane au Sénat au moment du vote de confirmation nécessaire pour accéder à ce poste au sommet de la finance américaine.

Jay Powell est apprécié par beaucoup de démocrates et compte peu d’ennemis à Washington. Ses plus virulents critiques voient surtout en lui un homme sans grandes convictions, peu enclin à prendre des risques.

Ce choix incarnerait la continuité avec la politique de Janet Yellen, mais avec un modeste biais républicain, probablement un peu plus porté sur la lutte préventive contre l’inflation que sur la préservation du plein emploi.

Il devrait séduire nombre de sénateurs démocrates car ses positions en matière de réglementation bancaire ne sont pas aussi tranchées que celles de la Maison blanche. En juin dernier devant le Sénat, Jay Powell a par exemple jugé «qu’il y avait à boire et à manger» dans les propositions de l’administration Trump, revenant sur certains aspects de la réforme de la finance de 2010.

Cet ancien de Wall Street est par exemple favorable à l’assouplissement de règles relatives aux petites banques, mais souhaite conserver le régime en place plus exigeant à l’égard des plus grandes institutions, notamment en termes de fonds propres.

Il estime simplement que la loi de 2010 visant à mieux encadrer les risques bancaires pourrait atteindre ses objectifs de manière plus efficace si son application était ajustée, ce sur quoi la Fed de Janet Yellen travaillait déjà.

 

http://premium.lefigaro.fr/conjoncture/2017/11/02/20002-20171102ARTFIG00020-donald-trump-choisit-un-republicain-de-l-establishment-pour-diriger-la-fed.php

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