1488 – « LE MONDE OCCIDENTAL A ENTRAÎNE LES SYRIENS DANS UN PIÈGE… »

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Écrivain, journaliste et grand reporter français ayant notamment travaillé pour des journaux et magazines tels que le Canard enchaîné, Paris Match ou L’Express, et collaborant aujourd’hui avec Afrique Asie, Jacques-Marie Bourget, spécialiste des pays en conflits du Moyen-Orient, tout particulièrement de la question palestinienne dont il est lui-même l’une des victimes, après avoir été grièvement blessé par un tir de fusil M-16, revient pour nous dans cet entretien sur la libération de la ville d’Alep par les forces gouvernementales syriennes et l’entrée en vigueur du cessez le feu dans les différentes villes de Syrie.

Il aborde également le traitement médiatique des conflits de la région par les grands médias français, mais aussi le rôle des dirigeants de son pays -de gauche comme de droite- dans l’aggravation de la situation en Syrie.

Khaled Zeghmi : La crise syrienne, et plus particulièrement les derniers développements dans la ville d’Alep, préoccupe aujourd’hui la « communauté internationale ». Quelle est votre point de vue sur la question ? Et que représente, selon vous, la libération (ou la chute, c’est selon) de la partie Est d’Alep pour la suite du conflit ?

Jacques-Marie Bourget : On ne peut parler avec froideur d’un événement aussi douloureux. Dire des « vérités » sur ce drame ce n’est pas oublier ou mépriser les victimes. Ayant, comme reporter, assisté à tant de guerres, je connais le prix du sang, celui que l’on n’évalue jamais dans les communiqués diplomatiques ou de presse.

Le monde occidental a entraîné les Syriens dans un piège.

Voilà près de vingt ans que les États-Unis et son allié Israël, tentent d’obtenir un changement de régime en Syrie. C’est-à-dire l’éclatement d’un pays qui ne peut rester tout entier sans avoir à sa tête un régime en béton.

  • Les Occidentaux rêvent depuis longtemps de démembrer le Moyen-Orient. Mission assez facile puisque nous trouvons-là, dans des frontières tracées par les pays colons l’Angleterre et la France, une myriade de groupes religieux et ethniques où les thèmes de divisions sont multiples.
  • Si des « printemps arabes » ont bien existé, leur vie fut brève. Je veux dire la révolte initiale et légitime de populations vivant dans des conditions économique et de liberté indignes.

Cette rébellion a été brève puisque tout de suite prise en main par des « ONG » américaines qui, elles, marchent aux consignes données par Washington et Wall Street.

  • Je veux parler des machines de guerre pilotées par le milliardaire George Soros, par Madeleine Albright, avec parapluie de la CIA.
  • Ce sont eux les parrains des « révolutions » Orange expérimentées en Serbie, puis en Géorgie avant de mettre en place un régime corrompu en Ukraine.

C’est cette médecine qui a été appliquée à la Tunisie, en Égypte, en Libye et en Syrie.

On alimente une juste révolte, on lui donne un coup de main. Puis, quand le pouvoir, lâché par Washington, vacille, on met en place un « processus électoral » dont on sait qu’il va porter au pouvoir les Frères Musulmans, puisque c’est la seule force politique organisée.

C’est le schéma utilisé en Syrie pour abattre Bachar Al-Assad. Mais ici la résistance du régime a été si farouche que la répétition de ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie n’a pas fonctionné.

  • Pire, ce sont Al Qaïda et Daech qui ont pris la place de révoltés.

Alors que faire ? Accepter de livrer une Syrie brisée à un Califat ?

Choix impossible pour des démocrates, et pour les voisins de la Syrie, c’est-à-dire la Russie et l’Iran, puisqu’ Israël s’accommode bien d’un islamisme « radical » qui ne lui veut aucun mal. Il fallait donc qu’Alep soit débarrassée de ses djihadistes. Et c’est ce que Bachar et ses alliées ont fait. J’allais dire ils n’avaient pas le choix. Observons que parmi les supporteurs de Bachar on trouve le Parti Communiste syrien. Ce PC qui a tant souffert de la police de la famille Assad a compris que, sans le maintien en place de ce dernier avatar de la dynastie, c’était la mort et la disparition du pays.

Le parti pris clair, et le manque flagrant d’objectivité de l’ensemble des grands médias français (mais aussi d’autres pays, arabes notamment) dans le traitement de la crise syrienne suscite l’incompréhension. La presse est-elle « libre » dans le traitement de la situation en Syrie ?

On avait cru comprendre, après les mensonges de Bush en Irak, mensonges reproduits et amplifiés par la presse, qu’une page allait se tourner. Il n’en est rien. On a les mêmes mensonges, les mêmes vidéos « dramatiques » tournées non pas à Alep, mais dans un décor en Irak.

On a les « casques blancs » pris au sérieux et mis en scène.

Des « journalistes citoyens » (comme si les autres ne l’étaient pas) qui ne sont rien d’autres que des djihadistes équipés de caméras et de relais Facebook.

On possède les mots utiles, par exemple le journaliste doit parler de l’usage de gaz de combat, de « barils d’explosif ». Ce fameux gaz sarin, imaginé par le journal Le Monde, n’a jamais été lancé par les troupes de Bachar. C’est ce que démontrent, jusqu’à aujourd’hui, les enquêtes de l’ONU. Pour ce qui est des « barils », ça fait une image, elle est terrible, mais ces armes de fortune, si je peux dire, sont moins dangereuses qu’un bon missile ou une bombe acheté à la France ou à l’Amérique.

La presse a réussi à convaincre une bonne partie du public que ces terroristes, ceux qui sont venus mitrailler, écraser des civils en Europe, que ces « rebelles syriens », étaient subitement des martyrs qu’il fallait protéger. C’est incompréhensible.

Mais la presse française est moribonde, sans doute étouffée par ses mensonges.

Quelle serait votre commentaire sur l’action politique française (de gauche comme de droite) concernant la crise syrienne ?

Nicolas Sarkozy qui était, à la demande de l’émir du Qatar, devenu l’ami de Bachar a joué un grand rôle dans le départ de la guerre. Sarkozy a puni Bachar pour son refus de valider le tracé d’un pipeline, en Syrie, celui qui devait favoriser la passe du gaz du Qatar plutôt que celui venu d’Iran. C’est un des éléments. Une guerre a toujours une raison économique. Après cela, Hollande a pris le pas rythmé par Washington et Netanyahou. Le « droit » et même le « devoir d’ingérence » a été le libre passeport : il fallait écraser le tyran.

Dans le même temps, Hollande embrassait les princes de la monarchie dictatoriale d’Arabie pour broyer le Yémen… Subitement les « droits de l’homme » étaient alors priés de rester au vestiaire. Imaginez qu’Hollande a voulu entrainer Obama dans un bombardement de Damas ! Heureusement, après un test, les Américains se sont rendu compte que les défenses russes, installées en Syrie, étaient telles que toute attaque était très dangereuse sinon vaine. Hollande est le portrait craché de ce Mitterrand qui, en Algérie, a actionné la guillotine ou fait donner le canon contre les villages, et fermé les yeux sur la torture.

Depuis quelques années la question palestinienne est totalement absente dans les médias occidentaux (et français), en tant que journaliste, et auteur de plusieurs ouvrages sur la Palestine, comment expliquez-vous cette situation ?

La question palestinienne est morte en même temps que les tours de Manhattan se sont écroulées.

La cause, dans les discours de l’Occident, s’est confondue avec les attaques terroristes. En Europe la défense de la Palestine est devenue la bataille, presque exclusive de l’islamisme, des relais du Hamas. Tout cela conduit à une confusion, Palestine, Hamas, djihad, barbus : tous dans le même sac ! En France on a pu lire dans la presse qu’en écrasant Ghaza, Israël « nous protégeait du terrorisme ». Aujourd’hui, contre les islamistes violents, on demande aux militaires et policiers, de prendre modèle sur Israël.

On confond état de droit et colonisation. Et le soi-disant sursaut d’Obama, juste avant son départ, n’est qu’un geste de comédie.

Selon vous que pourrait changer l’arrivée d’une nouvelle administration aux États-Unis sur la question palestinienne ?

Je n’en sais rien. Il est ultra réactionnaire. Il ne connait rien outre le béton et les femmes blondes. Tout dépend de ses « conseillers ». Je pense que la période va être terrible. Qu’elle va faire naître un nouveau radicalisme au sein du mouvement national palestinien, ou ce qu’il en reste. Les Palestiniens sont dans leur droit, et sont irréductibles.

Trump veut le chaos ? Il va l’avoir en boomerang.

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Pourrions-nous avoir un commentaire de votre part sur le rejet de votre plainte par la Cour de cassation ?

En octobre 2000 j’ai été la victime, à Ramallah, d’un tir volontaire d’un soldat israélien. Très gravement touché au poumon par une balle de M16, je suis un miraculé. J’ai lancé un procès contre Israël… Faute de collaboration la justice française a été contrainte de capituler. J’ai ensuite lancé une procédure pour obtenir la reconnaissance de ma situation de victime. Après un succès en Cour d’appel, j’ai perdu en Cassation. Il sera dit que j’ai souffert d’un tir sans être pour autant victime… Dans l’indifférence quasi générale de la profession et des politiciens, je continue de me battre. Ce qui, par parenthèse, coûte une fortune.

Vous dites que de nouveaux développements juridique et politique ont joué en votre défaveur, que voulez-vous dire par des ‘’développements politiques’?

Disons qu’en France je suis tracé, « suivi » par les organismes du renseignement sioniste, mon compte Facebook est chaque jour décortiqué. Mon dossier est « signalé », ce qui veut dire que, pour me donner raison, il faut des juges indépendants et courageux.

Quelles sont pour vous les prochaines étapes, porterez-vous l’affaire à d’autres juridictions ? (européennes ou internationales)

Si je dois perdre lors d’une nouvelle procédure d’appel… J’irai devant le Cour européenne. Si je suis encore en vie.

Propos recueillis par Khaled Zeghmi. 


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DANS LA PRESSE D’IRAK :

Lutte contre Dae’ch

  • Le général Abdel-Amir Yarallah, commandant des opérations de libération de Ninive, a annoncé la libération de cinq quartiers à Mossoul (Sabah, p. 1). Les forces de sécurité ont libéré deux hôpitaux et la faculté de médecine. Elles appellent les habitants à enterrer les morts de Daech. (Machrek, p. 1)
  • L’aviation militaire irakienne a frappé un convoi de trois véhicules de Daech à Mossoul et a tué vingt terroristes. (Adala, p. 1)
  • Selon la cellule d’information militaire, 1.757 Daechis ont été tués à Mossoul en une semaine. (Sabah al-Jadid, p. 1)
  • Les Américains mènent une opération militaire à l’ouest d’alAnbar. (Mada d’hier, p. 1)

Situation sécuritaire

  • La police a retrouvé le corps d’Abdellqader al-Qaïssi, journaliste, quelques jours après son enlèvement sur la route Kirkouk-Bagdad. (Sabah al-Jadid, p. 3)

Politique intérieure

  • L’armée célèbre son 96ème anniversaire au moment où elle réalise des victoires. (Sabah d’hier, p. 1)
  • Ammar al-Hakim, chef de l’ANI, a examiné le projet de règlement politique avec Qaïs al-Khazali, chef d’Assaeb Ahl al-Haq. (Adala, p. 1)
  • Le président du parlement a examiné avec Dhia al-Assadi, du courant sadriste, la situation politique, la réconciliation nationale et la loi électorale. (Zaman, p. 3)
  • Un commentaire dans Zaman (p. 3) critique vivement le projet de loi sur les tribus. En cas d’adoption de cette loi, les institutions judiciaires n’auraient plus aucun rôle et la justice serait confiée aux tribus.

Politique extérieure

  • La déclaration finale suite à la visite du PM turc met l’accent sur la souveraineté et l’unité territoriale de l’Irak ainsi que sur la lutte contre Daech. « Ankara a promis de retirer ses troupes de Baachiqa » a affirmé al-Abadi (Sabah, p. 1). La gestion des eaux du Tigre et de l’Euphrate a également été évoquée (Zaman, p. 1). Le PM turc a également été reçu par le président Maassoum et par Salim al-Joubouri. (Sabah, p. 2)
  • Un commentaire dans Mada (p. 2) loue la diplomatie et la politique douce adoptées par Bagdad et Ankara pour faire retomber la tension due à la présence des troupes turques sur le sol irakien sans l’accord de Bagdad. La Turquie a sûrement réexaminé sa politique vis-à-vis de l’Irak. Elle est donc revenue sur « la démonstration de force » et sur son discours hautain contre l’Irak qui mène un combat contre le terrorisme. Par ailleurs, Bagdad est également appelé à mener une action diplomatique intensive et douce pour normaliser ses relations avec les autres pays de la région.
  • Un commentaire dans Bayyna al-Jadida (p. 8) affirme qu’Ankara cherche à rétablir ses relations avec Bagdad après que le terrorisme, qu’elle a produit, a commencé à frapper sur le sol turc.
  • Le président syrien Bachar al-Assad a reçu à Damas Faleh alFayyadh, conseiller à la sécurité nationale. Ce dernier lui a remis une lettre d’al-Abadi sur la coordination entre Damas et Bagdad sur la lutte contre le terrorisme. (Sabah al-Jadid, p. 1)
  • Le PM jordanien devrait arriver demain à Bagdad. (Sabah alJadid, p. 1)
  • Le ministère des ressources hydrauliques a réfuté des rapports de la presse internationale sur les risques de rupture du barrage de Mossoul. Il a confirmé le déroulement de travaux de réhabilitation. (Sabah, p. 1)
  • A l’occasion de la journée de l’armée irakienne, l’ambassade britannique à Bagdad a présenté ses salutations et a annoncé avoir assuré la formation de vingt-cinq mille militaires irakiens. (Machrek, p. 1)
  • Le ministère de l’intérieur a célébré le 95ème anniversaire de la fondation de la police. (Sabah, p. 4)
  • Ahmed al-Assadi, porte-parole de la Mobilisation populaire, a qualifié de « mensongers » les rapports d’Amnesty International faisant état d’exactions commises par ce groupe paramilitaire contre des civils. Par ailleurs, dans un communiqué, le parti Daawa a accusé des Baathistes et des « politiques daechis » de fournir de fausses informations pour déformer l’image de la Mobilisation populaire. (Sabah, p. 5)
  • Mohsen al-Saadoun, dirigeant du PDK, a affirmé que son parti n’avait toujours présenté de candidat pour le poste de ministre des finances à la place de Hoshiyar Zebari. (Machrek, p. 1)

LA COLONISATION DANS LE VISEUR DE LA CONFÉRENCE DE PARIS – Le Monde, 5 janvier.

Sortir de l’actuel statu quo et surtout rappeler que seule une solution à deux États, l’un israélien, l’autre palestinien, vivant côte à côte dans la sécurité, peut garantir une paix durable.

Tel est l’objectif de la conférence internationale sur le Proche-Orient convoquée le 15 janvier à Paris, cinq jours seulement avant l’entrée en fonctions de Donald Trump, qui pourrait ouvrir une période lourde d’incertitudes sur le conflit israélo-palestinien. « Il est encore plus indispensable de rappeler ces fondamentaux et le consensus très large dont ils font l’objet dans la communauté internationale », explique-t-on à Paris.

Les experts d’une quinzaine d’organisations, comme le Quartet pour le Moyen-Orient (UE, Russie, ONU, États-Unis), et de pays qui président les divers groupes de travail chargés depuis juin 2016 de plancher sur la consolidation de l’État palestinien (Allemagne) ou la société civile (Suède), mais aussi saoudiens et jordaniens, se réunissent ce vendredi 6 janvier pour travailler sur le projet de déclaration, avant une version finale, qui sera élaborée le 14 janvier, avec leurs homologues de tous les pays représentés à la conférence du lendemain.

S’il n’y a aucun résultat concret à attendre de cette conférence, dont seront absents les principaux intéressés, israéliens comme palestiniens, le communiqué final aura un poids symbolique important vu le grand nombre de participants (71) à la conférence.

« Il s’agit de trouver une base commune où peuvent se retrouver aussi bien la République tchèque, traditionnellement très pro-israélienne, que l’Algérie », explique un diplomate français.

Le projet de communiqué discuté vendredi est un peu plus ferme et trois fois plus long que celui du 3 juin, lorsque s’était tenue une première édition de la conférence à Paris.

  • Il « condamne la politique de colonisation et d’expansion en Cisjordanie et à Jérusalem, la désignation de terres à l’usage exclusif des Israéliens et les blocages du développement palestinien (…), qui érodent la viabilité des deux Etats ».
  • Il condamne tout aussi fermement « tous les actes de violence contre les civils, y compris les actes terroristes, de même que les provocations et les appels à la violence (…) qui sont fondamentalement incompatibles avec la résolution pacifique du conflit ».

Ce projet de communiqué se place, ainsi, dans la droite ligne du rapport du Quartet en juillet, et de la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Adoptée le 23 décembre grâce à l’abstention de l’administration Obama, cette résolution avait suscité l’ire du gouvernement israélien. Quelques jours plus tard, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry – qui sera présent à Paris le 15 janvier –, avait souligné, dans un grand discours d’adieux, que la solution à deux États était « en grand danger ». Paris prend désormais le relais. « Nous avons réussi à instiller un sentiment d’urgence sur ce dossier, et la victoire de Trump ne peut remettre en cause ce consensus international toujours plus large sur la nécessité de préserver les conditions qui rendent possible la solution à deux États », veut croire un haut diplomate français.

BERNARD GUETTAZ A ENCORE FRAPPE – UJPF, 3 janvier.

Alors qu’Istanbul et Bagdad continuent de pleurer leurs morts, le chroniqueur Bernard Guetta, « l’expert » autoproclamé ès relations internationales de France Inter, a cru bon de nous livrer ce matin ce qu’il considère être la raison véritable des violences terroristes qui ont secoué le Moyen-Orient et l’Europe en 2016.

Les violences aveugles ciblant les civils seraient une matérialisation du conflit opposant le sunnisme au chiisme, sous-traité par « leurs champions, l’Arabie Saoudite et l’Iran ». Mais alors, pourquoi l’Europe serait-elle aussi frappée s’il s’agit d’une guerre de l’Islam « contre lui-même » ?

Élémentaire, répond Bernard Guetta du tac au tac :

« l’Europe a si longtemps dominé le Proche-Orient qu’elle y est encore vue comme responsable de tout ». Pis, elle serait une « victime collatérale de la guerre des deux islams ».

On s’étrangle face à un tel cynisme qui relève plus du négationnisme que de l’analyse géopolitique. La violence et les conflits militaires qui causent la mort ou l’exode forcé de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont réduits à une querelle de théologiens.

Guetta essentialise les racines de la violence, rejouant la petite musique néoconservatrice de la barbarie inhérente à l’islam, pour mieux dédouaner l’Occident de toute forme de responsabilité.

A peine quelques mots balbutiés sur le rôle de l’intervention militaire en Irak dans le chaos régional, mais seulement pour mieux minimiser la culpabilité de l’Occident.

Rien sur les appétits énergétiques qui motivent interventions impérialistes américaine, russe, française et turque – et nourrissent les monstres. L’UJFP condamne ce hold-up raciste, tranquille, du service public, qui plus est à une heure de grande écoute. C’est la violence politique de certains régimes et la compétition des impérialismes, pas seulement ni principalement les conflits dans l’islam, qui sont à l’origine des bouleversements du Moyen-Orient. Dire le contraire, c’est insulter la mémoire des victimes là-bas et faire le jeu des islamophobes ici.

source/ https://prochetmoyen-orient.ch/dans-la-presse/