1200 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 29 septembre 2016

2016-10-04-porte-parole-aff-etrangeres-russe-1018049162

plan de la conférence de presse

1/- Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Prak Sokhon

2/- Sur l’activité protocolaire au nom du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de coopération islamique accrédités à Moscou

3/- Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion solennelle de l’IMEMO

4/- Sur l’évolution de la situation en Syrie

5/- Sur le rapport d’une ONG italienne concernant les frappes aériennes contre des établissements médicaux en Syrie

6/- Concernant les dernières déclarations en date du porte-parole du Département d’État américain John Kirby et du porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest 

 7/- Sur l’article du quotidien Izvestia  intitulé « L’armée libyenne demande des armes à la Russie »

8/- Sur les frappes erronées de l’aviation américaine en Afghanistan

 9/- Sur la situation migratoire en UE

10/- Sur l’enquête concernant la catastrophe du Boeing malaisien

11/- Sur les nouveaux cas de profanation de sites mémoriaux soviétiques en Pologne

 12/- Sur l’inauguration d’un monument en hommage aux soldats de la 190e division d’infanterie à Mudanjiang (Chine)

  Réponses aux questions: 19 questions & réponses

1- Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Prak Sokhon

Lundi 3 et mardi 4 octobre, le Ministre cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Prak Sokhon sera en Russie pour une visite de travail. Il s’entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et participera à la réunion intersession des coprésidents de la Commission intergouvernementale russo-cambodgienne pour la coopération commerciale, économique, scientifique et technique.

Dans le cadre de ces contacts seront évoqués l’état et les perspectives de développement de la coopération bilatérale dans différents domaines avec un accent sur la mise en œuvre des accords conclus au sommet depuis deux ans. Ces différentes rencontres permettront également de comparer les approches des problèmes régionaux et internationaux d’actualité.

Je voudrais rappeler que cette année marque le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux États (13 mai 1956).

2-Sur l’activité protocolaire au nom du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de coopération islamique accrédités à Moscou

Lundi 3 octobre, les musulmans du monde entier célébreront le Nouvel an selon le calendrier lunaire. A cette occasion, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov organisera une réception traditionnelle en honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) accrédités à Moscou. A ce rendez-vous seront également invités les représentants des organismes fédéraux du gouvernement russe, ainsi que des personnalités politiques, publiques et religieuses qui contribuent au développement des relations entre la Russie et les pays musulmans.

L’OCI, qui réunit 57 États, est la plus grande structure internationale après l’Onu. La Fédération de Russie bénéficie du statut d’observateur au sein de cette Organisation.

Dans le cadre de la réception sera présentée une exposition d’œuvres de l’art islamique de la collection du Fonds russe de soutien des programmes scientifiques et culturels Marjani.

3-Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion solennelle de l’IMEMO

 

Jeudi 6 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov tiendra un discours à la réunion solennelle consacrée au 60e anniversaire de l’Institut national de l’économie mondiale et des relations internationales Primakov de Moscou (IMEMO) affilié à l’Académie des sciences de Russie.

En 60 années d’existence, l’institut a accumulé une riche expérience, a établi d’excellentes traditions et gagné la réputation d’être l’un des meilleurs centres de notre pays pour l’étude complexe des relations internationales et de l’économie mondiale. Dans ses murs sont passés et travaillent aujourd’hui des chercheurs éminents en relations internationales, dont beaucoup ont enrichi la science russe et mondiale. Evgueni Primakov était à la tête de l’IMEMO de 1985 à 1989. C’est son nom que porte aujourd’hui cette organisation.

Le Ministère russe des Affaires étrangères se réjouit de sa coopération constructive avec l’IMEMO, qui vise à assurer un soutien intellectuel et analytique efficace de la politique étrangère russe et à rechercher des solutions optimales aux nombreux problèmes de notre époque. Les résultats des recherches de l’institut sont sollicités dans le travail pratique du Ministère. Nous apprécions grandement la contribution de l’Institut à l’activité du Conseil scientifique près du  Ministre russe des Affaires étrangères. 

4-Sur l’évolution de la situation en Syrie

La situation reste tendue en Syrie. Elle est particulièrement difficile dans le nord du pays, notamment à Alep et dans les environs de cette ville importante où l’on a constaté ces derniers jours des combats entre les forces gouvernementales contre les terroristes du Front al-Nosra et les groupes affiliés à cette organisation.

Tous les jours, on enregistre à Alep des dizaines de bombardements terroristes contre des quartiers civils. Dans l’ensemble, la tactique des extrémistes reste inchangée: les attaques sont commises sous couvert d’un « bouclier humain » constitué de civils. Ils utilisent activement des tireurs d’élite qui visent non seulement les soldats syriens mais également les civils vivant sur les territoires contrôlés par les forces gouvernementales. Plusieurs fois ont été lancées des « machines d’enfer », des engins explosifs artisanaux. Les terroristes piègent les positions qu’ils quittent et les accès. Des villes des provinces d’Alep et de Lattaquié, ainsi que dans la région de Damas, ont été attaquées avec des lance-roquettes multiples artisanaux, l’artillerie et les obusiers.

Les terroristes bloquent par tous les moyens les couloirs mis en place pour l’évacuation des civils à l’Est d’Alep en bloquant leurs déplacements, en les intimidant psychologiquement et physiquement.

Selon certaines informations, les terroristes retranchés dans l’Est d’Alep ont stoppé l’approvisionnement en eau de l’Ouest de la ville contrôlé par les forces gouvernementales, ce qui pourrait aggraver considérablement la situation humanitaire dans les quartiers touchés.

Moscou a pris note de l’interview accordée au quotidien allemand Kolner Stadt-Anzeiger par l’un des chefs de guerre du Jabhat Fatah al-Sham – c’est ainsi que se sont appelés désormais les terroristes du Front al-Nosra. Le terroriste a ouvertement déclaré que ce groupe était soutenu de l’extérieur et avait besoin d’armes de plus en plus sophistiquées pour combattre en Syrie jusqu’à la victoire.

Dans ce contexte nous soulignons une nouvelle fois la nécessité d’assurer la distinction entre les troupes de l’opposition dite « modérée » et les terroristes. Nous appelons les USA et ceux qui ont de l’influence dans la région à assurer cette séparation comme prévu par les décisions du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), les documents du Conseil de sécurité des Nations unies et les accords russo-américains sur la Syrie.

5-Sur le rapport d’une ONG italienne concernant les frappes aériennes contre des établissements médicaux en Syrie

Nous voudrions également attirer l’attention sur le rapport de l’ONG italienne « Réseau contre la guerre » qui prouve l’inconsistance des accusations contre l’aviation russe et syrienne après les frappes aériennes contre des sites médicaux en Syrie. Le rapport remarque que la plupart des messages rapportant des attaques contre des hôpitaux en Syrie parviennent des régions contrôlées par les terroristes, et qu’une grande partie des sites médicaux sont des hôpitaux de campagne cachés déployés dans les immeubles résidentiels et d’autres locaux n’ayant aucun rapport avec le système de santé. Le document indique également que ces établissements médicaux ne sont pas identifiés avec les symboles universellement reconnus, ce qui ne permet pas de les identifier depuis les airs ou au sol.

Les auteurs du rapport, tout comme nous, remettent en question la méthode de recueil d’informations sur les frappes aériennes contre les sites médicaux. Il est difficile d’admettre que la principale source d’informations puisse être les terroristes qui occupent telle ou telle région en Syrie, et que leurs informations sont objectives étant donné qu’il est dans leur intérêt de discréditer le gouvernement syrien et la Russie, l’aviation russe et les citoyens russes qui aident sur le terrain les Syriens à combattre le terrorisme.

Les représentants de l’ONG indiquent que dans plusieurs cas, les structures qui recueillent de telles « statistiques » consultent les habitants locaux, puis se réfèrent à la source d’un « établissement médical de campagne ». On cite à titre d’exemple le travail de l’ONG « Médecins pour les droits de l’homme » qui cite l’interview de prétendus témoins depuis le territoire turc.

Bien sûr, les approches évoquées dans le rapport de cette ONG, malheureusement, sont déjà perçues comme une source d’information fiable sur laquelle on s’appuie pour tirer des conclusions très graves. Ces informations servent entre autres de base pour l’élaboration de documents internationaux. C’est une tendance très dangereuse.

6-Concernant les dernières déclarations en date du porte-parole du Département d’État américain John Kirby et du porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest 

Je voudrais m’arrêter tout particulièrement sur les dernières déclarations en date de Washington, prononcées dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 septembre (heure de Moscou). Nous avons commencé à les étudier tard dans la nuit. Nous espérions qu’au matin ces déclarations seraient désavouées tant elles sont inadmissibles et incompatibles avec les normes diplomatiques et les principes d’humanité de base. Malheureusement, cela ne s’est pas produit. Au contraire: ces propos déplacés ont encore été appuyés par d’autres, encore plus déplacés.

Le porte-parole du Département d’État américain John Kirby a mis en garde la Russie contre d’éventuels scénarios d’évolution de la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en cas de maintien des approches russes de la crise syrienne.

  • Il a notamment déclaré que « les groupes extrémistes allaient continuer de profiter du vide en Syrie pour élargir leurs opérations, qui impliqueront forcément des attaques contre les intérêts russes, voire même les villes Russes. La Russie continuera de rapatrier ses militaires dans des sacs en plastique, les Russes continueront de perdre des ressources, voire même d’autres avions ».

Je rappelle que tout cela sort de la bouche du porte-parole du Département d’État américain, d’un diplomate. Je ne veux pas être grossière – je comprends que nous sommes collègues – mais j’attire votre attention sur le fait que ces déclarations sont prononcées par un homme qui a passé des années de sa carrière, de sa vocation, au service de l’armée. Quand des gens se permettent de tenir de tels propos sur leurs collègues, sur des personnes proches de leur métier, sur ce ton et avec un tel cynisme, on se demande quelle sera la suite.

Je voudrais attirer votre attention sur la phrase concernant le « vide », visiblement de pouvoir, dont parlait le représentant américain. Je voudrais rappeler que Washington et ses alliés dans la région insistent sur le départ du président légitimement élu. Si les USA trouvent déjà dangereux le vide actuel, alors que penseraient-il si le président légitimement élu et le gouvernement légitime du pays quittaient ce pays? Il doit y avoir une certaine logique après tout.

De facto John Kirby accuse la Russie d’activer les extrémistes en Syrie, que la partie américaine considère comme une « opposition armée modérée ». Quand on dit que les extrémistes commenceront d’agir, y compris contre la Russie, de qui parle-t-on concrètement? De cette même opposition que Washington protège?

Je voudrais rappeler que ce sont les Américains qui se sont engagés – et l’ont confirmé publiquement – à raisonner les opposants avec lesquels, si nous comprenons bien, Washington n’a jamais cessé d’interagir directement ou indirectement.

Au fond, cette déclaration du porte-parole du Département d’État américain n’est rien d’autre qu’un appel à agir adressé aux radicaux. C’est ainsi que nous l’interprétons car ces déclarations n’ont pas été désavouées.

Un autre exemple pour illustrer notre incompréhension face aux propos de John Kirby: quand des attentats ont frappé l’Europe et les États-Unis, la Russie a exprimé immédiatement sa compassion, son soutien, et proposé son aide. Malgré tout, très souvent nous avons lu dans les médias – notamment sponsorisés par les USA – que les représentants russes officiels « n’exprimaient pas suffisamment de compassion ». Comment peut-on dire que nous n’exprimions pas suffisamment de compassion quand on entend aujourd’hui de la part de ces mêmes personnes que nos soldats « reviendront dans des sacs en plastiques »?

Imaginez-vous qu’en 2001, après les terribles attentats aux USA considérés par les autorités de ce pays comme une attaque contre leur État et non comme des attentats locaux ou commis par le terrorisme international, le porte-parole du Président russe ou du Ministère des Affaires étrangères ait tenu les mêmes propos que les représentants officiels du Département d’État américain aujourd’hui.

Imaginez-vous si quelqu’un parmi les représentants russes s’était permis de dire que si Washington ne changeait pas sa politique au Moyen-Orient ou vis-à-vis d’autres États, les attentats seraient plus nombreux. C’est inconcevable. Et pas seulement pour nous ici, à Moscou, mais c’était également impensable à l’époque à Washington. En particulier, le porte-parole de George W. Bush, Ari Fleischer, a déclaré concernant ces événements et les actions des autorités russes: « Les USA ne pouvaient pas avoir de meilleurs alliés le 11 septembre 2001 que la Russie et son Président Vladimir Poutine ». Ce sont les propos d’un porte-parole qui sait et se souvient comment l’histoire a évolué. Je comprends que les hommes politiques américains actuels aient moins de grandeur, mais pas à ce point-là!

Selon nous, les actions de Washington aujourd’hui et leur politique publique dans la sphère médiatique ne sont pas dirigées contre les relations interétatiques mais contre les relations entre deux peuples. Les Russes entendent et comprennent les déclarations faites par le Département d’État américain (il doit le savoir). Selon vous, comment les citoyens russes verront-ils les USA après les propos de John Kirby selon qui « les soldats russes rentreront dans des sacs en plastique » et qui affirme que « les attentats seront plus nombreux »? Pensez-y! Je pense que bientôt même Radio Svoboda cessera de citer les représentants américains.

Je voudrais m’arrêter sur un autre point. Nous constatons aujourd’hui du côté de Washington – par le biais du Département d’État, de la Maison blanche et surtout des structures de force – des mouvements très incohérents au bord de l’hystérie sur la Syrie, la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord dans l’ensemble. Cette réaction nerveuse est manifestement provoquée par la stratégie définitivement erronée choisie par la Maison blanche au Moyen-Orient et, évidemment, par l’incapacité de tenir ses engagements annoncés publiquement de séparer l’opposition du Front al-Nosra. Il est possible que cette stratégie erronée qui a conduit aujourd’hui les Américains dans une impasse dans la région soit le résultat du fait qu’à une étape donnée, l’Administration américaine ait suivi ses « alliés » dans la région qui la poussaient à engager certaines actions pour renverser les régimes dans plusieurs pays. Bien sûr, l’une des causes de cette situation est l’absence, à Washington, d’un bon potentiel analytique en la matière. Il n’est pas honteux de reconnaître que sa position est fausse. Par contre, il l’est de comprendre son erreur mais de continuer de la suivre en balayant sur son chemin la raison, la logique et la justice.

Ce n’était pas la seule déclaration américaine aujourd’hui. Le porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest a déclaré que « les actions russes en Syrie n’étaient pas dans l’intérêt de la sécurité nationale russe ». Je voudrais dire à Josh Earnest que la Maison blanche ne doit pas s’occuper de la sécurité nationale russe mais de la sécurité nationale américaine. Il serait merveilleux que la Maison blanche permette, par exemple, aux pays de l’UE de s’occuper de leur propre sécurité nationale. Beaucoup de choses seraient plus simples. Nous nous occuperions de notre sécurité nationale, l’UE essaierait enfin d’instaurer sa propre sécurité nationale indépendante, et il ne resterait plus à Washington qu’à se charger de sa propre sécurité nationale.

Le porte-parole adjoint du Département d’État Mark Toner s’est également fait remarquer. Il s’avère, selon lui, que la séparation entre l’opposition modérée et le Front al-Nosra doit se faire selon le principe d' »auto-identification ». C’est un nouveau terme dans le processus de paix syrien, que nous n’avions jamais entendu. Mark Toner n’a probablement pas lu les documents qui ont été mis au point et adoptés par les experts russes et américains (disponibles en russe et en anglais), qui stipulent clairement les engagements pris par les États-Unis dans le travail avec l’opposition dite « modérée ». On ne comprend absolument pas comment M. Toner se représente une séparation de l’opposition et du Front al-Nosra par les principaux intéressés. Je voudrais rappeler au Département d’État américain qu’il y a six mois, une certaine période avait été impartie pour cette séparation autonome. Dans ces délais établis par la décision du GISS il était proposé à tous les groupes d’accepter les conditions du cessez-le-feu et de prendre part au processus de paix, c’est-à-dire rejoindre le dialogue indirect avec Damas via l’Onu. Le fait est que plusieurs groupes l’ont fait, à la différence d’autres terroristes qui ont adhéré au Front al-Nosra et en font partie actuellement. Il est même étrange de devoir l’expliquer au Département d’État américain. C’est bien le problème – après six mois certains groupes n’ont pas pris leurs distances du Front al-Nosra, alors que Washington avait déclaré pouvoir le faire en une ou deux semaines.

C’est le b.a.-ba, mais il faut le rappeler, malheureusement. Je voudrais terminer cette partie désagréable de notre conférence de presse par un appel à Washington: nous vous prions de bien vouloir nous fournir toute information sur d’éventuels attentats contre une ville russe, comme en parlait hier John Kirby, sur des provocations ou des attentats visant des citoyens russes. Dans le cas contraire, nous le prendrions comme un recel d’information.

7-Sur l’article du quotidien Izvestia  intitulé « L’armée libyenne demande des armes à la Russie »

Le quotidien Izvestia a publié hier un article intitulé « L’armée libyenne demande des armes à la Russie » qui relate, selon des « sources proches du milieu diplomatique », qu’au cours d’un récent entretien au Ministère russe des Affaires étrangères avec la participation de l’Ambassadeur de Libye à Riyad Abdel al-Badri, représentant spécial du chef de l’Armée nationale libyenne Khalifa Haftar, aurait été évoquée une levée de l’embargo international sur les armes vis-à-vis de la Libye, ainsi que la fourniture d’armes et de matériel militaire à l’Armée nationale libyenne. Cette requête figurerait dans les messages de Khalifa Haftar remis par son émissaire au Président russe Vladimir Poutine et au Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Nous voudrions souligner ce qui suit par rapport à cet article.

Pendant la visite d’Abdel al-Badri à Moscou (le 24 et non le 26 septembre comme l’écrit Izvestia) ces questions n’ont pas été évoquées. Aucun message adressé aux autorités russes n’a été transmis.

Je voudrais rappeler une nouvelle fois que le Département de l’information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères travaille 7 jours sur 7 et que nous ne faisons d’exception pour personne. Nous travaillons avec tout le monde. Si vous voulez écrire quelque chose concernant le Ministère russe des Affaires étrangères, contactez-nous et nous donnerons toujours un commentaire pour éviter de telles publications absurdes.

Puisque ce thème a eu autant d’écho, je voudrais l’aborder plus en détail. Dans l’intérêt de préserver l’unité de la Libye et de restaurer l’État libyen, la Russie travaille et a l’intention de poursuivre ses efforts avec toutes les parties libyennes. Nous les disposons continuellement à un dialogue constructif pour déboucher sur des solutions mutuellement acceptables sur toutes les autres questions litigieuses, notamment la création d’institutions publiques et de structures de force nationales à part entière. Un accent a été mis sur ce sujet le 23 septembre à New York en marge de la semaine ministérielle de la 71e session de l’Assemblée générale des Nations unies lors de l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Président du conseil et Premier ministre du Gouvernement d’entente nationale de la Libye Fayez Sarraj. Nous en avons également parlé au représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu pour la Libye Martin Kobler, qui était en visite à Moscou le 9 septembre, puis à l’Ambassadeur Abdel al-Badri.

En ce qui concerne les fournitures d’armes, la Russie se tient strictement aux engagements – identiques pour tous les membres de la communauté internationale – qui découlent des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Libye. De plus, dans les contacts avec nos partenaires étrangers nous les appelons à peser minutieusement le pour et le contre en étudiant la possibilité de lever ou d’assouplir l’embargo sur les armes vis-à-vis de la Libye compte tenu de la spécificité de la situation politique dans ce pays. Nous partons du fait qu’il faut adopter une approche très prudente des questions relatives à ce genre d’aide aux Libyens, tout comme de l’organisation d’opérations militaires sur le territoire libyen, pour ne pas nuire au processus de paix qui s’y déroule sous l’égide de l’Onu.

Voilà ce que peut déclencher un simple article.

8-Sur les frappes erronées de l’aviation américaine en Afghanistan

Nous sommes de plus en plus préoccupés par la hausse du nombre de victimes civiles en Afghanistan à causes des erreurs régulières commises lors des frappes de l’aviation américaine. L’opération antiterroriste menée hier dans la province du Nangarhar a fait 13 victimes civiles.

On se rappelle également de l’incident du 19 septembre, quand dans la province afghane de l’Orozgân deux frappes aériennes de drones américains contre les unités des forces nationales de sécurité afghanes avaient fait 8 morts et plus de 20 blessés parmi les policiers afghans. Ces événements sont à mettre en parallèle avec les récentes frappes de l’aviation américaine contre l’armée syrienne officielle à Deir ez-Zor. S’ils frappent les soldats qui travaillent en tant que forces de sécurité officielles du pays concerné, on voudrait demander aux collègues de Washington pour qui ils travaillent vraiment.

De plus, ces frappes aériennes ont eu lieu en violation du plan de l’opération antiterroriste contre les talibans préalablement convenu entre le Ministère afghan de l’Intérieur et le commandement du contingent américain dans ce pays, qui ne prévoyait aucun appui aérien de la part des États-Unis. Cette frappe aérienne a fait échouer l’opération et les talibans ont réussi à s’enfuir.

En Syrie, les USA ont tué par erreur des combattants contre Daech, en Afghanistan ils ont tué ceux qui poursuivaient les talibans. Tout cela par erreur.

La réaction américaine à ces incidents est également révélatrice. Une nouvelle fois, Washington a préféré recourir aux technologies de déformation de la réalité qui ont fait leurs preuves pour tenter de faire passer les policiers tués pour des « chefs de guerre terroristes ».

De notre côté, nous condamnons fermement les frappes aériennes américaines dans les provinces de l’Orozgân et du Nangarher. Bien évidemment, les coupables devront être traduits en justice après une enquête objective. Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et souhaitons un rapide rétablissement aux blessés.

9-Sur la situation migratoire en UE

Le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) constate que le nombre de migrants clandestins arrivant de Turquie se réduit, mais il est trop tôt pour dire que l’Union européenne a réussi à surmonter entièrement ses problèmes migratoires. L’augmentation constante et systémique du nombre de demandeurs d’asile est loin d’être renversée, sachant qu’ils pénètrent en UE en contournant les itinéraires connus de Bruxelles. Rien qu’en juillet, l’UE a enregistré plus de 117 000 demandes d’asile. Au total, au cours des sept premiers mois de 2016, plus de 750 000 requêtes de protection internationale ont été déposées dans les pays de l’UE.

La réalisation des décisions sur la répartition des demandeurs d’asile en Grèce et en Italie se complique. Les pays de l’UE n’arrivent pas à traiter les demandes d’asile. Selon Eurostat, fin juillet ils étaient près de 1,1 million de réfugiés dans cette situation. Cela sans compter les différends entre les pays de l’UE concernant les mesures à engager pour redresser la situation.

Selon nous, la situation difficile en la matière a été le leitmotiv de la conférence sur la migration par la « route des Balkans » qui s’est tenue le 24 septembre à Vienne avec la participation des chefs d’État des pays européens concernés, du Président du Conseil européen et du Commissaire européen pour les affaires intérieures, la migration et la citoyenneté. Nous espérons que ce rendez-vous contribuera à une meilleure entente entre les États intéressés et, au final, à améliorer la situation migratoire. Dans le même temps nous avons noté que plusieurs militants européens des droits de l’homme critiquaient les résultats de la conférence de Vienne qui, selon eux, a fixé la priorité des mesures de restriction dans les questions migratoires et a de facto tiré un trait sur la politique d’hospitalité.

Nous espérons qu’en mettant en œuvre les mesures pour réguler les flux migratoires, les États européens respecteront rigoureusement les engagements internationaux appropriés en matière de droit des migrants et des réfugiés. Il est important d’éviter la montée de l’intolérance, de la xénophobie et de la tension sociale dans les cas qui sont régulièrement publiés dans la presse de différents pays de l’UE.

Nous pensons que la principale tâche consiste aujourd’hui à éradiquer les causes premières des problèmes migratoires actuels, notamment à parvenir au règlement pacifique des conflits en Syrie et en Libye. La Russie prône l’intensification et la coordination des efforts de la communauté internationale pour trouver des solutions politiques aux conflits qui perdurent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et pour combattre le terrorisme international, avant tout Daech.

Nous supposons que les partenaires de l’UE pourraient également apporter une contribution positive aux efforts en la matière.

10-Sur l’enquête concernant la catastrophe du Boeing malaisien

La Russie est profondément déçue par le bas niveau de qualité de l’enquête pénale autour de la catastrophe du Boeing malaisien sur le territoire ukrainien en 2014 et sa politisation – ce qui est apparu très clairement après les discours d’hier des représentants de l’Équipe commune d’enquête (JIT).

Ces derniers ont exprimé hier des positions complètement infondées et dénuées de preuves concernant de prétendus franchissements de la frontière russe par le matériel militaire ayant abattu le Boeing. On a entendu beaucoup de mots forts, vu des images marquantes et constaté des références aux photos et aux vidéos sur internet, aux images satellites des USA qui n’ont toujours pas été rendues publiques, aux renseignements ukrainiens absolument abstraits (pour parler de l’adéquation de la participation de l’Ukraine à l’enquête). Une attention particulière a été accordée aux enregistrements incompréhensibles de conversations téléphoniques prétendument interceptées entre des rebelles du Donbass, présentés avec emphase par les représentants du JIT comme des preuves irréfutables de l’implication de la République populaire de Donestk (DNR) dans ce crime.

Des spécialistes russes compétents ont procédé à une analyse professionnelle d’un enregistrement diffusé à l’époque sur YouTube. Il a été clairement établi qu’il s’agissait d’un montage, un faux à 100%. L’enregistrement était découpé en fragments, auxquels on avait ajouté des commentaires d’autres sources, ce qui rendait impossible la détermination du lieu et de l’heure des conversations mentionnées. C’est pourquoi il est impossible de confirmer leur véracité. On ignore comment il est possible de tirer des conclusions sans ces données initiales cruciales.

Malgré nos attentes, nous n’avons toujours entendu aucun argument concret basé sur des faits. De nouveau nous avons constaté un flux de déclarations scandaleuses selon lesquelles « nous avons toutes les preuves mais nous ne vous les montrerons pas, vous pouvez trouver toutes les informations sur internet ». C’est presque une tradition, malheureusement.

Nous ne perdons pas espoir et appelons de nouveau nos collègues à se tourner vers les faits, à travailler avec des informations véridiques et à les argumenter. La Russie réitère sa disposition à apporter son aide en ce sens.

11-Sur les nouveaux cas de profanation de sites mémoriaux soviétiques en Pologne

La « bacchanale » continue autour des sites mémoriaux soviétiques liés à la Seconde Guerre mondiale en Pologne.

Pour la deuxième fois en deux mois a été profané un monument au cimentière des guerriers de l’Armée rouge à Makow Mazowiecki dans la voïvodie de Mazovie au centre-est de la Pologne. Les vandales ont défiguré un monument en hommage aux soldats soviétiques tombés près de Sobótka, localité située à l’ouest du pays dans la voïvodie de Basse-Silésie. Ce site avait été récemment restauré par l’association polonaise Koursk.

On a l’impression que les autorités polonaises ne peuvent plus contrôler ce qui se passe sur leur territoire. Il faut comprendre que tout ce qui se passe aujourd’hui l’est en grande partie à l’initiative des autorités – la guerre contre les monuments et les lieux de mémoire « idéologiquement gênants ». Nous considérons l’absence de réaction à nos exigences légitimes de cesser la vague de vandalisme comme une preuve de l’intention des autorités polonaises de mener l’affaire de manière centralisée vers la détérioration des relations bilatérales.

Nous exigeons de restaurer les deux monuments, de trouver et de sanctionner les responsables ainsi que de prendre des mesures exhaustives pour empêcher que de tels incidents se reproduisent.

Nous partageons avec la Pologne une histoire complexe. Il y a eu beaucoup de bien et de mal. Nous avons reconnu ce qui était mal et avons pensé pouvoir aller de l’avant.

12-Sur l’inauguration d’un monument en hommage aux soldats de la 190e division d’infanterie à Mudanjiang (Chine)

 

Le 22 septembre s’est tenue la cérémonie solennelle d’inauguration d’un monument en hommage aux guerriers soviétiques de la 190e division d’infanterie dans la ville-district de Mudanjiang en Chine. Il s’agissait d’un événement solennel et d’un point culminant de la « Faction de la mémoire (Chine 2015) » – un projet russo-chinois conjoint pour préserver la mémoire des soldats soviétiques tombés sur les champs de bataille en Chine.

La Faction de la mémoire a permis de rappeler les noms des guerriers soviétiques tombés dans les batailles en Extrême-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale: le sergent T. Melekhine, les soldats M. Petrenko et M. Smagoul, le caporal G. Solomenko, le sergent I. Gritsaenko, les soldats N. Slatenev et N. Faleev, le capitaine M. Soukhikh. Les ossements découverts ont été enterrés avec les honneurs militaires comme ils le méritaient.

Nous prononçons spécialement les noms des héros pour que personne n’oublie – ni aujourd’hui ni demain – le prix payé pour l’avenir libre de la Russie et de la Chine. Un monument a été érigé à la mémoire des héros, et une fosse commune a été aménagée.

Nous voudrions noter que ces derniers temps, nos partenaires chinois accordent beaucoup d’attention à la sauvegarde et à l’entretien des monuments mémoriaux soviétiques sans lésiner sur les moyens et les ressources matérielles. Nous voulons les remercier tout particulièrement pour cela.

Réponses aux questions:

Question: Que vont devenir les accords russo-américains sur la Syrie? Quand reprendront les consultations russo-américaines à Genève? Évoque-t-on une éventuelle rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays?

Réponse: Encore?

Question: Bien sûr, pour remédier à la tension actuelle.

Réponse: Pas besoin d’une réunion entre les ministres des Affaires étrangères pour apaiser la tension actuelle – il ne faut pas créer cette tension en premier lieu. Je vais vous dire un secret: chaque jour, tard le soir, je lis sur internet les commentaires en attendant avec effroi de nouvelles attaques hystériques de nos collègues américains. Évidemment, le Pentagone et la Maison blanche sont le « premier violon », suivis de tous les autres. Aujourd’hui, le Département d’État commence à atteindre leur niveau par sa « force de réflexion » et sa grossièreté.

On peut se rencontrer autant qu’on veut, gaspiller des forces, de l’énergie, du potentiel intellectuel pour élaborer des accords, puis se séparer, allumer la télévision et entendre des propos odieux selon lesquels des soldats russes risquaient de rentrer dans des « sacs en plastique ».

Je ne sais pas, c’est peut-être dans la tradition américaine. J’ai pourtant travaillé aux USA où chaque mois (peut-être toutes les deux ou trois semaines) le New York Times publiait les photos de soldats américains tués pendant la campagne anti-irakienne. C’était une campagne illégitime, une campagne-mensonge. Ces jeunes hommes de toutes les nationalités, de toutes les couleurs de peau entre 25 et 27 ans avaient été envoyés à cause du mensonge de leur propre État. Beaucoup partaient en tant que contractuels, certains avec le sentiment qu’ils défendaient la liberté, d’autres leur pays contre l’arme de destruction massive. Mais même si cette campagne était bâtie sur le mensonge, le gouvernement américain traitait avec dignité les soldats tombés. Ils savent donc qu’il faut traiter avec dignité les soldats tombés sur le champ de bataille, ils connaissent de telles notions. Comment peut-on dire après cela que les soldats russes risquent de rentrer dans des sacs en plastique? Ce n’est plus de la tension dans les relations bilatérales, c’est une absence d’humanité. Ce sont deux notions différentes.

Pourquoi je dis que ces choses sont terribles non seulement pour les relations interétatiques mais surtout pour les relations interhumaines? Parce qu’il est inadmissible de réaliser qu’on pense cela de nous. Je ne peux pas imaginer que quelqu’un puisse le prendre normalement. C’est impossible. Beaucoup de choses partent, certaines choses changent. Mais malheureusement de telles déclarations sont des cicatrices dans les cœurs humains.

Quant aux contacts et à leur reprise à Genève: nous ne les avons pas interrompus, nous n’avons pas claqué la porte, nous n’avons pas dit que nous ne coopérerions pas. Je ne peux pas dire que des réunions se déroulent constamment mais des informations sont tout de même échangées, certains contacts ne sont pas bloqués.

En ce qui concerne le sort des accords russo-américains, nous partons du fait qu’ils doivent suivre la route tracée par le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) et le Conseil de sécurité des Nations unies. Ce thème est effectivement important et prioritaire pour nous. La Russie, mais aussi toute la communauté internationale, a fourni beaucoup d’efforts. Nous sommes prêts. Nous avons beaucoup travaillé. Pour être objectif, le processus qui a commencé il y a un an a été initié par la Russie. Nous avons pris pour base le modèle russe où tous les pays intéressés, tous les acteurs ayant de l’influence sur telle ou telle partie se sont assis à la table des négociations et ont reporté la condition préalable du départ de Bachar al-Assad (nous savons que certains ne pourront pas se défaire de cette idée) pour chercher des solutions au conflit. On commence à y arriver. Deux pistes ont été lancées début 2016 – les négociations politiques, le dialogue indirect entre l’opposition et Damas, et la coopération antiterroriste qui offrait l’opportunité d’aboutir aux opérations conjointes des coprésidents du GISS – Moscou et Washington. Un accord a même été élaboré dont vous pouvez aujourd’hui prendre connaissance. Et tout à coup la coalition internationale de l’armée syrienne est bombardée, tous les mouvements pour séparer l’opposition du Front al-Nosra sont bloqués et nous entendons des déclarations venimeuses en provenance de Washington.

Question: La Bulgarie a changé son candidat au poste de Secrétaire général de l’Onu: qu’en pensez-vous?

Réponse: Ce changement n’a rien à voir avec nous. C’est une décision des autorités bulgares. On espère qu’elle est souveraine. Mais adressez-vous aux autorités bulgares pour le savoir et en connaître les motivations.

Dès l’apparition de fuites et d’insinuations concernant l’implication de la Russie dans le changement de candidat de la Bulgarie, nous avons très clairement et immédiatement affiché notre position: nous ne participons pas aux jeux de couloir et hors couloir. Cela doit être clair. Je vous demande de profiter de l’occasion pour expliquer à la population bulgare que la Russie n’a rien à voir avec cette décision. Même si la volonté de nous impliquer, au moins médiatiquement, et de faire de nous des boucs émissaires était très grande. Je le répète: nous n’avons rien à voir là-dedans.

Question: Quel sera le vote de la Russie?

Réponse: C’est une question très intéressante. Le temps le dira. Comme vous le savez le travail est en cours, la direction du Ministère des Affaires étrangères rencontre les candidats. Nous avons exprimé notre préférence pour une personnalité d’Europe de l’Est. Tous les contacts avec les candidats sont ouverts, après lesquels nous publions un communiqué. C’est une pratique internationale. Quand les candidats à un poste aussi important demandent un entretien, on ne leur refuse pas. Puis nous en parlons publiquement. Le vote est un processus.

Question: Doit-il s’agir d’une femme d’Europe de l’Est?

Réponse: Notre position est très claire: il doit s’agir d’un professionnel. C’est le plus important. Le professionnalisme est la base de tout travail complexe à responsabilités.

Question: Que peut dire le Ministère des Affaires étrangères de la démarche de l’Ambassade de Russie à Bucarest? Je ne parle pas seulement de la campagne pour l’achat de la sculpture Sagesse de la terre, mais également du film diffusé sur les réseaux sociaux. Le ministère roumain des Affaires étrangères a déjà convoqué l’Ambassadeur de Russie pour exprimer sa confusion concernant la diffusion de cette vidéo.

Réponse: Notre Ambassade commente ces informations. Je n’ai rien à ajouter à ce commentaire. Notre position a été très clairement expliquée par le représentant russe en Roumanie.

Question: L’équipe de tournage de la chaîne de télévision de Saint-Pétersbourg « Life’78 » n’a pas pu entrer en Estonie. Elle se rendait à Tallinn à l’invitation de la mairie de la ville et tous les documents nécessaires avaient été approuvés à l’avance. Les journalistes russes, voyageant en car, devaient couvrir le programme culturel des « Journées de Saint-Pétersbourg en Estonie ». À la frontière, les employés des chaînes de télévision ont été forcés de descendre, tandis que les autres journalistes ont pu passer librement et ont poursuivi leur route vers Tallinn. Les employés de la chaîne « Life’78 » ont été retenus à la frontière pendant deux heures, puis on leur a rendu leurs passeports. Ils viennent d’écrire que leurs visas ont été annulés. On leur a refusé l’entrée sur le territoire estonien et maintenant ils rentrent chez eux. Pourquoi cette approche sélective? Dans quel but? Tous les papiers étaient en ordre et l’Estonie a même affecté un accompagnateur qui était avec les journalistes à la frontière, mais cela n’a pas aidé.

Réponse: Ce n’est pas à moi que cette question doit être posée, mais à ceux qui ont effectué cette sélection. Nous avons également reçu des informations selon lesquelles des mesures de restriction d’accès aux journalistes avaient été appliquées non seulement à la compagnie de télévision « Life », mais aussi à la chaîne « NTV ». Bien sûr, nous allons nous pencher sur cette question et, si nécessaire, accorder notre assistance aux journalistes. Je voudrais vous donner un aperçu plus large de cette question car maintenant, nous avons quelque chose à dire.

Vous ne le savez pas mais en mai dernier, le ministère russe des Affaires étrangères a envoyé au Bureau de représentation de l’UE à Moscou une note officielle demandant de fournir des informations concernant les règles d’accréditation et de séjour des correspondants étrangers sur le territoire de l’UE. Nous avions été poussés à le faire parce que presque tous les mois, parfois même plus souvent, certaines compagnies de télévision russes et des équipes de journalistes subissaient de telles interdictions. Suite à une invitation ou à la publication de communiqués de presse concernant un événement, les journalistes, munis des visas nécessaires, se dirigeaient vers les pays de l’UE où ils étaient arrêtés, directement à la frontière ou une fois entrés sur le territoire du pays, avant d’être renvoyés en Russie pour des raisons non spécifiées ou selon des motifs fallacieux. Par exemple, on invoquait une documentation irrégulière ou la non-conformité des documents et des visas.

Il s’agit de l’espace commun de Schengen. En franchissant sa frontière, le journaliste se retrouve sur le territoire de la zone Schengen. Dans les limites de cette zone, le journaliste peut se déplacer librement d’un État à l’autre. Comment les journalistes doivent-ils comprendre quels documents et quel système d’accréditation sont nécessaires pour qu’ils puissent entrer et se déplacer dans l’espace Schengen européen? Un grand nombre de médias russes nous ont demandé d’influer sur cette situation, de l’examiner et, surtout, d’obtenir des informations fiables sur les exigences de l’Union européenne auxquelles les journalistes russes doivent se conformer. À mon avis, cette demande est tout à fait claire. La suite de l’histoire s’est avérée assez curieuse. Nous voulions transmettre les informations obtenues aux journalistes et les rendre publiques pour mettre fin à toutes les questions et soupçons sur les motifs prétendument politiques du refus d’entrée aux pays de l’UE à l’encontre des médias russes.

D’abord, le Bureau de représentation de l’UE à Moscou a déclaré que la note du ministère russe des Affaires étrangères s’était perdue.

Question: Comment cela, perdue?

Réponse: Juste comme cela, perdue. Nous étions aussi très surpris. Ensuite, plus de deux mois plus tard, nous avons tout de même reçu une réponse. On nous disait que les règles d’accréditation et de séjour des journalistes étrangers étaient différentes dans chaque pays. On nous a dit que le Bureau de représentation de l’UE à Moscou informerait les États membres de l’Union européenne de notre demande, et que ces informations seraient fournies.

Tout cela se passait dans le contexte de la critique adressée à la Fédération de Russie par des structures telles que l’OSCE, qui consistait à dire que nous entravions nous-mêmes l’entrée des journalistes étrangers sur notre territoire. La chose la plus intéressante est qu’on nous reprochait que le système russe d’accréditation, de délivrance de visas aux journalistes et de leur accompagnement dans l’obtention de visas était mauvais, qu’il n’était pas conforme aux normes, n’était pas transparent, etc. Je vais vous dire: ce système fonctionne depuis des décennies, il a été mis en place au début des années 1990 et n’a jamais changé depuis. Plus important encore: les règles d’accréditation sont disponibles sous forme électronique sur le site du ministère russe des Affaires étrangères. Chaque journaliste qui veut venir en Fédération de Russie pour une période longue ou courte peut en prendre connaissance et les lire (ce n’est pas une simple consigne, cela fait partie de la législation russe) pour préparer dûment tous les documents nécessaires. Malheureusement, même si toute cette histoire de la correspondance avec le Bureau de représentation de l’UE à Moscou a commencé en mai dernier, à ce jour nous n’avons toujours reçu aucune précision à ce sujet.

À vrai dire, après l’épisode d’aujourd’hui, la question se pose de savoir s’il n’est pas grand temps d’unifier la législation de l’UE concernant les activités des journalistes pour que les règles soient plus ou moins cohérentes, pour que les modalités d’accréditation, d’entrée et de sortie des journalistes (c’est une question quand même importante pour une union qui a réglementé l’importation de chewing-gum, de bonbons et de poulet) soient élaborées sur la base de normes communes et claires pour tout le monde. En outre, il faudrait les rendre transparentes. Nous serions très reconnaissants si de telles informations étaient affichées sur le site du Bureau de représentation de l’UE à Moscou – soit les exigences unifiées concernant l’entrée des journalistes russes sur le territoire de l’UE, soit les exigences spécifiques de chaque pays européen. Nous pourrions alors comprendre si c’est la faute des journalistes russes qui ne se conforment pas à la législation européenne dans ce domaine, ou bien s’il s’agit d’une commande politique de refuser l’entrée sur le territoire de l’UE à un certain nombre de médias. Nous pourrions alors identifier quels pays ont des préjugés contre les journalistes russes, si l’on peut parler de la partialité de la bureaucratie européenne en général et comment la bureaucratie européenne pourrait influer sur tel ou tel pays pour remédier à cette approche biaisée. Ces règles du jeu doivent être claires car en l’absence de normes précises, et surtout publiées, il devient très compliqué de mener des activités journalistiques sur le territoire des pays de l’UE.

Question: Les pays occidentaux, États-Unis en tête, accusent Damas de faire usage d’armes chimiques. Ils essaient de forcer le Conseil de sécurité des Nations Unies à adopter des sanctions pour punir ce pays. Récemment, nous avons appris que des terroristes se préparaient à utiliser des armes chimiques à Alep. Existe-t-il une coopération mutuelle entre la Russie et les pays occidentaux sur l’utilisation et la prévention de l’usage d’armes chimiques?

Réponse: Nous avons abordé ce sujet dans le cadre de nos contacts bilatéraux avec nos collègues occidentaux et évoqué des cas connus d’utilisation d’armes chimiques par des terroristes et des rebelles.

En ce qui concerne la coopération, nous estimons qu’elle doit s’établir sur la base des mécanismes appropriés du système des Nations Unies. Il existe des organismes spécialisés qui devraient non seulement discuter de ce genre de problématique, mais aussi délivrer des solutions concrètes. Nous avons fait tout notre possible pour assurer le suivi de ce dossier par le Conseil de sécurité de l’Onu. Malheureusement, nos collègues occidentaux ne partagent pas totalement nos préoccupations. Vous avez absolument raison: Damas seul est ciblé par ces attaques, dont beaucoup, d’ailleurs, n’ont aucun fondement. Les pays occidentaux refusent d’admettre que les armes chimiques sont depuis longtemps utilisées par les rebelles non seulement sur le territoire syrien – elles continuent de se propager en gagnant toujours plus de terrain. Nos collègues occidentaux sont très sensibles au respect des intérêts de beaucoup d’entre ceux qu’ils qualifient de « modérés ».

Question: Récemment, dans l’un de ses derniers discours, le président arménien Serge Sargsian a dit que la participation de l’Arménie à des opérations humanitaires en Syrie était en cours d’examen. Dans quelle mesure peut-on s’attendre à ce que l’opération humanitaire internationale en Syrie soit poursuivie?

Réponse: Cette question a été abordée dans nos discussions avec les représentants de l’Onu. Elle relève plutôt de la compétence de l’Onu que celle de la Fédération de Russie et dépend, bien évidemment, de la coopération de l’Onu avec des pays spécifiques concernant leur contribution possible à la cause commune.

Question: Quelle sera la réponse de la Russie après la publication des résultats de l’enquête sur le crash du Boeing malaisien en Ukraine? Que va faire la Russie si elle-même ou les forces pro-russes sont reconnues coupables de cette catastrophe?

Réponse: Voilà qui est intéressant! Même votre façon de formuler cette question suggère que l’opinion publique est déjà bien fixée. Elle en train de se construire. Votre question est une preuve directe du fait que pendant les deux dernières années, cet énorme potentiel a été déployé non pas pour trouver des faits et accumuler des données, mais pour façonner l’opinion publique. Malgré l’absence de décision et de matériel visuel quelconque, vous demandez ce qu’on va faire lorsqu’on nous reconnaîtra coupables. Vous rendez-vous compte de la situation? C’est incroyable! On est en 2016!

Un énorme travail a déjà été mené par tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, pouvaient fournir des informations du côté russe sur ce qui s’était passé. Seule l’entreprise Almaz-Anteï a fait presque l’impossible en menant des expériences, élabore des calculs, étudié des matériaux, des enregistrements. Nous allons continuer de présenter des données factuelles et travailler avec les informations fournies par l’Équipe commune d’enquête pour examiner des données probantes, en essayant de trouver ce qui pourrait être vraiment utilisé comme preuve et non pas comme un simple élément de propagande.

Question: Actuellement on parle de l’éventuel renforcement du régime de sanctions contre la Corée du Nord, notamment l’interdiction totale du commerce et des sanctions contre les entreprises entretenant des relations commerciales avec ce pays. Quelle est la position de la Russie à ce sujet? Est-ce que Moscou est prête à soutenir le renforcement du régime de sanctions?

Réponse: Toutes les questions liées à l’introduction de sanctions supplémentaires contre la Corée du Nord ne relèvent pas des compétences nationales mais du Conseil de sécurité de l’Onu. Des discussions préliminaires sont en cours au sein du Conseil. Nous avons condamné les actions de Pyongyang en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu; nous avons souligné que ces actions nécessitaient, sans aucun doute, une réponse internationale. Nous sommes disposés à une interaction constructive au sein du Conseil de sécurité de l’Onu. Dans le même temps, nous avons noté que les mesures et l’action du Conseil de sécurité de l’Onu en général devraient viser à résoudre le problème – il ne s’agit pas simplement de démarches favorables aux intérêts d’un groupe de pays et défavorables à un autre. Voilà pourquoi les décisions élaborées au sein du Conseil de sécurité de l’Onu doivent être proportionnées et répondre à l’objectif visé. Voilà de quoi nous partons. Je ne peux pas entrer plus dans les détails de nos contacts concernant l’élaboration de solutions sur ce sujet.

Question: Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a indiqué qu’une visite du président russe Vladimir Poutine en Turquie pourrait avoir lieu dès octobre. Quel travail préparatoire est effectué par le ministère des Affaires étrangères dans le cadre de cette visite?

Réponse: Nous ne donnons pas de commentaires sur les préparatifs, la possibilité de visites ou les dates des contacts du Président de la Russie. C’est l’Administration du président et son service de presse qui s’en occupent. Nous ne répondons qu’aux questions directement liées aux activités du ministère des Affaires étrangères.

Bien sûr, le rétablissement des relations est en cours, on organise des contacts avec le ministère turc des Affaires étrangères, des contacts entre les ambassades dans les deux pays. Je me limiterai à ce bref commentaire.

Question: Malheureusement, on entend de plus en plus souvent des déclarations inappropriées en provenance des plus hautes tribunes, notamment de l’Onu. La semaine dernière, la représentante permanente des États-Unis à l’Onu Samantha Power a déclaré que ce que la Russie faisait et soutenait n’était pas une lutte contre les terroristes mais de la barbarie. Est-ce que de telles déclarations sont les maillons d’une même chaîne ou bien certains essaient simplement de se faire un nom?

Réponse: Bien sûr, ce sont les maillons de la même chaîne, qui s’expliquent par les mêmes causes. Le manquement des USA à leur obligation de faire la distinction entre le Front al-Nosra et l’opposition freine le processus dans l’ensemble. Il fallait donc pour eux se mettre à l’abri et déplacer l’attention vers la recherche d’un coupable. Le deuxième point est la course électorale aux États-Unis qui prend de l’ampleur, d’autant qu’elle entre dans sa phase finale. Pendant de nombreuses années et à plusieurs reprises, nous avons signalé que, malheureusement, les débats présidentiels américains impliquaient inévitablement le monde entier. Des tensions sont créées intentionnellement (il est vraiment difficile d’imaginer une autre hypothèse) pour que les candidats puissent s’appuyer sur un certain agenda créé volontairement. Il s’agit d’une campagne d’information globale et ces déclarations en font partie. J’en ai déjà évoqué les causes.

Tout cela est triste non pas parce que ces déclarations sont rudes et ne correspondent pas à la réalité mais parce que nous sommes en train de perdre notre temps, que les efforts de la communauté internationale visant depuis une année à trouver des points communs risquent maintenant d’être compromis. En principe, même si les positions n’ont pas été rapprochées, on a réussi à reléguer notre antagonisme au second plan et à lancer un processus très important. Maintenant, tout cela risque d’être détruit.

Question: Les USA envisagent de renforcer encore leurs sanctions contre la Russie, cette fois à cause de la Syrie. Est-ce un moyen de pression? S’il s’agit de la Syrie, qu’est-ce que cela a à voir avec la Russie?

Réponse: Pourquoi impose-t-on des sanctions contre la Russie en rapport avec la Syrie et qu’est-ce que la Russie a à voir avec cela? Il n’y a pas vraiment d’explication. Ces propos visent ceux qui ne sont pas spécialistes, qui ne suivent pas vraiment la situation. La Russie est présentée comme un mal. Elle est sur le point d’être reconnue coupable de ce qui s’est passé avec le Boeing malaisien en Ukraine. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas être coupable en Syrie aussi? Ceux qui suivent la situation comprennent que c’est totalement absurde parce que nos actions visaient à parvenir à un règlement syrien. Par contre, l’approche russe est différente de celle de plusieurs pays occidentaux et puissances régionales qui veulent éliminer Bachar el-Assad puis réfléchir à comment tout recoller. Peut-être se sentent-ils à l’aise en suivant cette logique mais pas nous, pour une raison très simple: elle n’a jamais abouti nulle part dans la région par le passé. Nous n’avons jamais vu cette approche donner les résultats escomptés et permettre aux gens de vivre mieux. Aujourd’hui, tout le monde essaie de recoller les morceaux de la Libye et de comprendre quoi faire au Yémen. Beaucoup d’autres pays ont été à un doigt de la catastrophe. Je ne parle même pas de l’Irak – plaie béante depuis plus d’une décennie où, malheureusement, la situation ne fait qu’empirer. Je ne vais pas vous parler de ce qui se passe à la frontière avec la Turquie. Des attaques terroristes sont organisées à travers toute l’Europe… Nous avons une approche différente. Nous avons dit que si la Syrie avait des problèmes internes qui avaient dépassé les frontières étatiques et étaient devenus internationaux, que nous étions prêts à les résoudre dans le respect du régime constitutionnel, de la primauté du droit, du gouvernement légitime; que nous étions prêts à accorder notre assistance pour promouvoir les réformes politiques, le processus politique, ainsi qu’à participer à la lutte commune contre le terrorisme. Voilà en quoi consistait notre approche.

Le problème aujourd’hui est que certains, n’ayant pas atteint leurs objectifs, n’ayant pas réussi à forcer la Russie à monter à bord de leur « bateau » et se rendant bien compte que ce « bateau » était en train de couler, ont lancé une campagne d’information qui s’inscrit bien dans la logique américaine de campagne globale visant à isoler Moscou sur la scène internationale. On comprend bien que l’Administration américaine actuelle n’a pas renoncé à ces projets. Chaque occasion est saisie pour combler cette image avec de nouvelles sanctions.

Question: Pendant votre visite aux États-Unis, vous avez écrit que vous vous déplaciez à pied. Pourquoi? À mon avis, c’est la première fois dans l’histoire de l’Onu que des hauts fonctionnaires – les ministres et d’autres membres de la délégation – agissent ainsi. Est-ce une négligence de la part des organisateurs? Et en général, quel temps fait-il aux USA à votre avis?

Réponse: Comme vous le voyez, il fait chaud. À en juger par les déclarations, il y a probablement un certain dérèglement climatique.

Effectivement, le trafic dans la ville a été bloqué. Cela se fait chaque fois pendant la session de l’Assemblée générale de l’Onu: on bloque Manhattan. Mais grâce à une organisation efficace de la circulation, beaucoup de délégations peuvent se déplacer facilement. Il faut dire que le contrôle du trafic est organisé de manière impeccable. Mais il y a une exception à la règle: le cortège du président américain. Cela vaut la peine de regarder les vidéos mis en ligne par les gens qui ont filmé le cortège. C’est vraiment fabuleux. Je n’ai jamais cru qu’on pouvait se déplacer dans son propre pays avec tant de gardes et avec une telle pompe. Bien évidemment, le trafic est bloqué pour longtemps. Alors pourquoi attendre dans un embouteillage si l’on peut atteindre l’Onu à pied? C’est ce qui a été fait.

Question: Aujourd’hui, les médias polonais ont publié le texte du discours du ministre polonais de la Défense Antoni Macierewicz prononcé à Washington. Il dit beaucoup de choses, entre autres que Moscou soutient les terroristes islamistes pour déstabiliser l’Occident. Le ministre fait aussi valoir qu’aujourd’hui, beaucoup de preuves indiquent que la version russe du crash de l’avion présidentiel polonais à Smolensk est fausse. En outre, il invite à réfléchir sur le fait que le crash de Smolensk serait un élément d’un processus plus long – depuis la guerre en Géorgie jusqu’à l’intervention en Ukraine.

Réponse: Malgré ma formation de journaliste et de spécialiste en relations internationales, je n’arrive quand même pas à commenter ce genre de sujets. À vrai dire, mon attention a été surtout attirée par la déclaration du ministre polonais Antoni Macierewicz selon laquelle Moscou soutenait les terroristes. Tout le reste, nous l’avons déjà entendu. Franchement, c’est déjà un cas « clinique ». Qu’est-ce qu’il veut dire exactement en disant que Moscou soutient les terroristes?

Question: Il a dit que la Russie soutenait et créait un terrorisme islamiste radical.

Réponse: Où donc? Dans quelle région du monde? Après de telles déclarations, il devient inutile d’écouter tout le reste. Il est impossible de s’imaginer de quoi il pourrait s’agir. Où la Russie a-t-elle jamais soutenu les terroristes islamistes? Je ne sais même pas quoi dire, parce que je ne peux pas m’imaginer de quel soutien du terrorisme international par la Russie il pourrait s’agir. Je peux seulement me désoler que de telles personnes occupent des postes si élevés dans un aussi beau pays que la Pologne. 

Question: Dans votre interview au site « Russie-Grèce 2016 » vous avez dit que la coopération entre la Russie et la Turquie sur le dossier syrien pouvait être constructive: le dialogue est rétabli, il y a des échanges de points de vue, d’informations et, le cas échéant, d’éventuelles interactions. Pourriez-vous préciser de quelle interaction il s’agit?

Réponse: J’en ai parlé, et pas seulement dans cette interview. En effet, les mécanismes existants entre Moscou et Ankara reprennent progressivement leur travail, de nouvelles possibilités de dialogue apparaissent. La discussion des questions relatives à la crise syrienne et la lutte contre le terrorisme passe maintenant de l’étape des accusations publiques à une phase normale visant à résoudre de manière constructive aux questions complexes sur lesquelles nous ne partageons pas toujours la même vision. De manière constructive: cela veut dire trouver des arguments, des solutions, des compromis, tout en prenant en compte que la Turquie, tout comme la Russie, a ses propres intérêts nationaux. De manière constructive: cela veut dire s’écouter et viser à résoudre les problèmes.

http://www.mid.ru/fr/press_service/spokesman/briefings/-/asset_publisher/D2wHaWMCU6Od/content/id/2479008