1201 – Les pistes de Macron pour répondre au « malaise démocratique »

1- Macron veut refonder la représentativité, y compris européenne

2- Les pistes de Macron pour répondre au « malaise démocratique »

3-Macron appelle à une refondation de l’Europe


1- Macron veut refonder la représentativité, y compris européenne


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Introduire plus de proportionnelle, quitte à favoriser le FN, et élire des eurodéputés issus d’une liste européenne sur le contingent des élus britanniques : les premières propositions du non-candidat Macron visent à changer la classe politique.

Lors du premier meeting de diagnostic promis sur la société française, Emmanuel Macron s’est attaché à présenter les premiers éléments d’analyse et des pistes de réformes. En évoquant les questions européennes, un sujet plutôt rare dans le débat politique français.

Souvent iconoclaste, au risque d’être taxé de populiste comme récemment par le premier ministre Manuel Valls, l’ex-ministre de l’Économie s’est notamment concentré sur le sujet de la représentation politique, qu’il juge obsolète.

« Nous avons deux chambres : aucune ne représente fidèlement la société » a-t-il indiqué, estimant qu’il fallait « introduire une dose de proportionnalité, pour permettre une meilleure représentation de toutes les familles politiques » a-t-il affirmé le 4 octobre à Strasbourg.

L’idée, qui servirait aussi sa formation récente En Marche, est souvent soutenue par les plus petits partis, ou les plus jeunes.

« J’ai conscience de la responsabilité que nous prenons. Nous allons faire entrer le FN dans la représentation du pays »,  a-t-il précisé, tout en estimant que la méthode qui consistait à tenir en marge de la représentation le parti n’avait pas répondu au problème.

« Nous avons considéré qu’il fallait mieux casser le thermomètre pour ne pas le voir » s’est-il indigné, tout en rappelant que l’introduction de la proportionnelle servirait aussi les intérêts de la gauche radicale, des Verts, des centristes.

Des eurodéputés britanniques remplacés par les élus d’une liste européenne

Emmanuel Macron veut aussi s’attaquer à la représentation européenne, jugée bien lointaine des citoyens, notamment parce que le scrutin européen est le plus souvent nationalisé, plutôt que de se jouer à l’échelle européenne, sur des enjeux européens. Pour ce faire, En Marche souscrit à une idée émise par Daniel Cohn-Bendit : celle d’utiliser le contingent de parlementaires britanniques pour en faire des parlementaires élus sur un scrutin de liste paneuropéen.

Une étape essentielle, selon Macron, pour « faire vivre cette démocratie européenne, lui donner une assise et une vitalité ».

Mais il ne s’agirait que d’une étape. Macron rêve en effet d’envoyer ses « marcheurs », ceux qui viennent de sonder 300.000 Français en porte-à-porte depuis 3 mois, dans toute l’Europe. Selon lui, la refondation de l’Europe ne doit pas se décider dans un «  énième conclave secret qui devra décider du futur de l’Europe. Ou alors nous laissons la vitalité démocratique aux extrêmes » assure-t-il. En Marche propose d’organiser des conventions démocratiques dans tous les pays d’Europe, pour établir les principes d’une vision partagée de l’Europe.

« On ne demandera pas aux gens leur avis sur une Europe qu’ils ne veulent plus, mais on engagera les citoyens dans cette aventure » assure l’homme politique, qui s’est déjà prononcé en faveur d’un referendum global réalisé au niveau européen, alors que de nombreux candidats souhaitent un referendum sur l’Europe dont l’issue risque d’être dangereuse.

>>Retrouvez l’infographie : Le référendum sur l’UE, nouvelle marotte de l’élection présidentielle ci-dessous

« Notre Europe doit être refondée, c’est une question d’adhésion démocratique » a-t-il insisté, un thème récurrent dans son propos. « C’est une question d’hygiène de la vie politique, il faut mieux consulter, expliquer, et ensuite évaluer les décisions et les lois adoptées »

L’ex-ministre s’est aussi livré à une attaque en règle de Sarkozy, sans le nommer, en s’indignant qu’un candidat puisse se présenter à la mandature suprême avec un casier judiciaire ou des mises en cause dans des procédures judiciaires, alors que le moindre fonctionnaire ne doit pas en avoir.


2- Les pistes de Macron pour répondre au « malaise démocratique »

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Dose de proportionnelle, compte-rendu de mandat annuel du président, dévolution au secteur privé ou associatif de « la gestion de certains grands risques ». Emmanuel Macron, qui a présenté un premier diagnostic à Strasbourg, a également proposé mardi d’ambitieuses réformes institutionnelles pour réconcilier les Français avec la politique, sans dire à ce stade s’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2017.

Pas de catalogue de propositions -l’ex-ministre a martelé tout au long de la journée qu’il voulait d’abord présenter son « diagnostic » sur l’état de la France – mais des « idées », des « pistes », sur lesquelles l’ancien ministre de l’Économie et son mouvement, En marche!, vont « élaborer dans les prochaines semaines »

La réunion, qui a commencé peu après 19h avec l’intervention d’une dizaine de « marcheurs » -étudiant, chef d’entreprise, professeurs-, se conclut par un discours d’Emmanuel Macron.

Plus tôt dans la journée, le fondateur d’En marche! a expliqué à la presse avoir identifié trois « problèmes » de fond: manque « d’adhésion » à la démocratie, faute de représentativité des élus et d’association des citoyens, trop faible « responsabilité » des élus et du gouvernement devant les citoyens, manque d« efficacité » des politiques publiques.

Davantage de proportionnelle

Premier axe: la démocratie est « rejetée », c’est le sujet de la « représentation et de l’association des citoyens à la vie politique ».

Pour répondre aux doutes sur la représentativité des élus, Emmanuel Macron propose l’introduction d’une dose de proportionnelle, car « on ne règle pas les extrêmes, la difficulté démocratique que pose par exemple la présence du Front national dans la représentation de notre pays, en l’excluant. Au contraire, on les renforce ». 

Emmanuel Macron, qui ne s’est jamais présenté à une élection, souhaite ensuite réfléchir à aller « au-delà de ce qui a été fait au cours de ce mandat » concernant la limitation des mandats. Lors de son discours, l’ancien ministre a assuré qu’il fallait « aller plus loin sur le non-cumul des mandats dans le temps ». Une manière de déprofessionaliser la politique. « Faire en sorte que les partis se rénovent, c’est aussi notre devoir », estime l’ancien ministre.

Responsabilisation des élus

Deuxième sujet, celui de la « responsabilité » des élus devant les citoyens. Pour l’ancien ministre, c’est avant tout un problème de « pratique » politique, et non de norme, même s’il ne « ferme pas le débat » quant à d’éventuels changements constitutionnels.

L’essentiel, c’est la « clarté de l’engagement initial », avec un engagement sur « dix ou douze » orientation phares. « Plus personne ne pense qu’on engage sa responsabilité sur quatre livres, 200 propositions ou 1 000 pages », a raillé Emmanuel Macron en fustigeant également le système des primaires, qui conduit les candidats à empiler des propositions « contradictoires ».

Il souhaite que sur cette base « un compte rendu (soit) fait par le président de la République à une commission de citoyens sur la mise en oeuvre de ses engagements », « la commission étant aidée par la Cour des comptes ».

L’ancien conseiller de François Hollande envisage également d« aller plus loin sur l’exercice des commissions d’enquête et des commissions parlementaires », et de soumettre les futurs ministres à un grand oral devant le parlement, avant leur nomination. Il souhaite en outre que « l’on s’intéresse à la situation pénale et au casier judiciaire des ministres » car « il n’est pas normal qu’ils n’aient pas les mêmes contraintes que certains fonctionnaires ».

Efficacité

Troisième axe, « celui de l’efficacité ». Emmanuel Macron veut marcher sur les traces de Michel Rocard, en promouvant « un vrai principe d’autonomie et de déconcentration », et en confortant la « décentralisation »

Il veut enfin « ouvrir une voie de dévolution en direction de la société civile ». « Sur des actions clés de notre société », « par exemple sur la gestion de certains grands risques », « il y a des choses qu’on peut remettre au secteur privé, à des associations », a-t-il souligné.

Candidat ? 

Le meeting de Strasbourg est le premier d’une série de trois réunions thématiques au cours desquels il présentera son diagnostic de la France et ses propositions, basés sur le porte-à-porte mené durant tout l’été auprès des Français par les militants de son mouvement « En marche ! ».

Après Strasbourg, sur le thème de l’engagement, il abordera « la vie quotidienne » (travail, logement, insécurité, transport) au Mans puis « la vie ensemble » à Montpellier (intégration, laïcité, etc.).

Emmanuel Macron n’a pas précisé quand il dirait ou non s’il est candidat à l’élection présidentielle.

http://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/emmanuel-macron-esquisse-les-contours-de-sa-vie-republique-4535390

3-Macron appelle à une refondation de l’Europe


Emmanuel Macron a appelé samedi à Lyon à une profonde refondation de l’Union européenne, en conclusion d’un « sommet des réformistes européens » largement interprété comme une nouvelle étape vers sa candidature à la présidentielle.

« Est-ce que l’Europe va bien ? Non, elle est en train de se désagréger sous nos yeux face au défi migratoire, au défi climatique, aux défis économiques multiples », a lancé M. Macron, à l’issue de deux jours de débats tenus dans le nouveau « Musée des Confluences ».

Plusieurs personnalités initialement annoncées n’ont finalement pas fait le déplacement de Lyon, mais l’ancien ministre de l’Économie a affirmé qu’il fallait « raison garder et ramener tout le monde au calme sur ce sujet ».

Dernier intervenant du colloque, M. Macron a souligné que « l’Europe fait face à un risque qui est un risque de régression, de retour en arrière – sur les plans identitaire, économique »…
Lutter contre « le cynisme, la langueur, l’irresponsabilité »

« Nous ne sommes pas satisfaits de cette Europe », conduite par des dirigeants à la mentalité « vieille », a-t-il affirmé, tout en affichant sa foi européenne.

Il a appelé à lutter contre « le cynisme, la langueur, l’irresponsabilité » qui sont aujourd’hui les ennemis des porteurs du projet européen. Il a vivement incité ses amis réformistes à « se réapproprier les thèmes laissés aux ennemis de l’Europe: identité, souveraineté et démocratie ».

Menacée par la tentation du repli sur soi, « l’Europe ne retrouvera pas spontanément le cours de son histoire », a-t-il mis en garde.

Il faut, selon lui, « retrouver les règles de la souveraineté européenne », pour retrouver le projet initial d’une Europe « puissante et qui protège ».
Pour des consultations en ligne

L’ancien ministre a qualifié de « démagogiques » les projets de référendum sur l’Europe défendus par Marine Le Pen et d’autres dirigeants populistes.

Il a proposé de son côté de saisir l’année qui vient pour engager une réflexion sur l’Europe dans l’ensemble des 27 pays membres, via des consultations en ligne.

Ces réflexions devraient déboucher sur une feuille de route brève « pas une somme technique de 200 pages »
– qui fixerait les grandes orientations européennes pour les cinq à dix ans. Et ce document, lui, pourrait être soumis à référendum. « L’Europe serait ainsi relégitimée ».
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Emmanuel Macron

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