4962 – Crise stratégique … l’influence de l’Institut Schiller grandit dans le monde – 1 juin 2022

La rédaction

La rédaction – mercredi 1er juin 2022 – Chronique stratégique du 1er juin 2022

Depuis que l’Institut Schiller a publié, à la veille de la guerre en Ukraine, un appel en faveur d’une nouvelle architecture de sécurité et de développement pour toutes les nations », son influence grandit dans le monde entier, notamment à travers la diffusion de vidéos dans lesquelles plusieurs experts militaires ou du renseignement dénoncent la fuite en avant des États-Unis vers la guerre nucléaire.

A la veille de la guerre en Ukraine, l’Institut Schiller a publié un appel, diffusé en plusieurs langues, demandant la convocation urgente d’« une conférence internationale pour établir une nouvelle architecture de sécurité et de développement pour toutes les nations ». Le seul moyen de stopper l’escalade, insistait l’appel, est « d’établir un paradigme entièrement nouveau qui assurera la sécurité et le développement économique de chaque nation de la planète » — un nouveau paradigme qui doit s’inspirer du traité de Westphalie de 1648 qui mit fin à 150 ans de guerres de religion en Europe.

Après trois de guerre dominées par la propagande massive des médias occidentaux et la machine ukrainienne de « relations publiques » — destinée à façonner l’image d’un conflit entre les braves Ukrainiens et les barbares Russes – l’influence des idées et des analyses de l’Institut Schiller est plus grande que jamais.

A lire : La propagande ukrainienne, une opération de « relations publiques » made in London & Washington ?.

La vidéo de l’Institut Schiller publiée le 26 avril dans laquelle le colonel américain Richard Black (ret) dénonce le fait que la stratégie actuelle des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie mène tout droit vers une guerre nucléaire, a atteint 650 000 vues au moment où nous écrivons ces lignes. Le séminaire dano-suédois de l’Institut du 25 mai, contre l’expansion de l’OTAN, a été vu par plus de 4500 personnes, et celui du 26 mai, qui a réuni plusieurs experts en sécurité sur le thème du danger de guerre nucléaire, a été vu par 7500 personnes. En quelques semaines, le nombre d’abonnés à la chaîne YouTube de l’Institut Schiller a quasiment doublé, atteignant aujourd’hui plus de 33 000 personnes.

https://i.ytimg.com/vi/AxjF9nkRxuo/maxresdefault.jpg  le colonel américain Richard Black


L’interview de Black a suscité de nombreux commentaires enthousiastes parmi les citoyens brésiliens, heureux de découvrir un officier militaire américain s’exprimant si franchement à propos de son propre pays : « Un vrai héros, un patriote digne ! J’aimerais qu’il y ait plus de gens comme cet homme aux États-Unis » ; « Le courage de ce militaire est impressionnant » ; « Caractère et honneur avant tout ! »  ; « C’est la meilleure interview que j’ai entendue depuis le début de cette guerre. Nous devrions la partager avec tous ceux que nous connaissons » ; etc. L’entrevue de Black a notamment été relayée par le site forte.jor.br, un site brésilien officieusement lié à l’armée brésilienne.

L’interview de Black a également beaucoup d’impact en Grèce, où sept sites Internet d’information l’ont fait circuler, dont les sites kifisiapress.info et Defencenet.gr, ce dernier étant un site très populaire rendant compte des questions militaires et de sécurité avec une position pro-russe.

Richard Black est de nouveau intervenu en tant qu’orateur lors du séminaire du 26 mai ; samedi, le site allemand NachDenkSeiten a publié la vidéo de son discours avec la mention suivante :

Discours de l’ancien chef de la division de l’application de la loi de l’armée américaine au Pentagone et ancien sénateur de l’État de Virginie, le colonel à la retraite Richard H. Black, sur le ‘coup d’État révolutionnaire’ de 2014 en Ukraine, qui, selon lui, a été mené par le MI6 et la CIA. A propos de la situation actuelle, Black a déclaré que cela rappelait le ‘moment de 1914’ qui a jeté les bases de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale.

https://solidariteetprogres.fr/IMG/jpg/binney-mcgovern-2.jpg

Parmi les orateurs du 26 mai se trouvaient également l’ancien analyste de la CIA Ray McGovern ; celui-ci a publié la vidéo du séminaire sur son propre site Web ainsi que sur le site Antiwar.com. McGovern, en tant que co-fondateur des Veteran Intelligence Professionnals for Sanity (VIPS, Anciens professionnels du renseignement, en défense de la santé mentale), est très suivi aux États-Unis, et le site Antiwar.com est devenu un point de référence pour les nombreux Américains de tous bords qui s’opposent aux guerres et à l’interventionnisme américains.

Kiev contre-attaque

En une semaine, le Centre de lutte contre la désinformation (CCD) du Conseil de sécurité nationale et de défense du président Zelenskyy, qui est lié à l’OTAN, a publié à quatre reprises un bulletin sur son compte Telegram exhortant les gens à ne pas écouter les analyses de l’Institut Schiller sur le conflit russo-ukrainien, qualifiant l’Institut de « promoteur des récits russes ». Le dernier en date, publié le dimanche 29 mai, répond directement à la conférence de l’Institut Schiller du 26 mai en attaquant nommément presque tous les experts qui ont pris la parole.

Cette inquiétude de Kiev semble refléter les craintes des va-t-en-guerres du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’OTAN plus généralement, sur le fait que le soutien à leur stratégie jusqu’au-boutiste se fissure de plus en plus, au fur et à mesure que la résistance se lève dans divers lieux institutionnels en Occident, notamment dans les milieux militaires.

Comme les trois attaques précédentes, la dernière plainte du CCD a été publiée sur divers sites ukrainiens, tel que le site anglophone de la Pravda.com.ua, à la différence que celle-ci a été reprise sur le site YahooNews.

Intitulé « Le Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine identifie les promoteurs des récits russes en Occident », l’article de Pravda.com.ua dénonce le fait que « cette semaine, la Russie a promu, par l’intermédiaire d’experts occidentaux loyaux, le récit de sa victoire imminente et la nécessité pour l’Ukraine de faire des concessions ». Hormis l’Institut Schiller, l’article s’en prend au Centre Français de recherche sur le renseignement (Cf2R), dont le directeur Eric Denécé était l’un des orateurs de la conférence du 26 mai, accusé d’avoir publié un rapport d’analyse promouvant partiellement la propagande du Kremlin.

Évoquant les interventions de Richard Black et du général italien Leonardo Tricarico lors de cette conférence de l’Institut Schiller, l’article conclu : « Le Centre de lutte contre la désinformation souligne que toutes ces déclarations sont une tentative de la Russie d’imposer son point de vue au monde ».

Il n’est pas sûr néanmoins que cette rengaine de la « propagande russe » et de ses « promoteurs » en Occident fonctionne encore longtemps, comme en témoigne le fait que le journal Le Monde lui-même a récemment été obligé de reconnaître les crimes de guerres perpétrés par les éléments néo-nazis de l’armée ukrainienne…

A lire : Anne-Laure Bonnel : crimes de guerre ukrainiens dans le Donbass.

Alors, si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous encourageons à signer l’appel de l’Institut Schiller, et à suivre la prochaine conférence, qui se déroulera les 18 et 19 juin prochains.

Voici la retranscription des discours de la visio-conférence de l’Institut Schiller du 26 mai réunissant des experts militaires et du renseignement, intitulée La folie des politiques menace de nous entraîner dans une guerre nucléaire.

Source : Institut Schiller.

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