RussEurope en Exil – 31.mai.2022 // par Jacques Sapir
Analyse du bulletin n°54 de l’IPE-ASR
La question de l’évolution de l’économie russe à la suite du choc de la guerre et des sanctions est aujourd’hui une question centrale pour l’évolution de la situation géostratégique autour de l’Ukraine.
L’Institut des Prévisions Économiques de l’Académie des Sciences de Russie (IPE-ASR) vient de publier ses données au 25 mai, qui correspondent à ce qu’ils appellent le « scénario inertiel » dans le bulletin n°54[1]. Elles offrent une vision intéressante, sur la base du modèle QUMMIR que nos collègues utilisent régulièrement pour leurs évaluations de la situation économique.
Le contexte
Il est clair que le développement de l’économie russe cette année a été divisé, et sera, en deux parties : avant et après le début la guerre en Ukraine. Les sanctions qui ont été imposées à la Russie par les pays de l’OTAN et leurs alliés, qui sont désormais qualifiés de « pays hostiles à la Russie » a imposé un changement radical dans les interactions de la Russie avec le monde extérieur. Cela pose la question de « l’isolement » de la Russie et de ses effets. On sait que de nombreux pays ont refusé de prendre des sanctions économiques contre la Russie, qu’il s’agisse de la Chine, de l’Inde, ou de pays plus petits comme la Malaisie (gros producteur de micro-processeurs) ou le Vietnam.
On sait aussi que la position de la Russie comme fournisseur de matières premières pour l’économie mondiale, des matières premières qui vont des hydrocarbures aux céréales en passant par les métaux rares et certains gaz utilisés pour la fabrication de composants électroniques, est centrale pour l’économie mondiale. Par ailleurs, le fait que l’Arabie Saoudite ne ce soit pas pliée aux demandes américaines d’un fort accroissement de la production[2] soulève la question de la capacité des États-Unis et des pays de l’OTAN à « isoler » un autre pays.
La solidarité entre producteurs de pétrole, l’OPEP et le groupe OPEP+ qui inclut la Russie semble désormais plus importante que la traditionnelle allégeance de l’Arabie Saoudite aux Etats-Unis. De fait, il est clair que le pétrole russe continue de se vendre sur la marché mondial[3]. Cela était prévisible, comme je l’avais écrit dans le numéro d’avril 2022 du magazine World Oil[4].
Dans ces conditions, l’impact économique des sanctions et plus généralement des perturbations sur le commerce mondial qu’elles entraîneront sera nécessairement important. On comprend aussi que cet impact ne portera pas que sur la Russie mais aura aussi des conséquences importantes sur les pays européens et globalement sur de très nombreux pays. C’est d’ailleurs un point sur lequel on peut critiquer le travail remarquable réalisé par nos collègues russes. En n’établissant pas des prévisions sur le reste du monde (ne serait-ce que par groupes de pays), ils se privent d’un instrument d’analyse de potentiels effets « de second tour » sur l’économie russe.
Car, c’est l’impact sur l’économie russe qui est naturellement l’objet des prévisions de l’IPE-ASR. Cet impact va nécessiter des changements dans la politique économique intérieure, changements sur lesquels noc collègues se sont déjà exprimés au début du mois de mai dans le magazine russe EKSPERT[5]. Ils reviennent sur cette situation au début du bulletin n°54 :
« Il faut admettre que nous vivons un choc externe qui n’a pas d’analogues dans le monde moderne et l’histoire russe. En conséquence, la réponse à ce qui se passe devrait provenir de la mise en œuvre d’un ensemble de mesures qui pourraient, dans la plus grande part, atténuer la sévérité des restrictions qui ont surgi pour l’économie russe. Il est important non seulement de stimuler la demande et d’atténuer la crise, mais de véritablement reconstruire l’économie – d’augmenter les investissements pour soutenir la substitution des importations et d’accroître la transformation des matières premières au sein de l’économie. [6]»
Les économies des grands pays, comme la Russie, ont effectivement une grande inertie. Comme le remarquent nos collègues de l’IPE-ASR Cela signifie que même sous l’influence de chocs exogènes ou endogènes graves, le ralentissement de l’activité économique ne se produit pas instantanément, à moins, bien sûr, qu’il s’agisse d’un arrêt « administratif » de l’économie, comme ce fut le cas lors de la pandémie lors des confinements. Il convient d’en tenir compte pour appréhender les prévisions faites par l’IPE-ASR.
Les prévisions à court et moyen terme
Les résultats économiques du premier trimestre 2022 se sont donc avérés assez favorables pour l’économie russe sur la base de la dynamique qui se développait depuis le 2e semestre 2021. La première estimation de la croissance du PIB, qui fut faite par Rosstat, indiquait une croissance de 3,5% par rapport à la même période l’an dernier. L’analyse des données disponibles montre qu’il s’agit probablement d’une prévision pessimiste.
Elle se situe, suivant les collègues de l’IPE-ASR, à la limite inférieure des estimations possibles de la dynamique économique à la fin de l’année dernière et au début de cette année. Cependant, même si on utilise cette estimation, cela implique que pour que l’économie russe décline de 10 % en 2022 comme l’annoncent les experts occidentaux (qui avancent même des chiffres extravagants comme 12%) il faudrait une baisse de 15 % en glissement annuel du PIB au cours du deuxième trimestre et aucune croissance au troisième et quatrième trimestre.
Les auteurs de l’estimation signalent alors qu’il convient de noter à ce sujet que selon la dynamique des indicateurs indirects de l’activité économique tels qu’ils étaient observables en avril et mai 2022, une baisse de 15% du PIB est également peu probable d’être enregistrée. Par ailleurs, il est important de se souvenir que ces estimations sont faites sous l’hypothèse qu’il n’y aurait pas de réaction du gouvernement russe face à la détérioration de la situation.
Tableau 1.1 : Chiffres en glissement annuel consolidés et prévisions de l’IPE-ASR (hypothèse inertielle)
2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | |
PIB | 2,2 | -2,7 | 4,7 | -7,4 | 0,8 | 1,8 | 1,7 |
Consommation des ménages | 3,8 | -7,4 | 9,5 | -10,3 | -1,8 | 3,3 | 2 |
Conso Administrations | 2,3 | 1,8 | 1,6 | 0,9 | 0,4 | 0,1 | 0,1 |
Investissements | 1 | -4,6 | 6,8 | -14,3 | 4,8 | 1,5 | 1,2 |
Exportations | 0,7 | -4,1 | 3,5 | -20 | 2,9 | 3,6 | 3,7 |
Importations | 3,1 | -11,9 | 16,9 | -33,2 | 5,8 | 6,1 | 5,2 |
Tableau 1.2 : Chiffres sur base 100 en 2018
2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | |
PIB | 100 | 102 | 99 | 104 | 96 | 97 | 99 | 101 |
Consommation des ménages | 100 | 104 | 96 | 105 | 94 | 93 | 96 | 98 |
Conso Administrations | 100 | 102 | 104 | 106 | 107 | 107 | 107 | 107 |
Investissements | 100 | 101 | 96 | 103 | 88 | 92 | 94 | 95 |
Exportations | 100 | 101 | 97 | 100 | 80 | 82 | 85 | 88 |
Importations | 100 | 103 | 91 | 106 | 71 | 75 | 80 | 84 |
Résultats consolidés
Estimations réalisées par Rosstat
Prévisions à court-terme de l’IPE-ASR, sans action du gouvernement
Prévisions à moyen-terme de l’IPE-ASR, sans action du gouvernement
On constate que, même si le gouvernement russe ne faisait rien face à la situation créée par les sanctions, la chute du PIB de la Russie en 2022 ne serait pas de -12% à -10% comme annoncé en occident mais de -7,4%. Par contre, la croissance estimée pour les années 2023-2025 serait faible. Cela fait écrire aux collègues de l’IPE-ASR dans le bulletin n°54 :
« Cependant, dans une large mesure, la limitation de la récession de l’économie russe cette année sera déterminée par le volume du paquet de mesures anticrises et la rapidité de sa mise en œuvre au bénéfice de la population et des entreprises.
La principale caractéristique de la situation actuelle est que les importations auront le plus grand impact sur l’ampleur du déclin de l’activité économique à court terme. À plus long terme, la réduction de la dépendance à l’égard des importations essentielles sera importante pour la stabilité de l’économie russe, mais d’ici un an ou deux, la garantie de l’approvisionnement en importations déterminera à la fois les paramètres de production, principalement dans l’ingénierie, les produits pharmaceutiques et la production chimique, ainsi que la consommation intérieure et la demande d’investissement »[7].
La question principale est donc l’ampleur et la rapidité de la réaction du gouvernement russe.
On voit dans le tableau 1 que le choc des sanctions sera majoritairement absorbé par la consommation des ménages mais aussi par l’investissement. Cela a des conséquences importantes pour la croissance ultérieure, mais pourrait aussi avoir des conséquences non négligeables sur l’acceptabilité de la guerre et de la situation qui en découle par la population.
Tableau 2 : Indicateurs macro-économiques en prix courants, trillions de roubles
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
|
PIB |
110 |
107 |
131 |
136 |
148 |
158 |
167 |
Profits nets |
49 |
47 |
63 |
63 |
66 |
70 |
72 |
Salaires et revenus |
48 |
50 |
54 |
61 |
69 |
74 |
80 |
Impôts nets – production / importations |
12 |
11 |
14 |
13 |
13 |
13 |
14 |
Fonds national de richesse |
8 |
13 |
13 |
13 |
13 |
16 |
19 |
PIB en PPA (trillions de dollars) |
4 |
3,9 |
4,7 |
4,4 |
4,5 |
4,6 |
4,7 |
PIB en PPA/habitant (milliers de dollars) |
28 |
27 |
32 |
31 |
31 |
32 |
33 |
PIB en PPA/habitant (% du niveau US) |
40 |
39 |
42 |
36 |
34 |
34 |
33 |
On constate aussi que dans l’hypothèse d’une inaction du gouvernement russe le PIB par habitant calculé en PPA ne reviendrait à son niveau de 2021 qu’en 2025, et que l’économie russe régresserait par rapport à l’économie américaine. C’est là, justement, que l’absence de prévisions sur l’impact international des sanctions (on sait déjà que l’économie de l’UE sera lourdement affectée), constitue une limite au travail dont le bulletin n°54 rend compte.
Changements dans la répartition des revenus
Un point important est ici à remarquer. Si l’économie suit ce que les collègues appellent le « scénario inertiel »le partage du PIB se déformera progressivement au profit des revenus des ménages. Mais, ce qui apparaît comme une « bonne » évolution est immédiatement à rapporter au fait qu’en volumes constants la consommation des ménages seraient en 2025 toujours inférieure de 8,7% à son niveau de 2021.
Tableau 3 : Partage de la valeur ajoutée (PIB) dans le scénario inertiel
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
|
PIB (trillions de roubles aux prix courants) |
109,6 |
107,4 |
131,0 |
136,3 |
148,0 |
157,6 |
166,9 |
Part des salaires et revenus |
44,2% |
46,3% |
41,3% |
44,5% |
46,6% |
47,1% |
48,1% |
Part des profits |
44,8% |
43,9% |
48,2% |
45,9% |
44,7% |
44,5% |
43,4% |
Calculs réalisés par l’auteur sur la base des résultats du bulletin n°54
Cela conduit alors les collègues de l’IPE-ASR à formuler la remarque suivante :
« L’incapacité à satisfaire une partie de la demande intérieure par les importations conduira en 2022 à une situation où la baisse de la demande finale des entreprises et de la population sera plus probable que la baisse de leurs revenus »[8].
Un autre problème cependant se profile à l’horizon : celui causé par le renforcement du rouble. En effet, le renforcement du taux de change du rouble par rapport au dollar ou à l’Euro a naturellement un effet positif sur la maîtrise des prix intérieurs tels qu’ils sont formés sur la base des exportations (et ces dernières sont en majorité constituées par des matières premières). Mais, si le renforcement du taux de change a certainement contribué à maîtriser l’inflation de mars à mai, il peut aussi entraîner des conséquences négatives sur l’économie. Cela conduit alors les auteurs du bulletin n°54 à faire les remarques suivantes :
« Dans les conditions actuelles, les fluctuations des prix relatifs sont le facteur le plus important affectant la situation financière et économique d’une partie importante des entreprises orientées vers le marché intérieur.
Néanmoins, il y a un problème qui consiste dans le fait qu’un renforcement aussi rapide du taux de change, à un degré ou à un autre, affecte négativement les recettes du système budgétaire et les coûts des exportateurs. De plus, il ne faut pas oublier, bien que peu pertinent aujourd’hui, le facteur de compétitivité-prix de la production domestique »[9].
Par ailleurs, et de manière paradoxale, contraction des importations a créé des problèmes non seulement pour la demande intérieure, mais aussi pour la balance des paiements. Une forte augmentation de l’excédent commercial, avec des restrictions qui sont aujourd’hui en vigueur sur l’utilisation des monnaies de réserve comme le Dollar ou l’Euro, crée des déséquilibres supplémentaires dans l’état actuel de l’économie.
Il y a un problème constitué par une offre excédentaire de devises étrangères sur le marché intérieur, ce qui conduit à un renforcement du rouble. Apparemment, il sera possible d’assurer l’équilibre de tous les facteurs grâce à une levée progressive des restrictions sur les transactions en devises pour la population et les entreprises, ce que la Banque Centrale de Russie est d’ailleurs en train de faire. D’après les estimations des collègues de l’IPE-ASR la valeur d’équilibre du taux de change se situerait désormais entre 60 et 65 roubles/dollar.
L’adaptation de l’économie russe
La question des approvisionnements et des importations critiques constitue bien évidemment le point clef pour l’adaptation de l’économie russe à la situation créée par le régime des sanctions.
Il est clair qu’assurer les importations critiques au développement de l’économie nécessite un travail important pour construire des chaînes d’approvisionnement qui soient protégées des effets des sanctions, que l’on considère les sanctions actuelles ou d’hypothétiques sanctions futures. Pour cela, il faut rechercher de nouveaux fournisseurs de produits mais aussi concevoir de nouveaux mécanismes de paiement protégés contres ces éventuels sanctions.
Ceci constituait d’ailleurs un des thèmes du mémorandum que les responsables de l’IPE-ASR avaient publié au début du mois de mai dans le magazine EKSPERT[10]. Bien entendu, ces changements prendront du temps. Mais, étant donné que les entreprises et l’État se sont activement engagés dans ce travail depuis le début du mois de mars, il est hautement probable que les premiers résultats seront déjà perceptibles au début de l’été (Juillet), c’est-à-dire au moment où il y aura très vraisemblablement une réduction notable des stocks chez les fabricants et dans le commerce.
L’une des directions de la transformation économique qu’impose le régime des sanctions est donc la formation de nouvelles exigences pour le secteur des ressources naturelles. Les restrictions imposées par des pays de l’OTAN et leurs alliés au secteur russe des matières premières réduisent naturellement la demande pour ses produits. Ces restrictions peuvent cependant être largement tournées par le développement des exportations vers de nouveaux clients, en particulier en Asie. Mais, cela aura nécessairement un coût. Bien entendu, avec la hausse actuelle des prix des hydrocarbures, ce coût, représenté par le discount offert par les producteurs russes à leurs nouveaux clients, sera limité.
On peut ici parler d’un « coût d’opportunité » (soit d’une perte par rapport à un gain potentiel) plus que d’un coût au sens réel du terme. Il est donc clair que, dans les 18 mois à trois ans à venir, la Russie va profondément modifier la direction de ses exportations et privilégier largement l’Asie. Mais, une partie de la demande pourra être aussi redirigée vers le marché intérieur. Dans cette logique, le secteur des matières premières pourrait agir comme un outil de subvention de l’économie russe, assurant sa compétitivité dans un large éventail d’activités. Cependant, une telle stratégie nécessiterait certainement des changements de politique économique, et y compris des principes de taxation dans le secteur des matières premières.
Les auteurs du bulletin n°54 font alors remarquer :« …en général, la population mondiale continue d’augmenter, la demande d’énergie est en croissance. Par conséquent, il faut partir du fait que l’économie mondiale ne se passera pas des hydrocarbures russes et d’autres matières premières »[11].
Conclusion
Une première conclusion se détache à la lecture du bulletin n°54 de l’IPE-ASR. Dans le scénario qualifié d’inertiel, caractérisé par une inaction du gouvernement russe face à la nouvelle situation créée par les sanctions, le choc sur l’économie russe, tout en étant largement inférieur aux estimations occidentales, sera quand même conséquent. En particulier, l’impact sur la croissance des trois prochaines années sera important.
Une seconde conclusion alors s’impose : il est donc clair que l’activité de l’État sera déterminante pour façonner la dynamique économique dans les années à venir. Le soutien à la demande de consommation et d’investissement pendant la période de restructuration qui vise à adapter l’économie russe au nouvel environnement international déterminera la vitesse de réduction de la dépendance à l’égard des importations essentielles, et donc la transition de l’économie vers la phase de développement durable.
L’aide au revenu est certainement le mécanisme qui a l’effet positif le plus puissant sur l’économie à court terme. Dès lors, les actions d’indexation des charges sociales et des salaires dans le secteur public, ainsi que les mesures de soutien à l’emploi, revêtent une importance primordiale. On sait que la Présidence a annoncé des mesures d’ici au début du mois de juillet. Les collègues de l’IPE-ASR ajoutent : « Selon nos estimations, le gouvernement a les moyens de constituer un paquet de mesures anti-crise en 2022 à hauteur de 4-5% du PIB. Les ressources pour lui seront les soldes des comptes du Trésor, l’excédent budgétaire accumulé au début de l’année en cours, et le fond de la richesse nationale »[12].
Ces mesures, si elles étaient rapidement mises en œuvre, auraient un effet expansionniste sensible dès le second semestre. Dans ces conditions, il est possible si l’on en juge par l’expérience des actions gouvernementales en Russie et ailleurs, et si l’on fait des hypothèses raisonnables quant au multiplicateur d’investissements de l’économie russe, que la chute du PIB pour l’année 2022, qui est actuellement prévue autour de -7,4% soit réduite de 2% à 4%, ce qui donnerait donc une chute de -5,4% à -3,4%.
Au cours des années ultérieures, selon les auteurs du bulletin n°54, il est tout à fait concevable de constituer un budget structurellement déficitaire, qui serait couvert par des emprunts intérieurs, à la condition que le taux d’inflation tombe à 4-7%. Compte tenu du faible niveau actuel de la dette intérieure, cette source peut financer une part importante de la restructuration économique. Les collègues de l’IPE-ASR concluent ainsi :
« Malgré la complexité de la situation actuelle, l’économie russe dispose d’un potentiel de croissance, basé principalement sur la taille du marché intérieur et les facteurs de croissance existants. La présence de ce potentiel permet de fixer la tâche de parvenir à une dynamique économique positive dès 2023 et de surmonter les principales conséquences négatives de la crise actuelle dans la période allant jusqu’en 2025-2026 »[13].
NOTES
[1] IPE-ASR, Квартальный прогноз экономики. Выпуск №54, https://ecfor.ru/publication/kvartalnyj-prognoz-ekonomiki-vypusk-54/
[2] https://worldoil.com/news/2022/5/24/saudi-arabia-says-it-s-done-all-it-can-for-the-oil-market/
[3] https://worldoil.com/news/2022/5/23/russia-s-seaborne-crude-oil-exports-keep-coming/
[4] https://worldoil.com/magazine/2022/april-2022/columns/oil-and-gas-in-the-capitals-casualties-of-war/
[6] Traduction personnelle.
[7] Traduction personnelle.
[8] Traduction personnelle
[9] Traduction personnelle
[11] Traduction personnelle.
[12] Traduction personnelle
[13] Traduction personnelle
https://www.les-crises.fr/russie-quelle-trajectoire-pour-l-economie-russe-jacques-sapir/