4585 – Sergueï Lavrov, suite à la semaine de haut niveau de la 76e session de l’Assemblée générale de l’Onu, New York, 25 septembre 2021 & 5 entretiens avec ses homologues de Singapour, Serbie, ONU, Libye, Mali.

  1. Conférence de presse de Sergueï Lavrov – Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie – suite à la semaine de haut niveau de la 76e session de l’Assemblée générale de l’Onu – New York – 25 septembre 2021 – 03H42 le 26.09.2021
  2. Sur l’entretien de Sergueï Lavrov – Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Vivian Balakrishnan – Ministre des Affaires étrangères de la République de Singapour du 25.09.2021 – 21H08
  3. Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Nikola Selakovic – Ministre des Affaires étrangères de la République de Serbie du 25.09.2021 – 18H56
  4. Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Antonio Guterres – Secrétaire général des Nations unies – 25.09.2021 – 13H38
  5. Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Mohamed Menfi – Président du Conseil présidentiel de la Libye – 25.09.2021 – 01H38
  6. Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Abdoulaye Diop – Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali – 25.09.2021 – 01H15

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1/Conférence de presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, suite à la semaine de haut niveau de la 76e session de l’Assemblée générale de l’Onu, New York, 25 septembre 2021 – 03H42 le 26.09.2021

Question 1 (traduite de l’anglais): Quels risques et opportunités représente le nouvel « Émirat islamique d’Afghanistan » créé par les talibans? La Russie craint-elle que la présence des talibans soit susceptible de nourrir l’extrémisme islamique dans la région? Si oui, quelles actions seraient envisageables?

Sergueï Lavrov: Tout le monde entend parler de l’Afghanistan. Nous estimons, et ce depuis le début, que tous ces événements constituent une réalité. Malheureusement, le retrait précipité – pour ne pas dire plus – des troupes des États-Unis et d’autres pays de l’Otan a été effectué sans aucune réflexion concernant les répercussions possibles, notamment le fait qu’il reste actuellement beaucoup d’armes en Afghanistan. Nous devons visiblement tous garantir que ces armes ne soient pas utilisées à des fins non constructives.

La réalité actuelle du pays se base sur les propos des talibans qui ont annoncé leur volonté de combattre l’extrémisme et le terrorisme – y compris Daech et Al-Qaïda – et de ne pas projeter l’instabilité sur les pays voisins. Ils ont également promis de respecter les droits des femmes et de former un gouvernement inclusif. Vous savez tout cela. L’essentiel est aujourd’hui que toutes ces promesses soient tenues.

Le premier pas, la formation d’une structure gouvernementale provisoire, ne reflète pas tout l’éventail de la société afghane d’un point de vue ethnique, religieux ou politique.

Nous maintenons nos contacts avec les talibans.  Ils existent depuis des années. Nous le faisons notamment dans le cadre de la troïka élargie réunissant la Russie, les États-Unis, la Chine et le Pakistan.

Des représentants de la Russie, de la Chine et du Pakistan se sont récemment rendus à Doha et à Kaboul pour s’entretenir avec les talibans et des responsables du pouvoir laïc. Je parle de l’ancien président Hamid Karzai et de l’ancien chef du Conseil de réconciliation nationale Abdullah Abdullah.

L’entretien a principalement porté sur la nécessité de former une structure gouvernementale réellement représentative. Les talibans affirment qu’ils envisagent d’atteindre cet objectif et que le gouvernement actuel est provisoire. L’essentiel est d’assurer la mise en œuvre de leurs promesses publiques. Notre priorité principale, que vous venez de mentionner, est d’empêcher à tout prix la propagation de l’extrémisme vers les pays voisins et le maintien de menaces terroristes sur le territoire afghan. Nous soutiendrons par tous les moyens la résolution des talibans à combattre Daech et les autres groupes terroristes, ferons en sorte d’assurer qu’elle se traduise en actions pratiques.
Question 2: La Russie étudie-t-elle un assouplissement ou une levée des sanctions nationales contre les talibans qui font partie du nouveau gouvernement afghan, afin de faciliter les contacts? Quelle sera la position russe dans les débats sur l’assouplissement ou la levée des sanctions contre les talibans à l’Onu?

Sergueï Lavrov: La situation actuelle ne limite pas, n’empêche pas, nos contacts avec les talibans. Qui plus est, les sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu, formulées dans les résolutions correspondantes, n’interdisent pas les contacts de ce genre. Au contraire, les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu stipulent qu’il est nécessaire de promouvoir le processus politique, ce qui est impossible sans travailler avec les talibans.

Nos contacts, que nous maintenons depuis des années avec ce mouvement, visent tout d’abord à assurer la sécurité des citoyens russes, à favoriser la réconciliation afghane et le processus politique.
À ce que je sache, personne n’a évoqué au Conseil de sécurité la nécessité d’examiner un assouplissement ou une levée des sanctions internationales au cours d’une réunion future. Les objectifs de notre travail actuel avec les talibans ne l’exigent pas.

Nous tous attendons des talibans la mise en œuvre de leurs promesses justes. Ensuite, nous vérifierons si les menaces terroriste et narcotique ont en effet été éliminées sur le territoire afghan.

Question 3 (traduite de l’anglais): Le secrétaire général de l’Onu a averti des répercussions catastrophiques que pourrait avoir l’effondrement de l’économie afghane. Que pensez-vous de l’idée de « dégeler » les fonds afghans détenus par des structures internationales?
Selon vos propos, vous envisagez de juger les talibans sur leurs actions. Quelle est la différence entre l’idéologie des talibans et celle d’autres groupes islamistes dans d’autres régions du monde, notamment des groupes syriens que vous bombardez?

Sergueï Lavrov: Comme vous le savez, il existe en Syrie un « nœud terroriste ». Pratiquement tout le territoire syrien a été libéré, mais il reste la province d’Idleb où, dans la zone dite de « désescalade », c’est Hayat Tahrir al-Cham, créature du Front al-Nosra, qui donne le la.

Toutes les décisions du Conseil de sécurité de l’Onu soulignent clairement la nature de ces organisations terroristes. Je ne vois donc rien de problématique dans l’élimination des terroristes en Syrie.

Nous poursuivons le dialogue avec nos partenaires turcs qui ont signé avec nous il y a deux ans un accord spécial soulignant qu’ils combattraient les terroristes dans la zone de désescalade d’Idleb et feraient une distinction entre les extrémistes et les groupes armés n’étant pas terroristes et coopérant avec les militaires turcs.

Une nouvelle rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan devrait se dérouler dans quelques jours. Ils évoqueront concrètement la mise en œuvre de cet engagement. Cette dernière est lente. C’est évident.

En ce qui concerne la différence entre les talibans et les autres groupes, nous ne pouvons pas diviser les terroristes en bons et mauvais. Les sanctions introduites contre les talibans contiennent suffisamment d’exceptions, qui permettent notamment de dialoguer avec le mouvement. Cela signifie que le Conseil de sécurité de l’Onu reconnait les talibans comme faisant partie intégrante de la société afghane, ce qui ne concerne pas le Front al-Nosra ou Hayat Tahrir al-Cham en Syrie. C’est la différence.

Nous appellerons ceux qui ont pris le pouvoir à Kaboul après la fuite des contingents étrangers à se comporter de manière civilisée.
Nous avons déjà évoqué le « dégel » des fonds. Il est nécessaire, à notre avis, d’examiner cette question d’un point de vue pratique, en se basant sur les positions que vous venez de mentionner en citant le secrétaire général de l’Onu. 
Question 4: Le gouvernement des talibans a choisi ses candidats pour le poste d’ambassadeur afghan à Moscou. La Russie sera-t-elle prête à accorder son agrément à l’un des candidats avancés par les talibans?

Sergueï Lavrov: Nous n’avons pas d’informations indiquant que quelqu’un nous aurait demandé un agrément. L’ambassadeur nommé par le gouvernement précédent travaille toujours à Moscou.

Personne ne pose actuellement la question de la reconnaissance internationale des talibans. Nous nous laisserons guider par ce principe si nous recevons, à un certain moment, une demande de nomination d’un nouvel ambassadeur.

Question 5: Nous avons entendu l’intervention du président américain Joe Biden. Il a proclamé la fin de l’époque des guerres et le début de celle de la diplomatie intensive. Est-ce crédible, à votre avis? 
Qu’en est-il de notre propriété diplomatique? Y a-t-il un progrès?
Des membres de la délégation russe ont fait face à des problèmes de visas, et il existait un risque qu’elle puisse être interdite d’accès à l’Assemblée générale de l’Onu en raison des exigences de vaccination. S’agit-il de tentatives de créer des obstacles partout où cela est possible?

Sergueï Lavrov: Je ne pense pas que l’on tente de créer des obstacles. Il s’agit probablement d’une légère confusion liée à la reprise des réunions régulières de l’Assemblée générale de l’Onu.

Je ne peux pas en vouloir aux autorités de New York pour leur volonté d’adopter des mesures de protection supplémentaires. Il s’agit d’un événement sérieux. Il y a ici beaucoup de personnes venues du monde entier. Il existe déjà plusieurs variants du virus. Des mesures préventives sont donc absolument nécessaires.

En même temps, comme vous l’avez justement indiqué, nous n’acceptons pas les tentatives de discriminer les vaccins qui n’ont pas été certifiés aux États-Unis mais ont déjà prouvé leur efficacité à plusieurs reprises. Cela concerne notamment le Spoutnik V.Plusieurs pays de l’UE – par exemple la Hongrie et la Slovaquie – ont certifié nos vaccins. C’est un modèle pour les autres membres de l’UE et de l’Alliance atlantique.

En ce qui concerne les visas de la délégation russe, leur octroi était lié non seulement à la situation épidémiologique, mais aussi à un certain retard motivé par des raisons politiques. Nous avons clairement constaté ce dernier. Plusieurs de nos employés n’ont pas encore obtenu leurs visas. Cela concerne également des parlementaires russes inclus dans la délégation.

Nous demanderons au Secrétariat de l’Onu de mettre en œuvre tous les engagements fixés par l’accord entre l’Onu et le pays hôte de son siège, les États-Unis. Nous constatons beaucoup de problèmes liés à des violations grossières de cet accord et des obligations du pays hôte, ce qui concerne notamment l’expropriation de la propriété diplomatique que vous avez mentionnée.

Le Comité de l’Assemblée générale pour les relations avec le pays hôte a déjà qualifié ce comportement d’inacceptable et d’injuste.

Le Secrétaire général aurait dû lancer il y a plusieurs années une procédure d’arbitrage sur ces actions des États-Unis. Nous nous sommes entretenus hier et je lui ai rappelé ce fait. Heureusement, son conseiller juridique Miguel de Serpa Soare, qui doit lancer les initiatives dans ce domaine, était présent à notre rencontre. Car il y a un retard considérable.

Le président américain Joe Biden a dit que les États-Unis n’utiliseraient plus jamais la force afin de changer l’ordre dans d’autres pays. « Ne dis jamais jamais ». Tout le monde sait que l’administration de Donald Trump a quitté l’accord sur le nucléaire iranien, signé par l’administration de Barack Obama.

Aujourd’hui, à l’heure où l’on négocie le rétablissement complet du plan d’action sur le règlement de la situation du nucléaire iranien, les Iraniens posent cette question aux Américains: serait-il possible d’inclure dans le rétablissement du plan une clause statuant son respect absolu par les futures administrations américaines? Les Américains répondent que c’est impossible en raison de leur système qui est, visiblement, indépendant du droit international.

Le président américain Joe Biden a annoncé le début de l’ère de la « diplomatie intensive ». Cela signifie que les États-Unis utiliseront d’autres moyens afin de tenter d’aménager la vie d’autres pays conformément aux normes américaines. Notamment via des révolutions de couleur. Elles ne font pas partie de méthodes musclées mais sont aussi dévastatrices: regardez la Libye, l’Irak, la Syrie ou l’Ukraine, notre voisine.

Nous voudrions que les États-Unis fassent un pas supplémentaire et s’engagent à non seulement ne pas utiliser la force pour changer d’autres pays, mais aussi à renoncer à tous les agissements de ce genre.
Il leur faut reconnaître que tous les pays sont différents.
Nous avons différentes racines culturelles et civilisationnelles. Mais nous nous trouvons tous sur la même planète. Il faut faire preuve de respect mutuel.
Question 6: Selon nos informations, on prépare activement une visite de la sous-secrétaire d’État Viktoria Nuland à Moscou. À quelle étape se trouvent actuellement ces négociations? À quelle date aura lieu la visite? Qu’est-ce que Moscou attend en échange de cette levée temporaire des restrictions visant une personne figurant sur une « liste noire » russe?

Sergueï Lavrov: Si vous avez telles sources d’information, posez ces questions à ceux qui vous ont transmis ces informations. Nous préparons tout un nombre de contacts au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères et du Département d’État américain. Ce n’est pas le seul domaine évoqué.

Nous partons du principe que si les deux pays s’entendent sur la date et le sujet des contacts, ils feront une annonce à ce sujet.

Question 7 (traduite de l’anglais): Je voudrais poser une question sur le Plan d’action global commun. Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré qu’il fallait agir plus vite, que le temps s’écoulait. Le Ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian a déclaré hier qu’ils étaient prêts. Ils reçoivent manifestement des signaux contradictoires des États-Unis, mais un accord devrait être trouvé bientôt. Vous avez participé à la signature de cet accord. Pouvez-vous supposer, en tant qu’acteur des négociations, ce qui arriverait si les États-Unis ne revenaient pas dans le cadre de l’accord et si l’Iran continuait de développer son programme nucléaire? Quel serait le pire des scénarios?

Sergueï Lavrov: L’Iran ne fait rien d’interdit parce qu’il respecte le Traité de non-prolifération et le protocole additionnel à l’accord sur les garanties. Actuellement, si l’Iran ne respecte pas la majorité de ses engagements dans le cadre du Plan d’action, c’est parce qu’ils ne sont plus en vigueur aujourd’hui du fait que les Américains ont détruit cet accord.

Les discussions portent sur son rétablissement à part entière. Dans ce cas, l’Iran n’aurait aucune raison de faire des exceptions dans ses engagements. L’AIEA, notamment son Directeur général, est en contact avec les Iraniens. Ils possèdent un tableau complet de la situation sur place. Leur accès aux travaux menés par l’Iran dans le cadre de son programme nucléaire n’est pas bloqué. L’AIEA n’a aucune raison de penser que la conclusion tirée en 2015 sur l’absence de signes de réorientation du programme nucléaire pour des besoins militaires a changé. Ils n’ont aucune raison de revoir cette conclusion. Ils le disent clairement.

Bien évidemment, nous voulons que les négociations sur la reprise à part entière du Plan d’action reprennent au plus vite.

Mais, premièrement, le gouvernement iranien vient d’être constitué. Ils disent avoir besoin d’une semaine ou deux (pas plus, j’espère), pour former leur équipe de négociateurs. Des changements ont eu lieu.
Deuxièmement, quand les États-Unis se sont retirés du Plan d’action, l’Iran a tenu pendant plus d’un an ses engagements conformément à ce document en attendant que les États-Unis reviennent à la raison et à cet accord. N’importe qui peut dire aujourd’hui que le temps est écoulé, mais certainement pas Washington. Certes, c’était le fait de l’ancienne administration, mais c’est un héritage reçu par l’administration actuelle qui, justement, a participé à la rédaction du Plan d’action. Une raison de plus pour s’occuper plus activement du règlement de tous les problèmes associés à cela.

Il existe un autre sujet: les sanctions décrétées illégalement par les Américains contre l’Iran pour leur prétendue violation du Plan d’action. Mais ces sanctions ne concernent pas seulement l’Iran. Ils ont imposé des sanctions à tous ceux qui commerçaient légalement avec l’Iran, notamment dans le domaine du matériel militaire n’étant plus frappé d’interdiction. Ces sanctions doivent être levées dans le cadre de la reprise du Plan d’action. Et aucun partenaire commercial de l’Iran, dans tous les domaines des échanges, ne doit être touché par ce geste unilatéral américain.

Question 8 (traduite de l’anglais): L’économie iranienne serait-elle menacée d’effondrement si le Plan d’action n’était pas rétabli?

Sergueï Lavrov: Nous n’étudions même pas de tels scénarios. Nous avons grand espoir – et un optimisme réfléchi – de pouvoir déboucher sur un résultat. Du moins, tout le monde le souhaite, y compris les États-Unis et l’Iran.

Question 9 (traduite de l’anglais): La situation dans le Nord-Ouest de la Syrie s’est aggravée après que la Russie a renforcé les frappes aériennes dans cette région au cours des dernières semaines. Cela se déroule à l’approche de l’entretien entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdogan. La Russie prévoit-elle suspendre les attaques en prévisions du sommet?
A-t-il été possible de trouver un accord ou un consensus sur la situation à l’Est de l’Euphrate après les pourparlers à Genève entre le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine et Brett McGurk, coordinateur au Moyen-Orient du Conseil de sécurité nationale des États-Unis?

Sergueï Lavrov: Nous utilisons la force au Nord-Ouest de la Syrie conformément aux exigences de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies ordonnant de lutter sans compromis contre le terrorisme sur le sol syrien.

J’ai mentionné que le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdogan avaient passé un accord spécial sur Idleb. Nos collègues turcs se sont engagés à faire la distinction entre les opposants normaux, raisonnables, d’une part, et les terroristes de l’autre. Cela aurait dû être fait il y a longtemps. Mais rien n’a été entrepris. Le progrès est lent, et les menaces terroristes émanant des bandits de la zone de désescalade d’Idleb se renouvellent constamment. Ces individus attaquent les positions de l’armée syrienne et ont tenté plusieurs fois de lancer des drones d’attaque contre notre base aérienne de Hmeimim.

Nos amis turcs savent parfaitement que nous ne nous résignerons pas à un tel comportement et à une telle attitude de ces bandits envers le rôle joué par les militaires turcs dans la zone de désescalade d’Idleb. Nous discuterons objectivement dans le contexte de la préparation de la rencontre entre les deux présidents. Au sommet du 29 septembre, l’une des questions centrales sera de savoir comment nous pouvons réaliser notre entente et empêcher les terroristes de « mener la danse ».

En ce qui concerne les contacts avec les États-Unis concernant l’Est de l’Euphrate, ils sont organisés périodiquement. Nous attirons l’attention sur le caractère illégitime de la présence des États-Unis sur le territoire syrien, sur la situation révoltante de la zone d’al-Tanf (55 km de rayon) qu’ils ont occupée, et sur la situation sur le territoire du camp de Roukban contrôlé par les Américains. C’est une longue histoire.

Les contacts noués au niveau des ministères des Affaires étrangères et des conseils de sécurité portent principalement sur le fait que les Américains s’y trouvent illégalement, illégitimement, mais y sont présents.

C’est la réalité. Compte tenu de leur aspiration à tirer à volonté avec toutes les armes, nous nous entendons avec eux sur ce qu’on appelle un mécanisme de désescalade. Il fonctionne. Je souligne qu’il fonctionne malgré les interdictions juridiques des contacts au niveau des militaires décrétées par le Congrès américain.
Récemment, la direction du Comité unifié des chefs d’état-major des États-Unis a publiquement déclaré que c’était déraisonnable et qu’il fallait lever les restrictions sur les contacts au niveau des militaires.
Je pense que cela profitera non seulement à la désescalade en Syrie, mais également au développement de notre dialogue sur les problèmes liés à l’armement dans l’ensemble.
Question 10 (traduite de l’anglais): La Turquie a exprimé sa préoccupation quant à la participation des habitants de la Crimée aux récentes législatives russes. Et ce malgré l’aide humanitaire accordée par la Russie à la Turquie pour lutter contre la pandémie de coronavirus, ainsi que la coopération militaro-technique. Que pouvez-vous dire sur un tel déséquilibre dans les relations bilatérales?

Sergueï Lavrov: La Turquie n’est pas la seule à avoir dit être « préoccupée » et à « condamner » le vote en Crimée. J’explique ce « brouhaha » par deux choses. Premièrement, il y a cinq ans, pendant les précédentes législatives, personne n’avait fait de telles déclarations. Du moins pas d’une manière aussi résonnante. Je m’en serais rappelé du moins, mais ce n’était pas le cas.

Maintenant, certains se sont accrochés au « dossier criméen », notamment avec la réunion fébrile de ce qu’on appelle la « Plateforme de Crimée » à Kiev, le brouhaha concernant le vote. Je pense que c’est une tentative de détourner l’attention de l’échec honteux des autorités de Kiev, Président Zelenski en tête, de leurs engagements pris dans les Accords de Minsk pour mettre un terme au conflit intérieur ukrainien dans l’est du pays. C’est évident. Des lois sont adoptées pour interdire d’accorder un statu quo au Sud-Est de l’Ukraine, comme l’exigent les Accords de Minsk.

Nous avons attiré l’attention des collègues allemands et français, de l’UE, sur le fait que leurs « clients » tirent un trait sur les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies, parce que c’est ce dernier qui a approuvé les Accords de Minsk. Malheureusement, ils baissent tous honteusement les yeux. Et pendant ce temps, le Président Zelenski a compris qu’il devait détourner l’attention de son propre échec, du sabotage des Accords de Minsk. C’est pourquoi ils ont commencé à utiliser le « dossier criméen ».

La seconde raison pour laquelle ils agissent ainsi est leur manque de professionnalisme diplomatique. Les professionnels savent parfaitement que la question relative à la Crimée est close une bonne fois pour toutes.
Question 11 (traduite de l’anglais): La France et d’autres pays européens ont exprimé leur préoccupation vis-à-vis de la présence de militaires russes « sous contrat » au Mali. Quelle est la position de Moscou à ce sujet?

Sergueï Lavrov: J’ai entendu ces questions. Elles m’ont été posées par le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell.

Un gouvernement de transition est actuellement en place au Mali. Il s’efforce de revenir à une vie dans le cadre constitutionnel, de préparer les élections et de revenir à une forme de gouvernance civile. Les élections sont prévues pour février et se dérouleront sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union Africaine.
Le gouvernement de transition du Mali souligne son attachement aux engagements internationaux, et lutte contre le terrorisme. Il s’est adressé à une société militaire privée russe parce que, si je comprends bien, la France souhaite réduire significativement son contingent militaire qui se trouvait dans le pays et devait combattre les terroristes retranchés au Nord dans la région de Kidal. Mais ils n’ont rien pu faire et les terroristes continuent d’y « mener la danse ».

Puisque les autorités maliennes ont jugé leurs propres capacités insuffisantes sans soutien extérieur, réduit par ceux qui s’étaient engagés à les aider à éradiquer le terrorisme, elles se sont adressées à une société militaire privée russe. Nous n’avons rien à voir avec cette décision. Cette activité se déroule dans un cadre légal et concerne avant tout les relations entre le pays d’accueil – c’est le gouvernement légitime reconnu par tous en tant que structure de transition – d’une part, et ceux qui proposent leurs services de spécialistes étrangers de l’autre.

Je souligne qu’au niveau de l’État (pas des sociétés militaires privées) nous apportons également une contribution au renforcement de la capacité défensive du Mali, de son opérationnalité pour éradiquer les menaces terroristes et d’autres, en fournissant du matériel militaro-techniques à titre d’aide. Dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies, nous participons à l’élaboration d’approches optimales pour poursuivre les efforts de maintien de la paix.

Je ne vois aucune raison de remettre cela en question. Le Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop, que j’ai rencontré hier, a parlé aux journalistes à ce sujet. Cela ne suscite aucune question. Il vaut mieux parler d’autre chose.
Nos collègues de l’UE, comme me l’a dit Josep Borrell, nous demandent de « ne pas travailler du tout » en Afrique parce que « c’est leur place ». Il serait préférable de synchroniser les actions de l’UE et de la Fédération de Russie en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme non seulement au Mali, mais également dans la région du Sahara-Sahel dans l’ensemble.
Dire « nous étions les premiers ici, vous devez partir », premièrement, est insultant pour le gouvernement de Bamako, qui a invité les partenaires extérieurs, et deuxièmement, ce n’est certainement pas une manière de parler à qui que ce soit en général.
Question 12: À la veille des législatives russes, le Parlement européen a adopté une résolution appelant la Commission européenne à ne pas reconnaître les résultats du vote russe. En avez-vous parlé avec le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell? L’UE reconnaît-elle les résultats des législatives russes?

Sergueï Lavrov: Nous n’avons entendu aucun avis de la part de l’UE en tant que telle, parce que le Parlement européen n’est pas une structure qui détermine la politique de l’UE. J’en ai parlé avec Josep Borrell. J’ai cité quelques avis exprimés pendant son discours au Parlement européen, notamment les déclarations absolument inadmissibles selon lesquelles l’UE fait une distinction entre le « régime » de Moscou et le peuple russe.

Il s’est justifié maladroitement et indistinctement. On voyait qu’il comprenait que c’était, pour le moins, une mauvaise phrase. J’espère que c’était seulement une phrase, pas une pensée. Il arrive parfois qu’un mot échappe, puis qu’on le regrette.

Nous n’avons aucune information selon laquelle qui que ce soit réfuterait officiellement les résultats de nos élections, qui viennent d’être annoncés.

à suivre…

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4867149

25 septembre 202121:08

2/Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Vivian Balakrishnan, Ministre des Affaires étrangères de la République de Singapour du 25.09.2021 – 21H08

Communiqué de presse

Samedi 25 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu avec le Ministre singapourien des Affaires étrangères Vivian Balakrishnan en marge de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies (New York).

Les deux chefs de diplomatie ont évoqué un large éventail de questions de l’ordre du jour bilatéral, notamment la lutte contre la prolifération du nouveau coronavirus. Un échange d’avis intéressé sur l’agenda régional et international a montré une proximité des approches de la Russie et de Singapour du règlement des problèmes d’actualité. Une attention particulière a été accordée à l’évolution de la situation en Afghanistan et au Myanmar.


https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4867043

3/Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Nikola Selakovic, Ministre des Affaires étrangères de la République de Serbie du 25.09.2021 – 18H56

Samedi 25 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu avec le Ministre serbe des Affaires étrangères Nikola Selakovic en marge de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Pendant leur échange d’avis sur l’ordre du jour bilatéral et international a été soulignée la disposition à poursuivre le développement dynamique des relations russo-serbes et à approfondir le partenariat stratégique entre les deux pays.

Les deux interlocuteurs ont évoqué en détail la situation dans les Balkans en mettant l’accent sur la situation au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine. Ils ont constaté la proximité des approches sur les principaux paramètres, tout en exprimant leur attachement à la poursuite d’une coordination étroite sur cet axe en s’appuyant sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies et sur le droit international.


https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4867005

4/Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies – 25.09.2021 – 13H38

Communiqué de presse

Vendredi 24 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu à New York avec le Secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres en marge de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les deux interlocuteurs ont échangé en profondeur leurs avis sur un large éventail de questions d’actualité internationales, notamment la réaction du système de l’Onu à la pandémie de Covid-19 et la préparation de la 26e session de la Conférence des Parties de la Convention-cadre de l’Onu sur les changements climatiques. Plusieurs sujets régionaux ont été abordés, notamment la situation en Afghanistan, dans l’Est de l’Ukraine, en Syrie et en Libye. Ils ont évoqué à part la nomination aux postes dirigeants du système de l’Onu.

Les deux interlocuteurs ont souligné l’importance de renforcer le rôle central de l’Onu sur la scène internationale et ont confirmé la disposition à développer une coopération mutuellement avantageuse entre la Russie et l’Onu.

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4866956

5/Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Mohamed Menfi, Président du Conseil présidentiel de la Libye – 25.09.2021 – 01H38

Communiqué de presse

Vendredi 24 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu avec le Président du Conseil présidentiel de la Libye, Mohamed Menfi, en marge de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Leur échange d’avis approfondi sur la situation en Libye a souligné un certain progrès dans le processus de paix libyen depuis un an. Une note positive a été attribuée à l’activité des organes centraux du pouvoir constitués dans le pays au printemps 2021 pour la période de transition – du Conseil présidentiel et du Gouvernement d’union nationale. La principale priorité du gouvernement de transition libyen est la préparation et l’organisation des élections présidentielles et législatives prévues le 24 décembre 2021.

Les deux interlocuteurs ont constaté la nécessité de consolider le soutien international aux autorités de transition libyennes afin de promouvoir le processus de paix avec un rôle central de l’Onu conformément aux résolutions 2510 et 2570 du Conseil de sécurité des Nations unies et aux décisions de la Conférence international sur la Libye à Berlin.

La partie russe a réaffirmé l’importance de déboucher sur un consensus panlibyen sur les principaux points de l’ordre du jour national en tenant compte des intérêts de tous les Libyens afin de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.

 https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4866941

6/Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali – 25.09.2021 – 01H15


Communiqué de presse

Vendredi 24 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu à New York avec le Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, en marge de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les deux chefs de diplomatie ont évoqué le développement de la coopération russo-malienne dans différents secteurs. Ils ont abordé en détail la lutte contre la menace terroriste dans la région du Sahara-Sahel.

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4866931

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