4436 – La paix est-elle de nouveau au centre des préoccupations politiques mondiales? par Karl-Jürgen Müller, Allemagne -06/07/2021

RUSSIE USA 12 X 16 Avec le président des États-Unis d'Amérique Joseph Biden avant les pourparlers russo-américains. Photo TASS

Rencontre à Genève pour les présidents Vladimir Poutine et Joe Biden

par Karl-Jürgen Müller, Allemagne – Horizons et débats N° 15, 6 juillet 2021

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Le 18 juin 2021, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition «Dimensionen eines Verbrechens. Sowjetische Kriegsgefangene im Zweiten Weltkrieg» (La mesure d’un crime. Les prisonniers soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale), le président allemand Frank-Walter Steinmeier a prononcé un discours remarquable et d’une grande puissance émotionnelle. L’exposition se tient actuellement au musée germano-russe de Berlin Karlshorst, c’est-à-dire dans le bâtiment même où, le 9 mai 1945, les officiers supérieurs commandants de la Wehrmacht ont signé le document de leur reddition à l’Union soviétique. Le discours du président fédéral a également été le principal discours de commémoration du début de l’invasion allemande de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, il y a donc 80 ans.

le président allemand Frank-Walter Steinmeier le président allemand Frank-Walter Steinmeier

Le président allemand n’a pas seulement rappelé les souffrances des prisonniers de guerre soviétiques et les crimes contre le peuple de ce qui était alors l’Union soviétique . Il a également mis l’accent sur l’importance que revêt la mémoire de l’histoire pour notre présent et notre avenir.

A ce jour encore, la guerre et ses conséquences – la division du monde en blocs hostiles – pèse sur nos pensées et affecte nos sentiments, a déploré le président de la fédération allemande, en poursuivant:

«La guerre et ses séquelles ont également divisé notre mémoire. Trois décennies après la chute du rideau de fer, cette division n’a toujours pas été surmontée. Cette guerre reste un fardeau pour l’avenir. Il en va de notre devoir de faire évoluer tout cela, et pour mener à bien cette tâche nous devons de toute urgence faire plus d’efforts par-delà les frontières – à cause du passé, bien sûr mais surtout afin d’édifier un avenir pacifique pour les générations futures de ce continent!»

«Il ne faut pas oublier …»

Le président a poursuivi:

«Nous devons nous souvenir, non pas pour faire peser sur les générations actuelles et futures une culpabilité qui n’est pas la leur, mais dans notre propre intérêt. Nous devons nous souvenir afin de comprendre comment ce passé peut persister dans le temps présent. Seuls ceux qui ont appris à distinguer l’empreinte que le passé peut laisser dans le présent seront en mesure de contribuer à un avenir qui évite les guerres, rejette la tyrannie et permette la coexistence pacifique au sein de la liberté.»

«Malgré tout ce qui a pu advenir par le passé, «les Allemands sont aujourd’hui reçus de manière hospitalière par les habitants du Belarus, de l’Ukraine ou de la Russie et que précisément dans ces pays, ils sont les bienvenus, ils sont accueillis chaleureusement – cela n’est rien moins qu’un miracle.» 

Pour l’Allemagne et les Allemands, a-t-il dit, cela signifie «qu’en ce jour où nous honorons la mémoire de tant de millions de morts, nous mesurons à quel point est précieuse cette réconciliation qui a fleuri sur les tombes.»

Tout faire pour œuvrer en faveur de la paix

De ce don qu’a été la réconciliation a découlé une grande responsabilité pour l’Allemagne:

«Nous voulons et nous devons tout faire pour […] œuvrer en faveur de la paix, la paix avec mais aussi entre les divers pays qui ont succédé à l’ex-Union soviétique. […] Et ce n’est pas en tournant le dos à l’avenir, mais en le regardant en face que nous pourrons contribuer à ce souvenir, en proclamant haut et fort: «Une guerre comme celle-là, plus jamais! […] Ne vous laissez pas, ne nous laissons pas aller à renouveler ces confrontations hostiles, à ne plus reconnaître en l’autre sa part d’humanité. Ne laissons pas le dernier mot à ceux qui n’ont à la bouche que l’orgueil national, le mépris, l’inimitié, l’aliénation. Le souvenir doit nous rapprocher les uns des autres, il ne doit pas nous diviser à nouveau. L’avenir – un avenir meilleur – est entre nos mains.»

  Le président allemand a ensuite fait allusion à une question posée par l’ancien prisonnier de guerre soviétique Boris Popov,qui a eu la grande chance de survivre à la captivité de guerre allemande – et qu’il a posée en public, de nombreuses années après la guerre: «Une question s’impose:

Ne serait-il pas grand temps que l’humanité toute entière rejette, une fois pour toutes, le principe même de la guerre et qu’elle tente de trouver une solution pacifique, dans une relation de respect mutuel, et ce même aux situations les plus complexes?

Une voie qui s’écarte de la logique de l’escalade

Ce à quoi répond Steinmeier lui-même:

«A ce jour, l’Europe n’a jamais été aussi proche de la réponse. Il y a quelques dizaines d’années, malgré les tensions et l’affrontement perpétuel entre les deux blocs, régnait alors un esprit différent, et cela des deux côtés du rideau de fer. Je parle de l’esprit d’Helsinki. En plein dans les menaces mutuelles d’anéantissement nucléaire, on a vu émerger un processus qui a permis d’éviter une nouvelle guerre, basé sur la reconnaissance des principes communs et sur la coopération. Cette voie, qui a conduit aux Accords d’Helsinki, est à présent vieille d’un demi-siècle. Elle n’était ni facile ni simple à emprunter, mais elle prenait ses distances avec la logique de l’escalade et du péril d’anéantissement mutuel.»

Biden et Poutine se sont rencontrés à Genève

RUSSIE USA 10 X 16 Avec le président des États-Unis d'Amérique Joseph Biden avant les pourparlers russo-américains. Photo TASS

Deux jours avant le discours du président allemand, le président américain Joe Biden et le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine se sont rencontrés à Genève – grâce aux bons offices de la Confédération suisse – pour des entretiens qui ont duré près de trois heures. Au cours de conférences de presse séparées, tenues en fin d’après-midi et en début de soirée, les deux présidents ont commenté le contenu de ces entretiens et l’ambiance dans laquelle ils se sont déroulés. Les images, le contenu sonore et le texte de ces conférences sont accessibles au public.1

 La rencontre de ces deux présidents s’est déroulée au moment où leurs deux gouvernements étaient plutôt en froid et dans un environnement marqué par des représentations hostiles de part et d’autre. Des impressions négatives, générées et renforcées depuis des années, notamment par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux. Les grands médias occidentaux ont non seulement véhiculé massivement l’image du rôle négatif de la Russie, mais ils ont ainsi jeté de l’huile sur le feu, alors même qu’on ne voyait nulle part de reportages sur la Russie basés sur des faits réels. Il n’est pas facile de se faire une opinion de l’aspect de la situation du côté russe. Comme de temps en temps, je consulte les médias russes en langue allemande, je n’y ai cependant pas observé le genre de propagande hostile pratiqué de la quasi-totalité des grands médias occidentaux.

Il nous faudrait un monde sans compétition ni vainqueur

En tout état de cause, il ne va pas être facile de sortir de cette impasse. C’est ce qui ressort des nombreux commentaires dans les divers médias occidentaux – y compris en Suisse – suite à la rencontre des deux présidents. Un petit exemple parmi tant d’autres, plutôt inoffensif, mais significatif: Le 18 juin, un grand quotidien suisse a titré: «La Russie se prend pour le vainqueur». Pourtant, dans le texte qui suit, on ne trouve rien qui le prouve. Mais ce titre tendancieux ne reflète-t-il pas avant tout le raisonnement des auteurs du journal? Comme si tout le sujet de la rencontre des deux présidents se résumait à déterminer qui était le gagnant – et donc, bien sûr, qui est le perdant. Voilà une façon de penser largement répandue, mais elle est foncièrement opposée à la recherche de la paix. Le fait que les deux présidents, lors de leurs conférences de presse, aient tout au contraire évité d’apparaître comme des «vainqueurs» mais bien plus comme des gens sérieux à la recherche d’une solution pacifique à des problèmes complexes et de graves conflits est en soi un bon signe. Tout comme celui que même un observateur aussi critique que Willy Wimmer ait livré une évaluation positive du sommet de Genève, lors d’une interview accordée à l’édition allemande deRussia Today(RT) le 18 juin.2

La paix – ardemment souhaitée

Il est toujours risqué de faire des prédictions sur l’avenir. Une seule rencontre ne suffit pas à instaurer la paix. Il faut maintenant voir ce que les groupes de travail qui seront mis en place vont proposer. La volonté des dirigeants politiques de parvenir à un accord sera décisive. Il est évident pour toutes les parties impliquées que les calculs géopolitiques implicites (par exemple dans le triangle Etats-Unis, Russie et Chine – c’est-à-dire les questions de pouvoir – joueront également un rôle. Néanmoins, si la réunion de Genève représente un pas de plus vers la paix, elle constitue un grand succès.

Le premier résultat de la rencontre entre les deux présidents, une «Déclaration conjointe sur la stabilité stratégique» (voir encadré p. 1), retranscrite sur papier, est certainement déjà un grand pas. Les deux présidents y assurent que, même en période de tension, les deux États ont réussi à progresser dans la «réduction du risque de conflit armé et de la menace de guerre nucléaire». Mieux encore: ils réaffirment ensemble le «principe selon lequel il n’existe pas de guerre nucléaire qui se termine sur une victoire et qu’il faut à tout prix l’éviter».

Dans tous les pays du monde, les individus tout comme les peuples n’ont qu’un seul souhait, très ardent: vivre en paix. Jusqu’au 16 juin, cette paix était en grand danger et ce n’est pas la première fois depuis la seconde guerre mondiale. Voilà déjà des années que dans certaines régions du monde, le nouvel affrontement s’est également réglé par les armes – comme pendant la guerre froide. Dans le cadre de la confrontation entre les deux blocs, après la crise des missiles de Cuba de 1962, on était parvenu à une conclusion judicieuse: S’engager toujours plus avant dans une spirale d’escalade menait à l’impasse et mettait le monde au bord de l’anéantissement. Aujourd’hui, une éventuelle recrudescence du conflit entre la Russie et les Etats-Unis n’en constitue pas moins une impasse dans laquelle il ne peut y avoir que des perdants.

https://sansapriori.files.wordpress.com/2021/04/discours-v.poutine-22-sur-33-du-21.04.2021-presidential-address-to-the-federal-assembly.-photo-ria-novosti.jpg?w=900&h=555

Le discours de Poutine sur l’état de la nation devant l’Assemblée fédéral de la Fédération de Russie. (photo kremlin.ru)


    Dans un article publié dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit, à l’occasion de la commémoration des 80 ans du déclenchement de la guerre contre l’Union soviétique,3 Vladimir Poutine a de nouveau appelé à surmonter ensemble et de manière équitable les divergences qui règnent au sein du continent eurasien, car

«nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de perpétuer le poids des malentendus, des griefs et des conflits du passé. C’est un fardeau qui nous empêche de résoudre les problèmes actuels».

  Le sommet européen des chefs d’État et de gouvernement des 24 et 25 juin a montré combien il est difficile pour les responsables des Etats de l’OTAN et de l’UE de sortir d’une impasse une fois qu’on y est. Plutôt que de renouer le dialogue avec le gouvernement russe après sept ans d’interruption, comme le proposaient le président français et la chancelière allemande, ils se sont «concertés» sur des menaces de sanctions plus sévères à l’encontre de la Russie, ce qui n’est vraiment pas un pas en direction de la détente.

A la fin, nous revoici confrontés à la question de Boris Popov, l’ex-prisonnier de guerre soviétique: Ne serait-il pas grand temps que l’humanité toute entière rejette, une fois pour toutes, le principe même de la guerre et qu’elle tente de trouver une solution pacifique, dans une relation de respect mutuel, et ce même aux situations les plus complexes?  •

Textes en anglais: https://www.whitehouse.gov/briefing-room/speeches-remarks/2021/06/16/remarks-by-president-biden-in-press-conference (Conférence de presse de Joe Biden); http://en.kremlin.ru/events/president/news/65870 (Conférence de presse de Vladimir Poutine)
https://de.rt.com/international/119263-willy-wimmer-gipfel-von-putin/ du 18/06/21 (en allemand)
https://www.zeit.de/politik/ausland/2021-06/ueberfall-auf-die-sowjetunion-1941-europa- russland-geschichte-wladimir-putin/komplettansicht du 22/06/21


https://www.zeit-fragen.ch/fr/archives/2021/n-15-6-juillet-2021/la-paix-est-elle-de-nouveau-au-centre-des-preoccupations-politiques-mondiales.html

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Déclaration commune des présidents des Etats-Unis et de la Russie sur la stabilité stratégique, 16 juin 2021

Nous, le Président des Etats-Unis d’Amérique, Joseph R. Biden, et le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, constatons que les Etats-Unis et la Russie ont démontré que, même en période de tensions, sont capables de progresser dans la ré-alisation de nos objectifs communs, à savoir assurer la certitude de la planification stratégique et la réduction le risque de conflit armé et de la menace de guerre nucléaire.

  Le récent renouvellement du Traité de réduction des armes stratégiques Start est un exemple de notre engagement en faveur du contrôle des armes nucléaires. Aujourd’hui, nous réaffirmons le principe selon lequel la guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée.

  Conformément à ces objectifs, les Etats-Unis et la Russie s’engageront conjointement dans un dialogue bilatéral intégré sur la stabilité stratégique qui sera réfléchi et solide dans un avenir proche. Grâce à ce dialogue, nous entendons jeter les bases de futures mesures de contrôle des armements et de réduction des risques.

Source: http://en.kremlin.ru/supplement/5658

(Traduction Horizons et débats)

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22 juin 2021 – Faisons la paix!

Un appel, 80 ans après le 22 juin 1941

hd. Le Forum germano-russe et l’International Peace Bureau (IPB) ont publié l’appel «Faisons la paix» à l’occasion du 80e anniversaire de la guerre d’agression allemande contre l’Union soviétique. L’appel a été lancé par Antje Vollmer, ancienne vice-présidente du Bundestag allemand, Adelheid Bahr, pédagogue, Daniela Dahn, écrivain, Peter Brandt, historien, Reiner Braun, directeur général du Bureau international de la paix, Martin Hoffmann, membre exécutif du conseil d’administration du Forum germano-russe, Michael Müller, ancien secrétaire d’Etat et président des Amis de la Nature, et Matthias Platzeck, ancien Premier ministre et président du conseil d’administration du Forum germano-russe.


Les plus de 1 300 signataires se souviennent des victimes des atrocités allemandes à l’Est et appellent les politiciens européens à dépasser les schémas de pensée de la guerre froide et à se rapprocher les uns des autres.


L’appel imprimé dans la «Berliner Zeitung» et le journal russe «Kommersant»le 22 juin 2021 est une invitation voire une exhortation au souvenir et à la réconciliation sur fond de graves tensions dans les relations germano-russes!


En Allemagne, cet appel n’été jusqu’à présent pratiquement pas mentionné.

Le 22 juin 2021 marque le 80e anniversaire de l’invasion de la Russie et des peuples de l’Union soviétique par l’Allemagne nazie. Pour nous, les soussignés, ce jour est un jour de deuil, de honte et de réflexion sur notre propre culpabilité historique. Du sol allemand a pris naissance une guerre d’extermination sans précédent, née de l’orgueil politique et du racisme contre les peuples de l’Union soviétique, en particulier contre les Juifs et d’autres minorités. Elle a apporté des souffrances sans fin à la population et a fait plus de 27 millions de victimes dans la seule Union soviétique, notamment en Russie, en Ukraine et au Belarus.

  Il est de la responsabilité de notre génération que personne n’oublie ou ne relativise jamais ces atrocités. Car c’est aussi dans l’histoire de l’Europe que l’Union soviétique a vaincu le fascisme au prix de grands sacrifices et a libéré l’Allemagne de cette idéologie. Il est également inscrit dans l’histoire des relations germano-russes que l’Union soviétique et son successeur légal, la Russie, ont joué un rôle décisif pour rendre possible la réunification de l’Allemagne et la fin de la guerre froide.

  Nous savons que la paix en Europe ne peut être obtenue qu’avec la Russie et non contre elle

.
  C’est pourquoi nous lançons un appel aux responsables politiques de l’Europe de l’Est et de l’Ouest: «Bougez! Quittez enfin la sphère et la logique de la guerre froide! Ce n’est pas le nombre de chars ou d’armements qui doit augmenter, mais la volonté de se rapprocher les uns des autres. Faites-le comme les gens en Russie, en Allemagne et en Europe le font concrètement dans les jumelages de villes, les échanges de jeunes, la coopération économique et scientifique. Quittez les prisons mentales des images ennemies, des rancœurs et des peurs! Faisons enfin la paix! Les peuples d’Europe l’attendent depuis longtemps!»

C’est la leçon du 22 juin. Et c’est ce que nous défendons!

Premiers signataire:

Abendroth, Elisabeth; Bahr, Adelheid (pédagogue); Hanne, Magret (chercheur sur la paix); Brandt, Peter (historien); Braun, Reiner (International Peace Bureau); Bruch, Thomas (actionnaire de GLOBUS GmbH); Claußen, Angelika (présidente de l’IPPNW); Dagdelen, Sevim (membre du Bundestag allemand); Dahn, Daniela (écrivain); Dehm, Diether (membre du Bundestag allemand); Enkelmann, Dagmar (présidente de la Rosa Luxemburg Stiftung); Erdmann, Torsten (Deutsch-Russisches Forum e.V.); Ernst, Klaus (Membre du Bundestag allemand); Falk, Thomas (Deutsch-Russisches Forum e.V.); Frantz, Justus (chef d’orchestre); Gornig, Hans-Joachim (Deutsch-Russisches Forum e.V.); Hänsel, Heike (membre du Bundestag allemand); Hahn, André (membre du Bundestag allemand); Hermes, Oliver (président du Ost-Ausschuss der Deutschen Wirtschaft); Hoffmann, Christine (Pax Christi); Hoffmann, Jelena (Présidente de la Stiftung West-Östliche Begegnungen); Hoffmann, Martin (Deutsch-Russisches Forum e.V.); Hunko, Andrej (Membre du Bundestag allemand); Joas, Hans (Philosophe social); Kaiser, Kerstin (Rosa Luxemburg Stiftung Moskau); Krone-Schmalz, Gabriele (Publiciste); Kumm, Uwe (Deutsch-Russisches Forum e.V.); Müller, Michael (Ancien secrétaire d’Etat, président des Amis de la Nature); Nastic, Zaklin (membre du Bundestag allemand); Neu, Alexander (membre du Bundestag allemand); Platzeck, Matthias (président du Deutsch-Russisches Forum e.V.); Rahr, Alexander (expert en Europe de l’Est); Raiser, Konrad (ancien secrétaire général du Conseil de l’Eglise œcuménique); Rösch-Metzler, Wiltrud (Coopération pour la paix); Schröder, Gerhard (ancien chancelier fédéral); Silly (groupe de musique); Sommer, Jörg (président, Aide allemande à l’environnement); Teltschik, Horst (ancien conseiller en politique étrangère du chancelier fédéral Helmut Kohl); Thierse, Wolfgang (ancien président du Parlement); van Ooyen, Willi (Comité fédéral Conseil de la paix); Vassiliadis, Michael (président Gewerkschaft, Bergbau, Chemie, Energie); Vogler, Kathrin (membre du Bundestag allemand); Vollmer, Antje (ancienne vice-présidente du Bundestag allemand); von Knoop, Andrea (présidente honoraire de la Chambre de commerce germano-russe à l’étranger); von Weizsäcker, Ernst-Ulrich; Wahl, Peter (Conseil consultatif scientifique Attac); Werneke, Frank (Président ver.di); Wiese, Heino (Membre du Bundestag en retraite); Wohlfahrt, Harald (Directeur général Käthe Wohlfahrt KG).

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80 ans après le début de la guerre d’agression contre l’Union soviétique

Extrait du discours central de commémoration du président allemand Frank-Walter Steinmeier
«Ce qui a commencé le 22 juin 1941, c’est le déchaînement de haine et de violence, la radicalisation d’une guerre vers la folie de l’anéantissement total. Dès le premier jour, la campagne allemande a été propulsée par la haine: par l’antisémitisme et l’antibolchevisme, par l’idéologie raciale contre les peuples slaves et asiatiques de l’Union soviétique.
 
   Ceux qui ont mené cette guerre ont tué de toutes les manières imaginables, avec une brutalité et une cruauté sans précédent. Ceux qui en sont responsables, qui dans leur délire nationaliste ont même invoqué la culture et la civilisation allemandes, Goethe et Schiller, Bach et Beethoven, ils ont détruit toute civilisation, tous les principes d’humanité et de droit. La guerre allemande contre l’Union soviétique était une barbarie meurtrière.
 
    Aussi difficile que cela puisse être pour nous: nous devons nous en souvenir! Le souvenir de cet enfer, de l’inimitié absolue et de la déshumanisation de l’autre – ce souvenir reste une obligation pour nous, Allemands, et un mémorial pour le monde. 
    Des centaines de milliers de soldats soviétiques ont été tués, affamés et abattus au cours des premiers mois de la guerre, à l’été 1941.
 
    Les meurtres d’hommes, de femmes et d’enfants juifs par les escadrons de la mort du SD et de la SS et leurs troupes auxiliaires se produisirent dès l’avancée des troupes allemandes. Des centaines de milliers de civils en Ukraine, au Belarus, dans les Etats baltes et en Russie ont été victimes de bombardements, ont été traqués sans relâche et assassinés en tant que partisans. Des villes ont été détruites, des villages ont été brûlés. Sur les vieilles photographies, seules des cheminées de pierre calcinées émergent d’un paysage dévasté. 
    Au final, l’Union soviétique aura 27 millions de morts à déplorer. 27 millions de personnes que l’Allemagne nazie a tuées, assassinées, battues à mort, affamées à mort, amenées à la mort par le travail forcé. 14 millions d’entre eux étaient des civils. 
    Personne n’a eu plus de victimes à déplorer dans cette guerre que les peuples de l’Union soviétique de l’époque. Et pourtant, ces millions de personnes ne sont pas gravées dans notre mémoire collective aussi profondément que leur souffrance, et notre responsabilité, l’exigent.

 
    Cette guerre était un crime – une guerre d’agression et d’extermination monstrueuse et criminelle. Quiconque se rend aujourd’hui sur ses sites ou bien a rencontré des personnes ravagées par cette guerre, se souviendra du 22 juin 1941 – même sans journée de commémoration ou mémorial. Les stigmates de ce jour se retrouvent chez les personnes âgées qui l’ont vécu dans leur enfance, et chez les plus jeunes, chez leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants.»


Source: https://www.bundespraesident.de/SharedDocs/Reden/DE/Frank-Walter-Steinmeier/Reden/2021/06/210618-D-Russ-Museum-Karlshorst.html du 18/06/21


(Traduction Horizons et débats)

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