4272 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 15 avril 2021

1- Sur les nouvelles sanctions des États-Unis
2 – Sur l’entretien de Sergueï Lavrov avec Abdel Hamid Dbeibah, Président du Gouvernement d’union nationale de la Libye
3 – Sur la rencontre entre Sergueï Lavrov et Saad Hariri, Premier ministre du Liban
4 – Sur les pourparlers de Sergueï Lavrov avec Marcelo Luis Ebrard Casaubon, Ministre des Affaires étrangères des États-Unis du Mexique
5 – Point de situation sur le coronavirus
6 – Sur la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine
7 – Sur l’activité de l’Otan en Ukraine et à proximité de ses frontières
8 – Sur les doubles standards des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme et les communiqués de presse concernant le nouveau chef de Daech, Amir Mohammed al-Mawli
9 – Sur la persécution de journalistes russophones en Lettonie
10 – Sur les déclarations antirusses des autorités danoises
11 – Sur le film norvégien Les Combattants
12 – Sur le second rapport du Groupe d’identification et d’enquête de l’OIAC concernant l’incident lié à l’usage supposé de chlore dans la ville syrienne de Saraqeb le 4 avril 2018
13 – Sur la position de la Russie concernant le processus de paix à Chypre
14 – Sur le travail de la Russie au Sommet de l’Asie orientale
15 – Sur la ressource pédagogique en ligne « École numérique russe »
16 – Sur l’élection présidentielle en Équateur
Réponses aux 5 questions

1- Sur les nouvelles sanctions des États-Unis

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L’ambassadeur des États-Unis en Russie – John Sullivan

Nous avons reçu de nombreuses demandes de commentaires concernant les nouvelles sanctions des États-Unis.
A plusieurs reprises, nous avons averti les États-Unis des conséquences de leurs démarches hostiles, qui font dangereusement monter le degré de confrontation entre nos deux pays. Cette ligne n’est pas dans l’intérêt des populations des deux plus grandes puissances nucléaires mondiales, qui assument une responsabilité historique pour les destinées du monde.
Lors de son entretien téléphonique avec le Président russe, Joe Biden a exprimé sa volonté de normaliser les relations russo-américaines. Mais les actions de l’administration témoignent du contraire. Les États-Unis ne sont pas prêts à se résigner à la réalité objective du monde multipolaire, qui exclut l’hégémonie américaine, et misent sur la pression par les sanctions, sur l’ingérence dans nos affaires intérieures.
Nous riposterons de manière résolue à un tel comportement agressif. La réponse aux sanctions sera inéluctable. Washington doit prendre conscience du fait qu’il faudra payer pour la dégradation des relations bilatérales. La responsabilité de cette situation repose entièrement sur les États-Unis.
Le Ministère russe des Affaires étrangères a convoqué l’Ambassadeur des États-Unis en Russie, John Sullivan. Nous partagerons des informations supplémentaires à l’issue de cet entretien qui promet d’être difficile pour la partie américaine.

2 – Sur l’entretien de Sergueï Lavrov avec Abdel Hamid Dbeibah, Président du Gouvernement d’union nationale de la Libye

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Jeudi 15 avril, le Président du Gouvernement d’union nationale de la Libye s’est rendu en visite de travail à Moscou à la tête d’une délégation représentative. Des rencontres sont prévues et se déroulent déjà avec des représentants des ministères et des institutions russes, avec les autorités de notre pays. Il est question d’un entretien avec le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine et le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Le Gouvernement d’union nationale est un organe de pouvoir de transition ayant pour objectif principal de préparer et d’organiser des élections nationales le 24 décembre 2021. Nous saluons l’avancement du processus de paix en Libye et considérons l’activité des autorités de transition pour unir les institutions publiques et les structures financières et économiques divisées par le passé comme une étape importante dans la normalisation définitive de la situation dans ce pays ami.

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Pendant la visite d’Abdel Hamid Dbeibah seront évoquées les questions relatives au processus de paix en Libye, ainsi que les perspectives du développement des relations bilatérales dans les secteurs politique, commercial et économique.

3 – Sur la rencontre entre Sergueï Lavrov et Saad Hariri, Premier ministre du Liban

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Le Premier ministre de la République libanaise, Saad Hariri, est actuellement à Moscou à l’invitation du Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine. Cet éminent représentant politique libanais rencontrera Sergueï Lavrov vendredi 16 avril.
Cet entretien permettra d’évoquer la situation au Liban, où se poursuit le processus difficile de constitution du nouveau cabinet ministériel, ainsi que d’autres problèmes d’actualité dans la région du Moyen-Orient. Les deux interlocuteurs soulèveront également les questions relatives au développement de la coopération russo-libanaise bilatérale.

4 – Sur les pourparlers de Sergueï Lavrov avec Marcelo Luis Ebrard Casaubon, Ministre des Affaires étrangères des États-Unis du Mexique

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Le 28 avril, à Moscou, se dérouleront des pourparlers entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard dans le cadre de la visite officielle de ce dernier dans notre pays. Je rappelle que le chef de la diplomatie russe s’était rendu à Mexico en février 2020.
Le Mexique est un partenaire important de la Russie. Cette coopération s’appuie traditionnellement sur le respect mutuel et la prise en compte des intérêts réciproques. L’an dernier, nos deux États ont célébré le 130e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques bilatérales.
L’entretien à venir entre les deux chefs de diplomatie témoigne du développement successif du dialogue politique multidimensionnel entre nos deux pays.
Durant cet entretien, les deux ministres évoqueront un large éventail de questions de l’ordre du jour bilatéral, notamment les perspectives de renforcement et de diversification des liens commerciaux et économiques, ainsi que d’approfondissement de la coopération sur le plan social et culturel. Une attention particulière sera accordée à la lutte contre la prolifération du coronavirus.
Un échange d’avis sur l’agenda régional et international est également au programme, notamment l’interaction entre nos pays à l’Onu, notamment au Conseil de sécurité, où le Mexique travaillera en tant que membre non permanent en 2021-2022, ainsi que dans le cadre du G20 et de l’APEC.

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Enfin, les deux ministres parleront de l’approfondissement du dialogue entre la Russie et la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac), présidée en rotation par le Mexique jusqu’en 2022.

5 – Point de situation sur le coronavirus

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Nous continuons de surveiller la situation épidémiologique liée à la Covid-19. Nous le faisons dans le contexte politique et logistique. Les organisations internationales travaillent. Les experts mondiaux échangent des informations. Au 15 avril, le nombre de personnes infectées dans le monde avait dépassé les 138 millions de personnes, et le nombre de victimes du virus approchait de la barre des 4 millions.
Force est de constater, avec regret, que la courbe générale de morbidité s’aggrave considérablement au fur et à mesure que la saison printemps-été avance: depuis quatre semaines consécutives, nous constatons une hausse continue des statistiques mondiales de contaminations et de mortalité. Nous constatons clairement un lien entre la prolifération de nouveaux variants du coronavirus et la hausse de la morbidité – et cela concerne également les pays qui sont des destinations touristiques traditionnelles. Nous appelons à suivre les informations du Centre opérationnel et des autorités compétentes (Rostourism, Rospotrebnadzor, Rossaviatsia).
De notre côté, nous voudrions noter que compte tenu de la situation épidémiologique instable dans le monde, nous réitérons nos avertissements à ceux qui prévoyaient des voyages, notamment à des fins touristiques: tout voyage étranger est associé à de grands risques. Dans l’incapacité d’annuler ou de reporter un tel voyage, il faut tenir compte de tous les facteurs et scénarios éventuels. Nos recommandations antérieures restent d’actualité.

6 – Sur la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine

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L’aggravation de la situation sur la ligne de démarcation dans le Donbass continue de susciter une vive inquiétude.
Selon le dernier rapport de la Mission spéciale d’observation (MSO) de l’OSCE, au cours des deux dernières semaines les infractions au cessez-le-feu ont doublé par rapport aux deux semaines précédentes pour atteindre 4.300 cas.
Les bombardements des forces armées ukrainiennes contre les zones d’habitation des régions de Lougansk et de Donetsk se renforcent. Le nombre de victimes civiles augmente à Donetsk et Lougansk. Kiev continue d’accumuler du matériel et des troupes dans la région. Les rapports de la MSO de l’OSCE font état de l’apparition de lance-roquettes multiples Grad interdits par les Accords de Minsk dans la commune de Droujovka, au Nord de Donetsk.
L’escalade de la situation a été évoquée lors des réunions du Groupe de contact et de ses sous-groupes les 13 et 14 avril.
Malheureusement, elles n’ont de nouveau rien donné à cause de la position non constructive de la délégation ukrainienne. Une fois encore a été confirmée la réticence de Kiev à entamer un travail objectif et à instaurer la paix par des moyens pacifiques et diplomatiques.
Afin de détourner l’attention de ses actions dans le Donbass et de l’inaction au sein du Groupe de contact, Kiev, avec un soutien massif des superviseurs occidentaux (une véritable campagne en réalité), poursuit son agression médiatique agressive contre la Russie.
Les médias ukrainiens et occidentaux ressassent le thème de l’activité militaire russe à la frontière ukrainienne. Les pays occidentaux, tantôt séparément tantôt ensemble, relaient des déclarations à ce sujet.
L’un des éléments de cette campagne de désinformation et de propagande a été le recours, par l’Ukraine, aux termes du Document de Vienne de l’OSCE sur les mesures de confiance et de sécurité portant, disent-ils, sur les « activités militaires inhabituelles ». Le 10 avril, cette question a été évoquée dans le cadre des consultations à ce sujet, et le 14 avril pendant la réunion conjointe des organes décisionnaires de l’OSCE, du Conseil permanent et du Forum pour la coopération en matière de sécurité.
Depuis deux semaines, nos diplomates à Moscou et à Vienne appellent les partenaires à ne pas déformer la réalité et à ne pas tenter d’interpréter les activités russes planifiées de préparation opérationnelle, organisées sur le territoire russe, comme un signe d’intentions agressives. L’ampleur de ces activités ne dépasse pas les indicateurs des années précédentes et semble bien plus modestes que les exercices de l’armée ukrainienne et des pays de l’Otan qui se déroulent aussi bien à la frontière de l’Ukraine que directement sur son territoire.
Les termes du Document de Vienne de l’OSCE concernant les « activités militaires inhabituelles » s’appliquent davantage aux actions des forces armées ukrainiennes dans le Donbass depuis 2014, qui ont provoqué 14.000 morts et 2,5 millions de réfugiés et déplacés internes. Nous n’avons jamais constaté de grande préoccupation de l’Occident à ce sujet.
Nous appelons une nouvelle fois nos partenaires, avant tout l’Allemagne et la France en tant que collègues du Format Normandie, à cesser de participer à la campagne propagandiste autour des activités russes qui ne menacent personne sur le territoire russe, et à se focaliser sur la nécessité d’inciter Kiev à faire retomber la tension dans le Donbass et à mettre en œuvre les Accords de Minsk.

7 – Sur l’activité de l’Otan en Ukraine et à proximité de ses frontières

 

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Les États-Unis et leurs alliés de l’Otan continuent d’accuser la Russie de rassembler des forces et du matériel à la frontière avec l’Ukraine.
Par ces attaques propagandistes, l’Alliance et ses pays membres veulent blanchir la hausse de l’intensité de leurs propres activités militaires aussi bien sur le territoire ukrainien qu’à proximité.
Je rappelle que rien que cette année sont prévues 7 manœuvres sous l’égide de l’Otan en Ukraine. Prochainement, à proximité de l’Ukraine commencera une phase active des plus importants exercices de ces dernières années, Defender Europe 2021, avec la participation de 25 États. Le nombre d’entrées de navire de guerre de l’Otan en mer Noire augmente. Rien qu’en 2020, il a augmenté d’un tiers.
Des missions d’entraînement américaine, britannique, canadienne et lituanienne sont déployées dans le pays. Les militaires ukrainiens qui ont suivi une formation sous le contrôle de l’Otan sont souvent envoyés dans la zone de ladite « opération antiterroriste » dans les régions de Donetsk et de Lougansk.
Les survols par des bombardiers stratégiques américains au-dessus de la mer Noire et de l’Ukraine pour travailler les phases de tir de missiles de croisière sont devenus bien plus fréquents, l’intensité de la reconnaissance aérienne près de la péninsule de Crimée a augmenté.
Sans parler de l’armement de l’Ukraine par les États-Unis et leurs alliés. Nos partenaires occidentaux et les médias de leurs pays n’en parlent pas. Depuis 2014, rien que Washington a accordé à Kiev une aide militaire de presque 2 milliards de dollars.
Tout cela indique que ce sont les pays de l’Otan qui attisent la situation autour de l’Ukraine par leurs actions provocatrices alors qu’elle ne fait pas partie de la zone de responsabilité de l’Alliance, alimentent les sentiments de revanche militaire, et renforcent leur potentiel militaire à proximité de cette région déjà tumultueuse.
Les doubles standards de l’Otan, États-Unis en tête, n’ont rien de nouveau et se manifestent non seulement dans le contexte de l’Ukraine, mais également dans d’autres domaines, notamment celui de la lutte contre le terrorisme.

8 – Sur les doubles standards des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme et les communiqués de presse concernant le nouveau chef de Daech, Amir Mohammed al-Mawli

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Des médias américains (notamment Voice of America, Bloomberg, The New York Times et d’autres) ont publié dernièrement des publications ressemblant à de la désinformation concernant de prétendus « contacts entre Moscou et les islamistes ». Honnêtement, il est étonnant que les médias américains accordent davantage d’attention à de tels fakes et désinformations concernant les liens d’autres pays avec les djihadistes qu’aux communiqués sur le soutien du terrorisme par des représentants de leur propre pays.
C’est aux États-Unis qu’ont été publiés des communiqués sur le nouveau chef de Daech, Amir Mohammed al-Mawli, qui travaillait auparavant pour Washington et était leur informateur. Le Washington Post, se référant aux protocoles d’interrogatoire de ce dernier rendus publics, dévoile les détails de sa coopération et des informations qu’il a transmises aux autorités américaines.
Nous partons du principe que le journal The Washington Post est un média très réputé au sein de la société américaine. Les déclarations de ce genre doivent donc mériter la plus grande attention et le plus grand intérêt de la part des autres médias américains.
L’article en question confirme une nouvelle fois que la pratique des doubles standards bien huilés a imprégné toutes les couches de la société américaine. En l’occurrence, malheureusement, la communauté journalistique, qui doit être objective et impartiale, ne fait pas exception. Du moins, ils nous avaient persuadés qu’ils vivaient selon les principes qu’ils clamaient.

9 – Sur la persécution de journalistes russophones en Lettonie

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Les attaques systématiques contre la liberté d’expression se poursuivent dans les pays baltes. En voici un nouvel exemple: le 14 avril, le Service de sécurité nationale letton a convoqué cinq journalistes collaborant avec Sputnik Lettonie russe et l’agence de presse russophone Baltnews pour interrogatoire. Dans ce cadre, ils ont été informés qu’ils avaient le statut de suspects.
Selon nos informations, ils ont signé des accords de confidentialité et d’assignation à résidence surveillée. Contre les journalistes se prépare une enquête pénale pour « violation des sanctions de l’UE » passible d’une amende et d’une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans de prison.
Nous considérons ces actes comme un nouvel exemple de diabolisation de la Russie, de persécution des habitants russophones de la Lettonie et de doubles standards. Nous considérons la poursuite pénale des journalistes dans ce pays comme une transgression flagrante du droit international en matière de liberté d’expression, ainsi que du principe de pluralisme des médias.
Nous avons vu et entendu la campagne des médias et représentants officiels américains, soi-disant préoccupés par une prétendue pression sur les médias américains travaillant sur le territoire de la Fédération de Russie. Il n’y a pas d’exemples concrets parce qu’ils n’existent pas, tout simplement.
Et cette désinformation, du registre de la rumeur, a été publiée même s’ils n’ont réussi à citer aucun exemple de pression contre des journalistes américains. En réalité, on assiste dans le monde non pas à une pression mais à une persécution des journalistes russes. Voici un exemple concret, et il n’est pas le seul. Nous parlons de ces exemples au niveau officiel. Ces informations sont confirmées.
Pourquoi ces cas ne suscitent-ils pas l’intérêt des journalistes américains, des organisations des droits de l’homme, des structures compétentes chargées de la protection de la liberté d’expression et des droits des journalistes?
Ce n’est pas intéressant? Ce n’est pas possible! Les faits sont là, en quantité plus que suffisante. Trop nombreux pour ne pas les remarquer.
Je voudrais rappeler que précédemment, en décembre 2020, sept correspondants sous contrat de Sputnik Lettonie et de Baltnews avaient fait l’objet d’une enquête pénale pour le même chef d’inculpation. Des perquisitions ont été organisées, avec une fouille du matériel informatique, saisie des téléphones portables et des cartes bancaires. Les journalistes jugés « indésirables » ont été traités et, comme nous le voyons, continuent d’être traités comme des « criminels » sans aucune base légale.
Nous appelons Riga à renoncer aux méthodes répressives et à sa politique médiatique, et à cesser de cacher cette répression flagrante de la liberté d’expression derrière les sanctions illégitimes de l’UE.
Nous espérons que les structures internationales compétentes et les organisations des droits de l’homme exprimeront un avis objectif concernant les actions des autorités lettones.
Il est impossible que de telles choses soient ignorées par les structures qui se disent indépendantes, impartiales et objectives.

10 – Sur les déclarations antirusses des autorités danoises

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Une nouvelle fois, nous sommes contraints d’attirer l’attention sur la promotion continue, par les autorités danoises, d’approches antirusses dans le contexte de la préservation de la mémoire historique de la Seconde Guerre mondiale.
En particulier, à l’occasion du 75e anniversaire du retrait des forces soviétiques de Bornholm, le Ministère danois de la Défense a publié sur les réseaux sociaux un communiqué déclarant que le royaume était devenu indépendant seulement après ce retrait de l’île en 1946.
De telles déclarations sont un exemple de déformation intentionnelle de la vérité historique.
L’opération menée par l’Armée rouge en mai 1945 visait à libérer l’île de Bornholm des occupants fascistes. Sur l’île était déployée une garnison allemande de 12.000 hommes qui refusait de capituler. Les autorités danoises ont été informées du déploiement de forces soviétiques sur Bornholm tant que les problèmes militaires ne seraient pas réglés avec l’Allemagne. Il existe de multiples confirmations de ces faits dans les sources soviétiques et danoises.
Cela donne l’impression qu’en tentant de réécrire l’histoire, d’y rayer les pages « indésirables » dans la conjoncture politique actuelle, Copenhague déforme intentionnellement les faits. Ces manipulations sont d’autant plus cyniques que cette année marque les 80 ans de l’attaque de l’Allemagne hitlérienne contre l’Union soviétique. 
On ne peut pas manipuler les faits historiques de cette manière.

11 – Sur le film norvégien Les Combattants

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Notre attention a été attirée par la diffusion, le 6 avril 2021 sur la chaîne nationale norvégienne NRK, du film documentaire Les Combattants à l’approche des 80 ans du début de l’occupation de la Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale (9 avril 1941).
Son sujet n’est pas du tout attrayant: le film parle du sort des légionnaires norvégiens de la SS qui ont « héroïquement » combattu sur le front Est, notamment à Moscou, à Leningrad, dans le Caucase et en Carélie du Nord. On notera qu’à ce soi-disant « documentaire » ont contribué les ministères norvégiens de la Culture et de la Défense.
Sous couvert de « l’utilité d’un échange d’avis non engagé », les auteurs du film ont tout mis sens dessus-dessous, ont déformé, transformé, les criminels de guerre et ceux qui ont collaboré volontairement avec les nazis en « victimes naïves de la propagande hitlérienne » et en « patriotes qui ont fait face à l’expansion du bolchévisme ». Les spectateurs sont appelés à ne pas condamner les « combattants » mais à essayer de « comprendre leurs motivations ». Le film montre une absence totale de regret et de compassion de la part de ces « vétérans » et tait leur implication dans les cruautés hitlériennes. Les « héros » se vantent de leurs « mérites au combat », se souviennent avec le sourire de l’efficacité des mitrailleuses allemandes et des lourdes pertes de l’Armée rouge.
Nous voudrions rappeler au réalisateur Alexander Kristiansen et aux autres créateurs du film un fait qu’ils ont passé sous silence. Pendant l’Offensive Petsamo-Kirkenes, notamment dans les batailles pour la libération du Finnmark oriental, l’Union soviétique a perdu plus de 6.000 guerriers. 12.678 prisonniers de guerre soviétiques sont morts dans des camps nazis sur le territoire norvégien. A titre de comparaison, les pertes de la Norvège dans la Seconde Guerre mondiale s’élèvent à 10.262 hommes.
Même la condamnation de l’activité de la SS au niveau du droit international, par le tribunal de Nuremberg dont les résultats sont immuables, n’a pas gêné les auteurs.
De tels flirts avec les criminels de guerre n’ont rien à voir avec la liberté d »expression. Ils conduisent directement à la glorification du nazisme, représentent un risque de falsification de notre histoire commune.
Jusqu’à récemment, nous n’avions pas assisté en Norvège à des tentatives aussi majeures de « repenser » les événements du temps de guerre et d’encourager au niveau des organes publics de tels projets sinistres.
Nous nous souvenons parfaitement des activités solennelles organisées à Kirkenes en octobre 2019 à l’occasion du 75e anniversaire de la libération de la Norvège des occupants fascistes par l’Armée rouge du Nord, auxquelles avait participé le Roi de Norvège Harald V. Sergueï Lavrov était à la tête de la délégation russe.
Nous notons avec gratitude l’entretien modèle en Norvège des cimetières militaires soviétiques, l’installation de nouveaux monuments, le travail laborieux pour découvrir les noms de celles et ceux qui sont morts dans les camps nazis sur le territoire de la Norvège, le respect de nos vétérans.
En septembre 2020, nous avons commenté, vous vous en souvenez, la cérémonie de remise de la médaille nationale « Pour la participation » au nom du Roi de Norvège au vétéran de la Grande Guerre patriotique Mikhaïl Podgourski à l’Ambassade de Norvège à Moscou.
Nous jugeons que l’apparition d’un tel « anti-chef-d’œuvre » sur une chaîne nationale norvégienne est complètement inadmissible et honteuse. Il est positif qu’il ait déjà été critiqué en Norvège même. Nous attendons également des commentaires honnêtes et impartiaux de la part d’Oslo.

12 – Sur le second rapport du Groupe d’identification et d’enquête de l’OIAC concernant l’incident lié à l’usage supposé de chlore dans la ville syrienne de Saraqeb le 4 avril 2018

 

Nous avons remarqué la publication, le 12 avril sur le site internet de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), du rapport d’enquête sur l’incident lié au prétendu usage de chlore dans la ville syrienne de Saraqeb le 4 février 2018.
La publication de ce document à la veille de la réunion finale de la 25e session de la Conférence des États parties de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIACI, La Haye, 20-22 avril 2021) n’est pas du tout un hasard: pendant cette activité sera évoqué le projet de décision politisée – sans précédent pour cette structure internationale purement technique – portant atteinte aux droits et aux privilèges de Damas dans le cadre de la Convention pour l’implication soi-disant prouvée de l’armée syrienne dans trois épisodes d’usage de chlore et de sarin en mars 2017 à Al-Lataminah, selon les dires de l’opposition syrienne.
Il s’agit du second rapport du Groupe « attributif » d’identification et d’enquête imposé à l’OIAC par Washington et ses alliés euro-atlantiques en violation de la CIAC.
Les conclusions sont absolument identiques, dans les meilleures « traditions » de cette structure pseudo-parquet: « Il existe des raisons logiques de penser que le 4 février 2018, pendant l’attaque sur la commune de Saraqeb, l’hélicoptère de l’armée de l’air syrienne de l’unité des Tigres, nom de code « Alpha 253 », a lancé au moins un ballon de chlore dont l’explosion a touché 12 personnes dont l’identité a été établie ».
Qu’est-ce que c’est que cette formulation pour une organisation internationale dont l’activité s’appuie sur le droit international?
Qu’est-ce que c’est que cette conclusion qui constitue la base d’un rapport préparé pendant une longue période: « il existe des raisons logiques de penser »?
Cette fois, pour une plus grande véracité des conclusions préconçues, politisées et pseudo-professionnelles, à l’enquête auraient participé tous les experts possibles et imaginables, notamment des domaines de la météorologie, de la toxicologie, de l’armement, de la géolocalisation et des technologies numériques. Et tout cela pour raccorder une sorte de « base scientifique » à ce qui est présenté comme l’unique version possible du lancement d’un ballon de chlore de 120 litres depuis un hélicoptère, visiblement à partir d’une grande altitude, sur un terrain vague dans la banlieue de Saraqeb.
En un mot, la pratique vicieuse de préparation de rapports par la mission spéciale de l’OIAC pour l’établissement des faits d’usage des armes chimiques en Syrie et l’ancien mécanisme conjoint d’enquête OIAC-Onu se poursuit avec, cette fois, le Groupe d’identification et d’enquête illégalement créé.
Mais il est rassurant que les multiples manipulations et machinations utilisées dans la préparation de plus en plus rusée de tels rapports accusant Damas deviennent de notoriété publique grâce aux collaborateurs honnêtes et non engagés politiquement de l’OIAC, organisation qui faisait autorité par le passé et qui a reçu en 2013 le prix Nobel de la paix précisément pour la démilitarisation chimique réussie de la Syrie.
L’appel adressé au Secrétariat technique de l’OIAC par le Groupe de Berlin 21 indépendant – dont font partie plusieurs scientifiques et personnalités connus – à entendre l’avis des anciens inspecteurs mentionnés de l’Organisation qui ont fait la lumière à l’époque sur le travail malhonnête de la Mission spéciale d’établissement des faits en Syrie pendant l’enquête sur la provocation chimique mise en scène par l’ONG pseudo-humanitaire Casques blancs dans la ville syrienne de Douma le 8 avril 2018, vient le confirmer une nouvelle fois.
De plus, il est prévu de mener une investigation minutieuse au Conseil scientifique consultatif de l’OIAC concernant des fautes procédurales et scientifiques graves commises par les collaborateurs de l’Organisation, qui n’ont pas trouvé la force de faire face à la « commande » politique du côté de leurs employeurs dans la préparation d’une version définitive complètement déformée du rapport sur cette provocation chimique des Casques blancs qui se sont faits la main dans la préparation de telles mises en scène.

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Nous espérons qu’au final la justice triomphera et que les forces qui se trouvent derrière cette activité aussi honteuse ternissant l’autorité passée de l’OIAC et l’intégrité de la CIAC reviendront à la raison. Sinon, un préjudice irréparable serait infligé au système de désarmement et de non-prolifération des armes de destruction massive, construit avec tant de mal pendant des décennies.

13 – Sur la position de la Russie concernant le processus de paix à Chypre

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D’un côté, la République chypriote, membre de l’Union Européenne. De l’autre, la République turque de Chypre, que ne reconnait pas la communauté internationale


Nous avons salué l’initiative du Secrétaire général de l’Onu d’organiser une réunion informelle « 5 + l’Onu » sur le processus de paix à Chypre du 27 au 29 avril 2021 à Genève, et nous suivons attentivement sa préparation. Nous trouvons positif le fait que toutes les parties intéressées aient exprimé leur disposition à y participer. Nous espérons que cette activité donnera une impulsion à la reprise des négociations et rapprochera la perspective d’un compromis sur les questions problématiques.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, nous nous opposons absolument à l’imposition de l’extérieur de solutions prêtes et d’un délai de règlement. C’est aux communautés chypriotes de décider de leur avenir.
Notre position fondamentale reste inchangée: nous continuons de prôner un règlement global juste et viable au profit de tous les habitants de l’île conformément à la base juridique universelle qui implique la création sur l’île d’une fédération bizonale et bicommunautaire avec une personnalité juridique internationale, une souveraineté et une citoyenneté communes.
Les signaux insistants de certaines capitales visant à modifier les bases actuelles des négociations pour passer d’un modèle fédératif à deux États sont inadmissibles. Tout changement des paramètres de base du processus n’est possible qu’avec l’accord de l’Onu.
Nous considérons la démilitarisation progressive de l’île comme un aspect important du processus, tout comme le remplacement du système obsolète de garanties extérieures par les garanties du Conseil de sécurité des Nations unies.

14 – Sur le travail de la Russie au Sommet de l’Asie orientale

https://www.usinenouvelle.com/mediatheque/9/0/4/000915409_896x598_c.JPGPhoto prise le 15 novembre, lors de l’annonce de quinze économies de la région Asie-Pacifique de former le plus grand bloc de libre-échange du monde CF/ https://www.usinenouvelle.com/editorial/un-tiers-de-l-economie-mondiale-regroupe-en-un-grand-bloc-de-libre-echange.N1028159


Nous souhaitons renforcer le système de relations internationales bâti autour de l’ANASE dans la région Asie-Pacifique, y élargir l’ordre du jour fédérateur, et promouvoir la coopération appliquée sur les plateformes ANASE-centrées.
En 2016, bien avant le début de la pandémie de Covid-19, nous avons soumis au Sommet de l’Asie orientale des propositions élaborées pour la coopération régionale en matière de lutte contre les maladies infectieuses.
Pendant le 15e Sommet de l’Asie orientale en novembre 2020, à l’initiative de la Russie a été approuvée la déclaration des dirigeants sur le renforcement du potentiel collectif de prévention et de réaction aux épidémies (dont les coauteurs sont le Vietnam, l’Indonésie, la Chine et la Thaïlande). Les collègues de l’ANASE étudient le concept de mise en place d’un mécanisme de coopération contre les infections que nous avons préparé dans le cadre de la mise en œuvre des accords conclus au sommet.
Cette année, nous évoquerons la situation dans le domaine touristique dans le contexte de la crise liée au coronavirus. La pertinence de ce secteur pour les pays de l’ANASE a été confirmée dans le cadre des consultations Russie-ANASE de haut niveau le 3 février 2021. De plus, ce thème a été inscrit sur la liste des priorités de la présidence brunéienne de l’ANASE en 2021. Nous constatons une réaction positive des partenaires asiatiques à notre idée d’adopter une déclaration des dirigeants orientée sur des démarches pratiques  au 16e sommet de l’Asie orientale en octobre 2021.
Compte tenu de l’analyse de tous les aspects du développement de la situation régionale, nous trouvons important de maintenir l’attention du Sommet de l’Asie orientale sur les nouveaux risques et défis. La base juridique et politique pour cela existe. En particulier, en 2017-2018, les participants au forum ont approuvé les projets russes de documents finaux sur la prévention de la propagation de l’idéologie terroriste et la prévention des risques émanant des combattants terroristes étrangers.

15 – Sur la ressource pédagogique en ligne « École numérique russe »

L'École Numérique à Chelles - Ville de Chelles

Nous voudrions attirer l’attention de nos citoyens résidant à l’étranger sur la ressource pédagogique en ligne russe d’une ampleur sans précédent: l’École numérique russe. Elle a été lancée par le Ministère de l’Éducation de la Fédération de Russie avec le soutien de plusieurs partenaires.
De facto, c’est une véritable école russe accessible partout dans le monde sur chaque support numérique (ordinateur, smartphone), où enseignent les meilleurs professeurs russes avec des programmes spécialement développés. Les cours correspondent entièrement aux normes éducatives publiques fédérales et au programme éducatif principal de l’éducation générale. Les exercices et les tests des cours sont développés de manière à faciliter au maximum la préparation pour l’attestation publique finale sous la forme de l’Examen d’État unifié, qui sert d’examen d’entrée dans les universités russes.
Grâce à ce site, les citoyens russophones résidant en Russie et à l’étranger ont reçu un instrument absolument gratuit, sécurisé, très pratique et efficace pour se préparer à intégrer les universités russes et, dans l’ensemble, pour recevoir une éducation conformément aux hauts standards russes.
Sur le site de l’École numérique russe figurent non seulement des cours interactifs sur tout le cursus scolaire de l’école primaire et secondaire: c’est également un grand catalogue de musées, de films et de concerts musicaux, ainsi qu’un recueil des meilleurs matériaux pédagogiques pour tous les cours des pédagogues.
Nous espérons que l’École numérique russe deviendra un appui irremplaçable dans le processus éducatif pour tous ceux qui veulent obtenir une éducation en russe, qui s’intéressent à notre pays, à notre culture, qui souhaitent associer leur avenir à la Russie.

16 – Sur l’élection présidentielle en Équateur

Le 11 avril en Équateur s’est déroulé le second tour de l’élection présidentielle – remporté par Guillermo Lasso.

Le Président de la Fédération de Russie a envoyé au président élu de l’Équateur un télégramme de félicitations.

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La Russie et l’Équateur sont liés par des relations amicales étroites qui se développent de manière dynamique, équitable, et dans le respect mutuel. L’an dernier, les deux pays ont célébré le 75e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques bilatérales.
Nous comptons sur l’élargissement du dialogue politique constructif et de la coopération mutuellement avantageuse dans tous les domaines. Nous sommes certains que les relations entre nos pays continueront de se renforcer dans l’intérêt du maintien de la stabilité et de la sécurité internationales.

Réponses aux 5 questions:

Question 1 : Un anniversaire important pour la diplomatie approche: le 60e anniversaire de la signature de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. D’après vous, n’a-t-elle pas perdu de son actualité dans les conditions actuelles?

Réponse: Nous accordons une importance particulière au 60e anniversaire de la signature de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques (18 avril 1961).
C’est l’un des accords internationaux les plus demandés, qui a fixé le statut et les fonctions des représentations diplomatiques, les privilèges et les immunités des diplomates, les règles relatives au courrier diplomatique et bien d’autres règles de la communication diplomatique. La Convention est ainsi devenue un élément important pour garantir la stabilité dans les relations entre les États.
Conformément à l’art. 51 de la Convention, le document est entré en vigueur bien plus tard, le 24 avril 1964, au trentième jour après la remise au Secrétaire général de l’Onu de la 22e lettre de ratification d’adhésion. D’ailleurs, l’URSS a ratifié l’accord le 11 février 1964.
La Fédération de Russie a toujours tenu en grande estime le rôle et l’importance de la Convention en tant que l’un des actes normatifs fondamentaux en matière de droit international et diplomatique. Notre pays respecte rigoureusement sa lettre et son esprit et soumet constamment de telles exigences aux partenaires étrangers. Je rappelle que 192 États font partie de la Convention de Vienne.
Dans l’ensemble, la position de la Russie consiste à défendre continuellement les fondements du système du droit international, et souligne l’inadmissibilité de son érosion et de son interprétation uniquement dans le cadre de ses propres intérêts contrairement à tous les arguments. Dans ce contexte, malgré la présence dans le document de certains éléments archaïques, il n’y a pas de raisons de dire que la Convention aurait perdu de son actualité: ses principes fondamentaux restent demandés et constituent le squelette de l’architecture des relations diplomatiques. Sachant que la réciprocité était et demeure le principe fondamental dans l’établissement des relations entre les États.
En même temps, nous n’excluons pas qu’à une certaine étape il devienne nécessaire de moderniser le texte du document pour l’adapter aux réalités actuelles. En cas de décision consolidée de la communauté internationale à ce sujet, la Russie serait prête à participer au travail en la matière.
Malheureusement, ces dernières années, nous sommes forcés de parler de plus en plus souvent des violations de la Convention de Vienne, notamment assez graves, par les pays occidentaux qui cherchent à remplacer le droit international par leurs propres « ordres basés sur des règles ». Nous citons ces preuves pratiquement à toutes les conférences de presse. En témoigne notamment la politique agressive des États-Unis, qui détruit la diplomatie même.
Question 2 : La Russie réagira-t-elle aux actions de Washington par une expulsion de collaborateurs de représentations diplomatiques américaines?
Réponse: Comme je l’ai déjà dit, notre réaction est inéluctable. Elle sera élaborée. Vous la connaîtrez très prochainement. Nos experts la préparent actuellement.
Je voudrais également attirer votre attention sur le fait qu’en ce moment même, l’ambassadeur américain en Russie se trouve au Ministère des Affaires étrangères de notre pays. L’entretien ne sera pas agréable pour lui. Nous vous tiendrons informés à son issue.
Question 3 : Lors d’un récent entretien téléphonique de Vladimir Poutine et de Joe Biden, les présidents de la Russie et des États-Unis sont convenus de charger les structures compétentes de leurs pays de traiter les questions soulevées pendant leur discussion. Pouvez-vous préciser quelles étaient ces directives? A-t-on lancé la préparation du sommet des présidents de la Russie et des États-Unis?

Réponse: Tout ce qui concerne un sommet bilatéral éventuel a été commenté par le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov. Je vous renvoie à cette information.
En ce qui concerne les signaux qui auraient dû être reçus, nous avons l’impression que du côté américains ils ne sont pas allés dans le bon sens – vu ce qu’ils ont fait aujourd’hui.
Question 4 : Comment pourriez-vous commenter le référendum qui s’est tenu récemment au Kirghizistan sur l’adoption d’une nouvelle Constitution du pays,  étant donné qu’il a provoqué une réaction controversée en Occident? En particulier, la déclaration des observateurs indépendants de l’UE parle d’une violation du secret, des règles de campagne et de corruption des électeurs.
Réponse: L’appréciation des processus électoraux dans le monde par l’UE est tout sauf objective. Si son approche du système d’organisation des élections à différents niveaux aux États-Unis avait été objective, on aurait pu prêter attention à leurs commentaires concernant les processus électoraux dans d’autres pays.
Mais comme leur avis sur les événements avant, pendant et après les élections aux États-Unis ne peut même pas être qualifié de laconique, et encore moins d’objectif, il ne convient certainement pas de s’y référer dans les autres cas. Il faut avant tout accumuler une expérience et une autorité en matière d’objectivité. Cela ouvrira la voie à la confiance en de tels commentaires. Mais pour l’instant il n’y a rien à dire.
Alors concentrons-nous plutôt sur notre avis concernant les événements au Kirghizistan.

https://media2.ledevoir.com/images_galerie/nwd_69287_63938/une-kirghize-dans-un-bureau-de-scrutin-d-och-sous-l-oeil-attentif-d-un-militaire-hier.jpg

Photo: Agence Reuters Vasily Fedosenko Une Kirghize dans un bureau de scrutin d’Och sous l’œil attentif d’un militaire, hier.


Le 11 avril 2021 au Kirghizistan, parallèlement aux élections municipales, les autorités ont organisé un référendum sur l’adoption d’une nouvelle Constitution prévoyant le passage d’une forme parlementaire de gouvernement à un régime présidentiel.
Selon les informations préliminaires de la Commission électorale centrale du Kirghizistan, plus de 79% des électeurs qui ont participé au référendum ont voté pour.
Le référendum a été reconnu valide. Les observateurs internationaux notent que le vote a été ouvert, libre et légitime.
Nous espérons que les résultats du vote du peuple kirghiz contribueront à la garantie de la stabilité intérieure, au développement de la république dans le respect de la primauté du droit et à la croissance progressive de son économie.
Question 5 : Dans une interview accordée à l’agence de presse iranienne IRNA, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que notre pays travaillait activement à la dédollarisation de l’économie et à l’abandon des systèmes de paiement internationaux contrôlés par l’Occident. Est-ce lié aux craintes du Kremlin, formulées par Dmitri Peskov, selon lesquelles à cause de la politique de sanctions la Russie pourrait être débranchée à tout moment de ces systèmes de paiement? Sergueï Lavrov a déclaré que ce travail était mené activement. Pouvez-vous en parler plus en détail? Peut-on déjà parler de délais aujourd’hui?

https://img9.irna.ir/d/r2/2021/04/13/4/164606872.jpgTéhéran (IRNA)- Les ministres iranien et russe des Affaires étrangères ont signé un accord sur la création et le cadre d’activité des centres culturels irano-russes.CF/ https://fr.irna.ir/news/84293959/Zarif-et-Lavrov-signent-un-accord-sur-la-cr%C3%A9ation-des-centres


Réponse: Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a commenté plusieurs fois en détail ce thème dans différentes interviews.
Ce n’est plus un secret pour personne depuis longtemps que la Fédération de Russie travaille progressivement à la réduction de la part du dollar dans les réserves de change nationales, ainsi que dans les transactions avec nos principaux partenaires commerciaux. Vous pouvez prendre connaissance de la déclaration du Premier ministre russe, des différents ministères et institutions, notamment au niveau de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères.
En parallèle, notre pays développe, crée et promeut une architecture de paiement financière alternative et son association avec des analogues étrangers indépendants de la politique de Washington. Vous savez parfaitement quand et pourquoi cette ligne a été initiée.
Nous savons que Washington utilise sa devise et son système financier en tant qu’instrument pour mener agressivement sa politique non seulement en contournant ou en transgressant, mais également en détruisant tout le système juridique international.
Je voudrais noter que les démarches en question sont des décisions forcées, prises dans les conditions d’une perte de confiance envers l’Occident sur les questions concernant la non politisation de la garantie d’un accès continu au système financier international, la réduction du caractère imprévisible de la politique économique des États-Unis et à cause de l’adoption incontrôlée par ces derniers de restrictions infondées, de la menace permanente de continuer de les utiliser.
Bien évidemment, cela remet en question non seulement l’utilité de l’utilisation de la devise américaine en tant que monnaie de paiement prioritaire, mais également la viabilité de l’utilisation des mécanismes de paiement contrôlés par l’Occident. Il est logique, dans ces conditions, de prendre des mesures appelées à minimiser les risques et les pertes économiques lors des transactions.
En ce qui concerne Visa et MasterCard, la question relative à l’éventuelle suspension, par ces compagnies, des opérations avec les cartes émises en Russie a déjà été soulevée. L’élaboration et le lancement en 2014 du Système national des cartes de paiement a constitué précisément une réaction à ces insinuations pour garantir la continuité, l’efficacité et l’accessibilité des services de virement de fonds. Depuis 2015, dans le cadre de ce Système, sont émises des cartes du système de paiement national MIR.
Le travail de synchronisation des systèmes de paiement nationaux de la Russie et d’autres pays avance de manière assez productive. La coopération se développe entre le système russe MIR et les analogues étrangers, notamment le chinois Union Pay, le japonais JCB, et l’international Maestro. De telles cartes « co-branding » fonctionnent aussi bien en Russie qu’à l’étranger. En particulier, les différentes opérations avec ces cartes sont accessibles en Arménie, en Abkhazie, en Ossétie du Sud, en Biélorussie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Ouzbékistan, et en Turquie. Nous travaillons activement à la mise en place d’une telle coopération dans l’utilisation des cartes MIR avec plusieurs autres pays. Dans le même temps, c’est un processus assez long et laborieux.
Il est encore difficile de parler de délais concrets, aussi bien en ce qui concerne la création d’un ensemble national d’instruments globaux dans la sphère des opérations de paiement internationales et de sa promotion sur les marchés internationaux, que les nouvelles restrictions éventuelles de l’Occident contre la Russie dans le secteur financier.
La Banque de Russie, d’après les communiqués de sa direction, ne voit pas à l’heure actuelle de risques de débranchement de notre pays des systèmes de paiement occidentaux. Cependant, l’expérience nous montre (comme le confirme la déclaration de Dmitri Peskov) que dans les relations avec l’Occident actuel rien n’est exclu. C’est pourquoi il faut être prêt à toutes les démarches hostiles de ce qu’on appelle nos « partenaires ».

à suivre…

source/ https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4687881