4271 – Hongrie – le projet d’université chinoise à Budapest… – Le passeport vaccinal… – Viktor Orbán et le Fidesz ont enfin quitté le PPE …Avril & Mars 2021

L’opposition hongroise vent debout contre le projet d’université chinoise à Budapest – 12 avril 2021 – La Rédaction -VisegradPost

Hongrie – La coopération sino-hongroise ne se limite pas qu’aux relations commerciales dans le cadre de la Nouvelle Route de la Soie, mais se traduit aussi par des investissements dans d’autres domaines comme la future université devant être bâtie dans le IXème arrondissement de Budapest (Ferencváros) dont la construction sera financée à 80% par un crédit chinois. L’opposition y voit cependant surtout des inconvénients.

Transformer la Hongrie en un centre régional de connaissances

Le gouvernement hongrois prévoit en effet de faire bâtir un campus de l’université Fudan (une des universités les plus renommées de Chine dont le centre se situe à Shanghaï) à Ferencváros, l’objectif étant de

« mettre en œuvre un projet de développement urbain habitable dans la région du sud de Budapest, dans une friche industrielle classique, où des logements seront créés, en plusieurs phases, pour près de 12 000 étudiants dans la future cité universitaire de Budapest ».

Sur les 550 milliards de forints (1,25 milliard d’euros) que coûtera le projet, 20% seront financés par le gouvernement hongrois, et 80% par un prêt chinois. Selon le ministre de l’Innovation et de la Technologie László Palkovics, qui a signé l’accord de coopération avec la Chine en février dernier,
« la présence de l’université [de Fudan] en Hongrie [et délivrera à la fois des diplômes hongrois et sino-hongrois dans les domaines de l’économie, de l’ingénierie et de la médecine] contribuera à transformer le pays en un centre régional de connaissances ».
Ce campus serait le premier en Europe pour la prestigieuse université chinoise, classée 40e mondiale par le classement de QS World pour 2020.

« Cet investissement servira exclusivement les intérêts d’une université privée »

Autre son de cloche cependant du côté de l’opposition hongroise : le maire de l’arrondissement concerné, Krisztina Baranyi, a déclaré ce 6 avril sur son compte Facebook que cet
« investissement servirait exclusivement les intérêts d’une université privée puisque [le gouvernement] ne cède pas seulement la propriété, mais construit également dessus, et cède l’université et ses installations associées aux Chinois ».
Elle a également affirmé que l’arrondissement de Ferencváros ne céderait en aucun cas de terrains dans le cadre de ce projet, une menace peu impressionnante cependant puisque près de 85% des terrains de la zone en question sont déjà détenus par des sociétés privées.

Le député Koloman Brenner (Jobbik) a déclaré de son côté que le gouvernement se rendait coupable d’un lâchage de l’enseignement supérieur hongrois en investissant dans
une « université chinoise […] contrôlée directement par le Parti communiste chinois », ce qui marquerait « un nouveau niveau dans la politique anti-connaissance et anti-intellectuelle du Fidesz ».

Un projet qui « n’apporte aucun profit à l’économie hongroise »

Pour le parti socialiste (MSZP), le gouvernement emprunte
« une somme énorme à la Chine – que les Hongrois devront rembourser – pour que l’État chinois puisse construire une université chinoise en Hongrie. Ils le font d’une manière qui n’apporte aucun profit à l’économie hongroise, et ils suppriment la promesse d’investissement de la cité universitaire de Budapest devant fournir un logement à des milliers d’étudiants hongrois ».
Enfin, le maire de Budapest, Gergely Karácsony (Párbeszéd – vert), critique également ce projet allant à l’encontre des plans de cité universitaire de la ville de Budapest. À ses yeux,
« la construction d’une université chinoise pourrait être un outil pour la Chine pour renforcer son influence politique, son pouvoir et ses services secrets en Hongrie et en Europe ».

SOURCE/ https://visegradpost.com/fr/2021/04/12/lopposition-hongroise-vent-debout-contre-le-projet-duniversite-chinoise-a-budapest/

Le passeport vaccinal fait son apparition en Hongrie – 12 mars 2021- La Rédaction -VisegradPost

Hongrie – Comme la chaîne de télévision publique hongroise M1 l’a annoncé le 10 mars, le passeport vaccinal n’est plus un fantasme des opposants au vaccin et ne peut plus être taxé de « délire complotiste » : il vient de faire son apparition en Hongrie. Il s’agit d’une carte plastifié de la taille d’une carte de crédit, dont les premiers exemplaires seront très bientôt envoyés par la poste aux personnes considérées comme immunisées contre le coronavirus, conformément à une décision du gouvernement hongrois prise en février dernier.
Cette carte est bilingue, toutes les inscriptions sont en hongrois et en anglais ; elle est donc a priori destinée à pouvoir être utilisée également à l’étranger. On y retrouve les nom et prénoms, date de naissance, numéro de passeport et de carte d’identité, ainsi que le cas échéant la date de la vaccination. La carte a également un numéro propre et un QR code. Pour les personnes recevant cette carte suite à une infection « prouvée » par le Covid, une date de validité y figurera également, les autorités hongroises expliquant que la protection offerte par les anticorps n’est que temporaire. Il faudra donc apparemment se faire vacciner avant la date d’expiration afin d’en recevoir une nouvelle.

Trois durées de validité différentes

Ces cartes – dont la possession permettra notamment d’être dispensé de quarantaine lors des voyages – sont destinées à trois catégories de personnes :
  • Les personnes vaccinées l’obtiendront automatiquement et gratuitement par la poste. Leur carte sera valable sans date d’expiration.
  • Les personnes ayant eu le Covid et pouvant le prouver grâce à un test positif la recevront également automatiquement et gratuitement par la poste, mais leur carte ne sera valable que six mois.
  • Les personnes souhaitant la carte et pouvant prouver, par des résultats de dépistage, avoir été porteurs du virus, devront s’acquitter d’une taxe de 3 000 forints (9 euros) et fournir un test antigénique (à leur frais) prouvant qu’ils ont des anticorps. Leur carte ne sera valable que quatre mois.

Des privilèges en fonction des résultats de la consultation nationale 

Dans le cadre de la consultation nationale sur la réouverture lancée en février par le gouvernement hongrois, il est demandé quels droits supplémentaires devront être accordés au détenteurs de ces  « certificats d’immunité ». Le gouvernement hongrois a annoncé qu’il mettra en place des mesures conformes aux réponses données par la majorité des répondants. Pour le moment, aucune date de fin de cette consultation n’a cependant été annoncée.

Des cartes similaires bientôt dans toutes l’UE

Selon la chaîne de télévision M1, l’Union européenne entend mettre en place une carte similaire à celle de la Hongrie, selon des modalités dont les détails devraient être connus dans les jours prochains. Selon plusieurs agences de presse européennes, la marque du vaccin n’importerait pas ; autrement dit : recevront la carte européenne aussi ceux ayant eu une injection d’un vaccin non reconnu par l’Agence européenne du médicament (AEM), pour peu que le vaccin soit autorisé par les autorités compétentes de leur pays de résidence.

https://visegradpost.com/fr/2021/03/12/le-passeport-vaccinal-fait-son-apparition-en-hongrie/

À présent que Viktor Orbán et le Fidesz ont enfin quitté le PPE de Donald Tusk, comment devraient-ils jouer au coup suivant ? – 23 mars 2021 – Par Bill Ravotti -VisegradPost

Orbán a indiqué qu’il voulait former un parti avec Matteo Salvini (Italie) et le PiS polonais. Cependant, ce qui était encore possible en 2019 (quand Orbán a décidé de rester au PPE) pourrait s’avérer difficile aujourd’hui.
Italy’s Interior Minister and deputy PM Matteo Salvini looks on during a welcoming ceremony on November 14, 2018 for a group of 51 migrants from Niger, entitled to international protection, upon their arrival at the Mario De Bernardi military airport in Pratica di Mare, south of Rome. (Photo by Alberto PIZZOLI / AFP)

Salvini, dont la Lega soutient actuellement le gouvernement dit de coalition unitaire de Mario Draghi, a déclaré que discuter avec Orbán ne fait pas partie de ses priorités du moment.
« Je m’occupe de la façon la plus concrète possible de vaccins [contre le COVID-19] et de compensations [pour pertes de revenus] dues aux entreprises italiennes – a répondu Salvini aux journalistes qui lui demandaient de réagir aux propos d’Orbán – Nous parlerons plus tard de ce qui arrive en Europe. »
En premier lieu, je ne crois pas que cette coalition puisse exclure les Frères d’Italie de Giorgia Meloni, quoi qu’en pense par ailleurs Salvini. (Des rumeurs prétendaient que Salvini l’exigerait, mais ces rumeurs n’ont pas été confirmées, et provenaient d’une source pro-immigration.) Quoi qu’il en soit, Meloni a le vent en poupe en Italie et a toujours soutenu avec fermeté les valeurs qu’Orbán affirme vouloir promouvoir.
De plus, divers pays ont plusieurs partis appartenant au même groupe européen ; si Salvini et Meloni sont appelés à gouverner l’Italie à l’avenir, il vaut mieux les garder dans la même alliance.
D’autre part, nous pensons que Salvini fait l’objet de pressions de la part de membres de la direction de la Lega qui veulent qu’il garde des distances avec Orbán et les nationaux-conservateurs. Les rapports que tout cela entretient éventuellement avec le procès qui l’attend en Italie ne sont pas connus, mais la coupole de la Lega pourrait envisager de rejoindre l’establishment dans le cas où Salvini ferait injustement l’objet d’une condamnation au terme de ce procès politique.
Quoi qu’il en soit, il faut aussi revenir sur l’euro-sommet de 2019, dont je considère qu’il a représenté un désastre, et une opportunité ratée pour la droite. Salvini et son parti étaient au zénith de leur popularité et venaient de sortir largement victorieux des européennes en Italie, mais ont été la cible d’une cabale à l’euro-sommet, trahis par d’autres qui faisaient affaire avec son rival Macron et les partis de l’establishment (PPE, Socialistes, Renew Europe) pour installer Ursula von der Leyen à la tête de la Commission et l’activiste no-border David Sassoli (un autre rival de Salvini en Italie) à la tête du PE.
Il m’a semblé que cela constituait une énorme erreur de calcul politique et de stratégie… et je le pense toujours.
Ainsi, la récente rupture entre le Fidesz et le PPE devrait être comprise comme un pas dans la bonne direction, d’une importance cruciale, mais qui aurait probablement dû être effectué dès 2019.
Même si je continue à croire possible cette coalition avec Salvini, il faut saisir par les cheveux l’occasion quand elle se présente (comme nous pensions que c’était le cas en 2019), et avant qu’elle ne s’évapore.
Très franchement, je ne sais pas à quoi pense Salvini aujourd’hui, tout comme les raisonnements du Groupe de Visegrád m’ont laissé perplexe en 2019.
On ne peut pas faire affaire avec l’establishment : cela ne fonctionne jamais, et on y laisse toujours des plumes au bout du compte. Salvini devrait s’en souvenir, tout comme la Pologne et la Hongrie auraient dû s’en souvenir quand elles ont crié victoire au vu d’une série de nominations qui incluait celle de la commissaire Vera Jourová – un cadeau de Macron et de son acolyte Babiš, tous deux membres de Renew Europe.
Au moment où nous parlons, trop de points d’interrogation entourent Salvini. Orbán devrait se concentrer sur le renforcement et l’expansion du groupe CRE, autour du PiS polonais, de Meloni et du parti espagnol VOX. Orbán, de par sa forte personnalité, est le seul leader capable d’élargir sa base, tout en s’attelant à la tâche de réhabiliter Salvini sur le long terme.
Pourquoi inventer de nouveau partis, alors qu’il existe une possibilité de renforcer la base de centre-droit que le groupe CRE a d’ores et déjà créée ?
Pendant de longues années, l’auteur de ces lignes a eu la ferme conviction que l’UE avait désespérément besoin d’un bloc de centre-droit solide et conséquent, disposé à coopérer (de groupe à groupe) avec le groupe ID de Salvini à sa droite, pour assurer un contrepoids à la lourde influence de l’Allemagne, de la France et du bloc occidental de l’UE.
L’idée initiale était que la droite pourrait constituer un bloc unitaire, mais trop d’obstacles à surmonter (personnalités, égos…) rendraient cette tâche difficile, voire impossible. Ce n’est d’ailleurs même pas absolument nécessaire : il suffit de voir avec quelle efficacité les libéraux, les socialistes et le PPE collaborent au sein des institutions de l’UE.

https://i1.wp.com/europeanhorizonstoulouse.fr/wp-content/uploads/2019/09/Capture-d%E2%80%99e%CC%81cran-2019-09-10-a%CC%80-16.36.54-1024x466.png

Dans l’ensemble, il nous semble que les membre du groupe CRE sont de meilleure qualité que ceux du PPE, et accordent mieux leurs violons quand il s’agit de combattre l’immigration, de défendre la souveraineté de l’État-nation et de faire reculer les pouvoirs et les ambitions de Bruxelles. Même d’un point de vue géographique, le groupe CRE peut être mieux centré autour de l’Europe Centrale et Orientale que ne l’est le PPE.
Mais pour grandir, un tel groupe a besoin à la fois du PiS et du charisme d’Orbán. Seuls Orbán et le PiS possèdent le poids et la stature nécessaire pour y arriver. A long terme, leur leadership ne peut que renforcer certains des autres partis du groupe, encore émergeants.

Le statu quo n’est pas une solution à long terme : quelque-chose doit changer.

A présent, libéré de ses chaînes du PPE, Viktor Orbán peut être l’homme qui change le destin du match.

SOURCE/ https://visegradpost.com/fr/2021/03/23/a-present-que-viktor-orban-et-le-fidesz-ont-enfin-quitte-le-ppe-de-donald-tusk-comment-devraient-ils-jouer-au-coup-suivant/

 

Bill Ravotti est états-unien, marié à une tchèque. Fondateur du site indépendant V4Report spécialisé dans l’analyse de l’actualité politique du V4, des PECO et de l’UE. Bill Ravotti travaille comme CFP et a été candidat Républicain pour le Congrès en 1996 et en 1998. Il a également dirigé la campagne pennsylvanienne de P.J. Buchanan.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s