4111 -« L’eau aussi sera privatisée. L’exemple effrayant de l’Australie ! » L’édito de Charles Sannat + Vidéo « Main basse sur l’eau », les vautours de l’H2O de Jérôme Fritel

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« L’eau aussi sera privatisée. L’exemple effrayant de l’Australie ! » L’édito de Charles Sannat

par Charles Sannat | 18 Déc 2019
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Le capitalisme c’est le respect de la propriété privée par opposition au collectivisme et donc au communisme.
Cette définition du capitalisme est son acceptation la plus restreinte.
Elle permet de définir autant de capitalismes que ce que l’on souhaite en intégrant autant de règles et de contre-pouvoirs.
Il n’y a pas un capitalisme et la forme de capitalisme qui est la nôtre aujourd’hui n’a pas toujours été ainsi et ne sera pas toujours ainsi.

Le capitalisme doit pouvoir se discuter !

Je pense sincèrement que la propriété privée est un principe cardinal de la liberté, car si l’on vous empêche de posséder, on vous empêche de créer, de faire grandir, de cultiver, et qu’au bout du compte on vous empêche d’être libre. La possession et la propriété privée sont un contre-pouvoir. La propriété privée est également profondément « naturelle » et l’un des premiers concepts acquis et presque inné chez l’enfant est le fameux « à moi » qui donne des bagarres dès la crèche !
Justement, les bagarres… c’est là qu’interviennent les contre-pouvoirs, les lois, règles et règlements, la morale, les religions et toutes les différentes codifications que l’humanité a pu connaître à travers les âges et connaîtra encore.

Il y a des choses, ou des éléments qui dépassent l’idée de propriété privée.

Par exemple l’accès à l’air que l’on respire peut-il est privé ?

Par exemple l’accès à l’eau peut-il être privé et non régulé ?

Mais c’est le cas avec tout ce qui est vital. Nous pouvons réfléchir dans ce sens aux soins, à l’alimentation et à tout ce qui permet à chacun l’accès à une vie digne et le respect de la dignité humaine.
Lorsque l’on vend aux plus offrants l’essentiel sans contre-pouvoir, sans que l’Etat protège, sans que l’Etat régule alors nous faisons fausse route.
Dans Capitalisme contre capitalisme, que ma professeure d’économie (une dame brillante qui a fort bien formé ses jeunes lycéens) nous faisait lire (alors que nous n’avions que 16 ou 17 ans), l’auteur Michel Albert évoque cet Etat protéiforme du capitalisme. Il était né en 1930. Il nous a quitté après une carrière brillante et au service de l’Etat en 2015.
Ses idées autour du capitalisme rhénan et de sa supériorité n’ont pas pris une ride.
Le capitalisme rhénan respecte profondément la propriété privée, et l’encadre afin, non pas de diriger l’économie, car le dirigisme est souvent mortifère, mais afin d’assurer la convergence de la somme des intérêts privés vers l’intérêt collectif.
Voici donc ma définition du capitalisme idéal qui doit tout à un monsieur née dans les années 30.

Le bon capitalisme est celui qui assure la convergence de la somme des intérêts privés vers l’intérêt collectif

Le bon capitalisme et  celui que l’on ne doit jamais cesser de construire et de bâtir car c’est un processus évolutif, est un capitalisme qui vise en permanence la convergence de la somme des intérêts privés vers l’intérêt collectif.
Cela ne peut advenir que dans des pays où l’Etat est fort pensé et utilise sa puissance régalienne.
Il faut également des corps constitués solides.
Il faut aussi une grande ambition pour la discussion et la recherche de consensus.
Il faut faire confiance et mettre au cœur des rapports notamment sociaux mais politiques en général le principe de subsidiarité.
Au bout du compte, mettre en oeuvre ce bon capitalisme nécessite une conception plus ouverte et plus partagée de l’exercice du pouvoir.
Un vaste programme.
Mais… si l’on ne fait rien, il ne reste aujourd’hui comme opposition à BlackRock et aux fonds financiers que les BlackBlock… et c’est évidemment une alternative peu enthousiasmante.
Lorsque vous voyez dans ce reportage d’ARTE comment en Australie, « ils » font main basse sur l’eau, il y a de quoi craindre le pire.

Non les retraites ne doivent pas devenir privées !

Non, l’eau comme l’énergie doivent rester des biens communs étroitement contrôlés par des Etats puissants émanation des désirs des peuples.

Nos pays sont en vente libre, cela n’a pas toujours été ainsi, et il est largement possible de proposer des alternatives, car elles sont nombreuses, sans que nous tombions pour autant dans le communisme et le collectivisme le plus sombre.

Un autre monde, bien meilleur, est largement possible !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !
Charles SANNAT
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« Main basse sur l’eau », les vautours de l’H2O

Le documentariste Jérôme Fritel montre à quel point l’or bleu est devenu objet de spéculation. Pour le plus grand malheur des citoyens.

https://www.arte.tv/fr/videos/082810-000-A/main-basse-sur-l-eau/
Par Arnaud Gonzague
Publié le 17 décembre 2019 à 18h00
Dans un monde qui tourne rond, l’eau ne devrait même pas être un sujet de discussion. Etant indispensable à toute forme de vie sur Terre, elle devrait être préservée comme un trésor et distribuée le plus équitablement possible à ceux – hommes, plantes et bêtes – qui en ont besoin. Mais, hélas, le monde ne tourne pas rond, et l’or bleu est devenu objet de spéculation comme n’importe quel produit commercialisable. De fait, on déconseille aux spectateurs un peu désespérés par la nature humaine de visionner ce documentaire : il démontre que notre civilisation ne s’est pas contentée de démolir les écosystèmes mais que certains arrivent encore à profiter du désastre pour s’en mettre plein les poches. A croire que, jusqu’à la dernière seconde du naufrage du « Titanic », certains vendront à prix d’or des bouées !
La pénurie engendre le règne du « chacun pour soi »
Voilà comment le système marche : d’un côté, il y a une ressource, l’eau, de plus en plus précieuse parce qu’elle se raréfie (pollution, réchauffement climatique). De l’autre, des besoins de plus en plus importants (agriculture intensive, accroissement démographique). Entre les deux, des financiers qui se disent : il n’y a qu’à marchander tout cela puisque la demande ne peut que grimper. Et ce n’est pas un fantasme pour lecteur de « l’Huma », mais déjà une réalité. En témoigne le cas de l’Australie, nation dont l’agriculture est littéralement asséchée par le réchauffement terrestre. L’Etat y fixe des quotas aux agriculteurs, qui doivent casser leur tirelire pour acheter un supplément d’eau à des spéculateurs privés : à 500 dollars le million de litres, ça rapporte ! On se dit que les paysans australiens vont réagir, s’unir pour faire évoluer leurs pratiques et lutter contre les fonds vautours qui leur monnaient l’eau comme des usuriers indignes ? Mais non. La pénurie engendre le règne du « chacun pour soi », déplore un éleveur.
Autre exemple de ce que l’on peut faire de pire en matière de choix de société : il y a trente ans, la Grande-Bretagne a totalement privatisé son marché de l’eau (merci Margaret Thatcher). Résultat : des citoyens dans le besoin, à qui les compagnies ont coupé le robinet sans autre forme de procès, ne pouvaient plus s’abreuver qu’à des fontaines de rue, mises à disposition par des associations caritatives. Les exemples australien et britannique sont-ils une préfiguration de ce qui nous attend tous quand nous aurons réalisé combien l’eau est une denrée en pénurie ? Dans un monde qui tourne rond, impossible. Mais dans le nôtre…
Mardi 17 décembre à 20h50 sur Arte. Documentaire français de Jérôme Fritel (2019). 1h30. (Disponible en replay sur Arte+7).
Arnaud Gonzague
Main basse sur l’eau Documentaire de Jérôme Fritel (France, 2018, 1h30mn) #ARTE #EAU #Finance
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