4090 – Du 12 au 10 Novembre 2020 – 5 Informations par Le Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie

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1/5 … 10 novembre 2020 à 11:41
Déclaration du Président de la République d’Azerbaïdjan – du Premier ministre de la République d’Arménie et du Président de la Fédération de Russie
2/5… 11 novembre 2020 à 14:22
Sur la présentation des vaccins russes contre la Covid-19 aux ambassadeurs accrédités à Moscou
3/5… 11 novembre 2020 à 18:21
Sur la participation de Sergueï Riabkov, vice-Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie et sherpa de la Russie au sein du groupe des Brics, à la réunion des ministres de la Santé des Brics
4/5… 11 novembre 2020 à 18:52
Allocution de Sergueï Riabkov – vice-Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la 10e réunion des ministres de la Santé des Brics, Moscou, 11 novembre 2020
5/5… 12 novembre 2020  à 22:08
Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, accordée aux médias russes et étrangers au sujet des questions d’actualité de l’ordre du jour international, Moscou, 12 novembre 2020

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1/5  Déclaration du Président de la République d’Azerbaïdjan, du Premier ministre de la République d’Arménie et du Président de la Fédération de Russie – 10 novembre 2020 –11h41

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Ilham Aliev – Nikol Pachinian – Vladimir Poutine
Nous, le Président de la République d’Azerbaïdjan Ilham Aliev, le Premier ministre de la République d’Arménie Nikol Pachinian et le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, déclarons ce qui suit :
1. Sont annoncés un cessez-le-feu total et la fin de toutes les activités militaires dans la zone de conflit du Haut-Karabakh à partir de minuit, heure de Moscou, le 10 novembre 2020. L’Azerbaïdjan et l’Arménie, dénommées ci-après « Parties », s’arrêtent aux positions qu’elles occupent.
2. La région d’Agdam revient à l’Azerbaïdjan avant le 20 novembre 2020.
3. Le long de la ligne de contact au Haut-Karabakh et le long du corridor de Latchin sont déployés des casques bleus de la Fédération de Russie sous la forme de 1.960 militaires avec des armes à feu, 90 véhicules blindés de transport, 380 véhicules et matériels spéciaux.
4. Le contingent de maintien de la paix de la Fédération de Russie est déployé parallèlement au retrait des forces armées arméniennes. Le délai de présence des casques bleus russes est de 5 ans avec un prolongement automatique de 5 ans si aucune des Parties n’annonce, plus de 6 mois avant l’écoulement des délais, son intention de suspendre cette entente.
5. Afin d’améliorer l’efficacité du contrôle de l’accomplissement des accords par les belligérants, un centre de maintien de la paix pour le contrôle du cessez-le-feu est mis en place.
6. Avant le 15 novembre 2020, l’Arménie rend à l’Azerbaïdjan la région de Kelbajar, et avant le 1er décembre 2020 la région de Latchin. Le corridor de Latchin (5 km de large), qui assurera une liaison du Haut-Karabakh avec l’Arménie sans affecter pour autant la ville de Choucha, reste sous le contrôle des casques bleus de la Fédération de Russie.
Sur accord des Parties, d’ici trois ans sera mis au point le plan de construction d’un nouvel itinéraire de circulation via le corridor de Latchin, garantissant une liaison entre le Haut-Karabakh et l’Arménie, suivi par un redéploiement des casques bleus russes pour protéger cet itinéraire.
L’Azerbaïdjan garantit la sécurité de la circulation via le corridor de Latchin des citoyens, des moyens de transport et du fret dans les deux sens.
7. Les déplacés internes et les réfugiés reviennent sur le territoire du Haut-Karabakh et dans les régions attenantes sous le contrôle du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
8. Les Parties procèdent à l’échange des prisonniers de guerre, des otages et des autres personnes détenues, ainsi que des dépouilles des personnes décédées.
9. Tous les communications économiques et de transport sont débloquées dans la région. L’Arménie garantit la sécurité de la communication de transport entre les régions occidentales de l’Azerbaïdjan et de la République autonome du Nakhitchevan afin d’organiser une circulation sans obstacle des citoyens, des moyens de transport et du fret dans les deux sens. Le contrôle de la communication de transport est pris en charge par le Service de garde-frontières du FSB de la Russie.
Sur accord des Parties sera garantie la construction de nouvelles communications de transport reliant la République autonome du Nakhitchevan avec les régions occidentales de l’Azerbaïdjan.
Le 9 novembre 2020

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4419267

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2/5… Sur la présentation des vaccins russes contre la Covid-19 aux ambassadeurs accrédités à Moscou -11 novembre 2020 -14h22

la présentation du vaccin Sputnik V

Communiqué de presse

Ce mercredi 11 novembre, à l’Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères, s’est déroulée en visioconférence la présentation du vaccin Sputnik V développé par l’Institut de recherche national en épidémiologie et en microbiologie Gamaleïa, ainsi que du vaccin développé par le Centre de recherche national en virologie et en biotechnologie Vektor.

Alexandre Iakovenko RUSSIE Alexandre Iakovenko

Le Recteur de l’Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Iakovenko,
Andreï Gouriev,RUSSE  Andreï Gouriev,
et le Président du Conseil de coordination de l’Union russe des industriels et des entrepreneurs pour la lutte contre le coronavirus Andreï Gouriev, Directeur général de Foragro, ont adressé leurs salutations aux participants.

le Directeur général du Fonds russe des investissements directs, Kirill Dmitriev.

Le rapport principal a été présenté par le Directeur général du Fonds russe des investissements directs, Kirill Dmitriev.
Le Directeur adjoint pour la recherche du Centre de recherche national en épidémiologie et en microbiologie Gamaleïa, le docteur ès sciences biologique et correspondant de l’Académie des sciences de Russie Denis Logounov, et le Directeur général du Centre de recherche national en virologie et en biotechnologie Vektor, Rinat Maksioutov, docteur ès sciences biologiques, ont présenté leurs élaborations.
Pendant cette réunion, il a été annoncé pour la première fois que l’efficacité du vaccin Sputnik V s’élevait à 92%.
Kirill Dmitriev a invité les représentants de pays étrangers à coopérer. A titre de geste de bonne volonté, il a parlé de l’élaboration d’un programme de vaccination du personnel des ambassades étrangères sur demande.
Les interlocuteurs ont répondu aux nombreuses questions des ambassadeurs et des représentants d’ambassades.

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4420145

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3/5… Sur la participation de Sergueï Riabkov, vice-Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie et sherpa de la Russie au sein du groupe des Brics, à la réunion des ministres de la Santé des Brics – 11 novembre 2020 –18h21

Sergueï Riabkov,RUSSE

Sergueï Riabkov,

Communiqué de presse

Mercredi 11 novembre, le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, sherpa de la Russie au sein du groupe des Brics, a participé à la 10e réunion des ministres de la Santé des Brics en visioconférence.

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Pendant la réunion, les ministres ont évoqué la situation actuelle liée à la pandémie de Covid-19 dans les pays des Brics et les démarches communes éventuelles pour surmonter la crise.
Les ministres ont analysé les initiatives russes visant à créer dans le cadre des Brics un Système complexe de prévention des risques d’apparition d’épidémies de maladies infectieuses, et à publier une Revue des mesures avancées prises par les pays du groupe afin de lutter contre la prolifération du coronavirus. Les participants ont également échangé en profondeur leurs avis sur le renforcement de la coopération entre les pays des Brics dans le domaine de la santé.

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4420596

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4/5…Allocution de Sergueï Riabkov, vice-Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la 10e réunion des ministres de la Santé des Brics, Moscou, 11 novembre 2020 – 18h52

Allocution de Sergueï Riabkov BRICS Allocution de Sergueï Riabkov

Chers collègues,
Je suis ravi de vous saluer tous en bonne santé à la 10e réunion des ministres de la Santé des Brics.
Avant tout, je voudrais exprimer ma gratitude à tous ceux qui, chaque jour depuis des mois, en risquant leur vie, sauvent celle des autres. C’est un véritable acte héroïque du personnel médical. Je m’incline devant vous. J’espère vraiment que les efforts communs nous permettront de surmonter cette crise rapidement.
Cette réunion anniversaire des ministres de la Santé des Brics se déroule à une période difficile. La pandémie de coronavirus qui a frappé le monde entier a été une mise à l’épreuve pour toute l’humanité, une sorte de test de la capacité de la communauté mondiale à réagir en adéquation aux risques qui surviennent soudainement. Les systèmes de santé des différents pays, mais également les différentes institutions internationales comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sont très sollicités.
En ce sens, les pays des Brics jouent un rôle particulier. Au cours de ces années de partenariat stratégique, notre groupe a développé une solide immunité contre les différentes crises. La Covid-19 ne fait pas exception. Notre groupe doit jouer son rôle dans la lutte contre la pandémie de coronavirus pour surmonter ses conséquences complexes.

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La base nécessaire existe déjà: en 2015, dans la déclaration d’Oufa, les dirigeants de nos pays ont donné la consigne nécessaire de développer la coopération dans le domaine de la santé, en accordant notamment une attention particulière à la lutte contre les maladies infectieuses.
A cet égard, il convient de mentionner l’initiative de l’Afrique du Sud pour la mise en place du Centre d’élaboration et de recherche de vaccins des Brics. Elle a été approuvée pendant le sommet de Johannesbourg en juillet 2018, mais n’a pas encore été mise en œuvre.
Pour la présidence russe, le thème de la protection de la santé publique est devenu d’une importance particulière. Vous connaissez notre initiative pour la création du Système complexe de prévention des risques d’apparition d’épidémies de maladies infectieuses des Brics. Nous espérons qu’elle trouvera une application pratique.
De plus, le Ministère russe de la Santé a proposé en temps utile de publier la Revue des mesures avancées prises par les Brics afin de lutter contre la prolifération du virus Covid-19. Je pense que ce document pourrait être utile non seulement aux pays du groupe, mais également aux spécialistes d’autres pays.
Dans le contexte de la pandémie qui perdure, les ministères de la Santé assument une responsabilité particulière. C’est de vous qu’on attend des décisions et des initiatives qui aideront à revenir au plus vite à la vie normale, d’avant la crise. Vous êtes au courant des travaux menés par les meilleurs chercheurs russes sur la création d’un vaccin efficace contre le coronavirus. Je ne vais pas approfondir ce sujet au milieu de professionnels. Je voudrais seulement noter l’importance de la coordination des pays des Brics sur les principaux aspects de la coopération anti-Covid.
D’où le titre de votre réunion d’aujourd’hui: « Période Covid-19: la solidarité globale des Brics pour la protection de la santé ».
Les collègues du Ministère russe de la Santé ont accompli un grand travail pour préparer la réunion ministérielle. Ils ont préalablement diffusé les documents nécessaires que vous allez examiner et approuver.
Nous comptons sur votre soutien. A la veille du 12e sommet des Brics qui se tiendra le 17 novembre en visioconférence, c’est une bonne occasion de rendre compte à nos chefs d’État et de gouvernement du travail accompli.
Chers collègues, des résultats de votre réunion dépend le futur vecteur de la coopération entre nos pays dans le domaine de la santé. Je vous souhaite du succès et un travail productif. Je compte sur votre approche constructive dans les discussions à venir.
Merci de votre attention!

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4420606

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5/5… Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, accordée aux médias russes et étrangers au sujet des questions d’actualité de l’ordre du jour international, Moscou, 12 novembre 2020 – 22h08

Интервью_С.Лаврова_2020-11-12  SERGUEÏ LAVROV

Sergueï Lavrov: Bonjour, chers collègues.
Cela faisait longtemps que nous n’avions pas communiqué, pour des raisons compréhensibles, mais la pandémie n’est pas la fin du monde. De nombreux événements se déroulent dans différentes régions du globe, notamment à proximité des frontières russes et ailleurs sur notre planète, là où nous avons des intérêts légitimes. C’est pourquoi j’ai répondu avec plaisir à la proposition d’échanger aujourd’hui dans ce format. Je suis à votre service. Maria Zakharova dirigera ce processus.

1

Question: Concernant le processus de paix dans le Haut-Karabakh et le rôle de la Turquie dans la région. Premièrement, comment travailleront les observateurs turcs au poste d’observation sur le territoire azéri, les limites de leur mobilité sont-elles déjà fixées?

Deuxièmement, ce matin les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Turquie ont déclaré que les Turcs joueraient le même rôle dans l’observation que les représentants russes. Le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu pense déjà évoquer au parlement l’envoi de militaires turcs. Ankara a-t-il le droit de le faire et comment faut-il voir ces démarches de la Turquie sachant que, dans le texte de la déclaration conjointe sur le Haut-Karabakh des dirigeants de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan et de la Russie, la Turquie n’est pas du tout mentionnée?

Mevlüt Cavusoglu turquie  Mevlüt Cavusoglu – Turquie

Sergueï Lavrov: Les limites de la mobilité des observateurs turcs sont définies par les coordonnées géographiques qui seront déterminées pour le déploiement du centre d’observation russo-turc sur une partie du territoire azéri, qui n’est pas proche du Haut-Karabakh et sera convenue ultérieurement pour la mise en place d’un centre d’observation commun.
Un mémorandum au niveau des ministres de la Défense de la Russie et de la Turquie a été signé hier à cet effet. Ce centre travaillera uniquement à distance, en utilisant les moyens techniques de contrôle objectif tels que des drones et d’autres technologies permettant de suivre la situation sur le terrain au Haut-Karabakh, avant tout sur la ligne de contact, et de déterminer quelle partie respecte et quelle partie pourrait enfreindre les conditions du cessez-le-feu et des activités militaires.
Par conséquent, les limites de la mobilité des observateurs turcs seront définies par ces locaux qui seront mis en place sur le territoire azéri, et non sur le territoire de l’ancien conflit.
J’ai lu les déclarations du Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, du Ministre turc de la Défense Hulusi Akar, selon lesquelles ils travailleront selon le même principe que les Russes.

du Ministre turc de la Défense Hulusi Akar

  Ministre turc de la Défense Hulusi Akar

Il s’agit uniquement de ce fameux centre qui sera déployé sur le territoire azéri de manière stationnaire, sans aucune mission de sortie. En effet, dans ce centre les spécialistes et les observateurs russes et turcs travailleront selon les mêmes principes. Aucune unité de maintien de la paix turque ne sera envoyée dans le Haut-Karabakh. Cela est clairement formulé dans la déclaration des dirigeants que vous avez mentionnée.
Beaucoup (chez nous aussi, d’ailleurs) veulent aujourd’hui présenter de manière déformée les accords conclus. Je lis avec stupéfaction certains avis de prétendus experts. Les spéculations sont également nombreuses dans d’autres pays, mais il faut s’orienter sur les termes du texte, qui sont le résultat des négociations tendues de la semaine ayant précédé l’annonce du cessez-le-feu.

2

Question: Depuis hier, certains appellent en Arménie à rompre l’accord conclu entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie avec la médiation du Président russe Vladimir Poutine, ce qui pourrait être considéré comme une provocation risquant de relancer les activités militaires. Sachant que certains orateurs cherchent à présenter la présence de casques bleus russes comme une sorte de bouclier. Que pouvez-vous dire de telles déclarations? D’après vous, dans quelle mesure sont-elles dangereuses et quelles pourraient être les conséquences?

Sergueï Lavrov: Le stade actuel du conflit a commencé après une accumulation, pendant une assez longue période, de déclarations très émotionnelles, agressives et belliqueuses. Nous aurions préféré que tout le conflit soit réglé depuis longtemps selon les principes mis au point par les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE.

azerbaidjan_2  Azerbaïdjan

Le Président azéri Ilham Aliyev  Le Président azéri Ilham Aliyev

Le Président azéri Ilham Aliyev en a parlé plusieurs fois ces derniers temps en soulignant sa disposition à remplir, selon ces principes, ce qui a été proposé par les coprésidents.
Si nous avions suivi cette voie, alors le résultat aurait probablement été pratiquement le même: la libération de cinq régions, puis de deux autres. Mais, premièrement, cela aurait été fait sans effusion de sang et, deuxièmement, en lien avec le règlement définitif du conflit.
Ces propositions de paix, ainsi que les démarches politiques et diplomatiques proposées et partagées par tous à une certaine étape, ont été remises en question dernièrement. Il a été dit qu’en suivant la voie du retour de cinq et de deux régions, cela ne garantirait pas une sécurité fiable.

Carte-NKR-1024x792  carte octobre 2020 de la revue « Conflit »

Des déclarations assez émotionnelles, brutales et agressives ont commencé à s’accumuler des deux côtés. L’atmosphère devenait tendue. Des incidents se sont produits à la frontière de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Ils ont pu être rapidement étouffés, mais la volonté d’un dénouement rapide planait dans l’air.
Des efforts ont été entrepris par les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, qui ont lancé des appels en ce sens, puis des déclarations ont été adoptées au niveau des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, qui ont été ensuite confirmées dans les nouveaux documents initiés par les Français, puis par les Américains en tant que nos collègues de coprésidence.

Rien de cela n’a fonctionné et n’a contribué à la fin réelle du conflit parce que dans tous ces cas aucun mécanisme de contrôle du cessez-le-feu – auquel appelaient les coprésidents – n’a été mis en place.

Ces accords sont passés à un autre niveau quand des négociations intensives se sont déroulées pendant une semaine entre les présidents de la Russie, de l’Azerbaïdjan et du Premier ministre de l’Arménie.
Le Président russe Vladimir Poutine s’est entretenu avec chacun de ses homologues plusieurs fois par jour. L’attention principale était focalisée sur la mise en place de la mission de maintien de la paix. Cela a été finalement fait. Sa composition a été déterminée par la Fédération de Russie à la demande de Bakou et d’Erevan. La mission est déjà en cours de déploiement au Haut-Karabakh sur la ligne de contact, tout en assurant à la fois le corridor de Latchin pour la liaison entre le Haut-Karabakh et l’Arménie.
Nous observons les protestations qui ont lieu actuellement à Erevan. Nous voyons à quel point l’opposition tente de spéculer sur la situation. Certes, il y a des gens sincères qui sont probablement vexés que tout se termine à l’étape actuelle.

Mais il ne faut pas nourrir l’illusion que les sept régions en question autour du Haut-Karabakh pourraient rester à tout jamais dans la situation dans laquelle elles se trouvaient depuis deux mois.

Je pense que les autorités responsables devaient expliquer à la population qu’à une certaine étape, il faudra le faire conformément aux principes proposés par les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE.
Ces principes sont sur la table depuis des années. Ils ouvraient une voie parfaite pour régler le conflit sans effusion de sang ni préjudice pour la sécurité de qui que ce soit dans cette région, avant tout des Arméniens du Karabakh et d’autres groupes ethniques qui vivent au Karabakh, et des pays de la région – l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Le déblocage de toutes les communications, de transport et économiques, est appelé à jouer un immense rôle positif pour la relance de cette région, notamment pour l’ascension économique de l’Arménie qui a souffert plus que les autres de la rupture des liens commerciaux et de transport avec l’Azerbaïdjan et la Turquie.
Aujourd’hui, conformément à l’accord entré en vigueur, ces liens se rétablissent. L’économie doit pouvoir respirer, la liaison de transport avec les partenaires de l’Arménie doit être mise en place. Je suis certain que si nous mettons entièrement en œuvre notre entente, tout le monde y gagnera. Pour l’instant, rien n’indique que quelqu’un tenterait de saper les accords.

Premier ministre Nikol Pachinian ARMENIE 2  Premier ministre Nikol Pachinian

Nous communiquons avec nos collègues arméniens. Le Président russe Vladimir Poutine s’est entretenu hier avec le Premier ministre Nikol Pachinian.

Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian  Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian

Ce matin, j’ai parlé au Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian. Je suis convaincu que le gouvernement arménien comprend toute sa responsabilité et a signé ces accords en se basant sur les plus hauts intérêts de sa population. Je suis certain que l’intégrité de cet accord sera conservée et qu’il sera rempli.
Du moins, je vois de nombreuses forces politiques en Arménie qui comprennent ce qui se passe et en tirent les bonnes conclusions.

3

Question: Concernant les points 4 et 9 de la déclaration sur le cessez-le-feu. Conformément au 4e point, le délai de présence du contingent russe de maintien de la paix est de 5 ans, avec reconduction automatique de 5 ans.

La présence de casques bleus russes est-elle une garantie temporaire ou à durée indéterminée de la sécurité du peuple du Haut-Karabakh?

Sergueï Lavrov: Vous avez cité les points qui contiennent la réponse à votre question. Le délai est fixé à cinq ans. Il peut être prolongé de cinq ans si, à six mois de son échéance, aucune des parties ne proposait de suspendre ce terme. C’est ce qui est écrit.
Je trouve que c’est une formulation tout à fait raisonnable. Elle crée un horizon suffisant pour que la situation non seulement s’apaise, mais passe également dans une phase constructive – et il faudra construire beaucoup de choses au Karabakh. Je soulignerai seulement la nécessité d’examiner toutes les questions « statutaires », avant tout du point de vue de la garantie des droits des groupes ethno-confessionnels qui y vivaient et y vivent maintenant.
Tous les réfugiés et les déplacés internes ont le droit de revenir au Haut-Karabakh, d’y rétablir leurs racines culturelles, civilisationnelles et religieuses.
Il faudra examiner la situation concernant de nombreux édifices cultuels, les églises et les mosquées, qui sont pour la plupart dans un état déplorable.
Cela concerne également les sites religieux dans d’autres parties de la région. L’Arménie a soulevé plusieurs fois la question du sort des églises chrétiennes à Nakhitchevan. J’en suis certain: maintenant que nous débouchons sur un règlement après la fin des activités militaires, il faut accorder une attention particulière à ces questions de patrimoine culturel des Arméniens, des Azerbaïdjanais et d’autres groupes qui vivent sur le territoire de ces pays.
Ce sera l’une des démarches les plus importantes qui permettra de rétablir l’entente et la paix interethniques. Dans l’ensemble, beaucoup de choses devront être faites pour que le patrimoine des Arméniens et des Azerbaïdjanais, historiquement très étroitement et profondément lié au Haut-Karabakh, devienne également un élément d’unification dans les démarches à entreprendre.
J’espère que cette période de cinq ans de présence du contingent russe de maintien de la paix, par laquelle nous avons commencé, permettra de poser au moins une base très solide pour avancer dans cette direction.
Je n’anticiperais pas concernant la question de savoir ce qui se passera d’ici cinq ans. Nous sommes convaincus que les parties sont intéressées par la présence de casques bleus russes. Nous avons admis la possibilité de suspendre leur mandat, mais ne construisons pas de projets, ne faisons pas de pronostics. Soutenons les casques bleus russes dans l’accomplissement de leur mandat très important et difficile pour que la vie paisible s’installe dans le Karabakh, et ce sur tout le territoire de cette entité.

4

Question: A quoi sert-il aujourd’hui de mener des négociations sur la prolongation du START avec l’administration visiblement sortante de Donald Trump (qui nous accordait au maximum un an, mais avec des conditions) si le futur président Joe Biden nous accorde cinq ans sans conditions préalables?

5f8a925687f3ec5d5f61d700 Vladimir Poutine, le 16 octobre 2020, lors de la réunion de son Conseil de sécurité.

Sergueï Lavrov: La question « à quoi sert-il » implique que nous sommes intéressés. Nous avons manifesté et exprimé notre intérêt en déclarant que sur la table se trouvaient des propositions dont nous n’avons pas plus besoin que les Américains.
Maintenant, je lis des commentaires assez agités de Washington et avant tout de l’administration sortante – ou disons de l’administration Trump. Tout n’est pas encore décidé concernant son départ. Mais quoi qu’il en soit elle s’en ira – même si les républicains prenaient la Maison blanche, ce serait une nouvelle administration.
De l’administration Trump nous entendons des déclarations assez agitées, comme quoi la Russie a peu de temps pour décider avec qui elle veut signer le traité: avec Donald Trump? Ou offrir tout cela à Joe Biden? Ou tout de même faire plaisir à Donald Trump pour qu’il vole à Joe Biden un triomphe en politique étrangère?
Cela relève une nouvelle fois du genre des prétendus experts réfléchissant selon la mentalité « qui gagnera, qui perdra ». Ce n’est pas ce que nous souhaitons. Nous souhaitons que tout le monde gagne.
Dans la situation actuelle, si l’on parle du START, tout le monde y gagnera uniquement en le prolongeant sans aucune condition préalable. Nous l’avons proposé il y a plus d’un an, et autour de cela les Américains ont commencé, on ne sait pourquoi, à chercher des signes de notre « faiblesse », d’un intérêt particulier dans le prolongement de ce traité à tout prix, ils ont commencé à avancer des conditions inacceptables.
Ces derniers temps, ils disaient être prêts à prolonger le traité tout en prétendant qu’il ne fallait pas simplement geler via des engagements politiques toutes les ogives nucléaires, mais aussi les recompter, identifier la catégorie de ces ogives, et instaurer immédiatement le contrôle des sites où ces ogives sont fabriquées.

Nous avons déjà connu une situation où des inspecteurs américains étaient à l’entrée de nos usines de l’industrie militaire. C’était dans les années 1990. Il n’y aura jamais de retour à ce système.

Puis ils nous disaient:
« Nous sommes prêts à prolonger, mais hormis le fait que vous nous montrerez toutes vos ogives et vous placerez nos inspecteurs à l’entrée des usines qui fabriquent des ogives, vous devez aussi détruire certaines de vos nouvelles armes comme le Poséidon et le Bourevestnik. Nous pouvons parler sur les autres mais celles-ci, vous devez simplement les détruire. »
Je ne sais pas ce qu’il y a de plus, l’intérêt pour un dialogue réel sur la stabilité stratégique pour garantir la sécurité de son pays, de ses alliés et de l’humanité dans l’ensemble, ou plutôt une campagne de com‘, une tentative de faire monter les enchères, de montrer son « air dur », comme on dit aujourd’hui.
Au vu de l’agitation actuelle autour des États-Unis dans le cadre du décompte des voix, des plaintes et d’autres perturbations, il ne faut s’attendre à aucune proposition claire qui serait réaliste et non imprégnée par la conjoncture politique immédiate, que ce soit de l’entourage de Donald Trump ou de l’équipe de Joe Biden.

C’est pourquoi nous attendrons que tout se calme.

Le Président russe Vladimir Poutine a déclaré que nous n’avions pas plus besoin de cet accord que les Américains. Nous voudrions le prolonger. Nous avons posé sur la table tout ce qui pouvait être fait pour cela. C’est aux Américains de répondre.

Si la réponse est négative, nous vivrons sans ce traité.

Nous disposons du nécessaire pour garantir notre sécurité. Cela a été confirmé encore plus fermement pendant la récente série de réunions organisées par le Président russe à Sotchi avec des militaires et des représentants de l’industrie de l’armement.

5

Question: Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a également organisé des rencontres sur le Karabakh. Sans résultats. Washington pourra-t-il jouer un rôle constructif dans ce processus de paix ou attendez-vous des changements en politique étrangère sur ce dossier avec l’administration de Joe Biden?

US-DIPLOMACY-POMPEO
US Secretary of State Mike Pompeo speaks at a press conference at the State Department in Washington, DC, on October 21, 2020. – US Secretary of State Mike Pompeo said Wednesday he hoped Sudan will soon recognize Israel as Washington moved to remove the Arab country as a state sponsor of terrorism. »We continue to work to make the case to every country to recognize Israel, » Pompeo told reporters. (Photo by NICHOLAS KAMM / POOL / AFP)


Sergueï Lavrov: Vous avez dit que le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait organisé une rencontre sans résultats. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas eu de résultats. Depuis le début des activités militaires, les coprésidents ont entrepris des efforts, notamment au sommet.
Un communiqué des présidents de la Russie, des États-Unis et de la France a été diffusé, appelant les parties à cesser les activités militaires et à entamer le processus de paix en s’appuyant sur les concepts promus par les coprésidents ces dernières années. Cette déclaration n’a pas fonctionné, elle n’a pas été entendue.
Puis a été faite la déclaration des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, que nous avons rédigée à Moscou et qui était également un appel à cesser les activités militaires, ainsi qu’un engagement d’Erevan et de Bakou à cesser ces activités et à créer un mécanisme de contrôle. Elle n’a pas non plus donné de résultats.

Président français MACRON  Emmanuel Macron

S’en est suivie une initiative du Président français. Une autre déclaration en soutien aux actions précédentes a été convenue à distance.
Puis l’initiative de Washington, que les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie ont été invités à rejoindre.
Tout cela a créé une masse critique qui a permis, dans les derniers jours avant le 10 novembre 2020, de traduire cette volonté de la communauté internationale, fixée dans de nombreuses déclarations des coprésidents, dans le langage des actions pratiques au niveau des présidents de la Russie, de l’Azerbaïdjan et du Premier ministre de l’Arménie.
J’ai parlé au téléphone à mon homologue français hier. Mes collaborateurs ont parlé aux partenaires américains. Nous avons senti une sorte de rancune:
« Comment cela se fait-il? On ne nous a rien dit en détail. »
Premièrement, nous avons toujours souligné publiquement (le Président russe Vladimir Poutine en a parlé) que nous travaillions sur le cessez-le-feu dans le cadre des positions exprimées par les coprésidents.
Deuxièmement, en ce qui concerne une information plus concrète et détaillée, les négociations sur la préparation de la déclaration de Moscou du 9 novembre 2020 ont duré plusieurs jours. Littéralement 24 heures sur 24, avec plusieurs appels téléphoniques par jour. C’est pourquoi si la volonté d’avoir des détails se traduit par l’invitation, après chaque conversation, d’en informer nos partenaires américains et français, alors c’est simplement impossible à faire physiquement. Je suis certain que les explications que nous avons finalement apportées ont été correctement interprétées. J’ai senti une telle compréhension hier à l’issue de mon entretien avec le Ministre français des Affaires étrangères.

Conseil de sécurité des Nations unies

D’ailleurs, nous avons proposé au Conseil de sécurité des Nations unies de saluer les accords de cessez-le-feu conclus, en soulignant qu’ils s’inscrivaient dans le cadre des initiatives avancées par les coprésidents.
Nous ne voulons en aucune manière nous distancer des collègues américains et français. De plus, nous les avons invités à Moscou, ils y viendront dans les jours à venir pour une discussion détaillée afin de savoir comment ils peuvent contribuer à la réalisation des accords conclus, notamment en ce qui concerne l’établissement de la vie pacifique au Karabakh: la coexistence des groupes ethno-confessionnels, la reconstruction des sites culturels et religieux, la garantie de leur fonctionnement sûr et respectueux.
Les coprésidents peuvent y jouer un immense rôle avec les organisations de l’Onu, entre autres l’Unesco.

onu unesco

Nous avons déjà entamé les discussions préalables avec nos collègues d’autres établissements spécialisés de l’Onu, notamment avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés et le Comité international de la Croix-Rouge (ce n’est pas une structure de l’Onu mais elle coopère étroitement avec tous les pays pour régler les problèmes humanitaires internationaux).
Le CICR dispose depuis longtemps d’un mandat pour travailler en Arménie et en Azerbaïdjan, notamment au Karabakh. Ce mandat existe depuis des années. Nous avons parlé aux représentants de la direction de cette organisation à Genève.
Nous attendons le président du CICR Peter Maurer à Moscou la semaine prochaine. Nous évoquerons comment, dans les nouvelles conditions, la Croix-Rouge pourra reprendre son travail pour contribuer à l’échange de corps des défunts, au retour des prisonniers, des otages et d’autres personnes détenues.
Par conséquent, le rôle des coprésidents est toujours bien réel, le Ministre arménien des Affaires étrangères me l’a confirmé pleinement aujourd’hui par téléphone. J’ai parlé hier au téléphone au Ministre azéri des Affaires étrangères, qui a également confirmé sa volonté que la coopération entre les coprésidents se poursuive.

6

Question: Vous attendez-vous à des changements dans la politique étrangère de l’administration Biden, non seulement par rapport au problème du Karabakh mais également dans l’ensemble?

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Sergueï Lavrov: Vous savez, les diplomates doivent évidemment prédire les différents phénomènes, les changements d’approche de leurs partenaires vis-à-vis des différents problèmes qui existent sur la scène internationale.
Mais ce n’est pas une bonne idée de faire pronostics à l’étape actuelle, selon moi. Bien sûr, nous suivons la situation aux États-Unis. C’est une grande puissance, dont dépendent encore beaucoup de choses sur la scène internationale – mais pas toutes. Nous pouvons suivre seulement les déclarations faites, les noms qui sont mentionnés en tant que nouveaux participants potentiels aux processus aux États-Unis liés à la politique étrangère. Des noms sont également mentionnés par l’administration du Président Donald Trump; Joe Biden mentionne aussi des noms de personnes qu’il voudrait voire dans son équipe.
A en juger par les premières annonces indiquant quelle serait la politique étrangère américaine en cas d’investiture de Joe Biden, elle semble davantage corresponde aux canons promus par Barack Obama, ce qui est assez logique étant donné que Joe Biden était son vice-président.
Cela concerne avant tout le climat, le retour à l’Accord de Paris sur le climat, le programme nucléaire iranien. Même si cela soulève de nombreuses questions. Même si les démocrates constituant l’administration décidaient de revenir au Plan d’action, selon certaines déclarations, ils ne le feraient pas sous la forme initiale mais tenteraient de changer l’accord à leur avantage afin de le rendre lucratif pour eux et intrusif par rapport à l’Iran. J’ignore à quel point ce sera prometteur, je ne vais pas conjecturer. Je désigne simplement les choses à aborder à l’issue du décompte des voix aux États-Unis.

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J’espère que l’attitude des États-Unis envers l’OMC, quelle que soit l’issue des élections, sera plus constructive, que Washington ne bloquera pas le travail de l’OMC ni ne cherchera à la détruire, à la remplacer par des accords bilatéraux situationnels dans différentes régions du monde avec leurs partenaires, qui ne seront soumis à aucune logique autre que la volonté de tirer un profit maximal pour les États-Unis. Dans l’ensemble, les Européens attendent une approche plus multilatérale de Washington quand toute cette épopée se calmera. Nous verrons.
Sur le dossier russe nos politologues, et je suis d’accord avec eux, ne s’attendent pas à des changements révolutionnaires.
L’Amérique est profondément divisée, nous le voyons d’après les résultats du vote à l’élection présidentielle. Il est clair que les représentants politiques responsables doivent chercher des « points d’accroche » permettant de surmonter cette division et de promouvoir des idées d’unification qui consolideront le peuple américain.
Mais en analysant ce qu’il peut y avoir de commun entre les deux forces politiques, les républicains et les démocrates, pour les unir et régler les problèmes communs, certains observateurs placent en priorité, parmi les dénominateurs communs, l’attitude envers la Fédération de Russie.
Ces quatre dernières années, à commencer par les derniers mois de la présidence de Barack Obama, au sein de la société américaine a été semée une telle russophobie qu’aujourd’hui elle fait déjà partie de la culture politique américaine. Il serait dommage que les États-Unis tentent de réunifier la nation sur cette base russophobe. Mais nous verrons.

7

Question: Depuis plusieurs mois, les protestations se poursuivent en Biélorussie. On n’entend pas beaucoup parler de la réforme constitutionnelle et il est très difficile de couvrir objectivement cette situation, étant donné que le ministère des Affaires étrangères biélorusse n’a toujours pas délivré de nouvelle accréditation à ceux qui l’ont demandée. Le Ministère russe des Affaires étrangères apportera-t-il une contribution aux journalistes russes sur ce point?

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Sergueï Lavrov: Bien évidemment, nous aiderons nos journalistes. Nous avons prévu ce mois-ci une réunion du collège conjoint des ministères des Affaires étrangères russe et biélorusse. Nous évoquerons obligatoirement ce thème. Mais sans attendre ce collège nous posons déjà ces questions à nos partenaires.
Honnêtement, je n’ai pas entendu que l’un de nos journalistes russes éprouvait de tels problèmes ces derniers temps. La Directrice du Département de l’information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova le sait certainement, elle me le dira. Si c’est nécessaire, j’interviendrais évidemment. Je ne vois pas de raisons pour que les journalistes russes ne reçoivent pas leur accréditation à temps, comme d’ailleurs la grande majorité des autres journalistes qui veulent travailler en Biélorussie, à l’exception de ceux qui remplissent directement des missions pour déstabiliser la situation politique dans la capitale et d’autres villes de la Biélorussie. Nous avons de tels exemples, et les autorités biélorusses en parlent.
Si l’on évalue la situation dans son ensemble, bien évidemment, nous sommes préoccupés par la poursuite des différents troubles, même si nous sommes satisfaits par la diminution des protestations.
Le nombre de participants aux manifestations non autorisées diminue. Dimanche dernier, ils étaient quelques milliers – entre 3.000 et 5.000. Ce ne sont pas du tout les mêmes chiffres que quand plus de 100.000 personnes défilaient. Cette baisse de l’activité de masse reflète certainement la prise de conscience par les personnes qui descendaient sincèrement dans la rue et voulaient être entendues que la situation doit être calmée, qu’il faut passer au dialogue constructif, d’autant que les autorités ont exprimé des propositions assez claires. Elles restent sur la table des négociations – je fais notamment allusion à la réforme constitutionnelle.
Mais la réduction de l’ampleur de ces protestations animées par les personnes sincères qui voulaient une meilleure vie et un dialogue avec les autorités, qui voulaient être entendues, est compensée par l’agressivité de ceux qui descendent dans la rue.
C’est clairement une majorité de gens d’une autre catégorie: il s’agit de personnes qui veulent provoquer la police à faire usage de la force. Des jeunes gens, dont plusieurs éléments criminels avec des pavés, des barres de fer et des cocktails Molotov. Ils sont clairement disposés aux actions agressives.
C’est une provocation, une tentative d’empêcher la situation de déboucher sur le dialogue politique auquel appelle le Président biélorusse Alexandre Loukachenko quand il avance l’initiative d’une réforme constitutionnelle.
Si je comprends bien, elle est activement discutée à l’heure actuelle. Je ne peux pas dire qu’une pause a été marquée. Il y a calendrier clair, un contenu qui est expliqué à toute la population: la limitation des pouvoirs du Président de la Biélorussie, la répartition d’une partie des obligations du chef de l’État entre le pouvoir législatif, le gouvernement et les structures régionales.
On évoque la possibilité de réformer le parlement pour qu’il devienne monocaméral et soit élu selon un système mixte ou proportionnel. Tout ce qui est proposé est soumis à l’examen de l’Assemblée populaire biélorusse. Tous les délais sont déjà fixés: le mois prochain, soit janvier, si je comprends bien.

Après quoi le projet de nouvelle Constitution sera soumis au référendum national.

Nous soutenons pleinement ce processus et partons du principe qu’au travail sur les amendements à la Constitution, à l’élaboration de la nouvelle Constitution, doivent participer les plus larges groupes de population, les syndicats et les groupes de travail, les étudiants, les organisations de jeunesse, les ONG, les partis politiques. Tout cela doit évidemment être ouvert aux forces d’opposition saines.

Malheureusement, l’opposition qui travaille actuellement depuis l’étranger, depuis Vilnius et Varsovie, adopte une position différente.

Elle ne veut pas de dialogue, n’avance pas de contre-programme constructif et ne prône que le renversement du Président biélorusse Alexandre Loukachenko, exige sa démission et une nouvelle élection présidentielle. Il est très difficile de se représenter avec quel programme les opposants voudraient se présenter à cette nouvelle présidentielle hypothétique.
A en juger seulement par leurs slogans, ils veulent visiblement revenir à une période de leur histoire quand la Biélorussie n’était pas un pays indépendant, n’était pas une république indépendante, à une époque où elle faisait partie d’autres États.

C’est probablement au peuple biélorusse de décider comment prendre le fait qu’on cherche à prédéterminer son sort de cette manière.

Vous le savez, un conseil de coordination a été créé à Vilnius, une direction nationale anticrise à Varsovie. Ils sont reçus dans les capitales européennes, dans les structures parlementaires européennes. Je ne pense pas que nos collègues occidentaux ne comprennent pas ce qu’ils font. Même si à tous les coins de rue ils disent que ce n’est pas une tentative de changer le pouvoir à Minsk, pas une tentative de semer la discorde entre la Biélorussie et la Fédération de Russie, toutes ces « nobles incantations » ne sont pas confirmées par des actions pratiques.

L’opposition biélorusse est très activement financée et incitée à occuper précisément cette ligne sans compromis consistant à exiger le changement de régime, organiser des grèves à durée indéterminée – qui ont échoué – et bien d’autres choses faites de l’extérieur afin de maintenir une atmosphère conflictuelle.

Les États-Unis, le Canada et l’UE ont décrété des sanctions individuelles contre le Président biélorusse Alexandre Loukachenko et les plus proches collaborateurs de son administration.
Nous savons qu’il n’y a pas simplement un flux d’argent pour financer ces projets, notamment ceux organisés avec la participation de casseurs recrutés parmi des éléments criminels, avec des tentatives de provoquer la police: il y a aussi des instructions diffusées de Varsovie et de Vilnius via les réseaux sociaux en mode manuel, nous les avons vues. Les instructions pour préparer des cocktails Molotov et des explosifs, et bien d’autres.
C’est pourquoi notre position est très simple: il faut cesser de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Biélorussie, il faut stimuler tous les Biélorusses, y compris l’opposition, à participer au processus politique par la réforme constitutionnelle.

Les idées de jouer la carte de la confrontation biélorusse sur les plateformes internationales sont très nuisibles et néfastes.

Vous le savez, l’OSCE a déclenché le mécanisme de Moscou qui a été créé encore en 1990, en pleine période d' »euphorie » parmi ceux qui souhaitaient l’effondrement de l’URSS.
Ce mécanisme de Moscou a été déclenché pour préparer un rapport à distance (le Parlement européen l’a également examiné) en s’appuyant sur lequel a été approuvée une résolution appelant à apporter le plein soutien à l’opposition biélorusse et même à créer un fonds d’aide qui sera transmis au peuple biélorusse dès que le régime actuel sera renversé. C’est une idée très regrettable.
D’ailleurs, au Conseil des droits de l’homme de l’Onu existe la procédure d’examen périodique universel de la situation dans chaque pays membre du CDH: qu’en est-il de ces droits?
Il s’avère qu’il y a une semaine c’était le tour de la Biélorussie de passer cet examen périodique universel, dont la préparation a duré près de 18 mois.
Les résultats de l’examen des efforts biélorusses pour renforcer les droits de l’homme ont reçu une note positive pour ces 18-24 derniers mois. Je ne dis pas que tout est en ordre. Les droits de l’homme ne sont entièrement en ordre dans aucun pays. Mais ce n’est pas un tableau en noir et blanc, il est bien plus compliqué. Un représentant politique raisonnable qui veut que les peuples vivent selon leurs volontés, qu’ils décident eux-mêmes de leur propre sort, doit aider à créer les conditions pour cela.
Et ceux qui veulent jouer aux jeux géopolitiques vont chouchouter et cultiver des opposants, les inviter dans leurs bases étrangères d’où ils tenteront de diriger les processus dans leur pays. L’expérience de la Biélorussie est très regrettable. Je pense que même ceux qui cherchent à patronner la protestation biélorusse comprennent l’inutilité de cette initiative mais, malheureusement, ne peuvent pas s’arrêter.

8

Question: En 2016, à la fin de son mandat, le Président américain sortant Barack Obama a décrété de nouvelles sanctions contre la Russie et a expulsé des diplomates russes. Est-ce que Moscou s’attend à ce que Donald Trump tente de faire la même chose pour tirer un trait sur la perspective d’une reprise des relations entre Moscou et Washington? Et de quoi s’agirait-il: de nouvelles sanctions contre la Russie ou le Nord Stream 2, de nouvelles démarches pour empêcher les futurs accords sur la stabilité stratégique, ou d’autre chose?

NOUVELLES SANCTIONS AMÉRICAINES CONTRE LA RUSSIE
Photo d’archives/REUTERS/Maxim Shemetov

Sergueï Lavrov: Pas besoin d’attendre la fin du mandat de l’administration Trump pour constater de nouvelles sanctions contre la Russie.
Nous avons récemment cité les statistiques portant sur la période du mandat de Donald Trump à Washington. Des sanctions ont été décrétées 46 fois contre la Russie – sectorielles, mais aussi contre des personnes physiques et morales de la Fédération de Russie.
C’est un record absolu de sanctions antirusses en quatre ans. Pas la peine d’attendre la fin de la cadence. Du moins, l’administration Trump n’a pas semblé éprouver de difficultés pour décréter des sanctions sans aucune raison.
Ce n’est pas notre problème. Nous sommes déjà habitués au fait que nous devions compter uniquement sur nous.
Il existe le terme « substitution aux importations ». Il est parfois interprété très étroitement, critiqué parce qu’il n’est pas toujours possible de remplacer un produit importé concret. Parfois cela prend beaucoup de temps, parfois il est plus pratique d’essayer de compter sur un analogue étranger qui est meilleur. Parfois on ne veut pas s’occuper de la création de quelque chose de local. Mais cette même substitution aux importations est nécessaire dans un sens plus large, global, géopolitique.

Nous ne pouvons plus construire notre politique, nos projets commerciaux et énergétiques, nos plans de communication avec le monde extérieur, avant tout avec l’Occident, en partant du principe que tout ce dont nous convenons avec nos partenaires occidentaux sera respecté et mis en œuvre à part entière.

L’Occident a prouvé sa totale incapacité à s’entendre et sa non-fiabilité. Il a prouvé son attachement aux tentatives de jouer aux jeux géopolitiques et de placer la politique au-dessus de l’économie en ignorant la juste évolution des événements qui ont eu lieu en Crimée après le coup d’État en Ukraine, quand des russophones et des Russes ont refusé d’accepter ses résultats.

J’en ai déjà parlé. C’était la raison des sanctions occidentales. L’Occident a montré toute son incapacité quand il n’a pas réussi à empêcher ce coup d’État, même s’il a détruit l’accord préparé par l’UE.
Il existe de nombreux exemples où l’on a vu l’Occident passer sa colère sur nous parce que lui-même avait admis des échecs et des erreurs très grossières dans sa politique. Nous devons nous y habituer.
Maintenant nous voyons les Skripal, Navalny – c’est une histoire complètement révoltante. Je trouve que nos partenaires allemands et occidentaux se comportent d’une manière absolument inadmissible. C’est un sujet à part. Nous voyons qu’au moindre prétexte ils attrapent le bâton des sanctions quand la raison de notre discorde est la réticence totale des partenaires occidentaux à tenir leurs engagements.
Que ce soit sur l’Ukraine – ils ont entièrement raté leur mission en février 2014 -, les explications que nous exigeons de leur part sur les Skripal et Navalny, et bien d’autres accusations à notre égard.

Nous devons nous habituer à la substitution aux importations non seulement en ce qui concerne les fromages, les truffes, les produits agricoles, mais également tout ce qui nous est nécessaire pour un développement durable, sûr, fiable et avancé dans tous les domaines sans exception.

9

Question: Depuis le début des activités militaires dans le Haut-Karabakh, la Turquie a activement participé aux initiatives diplomatiques pour régler le conflit. D’après vous, quelle contribution a apporté la Turquie à la réalisation des accords entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie qui ont mis un terme aux activités militaires au Karabakh?

erdogan turquie  Président turc Recep Tayyip Erdogan

Sergueï Lavrov: Des avis ont été exprimés à ce sujet. Le Président russe Vladimir Poutine a parlé plusieurs fois au Président turc Recep Tayyip Erdogan au fil de nos efforts pour assurer un cessez-le-feu et déployer des casques bleus, et à l’issue de l’entente conclue. Recep Erdogan a soutenu les actions de la Russie.
Nous sommes convenus avec les collègues turcs de créer un centre d’observation qui sera situé sur le territoire azéri mais pas à proximité de la zone du conflit.
Il permettra de surveiller à distance la situation grâce à des moyens techniques, notamment par les airs, ainsi que sur le terrain au Haut-Karabakh et, si nécessaire, d’utiliser l’influence de la Fédération de Russie et de la Turquie sur les parties afin d’empêcher les éventuelles violations (j’espère qu’il n’y en aura pas).
Je souligne de nouveau que ce travail sera mené sur le territoire imparti à ce centre commun. Il n’est pas lié aux mouvements des casques bleus dans la zone du conflit en soi, il faut bien le comprendre. J’entends différents souhaits. Mais il faut probablement les laisser de côté et s’occuper de choses concrètes.
Surtout, il faut faire ces choses concrètes en s’appuyant sur l’entente signée hier par les ministres de la Défense russe et turc concernant le travail dans les locaux du centre d’observation.
Les avis de certains sont actuellement au bord de l’euphorie, d’autres, de l’hystérie: « La Russie a perdu le Caucase, la Crimée sera la prochaine. » Nous avons suffisamment d’analystes spéculateurs de ce genre, tout comme en Turquie et dans d’autres pays. Les journaux turcs débordent d’accusations selon lesquelles Ankara se serait fait battre, que la Russie aurait battu tous les autres. Comme quoi la Turquie comptait capitaliser l’aide accordée à l’Azerbaïdjan bien plus efficacement, parce que les Turcs gagnent sur le champ de bataille, et les Russes à la table des négociations. J’ai lu des extraits de la presse turque. Cela vous est certainement familier aussi.
Je répète encore une fois que la même vague, mais cette fois avec des accusations de trahison de la Russie (nous sommes accusés de tellement de choses) s’est levée dans notre presse libérale et sur les réseaux sociaux.

C’est de l’analyse de comptoir. Il faut y prêter moins d’attention.

Les analogies anatomiques pour parler de politique sont à la mode chez nous. Si l’on parle de l’Arménie, à une époque « radio Arménie » répondait aux questions en URSS. L’une des questions ressemblait à ceci:  » Quelle est la différence entre un certain organe humain et la vie? » La réponse de « radio Arménie » était: « La vie est plus dure. » Toutes ces réflexions selon lesquelles quelqu’un aurait perdu quelque chose, qu’il aurait pu prendre davantage, est du même ressort que quand toute la politique, tous les événements dans le monde, sont perçus du même point de vue du jeu à somme nulle: je t’ai battu, alors que je suis le meilleur; je t’ai humilié ou tu m’as humilié, je ne l’admettrai pas.

Ce n’est pas notre politique.

Nous souhaitons que partout dans le monde, avant tout autour de nos frontières, tout soit calme, sans conflits qui se consument.
Certains disaient: « La Russie souhaite plus que tout que le conflit du Haut-Karabakh ne se règle pas ».
Ou encore: « La Russie a fait traîner les choses toutes ces années ».

C’est complètement faux.

La Russie était la première à promouvoir le processus de paix du Haut-Karabakh, comme en témoigne le fameux document de Kazan.
Il aurait pu apporter les mêmes résultats qu’aujourd’hui sur le terrain, mais sans effusion de sang. Malheureusement, tout cela s’est avéré impossible à l’époque et pas du tout par notre faute. Après cela, nous avons adopté l’approche à deux étapes qui a été prise avec enthousiasme par les parties. Ensuite, comme je l’ai mentionné aujourd’hui, des doutes ont été exprimés: « Comment cela: cinq régions, deux régions? Comment garantira-t-on la sécurité? » Cela a également échoué et a été mis de côté pour une période indéterminée, pas par notre faute. 
Nous ne manquions pas de bonnes intentions, tout comme de propositions concrètes. Maintenant nous avons débouché sur le processus de paix avancé initialement par la Russie (oui, malheureusement en utilisant la force et au prix de victimes des deux côtés).
Probablement l’histoire n’enseigne rien, comme on le sait. Mais il est tout de même regrettable que le résultat obtenu au prix du sang aurait pu l’être sans effusion de sang.
La Fédération de Russie ne souhaite pas maintenir des conflits gelés, que ce soit dans le Karabakh, en Transnistrie ou ailleurs dans l’espace postsoviétique. Ceux qui avancent de tels avis agissent de manière complètement malhonnête, selon moi.

Cela vient également de l’absence de connaissances concrètes et de l’absence de volonté concrète de comprendre en quoi consiste la position de la Fédération de Russie, quelles positions nous avançons.

Nous avons des objectifs communs avec la Turquie, comme je l’ai dit: observer depuis le territoire azéri, avec des moyens techniques de contrôle objectif, la situation dans la zone de l’opération de maintien de la paix menée uniquement par le contingent de la Fédération de Russie. Il n’existe aucune ambiguïté à ce sujet. Nos partenaires turcs le savent parfaitement. Nous continuerons de coopérer avec eux, notamment sur d’autres axes de la politique mondiale, avant tout en Syrie.

à suivre

https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4429844

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