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  • 1/Non, Viktor Orbán n’a pas instauré la dictature en Hongrie…

  • 2/La Pologne vient en aide à l’Italie…

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1/Non, Viktor Orbán n’a pas instauré la dictature en Hongrie…

– VisegradPost – Nicolas de Lamberterie*

HONGRIE ORBAN 2020.03.05-orban-fb

Non, Viktor Orbán n’a pas instauré la dictature en Hongrie, et par ailleurs il gère remarquablement la crise.

Les menteurs professionnels

Même une pandémie mondiale et un risque de crise économique majeure n’empêchent pas les menteurs professionnels occidentaux de vilipender Viktor Orbán et la Hongrie. On apprend à leur lecture que le Premier ministre hongrois se serait arrogé les « pleins pouvoirs », voire se rapprocherait de la « dictature ». Rien que cela.

Alors que l’Occident se dévoile à la face du monde comme étant un navire en perdition incapable de prévoir, d’agir, de protéger ses populations, ou même de fabriquer rapidement des masques consistant en un bout de tissu et deux élastiques, il faut bien que les sycophantes et les thuriféraires du libéralisme occidental se rassurent comme ils peuvent.

Ils s’offrent une cible facile en mentant sur la Hongrie.

Les centaines de Français Gilets Jaunes éborgnés et mutilés par la police aux ordres de Macron ? Le maintien criminel (déjà plusieurs morts parmi ceux qui ont tenu les bureaux de vote !) des élections municipales françaises en pleine pandémie ? Le tri tragique des patients à l’hôpital en fonction de leur âge en raison de l’insuffisance de lits ou de respirateurs ?

Tout cela est sans importance, ce qui menace l’Europe c’est Viktor Orbán !

Pleins pouvoirs ? De quoi parle-t-on ?

Les dirigeants hongrois ont activé l’article 53 de la Constitution (vous pouvez la lire en français ici) :

État de danger

Article 53

(1) En cas de calamités ou de catastrophes industrielles mettant en danger la sécurité de la vie humaine et des biens, et afin d’éliminer les conséquences de celles-ci, le Gouvernement déclare l’état de danger et il peut prendre les mesures spéciales définies par loi organique.

(2) En cas d’état de danger, le Gouvernement peut prendre des arrêtés par lesquels, selon les dispositions prévues par loi organique, il peut suspendre l’application de certaines lois, déroger aux dispositions légales et prendre d’autres mesures spéciales.

(3) L’arrêté du Gouvernement défini à l’alinéa (2) reste en vigueur pendant quinze jours, sauf s’il est prorogé par le Gouvernement sur autorisation de l’Assemblée nationale.

(4) L’arrêté du Gouvernement prend fin à l’expiration de l’état de danger.

En comparaison, l’article 16 de la Constitution française instaurant les pouvoirs exceptionnels est beaucoup plus étendu que l’article 53 de la Constitution hongroise relatif à l’état de danger.

Pour cela, les parlementaires ont voté une première fois l’état de danger le 11 mars 2020 pour une durée de 15 jours, puis, conformément aux dispositions de la Constitution, ont voté une seconde fois pour le proroger indéfiniment (en réalité, jusqu’à la cessation de l’état de danger, par un vote simple du Parlement).

Ce second vote a été accompagné d’une péripétie et d’un coup politique de maître dont seul Orbán a le secret.

En effet, le 23 mars 2020, à l’approche du terme des 15 jours de l’état de danger, Orbán a sollicité une modification de l’agenda parlementaire pour avancer le vote de la prorogation immédiate de l’état de danger au Parlement, ce qui nécessitait une procédure exceptionnelle recueillant l’approbation des 4/5 des parlementaires. Or la coalition gouvernementale ne dispose « que » des 2/3 du Parlement, et avait donc besoin du soutien des parlementaires d’opposition. Ces derniers (en dehors des parlementaires du parti nationaliste Mi Hazánk) ont refusé, au prétexte que la loi de prorogation de l’état de danger ne contenait pas de limite dans le temps.

Par conséquent, ce n’est que le 30 mars que l’état de danger a été prorogé. D’un point de vue juridique, les dispositions ont donc cessé durant quelques jours, sans que cela n’empêche toutefois réellement leur application.

Mais le coup était suffisant pour accuser l’opposition d’entraver la politique de défense des Hongrois entreprise par le gouvernement.

L’état de danger autorise le gouvernement à gouverner par ordonnances dans les domaines qui concernent l’état de danger, et uniquement dans ces domaines.

Pour faire très simple : en raison du caractère urgent des mesures à prendre du fait de la pandémie mondiale, plutôt que de perdre du temps dans des procédures parlementaires et de réunir de façon dangereuse des centaines de personnes (parlementaires, attachés, fonctionnaires), le gouvernement hongrois pourra prendre des mesures rapides par ordonnance dans les domaines d’action contre le coronavirus.

Un des domaines controversés des dispositions prises en raison de l’état de danger concerne la diffusion de fausses informations (fake news).

L’opposition et les journalistes occidentaux y voient là une volonté de museler la liberté de parole. Argument d’autant plus risible que la liberté de parole est beaucoup plus importante en Hongrie que dans nombreux pays occidentaux. Dans les faits, ces dispositions ont surtout permis d’arrêter un individu qui avait répandu la fausse information (ultérieurement reprise par de nombreux médias) selon laquelle la ville de Budapest serait mise en quarantaine spéciale. De telles fausses informations sont précisément susceptibles de susciter des mouvements de paniques (souvenons-nous de la fuite précipitée des Italiens du nord vers le sud du pays), propices à la diffusion du virus.

Pour rappel, Viktor Orbán dispose d’une majorité absolue (et même constitutionnelle des 2/3) au Parlement hongrois. Par conséquent, il ne disposait déjà d’aucune entrave parlementaire à tout projet législatif qu’il aurait voulu voir entrer en vigueur. Cela se passe ainsi car les électeurs hongrois l’ont voulu (en 2018, le parti d’Orbán a obtenu 49% des suffrages, tandis que le premier parti d’opposition culminait à 19%).

58dbc15ad5c38_1200x600_transparent  Budapest

Tandis que l’opposition se ridiculise en criant à la mise en place de la dictature, la mairie du XIe arrondissement de Budapest, dirigée par l’opposition, en a profité pour établir des entreprises dans les domaines des médias et du parking sans réunir le conseil municipal d’arrondissement.

Faut-il parler de dictature dans le XIe arrondissement ?

Que l’on apprécie ou non la personnalité et l’action gouvernementale de M. Orbán, ce dernier (pourtant affaibli par les élections municipales d’octobre 2019) vient encore de donner une magistrale leçon de politique à son opposition.

En-Hongrie-l-extreme-droite-joue-la-dediabolisation-pour-les-legislatives Gábor Vona,                Gábor Vona

Même l’un de ses principaux anciens opposants, Gábor Vona, ancien président du Jobbik et aujourd’hui retiré de la politique électorale, a expliqué que selon lui l’opposition s’est trompée. Il prédit que Viktor Orbán n’abusera pas de cette disposition, y mettra un terme le moment venu, et apparaîtra alors comme le gardien de la démocratie et le seul héros de la lutte contre le coronavirus.

En clair, l’opposition vient de perdre des points en vue des législatives de 2022.

Quant à Orbán, il a taclé ses adversaires en leur rappelant que cela fait une décennie qu’ils parlent de l’instauration d’une dictature. En le faisant de nouveau aujourd’hui avec la question de l’état de danger, les opposants admettent par conséquent que jusqu’à présent la Hongrie était une démocratie. Et lors du vote sur la prorogation de l’état de danger, il a conclu son intervention en disant à son opposition qu’elle aura l’opportunité de s’excuser lorsque le gouvernement mettra un terme de sa propre initiative aux pouvoirs étendus spécifiques à l’état de danger.

Orbán a bien géré la crise

Et le coronavirus dans tout cela ?

Dans les semaines qui ont précédé la crise, M. Orbán ne paradait pas au théâtre et son épouse ne se promenait pas le long du Danube. Non, M. Orbán, en homme d’État responsable, informait la population du pays dont il a la charge du danger de la situation, du caractère long et difficile des temps à venir, et prenait étape par étape les mesures nécessaires.

En informant sérieusement les Hongrois, en ne décidant pas de disposition brutale qui prendrait par surprise la population, Viktor Orbán a grandement limité la propagation du virus. Il a même réussi l’exploit d’éviter les scènes de chaos où des masses surprises et paniquées se sont retrouvées soudainement agglutinées dans des gares ou des supermarchés, ce qui doit être évité à tout prix pour ne pas propager à toute vitesse un virus extrêmement contagieux. Ceci, ni les gouvernements italien ou français n’y sont parvenu.

Cela est notamment possible car une grande majorité de Hongrois, y compris parmi ceux qui ne votent pas pour Orbán, savent qu’en temps de crise la parole du Premier ministre peut être crue.

Et en période de crise, quoi de plus important que l’action précautionneuse d’un gouvernement et la confiance du peuple dans la parole publique ?


*Nicolas de Lamberterie est ancien élève de l’Institut d’études politiques de Strasbourg et diplômé en Histoire. Journaliste à TV Libertés, et correspondant de plusieurs autres médias pour l’Europe centrale. Il a réalisé plusieurs reportages sur la politique hongroise ou centre-européenne, couvrant notamment la route des Balkans pendant la crise des migrants de 2015.


SOURCE/https://visegradpost.com/fr/2020/04/01/non-viktor-orban-na-pas-instaure-la-dictature-en-hongrie/

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2/La Pologne vient en aide à l’Italie…

– VisegradPost – la Rédaction.

flag-2941931_1920 POLOGNE

Pologne – Alors que l’épidémie de coronavirus continue à faire des ravages en Italie, en Espagne et en France, la Pologne qui n’est pas encore trop touchée – au moins pour le moment : 2 347 cas et 35 morts à ce jour – fait preuve de solidarité et a décidé d’envoyer de l’aide à l’Italie sinistrée sous la forme de matériel médical et de médecins.

Quinze médecins polonais à Brescia pendant dix jours

C’est ainsi que pas moins de quinze médecins polonais se sont envolés pour la Lombardie (Italie du Nord), la région la plus touchée par l’épidémie (43 208 cas et 7 199 morts pour cette seule région). Ils y aideront leurs collègues italiens pendant dix jours dans un hôpital de la ville de Brescia.

«… leur donner un instant pour respirer… »

5b5eda3d9606c_o_full Doktor Paweł Kukiz-Szczuciński podczas jednej z misji humanitarnych Le docteur Paweł Kukiz-Szczuciński lors d’une des missions humanitaires

L’un d’eux, le Dr Paweł Szczuciński, membre du Centre Polonais pour l’Aide Internationale, a ainsi déclaré : « Nos amis [italiens] sont en train de mourir là-bas : des médecins, des infirmières, des paramédicaux. Ils sont tellement surchargés de travail que nous voulons au moins leur donner un instant pour respirer et peut-être sauver quelques uns d’entre eux » tout en se préparant aussi à ce qui pourrait survenir en Pologne d’ici quelques semaines.

L’ambassadeur d’Italie a tenu à saluer cette initiative de médecins polonais : « En ces moments douloureux et difficiles, je voudrais vous remercier pour votre aide. Nous autres Italiens nous en souviendrons ».


SOURCE/https://visegradpost.com/fr/2020/04/01/pologne-vient-en-aide-italie/

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3/Épidémie Covid-19 : situation au 1er avril dans le V4 et en Autriche

– VisegradPost – la Rédaction.

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Hongrie

  • Au 1er avril 2020, il y a 525 personnes contaminées (+6,7% par rapport à hier et 5,37 cas pour 100 000 hab.), 20 morts et 40 guérisons.
  • 20 avions arriveront de Chine à Budapest avec du matériel médical cette semaine.
  • L’armée hongroise assure le contrôle de 51 hôpitaux et 84 entreprises stratégiques.
  • Le gouvernement assure que l’approvisionnement de la population hongroise est garanti par la production domestique.
  • Le parlement hongrois a adopté hier la loi prolongeant l’état de danger proclamé par le gouvernement.
  • Le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros a offert un million d’euros à la ville de Budapest pour lutter contre le virus.

Pologne

  • 2 420 infections confirmées (+5% par rapport à hier et 6,3 cas pour 100 000 hab.), 35 morts et 47 guérisons au 1er avril 2020.
  • Quinze médecins polonais se sont rendus en Lombardie pour épauler leurs collègues italiens pour une dizaine de jours dans un hôpital de Brescia.
  • Les autorités sanitaires polonaises estiment que le pic de l’épidémie devrait être atteint vers le 20 avril en Pologne.
  • L’opposition polonaise a appelé au boycott des élections présidentielles du 10 mai – maintenues pour le moment.

Slovaquie

  • Au 1er avril 2020, 400 cas de personnes contaminées sont recensés (+10% par rapport à hier et 7,35 cas pour 100 000 hab.) un mort et 7 guérisons.

Tchéquie

  • La Tchéquie est toujours le pays le plus touché au sein du V4. Au 1er avril 2020, il y a 3 330 cas recensés (+10% par rapport à hier et 31,3 cas pour 100 000 hab.), 32 morts et 45 guérisons.
  • La Tchéquie a envoyé 10 000 combinaisons de protection en Italie et 10 000 autres en Espagne.

Autriche

  • Au 1er avril 2020, il y a 10 482 cas recensés (+5% par rapport à hier et 118 cas pour 100 000 hab.) et 146 morts – le nombre de guérisons n’est plus communiqué…
  • Les provinces les plus touchées sont le Tyrol (320 cas pour 100 000 hab.), la province de Salzbourg (172) et le Vorarlberg (168) – en comparaison, la France est aujourd’hui en moyenne à 78 cas par 100 000 hab.
  • Le port du masque va être obligatoire à partir du 6 mars dans les supermarchés et autres lieux fréquentés.
  • Six communes de la province de Salzbourg ont été placées en quarantaine hier. Trois l’étaient déjà depuis le 19 mars.
  • L’Autriche va systématiquement tester les personnes clés (médecins, infirmiers, soignants).
  • Trois patients français en réanimation ont été évacués du Grand Est vers Salzbourg.
  • La Haute-Autriche a pris en charge des patients évacués du Tyrol du Sud (Italie).

SOURCE/https://visegradpost.com/fr/2020/04/01/epidemie-covid-19-situation-au-1er-avril-dans-le-v4-et-en-autriche/

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