3281 – Interview d’Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères, à l’agence d’information internationale Rossiya Segodnya, 15 avril 2019

Question: Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Otan se sont réunis à Washington les 3 et 4 avril à l’occasion du 70e anniversaire de la signature du Traité de l’Atlantique nord. Les membres de l’organisation parlent de l’alliance militaire « la plus réussie » de l’histoire. Mais que représente l’Otan en réalité?

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères1036145338  Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: Selon la position officielle exprimée par la direction de l’Otan, cette organisation a été pensée comme un moyen visant à garantir la sécurité collective des pays d’Europe occidentale contre la menace émanant de l’URSS.

Aujourd’hui, le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg affirme que l’Otan est pratiquement l’unique force défendant la liberté et l’ordre libéral.

Cependant, il semble que la principale raison d’être de l’Otan ait été mieux formulée par le premier secrétaire général de l’Alliance, lord Ismay:

« Garder les Américains en Europe, les Russes hors de l’Europe et les Allemands sous l’Europe ».

En voyant comment l’Otan s’efforce de se soumettre l’UE sur le plan militaire, on a l’impression que la troisième partie de cette formule reste d’actualité.

L’Otan reste une alliance d’États où les États-Unis jouent un rôle dominant aussi bien en matière de puissance militaire que de budget militaire et de poids politique.

Pour Washington, l’Otan est effectivement l’instrument international le plus abouti historiquement.

Un instrument de contrôle et de soumission des alliés, ainsi que de légitimation des actions illégales des États-Unis sur la scène internationale.
L’Otan a notamment permis de partager la responsabilité de l’agression contre la Yougoslavie, qui a débouché sur les conséquences les plus lourdes pour les Balkans et pour la sécurité européenne dans l’ensemble.
L’administration américaine tente aujourd’hui, non sans succès, de « monétiser » les garanties de sécurité apportées soi-disant aux alliés européens par la présence militaire américaine sur le continent, en exigeant d’augmenter les dépenses pour la défense jusqu’à 2% du PIB.
Aux yeux de l’industrie américaine de l’armement, qui promeut ses produits pour les programmes de réarmement des Européens, une grande partie – un cinquième – de ce montant est payé pour la loyauté.

Mais ce n’est pas tout.

A présent, Washington déclare que les États qui accueillent sur leur territoire les contingents américains doivent non seulement prendre en charge le montant total de leur présence, mais également ajouter un « surplus » de 50% pour ce privilège et cette protection. Dans d’autres milieux, on appelle cela un « toit » (ou « couverture »).

L’Otan est-elle efficace dans d’autres domaines? Cela se discute. Il suffit d’analyser les résultats: « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. »

En Yougoslavie, sur le territoire du Kosovo-et-Métochie, a été créé un pseudo-État semi-criminel, source de nombreux problèmes en Europe. Un immense préjudice a été infligé à la Serbie. La campagne de l’Otan au Kosovo a été un coup extrêmement dur pour l’ensemble du système juridique international et pour les efforts visant à créer une architecture de sécurité réellement collective en Europe.
En Afghanistan, d’immenses sommes ont été dépensées en presque 18 ans, mais près de 40% de la population du pays vit sur un territoire contrôlé par les Talibans selon les estimations du Pentagone. La campagne militaire de l’Otan a entraîné de nombreuses victimes civiles. La production de pavot opiacé a décuplé.
En 2001, la superficie des plantations de pavot s’élevait à environ 7 600 ha, et en 2017 elle était passée à 328 000 ha. Avec près de 9 000 tonnes d’opium produites, l’année 2017 a même marqué un record.

La mission actuelle de l’Alliance, Resolute Support, ne parvient pas à créer des structures de force afghanes opérationnelles. Leurs pertes sont immenses, le taux de désertion est important.

En Libye, l’opération de l’Otan Unified Protector a constitué un nouvel exemple de perversion du droit international. La résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies supposait la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et l’adoption de mesures de protection de la population civile, et non le renversement du régime par la force.

Résultat: L’État est plongé dans le chaos.

Suite à ces manœuvres d’ingénierie sociale de l’Occident au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, de vastes territoires ont été privés de signes de structure étatique, sont redevenus une source et un asile pour des groupes terroristes, notamment Daech.

Cette instabilité génère des flux migratoires qui menacent de noyer l’Europe.

Question: Les États-Unis sont-ils toujours parvenus à faire rentrer les alliés dans le rang?

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères1034319865  Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: En effet, il existait et existe des différends au sein de l’Alliance. Toutes les démarches américaines ne sont pas soutenues à l’unanimité par les alliés de l’Otan. Il suffit de rappeler la campagne irakienne de 2003, qui avait suscité de fortes frictions entre les principaux pays du bloc. Aux États-Unis, les « French fries » ont été renommés « Freedom fries », le vin français était vidé dans les égouts – entre autres moyens d’afficher le rejet du comportement autonome de la France.

A l’époque, les Européens avaient alors sérieusement réfléchi au renforcement de leur autonomie sur les questions militaro-politiques.

Aujourd’hui, ces différends sont encore plus profonds qu’auparavant. Mais, malheureusement, ils n’ont pas trouvé de meilleur moyen pour consolider le bloc que de remettre sur le tapis la « menace russe ».

Au final, nous ne sommes pas seulement confrontés au retour de la rhétorique de Guerre froide de la part de l’Otan, mais également à une construction militaire calquée sur celle-ci.
Tout cela, couplé à la mise en œuvre des plans pour créer un système ABM global, à l’aspiration des États-Unis de se libérer des restrictions dans le cadre des accords sur le contrôle des armements comme le FNI, crée une situation alarmante.

Les risques de dérive vers une escalade incontrôlable de la tension militaire et une course des armements ont décuplé.

Question: En Occident, beaucoup pensent que la crise actuelle a été déclenchée par les événements dans le Donbass et la réunification de la Crimée avec la Russie. C’est ainsi qu’ils justifient également les mesures de « refrènement » de la Russie. Êtes-vous d’accord avec ce point de vue?

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères1022373207 Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: Non. Il est erroné de croire qu’avant la crise ukrainienne tout allait bien, puis que tout à coup la situation a empiré « à cause de la Russie ».

L’Otan avait commencé l’année 2014 dans un état d’instabilité intérieure, de perte de repères et de nécessité de trouver une nouvelle raison d’être.

La Guerre froide était terminée. La politique d’expansion s’était essoufflée depuis longtemps. Des millions de gens subissaient les conséquences des « interventions humanitaires » et des grandes opérations.

L’opération en Afghanistan était devenue impopulaire, sans issue, et il avait été décidé d’y réduire significativement le contingent sur place. L’Otan a alors commencé à revenir à ses « origines » – la protection contre la menace de l’Est.

La crise en Ukraine, qui a suivi le coup d’État auquel les pays de l’Otan ont eux-mêmes contribué, n’était qu’un cadre idéologique commode pour justifier un tel tournant de la politique et de la planification militaire otaniennes.

Mais la Russie et l’Alliance avaient déjà des différends sur plusieurs questions fondamentales.

Je veux parler

  • des nombreuses violations du droit international,
  • de la progression de l’Otan vers nos frontières,
  • du développement de l’infrastructure militaire sur le territoire des nouveaux membres,
  • de la mise en place du segment européen de l’ABM américain,
  • ou encore de la participation de pays non nucléaires aux exercices nucléaires sous l’égide de l’Alliance.

Parfois nos liens ont même été rompus, comme en 1999 suite aux bombardements de la Yougoslavie par les forces de l’Otan et en 2008 après le conflit en Ossétie du Sud.

La crise actuelle n’est pas la première, mais c’est la plus longue. La coopération au niveau civil et militaire a été entièrement suspendue. L’Otan a elle-même refusé de formuler un agenda positif dans les relations avec la Russie. Il n’existe pas. Et pour l’instant rien n’indique que l’Otan sait comment sortir de cette impasse.

Question: La Russie parle de la militarisation de l’Europe, du risque d’une nouvelle course aux armements. Y a-t-il un risque de conflit armé contre l’Otan? Est-ce que cela pourrait entraîner une guerre nucléaire?

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères74b3ac47-e4c8-4e4c-a517-907e8be47578  Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: A l’heure actuelle, l’Alliance adapte ses capacités militaires, ce qu’elle justifie par la nécessité de contrer les menaces tous azimuts. Mais les efforts principaux se concentrent sur le « flanc » Est. Des mesures sont prises pour accroître l’opérationnalité des forces, leur projection opérationnelle à travers l’Europe.

Les forces de l’Otan ont significativement accru leur activité dans les régions des mers Baltique et Noire, ainsi qu’en Arctique.

Des exercices d’envergure sont organisés avec la participation de moyens stratégiques et de vecteurs nucléaires. Des structures de commandement et logistiques sont modernisées ou créées, ainsi que des sites d’infrastructure, des entrepôts d’armements et de matériel militaire.

La planification militaire de l’Alliance est reformatée pour faire face précisément à un adversaire « comparable » dans les conditions d’un conflit de grande intensité.

Selon l’Acte fondamental Otan-Russie de 1997, l’Alliance s’était engagée à s’appuyer sur une infrastructure adaptée aux tâches qu’elle se fixait. Par conséquent, la nature de l’infrastructure créée permet de juger de sa vocation réelle.

Nous assistons à une renaissance des « meilleures » pratiques de l’époque de la Guerre froide.

Ainsi, les mesures prises par les forces américaines en Europe, appelées « Utilisation dynamique des forces », étaient à une époque un élément important de la stratégie de lutte contre l’URSS.

Elles prévoient l’analyse du théâtre des opérations potentiel, l’entraînement des aptitudes de mobilisation sans avertissement préalable, de projection et de déploiement rapides.

En témoigne la projection par les États-Unis de 1 500 militaires américains dans les pays européens en mars.

La ligne visant à renforcer les capacités dans le cyberespace, qui a été reconnu par l’Alliance comme l’un des milieux opérationnels, semble dangereuse.

Cela implique le développement non seulement des potentiels défensifs, mais également offensifs. Certains signes indiquent que les pays de l’Otan en disposent déjà. Ce qui augmente la probabilité des incidents cybernétiques.
La soudaine augmentation des dépenses militaires des pays de l’Alliance, qui représentent plus de la moitié des dépenses mondiales, est très inquiétante. Rien qu’en 2018, leur total a dépassé 1 000 milliards de dollars. C’est 22 fois plus que le budget militaire russe!
Il ne faut pas oublier que conformément aux engagements pris au pays de Galles en 2014, 20% de cette somme sert à l’achat et au développement de nouveaux armements. Bien que certains pays de l’Otan ne répondent pas encore à ce critère, il s’agit tout de même de plus de 100 milliards de dollars.

De plus, les États-Unis exigent que les alliés achètent leurs armes. 100 milliards de dollars par an, c’est une bonne injection financière dans l’industrie américaine de l’armement.

Avec les États-Unis tout est plus ou moins clair: leur budget militaire gonflé vise à assurer la domination des forces armées américaines dans tous les milieux opérationnels, sur tous les théâtres d’opérations.

Mais à quoi de telles dépenses servent-elles aux pays européens?

En marketing il existe la notion de « création d’une demande artificielle », quand on vous propose un produit inutile. En parlant beaucoup de la pluie qui approche, vous vendrez plus de parapluies. L’attisement de la menace mythique de l’Est crée une demande en outils de défense, notamment en armement et en matériel militaire.

La question est de savoir dans quelle mesure l’Europe souhaite payer ses propres peurs.

Les engagements d’accroître les dépenses militaires forcent les États de l’Alliance à réduire leurs budgets pour le développement socioéconomique, ainsi qu’à emprunter de l’argent sur les marchés extérieurs.
Après la Guerre froide, les pays occidentaux, suite à une forte réduction des injections financières dans la défense, ont tiré des bénéfices de la paix, qui ont servi au développement.

A présent le pendule revient dans l’autre sens et les Européens doivent se serrer la ceinture.

De notre côté, nous n’avons pas l’intention de participer à cette course. Nous misons sur les moyens économiques, ciblés et efficaces.

En ce qui concerne la possibilité d’un conflit armé avec l’Otan, toutes les personnes sensées espèrent qu’elle ne se réalisera pas. Ce serait une catastrophe pour toute l’humanité. Je suis certain que Washington et Bruxelles en sont également conscients. Cependant, dans la situation actuelle grandit le risque d’incidents non prémédités, d’intentions mal comprises. Il faut les éviter.

Question: L’Otan se prépare à accepter la Macédoine du Nord dans ses rangs. L’adhésion à l’Alliance reste-t-elle un moyen efficace de garantir sa sécurité?

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères4977195-7431583Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: L’Otan n’aime pas les comparaisons entre la politique des « portes ouvertes » et les sphères d’influence. Mais en l’absence d’une menace réelle, de telles parallèles sont évidentes. Rappelons lord Ismay. Dans des conditions où les États-Unis sont guidés par les notions de concurrence entre les grandes puissances, il est proposé aux pays-candidats de choisir leur camp. Pour les inciter à faire le « bon choix » ils utilisent tout l’arsenal de méthodes d’ingérence dans les affaires intérieures.

La décision d’adhésion est souvent prise en contournant l’opinion publique. En particulier, les résultats du référendum en Macédoine ont été tout simplement ignorés aussi bien par les autorités du pays que par l’Otan. Le fait que la Commission électorale centrale du pays l’ait proclamé inconsistant n’est pas pris en compte. Et aucun référendum n’a même eu lieu au Monténégro.

  • Quelle est la valeur ajoutée de l’adhésion à l’Otan pour les pays comme le Monténégro ou la Macédoine du Nord?

  • Contre qui doivent-ils se défendre?

La seule force déstabilisante dans la région aujourd’hui est la prétendue « armée du Kosovo » qui, avec la complaisance de l’Otan, pourrait provoquer à tout moment une nouvelle crise dans les Balkans.
D’ailleurs, du côté de l’Otan, nous n’avons toujours pas entendu de commentaires concernant les déclarations des autorités albanaises selon qui le problème kosovar n’aurait qu’une seule issue: l’adhésion du territoire à l’Albanie.
  • Qu’espèrent les pays-candidats?

  • Obtenir une « plus grande sécurité à moindre coût »?

De tels slogans étaient prononcés par l’Otan au début des années 2010, sous le nom de « défense intelligente ». Cependant, au final, on les force à payer le triple pour la prétendue solidarité. Les dépenses pour la défense augmenteront, tout comme les risques pour la sécurité.
  • Pour un futur « laissez-passer » dans l’UE? Cela semble naïf.

La présence sur le territoire de militaires et d’équipements étrangers ne peuvent pas contribuer à la création d’un climat d’investissement favorable, pas plus que la rhétorique alarmiste. Les investissements étrangers dans l’infrastructure et le déploiement des troupes ont un effet limité – pas du tout à long terme et global pour l’économie.

De plus, en adhérant à l’Alliance, les pays sont forcés de se joindre automatiquement à sa ligne inamicale vis-à-vis de notre pays, s’infligeant également de cette manière un sérieux préjudice économique.

L’Otan promeut la thèse complètement déformée que l’adhésion à l’Alliance serait pratiquement le moyen le plus efficace de garantir sa sécurité. Ce point de vue est détaché de la réalité.

On n’a pas encore inventé de meilleur moyen de garantir la sécurité d’un État que la construction de bonnes relations mutuellement bénéfiques et équitables avec tous ses voisins.

Question: Quels sont les résultats de l’adaptation de l’Otan aux nouveaux défis pour la sécurité?

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères83532347_80427039_640554_5524753 Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: Une adaptation efficace aux nouvelles réalités exigerait de l’Alliance qu’elle s’éloigne des dispositions de ses « pères-fondateurs ».

Il est impossible de faire face aux nouveaux défis, bien plus complexes, sur une plateforme idéologique formulée en 1949.

Pour cela, il ne faut pas se proclamer « source de légitimité politique », mais vraiment essayer de s’intégrer dans les efforts réellement collectifs pour garantir la sécurité sur la base du droit international.

Une mise à jour de l’Alliance serait possible en établissant un véritable partenariat stratégique avec la Russie. Une telle tentative a été entreprise au sommet Otan-Russie de Lisbonne en 2010.

Les otaniens auraient dû abandonner leur « exclusivité », s’ouvrir à l’art du compromis et du travail sur un pied d’égalité, ne pas s’orienter sur les intérêts de groupe mais sur les intérêts communs. Cela n’a pas eu lieu.

Question: Quelles sont les perspectives des relations Otan-Russie? L’Otan dit que le business as usual, le statu quo, n’est plus possible.

RUSSIE Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangèrese066860c-a444-48d9-a088-2f7afcd47d4c   Alexandre Grouchko, vice-Ministre russe des Affaires étrangères

Réponse: Sur ce point notre avis coïncide avec l’Otan. Le business as usual, comme  nous le connaissions en 2002-2008 et en 2010-2014, n’est plus possible.

L’Otan est allée trop loin dans l’attisement de la confrontation avec la Russie, et pour l’instant on ne voit pas quand et où le bon sens pourra prendre le dessus.

Paradoxalement, les relations actuelles entre l’Otan et la Russie rappellent précisément l’état de choses « habituel » pour lequel l’Otan a été créée: pour la Guerre froide. La « doctrine Harmel » de dialogue et de dissuasion est revenue sur le devant de la scène.

Sauf qu’aujourd’hui il y a beaucoup de dissuasion et peu de dialogue.

L’Otan est indéniablement un sérieux facteur de sécurité, que nous n’avons pas l’intention d’ignorer. Sachant que nous comprenons que bien des choses faites au sein de l’Alliance découlent de la politique américaine.

Les relations USA-Russie évoluent, les relations Otan-Russie également.

Je rappelle que la réaction russe aux événements du 11 septembre 2001 a été en grande partie le catalyseur de nouvelles relations avec l’Alliance, de l’institution du Conseil Otan-Russie.
Aujourd’hui existe la nécessité objective d’un dialogue politique et de l’entretien de contacts de travail au niveau des experts militaires. L’Otan a renoncé à la coopération pratique avec nous afin de renforcer la sécurité.

Mais il existe la nécessité objective d’un travail conjoint pour réduire les risques d’escalade non préméditée, pour prévenir les incidents.

De tels contacts existent avec certains pays de l’Otan. Mais pas avec l’Alliance dans l’ensemble pour l’instant. La décision même de l’Alliance de cesser les contacts de travail normaux au niveau militaire est absurde.

Au final, l’état de la sécurité militaire en Europe dépend en grande partie de l’état des relations Otan-Russie.

Les propos du Président russe Vladimir Poutine concernant nos actions à venir dans le contexte du Traité FNI sont également applicables ici. Nos propositions sont sur la table. Nous attendrons que l’Alliance mûrisse et prenne conscience de l’importance d’une discussion sérieuse avec nous sur les questions de sécurité.


source/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3616145