3094 — 1/– Mer d’Azov, la provocation pour saboter la rencontre Poutine-Trump ? 2/–Enjeu des « Midterms » aux États-Unis … la guerre ou la paix

1/– Mer d’Azov, la provocation pour saboter la rencontre Poutine-Trump ?

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À quelques jours de la rencontre entre le président américain et le président russe, en marge du G20 à Buenos Aires, le gouvernement ukrainien a sciemment décidé de provoquer une crise internationale.

Dimanche, trois navires de guerre ukrainiens ont franchi la frontière russe dans la mer Noire, au niveau du détroit de Kertch, et ont pénétré les eaux territoriales russes en mer d’Azov, obligeant les garde-côtes russes à intervenir.

Des combats ont eu lieu, faisant trois blessés parmi les marins ukrainiens, et les trois navires ont été confisqués. La Fédération de Russie a immédiatement lancé une procédure de poursuite pénale contre l’Ukraine pour violation de ses frontières.

51st Munich Security Conference

D’après le ministre russe des Affaires étrangères Sergeï Lavrov, cette provocation a été directement commanditée par le gouvernement à Kiev :
« Ils ont dû calculer les bénéfices qu’ils pouvaient en tirer, sachant que les États-Unis et l’Europe allaient sans doute soutenir aveuglément les instigateurs », a déclaré Lavrov.

Loi martiale

UKRAINE le président Porochenko 6946155_poro_1000x625 Le président Porochenko

Dimanche soir, peu de temps après l’incident, le président Porochenko a convoqué le Conseil de Défense et de Sécurité nationale, dirigé par Oleksandr Turchynov, afin de demander à la Rada, le Parlement ukrainien, d’instaurer la loi martiale pendant 60 jours. Contrairement à ce que de nombreux médias ont prétendu, la Rada n’a pas immédiatement approuvé la demande ; la session parlementaire est rapidement devenue chaotique, forçant sa fermeture. Face à cela, Porochenko a décidé d’instaurer la loi martiale par décret, la rendant effective sur une partie du territoire ukrainien à compter du 28 novembre au matin.

UKRAINE Oleksandr Turchynov, src.adapt.960.high.Turchynov_0311.1394674541726  Oleksandr Turchynov,

Lavrov a immédiatement mis en garde : « Si la loi martiale est déclarée, les nationalistes radicaux penseront alors qu’on leur donne carte blanche. Nous appelons fermement les soutiens occidentaux de Kiev à calmer ceux qui cherchent à profiter de l’hystérie militaire et à marquer des points politiques à l’approche des élections devant avoir lieu bientôt en Ukraine ».
En effet, les groupes néo-nazis ukrainiens, ce « mal nécessaire » dont s’était servi l’administration Obama afin de réaliser le coup d’État de Maïdan de 2014[1], attendent la moindre occasion pour sortir du bois (lire la chronique du 7 mai 2018 : Cachez-moi ces néo-nazis que je ne saurais voir ![2])
Un nouveau groupe d’opposition au Parlement, le « Programme de l’opposition pour la vie », a publié une déclaration dénonçant l’initiative en mer d’Azov pour avoir mis en danger les marins ukrainiens et appelant à la démission du président. Dans ce texte, le nouveau groupe exprime aussi sa crainte qu’en instaurant la loi martiale,
« le président Porochenko ne cherche, en réalité, qu’à annuler les prochaines élections présidentielles [de mars 2019] qu’il s’attend à perdre, et à usurper le pouvoir. La loi martiale permettra au régime actuel de se débarrasser des personnes non désirables, de fermer certains médias et de restreindre la liberté d’expression, ainsi que les droits des citoyens ukrainiens. Le régime actuel est en faillite. Il n’a pas le droit de mettre en danger l’existence de la nation pour satisfaire sa soif de pouvoir et cacher son incapacité à résoudre pacifiquement le conflit armé dans l’est du pays ».

UKRAINE Yuri Boiko, 535c4736d19108fda12d95f562398597  Yuri Boiko,

Le président du groupe, Yuri Boiko, a appelé le gouvernement à ouvrir des négociations avec la Russie : « Il ne sera possible de parvenir à la paix que par des pourparlers directs entre nous et la Russie », a-t-il dit, des négociations dans lesquelles les institutions de l’UE doivent jouer le rôle de médiatrices .

RUSSIE l_ambassadeur russe Dmitry Polyanskiy 1362235914001_5971739233001_5971738666001-vs  l’ambassadeur russe Dmitry Polyanskiy

À l’ONU, où le Conseil de sécurité a rejeté la demande de la Russie pour une réunion sur la violation par l’Ukraine de ses eaux territoriales, l’ambassadeur russe Dmitry Polyanskiy a pointé du doigt la fuite en avant d’un régime aux abois :
« à l’approche des élections, l’équipe de Maïdan a besoin d’une escalade, voire d’une guerre »
a déclaré le diplomate, ajoutant que, sans cela, ils ne seront pas en mesure de faire face à la situation sociale et de se faire réélire.
« Une nouvelle dose de ’fièvre anti-russe’ est nécessaire pour que les Ukrainiens, qui n’ont cessé de s’appauvrir au cours des cinq dernières années, croient une fois de plus que c’est la Russie qui est responsable de tous leurs malheurs, et non leur gouvernement et leurs marionnettistes occidentaux ».

Les va-t-en-guerre anglo-américains à la manœuvre

Comme nous l’avons toujours dit, c’est la faillite irrémédiable du système financier de Wall Street et de la City de Londres qui induit une logique de guerre, l’oligarchie financière préférant toujours cette option à une quelconque remise en cause de l’ordre établi.

ANGLAIS le chef d_État-major britannique, Nick Carter,general-nick-carter              chef d’État-major britannique, Nick Carter

C’est la raison pour laquelle les quelques efforts réalisés par l’administration Trump pour normaliser ses relations avec la Russie, et même avec la Chine, ont suscité une telle hystérie parmi les élites britanniques et américaines, ainsi que dans les médias inféodés aux pouvoirs financiers, entraînant un redoublement de propagande et de paranoïa anti-russe et anti-chinoise – au point que le chef d’État-major britannique, Nick Carter, a récemment osé affirmer que la Russie représentait une menace plus grande pour la Grande-Bretagne que Daesh ou Al Qaïda…

Les Russes sont très conscients de la lutte interne qui se livre actuellement aux États-Unis entre les va-t-en-guerre et les partisans d’une détente internationale.

RUSSIE USA 1028713021la rencontre Trump-Poutine 

Sergey Lavrov n’a pas hésité à faire le rapprochement entre la provocation en mer d’Azov et la rencontre Trump-Poutine prévue le week-end prochain à Buenos Aires :
« Nous ne pouvons pas garantir que les forces politiques américaines cherchant à casser la présidence de Trump ne s’aventureront pas dans de nouvelles provocations (…) Quand le président d’une grande nation est prêt à parler avec le président d’une autre grande nation, je pense qu’il est de notre devoir de ne négliger aucun effort en vue de faciliter de tels contacts, a-t-il dit. D’autant plus que certains progrès ont été réalisés dans le rétablissement des canaux de dialogue, y compris entre les conseils de sécurité russe et américain ».
a-t-il déclaré dimanche soir, lors de son interview avec la chaîne de télévision Rossiya-1.

LIENS

  1. https://www.solidariteetprogres.org/orientation-strategique-47/ukraine-coup-etat-neonazi-10875.html
  2. https://www.solidariteetprogres.org/chroniques-strategiques/Ukraine-Porochenko-neonazis.html

https://www.solidariteetprogres.org/chroniques-strategiques/Mer-d-Azov-Ukraine-Russie-Porochenko-Trump-Poutine.html


2/– Enjeu des « Midterms » aux États-Unis … la guerre ou la paix

La rédaction
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L’élection de mi-mandat qui a lieu ce 6 novembre est certainement l’une des plus importantes de l’histoire des États-Unis. Et, comme nous l’avons écrit auparavant sur ce site, l’enjeu dépasse largement les questions locales ou nationales américaines : c’est celui de la guerre ou de la paix.

Si la majorité à la Chambre des représentants passe du côté des Démocrates, le parti de la guerre en sortira renforcé, et il ne restera alors presque plus de garde-fous contre une escalade entre les États-Unis et la Russie et la Chine.

Si au contraire la « vague bleue » n’a pas lieu et que les Républicains gardent la majorité dans les deux Chambres, alors un changement de cap deviendra possible. Libérée de l’épée de Damoclès de la destitution, et sans doute du « Russiagate » (l’enquête largement discréditée sur la prétendue interférence russe dans les élections de 2016), la présidence Trump pourra alors – si elle n’écoute plus les sirènes belliqueuses au sein de sa propre administration – reprendre ses efforts pour normaliser ses relations avec la Russie, et même la Chine.

Suite à l’annonce par Donald Trump de l’intention des États-Unis de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaires (INF en anglais), signé en 1987 par Gorbatchev et Reagan, les Russes ont fait savoir qu’ils se préparaient à l’éventualité d’une guerre.

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Le 26 octobre, devant les Nations unies, le haut responsable russe de la maîtrise des armements, Andrey Belousov, l’a confirmé :

« La Russie se prépare pour la guerre, et les États-Unis préparent une guerre. Sinon, pourquoi sortiraient-ils du traité, renforceraient-ils leur arsenal nucléaire et adopteraient-ils une nouvelle doctrine nucléaire ? »

Dans un contexte de propagande permanente contre la Chine et la Russie dans les médias occidentaux, les déclarations provocatrices se multiplient, y compris de la part des membres de l’administration Trump comme John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale, et Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

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Les tensions sont d’autant plus fortes que l’OTAN mène en ce moment-même ces exercices militaires « Trident Juncture », les plus importantes manœuvres depuis la fin de la guerre froide, et consistant à simuler une attaque russe.

Rencontres des 11 et 30 novembre

Cependant, les préparations vont bon train pour les rencontres entre le président américain et ses homologues russes et chinois, qui doivent avoir lieu en marge des commémorations pour le centenaire de la Première guerre mondiale, le 11 novembre à Paris, et du sommet du G20, à Buenos Aires le 30 novembre.

RUSSIE Russian-president-aide-Yury-Ushakov Yury Ushakov

L’assistant de la présidence russe, Yuri Ushakov, a fait savoir vendredi dernier que Trump et Poutine auront un entretien « long et dense » à Buenos Aires, en plus de celui de Paris, qui devrait être plus bref.

S’appuyant sur des sources « au cœur des négociations », le South China Morning Post (SCMP) rapporte dans son édition du 2 novembre que Trump aurait l’intention de prolonger d’une journée son séjour à Buenos Aires, afin de pouvoir organiser une rencontre complète, y compris un dîner, avec le président chinois Xi Jinping. Bien que ni la Maison-Blanche ni la présidence chinoise n’aient confirmé ou nié cette affirmation du SCMP, Donald Trump a rapporté avoir eu « une bonne discussion » avec Xi Jinping, au cours d’un appel téléphonique qui aurait été réalisé à la demande du président américain. Xi a déclaré de son côté que l’échange a permis d’aborder en profondeur les questions concernant les relations entre les deux pays.

« La coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis présente des avantages mutuels et un principe gagnant-gagnant, et les équipes économiques des deux pays devraient renforcer leurs contacts et engager un dialogue autour des questions d’intérêt mutuel, afin d’élaborer des solutions mutuellement acceptables pour les deux pays », a-t-il affirmé.

Une délégation de sept parlementaires américains se trouve actuellement à Beijing.

 

 Li Keqiang & Lamar Alexander

Lors de leur entrevue avec le Premier ministre chinois Li Keqiang, le sénateur républicain Lamar Alexander a déclaré que les États-Unis et la Chine sont « des compétiteurs et pas des adversaires ». Li a rappelé qu’en dépit des hauts et des bas, les deux pays sont parvenus à développer leurs relations depuis 40 ans.

« Une relation saine et stable est conforme aux intérêts des deux pays (…). J’espère que vous autres membres du Congrès pourrez jouer un rôle positif », a-t-il déclaré.

La visite de cette délégation américaine en Chine est implicitement liée au sommet entre Trump et Xi à Buenos Aires. Elle fait écho à la visite en juillet dernier à Moscou du groupe de parlementaires républicains en juillet, deux semaines avant la réunion d’Helsinki entre Trump et Poutine.

Sortir la présidence Trump de la tentative de putsch britannique

Le bon déroulement des rencontres entre Trump, Poutine et Xi, et les conséquences positives qui en découleront, seront bien entendu déterminées par le résultat des élections américaines.

Comme l’a expliqué à Moscou la présidente internationale de l’Institut Schiller Helga Zepp-LaRouche, qui intervenait le 24 novembre devant la chambre publique de la fédération de Russie, la « bataille monumentale » qui se joue actuellement aux États-Unis va déterminer si la tentative de putsch contre le président Trump réussira et s’il sera évincé du pouvoir, ou si leurs auteurs, qui veulent à tout prix empêcher de bonnes relations entre les États-Unis, la Russie et la Chine, se retrouveront eux-mêmes sur le banc des accusés. « Si Trump parvient à consolider sa position, il existe une réelle possibilité qu’en dépit du discours souvent belliqueux entendu à Washington, il réussisse, dans la seconde moitié de son mandat, à améliorer ses relations avec Moscou et à retrouver son approche initialement positive envers Beijing », a-t-elle déclaré.

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L’intervention de Mme Zepp-LaRouche a suscité beaucoup d’intérêt en Russie. Les médias russes ont en particulier noté sa référence au rôle des services britanniques dans cette tentative de putsch contre Trump.

« La vérité sort à la lumière : l’intervention de Londres dans les élections américaines est confirmée, écrit le site nation-news.ru. Un grand scandale est sur le point d’éclater aux États-Unis. Des journalistes ont montré que l’ancien chef d’État américain Barack Obama et le MI6 britannique – et pas la Russie – se sont ingérés dans les élections. Cette affirmation sensationnelle a été faite par la fondatrice de l’Institut Schiller et du Mouvement des Droits civiques-Solidarité allemand, et également épouse de l’ancien candidat aux élections présidentielles américaines, Lyndon LaRouche ».

La principale agence de presse russe Ria Novosti souligne de son côté que la Grande-Bretagne veut à tout prix, selon Helga Zepp-LaRouche, préserver un ordre unipolaire.

« La conspiration impliquant Hillary Clinton et la Grande-Bretagne vise à empêcher toute coopération avec la Russie, pour laquelle Trump s’est dit favorable pendant sa campagne électorale »,

écrit Ria Novosti. Et de citer la dirigeante de l’Institut Schiller :

« Les présidents Trump et Poutine ont tous deux décrit le sommet d’Helsinki comme une réussite historique. Mais à son retour aux États-Unis, Trump a dû faire face aux néolibéraux démocrates et à l’aile conservatrice du parti Républicain, qui ont saboté les progrès qui avaient été réalisés. Je pense que la nouvelle rencontre entre les deux présidents peut donner d’extraordinaires résultats, et permettre de résoudre la crise systémique actuelle ».

Cela impliquerait que les dirigeants des quatre principales puissances du monde – la Russie, la Chine, l’Inde et les États-Unis – se rencontrent pour faire face ensemble aux problèmes de notre époque.

« Grâce à une telle interaction, il sera alors possible de se concentrer sur le développement des technologies spatiales, sur les progrès dans l’étude des terres agricoles, et ainsi de résorber le fossé qui sépare les riches des pauvres », a déclaré Mme Zepp-LaRouche.

http://www.solidariteetprogres.org/chroniques-strategiques/midterms-elections-Etats-Unis-Trump.html?fbclid=IwAR0naObIKrbcYroALWsEQz1IfCvaw5_mMXnt6z9PFrGgqdEK-Kr2TzipWNM

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