2617 – Thérésa May fait monter la campagne anti-russe d’un degré supplémentaire … Sergueï Skripal … cet espion qui tombe à pic

Mardi 11 Mars 2018 -Karine Bechet-Golovko – RussiePolitics –

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L’empoisonnement à Londres le 5 mars de l’ancien agent russe travaillant depuis pour le MI6, Serguei Skripal, (voir article suivant) ne cesse de prendre de l’ampleur. Thérésa May vient de déclarer hier que la substance utilisée vient de Russie, ce qui prouve certainement la responsabilité de l’État russe. Ce qu’elle va considérer comme un acte d’agression contre la Grande-Bretagne, si la Russie ne fournit pas des explications convaincantes d’ici ce soir, mardi.
Pour autant, nous ne sommes pas à l’époque des héros, et la Grande-Bretagne se trouve bien embarrassée avec cette pseudo déclaration de guerre. La double absurdité de cette sortie politique, concernant le fondement et les implications, oblige à s’interroger sur son but réel. A jouer à se faire peur, on finit par avoir peur.

La Russie est responsable, car le produit est de fabrication russe.

En grande pompe devant le Parlement britannique, Thérésa May a fait hier soir une déclaration fracassante: la Russie est certainement responsable de l’empoisonnement de l’agent russe retourné par le MI6 vivant désormais à Londres, S. Skripal. Voici le réquisitoire à charge contre la Russie, avant même que l’enquête n’ait abouti.
L’on apprend ainsi que S. Skripal a été empoisonné par un produit spécialement développé en URSS à la fin de la guerre froide, le Novichok. Ce produit étant spécifique à la Russie, la Russie est responsable. T. May ne sait pas si les dirigeants russes ont pris eux-même la décision ou s’ils ont perdu le contrôle sur le produit, mais ça ne change rien. Puisque la Russie est un danger, voir le Donbass, ses nombreuses ingérences, etc., ça ne change rien la Russie est coupable. Une argumentation totalement hystérique, [1] tout y est passé:

Elle a rappelé que l’empoisonnement s’inscrivait « dans un contexte bien établi d’agression menée par l’État Russe »,

  • mentionnant le conflit au Donbass,
  • l’ «annexion illégale de la Crimée »,
  • les violations « répétées » de l’espace aérien de plusieurs pays européens,
  • des campagnes de cyberespionnage,
  • ainsi que l‘« attaque barbare» contre Alexandre Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au Polonium-210 et mort à Londres en 2006.

Évoquant les sanctions prises contre des ressortissants russes après l’affaire Litvinenko, qui « restent en place » elle s’est dite « prête à prendre des mesures plus importantes ».

Elle a notamment mentionné la présence de troupes britanniques stationnées en Estonie dans le cadre d’un déploiement de l’Otan.

La démonstration est incroyable. Ainsi, désormais, c’est la provenance de l’arme qui va déterminer de la responsabilité, et non pas la personne qui l’a employée, ses motiMfs, etc. 

Si la Maison-Blanche [1] est plus réservée quant aux accusations contre la Russie, même s’ils soutiennent la Grande-Bretagne dans son enquête, le Secrétaire d’État américain, Tillerson [2], lui, est entré dans le combat:

les États-Unis font « toute confiance à l’enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l’attaque » (…) « Nous sommes d’accord sur le fait que les responsables, à la fois ceux qui ont commis le crime et ceux qui l’ont ordonné, doivent en subir les sérieuses conséquences appropriées », a-t-il ajouté, après un entretien téléphonique avec son homologue britannique Boris Johnson.

Désigner le responsable avant la fin de l’enquête est certes plus simple. Cela aide certainement les enquêteurs à aller dans le bon sens.

Une déclaration de guerre bien encombrante

La Russie a donc jusqu’à mardi soir pour fournir des explications à l’Organisation de lutte contre les armes chimiques quant au Novichok. Le Conseil de la Fédération [3]a déjà répondu que non seulement la Russie a détruit ses stocks de substances chimiques de type Novichok, mais qu’elle n’en produit plus, conformément à ses obligations internationales. En revanche, ce produit peut être produit dans les laboratoires privés par des spécialistes, s’ils ont l’équipement suffisant.
Le responsable ayant été désigné par T. May [4], avec le soutien incontournable des États-Unis, il faut bien en tirer les conséquences:

«En l’absence de réponse crédible, nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la chambre (des Communes) et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles »

Un acte d’agression commis par un État étranger sur le territoire national, jusqu’au siècle dernier, pouvait entraîner une guerre. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, l’on tient les apparences, l’on fait de grandes déclarations devant les parlementaires, l’on joue à se faire peur et l’on a peur de tirer les conséquences des énormités que l’on sort.
Logiquement, il devrait y avoir au minimum une rupture des relations diplomatiques, voir une réaction militaire:
  • les troupes britanniques sont bien en Estonie pour quelque chose, non?
Oui, mais pas pour ça. Elles y sont aussi pour le décor, elles y sont surtout pour l’Estonie et les Pays Baltes. Elles ne vont certainement pas se lancer à l’assaut des terres russes pour servir les intérêts américains.

Nous ne sommes pas à l’époque des héros, nous sommes à l’époque des commerçants, avec leur système de valeurs. Autant que l’on puisse appeler ça ainsi.

T. May fait une déclaration retentissante … mais très encombrante. Le business se fout de la guerre, sauf économique. Alors il y pense. A celle-ci. Mesquine et mercantile. A son image.

Comment punir la Russie?

Sans même s’interroger sur l’utilisation par des services russes de substances dont les traces mènent directement à la Russie pour éliminer un individu qui a déjà vendu tout ce qu’il pouvait vendre, alors que non seulement il ne présente plus aucun danger pour la sécurité nationale russe, mais qu’il aurait  été beaucoup plus facile de le faire disparaître, par exemple, lorsqu’il était en prison en Russie, ou dans un accident de voiture à Londres, T. May conduit la Grande-Bretagne dans une impasse:

maintenant il faut garder la face et réagir. Fortement. A la mesure de l’accusation.

Et ici, l’on sent plus qu’une hésitation. Le monde post-moderne se met en route. Après la déclaration de la bonne conscience drapée dans tout ce qui lui reste de dignité, les annonces font sourire.

La presse anglo-saxonne [5] est en pleine effervescence.

Le recours aux armes? Les commerçants ne font pas la guerre, ils la font faire, comme en Syrie, en Irak ou en Ukraine. Trop dangereux. On peut même mourir à la guerre.
Une cyber-attaque peut-être? Dixit le Times [3]. Dirigée vers le site du Kremlin (What else?), la diffusion massive de fake news, bref des mesures de grande envergure. A la mesure de l’accusation portée …
Le Championnat du monde de foot? Le boycotter entraînerait des sanctions de la part de la FIFA, mais s’il y a une raison… La Grande-Bretagne hésite encore. Elle dit aux supporters de faire attention en Russie. Imaginez la situation: vous déclarez qu’un pays commet des actes d’agression directe sur votre sol et vous dites simplement aux supporters de faire attention. Terrible comme ennemi, c’est sûr! Cela montre le caractère totalement artificiel de la soi-disant menace russe. En attendant, il est possible de ne pas y envoyer d ‘officiels. Ce qui finalement n’a aucun impact, sauf virtuel.
Prendre des sanctions? Ah, oui, ça avec plaisir. De toutes sortes. Qu’y a-t-il de pire, de plus douloureux, pour des commerçants que de toucher au fric? Et ils veulent taper, là où ça fait mal. Pour punir la Russie, ils n’imaginent donc rien de pires que ces mesures. Puisque c’est aussi ce qui leur fait le plus peur – la perte potentielle de la domination du marché avec la remontée de la Russie. Le summum de la vengeance. Des comptes d’apothicaire. Pitoyable.
Expulser des diplomates? Possible, cela avait d’ailleurs été la réponse avec l’empoisonnement de Litvinenko en 2006. Mais T. May a déclaré que la réponse sera plus forte. Il est donc possible de conjuguer cette mesure avec d’autres, ou bien d’aller à la rupture des relations diplomatiques. Ce qui serait surprenant du côté de la Grande-Bretagne, car ce monde pour exister a besoin d’être reconnu, il a besoin que tous les acteurs importants soient en situation de perpétuelle communication comme un drogué a besoin de sa dose. Sinon, il perd le contrôle.

La presse britannique envisage aussi, en deuxième position sur dix, de se débarrasser de concurrents et de déclarer RT et autres médias russes indésirables.

Autant faire d’une pierre deux coups, même si la presse n’a rien à voir avec l’empoisonnement d’un espion britannique à Londres. Au moins, cela est censé permettre de lisser et d’uniformiser le discours.
Nous sommes toujours dans le mythe du contrôle total de l’espace d’expression ce que Macron envisage aussi avec ce projet de loi contre les fakes.
Geler les avoirs des oligarques russes ayant des actifs en Grande-Bretagne et ne pouvant expliquer la provenance des fonds? Bonne réaction de commerçants et qui s’occupe des autres commerçants. Un monde merveilleux, qui en plus aura pour effet direct de renforcer le patriotisme économique en Russie, justement dans cette tranche de la société qui évalue l’idée nationale en dollars.
Augmenter la présence de l’OTAN aux frontières russes? Bien sûr, cela permet de soutenir le lobby de l’industrie militaire et d’instrumentaliser les Pays Baltes. Rien à voir non plus avec l’empoisonnement, mais peu importe, la géopolitique se passe de détails.
  • Pour autant, quel est, sur le plan militaire, l’intérêt de ces mesures? Aucune. Cela permet simplement de renforcer l’OTAN et indirectement les États-Unis.
Désigner la Russie comme un pays sponsor du terrorisme? C’est à mourir de rire, surtout le jour où l’on annonce avoir retrouvé des armes françaises entre les mains des terroristes de la Ghouta, où justement les États-Unis menacent de bombarder si la Syrie et la Russie ne laissent pas leurs terroristes tranquilles. D’une manière générale, cela relance la question de l’utilisation des terroristes par les États occidentaux, appelés forces pro-démocratiques, pour faire le travail qu’un État civilisé ne peut exécuter sans se discréditer.
Couper la Russie de Swift, encore une forme de sanction. Là ce serait, dans ce monde moderne intégré, considéré par la Russie comme une déclaration de guerre. Il y a peu de chances pour que l’Occident prenne un tel risque, les économies et la finance sont trop interconnectées. Même si la Russie est en situation plus faible, elle a une capacité de nuisance qui n’est pas négligeable, ce que l’impact des sanctions [6] sur l’Occident a déjà montré:
Enfin, toucher le président Poutine et son entourage, en publiant des informations, pas toujours ouvertes, concernant leurs biens. Il est vrai qu’il y a une campagne électorale en cours, ce qui pourrait évidemment être interprété comme de l’ingérence, mais bon … L’ingérence est un outil de gouvernance utilisé par les pays occidentaux depuis longtemps (voir notre texte ici [7]).

Bref, rien de nouveau, simplement un cran supplémentaire

Autrement dit, rien de nouveau. Une déclaration fracassante dont on ne sait pas très bien quoi faire et dont le décalage entre l’accusation portée et les mesures envisagées démontre s’il en est encore besoin le caractère totalement virtuel de cette gouvernance globalisée.

Donc la guerre aussi doit être virtualisée, comme la politique, comme la gouvernance, comme les dirigeants – bientôt comme les États.

  • On attaque dans le cyberespace,
  • on fait des déclarations,
  • on défend finalement le Système global
  • et on se fait la guerre physiquement mais sur des territoires interposés, pour éviter tout conflit militaire direct.
Nous sommes des pays civilisés, les ennemis font couler le sang innocent, nous faisons couler le sang des ennemis – qui n’ont que ce qu’ils méritent.

L’hypocrisie de la bonne conscience repue, pour des populations qui, dans l’ensemble, n’en demandent pas plus de toute manière: être du côté du Bien et s’occuper de ses affaires. 

L’on attaque surtout économiquement, car le but est bien de garder une grosse part du gâteau (les sanctions).

Ensuite on utilise le militaire, autrefois bras armé de l’État devenu bras armé de l’économie, qui permet de laisser ou de mettre les États en situation de dépendance – voire de les détruire si « les droits de l’homme » l’imposent. Le tout pour conforter un schéma géopolitique, celui de l’atlantisme globalisé. Et comme ce modèle est globalisé, il ne peut supporter la moindre remise en cause, le moindre doute. D’où cette course à l’absurde contre la Russie. Cette Russie qui sans être contre le globalisme est contre l’atlantisme. 
La Russie considère à juste titre que c’est un cirque, comme l’a déclarée la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Mais un cirque qui peut être dangereux, le rappelle l’ambassade russe en Angleterre. Questionné par un journaliste de la BBC hier, V. Poutine lui rappelle que cet homme a été agressé à Londres, qu’ils fassent le ménage chez eux.

C’est vrai que l’on meurt beaucoup en Angleterre. Les espions retournés devraient y réfléchir, c’est plus calme sur le continent.

En attendant le Jeu continue. De nouvelles enchères ont été faites, la partie de Poker menteur bat son plein.


LIENS

  1. http://www.leparisien.fr/international/mort-de-l-ex-espion-skripal-theresa-may-accuse-ouvertement-la-russie-12-03-2018-7604685.php
  2. http://www.leparisien.fr/international/ex-espion-russe-empoisonne-washington-soutient-theresa-may-qui-designe-moscou-13-03-2018-7605435.php
  3. https://ria.ru/world/20180313/1516226721.html?referrer_block=index_main_1
  4. https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/ex-espion-empoisonne-washington-soutient-may-qui-designe-moscou-5618321?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter
  5. https://www.theguardian.com/uk-news/2018/mar/12/10-possible-british-responses-to-russia-over-the-sergei-skripal-affair
  6. https://sansapriori.net/2018/03/13/2613-limpact-des-mesures-politiques-sur-le-commerce-avec-la-russie/
  7. https://sansapriori.net/2018/03/07/2597-synthese-du-rapport-du-conseil-de-la-federation-sur-lingerence-americaine-dans-les-affaires-interieures-russes/

SOURCE/ http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/03/theresa-may-fait-monter-la-campagne.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+RussiePolitics+(Russie+politics)


Sergueï Skripal: cet espion qui tombe à pic

Sergueï Skripal, de nationalité russe, ex-agent du GRU (service du renseignement militaire russe), retourné par les services de Sa Majesté, vient d’être retrouvé inconscient à Londres, sur un banc, avec sa fille. Pour autant, la Russie est coupable. Sans être particulièrement originale, la démarche est prévisible. Vivement, la fin de la campagne électorale, que les « partenaires » occidentaux reprennent un peu leur souffle, ils font bientôt nous faire un burned-out à ce rythme-là.
Segueï Skripal était un agent russe qui travaillait pour le renseignement militaire. Il fut retourné par le MI6, jugé en 2006 en Russie pour trahison d’État et condamné à 13 ans de privation de liberté. Avec le scandale des espions dormants, il fut échangé en 2010 et obtint alors refuge à Londres. Ce qui confirme bien qu’il est un espion anglais et non russe. Le 4 mars, il est trouvé sur un banc à Salisbury, inconscient, avec sa fille. Tous les deux sont hospitalisés dans un état grave pour avoir été contaminés par une substance neurotoxique paralysante. Pour l’instant, les enquêteurs ne savent pas où et comment ils ont été contaminés.

Immédiatement, la machine politico-médiatique se met en marche, alors que l’enquête ne fait que commencer.

Dans la multitude des articles sur le sujet, un est particulièrement intéressant, il s’agit de l’éditorial publié dans The Guardian [1]. Un tel niveau de paranoïa, dans ce qui n’est pourtant pas de la presse de boulevard, est incroyable. Tout commence évidemment avec V. Poutine, qui a déclaré que ce qu’il regrette le plus est la chute de l’URSS, l’empoisonnement doit être interprété dans ce contexte. Donc:

The Russian president’s project is the reversal, at any cost, of a humiliating defeat by the west.

Le projet du président russe est le renversement, à tout prix, d’une défaite humiliante par l’Occident.(Google traduction)
Et tout est remis sur la table, la modernisation de l’armée, l’opposition, les élections. Le tout dans n’importe quel ordre, comme un cri hystérique, une incantation se devant libératrice. Bref, un manque de contrôle sur soi. Une sorte d’infantilisme politico – journalistique:

If confirmed as a Russian action, the use of a chemical weapon on British soil would be an act of extreme hostility, suggesting Mr Putin is seeking to demonstrate a capacity to project aggressive power unimpeded around the globe. A similar message was conveyed by the Russian president’s recent speech boasting of new “invincible” nuclear missiles. Some of this is for domestic consumption. He will win the presidential election on 18 March: no other outcome is permitted. But he still likes to burnish his strongman credentials. And repressive regimes must always be advertising their ruthlessness to deter public dissent.

Si elle est confirmée comme une action russe, l’utilisation d’une arme chimique sur le sol britannique serait un acte d’extrême hostilité, suggérant que M. Poutine cherche à démontrer sa capacité à projeter un pouvoir agressif sans entrave autour du globe. Un message similaire a été transmis par le discours récent du président russe, qui se vantait de nouveaux missiles nucléaires «invincibles». Une partie est destinée à la consommation domestique. Il remportera l’élection présidentielle le 18 mars: aucun autre résultat n’est permis. Mais il aime toujours polir ses qualifications d’homme fort. Et les régimes répressifs doivent toujours faire preuve de leur cruauté pour dissuader la dissidence publique.(Google traduction)

Quel est le rapport entre un vieil espion sorti du circuit depuis des années, qui a déjà donné tout ce qu’il pouvait, et la modernisation de l’armée ou les élections?

Aucune, mais peu importe, tout est dans la suggestion.

russie france Paul-Louis Voger, ancien agent du renseignement imagePaul-Louis Voger, ancien agent du renseignement dans les années 1980 au contre- espionnage de la DST

Remarquez, les médias français sont encore plus médiocres, avec des « experts », dont la puissance de réflexion est incroyable. Exemple sur LCI [2]:
Lénine et évidemment Staline, la culture criminelle (d’État?, puisqu’il s’agit quand même de dirigeants), l’opposition, les transfuges, tout y est, toute la fantasmagorie. Et ça, ce sont des experts. Et dire que des personnes de ce niveau de réflexion ont travaillé dans le contre-renseignement français, notamment contre l’URSS. Ca nous oblige à réfléchir … et ça explique beaucoup de choses.

Bref, la Russie est responsable avant que l’enquête n’ait abouti. Ce qui est devenu une tradition, celle assez peu démocratique de l’ingérence politique dans la justice

Clouer au pilori médiatique:

source[3]: Ambassade russe en Grande-Bretagne

Et si elle est responsable, elle doit payer. Et comme elle est responsable, réfléchissons à la manière de lui faire payer.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, s’est quelque peu emballé. Il menace de retirer la Grande-Bretagne de la Coupe du Monde[4] de foot, ce qui ne provoque pas un soutien particulier dans la population et a obligé Theresa May à préciser qu’il ne s’agit que de la représentation diplomatique et politique du pays.
Dans une poussée supplémentaire russophobe, B. Johnson a également menacé de prendre des mesures de rétorsion [5] inédites si l’implication de la Russie se confirme.

“No attempt to take innocent life on UK soil will go either unsanctioned or unpunished”, the Foreign Secretary said, as he also accused Moscow of undermining the “fundamental basis of international order” by its past actions in Crimea and through election meddling.

« Aucune tentative de mener une vie innocente sur le sol britannique ne sera sanctionnée ou impunie », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, accusant Moscou de saper la « base fondamentale de l’ordre international » par ses actions passées en Crimée et par l’ingérence électorale. (Google traduction)

Ici comme ailleurs, quel est le rapport entre ce vieil espion transfuge et la Crimée? Aucun, mais peu importe puisque:

Branding Vladimir Putin’s government a “malign and disruptive force”, he said harsher international sanctions could be imposed if it is found to have had a hand in the attack on Mr Skripal.

Qualifiant le gouvernement de Vladimir Poutine de «force malveillante et perturbatrice», il a déclaré que des sanctions internationales plus sévères pourraient être imposées s’il s’avérait qu’il avait participé à l’attaque de M. Skripal. (Google traduction)

Ce n’est pas très sérieux? Non, mais puisqu’il faut réalimenter constamment la machine, ça tombe bien. Ca tombe même très bien.

A une dizaine de jours des élections présidentielles pour rappeler à quel point la « Russie de Poutine » est dangereuse, avant la Coupe du monde pour rappeler à quel point cette Russie est infréquentable.
Surtout après le discours de V. Poutine ayant provoqué la panique dans les chancelleries occidentales face aux nouvelles armes russes. Sans oublier que la Russie ne lâche pas en Syrie et se pose en concurrent ayant un réel potentiel géopolitique.
L’ambassade de Russie en Grande-Bretagne rappelle que les accusations montées en épingle sont un grand classique:
Pour la Russie [6], il ne s’agit que d’une étape de plus dans la politique russophobe qui s’est emparée de l’Occident. Aucune information n’a été partagée par les enquêteurs anglais, pourtant il s’agit de ressortissants russes… Mais que partager? La démarche est (géo)politique et elle se développe en tant que tel.

Constat assez triste, mais que reste-t-il à cet étrange Occident sinon les sanctions, les cris, les alarmes, les espions venus du froid tombés raid à Londres, les armes chimiques?

Il reste à faire de la politique, mais c’est plus compliqué.

En attendant d’avoir de véritables hommes d’Etat, en attendant d’avoir à nouveau des Etats, il y a de la comm et des marionnettes. Il nous reste à survivre sans trop de pertes à cette époque.


ESPION les-guerriers-de-lombre
   ESPION …
 SOURCE/ http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/03/serguei-skripal-cet-espion-qui-tombe-pic.html