2502 – Ehpad … Vu du côté « investisseurs » … ça rapporte !

vidéo maison de retraite 14253832

Les nouvelles fortunes françaises du secteur de la retraite, les silver hôteliers

Par Bruno Abescat, publié le

Jean-François Gobertier maxresdefault

500 millions. La fortune de Jean-François Gobertier, le plus riche gestionnaire privé de maisons de retraite en France.

Les « nouveaux riches » viennent de tous horizons, mais certains secteurs d’activité sont particulièrement porteurs. Coup de projecteur sur les nouvelles fortunes dans le secteur des maisons de retraite.

Jean-François Gobertier

Avec une fortune estimée à 500 millions d’euros, c’est le plus riche des gestionnaires privés de maisons de retraite en France. Sans doute aussi le plus original. Passionné de bandes dessinées et de pétanque, cet Ardéchois est fan de Johnny Hallyday. C’est aussi un entrepreneur éclectique, propriétaire d’un superbe hôtel-restaurant et d’une société, Prestige Car, spécialisée dans la location de voitures et de motos de luxe, qu’il collectionne.

Il a fondé son groupe, GDP Vendôme, en 1990. Gestionnaire de fortunes, il proposait alors des produits de défiscalisation. En 2010, avant de fusionner avec un de ses concurrents, Domus Vi, il gérait quelque 135 établissements! L’an dernier, il a vendu sa participation au fonds PAI Partners, mais n’a pas dételé pour autant. A 62 ans, Gobertier pilote encore 40 résidences médicalisées et s’investit dans un nouveau concept d’appartements domotisés de maintien à domicile. L’heure de la retraite n’a pas sonné.

Et aussi

Une dizaine de professionnels du grand âge figurent dans le palmarès de Challenges, forts de patrimoines compris entre 100 millions et 1 demi-milliard d’euros. Ces fortunés de l’or gris ont su capitaliser sur le vieillissement de la population. Une activité très lucrative et en plein essor: en 2030, les Français âgés de plus de 60 ans seront 20 millions (contre 15 aujourd’hui). Quant au nombre de « dépendants » (plus de 85 ans), il progressera de 760000 par an.  

Venus d’horizons divers (gestion de fortunes, médecine, immobilier…), ces « hôteliers » privés ont de grandes ambitions. Derrière le leader européen, Korian-Medica, détenu par des investisseurs institutionnels, les principaux acteurs du marché, selon une récente étude de Precepta, sont, dans l’ordre,

  • le groupe Orpea, fondé par le neuropsychiatre Jean-Claude Marian,
  • Domus Vi (Yves Journel),
  • le Noble Age (Jean-Paul Siret),
  • Colisée Patrimoine Group (Patrick Teycheney)
  • ou encore Emera (Claude Cheton et Christophe Bergue).

Aujourd’hui, tous se développent à l’international. Le « marché des vieux » n’a pas de frontières. 


source/ https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-nouvelles-fortunes-francaises-du-secteur-de-la-retraite-les-silver-hoteliers_1704615.html


retraite 400x260-ct

Ceux qui font fortune avec les vieux

DÉCRYPTAGE – Fortunés propriétaires de maisons de retraite: leur clientèle, que l’État n’a pas les moyens de leur disputer, augmente inéluctablement. Dans ce secteur, les taux de rentabilité dépassent allègrement les 20%.

Quand il parle de ses passions, Jean-François Gobertier est intarissable. Sur Johnny Hallyday, qu’il a applaudi en concert des dizaines de fois. Sur ses motos, telle sa récente acquisition, une Norton, qu’il évoque avec autant de plaisir que ses Harley-Davidson et autres Indian des années 1920. Une collection patiemment constituée, comme celle de ses voitures, Corvette, Cadillac ou Maserati. Seul regret: cette Mustang Selby 500 KR qu’il n’a pu acheter: trop chère…

Avec l’aide de la démographie

Si Gobertier peut se payer (presque) tous ses caprices, c’est que, depuis une vingtaine d’années, il fait une autre collection: les maisons de retraite. Avec GDP Vendôme, il en possède 135 dans lesquelles on trouve 10.800 lits. Son secret: l’imbrication des métiers de promotion immobilière, de commercialisation auprès des investisseurs et de gestion. En 2010, l’affaire a été fusionnée avec DomusVi pour former le groupe DVD, ce qui lui laisse quelques regrets. Mais l’homme d’affaires a de la ressource: il s’investit désormais dans un nouveau concept, des appartements haut de gamme dans le centre-ville adaptés aux personnes âgées ou handicapées, avec des services de santé, mais aussi la possibilité de disposer de prestations de ménage ou de restauration. Un premier test est prévu à Annecy. Six autres devraient suivre. Car Gobertier est sûr de tenir là une bonne idée:  » Tout le monde y trouvera son compte, les personnes âgées comme l’Etat, car la formule est plus économique« , dit-il. Voilà qu’il s’est trouvé une nouvelle passion dont il pourrait parler pendant des heures…

Une exception, ce Jean-François Gobertier. Car, dans ce milieu, rares sont les propriétaires de maisons de retraite qui acceptent de se livrer. Comme s’il était mal vu de gagner de l’argent avec les vieux. Le secteur, avec des taux de rentabilité qui dépassent allègrement les 20%, a permis à une dizaine de professionnels présents dans le classement de Challenges de se partager environ 2 milliards d’euros. Et les perspectives de croissance sont alléchantes au vu du vieillissement de la population. Des études estiment que de 20.000 à 30.000 lits seront nécessaires dans les trois à cinq ans. Si les structures publiques sont toujours majoritaires, bien que parfois obsolètes, le secteur privé (environ 20% du total) est le plus dynamique.

Course au gigantisme

Mais les coûts de construction – importants dans le centre-ville -, les réglementations de plus en plus contraignantes et l’aggravation des pathologies favorisent les opérateurs aux moyens financiers solides, donc les plus gros. Une course aux fonds propres est engagée depuis une décennie. Orpea en 2002, plus tard Korian et Medica sont entrés en Bourse, le groupe DVD, l’ex-DomusVi, quant à lui, a reporté son introduction. Les fondateurs de Colisée Patrimoine Group, Patrick Teycheney et Mary Fauquet, ont fait entrer le fonds Naxicap à leur capital. De son côté, le Grassois Claude Cheton, actionnaire majoritaire d’Emera, créé en 1987 principalement dans le Sud-Est et les Pays de la Loire, s’est rapproché de DomusVi en lui cédant 37% de son capital. Yves Journel, le fondateur en 1983 de DomusVi, qui, depuis lors, a fusionné avec GDP Vendôme, détient plus de la moitié du capital du nouvel ensemble, ce qui en fait la première fortune du secteur, à 450 millions d’euros.

La course au gigantisme est bien engagée. Les quatre premiers de notre classement possèdent aujourd’hui les trois quarts des lits du secteur privé, contre les deux tiers en 2005.

Orpea a multiplié son chiffre d’affaires par dix en dix ans, Medica par huit. Le Noble Age, présidé par Jean-Paul Siret, prévoit de doubler de taille dans les trois ans.

Le parcours de Jean-Claude Marian, aujourd’hui âgé de 73 ans, est symptomatique. En 1989, ce médecin neuropsychiatre crée son premier établissement. En six ans, il en fonde ou en reprend 46, et en possède aujourd’hui près de 400. L’année dernière, son groupe, dont il est actionnaire avec sa famille à hauteur de 23%, a enregistré plus de 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires avec une progression de 21% du résultat net. Il entend rester propriétaire d’environ la moitié du parc immobilier. De quoi oublier, comme le fait remarquer un jaloux, « qu’il a été un moment au bord du gouffre ».

Expansion européenne

Au fil des années, Jean-Claude Marian a étendu son empire. En 2004, son groupe achète et crée plusieurs établissements en Italie. Deux ans plus tard, il jette son dévolu sur la Belgique, la Suisse, l’Espagne. A la faveur de deux prises alléchantes en 2010, Mediter et Medibelge, il s’étend encore, à tel point qu’il détient plus de 70 maisons à l’étranger. Comme lui, d’autres sont partis à la conquête de l’international, la plupart en Europe. Ainsi, Korian a développé une forte implantation en Italie. Le bordelais Colisée Patrimoine Group, lui, s’est aventuré en Chine, et DVD au Québec.

La croissance se poursuit aussi en France, où la concurrence est vive. Et il y en a pour tous les goûts, tous les budgets. Dans certaines maisons, le prix de la journée démarre à 45 euros. Ailleurs, comme dans cette luxueuse maison Orpea de Neuilly-sur-Seine où les heureux résidents disposent d’un salon de coiffure, d’une piscine et de services en tout genre, il faut compter au bas mot 5.500 euros par mois et jusqu’à plus de 11.000 euros pour une suite. En 2050, on comptera quatre fois plus de personnes âgées de plus de 85 ans qu’aujourd’hui. Le problème pour l’industrie hôtelière de la gériatrie est qu’elles seront de moins en moins solvables et sans doute de plus en plus médicalisées. Le filon de l’or gris n’est pas inépuisable.

https://www.challenges.fr/entreprise/ceux-qui-font-fortune-avec-les-vieux_277922


retraites

Les maisons de retraite traitent mal leurs pensionnaires faute d’effectifs

«90% des établissements manquent de personnel», s’indigne l’Association des directeurs au service des personnes âgées. Une situation qui engendre de nombreux problèmes de «maltraitance institutionnelle».

La quasi-totalité des maisons de retraite en France n’est pas en mesure de répondre aux besoins de ses pensionnaires, affirme l’AD-PA , l’Association des directeurs au service des personnes âgées. Le représentant des établissements de personnes âgées tire ainsi la sonnette d’alarme: «90% des établissements manquent de personnel. Aujourd’hui, le rapport est d’environ deux pensionnaires pour un salarié en maison de retraite or dans les autres pays européen, le ratio est plutôt d’un salarié pour un pensionnaire», souligne Romain Gizolme, directeur de l’association. L’AD-PA interpelle ainsi les pouvoirs publics pour obtenir davantage de moyens. «Nous avons besoin d’au moins 100.000 salariés supplémentaires dans ces établissements pour un coût de 3,5 milliards d’euros», ajoute Romain Gizolme.

L’institution affirme en effet que cette situation engendre de nombreux problèmes de «maltraitance institutionnelle»: autrement dit les établissements n’apportent pas les soins pourtant nécessaires aux personnes âgées. Par exemple, «des personnes âgées doivent manger en 10 minutes ou porter des protections urinaires alors qu’elles pourraient aller aux toilettes. Elles sont insuffisamment accompagnées à la marche et sont contraintes de rester en fauteuils roulants ou alors elles sont alitées plus de 16h par jour», s’indigne l’AD-PA.

Nous recevons des alertes quotidiennement de la part des familles»
Joseph Krummenacker, président de la Fédération nationale des associations de personnes âgées en établissements et de leurs familles

Résultat, «la perte d’autonomie des personnes âgées est très rapide dans ces conditions», indique Joseph Krummenacker, président de la Fédération nationale des associations de personnes âgées en établissements et de leurs familles. Le responsable de l’association affirme que les familles se plaignent régulièrement de la situation. «Aujourd’hui 15% des familles portent plainte mais la proportion de famille mécontentes du sort réservé à leur parent est bien plus importante. Nous recevons des alertes quotidiennement de la part des familles».

Un mécontentement d’autant plus fort que le coût de la pension est élevé, de l’ordre de 2200 euros par mois et par résident .

retraite-epargner-quand-combien-800x445

 

SERVICE: » Aller plus loin avec : « La vieillesse maltraitée » sur Vodeo.tv