2339 – UE – POLOGNE … La contestation des décisions de Bruxelles … 3 articles

1 – Lettre ouverte de Marek Jurek à Frans Timmermans : Anticiper les agissements du Conseil et assumer ses compétences est une forme d’abus, d’usurpation du pouvoir DU 13/11/17

2 – Procédure de sanction initiée contre la Pologne : l’UE en crise DU 17/11/17

3- Pologne : “fake news”, patriotisme de masse et ascension DU 12/11/17

Pologne

1 – Lettre ouverte de Marek Jurek à Frans Timmermans : Anticiper les agissements du Conseil et assumer ses compétences est une forme d’abus, d’usurpation du pouvoir

Marek Jurek
Union européenne – Mercredi 15 novembre au matin aura lieu un débat sur la Pologne au Parlement européen. Le député polonais au Parlement européen Marek Jurek, ancien président de la Diète polonaise, a donc envoyé la lettre ouverte ci-jointe en vue du débat au vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, Premier vice-président de la Commission européenne et Chargé de l’Amélioration de la législation, des Relations inter-institutionnelles, de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux.

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Frans Timmermans,

Dans cette lettre, il reproche au premier vice-président de la Commission européenne de violer le droit européen et de prendre des libertés avec les traités européens alors qu’il prétend justement défendre l’État de droit en Pologne.

Fait le 13/11/17 à Strasbourg

Monsieur le Président,

Lors de deux réunions de la commission LIBE (du 31/08/17 et du 6/11/17), je vous ai demandé de nous indiquer les bases juridiques des instructions que la Commission européenne souhaite donner aux gouvernements, dans ce cas précis au gouvernement polonais.

Les compétences de la Commission européenne en matière de respect par les États des valeurs définies par l’article 2 du Traité sur l’Union européenne se rapportent, dans le cas où l’on est convaincu du non-respect de ces valeurs, au fait de soumettre éventuellement une proposition au Conseil européen pour constater l’existence d’une violation de ces normes par un État donné.

La Commission peut soumettre une telle proposition, mais ne peut maintenir qu’une telle situation a lieu, tant que cela n’a pas été constaté par le Conseil.

Elle a encore moins le droit de donner des instructions aux États, ou de manière plus générale d’intervenir sur des problématiques réservées au champ de compétences du Conseil.

Seul le Conseil européen, s’il décide de statuer sur proposition de la Commission, peut « entendre », « adresser des recommandations », et « vérifier régulièrement » si les motifs qui ont conduit à une telle constatation restent valables.

Ce ne sont ni les compétences de la Commission, ni des deux autres organes habilités à soumettre une telle proposition au Conseil. Ce sont uniquement les compétences du Conseil, c’est-à-dire des États qui sont engagés, via leurs gouvernements, sur le forum du Conseil européen. C’est ce que stipule le Traité.

En répondant à ma question concernant les bases juridiques de vos instructions, vous avez déclaré que puisque l’article 7 du TUE mentionne la Commission, elle a le droit d’intervenir. Cependant, Monsieur le Président, l’article 7 mentionne les différents organes de pouvoir de l’Union européenne et, en accord avec le principe de séparation des pouvoirs, définit et délimite leurs compétences. Anticiper les agissements du Conseil et assumer ses compétences est une forme d’abus, d’usurpation du pouvoir.

La règle « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé », c’est-à-dire la présomption de compétences, dans une société libre concerne les citoyens.

La règle inverse s’applique aux autorités publiques : « tout ce qui n’est pas autorisé (ce qui n’est pas délégué par la loi) est interdit (l’autorité n’y a pas le droit) ».

Je comprends votre préoccupation en ce qui concerne votre vision des intérêts de l’Union, mais la Commission n’est qu’un des organes (même si essentiel) de l’Union, et se doit donc limiter ses activités à son champ de compétences. Vous ne pouvez considérer ces limites comme (selon vos propres paroles) des « lacunes du système », car aucun « système » tel que vous le souhaiteriez ne peut remplacer les traités et la loi. Vous ne pouvez « corriger » les traités là où vous supposez qu’il y a erreur. La modération des traités n’est pas leur faiblesse. C’est une forme de conciliation des compétences communautaires avec les compétences souveraines des États, consciemment convenue.

En réponse à mes questions, vous utilisiez à chaque fois un argument supplémentaire, dont la nature m’a grandement consterné.

Comme preuve de légalité de vos actions, vous avez cité le « soutien de la large majorité des gouvernements et du Parlement ». Je ne comprends pas comment vous pouvez rappeler à chaque gouvernement que la majorité n’a pas le droit de tout faire, et en même temps considérer le soutien d’une « majorité » indéfinie et informelle comme base juridique de vos instructions. Vous ne devriez vraiment pas utiliser d’argument aussi radicalement populiste.

D’autant plus que, conformément au Traité sur l’Union européenne, ce n’est même pas la majorité simple, mais seulement qualifiée aux 4/5 des États qui peut constater qu’il existe un « risque clair » de violation des valeurs de l’Union.

De plus, seule la majorité représentée par 27/28 États (tous à l’exception de l’État en question) peut constater qu’une telle situation a bel et bien lieu.

Même une telle majorité ne peut avoir recours à ses compétences que dans le cadre du Conseil, qu’en tant que Conseil, et non par exemple au travers d’une approbation silencieuse des activités d’un autre organe de l’Union, qui vont au-delà des traités.

Si vous estimez, que le contenu actuel des traités n’est pas suffisant, en tant qu’homme politique vous avez le droit d’aspirer à leur modification.

Mais vous ne pouvez le faire depuis le poste que vous occupez. La Commission doit « veiller à l’application des traités », et non les remettre en cause. Et c’est vous, Monsieur le Président, qui de par votre position y êtes même plus tenu que la majorité des commissaires.

Je prendrai connaissance de votre avis avec intérêt, d’autant plus que jusqu’ici, vos interventions ne font que confirmer le manque de fondement juridique de vos actions.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération,

(-) Marek Jurek

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SOURCE/ https://visegradpost.com/fr/2017/11/13/lettre-ouverte-de-marek-jurek-a-frans-timmermans-anticiper-les-agissements-du-conseil-et-assumer-ses-competences-est-une-forme-dabus-dusurpation-du-pouvoir/


2 – Procédure de sanction initiée contre la Pologne : l’UE en crise

Union européenne – Mercredi 15 novembre, le Parlement européen a adopté une résolution qui se veut la première étape d’une procédure de sanction contre la Pologne.

Mais de nombreuses voix s’élèvent contre ce vote qui détourne les pouvoirs des institutions de l’UE à des fins politiques, mettant ainsi en danger l’Union européenne.

À 432 voix pour, 142 contre et 71 abstentions, le Parlement européen a voté mercredi 15 novembre une résolution très critique envers la Pologne [1] et son gouvernement conservateur.

La Pologne a été mise en cause par les libéraux, la gauche radicale et européistes. Des attaques lancées notamment par

  • MM. Timmermans (vice-président de la Commission européenne, chargé de l’Amélioration de la législation, des Relations inter-institutionnelles, de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux),
  • Weber (député allemand qui préside le groupe Parti populaire européen)
  • Verhofstadt (ancien Premier ministre belge et député belge présidant le groupe ADLE).

Pour justifier leur mise en cause de la Pologne, les soutiens de la résolution déclarent que les réformes de la justice [2] entreprises par le PiS (Parti Droit et Justice) au pouvoir depuis 2015 menacent l’État de droit.

Mais ce n’est pas tout. Le Parlement européen s’attaque également à l’attitude de la Pologne envers l’avortement. Le Parlement européen a appelé la Pologne à ne pas restreindre l’accès aux avortements eugéniques, bien que les États membres soient selon les traités en vigueur, libres de choisir sur ce sujet.

Tout cela se passe dans un contexte tendu du fait des attaques à l’unisson des médias occidentaux contre la Pologne, se faisant systématiquement le relais du point de vue d’une opposition organisée et soutenue notamment par les réseaux Soros, et connectés à la gauche radicale.

L’affaire de la forêt de Białowieża, où le gouvernement tente d’endiguer une invasion de coléoptères par l’abattage d’arbres dans une forêt protégée, ou encore la marche patriotique du 11 novembre [3] décriée comme une « marche nazie », ou « fasciste », voire « de suprémacistes blancs », sont les deux principaux sujets sur lesquels la presse occidentale a concentré ses tirs.

Seulement, bon nombre de députés européens occidentaux se basent sur ces sources partielles et partiales pour décider.

La procédure qui mène à terme à enclencher l’article 7 du Traité de l’UE – suspendant son droit de vote au Conseil – a donc été démarrée.

L’Allemagne et la France envisagent également de conditionner l’accès à des fonds européens, et se préparent pour les débats du printemps 2018 sur la distribution des fonds pour 2020-2026. Selon Le Monde [4], un des scénarios envisagé par Paris et Berlin prévoit une baisse de 30% des montants alloués à la politique de cohésion.

Durcissement de l’opposition entre deux blocs

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Ryszard Legutko,

Pour le polonais Ryszard Legutko, député européen du PiS,

« ce n’est pas une question d’État de droit ou de valeurs, c’est une question de pouvoir (…). Quelques heures après l’annonce de projets de loi sur l’institution judiciaire [polonaise], M. Weber lançait déjà avec d’autres députés une campagne anti-polonaise. Pourtant M. Weber ne parle pas le polonais, il ne connaissait pas le contenu de ces lois, il n’avait aucune expertise en main (…) mais il savait déjà tout et lançait cette nouvelle croisade contre le gouvernement polonais. Les socialistes et les libéraux ont fait la même chose. (…) Ce sont de vieilles habitudes coloniales : voici que cette Europe de l’Est ose faire quelque chose, qu’elle ose décider pour elle-même ! (…) Toutes les actions de la Commission contre la Pologne sont contraires au droit et violent les traités européens. Que ces actions soient approuvées ici au Parlement ne les rend pas moins contraires au droit. Vous avez ici la majorité, vous pouvez tout voter. Vous pouvez même voter que deux plus deux font cinq ! »

Dans sa lettre ouverte à M. Timmermans, Marek Jurek avait souligné ces abus de la part des cadres supérieurs de l’UE et avait averti contre le danger de ces abus de pouvoir. Appelé par notre correspondant en Pologne Olivier Bault pour Réinformation TV, Marek Jurek a ajouté que

« si une majorité de gouvernements nationaux choisissent, au sein du Conseil, de fermer les yeux sur les abus de la Commission, c’est que nous sommes en train de nous éloigner de manière radicale de l’État de droit au niveau des institutions européennes. (…) Cela arrange certains pays de voir la Commission pacifier les États d’Europe centrale et orientale. »

Chmelař 3509116_ales-chmelar-v0

La Tchéquie avait annoncé par l’intermédiaire de son Secrétaire d’État aux Affaires européennes Aleš Chmelař le 7 septembre dernier qu’elle n’était pas favorable à l’application de l’article 7 contre la Pologne. Selon M. Chmelař, l’engagement des institutions européennes du côté de certains opposants à la réforme de la justice polonaise, qui devrait rester une question interne, rappelle-t-il,

«serait inapproprié et contre-productif, créant l’impression d’un traitement paternaliste. »

Viktor Orban Visits Berlin

Côté hongrois, le Premier ministre Viktor Orbán a reçu l’aval du gouvernement pour appliquer le veto de la Hongrie si l’article 7 venait à être enclenché contre la Pologne, désamorçant ainsi la stratégie annoncée par M. Timmermans.

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Zsolt Semjén

Le Vice-Premier ministre hongrois Zsolt Semjén a qualifié la résolution de mercredi de « honteuse et scandaleuse. »

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M. Legutko

En conclusion du débat sur la Pologne précédant le vote, alors que l’hémicycle était presque vide, M. Legutko a ajouté lapidairement que

« cela ne nuit pas à la Pologne, cela nuit à l’Union européenne. Si l’on devait rassembler toutes les diatribes anti-UE entendues dans cette chambre, elles ont moins nui à l’image de l’UE que votre intervention. Pour détruire l’image de l’UE, vous avez fait plus que Marine Le Pen et Nigel Farage pris ensemble. »

SOURCE/ https://visegradpost.com/fr/2017/11/17/procedure-de-sanction-initiee-contre-la-pologne-lue-en-crise/

3- Pologne : “fake news”, patriotisme de masse et ascension

Par Ferenc Almássy.

Pologne, Varsovie – Le 11 novembre 2017, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Varsovie durant la marche de l’Indépendance, organisée tous les ans par une association nationaliste, et dont le slogan de cette année était “nous voulons Dieu”.

L’opposition de gauche libérale qui tient la mairie de Varsovie a tenté de lancer une fake news sur l’événement, et la presse internationale a conspué la marche, le gouvernement polonais, et parfois le pays entier.

Mais ce qui se dessine aujourd’hui est une dynamique identitaire forte en Pologne, allant de pair avec un accroissement du poids politique et diplomatique du pays.

Par Ferenc Almássy, à Varsovie.

 

Le 11 novembre, les Polonais célèbrent le recouvrement de leur État indépendant, leur territoire national ayant été auparavant divisé entre Prussiens, Russes et Autrichiens.

Selon les organisateurs de l’événement, 125.000 patriotes ont défilé durant la marche de l’Indépendance (Marsz niepodległości) ce samedi 11 novembre dans la capitale polonaise

faisant cette année de la marche, organisée tous les ans depuis 2009, un des plus grands succès en terme de participants.

Des supporteurs de football aux familles avec poussette, en passant par des étudiants et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, toute la société polonaise semblait représentée dans cette marche de témoignage patriotique trans-courants. Selon la police, le nombre de participants était de l’ordre de 60.000. Trois contre-manifestants ont été vus le long du parcours.

Propagande, “fake news” et discours de haine anti-conservatrice

La mairie de Varsovie [5] , aux mains du parti d’opposition PO, tente cependant de faire accroire que seuls 30.000 participants ont défilé sur la principale avenue de Pologne. En mai 2016 [6], les manifestants de l’opposition libérale-libertaire dont fait partie le PO ont défilé contre le gouvernement.

Le cortège de gauche avait mis une heure pour passer un point rue Nowy Świat, et selon la gauche polonaise, les participants étaient 240.000.

Samedi, pour passer un point, le cortège de la Marsz niepodległości a mis 50 minutes, sur une avenue – Aleje Jerozolimskie – quatre fois plus large…

Si le chiffre de 30.000 avancé par l’opposition n’a pas été repris – les médias mainstream reprenant celui de 60.000 estimé par la police – les qualificatifs employés relèvent d’un parti pris terrible à l’égard de la Pologne et de sa gouvernance conservatrice.

CNN propage que les nationalistes ont semé le trouble et provoqué la peur dans les rues de la capitale. D’autres médias très partiaux et anti-conservateurs ont qualifié de l’absurde et grotesque qualificatif de “fasciste” l’ensemble des participants …

Par delà la méconnaissance, les préjugés et la haine

alors même que les slogans lancés par les participants dénonçaient le fascisme, le nazisme et le communisme contre lesquels les nationalistes polonais se sont battus, au sens propre. La Pologne a en effet été en guerre contre l’Allemagne nationale-socialiste et l’Union soviétique. La première a brisé la Pologne et rasé Varsovie, et la seconde a occupé et oppressé le pays pendant 45 ans.

Ces articles à charge, insultants et faisant fi de la déontologie du journaliste prouvent l’agenda politique d’un certain milieu transnational visant à détruire tout élément s’opposant à leurs vues, mais plus encore l’inquiétude face à l’ascension d’une conscience identitaire.

L’usage de raccourcis par des gens ne connaissant rien à la Pologne, à l’Europe centrale voire à l’Europe, démontrent le visage haineux et l’absence d’éthique d’une caste détenant les clefs des principales rédactions de médias mondiaux, de CNN à Al Jazeerah en passant par the Daily News. L’ancien conseiller d’Hillary Clinton, Jesse Lehrich, est représentatif d’une caste libérale internationale haineuse et avide de stigmatisations de ses opposants politiques. Selon l’expert nord-américain, les Polonais ayant défilé étaient des “Nazis”.

Bien entendu, un certain nombre d’extrémistes ont également pris part à la marche, mais malgré la dénonciation de leurs propos d’appel à la violence par le gouvernement et les organisateurs, un certain nombre de médias généralisent leur attaque idéologique à tous les participants, voire à tous les Polonais.

“Une Pologne catholique, pas laïque”, pouvait-on lire sur cette pancarte pendant la marche.

Le nationalisme polonais veut se faire entendre et peser sur la scène politique

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Robert Bąkiewicz

L’organisateur principal de la marche, Robert Bąkiewicz, nous a confié que leur association nationaliste espérait en effet avoir un rôle sur la scène politique. En 2015, après que le PiS a remporté la présidence et les élections parlementaires, les troubles cessent à la marche.

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Piotr Gliński,

“Depuis que le PiS est au pouvoir, on se rend compte qu’en fait la marche n’est pas du tout violente,”

nous a déclaré Piotr Gliński, vice-Premier ministre et ministre de la Culture et du Patrimoine, un brin sarcastique. En effet, malgré la narration des mondialistes, il n’y a depuis 2015 plus aucun violence durant la marche…

Pour Robert Bąkiewicz, l’attitude du gouvernement envers la marche est appréciable, mais son association entend mobiliser la jeunesse en particulier, demandeuse d’un patriotisme plus important

“après l’oppression communiste et face à la dissolution des identités amenée par l’Ouest”.

Selon Mr Bąkiewicz, le gouvernement PiS n’est pas nationaliste et ses positions sur la scène internationale se rapprochent trop de ce qui est attendu des États-Unis ou de Bruxelles.

Ils veulent pousser le gouvernement à aller plus loin dans la défense des intérêts de la Pologne.

“Ni Moscou, ni Bruxelles !”

était l’un des slogans régulièrement lancé depuis les camions des organisateurs durant la marche.

Pour les nationalistes polonais, deux dangers menacent la Pologne et l’Europe :

  1. le libéralisme – comprendre, essentiellement le libéralisme des mœurs : agenda LGBT+, laïcité, individualisme…
  2. – et l’Islam, associé à l’immigration de masse, en particulier depuis l’arrivée massive, incontrôlée et chaotique de migrants via la route des Balkans en 2015, qui a également provoqué une augmentation du nombre d’attaques terroristes en Europe.

Pour eux, la solution repose sur l’unité dans la foi chrétienne, fondement de la civilisation européenne.

“Nous voulons Dieu”, le slogan de la marche de cette année, ponctuée de chants religieux polonais entendus entre les chants patriotiques des années 20 et le rap nationaliste, est assez explicite. Il fait également référence à un chant polonais utilisé durant le communisme. Le message est clair :

le nationalisme polonais se veut identitaire et catholique, anti-communiste, anti-libéralisme et anti-islamisation.

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Jarosław Kaczyński

Cette avant-garde nationaliste experte en métapolitique tente donc d’influencer le gouvernement conservateur du PiS, déjà riche de nombreux succès à l’échelle européenne et internationale : la contre-révolution culturelle [7]  annoncée par l’éminence grise du pouvoir polonais Jarosław Kaczyński avance à grands pas et une symbiose semble se dessiner entre la rue tenue par les nationalistes et les urnes tenues par le gouvernement conservateur.

L’opposition est totalement déconstruite, malgré sa surreprésentation médiatique et le soutien massif et disproportionné des médias occidentaux.

À mi-mandat, le gouvernement de Beata Szydło est passé de 37,6% des votes à l’automne 2015 à 47% d’intentions de vote aujourd’hui. De quoi détruire la propagande d’une gauche parlant d’un pays engoncé dans une crise politique et d’un gouvernement en difficulté et en perte de vitesse. Plus c’est gros, mieux ça passe, pourrait-on répondre à ce qui s’avère être de la part de l’opposition un aveu d’impuissance.

Un pays qui reprend confiance en lui-même

Tous ces indicateurs, la politique du gouvernement polonais et la capacité de nationalistes marginalisés par les gouvernements précédents de centre gauche de réunir des “patriotes polonais” par delà les orientations politiques pour une marche devenu le principal événement national polonais lors de la fête de l’Indépendance, montrent la dynamique politique d’un regain de confiance en soi des élites et du peuple de Pologne.

Avec le Groupe de Visegrád comme tremplin pour une politique centre-européenne unitaire autour des questions d’identités nationales, la Pologne s’aventure aujourd’hui à s’assumer comme ce qu’elle est : la principale puissance d’Europe centrale et orientale, et un poids lourd de la politique européenne.

Ce pays dotée d’une conscience identitaire très forte mais non issue d’une idéologie car façonnée au fil des siècles par les agressions extérieures quasi permanentes, a toutes les cartes en main pour assumer ses besoins, ses envies et faire valoir ses attentes civilisationnelles.

Toutes les photos sont de l’auteur. Retrouvez la galerie complète sur notre page facebook.
Reproduction autorisée moyennant mention de la source.

LIENS[]

  1. http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2F%2FEP%2F%2FNONSGML%20TA%20P8-TA-2017-0442%200%20DOC%20PDF%20V0%2F%2FFR
  2. https://visegradpost.com/fr/2017/07/21/les-conservateurs-polonais-passent-en-force-sur-la-reforme-de-la-justice/
  3. https://visegradpost.com/fr/2017/11/12/pologne-fake-news-patriotisme-de-masse-et-ascension/
  4. http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/15/pologne-la-france-suggere-de-conditionner-l-acces-aux-fonds-europeens-au-respect-de-l-etat-de-droit_5215408_3214.html
  5. https://visegradpost.com/fr/2017/10/17/affaire-des-restitutions-frauduleuses-de-biens-immobiliers-a-varsovie-lopposition-liberale-lache-le-maire-hanna-gronkiewicz-walz/
  6. https://www.ojim.fr/pologne-nouveau-bobard-calculette-pour-lafp/
  7. https://visegradpost.com/fr/2016/09/09/orban-et-kaczynski-pour-une-contre-revolution-culturelle-en-europe/

SOURCE/ https://visegradpost.com/fr/2017/11/12/pologne-fake-news-patriotisme-de-masse-et-ascension/

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