2309 – Le sentiment d’abandon territorial partagé par près d’un Français sur trois & Emploi … la mobilité est-elle réservée aux plus aisés ?

28% des Français éprouvent le sentiment d’un « délaissement territorial », selon une enquête du Crédoc.

A choisir, ils préféreraient rester dans leur département plutôt que d’aller chercher du travail ailleurs, comme on les y invite parfois.

Quand on perd son travail à La Souterraine (Creuse), il suffirait d’aller pointer à la fonderie d’Ussel (Corrèze) située à 140 km de là…

On se souvient de la polémique suscitée le mois dernier par le conseil adressé par le président de la République et le ministre de l’Intérieur aux salariés licenciés de GM&S.

« Il y a des endroits où on ferme les usines, mais des endroits où on crée des emplois, et ces emplois ne sont pas pourvus. Pourquoi ils ne sont pas pourvus ? », s’était interrogé Gérard Collomb, laissant entendre que les licenciés devaient se rendre « mobiles » pour retrouver un emploi.

Mobile dans l’élément mobile, comme le capitaine Nemo.

L’anecdote illustre deux façons d’appréhender la lutte contre le chômage, alors que de nombreuses offres ne trouvent effectivement pas preneurs.

  • D’un côté, les tenants de la « mobilité résidentielle »,
  • de l’autre ceux favorables au renforcement de l’attractivité des territoires en déclin.

Deux visions ramassées dans une étude du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) publiée cet été, au titre un brin provocateur :

« Soutenir les territoires en crise ou bien aider leurs habitants à s’installer ailleurs ? »

(voir ci-dessous notre article du 1er septembre 2017).

Pour en savoir plus sur les aspirations des intéressés, le CGET a demandé au Crédoc la réalisation d’une enquête nationale [1]. Menée auprès de 2.000 personnes, cette enquête montre tout d’abord que le sentiment de « délaissement territorial » est partagé par 28% des Français. Et ce, alors même que neuf Français sur dix sont satisfaits de leur cadre de vie quotidien.

Ce sentiment d’abandon est à la fois géographique et social.

Il est prégnant dans les territoires situés « en dehors des grandes aires urbaines ». Il est aussi fortement lié aux conditions sociales : les plus pauvres (36%), les non-diplômés (33%) et les chômeurs (39%) y sont plus sujets, même lorsqu’ils vivent dans la sphère d’influence d’une grande métropole.

Paradoxalement, ce sentiment d’abandon est assez peu répandu dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, sans doute en raison des efforts qui y sont déployés (programme Anru…).

Qui plus est, les Français se montrent de fieffés sédentaires avec peu d’appétence pour le nomadisme triomphant.

« A choisir, les Français se prononcent dans leur grande majorité en faveur d’un développement du territoire permettant à chacun de réaliser ses projets de vie là où ils résident », souligne le Crédoc.

Ce qui est vrai pour les trois quarts des Français, l’est encore plus pour les laissés-pour-compte, les « délaissé territoriaux » (77%).

Quant à la sacro-sainte mobilité, elle relève en partie d’une vue de l’esprit.

« Si, au bout d’un an, on observe davantage de retours à l’emploi chez les chômeurs qui ont changé de département, cela est surtout lié au fait que les plus mobiles sont ceux qui présentent le plus d’atouts pour réintégrer le marché du travail, notamment un niveau de diplôme élevé. »

Certes, les délaissés considèrent plus que d’autres qu’ils auraient avantage à tenter leur chance dans un autre département, mais ils ne le souhaitent pas pour deux raisons : d’abord leur fort attachement à leur territoire (72%) et aussi les difficultés que cela représenterait pour eux.

Souvent, ils ne disposent pas de l’épargne nécessaire à un tel changement de vie : au coût du déménagement s’ajoutent la caution du futur logement, le garde-meuble éventuel…

Ils anticipent de surcroît « l’impossibilité de s’appuyer sur un réseau relationnel » dans le territoire d’accueil.

Seuls un quart des sondés se disent favorables à des aides à la mobilité !

Ce qu’ils attendent surtout des pouvoirs publics, c’est de l’emploi « via l’installation de nouvelles entreprises », mais aussi des services publics : offre de santé, des transports, des services administratifs (mairie, Pôle emploi, CAF).

Une vision finalement proche de celle défendue par les Nouvelles Ruralités depuis deux ans. Celle d’un développement « endogène » à chaque territoire.

Lien :

  1. http://www.credoc.fr/pdf/4p/295.pdf

note sans a priori …  sur le lien : je vous recommande d’y aller c’est en final l’article ci-dessus développé en 4 pages du credoc …

source/ https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer/?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250280021919&nl=1

Emploi … la mobilité est-elle réservée aux plus aisés ?

Si 47,5% des Français qui estiment que leur territoire est en difficulté pensent qu’un déménagement leur permettrait d’améliorer leurs conditions de vie, peu franchissent le cap, faute de moyens…

En revanche, les cadres franciliens sont quant à eux prêts à partir vivre en région, quitte à gagner moins. Ces deux trajectoires issues de deux études différentes (l’une du CGET, l’autre de Cadremploi), montrent la difficulté d’appréhender la question de la mobilité souvent vantée comme un remède au chômage.

 

Près de la moitié des Français (47%) qui estiment que leur territoire est en difficulté et/ou délaissé considèrent qu’un déménagement pourrait améliorer leurs conditions de vie. C’est ce qu’indique une étude du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) publiée cet été.

Cette opinion est plus courante chez les personnes les plus précaires, qui vivent en dehors des grandes aires urbaines et qui pensent que leurs conditions de vie vont se détériorer. « 31% des personnes à bas revenus pensent qu’un déménagement leur donnerait des atouts supplémentaires, contre 23% pour les personnes à hauts revenus, détaille le CGET. C’est également le cas pour 42% des chômeurs contre 29% des actifs occupés. »

Moins de la moitié des souhaits de mobilité réalisée

Mais ces mêmes personnes qui souhaiteraient déménager ont du mal à passer à l’action : moins de la moitié des souhaits de mobilité des ménages se concrétise dans les quatre à cinq ans, signale le CGET.

Ainsi en 2013, seulement 27% des ménages avaient effectivement changé de logement au cours des quatre années précédentes :

  • 8% pour un département différent,
  • et moins de 6% pour une autre région.

Il y aurait donc une forme de sédentarisation contrainte des personnes à bas revenus (qui peut s’expliquer notamment par le coût des loyers dans les grandes villes), comme le montre notamment le géographe Christophe Guilluy dans ses travaux.

Alors faut-il soutenir les territoires en crise ou bien aider leurs habitants à s’installer ailleurs ? 

se demande le CGET. Le simple fait de se poser la question peut paraître surprenant de la part de l’ex-Datar… Or, interrogés au regard de leurs aspirations (ou non) à déménager, les trois quarts des Français répondent qu’ils préfèrent une aide des pouvoirs publics pour réaliser leurs projets de vie dans les territoires dans lesquels ils vivent, plutôt que des aides pour s’installer dans un autre territoire !

La mobilité géographique, une solution non réaliste ?

Globalement, les Français pensent qu’ils auront du mal à déménager et préfèrent une aide pour vivre mieux là où ils sont installés. « La mobilité géographique, quoique souhaitée, n’apparaît donc pas comme une solution réaliste », conclut le CGET.

Une intervention accrue des pouvoirs publics dans les territoires en difficulté pourrait représenter une option plus souhaitable. Les habitants de ces territoires insistent notamment sur la nécessité de voir s’installer de nouvelles entreprises, d’améliorer l’offre de soins et la présence de services publics (mairie, Caisses d’allocations familiales, Pôle emploi…).

Vivre en région même avec 10% de revenus en moins !

La situation est différente pour les cadres de la région parisienne, et notamment ceux qui touchent les plus hauts revenus (plus de 90.000 euros par an) : d’après une enquête de Cadremploi, publiée le 29 août 2017, 80% d’entre eux envisagent sérieusement de changer de région pour une meilleure qualité de vie

(moins de pollution, d’embouteillages, un coût de la vie moins élevé) et une bonne partie d’entre eux (90%) sont même prêts à des concessions importantes, telle qu’une baisse du revenu de 10%, pour travailler et vivre en région… S’ils reconnaissent à la région parisienne de nombreux avantages (accessibilité rapide à tous les services, possibilité d’y exercer un travail intéressant et une vie culturelle riche),

ils sont davantage attirés par des villes comme Bordeaux, Nantes, Lyon, Toulouse et Montpellier. Si l’on en juge pas ces deux enquêtes, la mobilité vantée comme une solution au problème du chômage serait plutôt l’apanage des plus aisés…

source/ https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250279611099

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