2040 – Transport « Hyperloop »… ne nous emballons pas !

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1- Hyperloop. Premiers essais concluants, révolution en Corse ?

2- Avec le Swissloop, l’EPFZ rêve de construire l’Hyperloop

3- Hyperloop : la première capsule sera construite à Toulouse

4- La Région Auvergne-Rhône-Alpes veut son train hypersonique hyperloop

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29/07/2017 – 06h55 Paris (Breizh-Info.com) – Qu’est-ce qu’un Hyperloop ? S’il est possible que ce nom ne soit connu pour l’instant que par un nombre restreint d’amateurs de nouveautés, les choses risquent de changer rapidement. Ce que confirment les récents essais. Explications.

Un train plus efficace que l’avion

L’Hyperloop a été lancé en 2013 par Elon Musk, un industriel avant-gardiste que nous avions déjà évoqué par le passé et à l’origine des satellites SpaceX comme des voitures Tesla. Le concept consiste en un double tube surélevé à l’intérieur duquel circulent des capsules en lévitation magnétique soumises à de basses pressions afin de limiter les frictions de l’air. Le déplacement des capsules est facilité par la présence de coussins d’air. Quant à la propulsion, elle est assurée par des moteurs électriques situés sur le parcours et générant un champ magnétique.

Ces capsules sont destinées à transporter des voyageurs et des marchandises. À terme, il est question d’atteindre les 1 200 km/h. Autant dire que la mise en service des Hyperloop changera profondément notre rapport à la distance.

Une série de tests concluants

Le projet semble se rapprocher encore un peu plus de la réalité puisque la société Hyperloop One a publié un communiqué de presse le 13 juillet dernier dans lequel elle annonce officiellement le succès du premier test de l’Hyperloop. Cet essai s’est déroulé dans la nuit du 10 au 11 mai 2017, dans le Nevada. Bien que de courte durée (un trajet de 5,3 secondes selon la firme californienne), les quelques 200 personnes (des ingénieurs aux soudeurs) travaillant sur le projet ont pu constater que l’ensemble des fonctionnalités de ce train d’un nouveau genre a montré entière satisfaction. Il a atteint les 112 km/h sur une portion de tube de 500 mètres de long.

La Corse reliée à la Sardaigne ?

Naturellement, l’Hyperloop n’a pas manqué de rapidement susciter l’intérêt de porteurs de projets divers et variés. Dans le cadre d’un concours proposé par la société Hyperloop One, un projet corse s’est fait remarquer et a été sélectionné. Celui-ci consisterait à rallier l’île de Beauté à la Sardaigne toute proche.

Ainsi, le trajet depuis Bastia, dans le nord de la Corse, jusqu’à Cagliari, dans le sud de la Sardaigne, ne prendrait que 30 minutes. La ligne serait sous-marine entre les deux îles et comporterait 7 arrêts sur le parcours et passerait de ce fait par 4 ports et 4 aéroports.

Cette idée, qui donnerait une nouvelle dimension à la Corse, est portée par une plateforme militante d’investissements, Femu Quì (« Fait ici » en corse). Avec une Sardaigne à seulement quelques minutes, l’ensemble formerait un espace de 2 millions d’habitants qui disposerait d’un poids économique non négligeable. Le projet a même obtenu le soutien des offices des transports corse et sarde. Un intérêt peu surprenant compte-tenu des enjeux et de la révolution économique qui pourrait en découler.

VL

Crédit photos : Flickr
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine


source/ http://www.breizh-info.com/2017/07/29/74516/hyperloop-essais-revolution-corse


2- Avec le Swissloop, l’EPFZ rêve de construire l’Hyperloop

Mathilde Farine – Publié vendredi 28 juillet 2017 à 14:44.

Une quarantaine d’étudiants ont dévoilé leur «pod», soit la capsule de transport de passagers dans le train ultra-rapide imaginé par Elon Musk. Ils font partie des 30 écoles finalistes qui présenteront leur travail fin août à Los Angeles

Ils étaient une cinquantaine, tous affublés du même polo Swissloop affichant l’interminable liste des sponsors qui ont soutenu le projet. Surtout, ces étudiants en physique, mathématiques, informatique, ingénierie de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), n’auraient pas pu être plus ravis: jeudi soir, ils apprenaient en même temps que leur public, venu découvrir leur contribution au projet de train ultra-rapide Hyperloop, qu’ils étaient sélectionnés parmi les 30 universités finalistes du concours Hyperloop Pod Competition, lancé par Elon Musk.

Car si l’entrepreneur, patron de Tesla et de SpaceX, est à l’origine de ce train du futur garanti sans émissions carbone, alimenté en énergie solaire et dont les capsules («pods») doivent pouvoir voyager à 1200 km/h, les travaux de l’engin sont décentralisés.

Plusieurs sociétés, dont la plus connue, Hyperloop One, se sont attelées à la construction de ce moyen de transport révolutionnaire. Le premier test a d’ailleurs eu lieu mi-juillet. En parallèle, le milliardaire a lancé un concours à l’adresse des universités: proposer le design de ces pods.

«Un quart d’étudiantes»

C’est à cet appel qu’a répondu en septembre dernier Luca di Tizio, directeur de Swissloop, qui a entraîné avec lui un groupe d’étudiants, «dont un quart de femmes», a-t-il tenu à préciser. La première esquisse de design a été validée par les ingénieurs de SpaceX en décembre. Puis, en février, déception majeure: les travaux ont pris du retard et le projet mis à jour est recalé par les experts. Les étudiants suisses doivent mettre les bouchées doubles pendant les mois qui suivent, «dormant très peu», suivant leurs études en parallèle, pour se raccrocher au wagon des finalistes. Et mercredi soir, peu avant minuit, c’est chose faite.

Swissloop  EPFZ

Les étudiants zurichois se rendront donc fin août à Los Angeles pour participer à cette finale. Le pod, baptisé Escher, du nom d’Alfred Escher – ingénieur suisse, pionnier du chemin de fer, à l’origine de Credit Suisse et de l’EPFZ, notamment – doit pouvoir, pour l’instant, accélérer jusqu’à 400 km/h. Cette vitesse est l’objectif de ce concours, même si, à terme, le train du futur est censé atteindre les 1200 km/h. L’engin de l’EPFZ fonctionnera dans un tunnel sous vide, sur des rails jusqu’à 40 km/h, puis en lévitant grâce à la sustentation magnétique. Il atteindra sa vitesse de pointe grâce à un effet de propulsion rendu possible par de l’air comprimé relâché au moment opportun.

Reste à savoir si, dans les conditions réelles, tout se déroulera comme prévu. Ce sera l’objectif de la démonstration, fin août, dans un tunnel sous vide californien long de 1,25 kilomètre, le plus long après celui du CERN, selon Swissloop.


source/ https://www.letemps.ch/sciences/2017/07/28/swissloop-lepfz-reve-construire-lhyperloop


 

3- Hyperloop : la première capsule sera construite à Toulouse

Marc Zaffagni – Journaliste -Publié le 23/03/2017

 

La société Hyperloop Transportation Technologies vient d’engager la fabrication de sa capsule de train subsonique.

Longue de 30 mètres pour un poids de 20 tonnes, elle pourrait emporter jusqu’à 40 passagers. Ce prototype sera assemblé en France dans un centre de R&D installé à Toulouse.

 

Si l’on entend beaucoup parler du concept d’Hyperloop et de ses promesses de transport à grande vitesse, les éléments concrets de son développement sont encore assez partiels. Plusieurs entreprises (Hyperloop One, Hyperloop Transportation Technologies, TransPod, Arrivo) sont au coude à coude pour faire aboutir ce projet de train subsonique. Parmi elles, Hyperloop One et Hyperloop Transportation Technologies (HTT) sont, à ce jour, les plus avancées.

En mai 2016, Hyperloop One a réalisé un premier test assez sommaire et avance depuis sur la fabrication d’un tunnel d’essai qui devrait être opérationnel d’ici la fin du premier semestre. Plus récemment, SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, l’initiateur du projet Hyperloop, a sélectionné trois prototypes de capsules conçus par des universités. Mais on avait encore très peu d’informations concrètes sur la configuration finale d’une capsule Hyperloop censée évoluer à plus de 1.200 km/h dans ces tubes basse pression.

C’est désormais chose faite avec l’annonce d’Hyperloop Transportation Technologies qui va entamer la fabrication d’un prototype à taille réelle. Dans une vidéo publiée sur YouTube, l’entreprise donne un certain nombre de détails techniques qui permettent de se faire une idée un peu plus précise. Fabriquée en partenariat avec l’entreprise espagnole Carbures, spécialisée dans les matériaux composites pour l’aéronautique, elle mesurera 30 mètres de long pour 2,7 mètres de diamètre et 20 tonnes.

Voici une vue de l’intérieur de la capsule Hyperloop sur laquelle travaille Hyperloop Transportation Technologies. Les ouvertures sur les parois ne sont pas des fenêtres mais des écrans qui pourront diffuser des informations par réalité augmentée. © Hyperloop Transportation Technologies

Un départ d’Hyperloop toutes les 40 secondes

La « Passenger Hyperloop Capsule » pourra transporter de 28 à 40 passagers. Selon Hyperloop Transportation Technologies, les départs de capsules pourront s’enchainer toutes les 40 secondes, offrant la possibilité de transporter jusqu’à 164.000 passagers quotidiennement. Malheureusement, aucune information technique précise n’est fournie concernant la technologie de propulsion par sustentation magnétique passive, le système de batterie et leur remplacement ou charge rapide à l’issue de chaque voyage.

Le flou demeure également en ce qui concerne l’aménagement intérieur de ces capsules. Dans sa vidéo promotionnelle, HTT montre furtivement ce qui semble être l’intérieur de son prototype au design épuré et d’un blanc immaculé. On ne voit que les parois dans lesquels sont ménagées de grandes ouvertes ovales qui seront en fait des écrans d’affichage à réalité augmentée.

La construction de ce prototype se fera en France, dans le centre de recherche et développement de Toulouse qu’Hyperloop Transportation Technologies a récemment officialisé. Une version finale de l’engin doit être présentée début 2018. Elle sera ensuite testée sur un tunnel d’essai de 8 kilomètres qui sera installé en Californie (États-Unis).

Un centre de recherche va s’installer en France

Article de Marc Zaffagni, paru le 25/01/2017

Hyperloop Transportation Technologies, l’une des sociétés impliquées dans la conception du train subsonique promu par Elon Musk (Tesla, SpaceX), a annoncé la création d’un centre de R&D à Toulouse, sur l’ancienne base militaire de Francazal. La présence d’Airbus et de nombreuses entreprises liées à l’aérospatiale ont joué en faveur de la ville rose.

Il y a une semaine, Hyperloop Transportation Technologies (HTT) annonçait la signature d’un accord avec la municipalité de Brno (République tchèque) afin d’étudier la création d’une ligne reliant la ville à Bratislava (Slovaquie) distante de 130 kilomètres en 10 minutes. Afin de soutenir ce projet européen, et probablement d’autres à venir, HTT a choisi d’installer un centre de recherche et développement sur le Vieux Continent qui sera localisé non pas en Europe centrale, mais en France.

L’annonce est tombée sur Twitter. C’est à Toulouse que ce centre de R&D sera installé, plus précisément dans un bâtiment de 3.000 m² sur l’ancienne base militaire de Francazal. S’y retrouveront environ trente ingénieurs et des doctorants qui plancheront sur des prototypes de capsules Hyperloop. Une piste d’un kilomètre de long sera également construite pour réaliser des essais sur place.

50 emplois créés et 37 millions d’euros d’investissement

Le choix de Toulouse ne doit rien au hasard puisque la ville rose est un pôle de référence pour l’aérospatiale, avec la présence d’Airbus et de nombreuses entreprises spécialisées. Et HTT a justement prévu de puiser dans ce vivier en créant un Hyperloop Academy qui fera le lien avec les universités et les laboratoires de recherche ainsi que l’Hyperloop Lab, un incubateur de jeunes pousses travaillant sur des technologies liées au projet de train subsonique.

Au final, le site de Toulouse Francazal devrait permettre de créer une cinquantaine d’emplois. HTT prévoit d’y investir 40 millions de dollars soit un peu plus de 37,3 millions d’euros au cours actuel.

 

Hyperloop One veut relier Dubaï à Abu Dhabi en 12 minutes  La société nord-américaine Hyperloop One vient d’annoncer un accord avec la municipalité de Dubaï (Émirats Arabes Unis) pour étudier la possibilité d’une ligne reliant cette ville à la capitale Abu-Dhabi en douze minutes. Voici à quoi pourrait ressembler un trajet dans ce train.



La Région Auvergne-Rhône-Alpes veut son train hypersonique hyperloop

le 26/07/2017

FOCUS – L’hyperloop, train supersonique en cours d’essai dans le Nevada, transportera les voyageurs à la vitesse de 1 200 km/h. Ce projet fou, sorti de l’imagination fertile du milliardaire américain Elon Musk, intéresse désormais la Région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que les entreprises lyonnaises et stéphanoises…
Grâce à un système de capsules circulant sur des coussins d’air propulsés par un champ magnétique dans un tube à basse pression, les voyages en hyperloop iront bien plus vite qu’en TGV ou en avion.
Un mode de transport digne d’un roman de Jules Verne, qui relèverait de la science-fiction ? Plus vraiment, puisque le train supersonique vient de réussir ses premiers essais dans le Nevada…
« Nous sommes capables de construire tous ces procédés. Ils existent déjà. Il faut les pousser évidemment plus loin »,
affirme Claude Risac, président du conseil de développement de Saint-Étienne Métropole.
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Hyperloop transport supersonique train du futur Copyright Transpod Hyperloop, un transport supersonique. © Transpod
Le 5 juillet dernier, le conseil de développement organisait ainsi une rencontre entre la société Transpod, l’un des trois leaders de l’hyperloop dans le monde, et une cinquantaine d’entreprises stéphanoises et lyonnaises.
Objectif de cette rencontre : nouer des contacts et amorcer des projets de partenariat. Il semblerait en outre qu’une première ligne soit déjà pressentie pour les tests en Auvergne-Rhône-Alpes : elle relierait Saint-Étienne et Lyon.

L’hyperloop, un projet de transition énergétique ?

La ville de Saint-Étienne se verrait bien pionnière dans l’utilisation de ce mode de transport futuriste.
« La première ligne de chemin de fer est arrivée ici ! », rappelle d’ailleurs Claude Risac, qui se montre toutefois moins enthousiaste quant au choix de ce trajet… « La distance entre Saint-Étienne et Lyon est assez courte, et l’hyperloop n’aurait pas même le temps d’atteindre sa pleine vitesse. »
Toujours est-il que le 29 juin dernier les conseillers régionaux d’Auvergne-Rhône-Alpes ont adopté un vœu proposé par le groupe Groupe socialiste, démocrate, écologiste et apparentés (SDEA).
Le vœu que la Région « [devienne] un acteur majeur développement de l’Hyperloop, ce nouveau moyen de transport qui permettrait, par exemple, de relier Lyon à Saint-Étienne en moins de huit minutes… »
Fervent partisan de ce mode de transport futuriste, Stéphane Gemmani, conseiller régional SDEA, s’enflamme : « Il s’agit sans doute de la plus grande innovation de transports rapides de biens et de personnes depuis le TGV. Le projet Hyperloop, nous en sommes convaincus, a un potentiel majeur en matière d’aménagement du territoire et de transition énergétique ».

Coût d’un hyperloop ?

Environ 18,4 millions d’euros par kilomètre, soit à quelque chose près celui du TGV.
Les écologistes de la Région préfèrent le RER
Dans une tribune publiée sur le site Acteurs de l’économie, l’écologiste Jean-Charles Kohlhaas, porte-parole du Rassemblement citoyens écologiques et solidaires (RCES), émet, pour sa part, un grand nombre de réserves s’agissant de construire un hypothétique hyperloop entre Lyon et Saint-Étienne.
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Hyperloop transport supersonique train du futur Copyright Hyperloop one Hyperloop en test dans le Nevada. © Hyperloop one
« Il ne faut pas confondre vitesse et rapidité », met notamment en garde le porte-parole EELV. L’écologiste estime en effet que le temps passé en amont et en aval du transport en hyperloop demeurerait important par rapport à la durée du trajet lui-même.

Le voyage entre Saint-Étienne et Lyon durerait au final entre une heure et une heure quinze, et non pas huit minutes.

Autre problème : l’infrastructure de l’hyperloop devant être la plus linéaire possible, elle nécessiterait sur ce parcours la construction d’un nombre considérable d’ouvrages d’art
Bref, l’écologiste n’y croit pas et ne veut pas d’hyperloop :
« Les Français, rêvent souvent d’inventions plus ou moins pertinentes (Concorde, TGV, Minitel…). Nos voisins européens sont plus pragmatiques […] Le besoin du territoire entre Saint-Étienne et Lyon, c’est un mode de transport fiable, régulier… [Il] s’appelle RER. »
Déjà un groupe de travail lancé avec la SNCF Quelles que soient les réticences et les interrogations qui demeurent, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a bel et bien décidé de mettre en place un groupe de travail. Ce qui ne l’engage en rien, du reste… « [Ce groupe] sera chargé de proposer très bientôt à la SNCF de l’accompagner dans les expérimentations en cours sur ce projet », annonce Stéphane Gemmani. Séverine Cattiaux