1447 -Ce géant de l’Internet méconnu, les îles Tokelau & L’ICANN en français

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Les iles Tokelau sont à 1420 km des Fidji

Cet archipel polynésien est l’étonnant numéro un mondial en matière de noms de domaine géographiques. Une suprématie s’expliquant par le choix de la gratuité, qui a un revers : l’afflux de sites peu recommandables.

C’est une carte surprenante, qui prend des libertés avec la géographie et donne à chaque pays la dimension du volume de noms de domaine nationaux. On remarque tout de suite sur la droite un énorme continent « .tk ».


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Bienvenue aux îles Tokelau, leader mondial méconnu.

En matière de noms de domaine géographiques, cette petite nation surclasse et de très loin, la Chine et l’Allemagne. Les grandes puissantes géopolitiques, États-Unis et Russie, n’ont qu’à aller se rhabiller. Et l’Afrique est tristement minuscule.

« Carte du monde en ligne », par noms de domaine enregistrés – Nominet via Wired [1]

Au passage, on notera que la France, avec près de 3 millions de sites en .fr, apparaît bien petite à côté de l’Allemagne et du Royaume-Uni ou, plus surprenant, des Pays-Bas (plus du double).

Extrait de la

Extrait de la « Carte du monde en ligne » – Nominet [1]

Trois atolls et 1 300 habitants

Cet atlas surprenant, repéré par le magazine Wired, est signé Nominet, le registre des noms de domaine au Royaume-Uni, l’équivalent de l’Afnic[2] en France. L’objectif de cette « carte du monde en ligne »[3], est, selon cette société (à but non lucratif), de nous aider à visualiser les usages de l’Internet dans le monde. Sauf que les noms de domaine révèlent une version assez déformée du monde en ligne.

Prenez les îles Tokelau et leurs 31 millions de noms de domaine. Presque autant que la Chine et l’Allemagne cumulées. Sans commune mesure avec les 1 337 habitants de cet archipel polynésien, au nord-est de Wallis-et-Futuna, faisant partie de la Nouvelle-Zélande. Le gouvernement de ces trois petits atolls coralliens du Pacifique sud a d’ailleurs un site [4] officiel en « .org.nz » et non en « .tk ».

La suprématie du « .tk », les îles Tokelau la doivent au choix de la gratuité. Comme l’explique le site Dot TK sur fond de paysage de carte postale :

« Dot TK est un registre de domaines GRATUITS pour tous les sites web sur l’Internet. Il a exactement la même puissance que d’autres extensions de domaine, mais il est GRATUIT ! Puisqu’il est gratuit, des millions d’utilisateurs ont enregistré des domaines .tk depuis 2001 – ce qui a rendu .tk puissant et très reconnaissable. »

Capture d'écran du site dot.tk

Capture d’écran du site dot.tk – Dot TK

Échange nom contre Internet

Derrière le site Dot TK, une co-entreprise du gouvernement de Tokelau, de l’opérateur télécoms du pays Teletok et d’une société privée néerlandaise, qui appartient à un entrepreneur de l’Internet Joost Zuurbier [5]. L’idée vient de lui : il cherchait à exploiter un nom de domaine et a convaincu les sages de Tokelau de lui confier la gestion de l’extension .tk dont les habitants n’avaient que faire, sans infrastructures de réseaux pour se connecter.

Joost Zuurbier a mis cinq ans à convaincre l’Icann [6]*, le grand organisateur de l’Internet, d’accepter son projet, une sorte de deal noms de domaine contre accès internet. L’argent gagné a en effet été réinvesti dans l’équipement en haut débit de l’archipel, désormais connecté, qui a vu fleurir les cybercafés. Les recettes récoltées ont représenté 10% de son PIB[7] il y a quelques années. Mais le produit de ces « licences » s’est tari [8] depuis 2013.

Si tout individu (de plus de 18 ans) ou entreprise peut créer gratuitement son nom de domaine en .tk, Dot TK vend aussi les noms de domaine à ceux qui veulent en devenir propriétaires (à partir de 6,95 dollars par an [9]). Et la société avait fixé des obligations de trafic aux sites enregistrés gratuitement : il leur fallait au minimum 25 visiteurs uniques sur une période de trois mois, sous peine d’être suspendus ou de devoir convertir leur nom de domaine en mode payant. Elle les a supprimées en 2012. Il y a malgré tout quelques règles [10] : interdiction des contenus pornographiques, de faire la promotion de la drogue, des jeux d’argent, etc.

Repaire de pirates ?

Pourtant, le .tk a la réputation d’être un repaire de pirates. Revers de la médaille de la gratuité ? Le .tk a été pointé du doigt dans des rapports [11] de cybersécurité dans les années 2007-2008 comme « la destination la plus dangereuse du Web », nid à virus, phishing et arnaques en tout genre. Le ménage a été fait par le gestionnaire qui a par exemple mis fin à l’enregistrement anonyme illimité et surfer sur les sites en .tk serait devenu nettement moins risqué [PDF][12].

Le groupe de travail antiphishing a cependant encore cité le petit archipel du Pacifique dans son rapport de l’an dernier [PDF][13] comme un paradis pour sites truffés de « malwares ».

Domaines malveillants, par noms de domaine au deuxième semestre 2014

Domaines malveillants, par noms de domaine au deuxième semestre 2014 – AntiPhishing Work Group/PDF [14]

Un autre archipel polynésien espère à son tour sortir du lot dans ce monde en ligne : les Tuvalu.

Ce petit État indépendant du Pacifique avait cédé sous licence les droits d’exploitation de son extension .tv pour 50 millions de dollars [15] en 2002 à une société Dot TV, rachetée par le géant américain de la certification en ligne Verisign.

Or depuis quelques années, cette extension en .tv a commencé à intéresser[16] plein de sites liés aux contenus audiovisuels. L’enregistrement n’y est pas gratuit. Du coup, le .tv n’a même pas atteint le million et reste encore très loin du .tk.

Extrait de la

Extrait de la « Carte du monde en ligne » – Nominet [3]

[12] promos.mcafee.com/en-US/PDF/Mapping_Report_May.pdf

SOURCE /http://rue89.nouvelobs.com/2016/03/11/geant-linternet-meconnu-les-iles-tokelau-263430

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iles Tokelau

L’ICANN en français

L’ICANN a entamé un processus de transition vers une approche plus globale et efficace en matière de traduction de contenus. Notre objectif est de traduire l’ensemble du site ICANN.org dans les six langues des Nations Unies – y compris le français – pendant l’année en cours. En attendant, nous avons réuni un certain nombre de ressources utiles en français, que vous pourrez consulter en lançant une recherche de contenus en français [1]. Cette page sera bientôt disponible en français.

Qu’est-ce que l’ICANN ?

La Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet est un organisme à but non lucratif responsable de la sécurité, la stabilité et la coordination mondiale du système d’identificateurs uniques de l’Internet.

Objectifs de la traduction

Les services de traduction de l’ICANN ont deux objectifs majeurs :

1. permettre aux non-anglophones d’accéder aux informations sur le travail de l’ICANN afin de promouvoir la participation et accroître l’efficacité du modèle multipartite.

2. améliorer l’efficacité de l’ICANN en tant qu’organisation mondiale. Les traductions de l’ICANN sont disponibles dans les six langues des Nations Unies – actuellement l’arabe, le chinois (simplifié), l’anglais, le français, le russe et l’espagnol – en fonction des besoins.

Le travail de traduction

Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre dans le travail de traduction. L’équipe du département des services linguistiques de l’ICANN est constituée par des experts linguistiques et régionaux spécialisés dans la traduction et la localisation de contenus. Des dizaines de pages de contenus sur http://ICANN.org sont traduites tous les jours mais la traduction complète du site n’a pas encore été achevée.

L’ICANN incorporera des mécanismes de traduction et de gestion des flux de travail dans les mois qui viennent, dans le cadre de la feuille de route prévue pour les services linguistiques. L’objectif à terme est de traduire le contenu complet du site.

Feuille de route

Une nouvelle plateforme, dotée d’outils, de processus et de fonctionnalités pour la gestion des flux de travail viendra s’ajouter aux excellentes ressources dont nous disposons en matière de traduction pour fournir des mécanismes supplémentaires qui permettront d’élargir ces services et en optimiser les délais. La plateforme inclut des mémoires de traduction, des bases de données terminologiques, des glossaires, ainsi que des fonctionnalités d’externalisation ouverte (crowdsourcing) surveillée et de traduction automatique.

Dans le cadre de notre feuille de route, nous allons définir quatre niveaux de contenus dans ICANN.org, auxquels nous associerons des mécanismes de traduction spécifiques :

Niveau 1 : des contenus clés, techniques et sensibles, qui seront traduits par un groupe sélectionné de fournisseurs et validés par les experts linguistiques de l’ICANN.
Niveau 2 : des contenus clés, non techniques, qui seront traduits par un réseau indépendant de fournisseurs de services linguistiques expérimentés.
Niveau 3 : d’autres contenus qui seront traduits en collaboration avec la communauté, par externalisation ouverte (crowdsourcing) avec l’aide du département des services linguistiques de l’ICANN.
Niveau 4 : des mises à jour générales, non spécifiques, qui seront traduites avec des moteurs de traduction automatique (des fils de discussion par email, des commentaires reçus dans les consultations publiques ou dans les discussions en ligne, etc.).

Chaque niveau sera clairement identifié sur le site Web à l’aide d’icônes ou d’étiquettes.

Comment y participer

Nous vous invitons à nous faire part de vos suggestions et de vos idées pendant que nous poursuivons nos efforts vers l’optimisation des services de traduction avec des solutions linguistiques complètes et efficaces.

Ressources pour les nouveaux visiteurs

Guide du débutant[2]

Créé pour présenter l’ICANN aux nouveaux arrivants, le guide du débutant a été conçu pour fournir aux nouveaux participants les outils et les ressources dont ils auront besoin pour participer aux processus communautaires d’élaboration de politiques de l’ICANN. Publié en octobre 2012 ; mis à jour en novembre 2013.