1347 – Donald Trump… par « Usine Nouvelle » …

2016-08-17-donaldtrumpl

Quatre secteurs industriels touchés par l’élection de Donald Trump

L’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche le 20 janvier prochain risque de se traduire par un ralentissement économique des États-Unis, selon une étude de Natixis. Certains secteurs industriels pourraient tirer leur épingle du jeu, comme celui des énergies fossiles, tandis que d’autres pâtiront de la politique protectionniste prônée par le républicain.

L’élection du nouveau président des États-Unis fera des gagnants et des perdants. Les économistes des banques ont déjà commencé à étudier l’impact de la politique de Donald Trump sur plusieurs secteurs économiques.

L’économie américaine devrait globalement pâtir de l’arrivée du candidat républicain à la Maison blanche. Son programme protectionniste implique notamment des augmentations de droits de douanes pour les marchandises en provenance de certains pays comme la Chine, ou encore la révision d’accords de libre-échange. Cette politique, si Donald Trump la met en œuvre, engendrerait un effet inflationniste sur les prix et un ralentissement de la croissance économique.

Natixis prévoit ralentissement de la croissance du PIB à 1,2 % en 2017 (après 1,5 % en 2016) et à 0,4 % en 2018. Les banques européennes ayant une forte activité en Amérique du Nord en souffriraient particulièrement, du fait d’une baisse de leur activité, d’un coût du risque plus élevé, etc. Selon[…] pour la suite il faut s’abonner …

 

A quoi ressemble le programme économique de Donald Trump

Donald Trump est en bonne position pour l’emporter face à Hillary Clinton dans l’élection présidentielle américaine. Pendant sa campagne, le candidat républicain a proné une Amérique protectionniste et pro-énergie fossile et une réduction drastique des impôts pour les entreprises.

Fiscalité
Le candidat républicain propose une réforme radicale de la fiscalité des entreprises américaines. L’impôt sur les sociétés devrait être baissé de 35 % actuellement à 15 %. La plupart des niches fiscales devraient aussi être supprimées et une taxe créée sur les profits réalisés à l’étranger. Pour les particuliers, l’impôt sur les successions devrait être supprimé et les impôts sur les plus-values et les gains de capital réduit. Au total, la facture fiscale des entreprises baisserait de 3 000 milliards de dollars sur dix ans, soit 1,6 point de PIB.

Budget
C’est là que le bât blesse. Tout en réduisant drastiquement les impôts, le candidat républicain veut équilibrer le budget américain. Or appliqué tel quel, son programme risquerait de faire déraper la dette américain de 75 % du PIB à plus de 100 %. Pour le financer, Donald Trump propose le « penny plan » : réduire de 1 % chaque année le budget fédéral.

Énergie
Mauvais temps pour les énergies renouvelables. Donald Trump est pro-énergie fossile, une position traditionnelle pour le parti républicain. Son premier engagement est de suspendre l’accord de Paris et tous les financements aux programmes des Nations Unies sur le réchauffement climatique. Le candidat entend assouplir la réglementation qui pèse sur l’extraction d’hydrocarbures aux États-Unis, y compris en autorisant les forages dans l’Arctique. Il veut aussi donner son feu vert à Keystone XL, le pipeline géant qui doit acheminer le pétrole issu des sables bitumineux canadiens vers le sud des États-Unis. Il est aussi favorable au maintien des mines de charbon en activité.

Commerce extérieur
C’est le point clef du programme de Donald Trump, à l’inverse cette fois de la tradition et de l’establishment du parti républicain. Il est opposé à la ratification du trans-pacific partnership, dont la négociation est achevée depuis deux ans. Il veut augmenter les droits de douane sur la Chine et le Mexique et a répété son intention de renégocier les principaux accords commerciaux des États-Unis, y compris l’Alena qui le lie au Canada et au Mexique.

Politique monétaire
Le mandat de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, arrive à son terme en février 2018. Donald Trump a là aussi martelé dans sa campagne qu’il s’opposerait à la prolongation de son mandat, pour lui préférer un candidat plus en phase avec son programme.

Infrastructure
Comme Hillary Clinton, Donald Trump souhaite investir davantage dans les infrastructures américaines. Mais sans préciser les moyens mis en œuvre.

Immigration
Donald Trump veut reconduire à la frontière 11 millions d’immigrés sans papier et restreindre les visas de travail.

Industrie
« make America great again ». Le slogan tient lieu de programme. Le candidat américain veut relocaliser l’industrie américaine en augmentant les droits de douanes aux frontières.

2016.02.03 USINE NOUVELLE logo-usn

Après l’élection de Donald Trump, la COP22 reste confiante

L’élection de Donald Trump aux États-Unis est une très mauvaise nouvelle pour la lutte contre le changement climatique. Pourtant à la COP22, les délégués rencontrés veulent rester confiants et optimistes.

Pas de panique. Certes Donald Trump a été élu à la présidence des États-Unis – le candidat avait qualifié de ‘hoax’ le changement climatique – mais les délégués venus négocier durant la COP22 à Marrakech la mise en œuvre de l’Accord de Paris restent confiants, convaincus que le nouvel élu à la Maison Blanche finira par se rendre à l’évidence.

« La nouvelle m’a valu une grande frayeur dans un premier temps parce que l’élection de Trump c’est comme si le plus grand pollueur de la planète annonçait : ‘je quitte [l’Accord de Paris]’. A mon avis, la réalité va être telle qu’il va devoir réviser sa position. Celui qui pollue est obligé de payer : on va forcément lui demander des comptes. Même s’il ne croit pas au réchauffement climatique, il va le subir. Déjà son premier discours – ‘je serai le président de tous les Américains’ – est le début de cette inflexion, analyse M. Iba Niang, conseiller municipal de la mairie de Cocody et membre de la délégation de Côte d’Ivoire. L’Accord de Paris sera certainement retardé dans son application parce que même si Trump va être obligé de revoir sa position, il a pris des engagements auprès de ses électeurs qu’il va devoir faire mine de respecter. Il a fait des promesses, qu’il ne peut pas tenir ».

Parmi les délégués que nous avons rencontrés, le volontarisme le dispute à l’expectative. « Nous devons être diplomates avec lui ; il faut attendre de voir ce qu’il va faire. Il est prématuré de tirer des conclusions. Il faut rester positif. Quoi qu’il en soit, nous sommes solidaires de la communauté internationale qui travaille [à la mise en œuvre de l’ Accord de Paris] et nous ne laisserons personne, ni Trump, ni qui que ce soit entraver notre route », affirme Rachid Tahiri, chef de service Changement climatique au ministère délégué à l’Environnement.

« Trump sait gérer son business mais comment limiter la hausse de réchauffement climatique en dessous de 2°C, ça, il ne le maîtrise pas. Il faut qu’il s’entoure de conseillers. J’ai confiance … Les États-Unis sont un État. Il y a des institutions, peut-être qu’on ne lui permettra pas d’appliquer ses idées« , ajoute Aïssata Cissé, députée et membre de la délégation malienne.

« people’s to-do-list »

Il n’y a finalement que les Américains présents sur le site de la COP22 pour afficher des mines déconfites. « J’ai le cœur brisé et je suis remplie de honte », affirme l’une des militantes de l’association SustainUS, devant la tente des délégations. En ce mercredi matin, l’association a étendu sur le sol une to-do-list géante qui énumère les missions des Etats Unis « travailler pour la justice climatique, respecter la souveraineté des peuples indigènes, honorer les traités, zéro émission d’ici 2050 … ». Sur cette liste la mention « presidential to-do-list » a été rayée et remplacée par la mention « people’s to-do-list » en signe de résistance.

Un peu plus tôt dans la matinée, une conférence de presse du Réseau Action Climat des États-Unis avait donné lieu à des sourires forcés. « En politique, nous savons que le pendule oscille entre un côté et l’autre, mais nous savons que la science avance seulement dans une direction. Nous savons que les élections d’hier auront nécessairement un effet sur le ton des négociations mais nous savons que notre objectif reste le même…. En dépit des élections aux États-Unis, nous savions en nous réveillant ce matin que le moment pour une action climatique n’a jamais été meilleur. Nous devons rester confiants et concentrés sur notre objectif », a répété comme pour se convaincre Mariana Panuncio-Feldman, représentante de WWF à la Cop22.

Julie Chaudier de Marrakech

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Élection de Donald Trump :  » On s’adaptera », déclare Pierre Gattaz

Interrogé ce 9 novembre au matin sur l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, Pierre Gattaz, le président du Medef, n’a pas voulu se prononcer sur les risques liés à la montée du protectionnisme dans le monde. Il croit aux capacités d’adaptation du monde économique

Après le Brexit, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump signe définitivement la montée du protectionnisme. Pierre Gattaz, le président du Medef est « comme saint Thomas ». « J’attends de voir. Le propre du monde économique c’est de s’adapter, donc on s’adaptera. Il a été élu démocratiquement  il faut faire avec » Interrogé au siège du Medef à l’occasion d’une conférence de presse sur un prochain forum sur l’Afrique en décembre à Paris, Pierre Gattaz a noté que les « premières déclarations [de Donald Trump] vont  dans le sens de la sagesse et de l’apaisement « 

Le patron du Medef n’a pas voulu se prononcer sur les risques de montée du protectionnisme dans le monde que pourrait déclencher l’accession au pouvoir de Dolnald Trump, ni n’a voulu établir de parallèle avec l’élection française de 2017, appelant notamment à la « vigilance ». 

Questionné sur les risques concernant le TTIP (traité commercial transpacifique), le TPP ou TAFTA (traité commercial transatlantique) ou même l’avenir de l’accord de Paris sur le climat, Pierre Gattaz a jugé : « Donald Trump est un chef d’entreprise, il est pragmatique. Il faut vraiment attendre le sens de sa politique avant de juger ».

Pierre-Olivier Rouaud

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Brexit, Trump … La montée du protectionnisme, nouvelle donne des industriels

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis participe d’une montée en puissance du protectionnisme partout dans le monde. Les industriels vont devoir s’adapter. 

Ancien poumon de la sidérurgie américaine, Youngstown (Ohio) est devenue la ville-symbole de la désindustrialisation américaine. Barack Obama y avait raflé quatre ans plus tôt plus de 60 % des voix. Hillary Clinton n’a devancé son adversaire que d’une courte tête dans le comté démocrate. Le « swing state » de l’Ohio a lui basculé en faveur de Donald Trump, comme la Pennsylvanie. Le Michigan s’est aussi décidé en faveur du Républicain. Dans la rust belt, l’ancien cœur industrialisé du nord-est des Etats-Unis, Donald Trump a fait un carton plein.

Pour les anciens cols bleus, touchés de plein fouet par la concurrence des pays à bas coûts et les délocalisations d’usines, le message adressé est clair. Ils se sentent perdants du libre-échange. « Rendre sa grandeur à l’Amérique », le slogan de la campagne de Donald Trump passe par un retour au protectionnisme et des droits de douanes aux frontières. Le candidat républicain n’a pas été avare de promesse en la matière. Pendant la[…]

 

« Donald Trump n’a pas le pouvoir d’imposer aux entreprises la localisation de leur production »

Alexandra Estiot est économiste chez BNPparibas. Elle décrypte les conséquences économiques de l’élection américaine à l’aune de la convergence de vues qui existent entre le prochain président et le congrès

L’Usine Nouvelle –  Quelles sont les conséquences prévisibles de l’élection de Donald Trump sur l’économie américaine et ses relations commerciales ?

Son programme présente des contradictions et des incohérences. Et en réalité pour imaginer ce qui peut se passer, il faut examiner les points de convergence du prochain président avec les Républicains du Sénat et de la Chambre des représentants. Il fera des annonces, des discours mais après il faudra gouverner avec le Congrès.

Donald Trump peut-il  dénoncer des accords internationaux comme l’Alena qui lie les Etats-Unis à la zone nord-Amérique, Mexique et Canada ?

Le président des États-Unis peut négocier des accords mais s’ils obligent les États-Unis, le congrès doit les valider. Peut-il les dénoncer ? Théoriquement oui mais en réalité ce n’est pas si simple. Si on regarde l’histoire, Georges W. Bush l’a fait mais il avait le Congrès avec lui. Sur les accords internationaux commerciaux existants, je pense que ceux qui sont signés vont rester en place mais qu’il  va y avoir un coup d’arrêt sur tous ceux qui sont en négociation.

Beaucoup d’industriels européens sont installés au Mexique, pour être en zone dollar et importent ensuite aux Etats-Unis. Faut-il qu’ils revoient leur stratégie ?

Il y a les discours et le principe de réalité des affaires. Si on regarde ce qui se passe avec le Brexit, c’est très intéressant. Theresa May, la première ministre britannique, a dit que la priorité c’était de mettre en œuvre la séparation et un coup d’arrêt à l’immigration. Mais d’un autre côté, la semaine dernière, elle a assuré à Nissan que l’entreprise pourrait continuer d’exporter en Union Européenne les voitures qu’elle fabrique au Royaume-Uni sans problème.

Quels sont les points de convergence entre le Congrès républicain et les éléments de programme de Donald Trump ?

Il y a tout d’abord la baisse de la fiscalité des ménages, réduction du nombre de tranches de revenus, abaissement des taux d’imposition mais aussi des droits de succession. L’abaissement de la fiscalité du capital, intérêts et dividendes, est aussi une vue partagée.

Est-ce que cela peut avoir un impact sur la consommation américaine ?

Oui et a priori négatif. Car on va assister à un transfert du poids de l’impôt des plus aisés aux plus défavorisés, favorisant plus l’épargne que la consommation. La suppression de l’Obamacare aura aussi pour résultat que certains devront faire un choix entre les soins et d’autres dépenses de consommation. La dimension intéressante pour l’activité du programme du prochain président, c’est le projet d’investissements massifs dans les infrastructures. Mais pourquoi les républicains voteraient-ils cela alors qu’ils ont voté contre pendant des années ? Les dépenses d’infrastructures du gouvernement fédéral atteignaient 5 % du PIB dans les années 50. On est tombé à 1,5 % aujourd’hui et cela n’a pas été le fait de majorités démocrates. Il faut se rappeler la stratégie de Reagan en matière de fiscalité dans laquelle s’inscrit le prochain président. Le principe c’était « starve the beast », affamer la bête. En réduisant les rentrées fiscales, on poursuit le but de réduire les dépenses.

 Le programme prévoit aussi des baisses sur l’impôt des sociétés ?

La baisse de l’impôt sur les sociétés, c’est un serpent de mer dans la politique américaine. C’est une vision partagée par les républicains et les démocrates et, au final, rien n’est jamais voté. En réalité, réduire le taux d’imposition et supprimer les niches fiscales favoriseraient les PME, qui n’ont pas les moyens des grandes entreprises en termes d’optimisation fiscale. De nombreuses grandes compagnies américaines ne paient déjà que 2 à 3 % d’impôt sur les sociétés.

Quel impact en matière d’environnement ?

Ce n’est clairement pas positif, mais il faut aussi relativiser. Beaucoup de ces questions se règlent non pas au niveau fédéral mais au niveau des Etats. Le Dakota du Nord et le Texas pourront continuer à soutenir les hydrocarbures et la Californie à développer d’autres secteurs. Et de toutes façons, un président démocrate aurait eu des difficultés à imposer ses vues au Congrès.

La réindustrialisation de l’Amérique, avec un retour de ses usines, prônée par Trump est-elle possible ?

Le président des Etats-Unis n’a pas le pouvoir d’imposer aux entreprises privées la localisation de leur production. 

Au final, quels sont les marges de manœuvres de Donald Trump par rapport au Congrès  ?

C’est ce que nous allons apprendre dans les prochaines semaines. On va voir comment  le prochain président va constituer son équipe, qui sera son chef de cabinet, etc. Il faut se rappeler qu’il a très peu d’expérience politique et qu’il va avoir besoin de gérer le Congrès. Et quelle va être l’attitude des sénateurs et des représentants ? Vont-il s’aligner sur les vues de leurs électeurs ou rester sur leurs positions traditionnelles ? L’un des signaux sera le maintien ou pas de Paul Ryan à la présidence de la Chambre des représentants qu’il maîtrise parfaitement.  

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche

 source /  http://www.usinenouvelle.com/editorial/quatre-secteurs-industriels-touches-par-l-election-de-donald-trump.N461958