1346 – [Infographie] Juppé-Fillon : quelles différences dans leur programme économique et industriel ?

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Les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre s’accordent pour baisser la dépense publique et améliorer la compétitivité des entreprises. Mais ils se distinguent sur le temps de travail, les négociations sociales ou le montant des baisses d’impôts et de cotisations à affectuer pour les entreprises

Entre François Fillon, arrivé en tête du premier tour de la Primaire de la droite et du centre, et Alain Juppé, ce sera désormais « programme contre programme ». Pour se départager de son rival et tenter de rattraper son retard vis-à-vis de son challenger surprise, le maire de Bordeaux entend souligner les divergences entre les deux candidats d’ici le deuxième tour du 27 novembre.

« Je suis le seul à faire de la liberté l’axe principal du redressement national », défend François Fillon. Dans les faits, les deux programmes défendent des axes très similaires.

François Fillon comme Alain Juppé veulent que l’accord d’entreprises prime en matière de droit du travail, alléger le coût du travail dans les entreprises, réduire le nombre de fonctionnaires et repousser le départ à la retraite à 65 ans

Mais, les deux candidats diffèrent sur la façon de placer le curseur sur la plupart de ces sujets. C’est flagrant sur la question du temps de travail ou de la réforme du fonctionnement du paritarisme.

L’autre différence concerne la méthode pour réformer le pays. François Fillon défend un « commando d’une quinzaine de ministres » dont certains issus de la société civile et souhaite organiser plusieurs référendums pour imposer ses transformations profondes.

Alain Juppé mise sur la pédagogie et estime que « dire la vérité avant » et préparer les futurs textes avant même l’élection permettra de réformer rapidement.

En revanche, alors que trois Français sur quatre estiment selon un sondage récent que l’industrie doit être le sujet central de la campagne électorale de 2017, aucun des deux ne formulent de nouvelles propositions en matière de politique industrielle ou d’innovation. Tous deux partagent seulement une position proche sur le nucléaire

Ce qu’ils proposent pour l’économie française

 

François Fillon

Alain Juppé

Fiscalité des entreprises

Il propose de baisser de 40 milliards d’euros les charges et impôts des entreprises. La mesure doit être financée par une hausse de deux points de TVA. Sur les 40 milliards, il en prévoit 25 en baisse de cotisations pour tous les niveaux de salaires (en plus du CICE). Baisser les charges sur les bas salaires est «une erreur» selon lui. Il s’engage à stabiliser les impôts pendant cinq ans, sans plus de précision.

Il propose de transformer le CICE en une baisse de charge ciblée sur les bas salaires, afin de favoriser l’emploi. Il prévoit aussi 10 milliards d’euros de baisse de cotisation pour tous les niveaux de salaires financés par un point de TVA. L’impôt sur les sociétés doit être abaissé à terme à 30 % (22 % pour les PME). Une loi de programmation fiscale votée en juillet 2017 doit détailler toutes les mesures fiscales du quinquennat.

Fiscalité du capital

Il supprime l’Impôt de solidarité sur la fortune et créé une taxe forfaitaire sur tous les revenus du capital. Il propose aussi d’inciter les Français à investir dans les PME, en créant un crédit d’impôt de 30 % du montant investi sur l’impôt sur le revenu.

Il supprime l’Impôt de solidarité sur la fortune et rétablit la taxation forfaitaire des revenus du capital

Temps de travail

Il supprime toute limite légale à la durée du travail. Ce sera aux entreprises de négocier leur temps de travail dans la limite des 48 heures hebdomadaires fixée au niveau européen.

La durée légale du travail est relevée à 39 heures. Les entreprises auront deux ans pour négocier. Sans accord au bout de ce délai, ce seront les 39 heures qui s’appliqueront.

Relations sociales

Il propose de supprimer le monopole de représentation syndicale au premier tour des élections professionnelles. Il est favorable au référendum d’entreprise.

Il est favorable aux référendums d’entreprise. Ceux-ci pourront être organisés à l’initiative du chef d’entreprise comme des syndicats. Pour renouveler la démocratie sociale, les représentants syndicaux ne pourront pas réaliser plus de deux mandats et y consacrer plus de 50 % de leur temps de travail.

Droit du travail

Le droit social est renvoyé au niveau des accords d’entreprises. François Fillon prévoit d’introduire la « réorganisation de l’entreprise » comme motif de licenciement. Les seuils sociaux seront rehaussés à 50 et 100 salariés. Il propose aussi la création d’un contrat de travail avec des modalités prédéfinis de licenciement

Le droit social est renvoyé au niveau des accords d’entreprises. Pour sécuriser le CDI, l’entreprise pourra prévoir des motifs prédéterminés de rupture du contrat, homologués par l’administration.

Innovation

Il prône le maintien du crédit d’impôt recherche. Les unités de valorisation de la recherche seront privatisées et dirigées par des chefs d’entreprises. Il propose de réserver 50 % des marchés publics aux PME et start-up innovantes. Comme Alain Juppé, il juge Bpifrance efficace et entend conserver la banque publique.

Il maintient le crédit d’impôt recherche. Le financement de projet sera renforcé dans la recherche pour favoriser les rapprochements public-privé. Il veut augmenter la part des commandes publiques passées auprès de PME innovantes, sans objectif chiffré.

Apprentissage

Les régions et les branches professionnelles devront gérer le système d’apprentissage. Le temps de présence des apprentis dans les entreprises sera renforcé

Il propose de rapprocher les lycées professionnels et les centres de formation des apprentis.

Numérique

Il propose de créer un haut-commissariat à la transformation numérique et faire appel aux entreprises pour numériser les services publics. Il propose un contrat de prestataires indépendant pour les nouvelles formes de travail

Il souhaite favoriser le développement de la e-santé en France et lancer un «plan de rattrapage numérique » des PME financé par le plan d’investissement d’avenir. Il estime aussi qu’il faudra « ouvrir le débat sur l’adaptation de notre modèle social à l’ère numérique ».

Dépenses publiques

Il souhaite réaliser 100 milliards d’euros sur le quinquennat. 500 000 postes de fonctionnaires doivent être supprimés.

Il estime les économies à réaliser entre 85 à 100 milliards d’euros sur le quinquennat. Il supprime 300 000 emplois publics.

Nucléaire

Il veut étendre de 40 à 60 ans la durée de vie des centrales nucléaires, hors avis contraire de l’ASN. Fessenheim ne serait pas fermé. Il veut supprimer les tarifs de rachats pour la production des nouvelles installations d’énergie renouvelables, ce qui permettrait d’alléger de 7 milliards d’euros la facture énergétique annuelle, selon ses calculs

La durée de vie des centrales nucléaires pourra être prolongée au-delà de 40 ans. Il souhaite revenir sur l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % et entend soutenir le développement du solaire.

Réforme des retraites

Il veut reporter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans en 2022.

Il veut reporter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans dès 2018

source/  http://www.usinenouvelle.com/editorial/infographie-juppe-fillon-quelles-differences-dans-leur-programme-economique-et-industriel.N466293