1278 – La diplomatie française et le retour de la France au bercail atlantique

2016-10-24-eurotan

L’européisme est également lié de manière étroite à l’atlantisme :  le tout-Europe, voire le plus d’Europe, présenté comme le remède à tous les maux, débouche logiquement sur l’abandon de la souveraineté nationale et le retour à la famille occidentaliste.
Or ce processus entraîne à son tour le lâchage de toutes les velléités d’indépendance diplomatique et pour la France, celles qu’avait forgé le général de Gaulle, notamment la politique arabe de la France.
Les étapes vers l’atlantisme au fur et à mesure du déclin de la valeur de nos hommes d’État de Valéry Giscard d’Estaing à François Hollande sont autant de défaites des positions françaises et de la pensée stratégique de la France, laquelle avait fondé sa politique internationale sur les principes intangibles qui guidaient son exception, à savoir son attachement au droit international et au système onusien.
Elle adoptera insensiblement l’approche israélienne et américaine, privilégiant la force ou la menace d’usage de la force au détriment de la diplomatie. Elle contribuera ainsi à la destruction du droit international et au discrédit de l’ONU, c’est-à-dire au démantèlement des deux piliers de sa diplomatie traditionnelle qu’elle paie elle-même par des attentats sur son sol.

Michel Rambaud

Ambassadeur de France et ancien Directeur de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides.

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En mars 1966, la France quitte le commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, le Général De Gaulle exigeant la fermeture des bases américaines et retirant ses forces armées du dispositif du Pacte Atlantique.

  • Un an plus tard, et cinq ans après l’indépendance de l’Algérie, la guerre « des six jours » débouche sur un renversement d’alliance radical au Moyen-Orient, le partenariat stratégique entre Paris et Tel-Aviv qui avait marqué les vingt premières années de l’existence d’Israël étant enterré au profit d’une nouvelle « politique arabe ».

Ces deux décisions mettront une touche finale à la doctrine gaullienne en matière de relations extérieures et de défense, laquelle va faire l’objet d’une sorte de consensus entre les partis ainsi que dans l’opinion durant près de trois décennies, la sortie de l’OTAN s’imposant comme le symbole par excellence de l’indépendance nationale et la « politique arabe » constituant l’aspect le plus hardi et le plus innovant de l’exception française.

Malgré tout, exception faite du parti communiste (au temps de sa gloire) et du courant gaulliste traditionnel, le tropisme atlantiste restera très prégnant parmi les élites politiques, économiques et culturelles. Soignant une image moderniste à l’américaine (il prononce en français et en anglais sa première allocution de président élu), Valéry Giscard d’Estaing (1974/1981) esquissera un rapprochement avec l’atlantisme, tout en poussant l’Europe intégrée à évoluer sur la question palestinienne : il est à l’origine de la déclaration des chefs d’État de la CEE à Venise en 1980, reconnaissant le droit à l’existence du peuple palestinien.

Pour mémoire, le néo-conservatisme est alors tout juste en train d’éclore outre-Atlantique.

Le Mitterrand du premier mandat (1981/1988) abandonne très vite son programme de « rupture avec le capitalisme » pour se couler dans le moule du libéralisme occidental. Bien qu’il soit réputé pro-sioniste et ami d’Israël, il ne remettra pas en cause les acquis en matière de politique arabe.

Mais son deuxième septennat sera marqué par une adhésion aveugle à l’Europe communautaire, « qui est notre avenir », la France étant « notre patrie », mais notre patrie seulement, c’est-à dire implicitement une relique du passé. Pour être proche du sionisme, Mitterrand n’est guère porté sur l’Amérique.

Néanmoins, de ses deux septennats, qui s’achèvent l’un comme l’autre par une « cohabitation » avec la droite dite « gaulliste », on retiendra avant tout cette dérive européiste servant de feuille de vigne à un atlantisme latent.

Si sionisme et atlantisme vont de pair, le premier étant le pendant naturel du second, l’européisme est également lié de manière étroite à l’atlantisme :

le tout-Europe, voire le plus d’Europe, présenté comme le remède à tous les maux, débouche logiquement sur l’abandon de la souveraineté nationale et le retour à la famille occidentaliste.

Brandi comme panacée, l’européisme forcené entraîne ipso facto le reniement du consensus gaullien et revient par conséquent à brader l’exception française : grandeur de la France, indépendance nationale, dissuasion nucléaire indépendante, politique africaine, politique arabe, méritent tout juste d’être jetées aux orties.

Dans les années 1980, le « complexe militaro-industriel » dénoncé dès le début de la guerre froide par Eisenhower comme détenteur de la réalité du « pouvoir profond » américain, s’assimile largement au « parti de la guerre » dans lequel se retrouvent en communion les républicains et les démocrates.

Avec la fin de la détente et l’arrivée de Reagan à la Maison-Blanche, le courant néoconservateur se substitue aux deux concepts précédents, avec une idéologie imprégnée d’un double messianisme juif et protestant. Fondé implicitement sur le concept d’un monde occidental judéo-chrétien (qui constitue en fait une innovation pour les Européens), « l’État profond » néoconservateur est américano-israélien par nature. Se référant à la vocation supposée que lui a assignée la Providence, à savoir la direction des affaires de la planète, il va projeter ses ramifications (pour ne pas dire ses métastases) dans toutes les directions, vers les pays anglo-saxons d’abord, puis vers les autres pays européens.

La France est particulièrement visée par l’offensive, le modèle néoconservateur ne souffrant pas l’exception, notamment française.

Dans sa version hexagonale, qui prendra forme durant les années 1990, « l’État profond » américano-compatible se confondra avec le courant européiste, de droite, de gauche et bien sûr du centre. Le projet intégrationniste européen tracera une voie royale vers le retour au bercail occidental. Malgré les contorsions pour faire, comme on le fait souvent, de ce choix européen (qui sera avant tout celui des élites) une alternative à l’intégration transatlantique et à l’alignement sur Washington, l’Union européenne (UE) n’a jamais été une option d’indépendance, mais incarne au contraire l’adhésion à un projet « américain », destiné à démanteler les nations et les États européens existants afin de les noyer dans un ensemble surveillé et dirigé politiquement, militairement et économiquement par le « Big Brother ».

La substitution de l’organisation supranationale aux États, insidieuse et perverse, ne tenant aucun compte de la volonté populaire et des intérêts nationaux, allant même à leur encontre, aura pour corollaire non moins insidieux la consécration de facto de l’OTAN comme armée européenne, sous commandement des États-Unis (ÉU).

Le retour à la « famille occidentale » impliquant par définition les retrouvailles avec le sionisme, la boucle sera bouclée et l’adhésion totale aux thèses du néoconservatisme américano-israélien chose faite.

Comme on le sait, en octobre 2007, Nicolas Sarkozy, fraîchement élu à la présidence, évoque le retour de la France dans « le bercail atlantique ». Pour faire « dans le vent », il parle de briser les tabous et de « moderniser » les relations de la France avec l’OTAN. Dans Le Monde, Daniel Vernet salue l’arrivée à l’Élysée d’un démagogue aux formules percutantes. Celui qui invitera les salariés et les chômeurs à « travailler plus pour gagner plus », et enjoindra à certains pauvres de « se casser » ou à d’autres de descendre « s’ils sont des hommes », n’a-t-il pas « ouvert un espace bienvenu de réflexion sur la politique étrangère de la France » ?

Aux États-Unis, où il vient de passer ses vacances et de rencontrer les Bush père et fils (il n’y a pas d’esprit sain dans la famille), ce qu’admire le plus le président tout en tics c’est sans doute la politique des ÉU du « bombarder plus pour démocratiser plus ». Quant à l’ex-journal de référence transfiguré en feuille de chou de révérence, il y a déjà longtemps qu’il rêve d’une France revenue au bercail. Puisque « nous sommes tous des Américains », depuis qu’un certain Colombani, l’un des patrons du journal Le Monde, l’a décrété par un jour de septembre 2001, pourquoi ne pas faire de nous des moutons ?

En réalité, il ne faut pas surestimer la responsabilité de Sarkozy dans cet abandon de souveraineté. En 2007, la France a déjà plusieurs pieds dans l’OTAN, et le responsable de ce retour subreptice est Jacques Chirac, censé être l’un des derniers héritiers du gaullisme « authentique ». Ce président devenu populaire sur ses vieux jours, en qui on devine parfois une « tripe arabe », doit une partie de son prestige au fait d’avoir opposé le veto de la France au lancement par Washington de sa guerre d’agression contre l’Irak en mars 2003. Nous ne lui retirerons pas ce mérite, qui n’est pas rien. Sauf que ce morceau de bravoure (resté dans les mémoires comme le discours de Villepin devant le Conseil de Sécurité) sera le chant du cygne d’une France indépendante, qui à la veille de la deuxième guerre d’Irak a déjà entamé depuis dix ans son retour au fameux « bercail atlantique ».

Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN n’est donc que l’aboutissement d’un virage amorcé en 1993/1994, à l’occasion de la guerre de Bosnie. Paris accepte alors de participer au Comité militaire pour certaines opérations de l’OTAN, reconnaissant ainsi la diversification des missions de l’Alliance, maintenant que la guerre froide est finie : le Sommet atlantique de Bruxelles codifie en 1994 les « Combined Joint Task Forces ».

La France ne participe ni au comité des plans de défense, ni au groupe des plans nucléaires de l’Alliance. Elle n’assume aucune responsabilité hiérarchique dans la structure militaire permanente. Elle négocie au cas par cas les règles d’engagement sous la bannière de l’OTAN, comme, en 1999, au Kosovo, mais elle s’engage.

Jacques Chirac acceptera au sommet atlantique de Prague de 2002 un nouveau rapprochement, avec la participation à la nouvelle Force de Réaction Rapide de l’OTAN (NATO Response Force), ainsi qu’au nouveau Commandement allié de la Transformation qui s’installe à Norfolk. Le drapeau français flotte à nouveau sur le Quartier Général des Forces Alliées en Europe (SHAPE), à Mons, où le gouvernement français affecte quelques officiers, sans obtenir aucun des commandements revendiqués.

Sarkozy ne sera pas plus chanceux. La contribution militaire et financière de la France étant déjà parmi les premières et ses forces normalisées au sein de l’OTAN, on ne voit pas pourquoi il faudrait accorder un traitement exceptionnel à une France qui ne l’est plus. Ce sera désormais donnant-donnant. Depuis lors, les forces françaises, au Kosovo ou en Afghanistan, seront placées sous les ordres de l’état-major suprême de l’Alliance, au même titre que des unités luxembourgeoises.

La France reprend sa place au comité militaire et siège dans presque toutes les instances consultatives de l’OTAN.

En fait, l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, en 2007, ne fait que marquer l’ouverture du débat sur la « dernière marche » que Paris doit grimper pour entrer de plein pied dans le « bercail ». À cette époque, une centaine d’officiers sont déjà détachés auprès des commandements de Mons et de Norfolk. Il n’y a plus que des détails liturgiques à régler : la messe est dite.

Le peuple français n’y a vu que du feu.

Sarkozy s’affiche a priori comme pro-israélien, déclarant aux ambassadeurs arabes avoir de l’intérêt et du respect pour leurs pays, mais ajoutant finement : « je vous le dis clairement, je suis l’ami d’Israël ! ». Quelques années plus tard, en février 2011, alors qu’il passe à la moulinette les derniers vestiges de la politique arabe, il affirmera dans un discours officiel, avec son toupet habituel, que « les peuples arabes attendent de la France une politique gaulliste »… C’est afin de mieux faire oublier que la dite France a fait une croix sur les principes qui guidaient son exception, à savoir son attachement au droit international et au système onusien. Elle adoptera insensiblement l’approche israélienne et américaine, privilégiant la force ou la menace d’usage de la force au détriment de la diplomatie, « oubliant » les principes traditionnels du droit onusien (égalité souveraine des États, non-ingérence, obligation de négocier en cas de litige ou de conflit, droit des peuples à décider de leur destin et droit des États à choisir leur régime politique sans ingérence extérieure) au nom de la responsabilité de protéger (R2P). Elle contribuera ainsi à la destruction du droit international et au discrédit de l’ONU, c’est-à-dire au démantèlement des deux piliers de sa diplomatie traditionnelle.

L’arrivée de Hollande à l’Elysée ne changera pas un iota à la posture déraisonnable de la France face aux « révolutions arabes ». De même, les remplacements successifs de Kouchner par Juppé, de Juppé par Fabius, et de Fabius par Ayrault n’introduiront aucune lueur nouvelle dans la compréhension des problèmes d’un Orient trop compliqué pour des dirigeants aussi peu portés vers la diplomatie.

Entendant un ministre des Affaires étrangères prendre les « ouighours » musulmans de Chine pour des yoghourts (Bernard Kouchner) et un autre confondre Bachar al Assad avec Saddam Hussein (Jean-Marc Ayrault), on peut sans être bégueule s’interroger sur les critères de sélection de si hauts personnages et sur leur aptitude à appréhender les réalités internationales avec la subtilité requise.

Dans ces conditions,est-il étonnant que le vaste penseur à la chevelure de vent ait semblé être un temps le véritable chef de la diplomatie de l’Hexagone, tout se passant comme si un seul principe avait droit de cité à Paris : favoriser tout ce qui est bénéfique pour Israël et promouvoir tout ce qui affaiblit ou détruit les États arabes laïcs, modernes, nationalistes, ceux qui résistent aux oukazes de la globalisation occidentale.

À l’attention des dirigeants de Tel Aviv, Hollande dira « je suis votre ami » et Valls ne cachera pas son obsession pour Israël. Dans le contexte de l’alliance contractée dès 2011 entre l’Empire Atlantique et ses complices moyen-orientaux, israéliens, turcs ou des monarchies arabes, la France choisira de jouer au chef de file dans la destruction de l’État libyen, dans la dévastation de la Syrie, avec acharnement, en violation de tous les principes de la légalité internationale.

Dans le jeu des alliances nouées autour de la crise syrienne, elle privilégiera l’affrontement contre l’Iran et la Russie. Elle attisera l’interventionnisme américain au Proche-Orient, en Ukraine, appuyant l’entreprise d’encerclement de la Russie en Europe.

Elle s’alliera successivement avec tous les régimes islamistes de la ligne de front, avec les dirigeants qataris, puis turcs, puis saoudiens, appuyant les djihadistes en proclamant qu’ils font du « bon boulot » (cf. Fabius parlant du Jabhat al Nosra »), se laissant aller à dire que la casse de la Syrie et le renversement de son gouvernement légal constituent une noble cause. La France troquera feue la politique arabe contre une politique « sunnite », puis « wahhabite », piégée notamment par l’appât de contrats ou de promesses de contrats…

La France, qui entre-temps aura combattu les djihadistes sauvages au Mali tout en les soutenant (voire plus) en Syrie, deviendra la cible des terroristes sur son territoire, dédouanant ses alliés moyen-orientaux de toute responsabilité avec une candeur époustouflante.

D’une façon ou d’une autre, la patrie des droits de l’homme se sera engluée dans des guerres qui ont fait des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés, de déplacés, d’exilés, de sans-abri, de blessés, de handicapés, de familles dispersées, de vies brisées, qui ont détruit l’État libyen et son économie, qui ont ravagé la Syrie aux deux tiers démolie… sans oublier les sanctions iniques qui frappent des populations déjà en grande détresse, le gel (c’est-à-dire le vol) des avoirs de ces pays, à hauteur de centaines de milliards de dollars. Il y a sûrement sur terre des gens qui ne méritent pas d’être sur leur trône, sur leur fauteuil présidentiel ou assis au bureau de Vergennes ou de Talleyrand.

Sinistrée, démoralisée et déconsidérée, la diplomatie française est hors jeu au Moyen-Orient comme ailleurs. Les hommes et femmes du « Département », jugés « incompétents » et gaspilleurs par des responsables qui n’ont pas brillé par la fulgurance de leurs inspirations, ne sont pas responsables de l’échec et mat. Il leur est difficile de mener des batailles victorieuses sur des dossiers pourris. Le corps des arabisants et islamisants a été démantelé, neutralisé, dispersé, parce que tenu en suspicion.

Sarkozy, Juppé, Kouchner, Fabius, leurs petits conseillers aux grands airs, ont haï le Quai d’Orsay, réputé « trop arabe ».

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On voit le résultat catastrophique.

Après plus de cinq années de grand aveuglement, il est temps que la France décide de la réouverture de son ambassade à Damas. Tant pis pour l’amour-propre de ceux qui avaient jugé malin de la fermer. Après vingt ans de retour progressif à un « bercail atlantique » qui est la prison des peuples, la caserne du monde, le temple de l’arrogance et de l’injustice, le lieu de l’enfermement de notre cher et vieux pays, il est grand temps de renouer avec la politique arabe, l’aspect sans doute le plus original, le plus impertinent du consensus forgé par ce visionnaire que fut le Général De Gaulle. Le grand homme doit se retourner dans sa tombe en entendant ses lointains et pitoyables successeurs se gargariser de leur asservissement aux maîtres du monde et pérorer sur les valeurs qu’ils piétinent, tout en prétendant assumer son héritage.

La France et ses colocataires du « bercail atlantique » se gavent et nous gavent de cette diplomatie compassionnelle qui consiste à s’apitoyer sur le sort des bourreaux et à sympathiser avec les agresseurs, en niant la souffrance des victimes et en ignorant le droit bafoué des agressés.

Pour nos dirigeants, mais aussi nos intellectuels, nos médias et nos gourous, toujours prêts à pleurnicher sur les causes les plus improbables et à s’engager du mauvais côté des dossiers, il est temps de songer à la repentance, afin d’éviter autant que possible la colère des milliers et milliers de familles qui crient vengeance.

Hollande et ses ministres semblent saisis d’une illumination soudaine, découvrant après un sommet de l’OTAN plus belliciste que nature que la Russie n’est pas une menace pour nous, que l’Organisation atlantique n’a pas à imposer ses vues sur les relations de l’UE avec Moscou. On entend enfin des officiels, des médias appeler un chat un chat et qualifier les opposants armés au gouvernement légal de la Syrie de « rebelles islamistes ». Ce n’est pas trop tôt, même si cela ne suffira pas pour que les Syriens, Libyens et autres cibles de notre pays ré-atlantisé crient à pleins poumons « Vive la France ».

Au moment de boucler ce modeste article, j’apprends qu’en ce 14 juillet un attentat vient de faire 84 morts à Nice, après le feu d’artifice de la fête nationale.

Au-delà de toutes les explications embarrassées que nous allons entendre ces jours prochains, il n’est pas difficile de comprendre quel est le le lien réel entre la politique de nos dirigeants au Grand Moyen-Orient et les retombées sanglantes qui désormais nous endeuillent régulièrement.

Ceux qui ont servi la France avec fierté à une époque pas si lointaine ne trouveront pas de mots assez forts pour exprimer leur consternation devant l’immense gâchis : la honte et la colère avant tout, mais encore et toujours l’espoir que notre pays reviendra in extremis dans le droit chemin, celui de la justice et de la légalité, ne serait-ce que pour payer aux innombrables victimes de l’iniquité, y compris françaises, le prix du sang

Michel Rambaud

Ambassadeur de France et ancien Directeur de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides.

Dernier ouvrage : Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Paris,Ellipses, 2015.

SOURCE/Géostratégiques n° 47 • Septembre 2016 La nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient