1121 – « L’Arabie Saoudite, prochaine victime du renversement du monde : vers une guerre de Mille ans pour la Mecque? »

2016.08.04 Les-enjeux-geopolitiques-du-Moyen-Orient-en-2014_large_carte

En examinant tout d’abord la rivalité entre les Saoud et l’Iran à travers une nouvelle guerre par procuration, l’on s’apercevra que se trouvent des deux côtés le même type d’extrémisme, historiquement installés tous deux par les anglo-américains et favorables aux intérêts d’Israël.

La création préalable d’un État défaillant au Yémen, rendra possible ensuite une vision manichéenne du conflit et l’oubli d’une troisième voie religieuse saine, qui était précisément de nature à empêcher la balkanisation du Moyen-Orient.


Par Jean-maxime CORNEIL/Le spécialiste du monde arabe et des implications géopolitiques de l’histoire pétrolière

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En revanche les indices d’une recomposition du Moyen-Orient, passant par le lâchage de l’Arabie Saoudite au Yémen, ne peuvent se comprendre sans envisager le sabotage connexe des États-Unis : l’influence sioniste et néoconservatrice est en train d’ourdir délibérément la fin des États-Unis et ceci n’a rien de positif.

Il s’agira alors d’écouter les observateurs initiés pour comprendre ce qui doit être sauvé face à cette dangereuse évolution, qui joue délibérément la stratégie du pire au Moyen-Orient…

Il est bien difficile de comprendre la situation yéménite si l’on ne raisonne qu’à cinq ans. Or la leçon majeure de l’histoire pétrolière est qu’il faut plutôt penser l’évolution des événements « à cinquante ans »…

Cette évolution ne devient d’ailleurs compréhensible qu’en conservant à l’esprit deux dynamiques fondamentales de notre monde actuel.

Premièrement, l’histoire du capitalisme « moderne », qui n’est rien d’autre que l’histoire de la captation monopolistique des matières premières stratégiques partout dans le monde, par des intérêts privés agissant bien souvent sous couvert étatique.

Deuxièmement, l’histoire connexe et parallèle des déstabilisations d’État, afin avant tout de faciliter cette captation monopolistique des ressources, tout en garantissant des troubles internes au sein des États-«cibles » sur le temps long, ce qui permet de pérenniser les mêmes rapports de domination internationaux…

Afin d’éclaircir la situation au Yémen, et de tenter d’identifier les intérêts et dynamiques en jeu, nous évoquerons dans un premier temps la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran, à travers une nouvelle guerre par procuration : ceci impliquera d’étudier le sens de la glorification des conflits inutiles, que les médias « modernes » n’aident pas à clarifier...

,,, car tout est fait pour oublier que dans l’histoire pétrolière ces deux pays (Arabie et Iran) furent avant tout des otages, non des États souverains. Puis nous verrons que la vision manichéenne du monde, depuis surtout les attentats du 11 septembre 2001, conduit à créer des pôles d’instabilités localisés et contaminant des zones entières du globe. La question du seul but à terme devra être posée : celui d’une situation de guerre perpétuelle au Moyen-Orient, après avoir ruiné artificiellement toute possibilité de syncrétisme religieux empêchant de fait des guerres religieuses.

Dans notre seconde partie, nous aborderons les indices conduisant à voir dans les événements actuels au Yémen, le « lâchage » en cours de l’Arabie saoudite.

Un changement dont nous ne mesurons pas encore les conséquences… surtout parce qu’il est assorti d’une démolition parallèle des États-Unis. Ainsi nous verrons dans un premier temps les indices de ce qui nous apparaît constituer un net renversement des alliances américaines, en faveur de l’Iran et contre les Saouds.

  • Puis nous nous attacherons à comprendre ensuite que ce renversement d’alliance est en fait associé à un changement de nature des États-Unis d’Amérique.

    Car cette double dynamique conjointe conduit à un renouvellement du vieil « Arc de Crise » britannique, incitant les différents belligérants à s’épuiser mutuellement, quels que soient les changements apparents des gouvernements. Mais l’évolution au sein des États-Unis conduira aussi à se demander si c’est bien encore Washington qui décide, ou bien plutôt New-York (les milieux financiers) et surtout Tel-Aviv.

Or dans cette dynamique du pire,nous verrons que personne n’a rien à gagner, sauf à servir la pire vision du monde possible qui n’attirera que du malheur partout, y compris pour Israël.

La conclusion permettra de comprendre l’enjeu majeur, qui sera celui de la balkanisation globale du Moyen-Orient : nous envisageons même à ce titre une possible situation « à l’irlandaise » pour la Mecque, qui permettrait de perpétuer une guerre interne à l’Islam (entre chiites et sunnites), potentiellement pour mille ans…

  1. La rivalité Saoud-Iran à travers une nouvelle guerre par procuration…

Comprendre la situation au Yémen nécessite de prendre du recul, au-delà du conflit allégué et médiatiquement « présenté » comme confrontant avant tout « des sunnites d’un côté, des chiites de l’autre » : si nous pesons bien les choses, et à condition de n’avoir pas oublié l’Histoire « réelle » (tant de l’Arabie saoudite que de l’Iran), nous nous apercevons que se trouvent des deux côtés le même type d’extrémisme, s’exprimant dans le contexte d’un État défaillant, le Yémen.

Deux points doivent alors être développés ici : d’une part la glorification des conflits inutiles, et d’autre part l’exportation d’une vision manichéenne du monde comme vecteur de guerre perpétuelle.

A. La glorification des conflits inutiles

Au Yémen, nous avons d’un côté « l’intrus » Iranien : les vieux briscards de la révolution iranienne désireux de pousser leurs feux… par le biais de milices chiites supplétives (« proxy fighters»). Mais il faut d’abord bien garder à l’esprit que le shah d’Iran (comme Mossadegh avant lui1), fut renversé par une collusion pétrolière anglo-américaine qui mit à sa place le régime le plus obscurantiste possible en Iran (1979)2, grâce à nombre de complicités naïves partout en Occident3. Cependant après trente ans d’exercice du pouvoir et dix ans de menaces israéliennes, l’Iran a retrouvé une certaine sagesse qui n’est certainement pas celle des Saouds…

De l’autre côté l’Arabie Saoudite4: une faction sunnite de l’Islam qui n’est en fait qu’une variation sur le thème du même extrémisme qui a historiquement amené la révolution en Iran : le wahhabisme. Le contexte saoudien est d’autant plus intéressant que le jeune et nouveau souverain Saoudien Salmane vient de réaliser une petite révolution de palais au bénéfice du clan Soudeiri, connu pour être le plus fanatique, et dont nous connaissons déjà le prince Bandar aux bien troubles liaisons…

Ainsi nous trouvons une confluence de deux extrémismes (Iran et Saouds), qui furent historiquement des opérations de déstabilisation anglo-américaines nourries afin de brider tant l’Iran que l’Arabie… Or il se trouve que par un « heureux » hasard, ces deux extrémismes se rejoignent présentement au Yémen dans le cadre de la grande « guerre mondiale contre le terrorisme »Global War on Terror»). Il est cependant bon de rappeler que cette expression est et a toujours été par définition un oxymore : on ne fait pas la guerre contre des terroristes… on mène des opérations de contre-terrorisme, qui relèvent des services spéciaux, de la contre-influence d’une part, et d’autre part de ce qu’en France on appelle les Renseignements Généraux (le suivi continu au plus près des populations, qui permet la contre-influence si nécessaire). Les opérations de police à proprement parler ne surviennent qu’en fin de course, et les opérations militaires antiterroristes relèvent non pas de la règle mais de l’exception : dans tous les cas, les interventions viriles et l’usage de la force ne surviennent qu’in fine seulement.

Un autre point d’arrière-plan mental concernant les États-Unis d’Amérique : la culture des « Gun & God» (« Dieu et les armes ») : la conquête de l’Ouest américain s’est globalement faite suivant une « philosophie » simple : « si ça bouge on tire, si ça ne bouge pas on enterre».

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Voilà comment les États-Unis sont historiquement devenus une grande nation « craignant Dieu », en massacrant la nation amérindienne.

Ainsi, le fanatisme religieux historiquement britannique (et sous-tendu par une vision messianiste de l’histoire d’inspiration éminemment juive), a conduit à une histoire peu reluisante mais qui a ensuite été mythifiée : les «Gun and God» ont donné des le genre cinématographique des « westerns » avec d’un côté les « gentils » cow-boys, et de l’autre les « méchants » indiens…

Mais rappelons-nous la leçon intemporelle des« Règlement de comptes à OK Corral»5: le mercredi 26 Octobre 1881 à Tombstone (Arizona), eut lieu à 15h00 une fusillade qui duratrente secondes tout au plus. Tous les protagonistes s’entre-tuèrent ou décédèrent des suites de leurs blessures : ainsi il n’y eut pas de gagnants, uniquement des perdants.

Pourtant, l’image d’Épinal du Western nous en est restée dans une vision fantasmée, faite defictions enjolivées, de récits héroïques… Hollywood a déformé cet incident au-delà de toutsemblant de réalité

Or la réalité concrète, c’est qu’« Œil pour œil et le monde deviendra aveugle » (Gandhi) : le vrai conflit c’est l’horreur et le chaos, mais il permet aussi d’entretenir une vision mythifiée des enjeux a posteriori, et de nourrir une propagande qui après coup, permettra aux sunnites comme aux chiites de nourrir leur conflit ancestral .

Nous avons déjà vécu cela en Europe, entre la France et l’Allemagne ou mieux, dans les Balkans : « les morts mettent plusieurs générations à pardonner »…

Rajouter ensuite le contexte de zones qui n’ont pas connu d’État réellement stable durant des centaines d’années voire des millénaires… Ainsi le sujet n’est pas celui de savoir qui sont les « bons » ou les « méchants» : l’observateur averti reste perplexe face à ces logiques de conflit sans fin et un seul mot serait alors adapté : « Vendetta », assorties de son lot de razzia, les veilles pratiques locales d’une société sans État stable…

Aussi longtemps que l’on associera « les armes et Dieu », ceci perdurera : il serait pourtant grand temps de trouver Dieu ailleurs que dans la poudre à canon…

Mais la leçon est surtout que cette logique de « God & Gun », ne peut fonctionner qu’au service d’une vision étatiste, d’un projet de civilisation en fait : il s’agit de domestiquer la violence afin de la convertir en protection, permettant seulement dans un second temps de bâtir durablement… Voilà ici le rappel de la grande leçon de la présence française en Afrique du Nord : toute civilisation est par définition fragile, il faut deux mille ans pour la bâtir, quinze jours pour la perdre. Pourtant la France avait réussi dans cette entreprise : du Maroc à la Syrie, du Rwanda au Sénégal, et l’on vit par exemple des troupes coloniales noires se comporter de façon exemplaire en Syrie face aux troubles fomentés contre le Mandat français par les britanniques (après la Première guerre mondiale), pour des raisons avant tout pétrolières…

Mais depuis, tout à été fait oublier cette expérience de civilisation réelle que fut l’Empire Français, héritier en ce sens des légions romaines : « par le glaive» certes, mais surtout « par le soc». Les leçons intemporelles de Lyautey ou de Gallieni ont totalement été oubliées par les américains, mais il faut surtout se demander si le but n’est pas justement, la guerre perpétuelle plutôt que la civilisation…

Car si cette situation au Yémen ne doit pas durer, elle peut durer, comme nous allons le voir… et alors il est impossible de comprendre la situation si l’on réduit l’analyse au seul Yémen…

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B. La vision manichéenne du monde : la guerre perpétuelle comme but ?

Le problème est que les États-Unis sont devenus les « cow-boys » du monde entier, répandant

 partout la bonne parole « par la poudre et par Dieu» : Edward Saïd rappelait en 2003 qu’aucun empire n’a jamais prétendu combattre pour le mal7 Mais ce qui est pire, c’est que les États-Unis laissent partout des situations encore plus confuses après-coup, créant sans cesse des États défaillants sans avoir la moindre idée de comment arrêter ensuite ces guerres qui prospèrent en l’absence d’État stable. La seule solution trouvée, c’est de les terminer à grands coup de dollars, or la conséquence indubitable (des Balkans à l’Afghanistan...), est alors que les mafias remplacent partout les États…

La bonne question ici, serait de savoir si tout ceci est une logique américaine ou bien une logique mondialiste, et quel en est alors le but final.

Car pour l’instant la démolition du Yémen est permise grâce au bras armé américain, ou bien armant un supplétif comme l’Arabie saoudite : l’Arabie saoudite mène en effet aujourd’hui au Yémen une guerre « à l’américaine », c’est-à-dire une guerre de destruction délibérée des infrastructures civiles qui ne peut qu’engendrer le chaos par la suite. Or c’est de ce chaos que se nourrit le mondialisme ensuite : les États défaillants peuvent ensuite se voir imposer absolument toutes les mesures possibles, n’ayant plus les moyens réels de leur propre souveraineté.

Et si en plus ils sont intérieurement déchirés par des guerres intestines, plus aucun espoir n’est alors permis pour la population, et c’est un cycle de guerre potentiellement interminable qui s’amorce…

Cependant il faut bien comprendre ce contexte yéménite réel qui est imparfaitement rendu par les médias occidentaux fonctionnant de façon binaire (« gentils » et « méchants »). Là encore, il est bon de se demander quelle stratégie sur le long-terme cela sert-il.

Ainsi durant la guerre du sa’dah (2004 – 2011), de nombreux efforts médiatiques ont été menés afin de faire absolument passer les milices Houthistes et le courant Zaydite au sein du Yémen, comme devant être nécessairement considérés comme « la main de l’Iran » au Yemen8.

Or de même qu’en Amérique Latine (mais aussi en Afrique ou ailleurs…), nous avons déjà connu bon nombre de chefs charismatiques suspicieux face aux menées anglo-américaines, artificiellement « repeints en rouge » (« red-hairing») afin de les faire passer pour communistes puisque n’étant pas absolument convertis au merveilleux capitalisme « moderne » anglo-américain… De même ici, nous devons nous méfier de toute présentation médiatique raisonnant en termes de « bons » et de « méchants ».

Car dans le contexte hystérique de l’après 11 septembre 2001, et surtout après 2004-2005 jusqu’aux aux soi-disant « printemps arabes » (2011, il est bon de remarquer le parallèle avec les dates de la guerre du sa’dah), tout à été fait pour présenter les milices yéménites zaydites et Houthistes comme des « alliés de l’Iran». Or la réalité concrète sur le terrain était plutôt celle d’un syncrétisme religieux entre chiisme et sunnisme au sein du zaydisme, en tout cas à des relations poreuses entre les deux communautés, des mariages mixtes, en tout cas tout autre chose qu’une lutte inéluctable9.

Nous disons que ce point était à la fois du plus grand intérêt pour le dialogue interne au monde musulman, et qu’en même temps il est une des causes lourdes de la démolition actuelle du Yémen : il faut rappeler que la démolition artificielle de la Yougoslavie par l’OTAN a été motivée par le fait d’empêcher toute possibilité de « troisième voie » viable entre capitalisme et communisme. Or à cette logique de « balkanisation » au Yémen s’ajoute une volonté délibérée et actée par les milieux sionistes, de ruiner toute possibilité d’une entente pacifique entre les différents courants religieux musulmans : il s’agit bien de créer les conditions, au Yémen, en Syrie comme dans tout le Moyen-Orient, d’une fracture multiple permettant de balkaniser toute la région à partir de critères tribaux et religieux10.

Partant de là, tout État montrant que ces luttes ne sont pas une fatalité, a vocation à être démoli.

  • La Syrie et le Yémen sont deux exemples de premier plan, mais il faut bien comprendre que : de même que le morcellement artificiel des Balkans servait la suprématie de l’OTAN en Europe et l’absence de souveraineté européenne réelle, de même cette situation yéménite sert un plan similaire : il s’agit d’une volonté de balkanisation délibérée de tout le Moyen-Orient, qui servira massivement au final à faciliter la domination sioniste locale bien plus que les États-Unis en tant que nation.

En ce sens, nous allons évoquer plus loin la démolition de la nation américaine par ses propres élites, et il nous faut comprendre alors une logique de la plus extrême perversité : nous est proposée à présent comme solution la version « modernisée » du « Gun & God» à l’américaine :

« sécurité nationale », « liberté », « démocratie ». sans jamais évoquer les bonnes questions : comment on est-on arrivé là ?

Cette dynamique est spécialement vraie depuis le 11 septembre 2001, mais correspond en fait à la réactualisation de la mise en garde formulée par le président Eisenhower (1960) face aux menées internes au sein des États-Unis, alliant le « MILIC » (Complexe Militaro-Industriel, CMI) et les intérêts les plus bellicistes des États-Unis11 : spécialement la curieuse alliance messianiste entre les sionistes et les chrétiens protestants américains nantis du même messianisme déviant. De nombreux lanceurs d’alertes américains envisagent ou accusent directement des intérêts en apparence américains, mais bien souvent traîtres et surtout sionistes, allant au final contre la nation américaine.

Nous citerons ici les déclarations de Steven Kelley, ancien cocontractant privé avec la CIA, confirmant que les États-Unis « ont créé l’État islamique pour le bien d’Israël», afin de nourrir une «guerre sans fin» au Moyen-Orient qui rendrait les pays qui en sont victimes, incapables de résister à Israël. Le but étant également « d’assurer un flux constant de commandes pour le CMI», « ce qui rapporte beaucoup d’argent aux sénateurs qui poussent à ces guerres »12, tout en confirmant que de nombreux combattants locaux sont directement stipendiés par le Pentagone (ce que l’on savait en fait depuis quelques temps)…

Des combattants qui grossissent ensuite bien souvent les rangs des différentes factions locales et deviennent autant d’électrons libres pour démolir plus encore la région13.

Ainsi la démolition délibérée du Yémen en frappant ses infrastructures civiles (comme auparavant en Serbie, Irak, Libye, Syrie, la liste n’est pas exhaustive…), entraînera comme conséquence inéluctable le désespoir de la population, qui va subir de plein fouet l’arme de la faim à laquelle la vulnérabilité du Yémen était déjà grande. Viendra ensuite l’inévitable règne des mafias14 qui ne manqueront plus jamais de chair à canon locale : ainsi « Daech » comme « Al Quaïda » ne sont d’ores et déjà qu’une mafia locale, vaguement colorée d’un Islam plus que douteux.

On oublie que l’opération saoudienne fut annoncée depuis Washington : c’est l’indice difficilement contestable de ce que l’opération était initialement cautionnée par Washington15.

Du reste les soldats américains avaient quitté le Yémen un mois avant16, les journalistes pensant à un « coup dur pour Washington » qui se « servait du pays comme base contre Al-Qaïda». nous y voyons plutôt un autre indice qu’il s’agissait de laisser faire le « sale boulot » par l’allié saoudien…

Tout ceci nécessite de prendre comme tel le « conte de fées » (storytelling) raconté par les médias occidentaux quant au terrorisme local, au-delà des retournements d’alliance que peu d’observateurs comprennent : lorsque progressivement l’on est parvenu à faire passer Al-Qaïda pour l’allié idéal face à la Syrie (puis aujourd’hui à Daech), c’est une logique orwellienne qu’il faut bien comprendre. La meilleure reconnaissance « officielle » de cette cause commune entre Al-Qaïda et les intérêts anglo-américains, provient du très influent Council on Foreign Relations (CFR)17, vantant lafflux des djihadistes apportant «discipline et ferveur religieuse, l’expérience du combat en Irak, le financement par des sympathisants sunnites dans le Golfe et, plus important encore, une efficacité meurtrière. En bref, l’ASL a aujourd’hui besoin d’Al-Qaïda18».

Ces liaisons dangereuses sont également confirmées par la « lanceuse d’alerte » Sibel Edmond qui publie ses mémoires19: son travail au FBI (lié à ses origines iranienne) lui ayant permis d’établir sans doute possible le lien entre la terreur d’un côté, la solution en terme d’influence anglo-américaine de l’autre.

Ces éléments n’ont quasiment reçu aucun écho dans nos médias occidentaux, pourtantelle accusait directement l’Administration américaine de haute trahison et de dissimulation [«cover-up»]20.

Ce qui confirmerait donc cette idée tout à fait « orwellienne »21: « la “guerre contre la terreur” a changé, sans qu’un américain sur mille ne s’en aperçoive : Al-Qaïda est devenue l’alliée des États-Unis22! »

On comprend d’ailleurs pourquoi au passage les syriens surnommaient Al-Qaïda : « al-CIA »…

De fait Daech et Al-Qaïda sont alliés sur le terrain contre le Yémen, et l’Arabie saoudite facilite délibérément les choses : l’exemple du bombardement systématique des ports et aéroports sauf celui d’Al-Mukalla, où précisément les djihadistes d’Al-Qaïda avaient pris leurs quartiers. De même le bombardement délibéré par l’Arabie saoudite des mosquées de fiefs Houtistes. Rappelons encore que les Frères musulmans sont illégaux en Arabie saoudite, mais pas au Yémen aux yeux de la même Arabie saoudite… Ce qui fait que les Houthistes et Zaydites vont se retrouver pris entre deux feux et radicalisés face aux saoudiens et à leurs alliés, et n’auront plus de choix autre qu’une radicalisation chiite pro-iranienne. De mêmepour les populations qui ne sont jamais du côté des extrémistes, mais que l’on peut les désespérer artificiellement de façon à ce qu’elles n’aient plus d’autre choix23

Pire, la stratégie du pire devient bien réelle lorsque l’on a vu déployée sur le terrain une arme nucléaire tactique, vraisemblablement une bombe à neutron (rayonnement renforcé)24. Il fut dit alors qu’elle avait certainement été lancée depuis un avion F-16 israélien maquillé aux couleurs saoudiennes, puisque les saoudiens n’ont pas de F-16, alors qu’au moins deux furent abattus localement au Yémen.
Mais nous envisageons aussi une autre hypothèse qui aurait une toute autre signification : celle d’une bombe iranienne déployée à l’occasion de cette « guerre par procuration », et qui serait un message tout à fait direct adressé à Israël. Cette thèse n’engage que nous, elle nécessitera évidemment une attention particulière pour être confirmée dans le futur.

Notre dernier point d’arrière-plan est certainement une clé de compréhension majeure pour comprendre la situation Yéménite : l’histoire des manipulations et autres déstabilisations britanniques récurrentes au Moyen-Orient.

Pour un exemple récent, rappelons qu’en 2005, des S.A.S. (Forces spéciales britanniques) furent capturés par la police irakienne de Bassorah (Irak) déguisés en miliciens chiites, tirant sur des civils sunnites, et disposant d’un véhicule bourré d’explosifs… le but de ce genre d’opération étant de dresser durablement sunnites contre chiites… Or les vétérans de l’Empire Français se souviennent de telles déstabilisations qui peuvent être trouvées dans de rares sources françaises anciennes5.

Mais voici donc un exemple concret, actuel, de la façon dont sont démolis ces tats et leurs tissus sociaux : les populations prises en « feu croisé entre tous les extrémistes possibles, préalablement agités par de telles opérations noires (« barbouzeries », dirait-on en français…).

Or il se trouve que les États-Unis ont repris à leur compte ce grand savoir-faire britannique consistant à aiguillonner les « filières » terroristes selon leurs intérêts, afin de servir leur politique séculaire de l’« Arc de crise » britannique. Concrètement nous parlons ici de la Balkanisation de l’Eurasie, la « constante » de Mackinder26.

Ainsi, si l’on espère rechercher une cohérence dans les alliances des États-Unis, elle est illisible : au Yémen dans la situation initiale au Yémen, les États-Unis étaient les alliés des Saouds contre l’Iran, puis en sont venus à traiter localement les manifestations les plus grossières d’Al-Quaida27 ou de Daech.

Parallèlement l’Iran est au côté de la Syrie 28 dans la guerre inique que les États-Unis lui ont indirectement déclarée (au côté des britanniques et des israéliens…) : une guerre hybride croissante ayant évolué d’un printemps arabe à une démolition pure et simple grâce à des combattants étrangers importés…. Pourtant les États-Unis combattent aux côtés de l’Iran en Irak, un autre État défaillant ramené à l’âge de pierre, et devenu un désert livré aux luttes intestines.

Ainsi la seule clé de lecture réellement tenable est celle d’une volonté délibérée de balkanisation globale de la région, outre le contrôle traditionnel des pétroles29. Mais parallèlement, deux types d’indices se dévoilent : d’une part le rapprochement des États-Unis avec l’Iran (qui ne serait pas une mauvaise chose si les intentions étaient claires…), d’autre part des scandales majeurs aux États-Unis qui n’annoncent rien de bon pour la nation américaine…

Et à ce propos il faut faire une mention spéciale pour le film « Soldat Bleu» (Ralph nelson, 1970) : le premier western où la cavalerie américaine n’était pas montrée sous un angle héroïque, mais au contraire comme des barbares lâches et sanguinaires génocidant les amérindiens, femmes et enfants compris30

.Or le contexte de ce film antimilitariste était celui de la guerre du Vietnam… et de scandales (Massacre de M~y Lai, 16 mars 1968) qui indignèrent l’opinion américaine…« soldat bleu » est ainsi un point de repère majeur pour comprendre la démolition des États-Unis que nous sommes en train de vivre : de même que la guerre du Vietnam fut basée sur une arnaque financière peu connue et permit surtout un affaiblissement majeur de la confiance des États-Unis en tant que nation31

De même les scandales que nous vivons aujourd’hui même au Moyen-Orient vont contribuer à l’affaissement final des États-Unis. Or il n’y a pas de quoi se réjouir, mais plutôt en se rappelant du bon mot de Woody Allen («J’aime beaucoup la cérémonie des Oscars à Hollywood. C’est la plus grande fête juive du monde»), de se demander quels intérêts pourraient alors bénéficier de l’affaiblissement des États-Unis…

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II. Le Lâchage de l’Arabie Saoudite au Yémen… et le sabotage connexe des États-Unis

Il s’agira ici de comprendre les indices d’un lâchage prochain de l’Arabie saoudite par les anglo-américains qui la soutinrent historiquement, mais dans le cadre d’un simple « changement dans la continuité » permettant de balkaniser à peu de frais la région.

Ceci ne peut être compris sans envisager la nature néfaste des forces puissantes pervertissant les États-Unis et œuvrant pour la démolition du Moyen-Orient, et la lutte d’influence au plus haut qui est féroce à l’heure actuelle pour tenter de sauver la République américaine…

A. Le renversement des alliances en faveur de l’Iran contre les Saouds

Dans la situation Yéménite initiale (avril 2015), l’Arabie saoudite a initialement massé des troupes et des matériels, dont il est largement pourvu par le CMI depuis des années…

La nouveauté majeure (mai 2015), c’est que l’assaut militaire saoudien a été enrayé par une remarquable confluence des intérêts économiques et politiques américains, russes et chinois, qui ont tempéré la tentative saoudienne comme cela ne s’est jamais vu : tout s’est passé « en coulisses » selon les vieux principes de la Realpolitik, et l’on a fait comprendre à l’Arabie saoudite en termes non équivoques, qu’elle échouerait dans sa guerre contre les supplétifs iraniens au Yémen.

Cela ne veut pas dire que la guerre ne perdurera pas, mais surtout que des indices majeurs d’un retournement majeur contre l’Arabie saoudite se dévoilent, au-delà de ce revers diplomatique contre Ryad : tout à coup les médias occidentaux semblent découvrir que l’Arabie exécute des condamnés ou commet d’autres atrocités au quotidien, qui étaient déjà racontées par le Renseignement français en 1930, avant même l’établissement officiel de l’Arabie saoudite32

De même que l’«État Islamique » commence du reste exactement pareil que les Saouds wahhabites, avec les mêmes exactions… Il est alors nécessaire de se rappeler que le wahhabisme ne doit sa puissance qu’à son instrumentalisation historiquement anglaise dans la conquête des pétroles de Mésopotamie contre les ottomans et les allemands, et que l’Arabie saoudite a été soutenue aussi longtemps qu’elle était « utile »…

D’autres indices affleurent, comme les fuites et désertions massives de soldats saoudiens : notoirement incompétents, mais ils peuvent aussi y avoir été incités, sentant le vent tourner ou même plus certainement attirés par de meilleurs salaires en rejoignant d’autres factions… stipendiées par le Pentagone ? La palme du meilleur indice revient au Nouvel Observateur : « [François] Hollande, l’ami normal des parrains du djihadisme» (4 mai 2015). Les médias français redécouvrent la roue, des faits connus depuis les années 1920, pourtant il y a ne serait-ce qu’un an, un tel titre relevait du « conspirationnisme »…

Jusqu’ici, tempérer les saoudiens est indubitablement une bonne chose, cependant ce fut après le déclenchement de l’opération et les plus gros dégâts faits par les saoudiens, qui entretemps ont redoublé de vigueur et comprennent en fait qu’ils se battent d’ores et déjà pour leur survie…

Car entretemps la situation a évolué : les États-Unis et l’Iran se sont enfin rapprochés avec la négociation d’un accord nucléaire, après plus de trente cinq ans de froid « officiel ». La question est donc de savoir qui, à présent, déstabilise le Moyen-Orient : quel est le sens de toute cette affaire ?

On ne pèse pas encore ce que cela signifie, mais nous disons que les extrémismes des deux bords vont servir de « carburant » pour alimenter le feu et pousser à la balkanisation du Moyen-Orient, qui peut aller très loin. Il faut surtout replacer cet étonnant « chassé-croisé » entre les sino-russes face aux anglo-américains d’une part, l’Arabie saoudite face à l’Iran d’autre part, et L’État Islamique en trouble fête : Dans la situation initiale, « historique », l’Empire britannique puis les États-Unis soutenaient l’Arabie saoudite, et sabotèrent l’Iran du shah…

Pour se plaindre ensuite en apparence de la révolution iranienne qu’ils avaient pourtant eux-mêmes créés…

Sur la période récente (2001-2015), Israël mit la pression sur l’Iran, Israël et l’Arabie Saoudite ayant d’ailleurs contribué à la puissance nucléaire Pakistanaise 33

Tandis que jusqu’à une date récente la Russie et la Chine ont soutenu l’Iran34 contre la «Communauté Internationale » (c’est-à-dire avant tout la Grande-Bretagne, les États-Unis et Israël, suivis par quelques autres).

Sauf qu’aujourd’hui, c’est un nouveau renversement d’alliance dans la grande tradition britannique, que les États-Unis mènent en faveur de l’Iran. Peu de gens en comprennent le sens, puisqu’il est double et qu’il faut avoir une longue mémoire historique pour le comprendre :

Premièrement, il faut aussi rappeler par analogie le retournement britannique de la Serbie (située sur la route du Bagdad-bahn) avant 1914. Il est ainsi possible de voir les anglo-américains tenter de reprendre pied sur la route de la soie en Iran, afin d’espérer pour jouer les trouble-fête dans le projet Sino-Russe.

Parallèlement, le second point s’inscrit dans la logique de « désordre maximum » au Moyen-Orient : on ne se rend pas encore compte que la « mise en place » de l’État Islamique se fait de l’exacte même façon que celle de l’Arabie saoudite il y a quatre-vingts ans, et annonce le sort futur des saouds…

Mais pour le comprendre, il nous faut avoir en « arrière-plan mental » l’histoire de l’Empire britannique d’une part, du Moyen-Orient d’autre part, qu’il est bon d’illustrer par l’exemple d’un « changement dans la continuité » typiquement britannique : en 1958, l’Iraq de Nuri al-Saïd vécut une révolution violente, une sorte de « printemps arabe » avant l’heure lorsqu’un obscur groupe d’« officiers libres » lui succéda (général Kassem, Colonel Aref ), inspiré officiellement par Nasser.

À l’époque tout le monde croit que la rue s’est soulevée et que l’Irak va devenir enfin progressiste, démocratique, etc… Mais ce sont les britanniques qui tirent leur épingle du jeu, grâce à leur légendaire savoir-faire subversif : ainsi un spécialiste britannique du Foreign Office révèlera à l’époque aux français, que « nous nous faisions des illusions et qu’il ne s’agissait en Irak que “d’un changement de personnel gouvernemental” »35.

C’était en effet une opération de contre-feu face aux nassériens, mais aussi face aux américains (rivaux historiquement des britanniques dans la course aux pétroles) : les lendemains qui chantent sont vite déçus, et vint surtout ensuite une phase de « contrecoups » très significative, qui doit être comprise comme une « signature » des déstabilisations artificielles dont les conséquences sont autres que celles au début les plus apparentes.

En effet, une fois le succès populaire oublié, c’est dans un second temps que tous les éléments « moteurs » des révolutions (dans leur aspect fondé, légitime, de contestation sociale par exemple…) sont ciblés : les vrais réformistes finalement ralliés à ce mouvement de synthèse furent épurés, les partis réformistes disloqués, en utilisant spécialement l’arme religieuse : ce fut en effet la fin d’un certain libéralisme religieux en Irak et le début d’une propagande coranique d’une vigueur auparavant inconnue.

Là encore, la mémoire de l’Empire Français permet de suspecter une méthode typiquement britannique d’après trois éléments :

  • 1/-l’exploitation d’une situation intenable où l’on use des hommes de paille jusqu’à la corde (hier al-nursi, aujourd’hui les saouds, indéfendables dans leur jeu trouble au soutien des terroristes, mais agissant sur ordre…). Ce piège consistant d’ailleurs à créer la détestation des dirigeants actuels pour ensuite créer l’assentiment d’un peuple à un « printemps arabe » mené par un homme ou parti nécessairement « providentiel » se retrouvera est également une constante quasi-systématique de l’activisme subversif mondialiste.
  • 2/les réels mouvements réformistes (et souvent nationalistes) pris de vitesse ou laissés en marge de cette révolution artificielle…qui sert ensuite à « brûler » ces mêmes réformistes : achetés, évincés, mis en prison ou assassinés…
  • 3/l’utilisation délibérée des factions religieuses les plus obscurantistes pour prendre les réformistes intelligents entre deux feux : entre le nouveau pouvoir artificiel et la pression sociale religieuse qui nivellera l’intelligence par le bas : le nationalisme progressiste cédant face à un Coran entre des mains extrémistes.Ces développements étant du reste accompagnés d’assassinats ciblés contre les meneurs incorruptibles afin de garantir un climat de peur…

Deux clés de compréhension sont donc nécessaires pour comprendre la situation, nous l’avons vu : le lâchage des Saouds et le renversement des alliances anglo-américaines d’une part, mais aussi le « conte de fée » (storytelling) du terrorisme maniés par ces mêmes Saouds pour déstabiliser la région, nécessitant d’appeler la pénétration iranienne dans cette même région. La situation est d’ailleurs bien ironique comparée à l’absurde guerre « imposée» entre l’Iran et l’Irak (1980-88), et pourtant il convient d’en voir une actualisation rampante dans la situation actuelle, qui servira à épuiser les deux parties de nouveau.

Sauf qu’à travers l’intervention sino-russe dans le conflit yéménite, il faut rajouter un dernier élément de fond qui est majeur : le narratif sino-russe d’une nouvelle route de la soie à travers l’Eurasie. C’est une promesse nouvelle jamais vue depuis cent ans, à laquelle pourront être intégrés tous les pays qui le souhaitent, et impliquant tous les investissements en infrastructures requis pour mettre en valeur le monde. Ainsi plusieurs pays musulmans sont concernés (Asie Centrale, Turquie, Pakistan), mais aussi ceux directement menacés au Moyen-Orient (Jordanie et Égypte…), ont compris qu’il s’agissait de travailler de concert : un renversement pacifique du monde semble possible.

En ce sens, c’est la réaffirmation des principes de base que la Chine a embrassé en même temps que l’Amérique les perdait : les avantages « théorique » retirés du capitalisme étant supérieurs à ceux de la guerre36. Il était d’ailleurs inconcevable auparavant pour d’anciens pays communistes comme la Russie et la Chine d’exceller sur le plan économique : c’est là la manifestation du « bridage par l’idéologie »qu’ils ont subi face à un monde Anglo-saxons triomphant37

Mais plus important encore : c’est le changement complet de paradigme dans la méthode de résolution des conflits, en même temps que la renaissance des vraies constantes géopolitiques : la puissance emporte des responsabilités, non pas de démolir les pays tiers à grand coups de «Gun & God», mais au contraire de veiller à ce que des conflits sporadiques ne viennent pas miner l’entièreté du projet…
C’est la leçon qui semble avoir été retenu d’un précédent historique : la façon dont le «modèle allemand » (pré-191438), fut démoli à partir des manipulations britanniques dans les Balkans…

Ce qui a permis de généraliser au monde le capitalisme « moderne » à l’anglaise («acheter pas cher pour vendre cher»), alors qu’il est structurellement générateur de guerres et de crises… La grande leçon de cette démolition du modèle allemand, c’est donc que l’hégémonie implique la prévention des conflits.

Et la nouveauté c’est qu’une masse critique potentiellement inexpugnable (d’un point de vue des intérêts anglo-américains) est susceptible de changer le monde à présent : nourrie de l’expérience historique, elle peut ouvrir une vraie période de développement à venir qui serait en quelque sorte la « revanche du modèle allemand »… à condition de ne pas laisser s’embraser des zones entières (Syrie, Yémen) ou de laisser se faire retourner des pièces du «grand échiquier» eurasiatiques (Iran) en faveur des fauteurs de guerre anglo-américains ou israéliens, qui pourraient vouloir faire jouer à l’Iran un jeu bien spécifique, comme l’Angleterre auparavant avec la Serbie de 1914…

Sauf qu’un dernier point doit être éclairci : l’ambiguïté du rôle américain et la question de ces fauteurs de guerre localisés aux États-Unis, qui mettent délibérément en danger le monde autant que la nation américaine…

2016.07.13 faut il craindre la guerre 4675575

B. Le changement de nature des États-Unis et la volonté de guerre perpétuelle

Ce n’est pas l’Amérique en tant que nation, mais ce sont les intérêts privés américains qui ont nourri le développement de la Chine communiste (comme de l’URSS auparavant) : par des transferts de technologies, des débouchés massifs sur le marché américain (délocalisations…), et parallèlement à la création artificielle de la faiblesse économique américaine. Aujourd’hui les États-Unis perdent à la fois leur puissance et leur tissu économique, tout en prétendant encore à une hégémonie militaire partout : c’est l’empire romain et sa fin inévitable.

Mais nous oublions aujourd’hui que la jeune République américaine initiale a été historiquement la « nation à abattre » depuis sa naissance, du point de vue du capitalisme« moderne » épicentre alors à Londres… Précisément parce qu’elle allait engendrer d’autres modèles économiques alternatifs comme le « modèle allemand » : c’est là une histoire dramatiquement oubliée aujourd’hui parce que les États-Unis ont été « retournés » puis démolis en 3 dates :

  1. 1804 (assassinat d’Alexander Hamilton, créateur de la banque nationale par opposition à la banque privée monopolisant la monnaie),
  2. 1913 (création de la FeD, cartel de banques privées se voyant octroyer le monopole de l’émission de monnaie),
  3. et 1957 (le tournant post-industriel des États-Unis39)…

Au Yémen d’ailleurs, des indices graves et nouveaux du flottement de la puissance américaine ont été constatés, spécialement l’évacuation des ressortissants américains qui fut menée par les russes… ce que les citoyens américains n’ont pas manqué de relever : « où était l’US Navy? »40.

Le fait est qu’aujourd’hui les États-Unis sont gouvernés par des incompétents et épaulés par des alliés immatures, injustement riches (comme les saoudiens ou les émirats Arabes Unis…) qui, de bluff en fanfaronnades, d’inadéquation en incompétence… amènent le pire. Comparés aux dirigeants Sino-Russes, les États-Unis sont gouvernés par des personnels mis en causes à un niveau criminel bien au-delà de ce qui pourrait être reproché à Vladimir Poutine ou au Président Xi : les familles Bush et Clinton en sont la caricature pathétique : une absence totale de vertus, ce que l’on appelle des sycophantes, c’est-à-dire des flatteurs sans vertus gagnant les faveurs d’un système qui conduit délibérément les USA à la ruine. et la façon dont sont cooptés et portés médiatiquement Jef Bush comme Hillary Clinton en vue de la prochaine élection, illustre à merveille une constante : pour qui le comprend bien, le système capitalisme « moderne » a besoin de ses Caligula ou Néron… Ils ruineront la République américaine par leurs forfaitures, mais il faut bien garder à l’esprit que les mêmes conséquences avec dix ans de décalage surviennent en France : en 2003 nous nous moquions des guerres de Bush Jr, aujourd’hui nous les faisons…

Nombre d’éminents lanceurs d’alertes américaine parmi les plus initiés aux arcanes du pouvoir dénoncent tout cela. Parlons ici du Dr. Steve Pieczenik, quasiment inconnu en France, qui est pourtant l’un des meilleurs connaisseurs de l’appareil d’État américain : serviteur de cinq Président américains, juif de famille partiellement catholique, il est avant tout un ardent patriote américain41, violemment antisioniste et d’un courage rare puisqu’il dénonce les plus grosses manipulations des sionistes42 et de leurs relais néoconservateurs au plus haut de l’Administration américaine…

Ainsi en avril 2002, il annonçait que Ben Laden était « déjà mort depuis des mois » (certainement en décembre 2001) du syndrome de Marfan (maladie génétique), que le pouvoir américain l’annoncerait au moment politiquement opportun43. Il confirme ceci en mai 201144 (après l’opération officielle anti ben Laden), évoquant un gros mensonge cautionné par Obama, en lien notamment avec les amiraux McRaven , Mullen, les civils Léon Panetta et John Brennan (DCI, Directeur de la CIA). Il rajoute que les attentats du 11 septembre 2001 ont été organisés par le gouvernement américain lui-même, impliquant George W. Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Condoleezza Rice, Stephen Hadley, Eliott Abrams, Paul Wolfowitz et de multiples autres complicités. Pieczenik se déclarait d’ailleurs prêt à témoigner devant une Commission ad hoc du Congrès et de donner ses sources au plus haut de l’État américain.

Il faut bien comprendre que Pieczenik fut à la base expert en opérations psychologiques (Psy-Ops) et contre-terrorisme, et sait de quoi il parle et sa carrière fut exemplaire. Ainsi lorsqu’au-delà d’une incompétence jamais vue au sommet des États-Unis, il évoque toute une coterie de sociopathes narcissiques et de menteurs pathologiques non qualifiés pour gouverner l’Amérique… qu’il rajoute que le « sociopathe Obama » a usé de tromperie pour être élu et continue de tromper le peuple américain, risquant ainsi une révolution violente…

Le propos n’est pas anodin.

Or, plus de treize années après ces prédictions du Dr Steve Pieczenik, s Seymour Hersh publie son rapport sur la mort de ben Laden45 : le même journaliste lauréat du prix Pulitzer, qui avait révélé le massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam, et avait aidé à rendre public le scandale d’Abu Ghraib en Irak. Or cet article est un « exocet » contestant la version officielle de la Maison blanche et sa vision propagandaire46, confirmant que l’administration Obama a menti sur de nombreux points entourant le raid des NAVYSEALs supposé avoir tué Oussama ben Laden... Les réactions fébriles de la Maison blanche, les mêmes d’ailleurs qui s’étaient manifestées lors du retrait des premières photos grossièrement fausses de ben Laden Mort en 2011, nous semblent illustrer à merveille la fin des États-Unis tels que nous les connaissons…

Un point parallèle doit être évoqué quant au programme américain d’assassinats ciblés par drones : il est étonnant de voir la presse américaine retrouver son intrépidité et son lustre perdu depuis longtemps. Ainsi en est-il du New York Time47,dénonçant le mensonge sous-jacent, la distorsion des faits et le contexte de trahisons politiques au sein de l’Administration Obama.

Car il convient de rappeler que le « lauréat du Prix Nobel de la Paix Obama », a admis que sous son égide étaient tués des civils innocents grâce à un programme non autorisé d’assassinats ciblés au Pakistan, au Yémen et en Somalie... L’illégalité de ces procédés est totale, et se double d’une privatisation de l’usage de la force prodigieusement néfaste pour les États-Unis en tant qu’État : c’est tout un ensemble d’agents opérationnels sous-contractants de la CIA qui bénéficient de fonds publics virtuellement illimités, et cette sous-traitance est menée à travers des sociétés privées secrètes utilisant des soldats américains des Forces spéciales déguisés en « contractors » civils puis réintégrés ensuite dans l’Armée : un mépris absolu des lois de la guerre, et surtout un « business » qui en dit long sur la déliquescence des institutions américaines.

Ces articles du nYt sont factuels : ils ne font que rapporter les déclarations et évènements impulsés par la Maison blanche, et l’interprétation des propos d’Obama qui relèvent de l’aveu pur et simple : l’acquiescement de l’illégalité totale de ses décisions qui tuent des civils.

Pieczenik, docteur en psychiatrie conclue qu’« Obama, se comporte comme tout bon sociopathe et tueur de masse, qui ne peut généralement pas se retenir de confesser ses péchés», le Président allant jusqu’à évoquer sa « méfiance » face à la tentation de puissance que les drones offrent aux décideurs : pour « résoudre les problèmes de sécurité vexants»48

Si ce n’est pas un aveu de culpabilité… Rappelons que Nixon et Clinton ont été menacés d’impeachment pour moins que cela ! Mais tout ceci a été escamoté par John Brennan sous la forme d’un déni stratégique, et servi il faut bien le dire par une totale omerta médiatique.

Or le fait est que les États-Unis sont menacés, détournés par des dirigeants corrompus, des représentants inertes et des institutions dysfonctionnelles. Il lui reste encore les valeurs qui l’ont faite, mais un duel entre les meilleurs à la base et les pires aux commandes rappelle réellement la fin de l’Empire Romain. C’est ne pathocratie (gouvernement par des psychopathes) qui s’est installée sous nos yeux : trois Administrations incompétentes fossoyeurs de l’Amérique se sont succédées (depuis Clinton et Sandy Berger), avec tout une brochettes de néo-conservateurs théoriciens de la « suprématie » américaine (Stephen Hadley, Paul Wolfowitz, Frank Fukuyama…), qui en sont en fait les fossoyeur pour le compte des intérêts sionistes. et aujourd’hui, Obama en tant que création de la CIA de bout en bout, et d’autres enfants de chœur comme Brennan, affirmant que les programmes de drones ne servent à « prévenir les complots opérationnels contre les États-Unis et contrer les « réseaux terroristes» qui « ciblent les États-Unis».

La réalité, c’est que la CIA et les intérêts privés gravitant autour d’elle, inutiles et excessivement coûteuses, sont devenus un cancer rongeant la République américaine : lorsque des civils n’ayant aucune expérience opérationnelle sont fascinés par le pouvoir que donnent les technologies militaires de pointe et sont poussés au pire par un système qui s’en nourrit, la situation est dangereuse.

Pourtant face à eux il existe un parti interne de patriotes américains, spécialement au sein de l’Armée, dénonçant ces saboteurs fauteurs de guerre qui amèneront à la fois Guerre générale au Moyen-Orient et à la guerre civile aux États-Unis : « Le temps est venu d’arrêter la CIA constamment inefficace et de permettre à l’Armée américaine de travailler sans entrave par incompétence civile49, d’autant plus que cette guerre des drones n’amène que le ressentiment des populations, et ce n’est pas un hasard si un attentat (fin 2014) toucha la base américaine d’Al-Anad, justement connue pour ses drones50
Le point nodal et l’enjeu le plus important de toute cette histoire en cours, dont le Yémen n’est qu’une des pièces de puzzle, est illustré avec courage par s. Pieczenik, qui rencontra en 1999 Shahabzada Yaqub-Kahn51, qu’il connaissait bien auparavant. Celui-ci l’avait alors averti que l’ISI, la CIA, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis et d’autres organismes (spécialement le Mossad), allaient être impliqués dans « une tentative visant à “créer une perturbation mesurée [calibrée]” à la fois aux États-Unis et au Moyen-Orient»52.
Pieczenik ne comprit pas tout de suite l’importance de ce qu’il lui avait été dit, mais remarqua comme anormal l’afflux de cocontractants privés de la CIA amenés au Pentagone. Puis survint le 11 septembre, et Pieczenik (qui avait été impliqué dans la campagne de Bush Jr) sut immédiatement quelles étaient les responsabilités. Il resta à l’écart, emmagasinant suffisamment d’information par de nombreux collaborateurs apeurés des néoconservateurs, pour rendre public dès avril 2002 le fait que le 11 septembre n’avait été qu’une mise en scène…

Aujourd’hui (2015), c’est cette même trahison secrète qui continue au plus haut de l’appareil d’État américain, et une guerre contre une terreur artificielle qui va amener la fin des États-Unis tels que nous les connaissons : par exemple il serait bon de se demander si le jour même des attentats de Boston (15 avril 2013), n’aurait pas été rendu un rapport bipartite du Congrès américain qui incriminait tous les responsables américains pour crime de guerre, y compris Obama au même titre que Bush Jr, dans le cadre de cette «guerre contre la Terreur»53: c’est vrai qu’il aurait fait « mauvais genre » de voir un prix Nobel de la Paix conduit dans un procès du même type que celui de Nuremberg contre les dignitaires nazis…

Or la menace pèsera avant tout contre le peuple américain : du Patriot act (26 octobre 2001) au national Defense Authorization Act (31 décembre 2011), l’inconstitutionnalité et le viol de la séparation des pouvoirs54 semblent pouvoir aller jusqu’à une soviétisation totale des États-Unis. Le récent exercice «Jade Helm15 », manœuvre militaires sur le sol américain (9 états) supposée durer trois mois (15 juillet-15 septembre 2015), habituant les américains à une présence militaire dans la rue et ciblant l’éradication des militants locaux (« homeland eradication of local militants»… sic). Malgré les dénégations voulant faire passer toute question honnête pour une « théorie de la conspiration »55, doutes soulevés sont nombreux56 quant à une intimidation bolchévique du peuple américain « par le choc et par la peur» et cette situation ne nous dit rien de bon pour la nation américaine57

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Conclusion

Ce qu’il se passe au Yémen et la mise en échec de l’Arabie, la nouvelle alliance américano-iranienne… va amener un nouveau mouvement de balancier qui peut être très néfaste pour le Moyen-Orient. nous considérons ainsi que les Saouds vont être inexorablement sacrifiés et remplacé par l’État Islamique, qu’il soit renommé ou pas.

Mais nous craignons en plus une situation « à l’irlandaise » pour la Mecque, d’après des précédents ayant conduit la France à se méfier des manœuvres de déstabilisations anglo-américaines…

Donner la Mecque aux Chiites semble bien improbable aujourd’hui, mais au demeurant pas beaucoup plus que de la confier à une tribu bédouine anonyme comme les Saouds, n’ayant absolument aucune légitimité religieuse sur ces lieux saints. Surtout, le précédent de la stratégie de contre-insurrection en Irlande du nord, nous conduit à envisager sérieusement cette hypothèse qui serait le début d’une guerre de mille ans au sein de l’Islam…

En Irlande du nord a en effet été mise en œuvre une stratégie de neutralisation de la résistance irlandaise face à l’Armée britannique d’invasion : le Renseignement britannique parvint à subvertir la raison centrale du conflit (l’occupation d’une nation souveraine par une nation voisine en position d’agresseur) et de faire croire que le conflit résultait plutôt avant tout de divisions ethniques et religieuses à l’intérieur de la communauté de l’Ulster58. Le mode opératoire standard fut de créer des institutions ad hoc,favorisant précisément ces divisions religieuses (des autorités protestantes face à une population catholique…) puis de provoquer ensuite sciemment des divisions dans la société nord-irlandaise afin de faire passer la guerre de l’IRA contre une occupation étrangère, pour un conflit avant tout « religieux »59

Le but ultime étant de refuser aux insurgés de la première heure (l’IRA) toute occasionde présenter leur résistance à l’occupation britannique comme un droit fondamental (tel que défini par la convention de Genève), et de se voir reconnaître ainsi «de droit » en tant que résistance « légitime ».

Au vu du précédent cité en Irak plus haut (les SAS britanniques capturés par la police irakienne), il apparaît tout à fait plausible qu’en Irak ait pu précisément se développer la même « stratégie de contre-insurrection» : de nombreux doutes ont été émis quant aux origines réelles de ces actions, pointant notamment des escadrons de la mort sous supervision américano-israélienne, travaillant à partir du Ministère de l’intérieur iraquien60: Chose époustouflante à première vue, mais très commune si l’on s’en réfère à la chronologie d’actions similaires depuis l’après-seconde guerre mondiale61.
Le but peut ainsi avoir été triple : diaboliser et démoraliser une « véritable » résistance, dresser durablement les différentes communautés les unes contre les autres, et légitimer la présence militaire anglo-américaine en Irak. La stratégie visible au Yémen illustre le règne à venir des forces supplétives : l’Arabie saoudite et ses sbires d’Al-Qaïda remplacés par l’État Islamique, démolissant toute la région de façon plus efficace que les forces américaines, qui ne servirent qu’à créer les États défaillants incapables de résister à ces forces artificiellement créées.
Au final, nous maintenons que le Yémen est la dernière victime en date de la seule constante lisible dans la stratégie anglo-américaine et israélienne, est la division maximum de toute la région en accord avec les visées historiques du sionisme62

.« Quo usque tandem, Catilina… ?


Liens

1. « Iran: la CIA a bien renversé Mossadegh» (Le Figaro, 19 août 2013).

2. nous n’aurons malheureusement la confirmation de ce point que plus tard, l’époque étant encore

à la désinformation hollywoodienne : « «Argo» : Hollywood et la CIA au secours des prisonniers de larévolution islamique » (Le Monde, 6 novembre 2012).

3. Pour un exemple remarquable, passé inaperçu : « J’ai été agent de la Révolution iranienne» (eva Darlan, actrice française, Paris Match, 29 décembre 2014).« L’Arabie saoudite, prochaine victime du renversement du monde… »

4. « Saudi Arabia is training tribal fighters in Yemen as proxy battle with Iran heats up» (business Insider, 29 avril 2015),5. « Gunfight at the O.K. Corral »,western américain de John surges (1957), inspiré de faits réels.

6. Le terme anglais serait « pervasive » : à la vois permanent et invasif, « ui se fait sentir partout

7. « Preface to Orientalism.» (edward said, Al-Ahram, 7–13 Août2003).

8. Pour une rare analyse mesurée dans une source française, voir : « Retour des chiites sur la scène yéménite»(Monde Diplomatique, Laurent bonnefoy, novembre 2014).

9. Voir sur ce point l’intervention de Faiçal Jalloul au même colloque sur « Le Yemen en Guerre », et l’article correspondant dans cette même revue.

10. Lire absolument sur ce point : « Le Plan Sioniste pour le Moyen-Orient» (Oded Yinon, nouvellement disponible en français, sigest, 2015

11. Voir sur ce point le remarquable documentaire « Why we Fight» (eugene Jarecki, 2005).

12. e que racontait le documentaire « Why we Fight», précité.

13. «ISIL completely fabricated enemy by US: Former CIA contractor» 28 août 2014, Press tV, reprispar des sources anglo-saxonnes).

14. nous connaissons déjà le Captagon dans les balkans, le Qat au Yémen, le Captagon a fait à présent son apparition en syrie et le Qat se répandra lui aussi…

15. « L’Arabie saoudite annonce avoir lancé une opération militaire au Yémen» (I-télé, 26 mars 2015).

16. « Les soldats américains quittent le Yémen» (Le figaro, 22 mars 2015)

17. « Al-Qaeda’s Specter in Syria» (CFR, 6 août 2012), sous la plume de Mohamed Mahbub Husain, musulman prétendument soufi ayant produit des écrits importants quant au fondamentalisme sunnite et aux jeux d’intérêt au Moyen-Orient.

18. Rare article en français : « Bienvenue à l’émirat islamiste au Moyen Orient» (08 août 2012, Jean-Paul Baquiast, Mediapart)

19. « Classified Woman », 2012.

20. elle a d’ailleurs créé le groupe des «lanceurs d’alerte pour la sécurité nationale». Il est très vraisemblable que si elle n’a pas été assassinée, c’est qu’il existe aux États-Unis la même lutte d’influence au sein des milieux du renseignement qu’en France ou en Allemagne [voir aussi note n°188 page 41]. Aux États-Unis c’est une lutte qui date de la fracture entre F.D. Roosevelt, évoquée par eisenhower, puis postérieure à Kennedy.

21. Référence à l’épisode prémonitoire du livre « 1984 » (« Nous avons toujours été en guerre avec l’Estasie

»…) où les alliances sont renversées et toute information relative à la situation antérieure effacée aux yeux du public…

22. « The “War On Terror” Has Changed, and Not One In 1,000 Americans Has Noticed » (Blog duWashington Post, 31 July 31, 2012).

23. Voir notre intervention annexe au colloque sur Radio sputnik.

24. « Saudis Have Israel Nuke Yemen for Them» (Gordon Duff and Jeff smith, Jeff smith étant ancien inspecteur pour l’AIeA, Veterans today, 21 mai 2015). Il faut avoir aussi en mémoire que les États-Unis furent accusés d’avoir fait usage d’une bombe à neutron sur l’aéroport de bagdad en 2003 (« US accused of using neutron bombs », Al-Jazeera, 9 avril 2007)

25. Pour un exemple : « L’Intelligence Service, machine de guerre au service de la City», J.M. Rochard,editions de France, 1941).

26. « The Geographical Pivot of History» (sir Halford Mackinder,1904).

27. Par exemple, l’Armée américaine est parvenue à tuer nasser Al-Wahishi, chef local d’al Quaida, même si l’implication américaine n’est officiellement pas certaine («Yemeni al Qaeda chief killed in U.S. bombing»,Reuters , 16 juin 2015)

28. «Iran Spends Billions to Prop Up Assad»(bloomberg, 9 juin 2015) évoquant des milliards de dollars iraniens pour soutenir bachar al-Assad (d’après l’OnU et d’autres experts. estimation au-delà des estimations américain

29. Voir sur ce point « Les projets secrets pour le Yémen» (F. William engdahl, Voltaire.org, 27 mars 2011)

30. D’après les faits réels du massacre de sand Creek (Colorado, 29 novembre 1864).

31. Voir sur ce point majeur : « Pétrole, une guerre d’un siècle », (W. engdahl, edit J.C. Godefroy, 2007, p.134).

32. «Le Turban Vert» (Xavier de Hautecloque, 1930, réédition energeia, 2013).

33. appelons qu’au Pakistan d’Ali bhutto avait été refusé l’atome civil… pour voir ensuite donnerl’atome militaire au général Zia juste après… Cette logique de tension n’a rien de sage, il s’agit plutôtd’une stratégie de la tension délibérée contre l’Iran et l’Inde…

34. s eized Chinese Arms Raise Concerns In Iran” (nY times, 3 mars 2013).

35. Cité par Pierre ROssI (Politique étrangère n°1 – 1961 – 26e année pp. 63-70), l’une des raressources françaises intéressantes entre 1958 et 1963, dont de larges pans sont ici commentés.

36. Un parallèle qui ne manque pas de sel : la devise de l’armée Patton en Allemagne était :« don’t add to the mess » (« ne pas rajouter des troubles aux troubles »). Une devise totalement oubliée des États-Unis aujourd’hui, et ce sont les russes (avec la Chine en soutien) qui poussent aujourd’hui de toutes leurs forces pour éviter un embrasement du monde…

37. Des indices notables montrent qu’après la Russie, la Chine se débarrasse à son tour du communisme. Voir par exemple le dernier film de Jean-Jacques Annaud : «Le dernier loup(réalisé avec le soutien des autorités chinoises, alors que ce même réalisateur avait été interdit de tournage en Chine après avoir réalisé « sept ans au tibet », sur l’invasion communiste du tibet) : y est montré pour la première fois un commissaire politique détestable et l’absurdité des idées communisme n’apportant que de la destruction au nom du progrès idéologique…

38. Modèle allemand, de racines américaines, le modèle d’économie physique américaine ayant lui-même des racines européennes, notamment franco-italiennes. Il s’agissait avant tout de la quintessence de l’idéalisme européen servi par une vision étatiste synchronisant les intérêts privés plutôt que dominés par eux,,,

39. Voir sur ce point « Pétrole une guerre d’un siècle » (W. engdahl, précité).

40. « Les Américains coincés au Yémen portent plainte contre le Département d’État» (sputniknews, 13 avril 2015)

41. La comparaison serait pertinente avec les français juifs « napoléoniens » en France.

42. Par exemple Ron Dermer, né américain mais ambassadeur d’Israël aux États-Unis et grand ami de benyamin netanyahou, incompétent mais militant aux États-Unis pour la stratégie du pire au bénéfice d’Israël…

43. Alex Jones show, 24 avril 2002.44. Alex Jones show, 3 mai 2011.

45. « The Killing of Osama bin Laden» (seymour Hersh, London Review of Books, 21 mai 2015).notons que c’est une source anglaise qui est utilisée comme vecteur, relayée par le Huffington Post : « Seymour Hersh’s Bin Laden Raid Bombshell Draws White House, Media Pushback » (Michael Calderone, 11 mai 2015 ; version française 12 mai 2015 : « Mort de ben Laden : Qui est seymour Hersh, l’ancien journaliste star qui accuse Obama? »).

46. Dont Hollywood a produit une version mythifiée : « Zero Dark Thirty» (Kathryn bigelow, 2012).

47. trois articles de scott shane (« The Moral Case for Drones », nY times, 14 juillet 2012),«Election Spurred a Move to Codifu U.S.Drone Policy » (24 novembre 2012), « Drone strikes Reveal Uncomfortable truth: U.s. Is Often Unsure About Who Will Die » (23 avril 201

48. « Election Spurred a Move to Codifu U.S.Drone Policy» (nYt, 24 novembre 2012, précité),

9. s. Pieczenik, précité.

50. «Al Qaeda allies target U.S. forces in rocket attack on Yemen base » (Cnn, 11 décembre 2014).

51. Ancien général de l’armée pakistanaise, impliqué dans le Renseignement (IsI), et un excellent ambassadeur aux États-Unis. « Prince, Soldier, Statesman Sahabzada Yaqub Khan, Columnist M. ZAFAR is inspired by Col Qayyum’s tribute to Lt Gen SAHABZADA YAQUB KHAN to add to it»(Defence Journal, Pakistan, Octobre 2000).

  1. blog du Dr. Steve Pieczenik, 26 novembre 2012, précité

53. « The Unintended Consequences of the Boston Massacre » (blog de s. Pieczenik, 16 avril 2013) ; «U.S. Engaged in Torture After 9/11, Review Concludes» (scott shane, new York time, 16 avril 2013).

54. « Homeland Battlefield Act Portion Found Inconstitutional by a Judge » (Michael McAuliff, Huffington Post, 16 mai 2012)

55. «Conspiracy Theories Over Jade Helm Training Exercise Get Some Traction in Texas »New York Times , 8 mai 2015).

56. « Why Operation Jade Helm 15 is freaking out the Internet — and why it shouldn’t be» (The Washington Post . 31 avril 2015).

57. entrevue de s. Pieczenik au Alex Jones show, 2 juin 2015

58. « Guerre spéciale en Europe: Le laboratoire irlandais» (Roger Faligot, Flammarion, 1992).

59. «In memoriam Paul Brennan, Mélanges» (Paul brennan, Presses Universitaires du septentrion, 2004, p.247) ; « Le conflit en Irlande du Nord » (Paul brennan, Presses sorbonne nouvelle, 1985, p.53). Remarquons l’homonymie avec l’actuel directeur de la CIA John brennan.

60. « Iraq Begins to Rein In Paramilitary Force» (Washington Post, 14 mai 2006


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