7097 – RUSSIE – V.Poutine en Chine.. sa journée du 3 Septembre 25…

1°/Défilé militaire à Pékin pour le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale – 3 septembre 2025 à 05H35 à Pékin
2°/Rencontre avec le Président des Affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, Kim Jong-un – 3 septembre 2025 à 08H40 à Pékin
3°/Rencontre avec le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso – 3 septembre 2025 à 12h05 à Pékin
4°/Rencontre avec le président de la République socialiste du Vietnam, Luong Cuong – 3 septembre 2025 à 13h55 à Pékin
5°/Vladimir Poutine a répondu aux questions des médias – 3 septembre 2025 à 17h25 à Pékin

1°/Défilé militaire à Pékin pour le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale – 3 septembre 2025 à 05H35 à Pékin
PHOTO 52 VOIR http://en.kremlin.ru/events/president/news/77908/photos
Le 3 septembre, la Russie commémore le 80e anniversaire de la victoire sur le Japon militariste et de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le cadre de sa visite officielle en Chine, Vladimir Poutine a assisté à un défilé militaire sur la place Tian’anmen commémorant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Par la suite, le président russe et d’autres dirigeants et chefs de délégations étrangères ont assisté à une réception au Grand Palais du Peuple à Pékin.
À l’issue de la réception, Vladimir Poutine a salué les proches des vétérans de l’armée soviétique ayant combattu contre les envahisseurs présents au défilé et à la réception, notamment les descendants des maréchaux Gueorgui Joukov, Konstantin Rokossovski, Alexandre Vassilievski et Vassili Tchouïkov.

http://en.kremlin.ru/events/president/news/77908

2°/Rencontre avec le Président des Affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, Kim Jong-un – 3 septembre 2025 à 08H40 à Pékin

Après une réception à l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine et le Président des Affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, Kim Jong-un, ont été conduits à bord du véhicule Aurus à la résidence présidentielle de Diaoyutai à Pékin, où ils ont eu des entretiens bilatéraux.
3 septembre 2025 à 08H40 à Pékin
PHOTO 14 VOIR http://en.kremlin.ru/events/president/news/77909/photos
Président de la Russie, Vladimir Poutine : Monsieur le Président des Affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, permettez-moi de vous renouveler mes salutations les plus chaleureuses.
Nous avons déjà passé un bon moment ensemble ce matin, en participant aux célébrations organisées par nos amis chinois. Je tiens à souligner que tous ces événements ont été préparés et menés à un niveau exceptionnellement élevé. Ils concernent directement nos pays, car nous avons participé à la lutte commune contre le nazisme, le fascisme et le militarisme.
Je suis ravi d’avoir l’occasion de tenir avec vous une réunion bilatérale en marge des événements d’aujourd’hui. Les relations entre nos pays ont récemment acquis une dimension particulière de confiance, d’amitié et d’alliance.
Nous savons pertinemment que c’est à votre initiative que les unités spéciales de votre pays ont participé à la libération de la région de Koursk, dans le plein respect du nouveau traité [de partenariat stratégique global entre la Fédération de Russie et la République populaire démocratique de Corée].
Je tiens à souligner que vos soldats ont combattu avec vaillance et héroïsme. Nous n’oublierons jamais les sacrifices consentis par vos forces armées et les familles de vos militaires.
Au nom du peuple russe, je tiens à vous remercier pour votre participation à notre lutte commune contre le néonazisme moderne. Veuillez transmettre nos sincères remerciements à l’ensemble du peuple de la République populaire démocratique de Corée.
Je suis heureux de vous rencontrer et d’avoir l’occasion d’aborder tous les aspects et domaines de nos relations bilatérales.

Président des Affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, Kim Jong-un (traduction retraduite) : Camarade Président,
Je suis ravi d’avoir l’occasion aujourd’hui d’évoquer nos relations, nos interactions et leurs perspectives de développement, ainsi que de vous rencontrer.
Depuis la signature de notre traité interétatique en juin dernier, nos relations se sont développées dans tous les domaines.
Nous avons combattu ensemble conformément à ce traité et à nos obligations envers le peuple et les forces armées russes frères qui y sont énoncées. Je tiens à vous remercier tout particulièrement, camarade Poutine, pour la haute estime que vous avez portée à l’héroïsme de nos soldats, que vous avez exprimée à plusieurs reprises, y compris ici.
Comme je l’ai dit lors de notre précédente rencontre, si nous pouvons faire quoi que ce soit pour aider la Russie, nous le ferons certainement, et nous considérerons cela comme un devoir fraternel. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider la Russie
Nous coopérons dans tous les domaines et dans différents secteurs économiques. Je suis convaincu que nous devons viser le succès pour rester en phase avec notre époque et améliorer le bien-être de notre peuple.
Je tiens à vous exprimer ma gratitude d’avoir trouvé le temps de me rencontrer malgré votre emploi du temps chargé. Merci.
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3°/Rencontre avec le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso – 3 septembre 2025 à 12h05 à Pékin

Vladimir Poutine a rencontré le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, en marge des commémorations du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
3 septembre 2025 à 12h05 à Pékin
PHOTO 5 VOIR http://en.kremlin.ru/events/president/news/77911/photos
Du côté russe, ont participé à la réunion
le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov,
le chef de cabinet adjoint du Cabinet présidentiel et attaché de presse présidentiel Dmitri Peskov,
le conseiller présidentiel Iouri Ouchakov,
le ministre de la Défense Andreï Beloussov,
le ministre du Développement économique Maxime Rechetnikov,
le ministre de l’Énergie Sergueï Tsivilev,
le directeur du Service fédéral de coopération militaro-technique Dmitri Chougaïev
et le directeur général de la Société nationale de l’énergie atomique Rosatom Alexeï Likhatchev.

Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine : Monsieur le Président,
Je suis ravi de vous rencontrer, cette fois en marge des célébrations du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire de la Chine sur le militarisme japonais.
Nous nous rencontrons régulièrement. Nos efforts dans ce domaine et notre interaction avec le Congo figurent parmi les priorités de notre politique étrangère en Afrique. Le Congo est un ami et un partenaire fiable et éprouvé.
Vous participez régulièrement aux réunions russo-africaines au niveau des chefs d’État et à d’autres événements. Nous entretenons des contacts personnels réguliers et nos collègues du gouvernement collaborent dans divers domaines.
Nos liens commerciaux sont stables, mais comme nous l’avons tous deux souligné à maintes reprises, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour les faire progresser.
Des jeunes de votre pays continuent de suivre une formation professionnelle en Russie. Nous sommes non seulement prêts à maintenir ce niveau de liens, mais aussi à accroître le nombre de jeunes Congolais souhaitant suivre une formation en Fédération de Russie.
Nos ministères des Affaires étrangères entretiennent des contacts réguliers et nous coordonnons nos actions sur toutes les plateformes internationales.
Monsieur le Président, je suis ravi d’avoir l’occasion de vous rencontrer en marge des événements d’aujourd’hui.

Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso (traduction retraduite) : Merci beaucoup, Monsieur le Président, mon cher ami.
C’est toujours un grand plaisir et un honneur pour moi de vous rencontrer, ainsi que d’autres dirigeants et représentants de la Fédération de Russie.
Bien sûr, je garde un excellent souvenir des événements auxquels j’ai assisté à Moscou il y a quelques mois, notamment le défilé militaire. J’ai également assisté à un défilé militaire aujourd’hui. Comme je l’ai dit, je garde un excellent souvenir des événements auxquels j’ai assisté à Moscou, où nous avons célébré un événement historique : la victoire sur le nazisme et le fascisme. L’Armée rouge a été la première à entrer à Berlin.
Il va sans dire que nous avons également soutenu le mouvement de résistance et la lutte du peuple chinois contre l’agression japonaise. Nous nous souvenons de Mao Zedong et des autres forces qui se sont unies et ont agi ensemble pour vaincre l’agression japonaise. Nous sommes également conscients des problèmes à Taïwan, mais nous en connaissons le contexte.
J’ai été ravi de recevoir l’invitation du président Xi Jinping à assister à ce défilé et à cette célébration solennelle. Lorsque j’ai appris votre présence, j’ai pensé qu’il serait intéressant d’organiser une réunion bilatérale en marge de ces événements et d’engager un dialogue.
Pour ma part, je tiens à souligner le niveau élevé de nos relations et les liens qui unissent nos États. Ces relations se développent. Aujourd’hui, nous pouvons également échanger sur les questions mondiales qui doivent être traitées. Je vous remercie infiniment d’avoir pris le temps de me rencontrer.
Les relations entre nos pays se renforcent sans cesse. J’espère que nous pourrons aborder un certain nombre de questions en format restreint. Je constate que vous êtes accompagné d’une importante délégation aujourd’hui.

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4°/Rencontre avec le président de la République socialiste du Vietnam, Luong Cuong – 3 septembre 2025 à 13h55 à Pékin


À Pékin, Vladimir Poutine a rencontré le président de la République socialiste du Vietnam, Luong Cuong.
3 septembre 2025 à 13h55 à Pékin
PHOTO 5 VOIR http://en.kremlin.ru/events/president/news/77912/photos
Du côté russe, ont participé à la réunion :
le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov,
le vice-Premier ministre et coprésident de la Commission intergouvernementale russo-vietnamienne pour la coopération commerciale, économique, scientifique et technique, Dmitri Tchernychenko,
le chef de cabinet adjoint du Cabinet présidentiel, Maxime Orechkine,
le chef de cabinet adjoint du Cabinet présidentiel et attaché de presse du président, Dmitri Peskov,
le conseiller du président, Iouri Ouchakov,
le ministre du Développement économique, Maxime Rechetnikov,
le ministre des Finances, Anton Silouanov, le ministre de l’Énergie, Sergueï Tsivilev,
la gouverneure de la Banque centrale, Elvira Nabioullina,
le directeur du Service fédéral de coopération militaro-technique, Dmitri Chougaïev,
et le directeur général de la Société nationale de l’énergie atomique, Rosatom, Alexeï Likhatchev.

Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine : Monsieur le Président, chers amis,
Je suis ravi de tenir avec vous une réunion bilatérale en marge de ces célébrations. Tout d’abord, je tiens à vous féliciter, ainsi que le peuple vietnamien, à l’occasion du 80e anniversaire de la déclaration d’indépendance du Vietnam, célébré hier.
Cette année marque le 75e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre nos deux pays. Au fil des ans, des liens privilégiés d’alliance et d’entraide fraternelle se sont développés entre le Vietnam et la Russie. Il est difficile d’énumérer tous les domaines de notre coopération, qui s’est intensifiée ces dernières années.
Je suis ravi d’avoir l’occasion de vous rencontrer et d’aborder tous les aspects de notre coopération. Je garde bien sûr un excellent souvenir de l’accueil chaleureux réservé à notre délégation lors de notre dernière visite au Vietnam. Merci.

Président de la République socialiste du Vietnam, Luong Cuong (retraduit) : Monsieur le Président,
Je suis ravi de vous rencontrer aujourd’hui à Pékin à l’occasion d’un événement historique.
Je vous suis également reconnaissant pour vos sentiments chaleureux et vos salutations au Parti, à l’État et au peuple vietnamiens à l’occasion du 80e anniversaire de la Révolution d’Août et de la Fête nationale du Vietnam. Je vous remercie d’avoir envoyé des troupes russes participer au défilé au Vietnam.
Au Vietnam, nous apprécions grandement l’aide fraternelle substantielle que l’Union soviétique nous a apportée lorsque nous luttions pour notre liberté et que la Russie nous apporte aujourd’hui pour la construction de notre pays.
Nous attachons une grande importance à nos relations traditionnellement amicales avec la Russie – des relations fraternelles et séculaires.
Je tiens à vous féliciter, au nom du Parti et de l’État vietnamiens, pour les grandes réalisations de la Russie ces dernières années. Vous avez surmonté de nombreuses difficultés
Nous sommes convaincus que, sous votre direction, la Russie deviendra grande et sera un pilier de la défense de la paix, de la justice et de la stabilité. Nous sommes convaincus que ce sera le cas et nous vous souhaitons beaucoup de succès.

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http://en.kremlin.ru/events/president/news/77912


5°/Vladimir Poutine a répondu aux questions des médias – 3 septembre 2025 à 17h25 à Pékin

 

À l’issue de sa visite officielle en République populaire de Chine, Vladimir Poutine a répondu aux questions des médias.
3 septembre 2025 à 17h25 à Pékin
PHOTO 13 VOIR http://en.kremlin.ru/events/president/news/77914/photos
Président de la Russie Vladimir Poutine : Bonjour.
Commençons.
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Konstantin Panyushkin : Konstantin Panyushkin, Channel One.
Votre visite en Chine est unique en son genre. Vous travaillez ici depuis quatre jours et avez eu de nombreuses rencontres avec le président Xi. Comment évaluez-vous les résultats des discussions russo-chinoises et quel est, selon vous, le résultat le plus important de cette visite de plusieurs jours ?
Vladimir Poutine : C’était effectivement une visite de plusieurs jours, comme vous l’avez dit. La raison en est que plusieurs événements devaient se tenir ici. Nous avons donc planifié ma visite de manière à éviter de nombreux déplacements. Je vous rappelle que le programme comprenait un sommet de l’OCS, une réunion trilatérale Russie-Mongolie-Chine et une visite en République populaire de Chine.
Il faut dire que ce format est non seulement propice aux négociations, mais surtout à la tenue de nombreuses discussions informelles sur toute question d’intérêt commun, dans une atmosphère informelle et amicale. C’est extrêmement important et cela s’est avéré très utile.
Quant aux résultats, je les considère comme extrêmement positifs. Les documents adoptés par tous les participants sont tournés vers l’avenir. Dans ce contexte, je voudrais souligner l’initiative chinoise sur la gouvernance mondiale. Je pense qu’elle est arrivée au bon moment. Plus important encore, cette initiative vise à promouvoir des sentiments positifs entre les pays présents au sommet en Chine et nos partenaires potentiels parmi les pays qui ne sont pas encore prêts à affirmer leur volonté de partenariat.
L’ensemble de ces éléments, conjugué à l’unité des participants, témoigne de notre détermination et de notre confiance dans notre capacité à atteindre les objectifs fixés.
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À la parole.
Lana Samsoniya : Lana Samsoniya, Interfax.
J’aimerais revenir sur votre visite en Chine, mais ma question porte sur l’agenda bilatéral. Un important ensemble de documents a été signé à la suite de votre visite, et ces documents concernent peut-être principalement le projet Power of Siberia 2. Ce projet est devenu récemment le sujet central de toutes les négociations de haut niveau, et même un indicateur des relations russo-chinoises.
Pensez-vous qu’il soit juste d’affirmer que ces accords contredisent les spéculations sur les relations russo-chinoises, les tentatives d’ingérence extérieure et d’influence sur les relations bilatérales ?
Vladimir Poutine : Franchement, je ne suis même pas sûr de ce dont vous parlez, car je suis occupé par mon travail actuel et j’essaie de ne pas me laisser distraire par des rumeurs ou des spéculations, comme vous l’avez dit.
Ce travail est effectivement en cours depuis longtemps, et nous en discutons également avec nos partenaires depuis longtemps. Plusieurs pistes ont été examinées, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Les négociations ont duré des années. Mais comme nous le savons, l’économie mondiale – malgré la récession dans de nombreux pays, y compris dans les principales économies de l’UE – est en croissance, notamment dans la région Asie-Pacifique.
La demande énergétique est en hausse, notamment en Chine, qui reste l’un des moteurs de l’économie mondiale, avec une croissance supérieure à 5 %. Cette croissance est mesurée par rapport au niveau de référence. Certains affirment que leur taux de croissance du PIB est en baisse. C’est vrai, mais le niveau de référence a augmenté au cours de cette période, et les plus de 5 % observés aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 10 à 15 ans. Quel en est le résultat ? Une demande énergétique accrue.
Les parties aux négociations sont donc enfin parvenues à un consensus. Vous savez, il n’y a pas de charité de part et d’autre. Il s’agit d’accords mutuellement bénéfiques mis en œuvre selon les principes du marché, fondés sur des principes de marché spécifiques à cette région. D’ailleurs, la stratégie de prix de ce produit repose sur une formule spécifique, et non sur les prix actuels. Cette formule est purement objective et dépend des variables du marché.
Par conséquent, la croissance de l’économie chinoise crée des besoins, et nous avons la capacité de fournir les matières premières nécessaires. En fin de compte, cette question n’est pas liée à notre réunion. C’est simplement le fruit de nombreuses années de travail des agents économiques des deux parties.
Cela créera assurément des avantages concurrentiels pour nos amis chinois car, je le répète, ils recevront le produit à des prix de marché équilibrés, et non à des prix gonflés, comme c’est le cas dans la zone euro. Plus important encore, ces approvisionnements sont stables et fiables.
Tout le monde est satisfait et heureux de ce résultat. À vrai dire, je le suis aussi. Après tout, Gazprom est l’une de nos principales entreprises, qui continue d’accéder à de nouveaux marchés. Via la Mongolie, nous disposerons de 50 milliards de mètres cubes de gaz. Nous en avons actuellement 38. S’ajoutent à cela quelques autres routes, qui seront également étendues. Au total, cela représentera plus de 100 milliards de mètres cubes de gaz. Pavel, s’il te plaît.
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Pavel Zarubin : Bonsoir. Pavel Zarubin, chaîne de télévision Rossiya.
Vous évoquez souvent les causes profondes de la crise ukrainienne, et hier vous l’avez également évoqué, notamment l’entrée du pays dans l’OTAN. Or, on constate aujourd’hui que les dirigeants européens, qui annoncent et discutent de certaines « garanties de sécurité » pour l’Ukraine, se concentrent presque exclusivement sur le déploiement de leurs troupes dans le pays, tandis que nombre d’entre eux continuent d’insister sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
Cependant, on constate également que l’Union européenne se transforme rapidement, sous nos yeux, d’une union autrefois économique en une sorte de bloc militaro-politique, avec des décisions et une rhétorique agressives quasi incessantes.
Quel commentaire feriez-vous sur ces évolutions ?
Vladimir Poutine : Je partage l’avis de ceux qui estiment que chaque pays a le droit de choisir son propre système de sécurité. Cela vaut pour tous les États, y compris l’Ukraine. Mais cela signifie également que la sécurité d’une partie ne peut se construire au détriment de celle d’une autre partie – en l’occurrence, la Fédération de Russie.
Nous nous sommes toujours opposés à l’adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Mais nous n’avons jamais remis en question son droit de mener ses activités économiques et commerciales comme elle l’entend, y compris son adhésion à l’Union européenne.
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Alexander Yunashev : Pouvons-nous poursuivre avec l’Ukraine ?
Vladimir Poutine : Oui.
Alexander Yunashev : Alexander Yunashev, Life.
Lorsque les efforts de la Russie et des États-Unis pour parvenir à un règlement pacifique en Ukraine sont évoqués, la formule « garanties de sécurité en échange de territoires » est de plus en plus évoquée. Cela correspond-il à ce que vous avez évoqué avec [le président] Trump en Alaska ?
Et que voulez-vous dire lorsque vous affirmez que la Russie est prête à participer à l’élaboration de ces garanties ? Qui, selon vous, devrait se porter garant ?
Et, si vous me le permettez, une dernière question concernant Zelensky : est-il utile de le rencontrer maintenant, dans les circonstances actuelles ? Est-il possible de parvenir à de véritables accords lors d’une telle rencontre ?
Merci.
Vladimir Poutine : Veuillez répéter la première partie.
Alexander Yunashev : Concernant les efforts américains, des spéculations circulent actuellement sur l’existence d’une formule de « garanties de sécurité en échange de territoires ».
Vladimir Poutine : Non, nous n’avons jamais soulevé la question de cette manière, ni ne l’avons jamais abordée en ces termes.
Les garanties de sécurité sont une nécessité naturelle, comme je le souligne souvent. Nous partons du principe que chaque pays devrait en disposer, un système de sécurité, et l’Ukraine ne fait pas exception. Mais cela n’est lié à aucun échange, notamment de territoires.
À vrai dire, et je tiens à le souligner, nous ne luttons pas tant pour des territoires que pour les droits de l’homme – pour le droit des personnes vivant sur ces territoires à parler leur langue maternelle, à vivre selon leur culture et les traditions transmises par les générations précédentes, par leurs pères, leurs grands-pères, etc. C’est l’essentiel.
Si ces personnes ont exprimé leur volonté d’intégrer la Fédération de Russie dans le cadre de procédures électorales démocratiques, telles que des référendums, ce choix doit être respecté. C’est cela la démocratie. Je tiens à le rappeler à ceux qui l’oublient. De plus, cela est pleinement conforme au droit international. Les tout premiers articles de la Charte des Nations Unies affirment explicitement le droit des peuples à l’autodétermination.
Cependant, nous ne lions pas la question des territoires aux garanties de sécurité. Bien sûr, on peut arguer que ces sujets sont liés, mais nous ne les lions pas directement. Cette question n’a même pas été abordée ainsi lors de la discussion à Anchorage.
Concernant d’éventuelles rencontres avec M. Zelensky, j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises. De manière générale, je n’ai jamais exclu la possibilité d’une telle rencontre. Est-il utile de tenir ces rencontres ? Examinons la question de plus près.
Selon la Constitution ukrainienne – que vous soyez d’accord ou non, il suffit de lire attentivement le texte –, aucune disposition ne prévoit l’extension des pouvoirs du président ukrainien, absolument aucune. Le président est élu pour cinq ans, et cinq ans plus tard, son mandat expire, point final.
Une disposition stipule que les élections ne peuvent avoir lieu sous la loi martiale. C’est exact. Mais cela ne signifie pas que les pouvoirs du président seront étendus. Cela signifie que ses pouvoirs expirent et que son autorité est transférée au président de la Rada, y compris son autorité de commandant en chef suprême.
Que doivent donc faire les autorités en place si elles veulent conserver leur légitimité et participer pleinement au processus de règlement ? Elles doivent d’abord organiser un référendum. Selon la Constitution ukrainienne, les questions territoriales – toutes questions confondues – ne sont tranchées que par référendum, si je me souviens bien. Or, un référendum ne peut être organisé sous la loi martiale, et c’est également une disposition de la Constitution. Par conséquent, pour organiser un référendum, la loi martiale doit être levée. Mais dès sa levée, des élections doivent être organisées. Et ce processus s’éterniserait.
L’issue des élections est incertaine, mais quelle qu’elle soit, une décision correspondante de la Cour constitutionnelle doit être obtenue, comme le prévoit la loi fondamentale. Comment obtenir une décision de la Cour constitutionnelle alors que les autorités ont exigé que cette même Cour constitutionnelle ukrainienne confirme le renouvellement des pouvoirs du président, et qu’elle a refusé de le faire, savez-vous ce qu’elles ont fait en Ukraine ? Cela peut paraître ridicule, mais c’est un fait : les forces de sécurité ont refusé au président de la Cour constitutionnelle l’accès à son lieu de travail.
Voilà, point final. Pas tout à fait, car, à ma connaissance – j’ignore où il se trouve actuellement –, il a quitté le pays à un moment donné. Le mandat de certains membres de la Cour constitutionnelle a expiré ces dernières années. Le quorum n’est pas atteint pour statuer. Par conséquent, rencontrer l’actuel chef de l’administration – c’est le moins qu’on puisse dire – est une voie sans issue.
Si la réunion en question est bien préparée et peut potentiellement aboutir à des résultats positifs, nous pouvons l’organiser, et je n’ai jamais refusé cette idée. D’ailleurs, Donald [Trump] m’a demandé, si possible, d’organiser une telle réunion. Je lui ai dit que c’était possible. Après tout, si Zelensky est prêt, il peut venir à Moscou, et nous aurons une telle réunion.
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Andrei Kolesnikov : Andrei Kolesnikov, Kommersant. Bonsoir.
Pensez-vous que le monde multipolaire, dont vous avez souligné la nécessité dans votre discours de Munich en 2007 – et dont les nouveaux pôles sont apparemment la Russie, l’Inde et la Chine – a enfin pris forme ? Ou y a-t-il encore des objectifs à atteindre ?
Et, si vous me le permettez, une dernière question. Il y a quelques heures à peine, le chancelier allemand Friedrich Merz vous a qualifié, je cite : « peut-être le plus grand criminel de guerre de notre époque ». Qu’en pensez-vous ?
Vladimir Poutine : Quand a-t-il dit cela ?
Andreï Kolesnikov : Il y a deux heures à peine.
Vladimir Poutine : Je vois.
Quant à savoir si le monde multipolaire s’est formé ou non, globalement, ses contours ont certainement pris forme. Cependant, je ne parlerais pas de dominantes dans ce monde multipolaire. La multipolarité ne signifie pas l’émergence de nouveaux hégémons. Personne ne soulève une telle question, ni au sein de l’OCS, ni au sein des BRICS. Tous les acteurs des affaires internationales devraient avoir les mêmes droits et être sur un pied d’égalité, du point de vue du droit international.
Oui, bien sûr, il existe des puissances économiques comme l’Inde et la Chine. D’ailleurs, notre pays figure également parmi les quatre plus grandes économies mondiales en termes de parité de pouvoir d’achat. Telles sont les réalités d’aujourd’hui. Ce ne sont pas nos calculs, mais les données des organisations internationales. Cela ne signifie pas pour autant que quiconque doive dominer, que ce soit en politique ou dans tout autre domaine, y compris celui de la sécurité.
Par conséquent, nous ne partons pas du principe que de nouvelles puissances dominantes devraient apparaître. Tous devraient être sur un pied d’égalité.
Concernant la déclaration que vous venez de mentionner, M. Peskov m’en a parlé il y a quelques minutes. Qu’en penses-je ? J’y vois une tentative infructueuse de rejeter la responsabilité – non pas de lui personnellement, mais de son pays et de l’Occident dans son ensemble – sur la tragédie qui se déroule aujourd’hui en Ukraine.
Qu’est-ce que je veux dire ? Je vous le rappelle : j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises. En 2014, des ministres de trois pays européens se sont rendus à Kiev et ont signé un document qui constituait essentiellement un accord entre le président de l’époque, Ianoukovitch, et l’opposition. Cet accord prévoyait que toutes les questions politiques litigieuses seraient résolues dans le cadre constitutionnel, pacifiquement et légalement.
Pourtant, dès le lendemain, un coup d’État sanglant et violent a eu lieu. Aucun de ces garants n’a levé le petit doigt pour ramener la situation dans le cadre légal. C’est là que le conflit a éclaté. Immédiatement après, la situation en Crimée a commencé, et le régime de Kiev a immédiatement envoyé des véhicules blindés et des avions contre les civils dans les régions d’Ukraine qui n’avaient pas supporté le coup d’État. Par la suite, ils ont saboté toutes nos tentatives de résolution pacifique du problème, même publiquement, en refusant d’appliquer les accords de Minsk.
Alors, qui porte la responsabilité de la tragédie actuelle ? Ceux qui ont conduit la situation à ce point, au mépris total des intérêts légitimes de la Russie en matière de sécurité. Si quelqu’un pense pouvoir traiter le peuple de notre pays avec un tel mépris, il doit comprendre : la Russie ne tolérera jamais une telle chose. Nous ne resterons jamais les bras croisés, à regarder les événements se dérouler sans réagir. Nous ne le permettrons jamais.
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Olga Skabeyeva : Bonsoir. Olga Skabeyeva, chaîne de télévision Rossiya.
Certains en Europe ne cessent de clamer haut et fort, et plus souvent qu’avant, que notre argent – ​​300 milliards de dollars – devrait nous être confisqué et donné à l’Ukraine. Il y a, bien sûr, des vieux de la vieille, qui pensent que ce serait une mesure plutôt inconvenante et lourde de conséquences, mais de plus en plus de gens prônent et promeuvent l’idée du vol. Qu’en pensez-vous ?
J’ai une dernière question importante concernant l’opération militaire spéciale. Monsieur le Président, est-elle susceptible de prendre fin prochainement ? Avez-vous le sentiment que nous sommes sur le point d’y mettre fin ?
Vladimir Poutine : Je commencerai par la deuxième partie, car elle est essentielle.
En 2022, nous avons proposé aux autorités ukrainiennes de respecter le choix des habitants du sud-est de l’Ukraine, de retirer leurs troupes et de mettre fin immédiatement à ce conflit. Certes, cette proposition n’a pas été rejetée d’emblée.
Cependant, après que nous avons, obéissant aux exhortations de nos collègues d’Europe occidentale, retiré nos troupes de Kiev, la situation s’est inversée et on nous a dit presque mot pour mot que désormais nous nous battrions jusqu’à ce que vous nous arrachiez la tête ou que nous vous le fassions. Je ne suis pas sûr de l’avoir jamais dit publiquement, mais cela ressemblait à cela, en termes plus durs, mais assez ouvertement et, curieusement, sur un ton de camaraderie : maintenant, c’est nous ou vous. La situation perdure.
Néanmoins, si le bon sens l’emporte, une solution acceptable pour mettre fin à ce conflit peut être convenue. Je suis convaincu de cela.
D’autant plus que nous constatons l’engagement et la sincère volonté de l’administration américaine actuelle, dirigée par le président Trump, de trouver une solution, et pas seulement de lancer des appels. Je pense qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. Nous verrons bien comment les choses évolueront. Sinon, nous devrons accomplir les tâches qui nous sont assignées par la force.
Olga Skabeyeva : Vous n’avez pas répondu à ma question concernant les tentatives de l’Europe de voler notre argent.
Vladimir Poutine : Nous avons évoqué le vol d’argent à maintes reprises. Je ne pense pas pouvoir ajouter quoi que ce soit. Vous avez dit que certains veulent s’en emparer, d’autres non. Les plus malins ne veulent pas s’en emparer. C’est vrai, et je l’ai dit sans ironie et sans vouloir critiquer les moins malins.
Pourquoi ? Parce que les plus malins qui s’occupent des questions financières et économiques savent que cela ruinerait tous les principes de l’activité économique et financière internationale et, sans aucun doute, dévasterait l’économie et la finance mondiales.
Car même maintenant, des alliances se forment dans de nombreux pays du monde qui tentent de mettre en œuvre leurs propres plans de croissance économique dans des régions individuelles, et dans ce cas, un tel séparatisme économique ne fera que s’intensifier, et l’ordre financier et économique mondial global sera détruit.
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Konstantin Kokoveshnikov : Puis-je vous poser une question sur l’opération militaire spéciale ?
Vladimir Poutine : À propos de l’opération militaire spéciale ? Allez-y, s’il vous plaît.
Konstantin Kokoveshnikov : Bonjour. Konstantin Kokoveshnikov, Zvezda TV.
Pourriez-vous nous faire part des dernières informations sur la situation dans la zone d’opérations militaires spéciales ? Quels rapports, si ce n’est pas un secret, recevez-vous des commandants de front ? Et globalement, dans quelle mesure la situation sur le champ de bataille a-t-elle évolué récemment ?
Vladimir Poutine : Tous les groupes des forces armées russes avancent dans toutes les directions. Ils avancent avec succès, à des rythmes différents, mais pratiquement dans toutes les directions ; je ne les citerai pas. Puisque vous représentez Zvezda TV, vous connaissez les noms de ces groupes et les zones de leurs opérations de combat.
Comment réagit l’ennemi ? On voit qu’il tente de « boucher les trous », pour ainsi dire, en transférant les unités les plus performantes d’un secteur difficile à un autre, qu’il considère comme plus critique. Par exemple, si je me souviens bien – il faudrait vérifier, car nous sommes à Pékin et non à Moscou –, la 95e brigade a récemment été transférée de la direction de Soumy vers un autre secteur.
Est-ce que cela signifie que c’est plus facile pour eux dans la région de Soumy ? Non. Ils ont simplement remplacé la 95e brigade par une unité moins prête au combat, envoyant la meilleure formation là où ils la jugeaient plus importante. Et cela se produit tout au long de la ligne de contact. Bien sûr, nous ne pouvons pas relâcher nos efforts, car cela pourrait indiquer des préparatifs pour constituer des réserves quelque part en vue d’actions de plus grande envergure.
Cependant, une analyse préliminaire de nos spécialistes militaires montre que les forces armées ukrainiennes ne disposent pas actuellement de telles capacités. Elles ne sont pas en mesure de mener des opérations offensives de grande envergure et se concentrent uniquement sur le maintien de leurs lignes existantes, exactement comme je viens de le décrire.
Ce n’est pas un cas isolé : cela se produit sur la quasi-totalité de la ligne de contact. Cela illustre ce que nous et les experts occidentaux avons constaté : les forces armées ukrainiennes épuisent de plus en plus leurs réserves, leurs unités prêtes au combat n’étant dotées que de 47 à 48 % de leurs effectifs. Leur situation est déjà critique.
Néanmoins, les opérations de combat restent difficiles et cruelles. Il convient donc de s’abstenir de toute prédiction. Mais l’analyse est la même que celle que je viens de présenter.
S’il vous plaît.
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Igor Zhdanov : Bonsoir. Igor Zhdanov, RT.
Monsieur le Président, revenons à l’Alaska. Vous avez commencé à discuter avec le président américain Donald Trump dès votre arrivée, littéralement sur le tapis rouge. Puis, après avoir pris des photos, vous êtes monté dans une voiture avec lui et avez poursuivi la conversation. Pourriez-vous nous dire de quoi vous avez parlé et quelle langue vous avez parlé ? Quelques détails de cet échange, peut-être. Merci.
Vladimir Poutine : Bien sûr, nous avons parlé anglais, mais un anglais plus approximatif : c’est juste le peu de vocabulaire qui me reste. Au tout début, j’ai dit ce que j’avais déjà mentionné lors de la conférence de presse : « Je suis très heureux de vous voir, cher voisin, en bonne santé et vivant.»
Et pendant le trajet en limousine – le trajet a duré 30 secondes – nous n’avons échangé que des phrases générales. C’est tout.
Remarque : Vous avez discuté avec le Premier ministre Modi pendant une heure en voiture.
Vladimir Poutine : Oui. Il n’y a pas de secret. Je lui ai parlé des discussions en Alaska.
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Nikola Ivanov : Une question culturelle.
Vladimir Poutine : Tout le monde ici est cultivé ; Il n’y a pas d’inculte parmi nous.
Nikolaï Ivanov : Outre l’économie et l’énergie, nos liens avec la Chine sont également culturels. La sortie du film coproduit « Soie rouge » est un événement culturel marquant de l’année. Vous en avez parlé à Xi Jinping lors de sa visite à Moscou en mai et lors d’une interview avec l’agence Xinhua. Y aura-t-il d’autres projets de ce type ?
Si vous avez eu l’occasion de voir le film, pourriez-vous partager vos impressions ? Merci.
Vladimir Poutine : L’idée est venue du président Xi Jinping. Lors d’un événement conjoint, je lui ai fait remarquer que nos cinéastes ont du mal à pénétrer le marché chinois. Il m’a adressé un sourire narquois et m’a dit : « Faisons des films ensemble, et le marché s’ouvrira.»
C’est vrai. « Soie rouge » est le premier projet de ce type. Je ne l’ai pas vu, mais je sais qu’il sera présenté ici demain, ou après-demain. On me dit que le film est populaire et apprécié. Bien sûr, nous avons d’autres projets. Si cela vous intéresse, vous pouvez vous adresser à la ministre de la Culture, Olga Lioubimova. Elle vous en dira plus sur les projets.
À ma connaissance, d’autres coproductions sont en cours. C’est vraiment la voie à suivre pour accéder à l’immense et attractif marché chinois.
Je vous en prie.
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Anastasiya Savinykh : Monsieur le Président, si vous me le permettez, restons-en au cinéma. Un film est sorti en Occident avec vous dans le rôle principal. Il s’intitule « Le Magicien du Kremlin ». L’avez-vous vu ? Vous a-t-on montré des images ? Au fait, l’acteur britannique Jude Law vous a joué dans ce film. L’avez-vous rencontré ?
Vladimir Poutine : Non, je n’ai pas vu ce film. C’est la première fois que j’en entends parler. Je ne peux rien en dire, car je ne l’ai pas vu.
Anastasiya Savinykh : Si vous me le permettez, je vais aborder un autre sujet. Vous venez d’aborder la question de la santé. Des images ont été diffusées par hasard aujourd’hui, où vous et le président Xi discutez d’âge, d’immortalité et de transplantation d’organes.
Vladimir Poutine : Je n’y ai pas prêté attention. Et alors ?
Anastasiya Savinykh : Pensez-vous vraiment qu’on puisse vivre jusqu’à 150 ans et plus ?
Vladimir Poutine : Ah, je comprends. Le président l’a mentionné en se rendant au défilé. Oui, M. Berlusconi était un fervent défenseur de ce sujet à son époque.
Les dernières techniques d’amélioration de la santé et les moyens médicaux, ainsi que toutes sortes d’interventions chirurgicales, y compris la transplantation d’organes, donnent à l’humanité l’espoir d’une vie active plus longue qu’aujourd’hui, même si l’âge moyen varie selon les pays, mais l’espérance de vie augmentera néanmoins considérablement.
Vous savez, je ne suis pas sûr de l’année, mais les données de l’ONU montrent que d’ici 2050, il faudrait que je vérifie l’année, mais d’ici cette année, je pense qu’il y aura plus de personnes de plus de 65 ans sur la planète que d’enfants de cinq et six ans. Cela aura des conséquences sociales, politiques et économiques. Nous devrions certainement garder cela à l’esprit lorsque nous parlons d’espérance de vie.
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Roman Sobol : Monsieur le Président, puis-je poser une question sur le programme ? Merci.
Pour en revenir au sujet et au programme de votre visite : ce sommet de l’OCS est probablement le plus important de l’histoire de l’organisation. Quel rôle joue-t-elle dans le monde actuel en proie à des turbulences ? L’OCS sera-t-elle en mesure de devenir une sorte d’union politique capable de contrer plus efficacement les menaces occidentales ? Merci.
Vladimir Poutine : L’OCS n’a pas vocation à affronter qui que ce soit. Nous ne nous fixons pas une telle mission. Je voudrais également attirer votre attention sur le fait que, lors des discussions et des réunions bilatérales, jamais, pas une seule fois au cours de ces quatre jours, aucun élément susceptible d’être qualifié de conflictuel n’a surgi.
Nous sommes tous concentrés sur le travail, et surtout sur le travail entre nous, avec une approche constructive et positive. Nous ne cherchons pas à surpasser quelqu’un, ni à obtenir des résultats dans un esprit de compétition. Non. Nous nous concentrons sur la manière d’organiser au mieux notre propre coopération et d’obtenir des résultats positifs en unissant nos efforts.
Telle est la philosophie de l’OCS.
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Igor Baldin : Puis-je poser une question connexe ?
Vladimir Poutine : Oui, s’il vous plaît.
Igor Baldin : Monsieur le Président, l’Europe prépare actuellement le 19e train de sanctions et menace non pas la Russie, mais ses partenaires. Comment percevons-nous cette situation ? Vous avez discuté avec de nombreux membres et partenaires de l’OCS qui pourraient être gravement touchés, notamment l’Inde et la Chine. Qu’en pensent-ils ? Comment pouvons-nous réagir ? Et qui, selon vous, en souffrira le plus ?
Vladimir Poutine : Vous savez, curieusement, nous avons largement évité cette question. Pourquoi ? Franchement, cela ne nous concerne pas beaucoup. Les événements en Ukraine ne servent que de prétexte pour résoudre des problèmes économiques avec certains pays dont les liens et les avantages économiques ne conviennent pas à certains.
Par exemple, il existe bel et bien un déséquilibre commercial entre les États-Unis et l’Inde, ou entre les États-Unis et la Chine. Mais il n’existe aucun déséquilibre de ce type dans les relations économiques entre le Brésil et les États-Unis.
La date limite était fixée au 8 août, et le 6 août, des droits de douane supplémentaires avaient déjà été imposés au Brésil. Quel est le lien avec l’Ukraine ? On a fait référence à l’Ukraine, mais quel est le lien ? Aucun. Les véritables problèmes se situent ailleurs : dans la politique intérieure, notamment les tensions entre les autorités actuelles et l’ancien président Bolsonaro. Encore une fois, quel est le lien avec l’Ukraine ? Absolument rien. C’est mon premier point.
Il y a effectivement des problèmes et des déséquilibres commerciaux. Nous pensons qu’il est nécessaire de les aborder lors des négociations. Nous venons de mener des consultations très longues et approfondies avec certains de nos partenaires. Je n’en parlerai pas maintenant. Avec certains d’entre eux, nous avons des déséquilibres qui ne jouent pas en notre faveur.
Quel est notre objectif ? Nous voulons parvenir à un accord avec nos partenaires sur ce qu’ils pourraient nous fournir et ce que nous pourrions leur fournir, et trouver des solutions grâce à un travail conjoint. Et d’ailleurs, nous y parvenons. Chez l’un de nos partenaires, les approvisionnements sur notre marché sont trois fois supérieurs aux nôtres. Trois fois plus importants. Et alors ? Nous restons patients et continuons de chercher une solution.
Deuxièmement, après tout, des pays comme l’Inde (près de 1,5 milliard d’habitants) et la Chine (1,3 milliard d’habitants) jouissent d’économies puissantes et vivent selon leurs propres lois politiques. Vous savez, quand des gens de l’extérieur disent : « Nous allons vous compliquer la vie et vous punir… » Comment les dirigeants de ces pays – de grandes puissances économiques qui ont traversé des périodes très difficiles de leur histoire, des périodes de colonialisme et d’atteintes à leur souveraineté sur une longue période – sont-ils censés réagir ?
Si l’un d’entre eux fléchit, sa carrière politique sera terminée, tout comme l’époque coloniale. Parler à de tels partenaires sur un tel ton est inacceptable. Je pense que tout finira par rentrer dans l’ordre et que le dialogue économique reviendra à la normale.
Dmitri Peskov : Dernière question, s’il vous plaît.
Vladimir Poutine : Laissez ces dames poser leur question sur les négociations. De quelles négociations s’agit-il précisément ? Nous en avons eu un certain nombre.
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Olga Matveyeva : Vous avez dit être prête à élever le niveau du groupe de négociation dans les contacts avec l’Ukraine. Qui pourrait-il être ? Sergueï Lavrov, votre conseiller, M. Ouchakov, ou le ministre de la Défense Beloussov ?
Êtes-vous satisfait des résultats des discussions du groupe précédent, notamment de la prestation de Medinsky ? Merci.
Vladimir Poutine : Je suis satisfait de la performance de Medinsky. Si le besoin s’avérait de porter les négociations au niveau politique, nous sommes prêts à nous engager. Je n’entrerai pas dans les détails ni ne citerai de noms précis, mais nous sommes prêts à les porter à un niveau politique véritablement élevé. Le résultat est important.
Ce que fait actuellement notre groupe de négociation, dirigé par mon assistant, Vladimir Medinsky, est un bon exemple de retenue et de professionnalisme.
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Gleb Ivanov : Puis-je vous interroger sur un autre assistant ?
Vladimir Poutine : Pourquoi ne pas lui poser la question ?
Gleb Ivanov : Je souhaite vous parler du travail de Steve Witkoff.
Le fait est qu’il est actuellement la cible de vives critiques de la part des médias et des politiciens occidentaux. On l’accuse de vous avoir mal compris lors des négociations, d’avoir mal communiqué au président Trump le contenu de ses négociations avec vous et d’être trop favorable à la Russie. Comment jugez-vous son travail ? Merci.
Vladimir Poutine : Il ne m’appartient pas d’évaluer le travail de l’assistant du président américain. Cette tâche incombe à son employeur, le président Trump.
Je suis absolument convaincu que M. Witkoff transmet, lors de ses contacts avec moi et les autres membres de l’équipe russe, la position du président américain et de personne d’autre. Nos entretiens à Anchorage ont montré – et le contexte l’a clairement démontré – qu’il transmet au président Trump la position de la partie russe de manière tout à fait correcte.
Et le fait qu’il transmette cette position, celle des dirigeants américains, avec précision et impartialité m’est apparu clairement lors de la discussion à Anchorage. Cela s’explique par le fait que ce que nous avions discuté avec M. Witkoff a été réaffirmé intégralement devant le président Trump, et il a objecté que telle était sa position.
Certes, les questions sont nombreuses et complexes. Pourtant, je pense que les critiques contre M. Witkoff sont formulées par ceux qui n’apprécient pas cette position, mais qui n’apprécient pas non plus celle de M. Trump, c’est la raison.
Les approches de règlement peuvent être différentes. Certains affirment que la lutte doit se poursuivre jusqu’au dernier Ukrainien, tandis que certains Européens tentent de présenter la situation sous un jour plus juste. Mais d’autres, comme l’administration américaine actuelle et le président lui-même, tentent de trouver une solution, par des moyens pacifiques. Or, aujourd’hui, le premier camp, celui de la guerre, attaque systématiquement l’autre, celui de la paix, et tout le reste n’est que spéculations et insinuations, tentatives pour consolider sa position, rien de plus.
Allez-y, s’il vous plaît.
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Yelena Mukhametshina : Aujourd’hui, avant même le début du défilé, le président Trump a déclaré : « De nombreux Américains sont morts dans la quête de victoire et de gloire de la Chine. J’espère qu’ils seront honorés à leur juste valeur et que l’on se souviendra de leur courage et de leur sacrifice.» Et il a écrit, sarcastiquement ou non : « Veuillez transmettre mes plus chaleureuses salutations à Vladimir Poutine et à Kim Jong-un, qui conspirent contre les États-Unis d’Amérique.» Que pouvez-vous dire à ce sujet ?
Vladimir Poutine : Le président des États-Unis a le sens de l’humour. C’est évident, et tout le monde le sait. Je m’entends très bien avec lui. Nous nous appelons par nos prénoms.
Je peux vous le dire, et j’espère qu’il m’entendra aussi : aussi étrange que cela puisse paraître, au cours de ces quatre jours, lors des discussions les plus diverses, dans des cadres informels et formels, personne n’a jamais émis de jugement négatif sur l’administration américaine actuelle. C’est mon premier point.
Deuxièmement, tous mes interlocuteurs sans exception – je tiens à le souligner – ont tous soutenu la réunion d’Anchorage. Chacun d’entre eux. Et tous ont exprimé l’espoir que la position du président Trump, celle de la Russie et des autres participants aux négociations mettrait fin au conflit armé. Je le dis avec le plus grand sérieux, sans ironie.
Puisque je le dis publiquement, le monde entier le verra et l’entendra, et c’est la meilleure garantie que je dis la vérité. Pourquoi ? Car les personnes avec qui j’ai discuté pendant quatre jours l’entendront et diront sans aucun doute : « Oui, c’est vrai. » Je n’aurais jamais dit cela autrement, car je me serais alors mis dans une position délicate face à mes amis, alliés et partenaires stratégiques. Tout s’est déroulé exactement comme je l’ai dit.
Je voudrais revenir sur ce que j’ai dit à votre collègue à ma droite. Les activités de l’OCS et de nos partenaires, y compris stratégiques, ne visent pas à contrarier qui que ce soit. Elles visent à trouver les meilleurs moyens de nous développer, de développer nos pays, nos peuples et nos économies.
Je vous en prie.
16
Olga Samsonova : Olga Samsonova, RIA Novosti. Monsieur le Président, nous avons entendu toutes sortes de déclarations concernant la Russie en provenance de Bakou ces derniers temps. Nous aimerions connaître votre évaluation de l’état actuel des relations entre nos pays. Que s’est-il passé entre nos deux pays et comment pouvons-nous reprendre le dialogue ? Merci.
Vladimir Poutine : Vous avez dit que vous aviez une question et vous en avez posé quatre. Puis-je vous donner des réponses brèves ? ​​Des problèmes surgissent inévitablement entre les pays en raison de l’évolution de la situation politique.
Il y a des problèmes. Aujourd’hui, le président Aliyev et moi nous sommes salués. Je l’ai salué, lui et son épouse, et nous avons eu un bref échange. Je pense que les relations fondamentales entre l’Azerbaïdjan et la Russie et l’intérêt mutuel à les promouvoir finiront par arranger les choses.
S’il vous plaît, au sujet des militaires.
17
Valentin Alfimov : Valentin Alfimov, Komsomolskaïa Pravda.
Monsieur le Président, nous avons beaucoup parlé aujourd’hui de la paix en Ukraine et des accords entre les pays, des propositions européennes et des craintes des Ukrainiens. Je pense que nous n’avons pas abordé le sujet le plus important.
Vladimir Poutine : Chacun d’entre vous abordera le plus important.
Vladimir Alfimov : Vous recevez régulièrement des rapports du champ de bataille, et nous savons que vous communiquez régulièrement avec les commandants et les militaires dans les tranchées. Que disent-ils de la paix ? Sont-ils prêts à accepter un cessez-le-feu, ces accords, ou insistent-ils pour se battre jusqu’au bout, jusqu’à la victoire ?
Vladimir Poutine : L’écrasante majorité d’entre eux, je tiens à le souligner, l’écrasante majorité d’entre eux sont favorables à ce que la Russie atteigne tous les objectifs fixés au début de l’opération militaire spéciale. Tout le reste est secondaire.
Comment ? Il est préférable, bien sûr, d’y parvenir par des moyens pacifiques. Nous l’avons proposé à plusieurs reprises à la partie adverse. Voyons comment ce processus se déroule, notamment avec l’aide de l’administration [Trump] actuelle. Poursuivez.
Dmitri Peskov : Monsieur le Président, cela pourrait durer longtemps.
Vladimir Poutine : Non, nous sommes sur le point de terminer. Poursuivez.
18
Alyona Nefedova : Monsieur le Président, Alyona Nefedova, journal Izvestia.
Lors du sommet d’Anchorage, vous avez invité Donald Trump à se rendre à Moscou et à y tenir une réunion. Les préparatifs de cette rencontre sont-ils en cours ? Des accords ont-ils déjà été conclus, et peut-être même le calendrier approximatif de la rencontre est-il connu ?
Vladimir Poutine : Les dates sont inconnues et aucun préparatif n’est en cours, mais l’invitation est sur la table.
Veuillez poursuivre.
19
Lioudmila Alexandrova : Lioudmila Alexandrova, Moskovsky Komsomolets. Vous affirmez que la Russie et la Chine prônent un ordre mondial juste, fondé sur la majorité mondiale. Pourriez-vous nous expliquer ce qui, selon vous, est injuste dans le système mondial actuel et quels mécanismes pourraient être utilisés pour y remédier ?
Vladimir Poutine : De toute évidence, c’est le monde unipolaire qui est injuste.
Le fait est que nous nous réunissons et construisons nos relations non pas sur la base de la majorité, c’est-à-dire non pas sur la quantité, mais sur une idée, nous construisons notre interaction sur la base de considérations idéologiques.
L’idée – je l’ai évoquée plus tôt – est que le monde doit être multipolaire, c’est-à-dire que tous les participants à la communication internationale doivent être égaux, et que l’égalité ne doit pas exister, et que le monde unipolaire doit cesser d’exister, y compris dans l’intérêt de ceux, du moins dans l’intérêt des peuples des pays dont les dirigeants continuent de soutenir ce système moribond et, pourrait-on même, déjà obsolète.
Concluons. Merci beaucoup.

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