4793 – Russie – La journée du 21 Février 2022 avec S.Lavrov… Guerre ??

1/Allocution d’ouverture du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés Faisal Mekdad, Moscou, 21 février 2022 15h50
2/Allocution du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la conférence du Club de discussion Valdaï La Russie et le Moyen-Orient : Rapprochement stratégique et entrelacement des intérêts, Moscou, 21 février 2022 – 15h51
3/Déclaration du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et réponses aux questions des médias lors d’une conférence de presse conjointe à l’issue des entretiens avec le Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés Faisal Mekdad, Moscou, 21 février 2022 18h40
4/Commentaire de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova sur la lettre du représentant des États-Unis auprès de l’Office des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme alléguant que la Russie prévoit des représailles contre des personnes indésirables en Ukraine à la suite de son « occupation » – 21 février 2022 20h50
5/Allocution et réponses du Ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la réunion du Conseil de sécurité, Moscou, 21 février 2022 21H55

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1/Allocution d’ouverture du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés Faisal Mekdad – Moscou – 21 février 2022 – 15h50

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Ministre Mekdad, cher ami,
Chers Amis.

Nous sommes heureux de vous accueillir lors de cette visite en Fédération de Russie.

La situation dans le monde évolue rapidement. Cela concerne l’Afrique du Nord, y compris la colonie syrienne.
À mon grand regret, nos efforts conjoints pour mettre en œuvre la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies ont été affectés par les tensions exacerbées par nos collègues qui semblent tenter de créer une confrontation presque imparable entre la Fédération de Russie et l’alliance occidentale.
Il ne fait aucun doute que nous ne permettrons pas que ces tentatives compromettent notre capacité à obtenir des résultats spécifiques ou nuisent au développement des relations stratégiques les plus étroites entre la Russie et la République arabe syrienne, ainsi qu’à nos efforts pour parvenir à une paix juste fondée sur le renforcement la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de votre pays.
Nos présidents déterminent pour nous les objectifs, confirmés par leur dernier accord en septembre dernier.

Je suis certain qu’aujourd’hui nous aurons une discussion constructive sur la manière d’aller de l’avant avec ces objectifs.


https://mid.ru/en/foreign_policy/news/1799713/

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2/Allocution du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la conférence du Club de discussion Valdaï La Russie et le Moyen-Orient – Rapprochement stratégique et entrelacement des intérêts – Moscou – 21 février 2022 – 15h51

Chers Collègues, Chers amis,
Je suis ravi de m’adresser aux participants de la Conférence Moyen-Orient du Club de Discussion Valdai. C’est bien que la conférence se tienne hors ligne malgré la situation épidémiologique compliquée. Tout d’abord, je tiens à remercier les organisateurs de la conférence Andrey Bystritsky, président du conseil d’administration de la Fondation pour le développement et le soutien du club de discussion Valdai, et Vitaly Naumkin, membre titulaire de l’Académie russe des sciences et directeur académique de l’Institut d’études orientales de l’Académie.
En ce qui concerne le thème de cette conférence, je voudrais dire que les priorités de la Russie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord n’ont pas changé depuis de nombreuses années. Notre priorité est de créer les conditions qui renforceront davantage les liens multiformes et mutuellement bénéfiques de la Russie avec les pays de la région sur la base de l’égalité. Tout en travaillant à cet objectif, nous avons agi dans le strict respect du droit international, y compris le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Nous respectons également le droit des nations régionales de choisir librement leurs voies de développement politique et socio-économique.

Je crois que c’est la raison pour laquelle notre pays est respecté au Moyen-Orient en tant que partenaire international fiable et prévisible, et c’est ce qui ressort de notre dialogue politique intensif aux niveaux les plus élevés, ainsi que de la croissance constante de notre coopération commerciale et économique avec de nombreux États du Moyen-Orient.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au cours des 11 premiers mois de l’année dernière, les échanges commerciaux entre la Russie et les Émirats arabes unis ont augmenté de plus de 78 % pour atteindre 4,5 milliards de dollars, ce qui constitue un nouveau record historique. Notre commerce avec le Qatar a augmenté de 52 %, tandis que notre commerce avec l’Arabie saoudite a augmenté de 38 % et avec Bahreïn de plus de 37 %.
Je voudrais souligner en particulier la tendance à la croissance constante de la coopération pratique avec l’Égypte, notre principal partenaire commercial et économique dans la région. La construction de la première centrale nucléaire d’Afrique selon la technologie russe, El Dabaa, va bientôt commencer. Un projet de création du cluster industriel russe dans la zone économique du canal de Suez est en phase finale de coordination.
Nous travaillons en étroite collaboration avec nos amis du Moyen-Orient pour réduire les effets négatifs du coronavirus. Une douzaine de pays de la région ont enregistré le vaccin russe Spoutnik V. Plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord sont à un stade avancé de négociation pour sa production locale.
Malheureusement, les crises et les conflits en cours entravent sérieusement le potentiel considérable de la coopération russo-arabe. Dans ce contexte, je voudrais dire quelques mots sur notre approche de principe des problèmes régionaux les plus complexes.
L’une des priorités claires de la Russie est de promouvoir un règlement global en Syrie. À notre avis, une normalisation durable à ce stade devrait être assurée avant tout par des mesures socio-économiques. Les objectifs prioritaires comprennent la création de conditions favorables au rapatriement librement consenti de millions de réfugiés syriens.
Il est évident que des efforts concertés et collectifs sont nécessaires pour lancer la relance post-conflit, en premier lieu, l’utilisation des capacités du monde arabe, dont la Syrie fait partie intégrante. Je voudrais souligner que la résolution 2585 du Conseil de sécurité des Nations unies sur l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire offre des opportunités supplémentaires pour fournir une aide humanitaire multiforme aux Syriens, y compris dans le cadre des projets de relèvement rapide. Nous considérons le lancement du projet de transport d’électricité de la Jordanie vers le Liban et d’acheminement du gaz naturel d’Égypte via la Syrie comme des exemples positifs du soutien général au renforcement des liens économiques de Damas avec les voisins arabes. Nous espérons que cette tendance positive conduira au rétablissement de la Syrie comme membre à part entière de la Ligue arabe dans un proche avenir.
En ce qui concerne l’aspect politique d’un règlement, nous soulignons les activités du Comité constitutionnel à Genève conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU. Nous avons l’intention de travailler de manière cohérente avec les parties syriennes et l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, pour veiller à ce que ses sessions soient constructives et régulières. Je voudrais souligner la grande contribution apportée à cet égard par l’académicien Vitaly Naumkin, qui apporte son soutien aux travaux du comité en tant que membre de l’équipe de l’envoyé spécial.
Le format d’Astana reste le mécanisme le plus efficace de soutien international au processus de règlement syrien. Nous continuerons à travailler conjointement avec nos partenaires turcs et iraniens dans son cadre. En décembre 2021, la 17e Rencontre internationale sur la Syrie s’est tenue à Nur-Sultan. A l’initiative de nos partenaires turcs, nous reverrons prochainement nos positions au niveau ministériel.
Comme vous le savez, le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad est à Moscou pour une visite de travail. Il a bien voulu accepter de prononcer son allocution lors de cette conférence. Vous pourrez les entendre demain.
Quelques mots sur la Libye. La plus grande réussite à ce jour est que des hostilités actives n’y ont pas été menées depuis plus d’un an. Au cours de cette période, des changements positifs majeurs ont eu lieu dans le pays. Les Libyens, activement soutenus par la communauté internationale, surmontent progressivement la méfiance qui s’est accumulée pendant la période de troubles, et ils apprennent à s’entendre et à rechercher des compromis. Les autorités intérimaires unifiées ont été créées en 2021. L’unification des agences gouvernementales et des institutions financières et économiques est en cours.
Nous entretenons des liens stables et équilibrés avec les principales forces politiques de l’ouest, de l’est et du sud du pays. Nous travaillons au niveau bilatéral et sur la scène internationale pour encourager les responsables politiques libyens à mener un dialogue constructif et à rechercher des solutions de compromis. Nous espérons que le report des élections générales, qui devaient se tenir fin décembre, ne provoquera pas une nouvelle escalade militaro-politique et ne mettra pas le processus politique en suspens.
Un autre domaine de nos activités concerne la création des conditions de maintien de la sécurité dans le golfe Persique. Dans cette optique, nous avons travaillé avec nos partenaires arabes et iraniens pour mettre à jour le concept russe de sécurité collective pour la région du golfe Persique en 2021. En août 2021, il a été diffusé en tant que document officiel du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies et soumis pour examen aux dirigeants des États du Golfe
La version mise à jour du Concept est axée sur l’adoption d’un plan d’action conjoint à long terme pour renforcer la stabilité régionale. Il prévoit d’établir des mécanismes de règlement des différends et des conflits et de définir les principaux paramètres de la future architecture de l’interaction interétatique dans la région du golfe Persique. Le projet préparé par la Russie stipule également le développement de la coordination militaro-politique multilatérale et des liens économiques, humanitaires, environnementaux et autres.
Lors de la 2e réunion internationale d’experts qui s’est tenue à l’Institut d’études orientales de Moscou les 15 et 16 novembre 2021, des représentants d’ONG et de communautés universitaires ont tenu une discussion approfondie sur le concept. Ils ont décidé de poursuivre l’échange de vues dans le cadre d’un groupe spécial de contact officieux. Nous restons ouverts au dialogue avec toutes les parties intéressées.
Et enfin, la paix au Moyen-Orient ne peut être réalisée sans régler le long conflit palestino-israélien. Je suis convaincu qu’il ne faut pas perdre espoir malgré la grande complexité du problème. Nous devons saisir toutes les occasions qui se présentent pour relancer le processus de paix. Nous pensons que les efforts multilatéraux doivent être stimulés, y compris sous la forme du Quatuor de médiateurs internationaux pour le Moyen-Orient. Leur mission devrait être de créer les conditions pour relancer au plus vite des pourparlers directs entre Palestiniens et Israéliens sur la base du droit international.

Chers Collègues,

Le temps imparti m’empêche de parler de toutes les questions d’actualité qui méritent qu’on s’y attarde au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Je fais référence au conflit récurrent au Yémen et aux turbulences politiques internes au Soudan, au Liban, en Irak et dans plusieurs autres pays.

Pour conclure mon allocution, je voudrais souligner que la diplomatie russe continuera à œuvrer pour faire du Moyen-Orient une région de sécurité, de stabilité et de prospérité. Nous continuerons à fournir une assistance afin de surmonter les crises et contribuerons, dans la mesure de nos moyens, au relèvement post-conflit des pays touchés.
Je sais que le haut professionnalisme des participants à la conférence garantit des discussions franches et approfondies sur toutes les questions d’actualité. Je vous souhaite des discussions fructueuses

https://mid.ru/en/foreign_policy/news/1799719/

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3/Déclaration du Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et réponses aux questions des médias lors d’une conférence de presse conjointe à l’issue des entretiens avec le Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés Faisal Mekdad – Moscou – 21 février 2022 – 18h40

Mesdames et Messieurs,
Au cours de nos entretiens, nous nous sommes concentrés sur les étapes pour parvenir à un règlement global en Syrie sur la base solide de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous partons du principe qu’il est nécessaire de construire un dialogue intra-syrien constructif, principalement au sein de la Constitution Comité. Cela doit être fait de manière cohérente, sans distraction des petits détails. Il est important de se concentrer sur la priorité – une conversation directe entre les délégations syriennes, les encourageant à parvenir à un accord sur la réforme constitutionnelle, sans ingérence extérieure ni délais artificiels.
Il est important que le Comité constitutionnel fonctionne de manière cohérente, sans interruptions artificielles. Le comité doit se réunir régulièrement, ainsi que la commission de rédaction. La reprogrammation fréquente (qui s’est produite récemment) dans le but de perfectionner la méthodologie de ces sessions ne nous aide clairement pas à avancer. Telle sera notre position lorsque, dans quelques jours, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir O. Pedersen, se rendra à Moscou.
Nous avons noté l’importance du format d’Astana – un mécanisme dans lequel la Russie, l’Iran et la Turquie ont développé un processus de soutien aux pourparlers intra-syriens et l’utilisent pour stimuler le dialogue. En décembre 2021, la 17e réunion au format Astana a eu lieu au niveau des représentants spéciaux à Nur-Sultan. J’espère que le mois prochain nous pourrons organiser des événements importants impliquant cette troïka.
Nous avons discuté de la grave situation humanitaire en Syrie. Nous convenons qu’à ce stade, l’assistance internationale à Damas aux fins de relèvement post-conflit, y compris, en plus de la réponse humanitaire, la mise en œuvre de projets de reconstruction rapide des infrastructures socio-économiques, comme l’exige la résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies La résolution 2585 est de la plus haute importance.
Nous avons fermement condamné les sanctions occidentales unilatérales illégales contre la Syrie, qui infligent encore plus de souffrances au peuple syrien. Ces restrictions, en particulier au milieu de la pandémie, ne sont pas naturelles. Nous avons réaffirmé notre engagement à poursuivre nos efforts, et ceux de nos partenaires partageant les mêmes idées, pour mobiliser l’aide de la communauté internationale en vue du retour des réfugiés syriens dans leurs foyers. Nous voyons comment ce processus est artificiellement entravé par les pays occidentaux.
Nous avons discuté de nos plans conjoints de coopération bilatérale et exprimé de vives inquiétudes quant à la menace terroriste émanant des régions du pays qui ne sont pas contrôlées par le gouvernement. Une attaque effrontée par des militants de l’État islamique contre une prison dans la ville d’Al-Hasakah en janvier est une illustration graphique de la détérioration de la situation sécuritaire dans la région de Trans-Euphrate.
Pour que l’État syrien soit en mesure de repousser plus efficacement la menace terroriste, il est important non seulement d’aider à renforcer les capacités des forces syriennes, mais aussi d’arrêter ce que nous voyons régulièrement, à savoir les frappes israéliennes en cours contre des cibles dans Syrie. Nous condamnons ces actions qui violent les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et peuvent également provoquer une escalade soudaine de la situation dans toute la région.
Nous avons évoqué le retour de la Syrie dans la famille des États arabes et noté que ce processus gagne du terrain. J’espère que les efforts actifs de Damas pour normaliser les relations avec ses voisins arabes créeront des conditions propices à la reprise, dans un proche avenir, de la participation à part entière de la Syrie à la Ligue des États arabes.
Nous avons couvert d’autres points urgents des agendas régionaux et mondiaux. J’ai partagé avec mon collègue syrien nos évaluations des développements actuels sur la scène internationale. Nos homologues nous ont assuré que Damas soutient pleinement la politique constante de la Russie de protéger ses intérêts légitimes dans le cadre de la consolidation du rôle du droit international dans les affaires internationales.
Nous sommes unis pour défendre la nécessité de respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États et la garantie de l’égalité souveraine des États. Cela implique un respect inébranlable du principe fondamental de sécurité égale et indivisible selon lequel personne, où que ce soit sur notre planète, ne devrait améliorer sa propre sécurité au détriment de la sécurité des autres.
Nous avons parlé en détail de la coopération bilatérale dans les domaines de l’économie, de la culture et de l’éducation, de l’interaction entre l’industrie militaire et de la défense et des contacts interpersonnels. Nous avons réaffirmé l’engagement des deux pays à élargir davantage cette coopération, notamment grâce aux efforts énergiques de la Commission intergouvernementale pour la coopération dans le commerce, l’économie, la science et la technologie.
Question (aux deux ministres) : Aujourd’hui, vous avez parlé de la condamnation des actions agressives d’Israël liées à son attaque contre la Syrie. Des actions comme celles-ci aident les terroristes, compte tenu de l’occupation continue de notre territoire par les Américains, les Turcs et les Israéliens. Quels outils peuvent être utilisés pour arrêter Israël ?

Sergueï Lavrov : Nous avons une position cohérente sur cette question et pensons que les attaques contre la Syrie qu’Israël continue de mener non seulement violent la résolution [pertinente] du Conseil de sécurité de l’ONU, mais sapent également la capacité de la Syrie à faire face aux menaces terroristes, sans parler du risque transformation de la Syrie en une arène de confrontation entre d’autres pays. C’est inacceptable. Nous souhaitons que les résolutions du Conseil de sécurité soient respectées et que toutes les parties s’abstiennent de toute mesure susceptible d’envenimer davantage la situation dans la région. Nous maintenons des contacts étroits avec nos collègues israéliens, tant au plus haut niveau qu’au niveau des ministères des Affaires étrangères.
Quant aux pays [étrangers] en Syrie qui y sont présents au mépris de la volonté des dirigeants syriens et sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU, ce sujet est invariablement au centre de notre attention lorsque nous discutons du processus de règlement en Syrie avec nos interlocuteurs étrangers. Nous les appelons avec insistance à respecter strictement la résolution de sécurité 2254 des Nations unies, qui affirme explicitement la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de la République arabe syrienne. C’est ce qui nous guide dans nos relations tant avec les acteurs extérieurs qu’avec les Syriens opposés à Damas, y compris les différentes instances mises en place par les Kurdes. Nous continuerons à faire ce travail.
Question : Que pouvez-vous dire des récentes remarques de Vladimir Zelensky selon lesquelles Washington ne partage pas de renseignements sur l’Ukraine avec un certain nombre de politiciens occidentaux ? Quand et où vous est-il possible de rencontrer le secrétaire d’État américain et le ministre français des Affaires étrangères ? Que pense Moscou de l’initiative de la France de convoquer un sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden, puis d’inviter des pays non parties prenantes à discuter de sécurité et de stabilité stratégique en Europe ?

Vladimir Zelensky

Sergueï Lavrov : En ce qui concerne les informations de renseignement dont disposent les États-Unis, il y a une histoire derrière ce phénomène. Il y a eu des cas où les informations de renseignement obtenues par les services américains correspondants n’ont pas été partagées même avec le secrétaire d’État. Je fais référence à Colin Powell qui a été la cible de blagues en 2003 lorsqu’on lui a remis un flacon d’une poudre blanche obscure et a déclaré, au Conseil de sécurité de l’ONU, pour que le monde entier l’entende, que c’était de l’anthrax.Cette fiole a servi à justifier l’agression contre l’Irak, dont les conséquences sont encore ressenties par le peuple irakien, à l’exception des centaines de milliers d’Irakiens tués par l’OTAN.
Les exemples abondent de la nature spécifique des informations du renseignement aux États-Unis et incluent les tentatives de créer de toutes pièces le problème des armes chimiques qui persiste prétendument en Syrie parce qu’un incident a été organisé dans la ville syrienne de Douma (ce fait a été prouvé plusieurs fois, y compris par des témoins). C’est un développement bien connu lorsque les Casques blancs – des provocateurs financés par les Britanniques et les Américains – ont organisé un incident. Avec leurs collègues occidentaux, les États-Unis tentent toujours d’utiliser ce mensonge pour adopter des résolutions à l’OIAC.
Aujourd’hui, nous avons discuté de notre politique constante consistant à dénoncer ces provocations et à défendre le caractère sacré de la Convention sur les armes chimiques.
Il existe de nombreux autres exemples d’utilisation de l’intelligence de nos collègues américains et britanniques pour fabriquer des provocations. Il s’avère plus tard que cette information n’existe pas ou qu’ils ne veulent pas la partager. C’était comme ça avec l’incident de Salisbury, l’« empoisonnement » de Navalny et les explosions en République tchèque il y a 8 ans,que tout le monde a vite oublié, car les accusations étaient clairement intenables.
Hier (le développement le plus récent), le gouvernement américain à Moscou a émis un avertissement concernant des attaques terroristes imminentes dans des endroits très fréquentés à Moscou et à Saint-Pétersbourg, tels que les gares, le métro ou les centres commerciaux.
Jusqu’à présent, aucune confirmation n’a été reçue ou découverte. L’ambassade a dit quelque chose de vague sur « avoir lu dans les journaux et les médias russes qu’ils étaient possibles ». Je pense que chacun devrait voir par lui-même à quel point ce genre de travail est sérieux et si les institutions étatiques, je veux dire les ambassades et les « structures » à Washington, devraient s’engager dans de telles tractations.
En ce qui concerne d’éventuelles rencontres avec mes collègues des États-Unis et de la France, la possibilité est actuellement envisagée par nos ministères des Affaires étrangères respectifs.

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Quant aux initiatives du président Emmanuel Macron d’organiser un sommet entre le président Poutine et le président Biden suivi d’un sommet soit du P5 avec l’invitation d’autres États, soit d’un groupe d’États distinct sur les questions de sécurité internationale et européenne, en effet, le président Macron l’a mentionné lors de deux conversations avec le président Vladimir Poutine hier.
Cependant, le président de la Russie a clairement indiqué à plusieurs reprises que nous ne sommes pas contre la tenue de sommets ou de réunions, mais avant une telle réunion, surtout dans une atmosphère tendue comme aujourd’hui, il est important de savoir sur quoi ces sommets et réunions se termineront et quel sera leur résultat. Les dirigeants de la Russie et de la France ont convenu que nos collègues occidentaux, qui initient de tels événements, partageront avec nous leur vision des résultats possibles. Nous attendons.
Question (par l’intermédiaire d’un interprète) : Que pensez-vous des actions des États-Unis en Syrie
  Sergueï Lavrov : Nous avons déjà donné notre évaluation des actions des États-Unis en Syrie. On sait ce que font les Américains là-bas : ils occupent la rive est de l’Euphrate et refusent aux autorités syriennes légitimes l’accès aux ressources en hydrocarbures et aux céréales, c’est-à-dire à la nourriture. C’est inacceptable. La courtisation de certaines entités kurdes – ce que l’on observe de temps à autre dans la politique américaine, qui vise ouvertement à inciter au sentiment séparatiste – est une idée et un jeu très dangereux. Dans les pourparlers avec les États-Unis sur le processus de règlement en Syrie par les voies militaires et diplomatiques, nous soulignons toujours ces problèmes. Nous avons des raisons de croire que ce n’est pas dans une oreille et dans l’autre avec les Américains, même si nous ne voyons aucun résultat tangible sur le terrain.
Néanmoins, les États-Unis ont récemment commencé à avoir une perspective plus réaliste sur ce qui se passe en Syrie et sur la manière dont ils doivent procéder en ce qui concerne un règlement en Syrie. Au moins, nous n’entendons plus aucune des déclarations injustifiées et confiantes faites en 2011 et 2012 selon lesquelles les jours du régime sont comptés.
Non seulement les États-Unis, mais un nombre croissant de pays de la région, les pays arabes, les voisins de la Syrie et les pays membres de la Ligue arabe se rendent compte qu’ils doivent travailler avec les représentants légitimes et les autorités légitimes de la République arabe syrienne. Nous saluons cette tendance. Plus tôt elle prendra la forme d’accords pratiques et de la recherche de solutions pratiques, mieux ce sera pour le peuple syrien et les peuples de toute la région.
À suivre

https://mid.ru/en/foreign_policy/news/1799779/

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4/Commentaire de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova sur la lettre du représentant des États-Unis auprès de l’Office des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme alléguant que la Russie prévoit des représailles contre des personnes indésirables en Ukraine à la suite de son « occupation » – 21 février 2022 – 20h50

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Publiée par The Washington Post, la lettre de la représentante des États-Unis auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève à la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet sur les « premières mesures » à prendre par les autorités russes après ce est décrit comme une inévitable invasion militaire imminente de l’Ukraine nous a intrigués et nous a inquiétés pour nos collègues américains.
Comme d’habitude, le diplomate américain présente des informations provenant de sources douteuses comme la vérité ultime en informant le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme que Moscou a des plans en place pour nettoyer le territoire ukrainien occupé des forces de résistance, y compris des dissidents russes et biélorusses en exil en Ukraine, journalistes et militants anti-corruption, minorités religieuses et ethniques et personnes LGBTQI+.
Les Américains sont convaincus qu’à cette fin, le responsable officiel de Moscou a déjà commencé à créer des listes de personnes à tuer, alléguant que dans ce contexte, les forces d’occupation russes auront recours à des assassinats ciblés, des enlèvements, des disparitions forcées et des tortures de masse, ainsi qu’à envoyer des personnes en concentration camps.
Il est évident que cette lettre ne résiste à aucun examen. En fait, cela peut être décrit comme un délire à la limite de la folie. La Russie considère cette lettre comme Washington persistant dans sa politique de propagande de guerre et incitant à la haine ethnique et religieuse, ainsi que l’incitation pure et simple aux conflits et à la violence. Le fait que cette fois l’administration américaine ait choisi d’engager les institutions et les mécanismes des Nations Unies, les faisant participer à leurs sales jeux, suscite une inquiétude particulière.

En dehors de toute autre chose, nous voudrions rappeler aux États-Unis que ce type de comportement, je veux dire la propagande de guerre, l’appel et l’incitation à la haine ethnique, raciale ou religieuse, est interdit par le droit international, en particulier par l’article 20 de la Pacte international relatif aux droits civils et politiques.


https://mid.ru/en/foreign_policy/news/1799815/

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5/Allocution et réponses du Ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la réunion du Conseil de sécurité – Moscou – 21 février 2022 – 21H55

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères : Monsieur le Président, chers collègues,
Comme je l’ai signalé au président il y a une semaine, nous avons préparé notre évaluation des propositions sur les garanties de sécurité que la Russie a soumises à l’examen des États-Unis et de l’OTAN en décembre dernier.
Nous avons reçu leur réponse fin janvier. L’évaluation de cette réponse montre que nos collègues occidentaux ne sont pas disposés à reprendre nos grandes propositions, principalement celles sur la non-expansion de l’OTAN vers l’Est. Cette demande a été rejetée en référence à la soi-disant politique de la porte ouverte du bloc et à la liberté de chaque État de choisir sa propre manière d’assurer la sécurité. Ni les États-Unis, ni l’Alliance de l’Atlantique Nord n’ont proposé d’alternative à cette disposition clé.
Les États-Unis font tout ce qu’ils peuvent pour éviter le principe d’indivisibilité de la sécurité que nous considérons comme fondamental et auquel nous avons fait de nombreuses références. En dérivant le seul élément qui leur convient – la liberté de choisir des alliances – ils ignorent complètement tout le reste, y compris la condition clé selon laquelle personne – que ce soit en choisissant des alliances ou indépendamment d’elles – n’est autorisé à renforcer sa sécurité au détriment de la sécurité des autres.
Dans ce contexte, j’ai envoyé à nos collègues d’Europe occidentale membres de l’OTAN, membres de l’UE, plus la Suisse, des lettres détaillées avec notre analyse juridique des engagements qui ont été pris au plus haut niveau de l’OSCE en 1999 et 2010, ainsi qu’au sein le cadre des relations Russie-OTAN, y compris l’Acte fondateur de 1997 et la déclaration de Rome, que les participants à la réunion Russie-OTAN de Pratica di Mare ont approuvé au plus haut niveau en 2002.
Notre deuxième priorité concerne le moment où nous avons établi des relations avec l’OTAN, en 1997. Considérant que les documents de 1997 déclaraient que la Russie et l’OTAN n’étaient plus des adversaires et devaient, en partie, développer un partenariat stratégique, nous avons suggéré de revenir à la configuration de 1997 des Forces de l’OTAN sur le flanc Est.Cet argument a été rejeté, comme le premier. À titre indicatif, dans leur réponse, certains pays de l’OTAN nous ont immédiatement exhortés à arrêter « l’occupation de la Crimée »et à « retirer nos troupes des territoires de la Géorgie, de la Moldavie et de l’Ukraine ».
En général, ces documents exprimaient leur soutien au paquet de mesures de Minsk, mais ce soutien était absolument « stérile ». Elle ne s’est montrée nullement disposée à contraindre Kiev à appliquer les dispositions de ce document des plus importants.
En réponse à nos autres demandes, dont la nécessité d’exclure le déploiement de systèmes d’armes qui nous menacent près de nos frontières, les Américains ont exprimé le souhait d’entamer une discussion sur les missiles terrestres à moyenne et courte portée. Cette question est apparue après que les États-Unis se soient unilatéralement retirés du traité pertinent avec la Fédération de Russie et ont ignoré, Monsieur le Président, vos initiatives d’il y a deux ans. À l’époque, vous proposiez de remplacer le traité par au moins une déclaration sur un moratoire mutuel sur le déploiement de ces systèmes avec les mesures de vérification pertinentes
Dans les propositions que nous avons reçues, les États-Unis et l’OTAN suggèrent également des efforts dans certains aspects de la réduction des risques militaires et de l’augmentation de la transparence et de la prévisibilité. Ces idées sont très proches des propositions que nous avons présentées à maintes reprises tant aux Américains qu’à l’OTAN ces dernières années. Cependant, ces questions ont été retirées, séparées du contexte de l’accord global sur les garanties de sécurité.
En ce qui concerne les mesures bilatérales, les États-Unis suggèrent de réglementer les vols de bombardiers stratégiques, d’achever les travaux sur les mesures de prévention des incidents en mer et dans l’espace aérien au-dessus de la mer. Elle porte une attention particulière à la transparence des inspections surprises, à la reprise des contacts entre les militaires, à la création d’une hotline civile et à une discussion sur les mécanismes de prévention des incidents militaires dangereux.

Globalement, notre impression générale est que nos collègues essaient de séparer en quelque sorte les propositions de la Russie, d’en dégager quelques points secondaires, quoique importants pour nous, qui peuvent aider à maintenir le dialogue et à réduire les risques mais qui n’affecteront pas la les intérêts vitaux des États-Unis et de leurs alliés dans leur expansion illimitée de l’OTAN, et cela ne limitera pas leur liberté de définir la configuration des forces dans l’espace de l’OTAN et autour de celui-ci.

Cela dit, et c’est particulièrement important dans le contexte de la question que le président a évoquée aujourd’hui, le début d’un dialogue sur n’importe quelle question dépend de nos mesures préliminaires pour désamorcer les tensions autour de l’Ukraine.
En évaluant ces réponses, nous pouvons dire que nous constatons des progrès. Ces ouvertures sont petites mais elles existent. La cohérence et l’approche de principe dont nous avons fait preuve dans la promotion de nos initiatives depuis décembre dernier ont, bien sûr, ébranlé les États-Unis et leurs alliés et les ont obligés à commencer à travailler sur de nombreuses propositions russes sur la réduction des tensions militaires et la maîtrise des armements, qu’ils ignoraient auparavant.
Comme je vous l’ai signalé, Monsieur le Président, dans ce contexte, nous pensons qu’il est nécessaire de poursuivre ce travail. Nous avons répondu en détail, dans l’esprit que j’ai décrit, aux documents de Washington et de Bruxelles, mais nous n’avons envoyé notre réponse qu’aux États-Unis pour l’instant, en partie, principalement parce que nous considérons le rôle de l’OTAN comme accessoire puisqu’ils détermineraient leurs démarches principalement , peut-être même exclusivement basé sur la position de Washington.
Soit dit en passant, lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité, tous les représentants occidentaux ont déclaré leur engagement absolu en faveur d’une approche unifiée. Cette approche unifiée a été développée par les États-Unis, donc Munich a simplement confirmé que nous devions négocier avec Washington. C’est ce que nous faisons maintenant, en envoyant la réponse que vous avez approuvée au document américain.
Nous pensons avoir clairement souligné la partie la plus importante – que nos propositions ne sont pas un menu à la carte, mais elles ne sont pas non plus un ultimatum. Elles découlent en fait du constat absolument évident qu’à ce stade, la situation mondiale ne peut être résolue que par une approche globale. Vous avez souligné, Monsieur le Président, que la crise ukrainienne dépend aussi largement de l’évolution des relations entre la Fédération de Russie et l’Occident, menés par les États-Unis, c’est pourquoi, dans notre réponse, nous avons souligné l’intégrité de l’initiative russe d’origine.
Nous sommes également prêts à discuter des sujets que les Américains ont rappelés, y compris en tenant compte de nos propositions précédentes. Mais encore une fois, nous le ferons uniquement dans le cadre de nos principales préoccupations : arrêter l’expansion de l’OTAN vers l’Est et considérer la configuration de la présence de l’OTAN sur le continent européen, principalement en Europe centrale et orientale, conformément aux précédents accords Russie-OTAN.
Naturellement, notre appel n’est pas un appel mais plutôt une demande, en gros, pour expliquer pourquoi les assurances signées au plus haut niveau selon lesquelles personne ne doit renforcer sa sécurité aux dépens des autres sont désormais ignorées, et plus que cela, nos collègues des pays respectifs refusent même d’expliquer ce qu’ils avaient en tête lorsque leurs dirigeants ont signé les documents pertinents, et pourquoi maintenant, indépendamment de ce qu’ils avaient en tête, ils ne rempliront pas leurs obligations.
Suite à vos instructions, Monsieur le Président, nous avons envoyé ces documents à Washington. Quelques jours plus tard, le secrétaire d’État Anthony Blinken m’a appelé pour me dire qu’il avait lu notre document et qu’il était prêt à nous rencontrer pour en discuter, et faire part de la réaction américaine et éventuellement poser des questions supplémentaires. Avec votre consentement, la réunion est prévue plus tard cette semaine, le 24 février, à Genève. Nous serons guidés par la démarche que vous avez approuvée, celle que vous défendez lors des rencontres avec vos collègues, et que nous ne manquerons pas de promouvoir au niveau du ministère des Affaires étrangères.
Vladimir Poutine :J’en parle d’ailleurs à mes collègues, et mon collègue américain m’a assuré qu’ils n’admettraient pas l’Ukraine demain ; de plus, même un moratoire est possible. Mais ils croient aussi que l’Ukraine n’est pas encore prête, alors ma réponse était simple : « Nous ne voyons pas cela comme une concession pour nous ; ce n’est que la mise en œuvre de vos plans. Vous pensez qu’il faut attendre et préparer l’Ukraine à rejoindre l’OTAN. Un moratoire, mais pas un moratoire pour nous; vous annoncez ce moratoire pour vous-même. Alors, où est le pas vers nous, pour nous rencontrer à mi-chemin ? Jusqu’à présent, nous n’avons pas vu cela.
J’ai parlé deux fois au président de la France hier; en fait, nous avons parlé jusqu’à 2 heures du matin ce matin, vous pouvez donc dire que nous avons parlé aujourd’hui. Il insiste sur le fait que la position américaine a subi quelques changements. Mais malheureusement, il n’a pas été en mesure de répondre à la question de savoir quels sont ces changements.
Je pense que nous devons d’abord voir quels sont ces changements, s’ils existent, parce que votre collègue, au contraire, a affirmé publiquement pas plus tard qu’hier qu’il n’y avait aucun changement dans les principales questions de l’élargissement, de l’acceptation de nouveaux pays dans l’OTAN , dont l’Ukraine. Est-ce que je comprends bien ?
Sergueï Lavrov : Oui, Monsieur le Président, malgré la multiplication des publications de documents classifiés – et dans les médias occidentaux en plus – dont ont discuté nos collègues occidentaux au début des années 1990, en 1990 et 1991, entre eux et avec nous ; et même s’ils ont clairement indiqué que même l’Occident n’a pas l’intention d’étendre l’OTAN à l’Est, confirmant cela dans des pourparlers en cercle resteint ; quoi qu’il en soit, M. Jens Stoltenberg, l’actuel secrétaire général de l’Alliance de l’Atlantique Nord, rejette toujours des faits évidents qui ont été déclassifiés par une archive britannique et publiés par le magazine Spiegel.
Malgré tout cela, ils tiennent à ne pas affaiblir leur politique de « porte ouverte », même si vous avez expliqué à plusieurs reprises qu’une telle politique n’existe pas. Il est possible, dans le cadre du traité de Washington, de proposer, avec le consentement unanime des pays de l’OTAN, qu’un pays donné rejoigne l’alliance sous deux conditions : s’il remplit les conditions d’adhésion, et deuxièmement, et surtout, si ce pays peut ajouter une dimension sécuritaire de l’Alliance de l’Atlantique Nord. Nous savons, bien sûr, que le deuxième critère critique a longtemps été ignoré par l’OTAN.
Quant aux nouvelles idées que les Américains et leurs alliés peuvent proposer, nous supposons que, comme vous l’avez dit au président Macron, nous devons d’abord comprendre ce que les Américains veulent dire. Parce que nos collègues français nous disent qu’ils comprennent ce dont Washington peut nous parler. Comme vous en avez convenu hier avec le président Macron,
j’aurai aujourd’hui un entretien téléphonique avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Lors de la planification de l’appel, j’ai demandé au ministère français des Affaires étrangères de s’assurer qu’il clarifie, ne serait-ce qu’un peu, ce que les Américains sont prêts à discuter avec nous comme ils l’ont laissé entendre aux Français.
Vladimir Poutine : Je vois, merci.

Prenez place, s’il vous plaît. Merci


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