4552 – L’Europe Centrale – V4 – du 31 août au 9 septembre 2021 > Immigration, Frontières, Biélorussie, UE et son chantage … Cela ne marche plus …

  1. L’Europe centrale prend position contre l’immigration illégale – 9 septembre 2021
  2. La Tchéquie donne un demi-million d’euros à la Lituanie pour sa clôture frontalière – 8 septembre 2021
  3. L’essentiel de l’actualité du 30 août au 5 septembre dans le V4 – 6 septembre 2021
  4. Le gouvernement polonais souhaite proclamer l’état d’urgence à la frontière biélorusse – 1 septembre 2021
  5. Babiš & Agrofert … la Commission envisage de suspendre les subventions à la Tchéquie – 1 septembre 2021
  6. Critiques de Donald Tusk sur fond d’activisme pro-migrants – 31 août 2021

1/L’Europe centrale prend position contre l’immigration illégale – 9 septembre 2021

Europe centrale – Le premier ministre tchèque Andrej Babiš recevait ce mardi 7 septembre ses homologues autrichien, Sebastian Kurz, et slovaque, Eduard Heger, au château de Lednice, près de Břeclav dans le sud de la Moravie. Au menu des discussions entre les trois chefs de gouvernement : le risque d’une nouvelle crise migratoire, de nombreux Afghans fuyant leur pays suite à la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul.

Soutenir les Afghans dans les pays voisins

« Nous devons soutenir ces gens, c’est pourquoi l’Autriche a décidé de dépenser une grande quantité d’argent supplémentaire, 18 millions d’euros, pour soutenir les Afghans dans les pays voisins », a ainsi déclaré le chancelier autrichien au cours d’une conférence de presse conjointe.
« Mais nous ne pouvons pas permettre que 2015 se répète. Nous sommes opposés à l’immigration illégale. Nous lutterons contre les passeurs et le trafic d’êtres humains. Il ne doit pas y avoir de flux migratoire incontrôlé vers l’Europe »

Empêcher l’immigration illégale

Un avis que partage pleinement Andrej Babiš :
« Les migrants clandestins paient pour venir en Europe. Nous devons empêcher cela […] Il n’y a vraiment pas de place pour eux en Europe […] Le problème de l’immigration revient encore. Nous assistons maintenant à une nouvelle situation dans laquelle le régime biélorusse commence à utiliser l’immigration comme arme hybride »,
a-t-il expliqué en évoquant aussi la situation tendue sur les frontières entre la Biélorussie et ses voisins occidentaux, la Pologne ayant dû proclamer l’état d’urgence dans la zone frontalière.
« Du point de vue de l’Europe occidentale, il faut ajouter que nous subissons la pression migratoire depuis de nombreuses années. Il est important de protéger les frontières extérieures, de prendre des mesures décisives contre les passeurs et d’envoyer des signaux clairs à tous les pays »,
a encore ajouté le chancelier Kurz.

Une autre vague de migration pourrait émerger

Même son de cloche à Budapest où le premier ministre hongrois Viktor Orbán recevait de son côté son homologue serbe Ana Brnabić. Estimant que « tôt ou tard, une autre vague de migration pourrait émerger », le premier ministre serbe a expliqué que son pays, bien que pas encore membre de l’Union européenne, demandait une position européenne commune car la Serbie se trouve sur une route de transit où les migrants viennent d’un État membre de l’UE [la Grèce, ndlr.] pour se rendre dans un autre [l’Allemagne, ndlr.].
« Il serait bon que les migrants […] soient contrôlés dans le premier État membre de l’UE où ils arrivent. Les gens devraient être aidés afin qu’ils n’aient pas à quitter leur patrie et à se rendre en Europe ».


Photo : Facebook / Eduard Heger

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2/La Tchéquie donne un demi-million d’euros à la Lituanie pour sa clôture frontalière – 8 septembre 2021

Tchéquie/Lituanie – Confrontée au même titre que la Pologne depuis quelque temps à une crise migratoire manifestement provoquée par les autorités biélorusses, la Lituanie a entrepris – comme la Pologne – de construire une clôture frontalière pour y faire face. Les pays d’Europe centrale et du V4, dont la République tchèque, sont solidaires de leurs voisins baltes.

Un signe concret de solidarité

En ce qui concerne la Tchéquie en particulier, cette solidarité ne s’exprime pas uniquement par des discours, mais se traduit également concrètement par des actes, en l’occurrence une aide financière de 530 000 euros destinée à soutenir la construction par les autorités de Vilnius d’une clôture de trois mètres de haut tout au long de ses presque 500 km de frontières avec la Biélorussie.
Cette clôture est construite sur le modèle de celle érigée par la Hongrie en 2015, sur sa frontière avec la Serbie, au plus fort d’une crise migratoire fortement attisée en son temps par l’attitude de la chancelière allemande Angela Merkel.

Soutenir les pays prêts à défendre les frontières extérieures de l’UE

Cette clôture devant coûter tout de même 152 millions d’euros, Vilnius a sollicité un co-financement de la part de ses partenaires de l’Union européenne, car défendre la frontière lituanienne ne protège pas uniquement la Lituanie mais l’ensemble de l’UE contre la vague migratoire orchestrée par Minsk.
La République tchèque a été la première à répondre favorablement à cette demande. S’exprimant à ce sujet le 7 septembre lors d’une rencontre avec le ministre lituanien de l’Intérieur – Agnė Bilotaitė, avec qui il a signé, au nom de la République tchèque, une convention sur des mesures communes (tchéco-lituaniennes) visant à accélérer la construction de cette clôture, le ministre tchèque des Affaires étrangères – Jakub Kulhánek (ČSSD), a notamment déclaré que les pays européens se devaient de
« soutenir pleinement les pays [qui, comme] la Lituanie, […] sont prêts à défendre les frontières extérieures de l’Union européenne ».
Pour lui, il faut stopper le président biélorusse Alexander Loukachenko qui « continue d’utiliser l’immigration illégale comme moyen d’exercer un chantage sur la Lituanie et l’Union européenne dans son ensemble ». De son côté, Mme Bilotaitė a souligné l’importance de cette aide tchèque qui
« montre que la Lituanie n’est pas seule [et] que la protection des frontières extérieures de l’UE n’est pas seulement notre affaire, mais qu’elle est dans l’intérêt […] de toute l’Union européenne ».

Photo : Facebook / Jakub Kulhánek
La Rédaction
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3/L’essentiel de l’actualité du 30 août au 5 septembre dans le V4 – 6 septembre 2021

Hongrie

  • Le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó a annoncé ce lundi 30 août que « la Hongrie et la Russie ont conclu un nouveau contrat d’approvisionnement en gaz » pour une durée de quinze ans et prévoyant la fourniture annuelle de 4,5 milliards de m³ de gaz par Gazprom, dont 3,5 transiteront par le gazoduc Turkish Stream via la Serbie.
  • La Cour de Justice européenne a jugé ce mercredi 1er septembre que l’Office de lutte antifraude de l’Union européenne (OLAF) ne pouvait pas refuser de rendre publique les dossiers de l’enquête concernant Elios Zrt. – impliquant István Tiborcz, gendre du premier ministre hongrois Viktor Orbán –, dans la mesure où les autorités judiciaires hongroises – en l’absence d’infraction – n’ont engagé aucune procédure dans cette affaire. En effet, l’OLAF n’est tenu de garder le silence que sur les affaires en cours.
  • Selon l’Association bancaire hongroise (Magyar Bankszövetség), citée ce lundi 30 août par le quotidien économique Világgazdaság, les Hongrois détiendraient beaucoup trop d’argent liquide : « La grande quantité d’argent liquide circulant dans les ménages et dans l’économie en général, en plus des inconvénients bien connus tels que les coûts élevés, l’alimentation de l’économie grise et au noir, et les risques de sécurité qui peuvent affecter l’intégrité physique des propriétaires, a malheureusement de nombreux effets négatifs sur l’environnement, de la production aux déplacements, en passant par les émissions résultant de la destruction », a expliqué Levente Kovács – secrétaire général de l’Association bancaire hongroise.
  • La compagnie aérienne à bas prix hongroise Wizzair a annoncé ce mercredi 1er septembre que la vaccination contre le covid serait obligatoire pour son personnel navigant à partir du 1er décembre. La compagnie a justifié cette décision par le fait que « les gouvernements exigent de plus en plus une preuve de vaccination pour les équipages […] Nous avons la responsabilité de protéger l’équipage et les passagers à bord en atténuant le risque de Covid-19, et la vaccination joue un rôle clé à cet égard ».
  • Plus d’une centaine de réfugiés afghans sont arrivés en bus, ce mercredi 1er septembre, dans le camp de Vámosszabadi (comitat de Győr-Moson-Sopron). Un autre groupe de réfugiés afghans (une vingtaine de familles) sera acheminé dans les prochains jours à Balassagyarmat (comitat de Nógrád).
  • L’eurodéputée Klára Dobrev (DK), candidate au poste de premier ministre pour les élections législatives d’avril 2022, a déclaré dans le cadre d’un entretien au site d’information Index qu’elle souhaitait supprimer le droit de vote des citoyens hongrois ne résidant pas dans le pays. L’octroi par le gouvernement de Viktor Orbán, juste après son retour au pouvoir, de la citoyenneté hongroise aux Hongrois de souche – essentiellement en Transylvanie et en Voïvodine, respectivement roumaine et serbe depuis le traité de Trianon – avait donné le droit de vote à ces populations magyares réputées plus proches du Fidesz.
  • Ce 2 septembre, lors de sa conférence de presse faisant suite à la réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne à Bruxelles, le ministre danois de l’Immigration et de l’Intégration Mattias Tesfaye a déclaré :
        • « Ce fut une erreur de critiquer le premier ministre hongrois Viktor Orbán pour avoir érigé un mur de barbelés à la frontière en 2015 […] Comme on le sait, la majorité des dirigeants européens ont d’abord vivement critiqué la mise en place du verrouillage de la frontière sud, mais maintenant de plus en plus de gens reconnaissent que le premier ministre hongrois avait raison dans le débat sur l’immigration. […] À l’époque, des réfugiés défilaient sur les autoroutes d’Europe et nous étions incapables de protéger nos frontières extérieures ».
  • Selon une étude du Conseil européen des affaires étrangères citée ce vendredi 3 septembre par le magazine Mandiner, 71% des Hongrois considèrent que les restrictions sanitaires ont été prises de manière adéquate par leur gouvernement, contre seulement 52% en Autriche, 48% en Italie ou 40% en Allemagne. Les effets de la pandémie n’ont apparemment pas été les mêmes dans toute l’Europe. Ainsi, 72% des Danois, 65% des Allemands et 64% des Français déclarent ne pas avoir été touchés par la pandémie, alors que seulement 36% des Espagnols et 35% des Hongrois sont de cet avis. 31% des Portugais, 23% des Italiens et 22% des Espagnols disent avoir été essentiellement touchés par les effets économiques des restrictions sanitaires. Enfin, pour ce qui est de la maladie elle-même, 48% des Hongrois, 47% des Polonais, 42% des Espagnols et 41% des Bulgares disent avoir été touchés directement par le covid, eux-mêmes ou des proches ayant été malades.
  • Selon le site honvedelem.hu, le service militaire volontaire rencontre beaucoup plus de succès que prévu initialement. En date du 31 août, ce sont en effet 700 jeunes Hongrois qui se sont inscrits à cette nouvelle formule au lieu des 400 envisagés au départ.
  • Les autorités sanitaires hongroises, citées par l’hebdomadaire libéral HVG, ont précisé ce 4 septembre que le passeport vaccinal n’était pas nécessaire pour se rendre au théâtre ou au cinéma à certaines conditions : « Si un événement culturel se tient dans un lieu désigné aux fins de cet art […] et que le spectateur est assis pendant la représentation, [alors] aucun justificatif de protection n’est requis, chacun est libre de se rendre au théâtre, au cinéma, au cirque, aux conférences, etc. ».
  • Samedi 4 septembre, environ un millier de personnes se sont réunies devant les bureaux du premier ministre Viktor Orbán à l’appel du parti nationaliste Mi Hazánk pour manifester contre l’obligation vaccinale et la vaccination des enfants.

Pologne

  • Selon les chiffres du Bureau polonais d’information sur le crédit, cités par le quotidien Rzeczpospolita, 24 600 prêts hypothécaires d’aide au logement ont été accordés au courant du mois juillet 2021 en Pologne, pour un total de 8,1 milliards de zlotys (1,78 milliards d’euros), soit une augmentation de 45% du nombre de prêts et de 70% en valeur par rapport à juillet 2020. Il s’agit d’un record historique, la barre des huit milliards de zlotys en un mois n’ayant jamais été dépassée auparavant.
  • En raison de la présente crise migratoire à la frontière biélorusse, l’ordre du jour est à la construction d’une clôture frontalière entre la Pologne et la Biélorussie. Selon le ministre polonais de la Défense Mariusz Błaszczak, cité le 24 août par Rzeczpospolita, les autorités polonaises prennent pour modèle celle érigée en 2015 entre la Hongrie et la Serbie.
  • Après le Sejmik (conseil régional) de la voïvodie de Petite-Pologne, c’est celui de la voïvodie de Lublin qui vient à son tour, le vendredi 27 août, de refuser (par 17 voix contre 14) de renoncer à sa résolution exprimant son opposition à l’idéologie LGBT, tenant tête aux pressions de la Commission européenne qui menacerait de lui supprimer les subventions européennes, une crainte que le maréchal de la voïvodie Jarosław Stawiarski, considère comme infondée.
  • Le ministre polonais de la Santé Adam Niedzielski, a annoncé ce samedi 28 août que la Pologne offrirait bientôt aux personnes à risque la possibilité de recevoir une troisième dose de vaccin contre le coronavirus. Les autorités médicales polonaises « acceptent l’utilisation d’une troisième dose pour les personnes à immunité réduite […] En ce qui concerne le moment de l’administration de la troisième dose, il a été fixé au plus tôt 28 jours après la fin du cycle de vaccination de base », a-t-il expliqué. Plusieurs autres pays, dont les États-Unis, Israël, l’Allemagne, la France, l’Autriche et la Hongrie ont déjà fait le choix d’offrir cette troisième dose aux personnes dites à risque.
  • Le président polonais Andrzej Duda s’est rendu en visite officielle en Moldavie le vendredi 27 août à l’occasion des célébrations de la fête de l’indépendance de cette ancienne république soviétique ; il s’y est notamment entretenu avec la présidente pro-occidentale récemment élue, Maia Sandu, et a exprimé le souhait que « la Moldavie [devienne] non seulement un partenaire [de l’Initiative] des Trois Mers, mais aussi un membre à part entière ».
  • La société PepsiCo a annoncé ce lundi 30 août son intention d’implanter son nouveau et cinquième site de production de chips à Środa Śląska en Basse-Silésie – un investissement d’un milliard de zlotys, soit 218 millions d’euros qui débouchera sur la création de 450 emplois.
  • Le président polonais Andrzej Duda s’est clairement prononcé ce lundi 30 août contre l’obligation du vaccin anti-covid : « Je suis absolument contre les vaccinations obligatoires. Je pense que cela provoquerait des troubles sociaux », a-t-il déclaré devant le conseil des ministres, réuni en vue de débattre des préparatifs sanitaires pour la rentrée scolaire. « L’objectif est de discuter de l’état de préparation de l’éducation », a déclaré M. Duda,
        • « Les gens sont très préoccupés par le fait qu’il y aurait un autre confinement et que les enfants n’iraient pas à l’école. Les parents ont peur de cela, principalement en raison de la situation de leurs enfants, notamment de leur situation mentale […] Je suis absolument contre les vaccinations obligatoires. Je pense que cela provoquerait des troubles sociaux, c’est une question de responsabilité des gens. Chacun doit assumer seul cette responsabilité. C’est une obligation de la part de l’État polonais de s’assurer que tout le monde puisse être vacciné. Nous devons avoir un vaccin pour chaque citoyen [mais] si les gens sont forcés, nous aurons une mauvaise situation sociale ».
  • Par ailleurs, le ministre polonais de la Justice et président du parti Solidarna Polska – Zbigniew Ziobro, a déclaré le dimanche 29 août l’opposition de son parti à l’introduction de la vaccination obligatoire contre le covid. Des déclarations qui vont à l’encontre des recommandations du professeur Andrzej Horban, président du Conseil médical du premier ministre qui disait pour sa part espérer « que le gouvernement décidera que des vaccinations obligatoires seront faites » pour « certains groupes qui risquent d’être infectés ».
  • Le président de la Plateforme civique (PO), Donald Tusk, a déclaré lors du Campus Polska, le 27 août, que s’il revenait au pouvoir après les prochaines législatives, la légalisation des unions civiles homosexuelles serait l’une de ses premières décisions. Cette déclaration a notamment été critiquée par l’activiste LGBT Bart Staszewski qui revendique  « une égalité totale », c’est-à-dire le « mariage » homosexuel.
  • Dans un message adressé à l’occasion de la célébration du 14ème anniversaire des grèves de Gdansk en août 1980 qui avaient amené à la fondation du syndicat Solidarność, le président polonais Andrzej Duda a déclaré qu’il considérait cet événement comme « l’un des moments marquants de l’histoire de notre patrie ». Rappelant notamment que plus 700 000 ouvriers avaient alors soutenu le mouvement à travers le pays, M. Duda a dit : « Ils ont soutenu les grévistes de Gdańsk et de Szczecin parce qu’ils sentaient l’énorme force de l’unité. Une force qui a terrifié les fonctionnaires du régime communiste et les a obligés à reconnaître les revendications des travailleurs ».
  • La vice-présidente de la Commission européenne Věra Jourová, s’est rendue du 30 août au 1er septembre en Pologne, où elle s’est entretenue avec le premier ministre Mateusz Morawiecki, avec le nouveau médiateur Marcin Wiącek ainsi qu’avec Szymon Hołownia, le président du mouvement d’opposition Polska 2050 – actuellement en troisième position dans les sondages derrière le PiS et la PO. « J’attends avec impatience de recevoir plus de détails sur la façon dont la Pologne entend mettre en œuvre les décisions récentes et je suis prête à soutenir la Pologne dans la mise en œuvre du droit européen », a-t-elle notamment déclaré après son entrevue avec le chef du gouvernement.
  • Les autorités polonaises ont annoncé ce mardi 31 août le développement d’un grand projet d’infrastructures autour de la capitale Varsovie impliquant la construction de 1000 kilomètres de voies ferrées ainsi qu’un nouvel aéroport. Les travaux qui débuteront en 2023 devraient être achevés en 2027. Le nouvel aéroport devrait au départ être utilisé par 45 millions de personnes par an, la capacité devant pouvoir atteindre 100 millions de passagers par an à moyen terme. De leur côté, les riverains du site ont récemment manifesté leur opposition au projet, tandis que l’opposition considère ce projet de 10 milliards de zlotys (2,2 milliards d’euros) comme inutile dans la mesure où il y a déjà quatre aéroports proches de la capitale polonaise.
  • Selon les premières estimation de l’Office central polonais de statistiques (GUS) l’inflation polonaise a atteint le taux de 5,4% en ce mois d’août par rapport l’année dernière. Il s’agit de la plus forte inflation depuis 20 ans. Selon les experts, cette forte inflation – due essentiellement à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées – pourrait même atteindre 5,6% d’ici la fin de l’année et devrait tourner autour de 4% pour l’année 2022.
  • Selon deux études récentes citées ce mardi 31 août par le magazine conservateur Do Rzeczy, 52,3% des Polonais sont inquiets au sujet d’une éventuelle quatrième vague de la pandémie de coronavirus, contre 31,6% qui déclarent ne pas en avoir peur, tandis que 9,3% n’ont pas d’avis sur la question et que 6,8% n’y portent aucun intérêt. Il est intéressant de constater que c’est la tranche d’âge des 36-55 ans qui s’en inquiète le plus (60%), que les personnes ayant déjà reçu leurs deux doses de vaccins sont 65% à être inquiètes, contre 44,4% pour ceux qui n’ont encore reçu qu’une seule dose et 33% seulement pour les personnes non vaccinées.  « Ceux qui ne se font pas vacciner ne se sentent généralement pas menacés par le phénomène pandémique lui-même », explique à ce sujet Krzysztof Zych, de l’institut UCE RESEARCH.
  • Évoquant la rentrée scolaire à l’issue du conseil des ministres le 30 août, le président Andrzej Duda a indiqué que le gouvernement n’envisageait pas de nouveau confinement : « Il n’y a absolument aucun confinement […] Les enfants et les jeunes vont normalement à l’école, comme toujours […] les enfants ne sont pas censés participer aux cours avec des masques, mais uniquement dans les espaces communs ». Concernant ladite « quatrième vague », le chef de l’État considère que la Pologne est « en mesure d’augmenter le nombre de lits covid en deux, trois jours maximum. […] Dans les conditions actuelles, la vague pandémique imminente ne devrait pas être très élevée. On s’attend à ce que ce soit beaucoup plus calme ».
  • Ce lundi 30 août, l’invité du Campus sur l’avenir de la Pologne, organisé par Rafał Trzaskowski à Olsztyn, était le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, également commissaire européen à l’Action pour le climat. Évoquant les relations tendues entre Bruxelles et Varsovie, celui-ci a notamment déclaré : « L’Union européenne ne peut exister sans la Pologne. […] Peut-être qu’il est grand temps de ne pas transiger sur les valeurs fondamentales et les fondements, il n’y a pas de place pour la négociation. L’idée même de l’Union européenne est que les mêmes règles et règlements s’appliquent à tout le monde. Nous nous appuyons sur des textes et des lois, pas sur un pouvoir fort. Pour cela, nous avons besoin de tribunaux et de médias libres […] C’est vous les jeunes qui me donnez de l’espoir, c’est vous qui allez réparer la Pologne et la faire revenir sur le droit chemin […] Il y a un combat qui vous attend ».
  • Ce mercredi 1er septembre, le ministre polonais de la Santé Adam Niedzielski, a déclaré sur Polsat News que si l’évolution de la pandémie devait à nouveau rendre nécessaire des restrictions sanitaires, celles-ci ne concerneront pas les personnes vaccinées qui « ne doivent pas supporter le prix de l’irresponsabilité des autres ».
  • La Pologne a commémoré ce 1er septembre le 82e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale. Assistant aux cérémonies sur la presqu’île de Westerplatte près de Gdańsk (l’ancienne Dantzig) – où a eu lieu, du 1er au 7 septembre 1939, la première bataille de la campagne de Pologne –, le ministre polonais de la Défense, Mariusz Błaszczak, a déclaré : « Les Polonais n’ont pas abandonné, ils se sont battus pour une patrie libre. Il convient de souligner que les Polonais n’ont pas collaboré avec les Allemands. C’est très important ». De son côté, le président polonais Andrzej Duda prenait part aux commémorations dans la ville de Wieluń (voïvodie de Łódź) qui fut la cible, le 1er septembre 1939, du premier raid aérien allemand contre la Pologne.
        • « C’était un matin semblable à celui d’aujourd’hui. Les pilotes allemands parlent dans leurs rapports de ciel couvert, de brouillard, de visibilité difficile. Il faisait nuit […] quand l’enfer s’est ouvert sur les habitants de Wieluń largement endormis. […] Les pilotes allemands se sont rappelés comment ils ont lancé des bombes sur la masse des gens. Pas sur l’armée, pas sur les installations militaires, pas sur les soldats, mais sur personnes rassemblées sur la place du Marché et dans les rues, sur l’hôpital, en premier lieu, sur lequel il y avait un énorme signe de la croix rouge. Ils ne pouvaient pas faire d’erreur. C’était un acte de terreur, ce n’était pas une guerre ordinaire […] Il s’agissait dès le départ d’une violation de toutes les règles de la guerre, qui étaient alors et sont toujours en vigueur […] Juste après l’hôpital, dans un deuxième temps, des églises, la synagogue ont été bombardées », a rappelé le président Duda dans son allocution.
  • Bonne nouvelle pour les finances polonaises. Le ministère polonais des Finances a fait savoir ce mardi 31 août que les recettes totale de l’État polonais devraient atteindre 474 milliards de zlotys (105 milliards d’euros) d’ici la fin de l’année, soit 70 milliards de zlotys (16 milliards d’euros) de plus que prévu dans le budget. En conséquence, le déficit public polonais serait inférieur à 13 milliards de zlotys (3 milliards d’euros) pour l’année en cours, au lieu des 82 milliards de zlotys prévus initialement.
  • Au vu de la crise migratoire à la frontière biélorusse et à la demande expresse du gouvernement, le président polonais Andrzej Duda a proclamé l’état d’urgence pour une durée de 30 jours dans les zones frontalières avec la Biélorussie.
  • Deux milliardaires polonais, Zygmut Solorz et Michał Sołowow, ont annoncé ce jeudi 2 septembre leur intention de construire un réacteur nucléaire à Pątnów, près de Wieluń (voïvodie de Łódź). « Nous avons besoin d’une énergie bon marché et propre pour pouvoir nous développer […] L’atome est une source d’énergie propre et écologique et ce projet m’a uni à Michał Sołowow. Notre objectif commun – une Pologne propre et unie – vaut la peine d’être entrepris, et je suis convaincu que nous pouvons le faire ensemble », a ainsi déclaré Zygmunt Solorz.
  • Le militant LGBT Bart Staszewski, connu pour avoir apposé des panneaux  « Zones libres de LGBT » à l’entrée des villes ayant adopté une résolution contre l’idéologie LGBT, a attaqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères sur son homosexualité: « Si Łukasz Jasina, le nouveau porte-parole du ministère des Affaires étrangères, est effectivement gay, alors bien sûr, vous devriez en parler et le ridiculiser », a-t-il déclaré. Une manière un peu particulière, à vrai dire, de défendre les droits des homosexuels, comme de nombreuses personnalités polonaises l’ont fait remarquer.
  • Dimanche 5 septembre, une manifestation contre la ségrégation sanitaire a été organisée par le parti Konfederacja à Toruń (voïvodie de Couïavie-Poméranie).

Slovaquie 

  • Les Slovaques sont très peu nombreux à s’être inscrits pour participer aux rencontres avec le pape réservées aux personnes « entièrement vaccinées » lors de la visite du souverain pontife en Slovaquie du 12 au 15 septembre. Le père Martin Kramara, porte-parole de l’épiscopat slovaque, a dû reconnaître que l’intérêt de la population était « plus faible que prévu », tandis que les évêques appellent les fidèles à s’inscrire.

Tchéquie 

  • Ce jeudi 2 septembre, le premier ministre tchèque Andrej Babiš a lancé sa campagne pour les élections législatives au château de Větruše dans la région d’Ústí nad Labem (dans le nord de la Bohême) et a présenté les grandes lignes de son programme, réaffirmant son hostilité à l’accueil de migrants : « Tant que je serai Premier ministre, nous n’accepterons jamais un seul migrant illégal », a-t-il déclaré. Ce premier évènement de la campagne du mouvement ANO a été troublé par l’arrivée impromptue du fils du premier ministre, Andrej Babiš Jr., qui a assez violemment interpellé son père en slovaque – la famille Babiš est d’origine slovaque –, l’accusant de s’être servi de lui dans l’affaire dite du Nid de Cigogne.
  • Selon les données publiées par l’Office tchèque des statistiques, le salaire mensuel moyen en République tchèque a augmenté de 11,3 % en un an pour atteindre 38 275 CZK au deuxième trimestre 2021. Cela signifie que les salariés ont gagné en moyenne 3 893 CZK de plus par mois qu’il y a un an, soit 8,2% de pouvoir d’achat en plus, compte tenu de l’inflation. Il s’agit de la plus forte croissance des salaires depuis l’an 2000.

Roumanie

  • Crise gouvernementale à Bucarest. La coalition de centre-droit composée des libéraux du PNL (Partidul Național Liberal) du premier ministre Florin Cîțu, du parti réformateur USR-PLUS (Uniunea Salvați România) et de Union démocrate magyare de Roumanie (Romániai Magyar Demokrata Szövetség, RMDSZ-UDMR) bat de l’aile et a été rompue ce vendredi 3 septembre par le départ de l’USR, qui a dénoncé l’accord de gouvernement, retiré tous ses ministres et annoncé le dépôt d’une motion de censure contre Florin Cîțu. La présente crise gouvernementale a été provoquée par le limogeage, par M. Cîțu, du ministre de la Justice Stelian Ion (USR-PLUS) sans consulter ses partenaires au préalable. Il avait déjà agi de manière semblable au mois d’avril dernier en limogeant le ministre de la Santé Vlad Voiculescu (également USR-PLUS). Selon les annonces de l’opposition, tant les nationalistes de l’Alliance pour l’unité des Roumains que les sociaux-démocrates du PSD devraient soutenir la motion de censure de l’USR-PLUS qui devrait ainsi arithmétiquement être adoptée.

Photo : Visegrád Post
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4/Le gouvernement polonais souhaite proclamer l’état d’urgence à la frontière biélorusse – 1 septembre 2021

Pologne/Biélorussie – La crise migratoire à laquelle nous assistons depuis plusieurs semaines aux frontières occidentales de la Biélorussie – le régime de Minsk ayant entrepris de rabattre des migrants (principalement irakiens et afghans) expressément importés vers les frontières lituanienne, lettone et polonaise en réponse aux sanctions européennes – pourrait bien entrer dans une seconde phase.

État d’urgence dans la zone frontalière

En effet, après avoir – comme la Lituanie voisine – pris la décision d’ériger une clôture de protection de la frontière sur le modèle hongrois, le gouvernement polonais vient de demander ce 31 août au président Andrzej Duda de proclamer l’état d’urgence dans la zone frontalière du nord au sud des 418 km de la frontière polono-biélorusse.

183 communes concernées dans les voïvodies de Podlachie et de Lublin 

Le Premier ministre Mateusz Morawiecki s’en est expliqué sur son compte Facebook : « La situation à la frontière avec la Biélorussie est une crise. Le régime de Loukachenko a décidé de pousser des Irakiens vers la Pologne, la Lituanie et la Lettonie. Compte tenu de la situation tendue à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, 
le conseil des ministres a décidé de demander au président Andrzej Duda d’imposer l’état d’urgence pour une période de 30 jours dans une bande frontalière d’une partie de la voïvodie de Podlachie et de la voïvodie de Lublin.
Cette zone comprendra 115 communes de la voïvodie de Podlachie et 68 communes de la voïvodie de Lublin. 
Les restrictions n’interféreront pas le moins du monde avec la vie professionnelle des résidents locaux, ni avec la possibilité d’exercer librement une activité agricole dans cette zone. La Lituanie et la Lettonie ont déjà introduit des restrictions similaires il y a quelque temps. 
Cette décision est dictée par le souci de la sécurité de l’État, de nos citoyens et de notre responsabilité de sécuriser les frontières du pays et de toute l’Union européenne, qui nous soutient dans cette démarche. 
Le régime biélorusse est dangereux, et tout franchissement incontrôlé de la frontière pourrait entraîner un incident aux conséquences imprévisibles. Nous devons arrêter ces actions hybrides agressives, qui sont menées selon un scénario écrit à Minsk et avec les protecteurs de M. Loukachenko ».
Le ministre de l’Intérieur, Mariusz Kaminski, a précisé les modalités d’application de cette mesure :
« Les manifestations et autres actions ne seront pas autorisées ».

La zone sera interdite aux non-résidents

Pour les personnes vivant ou travaillant dans la zone frontalière, rien ne devrait changer au quotidien. Cependant, les non-résidents ne seront plus autorisés à s’y rendre, ce qui permettra aussi d’empêcher la répétition de l’action de sabotage de la part d’activistes gauchistes qui a eu lieu le dimanche 29 août.
Selon la radio polonaise, le gouvernement de Mateusz Morawiecki justifie également cette démarche par les prochaines manœuvres militaires russo-biélorusses. De son côté, le président Duda a fait savoir qu’il examinerait cette demande avec le soin nécessaire et qu’il ferait part très prochainement de sa décision.

Photo : Facebook / Mateusz Morawiecki
La Rédaction
Article signé par la Rédaction.

https://visegradpost.com/fr/2021/09/01/le-gouvernement-polonais-souhaite-proclamer-letat-durgence-a-la-frontiere-bielorusse/

5/Babiš & Agrofert … la Commission envisage de suspendre les subventions à la Tchéquie – 1 septembre 2021

Tchéquie – Le chantage aux subventions semble bel et bien en train de devenir une méthode courante de dialogue pour la Commission européenne. Après la Hongrie et la Pologne sur la prétendue question de l’État de droit et tout dernièrement les collectivités locales polonaises sur la question de l’idéologie LGBT, c’est désormais à la Tchéquie d’en faire l’expérience.

« Mise en œuvre de mesures préventives et correctives »

Ainsi, comme la station de radio Irozhlas s’en faisait l’écho ce lundi 30 août, la Commission européenne a adressé récemment une lettre aux ministères tchèques de l’Industrie et du Commerce, des Finances, et du Développement régional, dans laquelle elle exige la mise en place de nouvelles mesures relatives au contrôle des conflits d’intérêts et à l’octroi de subventions aux entreprises via des fonds fiduciaires :
« Nous demandons aux autorités tchèques de présenter un rapport sur la mise en œuvre de mesures préventives et correctives pour améliorer le fonctionnement du système de gestion et de contrôle ».
Cet intérêt de la Commission pour cette question est bien entendu liée à l’affaire de conflit d’intérêt impliquant le Premier ministre tchèque Andrej Babiš fortement soupçonné de continuer à contrôler le groupe agro-alimentaire Agrofert, notamment par le biais de fonds fiduciaires, comme un audit de la Commission le concluait il y a quelques mois. La lettre de la Commission, bien que générale, se réfère néanmoins à ce cas précis :
« Nous tenons à vous informer que les conclusions de cet audit [concernant Babiš et Agrofert, ndlr.] ont clairement montré la possibilité de déficiences significatives dans le fonctionnement du système de gestion et de contrôle des programmes FEDER, FC et FSE en République tchèque. »

« Tout ce qui est exigé par la Commission européenne sera suivi »

Tandis que M. Babiš et le groupe Agrofert nient catégoriquement depuis le début tout contrôle actuel du Premier ministre sur son ancienne société, le vice-Premier ministre tchèque Karel Havlíček (ANO) a déclaré prendre ce « document très au sérieux », de même que les « avertissements et recommandations » de Bruxelles. Le ministre tchèque des Finances, Alena Schillerová (ANO), a affirmé que « tout ce qui est exigé par la Commission européenne sera suivi […] Nous n’envisageons pas de ne pas nous conformer [aux exigences de la Commission], nous n’anticipons donc pas la suspension des paiements [des subventions]». De son côté,
le ministre du Développement régional, Klára Dostálová (ANO), explique qu’elle « convoquera dès que possible une réunion avec toutes les autorités de gestion et les représentants du ministère des Finances, au cours de laquelle de nouvelles mesures seront discutées par la République tchèque,
y compris le délai de réponse aux demandes de la Commission européenne ». La menace de suspension des subventions semble donc mieux fonctionner à Prague qu’à Budapest et Varsovie.

Photo : Facebook / Andrej Babiš
La Rédaction
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https://visegradpost.com/fr/2021/09/01/babis-agrofert-la-commission-envisage-de-suspendre-les-subventions-a-la-tchequie/

6/Critiques de Donald Tusk sur fond d’activisme pro-migrants – 31 août 2021

Pologne – Tandis que la situation des 32 migrants bloqués du côté biélorusse de la frontière près du village polonais d’Usnarz Górny (Podlachie) continue de s’enliser – les gardes-frontières polonais leur refusant le passage en Pologne et leur collègues biélorusses les empêchant de retourner en Biélorussie – des activistes pro-migrants, encouragés par le militant et cinéaste droits-de-l’hommiste Paweł Kasprzak, ont entrepris, ce dimanche 29 août, de couper les barbelés de la clôture frontalière polonaise.

« Renversons symboliquement ces barrières » 

En raison de ce contexte de crise migratoire où les autorités biélorusses usent manifestement des migrants comme outils de représailles aux sanctions de l’Union européenne suite à la réélection fortement contestée du président Loukachenko en août 2020, le ministre polonais de la Défense Mariusz Błaszczak a annoncé la construction d’une clôture de protection de la frontière orientale polonaise sur le modèle de ce qu’a fait la Hongrie sur sa frontière sud. Jusqu’au vendredi 27 août, les six premiers kilomètres en avaient été mis en place, en plus de 150 km de barbelés posés à même le sol. Or, ce dimanche 29 août, dans la localité de Szymaki, située à une vingtaine de kilomètres au nord d’Usnarz Górny, ainsi que le rapporte le site du magazine conservateur Do Rzeczy, une dizaine de militants de l’Open Dialogue Fondation (Fundacja Otwarty Dialog), menés par l’activiste Bartosz Kramek, se sont approchés des barbelés et ont entrepris de les découper à la pince-monseigneur et d’en diffuser les images sur les réseaux sociaux.
Le cinéaste engagé Paweł Kasprzak a notamment relayé ces images sur son compte Facebook en y ajoutant le commentaire suivant :
« Il ne s’agit pas seulement d’un ‘réflexe du cœur’. Il s’agit d’une stratégie délibérée. 13 personnes déterminées et d’un courage impressionnant sont allées faire le plus grand trou possible dans la clôture de Błaszczak.
Ils ne se font pas de grandes illusions sur cette question. Ils y sont allés pour être condamnés pour destruction de biens et violation d’une installation frontalière… », suggérant que le but de cette action symbolique – puisque ne permettant pas directement le passage illégal de la frontière par des migrants – est justement d’exploiter ultérieurement la condamnation pénale attendue pour ces faits délibérés de dégradation de biens publics. De son côté, Bartosz Kramek avait exhorté dans le quotidien progressiste Gazeta Wyborcza à « encourager la destruction des barbelés à la frontière » et présenté son action comme de la « désobéissance civile » : « Allons-y et renversons symboliquement ces barrières – comme le propose le créateur du mouvement Citoyens de la République de Pologne [Obywatele RP], Paweł Kasprzak. Protestons – activement et résolument, dans un esprit de désobéissance civile. Les barrières ne sont que dans les esprits ».

Réaction ferme du gouvernement

Comme on pouvait s’y attendre, les treize personnes – douze Polonais et un Néerlandais – ayant participé à cette action illégale ont été arrêtées peu après par les gardes-frontières polonais et le ministre de l’Intérieur Mariusz Kamiński (PiS) a déclaré que ceux-ci « supporteront toutes les conséquences pénales de leurs actes […] La situation à notre frontière est absolument inacceptable.
Les auteurs qui ont brisé la clôture ont été arrêtés par les gardes-frontières et encourront toutes les conséquences pénales de leurs actes. Nous réagirons à ce genre d’actes avec une pleine détermination »,
tandis que le vice-ministre de l’Intérieur, Maciej Wąsik, ajoutait de son côté : « Les gardes-frontières ont arrêté un groupe de 13 personnes en train de détruire les infrastructures à la frontière polono-biélorusse. Parmi les détenus se trouve Bartosz Kramek, qui a appelé à un tel acte dans Gazeta Wyborcza […]
Il n’y aura aucune indulgence pour le soutien à la guerre hybride de Loukachenko. Les auteurs seront présentés au procureur ». 

Tusk critique les « réactions tardives » du gouvernement

C’est dans ce contexte – mais néanmoins avant cette action de dégradation – que l’ancien premier ministre libéral Donald Tusk, président de la Plateforme civique (PO), avait publié le mercredi 25 août une déclaration critiquant l’action du gouvernement de Mateusz Morawiecki vis-à-vis de cette crise migratoire provoquée par la Biélorussie : « Nous sommes tous préoccupés par la situation à notre frontière orientale. Malheureusement, cette inquiétude est justifiée.
Tout d’abord, nous sommes très touchés par la crise humanitaire et la situation dramatique des 30 personnes qui campent à notre frontière, dont des femmes et des enfants.
[…] Ce sentiment d’impuissance de la part de nos autorités est d’autant plus justifié qu’après tout, nous savons très bien que des milliers de migrants ont franchi illégalement la frontière polonaise ces dernières semaines, comme l’ont confirmé des responsables gouvernementaux […] Alors, que faut-il faire aujourd’hui ? Comment pouvons-nous prévenir cette évolution négative, voire dramatique ? Nous devons construire un consensus national autour de ces deux dimensions fondamentales de cette crise. Tout d’abord, je pense que nous voulons tous aider ceux qui souffrent, et je parle spécifiquement de ce groupe de 30 personnes.
Il n’est pas possible que le gouvernement d’un grand pays européen soit incapable de fournir des médicaments et un sandwich à une mère et son enfant à notre frontière. 
Deuxièmement, et c’est un problème d’une grande importance politique, nous devons être en mesure d’assurer la sécurité de nos frontières, et nous avons là aussi un sentiment d’impuissance et de désarroi de notre gouvernement et de ses réactions tardives face à la crise migratoire croissante. […] Le gouvernement, mais aussi nous tous, avons la responsabilité de parler sérieusement et de manière responsable de la manière de prévenir cette crise, d’aider les personnes et de sécuriser nos frontières […] Aujourd’hui, en fait, il n’y a que des victimes de cette crise encore minime, et ces victimes sont les personnes qui souffrent à la frontière, les soldats et les gardes-frontières dont la réputation a été mise à mal, notamment par les actions inconsidérées des autorités. 
Nous sommes tous victimes, car nous sommes de plus en plus divisés, et j’attends donc du gouvernement et du président polonais qu’ils prennent des mesures immédiates pour établir un consensus et un accord national autour de ces problèmes ».

Photo : Facebook / Donald Tusk
La Rédaction
Article signé par la Rédaction.

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