3741 – 1/Le gouvernement polonais … 2/La Slovénie … 3/Épidémie de Covid-19 … 4/Émeutes autour … 18 au 20/04/2020

1/Le gouvernement polonais cherche à limiter les dégâts économiques du coronavirus … 18/04/2020

2/La Slovénie étend sa barrière frontalière avec la Croatie… 19/04/2020

3/Épidémie de Covid-19 : situation au 19 avril dans le V4 et en Autriche… 19/04/2020

4/Émeutes autour du confinement en Roumanie… 20/04/2020

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1/Le gouvernement polonais cherche à limiter les dégâts économiques du coronavirus … 18/04/2020

pologne 2020.04.09-morawiecki-fb le premier ministre Mateusz Morawiecki

Le gouvernement polonais annonçait jeudi soir une première série de mesures destinées à alléger le confinement et relancer l’économie, tandis que le pays pourrait connaître cette année sa première récession depuis 1992.

L’agence de notation S&P s’attend à une baisse du PIB de 2% cette année et espère une croissance de 4,8% l’année prochaine.
Pour le FMI, la contraction du PIB polonais pourrait même atteindre 4,6% cette année et sera suivi d’une croissance de 4,2% en 2021. Pour permettre à l’économie de rebondir au plus vite, et aussi de ne pas entrer dans une spirale qui la conduirait à la dépression, le premier ministre Mateusz Morawiecki a bien entendu renoncé à sa promesse d’un budget équilibré pour cette année et deux plans de soutiens aux entreprises, appelés « bouclier anti-crise », ont été adoptés par le parlement (le deuxième a été approuvé en dernière lecture dans la nuit de jeudi à vendredi), et déjà des médias annoncent un troisième plan en préparation.
En Pologne, si les mesures de distanciation sociale ont été prises à un stade précoce de l’épidémie, elles sont moins strictes qu’en France, en Italie, en Espagne ou au Royaume-Uni. C’est ainsi que la plupart des magasins ont pu rester ouverts hormis ceux qui se trouvent dans les centres commerciaux où seuls les supermarchés alimentaires fonctionnent encore.
Depuis le jeudi 16 avril, les gens doivent se couvrir la bouche et le nez dans tous les lieux où ils sont proches d’autres gens (dans les magasins, sur les lieux de travail, dans la rue quand il y a du monde à proximité, dans les transports en commun, dans les voitures en présence de personnes ne vivant pas sous le même toit, etc.) tout en continuant de respecter une distance minimale de 2 m entre eux quand c’est possible. La Pologne impose donc désormais le port du masque comme la Tchéquie et la Slovaquie, deux pays où l’épidémie a progressé plus lentement.

 

Nombre cumulé de cas de Covid-19 dans les pays du V4. Chiffres pour la Pologne au 17 avril : 8 214 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, 318 décès, 866 guérisons, 2 673 personnes hospitalisées, 138.004 personnes en quarantaine obligatoire surveillée, 25 773 personnes sous surveillance épidémiologique, plus de 12 500 tests de dépistage réalisés au cours des dernières 24h (contrairement à la France, la politique des autorités polonaises vise à tester toute personne ayant été au contact d’un porteur du virus).

 

 

 


 

 

 

 

 

Le télétravail reste obligatoire partout où il est possible et aucune date n’a encore été donnée pour le retour des enfants à l’école.
À partir du lundi 20 avril, les magasins pourront accueillir plus de clients à la fois : 4 par caisse pour les magasins de moins de 100 m², 1 personne pour 15 m² pour les magasins de plus de 100 m² (depuis le 24 mars le maximum était de 3 clients par caisse quelle que soit la taille du magasin). Les lieux de culte pourront accueillir 1 personne pour 15 m² contre 5 fidèles maximum depuis le 24 mars. L’accès aux parcs et forêts sera à nouveau autorisé. Les enfants de plus de 13 ans pourront à nouveau sortir et se déplacer non accompagnés.

Une réévaluation hebdomadaire a été annoncée avec des mesures prises en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Après cette première étape, une deuxième étape est prévue, pour on ne sait encore quelle date, avec la réouverture des hôtels, bibliothèques, musées et galeries d’art, et ce n’est qu’avec la troisième étape que pourront rouvrir les coiffeurs et salons de beauté ainsi que les centres commerciaux (mais avec des restrictions) et la consommation sur place dans les restaurants. Viendra ensuite une quatrième étape pour tout le reste (comme les clubs de fitness, les théâtres et les cinémas) avec de nouvelles règles sanitaires.

Bien entendu, les entreprises attendront avec impatience la reprise de l’école pour récupérer leurs salariés coincés à la maison, mais, comme dit plus haut, aucune date n’a encore été annoncée et il se pourrait bien que la reprise de l’école ne se fasse qu’en septembre.

Elles attendront aussi le retour des quelque 150 000 Ukrainiens rentrés au pays, notamment pour l’accélération des chantiers aujourd’hui ralentis par les mesures sanitaires et le manque de main d’œuvre (car les chantiers n’ont pas été fermés en Pologne). Mais pour cela, il faudra attendre la réouverture des frontières aux étrangers dont on ne connaît pas encore la date.
Outre la pénurie de main d’œuvre (la Pologne n’avait que 2,9 % de chômeurs en janvier, selon la méthode de calcul Eurostat, ou 5,5 % selon les critères de l’Office de la statistique polonais GUS), les entreprises sont confrontées à une forte chute de la consommation depuis le mois de mars, ainsi qu’à l’arrêt des activités « non essentielles » ou au fort ralentissement de l’activité sur les principaux marchés à l’export.
Pour permettre aux entreprises de survivre à cette période, le gouvernement de Mateusz Morawiecki a fait voter par le parlement plusieurs grandes mesures dont les principales sont :
  • des allocations d’arrêt d’activité ou de réduction d’activité à concurrence de 80 % du salaire minimum pour les auto-entrepreneurs,
  • l’exonération pendant 3 mois des cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs et les entreprises employant jusqu’à 9 salariés,
  • l’exonération partielle des cotisations sociales pour les entreprises plus importantes, la prise en charge des salaires par l’État à concurrence de 50 % du salaire minimum,
    • ou jusqu’à concurrence de 40% du salaire moyen pour les réductions du temps de travail, ainsi que des possibilités de reports d’impôts,le tout étant conditionné à une chute du chiffre d’affaires de l’entreprise concernée par rapport au même mois de l’année dernière.
  • Par ailleurs, les deux « boucliers anti-crise » adoptés à ce jour contiennent des mesures de soutien aux secteurs les plus touchés, comme les entreprises de transport et du secteur touristique, ainsi que des mesures de soutien au crédit, des prêts préférentiels et en partie non-remboursables pour les entreprises qui ne licencieront pas, la possibilité de suspendre le remboursement des crédits bancaires pour une période limitée, etc.

D’autres mesures visent à soutenir la production, telle la poursuite des travaux d’infrastructures, avec de nouvelles annonces en ce mois d’avril, ainsi que, par exemple, le lancement d’un grand programme de production de masques en coordonnant les capacités de quelque 200 ateliers de couture éparpillés dans tout le pays.

L’ensemble de ces mesures a une valeur potentielle estimée à 212 milliards de zlotys (environ 49 milliards d’euros au cours d’avant l’épidémie, un peu plus de 45 milliards au taux de change actuel), soit environ 10 % du PIB polonais.


source/https://visegradpost.com/fr/2020/04/18/le-gouvernement-polonais-cherche-a-limiter-les-degats-economiques-du-coronavirus/

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2/La Slovénie étend sa barrière frontalière avec la Croatie… 19/04/2020

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Slovénie – Le confinement et la lutte contre l’épidémie de coronavirus Covid-19 est également en plein cœur de l’actualité des Balkans. Cela n’empêche pas cependant la poursuite de projets dans d’autres domaines.

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C’est ainsi que les autorités slovènes procèdent à une extension de leur barrière frontalière avec la Croatie dans la région de Kočevje et de Kostel dans le sud du pays, près de la côte adriatique, ainsi que le long de la rivière Kolpa (Kupa en croate).

Sur les 380 km de frontières entre les deux anciennes républiques yougoslaves – on notera qu’il s’agit aussi d’une frontière extérieure de la zone Schengen, la Slovénie en faisant partie mais pas la Croatie –, 196 km sont déjà dotés d’une barrière frontalière « anti-migrants » sur le modèle de celle que la Hongrie a érigée notamment à la frontière serbe.

Slovénie-Croatie

Les nouveaux tronçons d’une longueur totale de 40 km devraient être achevés d’ici la fin de l’année, portant ainsi à 236 km (soit 62%) la portion de la frontière protégée par une barrière matérielle. La Slovénie avait commencé à protéger efficacement sa frontière lors de la crise migratoire de 2015, lorsque plus d’un million de migrants illégaux déferlèrent par ladite Route des Balkans vers l’Allemagne et l’Europe occidentale.

Devant la menace d’un nouvel accroissement de la pression migratoire depuis la Turquie, le gouvernement conservateur de Janez Janša prend donc les devants.


source/https://visegradpost.com/fr/2020/04/19/la-slovenie-etend-sa-barriere-frontaliere-avec-la-croatie/

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3/Épidémie de Covid-19 : situation au 19 avril dans le V4 et en Autriche… 19/04/2020

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Hongrie

  • Au 19 avril 2020, il y a 1 916 personnes contaminées (19,6 cas pour 100 000 hab.), 189 morts et 250 guérisons.
  • La vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, a reconnu que la Hongrie n’avait à aucun moment violé les règles européennes dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus : « Je ne suis pas encore inquiète. Jusqu’à présent, la Hongrie n’a adopté aucune législation contraire à l’ordre juridique de l’Union européenne », a-t-elle déclaré à la télévision tchèque CT24.
  • Le premier ministre Viktor Orbán qui effectuait une inspection inopinée à l’hôpital Magyar Imre à Ajka (comitat de Veszprém, dans l’Ouest du pays) ce matin, a déclaré que selon les experts, le pic de l’épidémie devrait être atteint d’ici le 3 mai en Hongrie.

Pologne

  • 9 287 infections confirmées (24,2 cas pour 100 000 hab.), 360 morts et 1 040 guérisons au 19 avril 2020.
  • Le secrétaire d’État au Développement Krzysztof Mazur a exprimé ses craintes que « des restrictions trop longues et trop lourdes [puissent] entraîner une dépression sociale, de la colère ou une profonde récession économique ».

Slovaquie

  • Au 19 avril 2020, 1 161 cas de personnes contaminées sont recensés (21,3 cas pour 100 000 hab.), douze morts et 229 guérisons.

Tchéquie

  • La Tchéquie est toujours le pays le plus touché au sein du V4. Au 19 avril 2020, il y a 6 657 cas recensés (62,6 cas pour 100 000 hab.), 181 morts et 1 235 guérisons.
  • Plusieurs cyberattaques contre des hôpitaux tchèques ont eu lieu au cours des derniers jours, ce qui suscite des inquiétudes croissantes.

Autriche

  • Au 19 avril 2020, il y a 14 696 cas recensés (166 cas pour 100 000 hab.), 452 morts et 10 501 guérisons.
  • Les provinces les plus touchées sont toujours le Tyrol (453 cas pour 100 000 hab.), le Vorarlberg (218) et la province de Salzbourg (216)en comparaison, la France est aujourd’hui en moyenne à 167 cas pour 100 000 hab.
  • Les professionnels du tourisme demandent à ce que les frontières vers l’Allemagne soient ouvertes cet été, les touristes allemands représentant une grande partie des nuitées et des recettes des hôtels et restaurants.
Épidémie de Covid-19, situation au 19 avril 2020 dans les pays du V4 et en Autriche.



source/ https://visegradpost.com/fr/2020/04/19/epidemie-de-covid-19-situation-au-19-avril-dans-le-v4-et-en-autriche/

4/Émeutes autour du confinement en Roumanie… 20/04/2020

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Roumanie – De violents incidents ont opposé ce samedi de nombreuses personnes et les forces de l’ordre notamment dans un quartier de la ville de Hunedoara et dans un village du département de Braşov ; des vidéos de ces violences circulent sur les réseaux sociaux.

Des émeutes suite à un contrôle d’attestation

Dans le quartier Micro 6 Nord de Hunedoara, les incidents ont éclaté samedi après-midi alors que des policiers contrôlaient une personne en état d’ébriété qui n’avait pas d’attestation pour justifier sa présence sur la voie publique dans le cadre du confinement et de l’état d’urgence en vigueur en Roumanie et prolongés jusqu’à la mi-mai par le président Iohannis. Un déchaînement de violence s’en est suivi au cours duquel deux véhicules de police ont été endommagés tandis que les forces de l’ordre ont battu en retraite comme on le voit sur la vidéo publiée sur le site du quotidien local Hunedoara Liberă. La police a dû procéder à des tirs de sommation. Neuf des personnes ayant participé à ces incidents ont été arrêtées.

Une foule armée de bâtons et de pelles 

Dans la deuxième vidéo vraisemblablement tournée dans un village de la commune de Săcele (département de Braşov), une foule visiblement en colère et s’exprimant en roumain, armée de bâtons et de pelles, s’en prend violemment à une voiture (peut-être un véhicule de police) qui arrivait à vive allure en leur direction et s’arrêtant brusquement contre une clôture en fauchant quelqu’un. Les émeutiers en détruisent alors le pare-brise à coups de pelles tandis qu’un des policiers présents brandit un fusil.

Enfin, d’autres incidents du même style ont éclaté hier soir dans un quartier de Ploieşti (70 km au nord de Bucarest) ainsi que dans le quartier de Rahova à Bucarest où 37 personnes ont été arrêtées.

Un pays fragilisé économiquement

Ces scènes d’émeutes font suite à plusieurs facteurs de tensions. La mise en place d’une système policier et contrevenant la Constitution, ainsi que les interdits concernant la Pâques orthodoxe dans ce pays encore religieux ont généré un mécontentement important. Mais parmi les populations les plus touchées par le bouleversement de l’économie du fait des mesures sanitaires, la colère gronde pour une autre raison : la faim. Certains travailleurs au noir ou précaires commencent à affronter un quotidien très difficile où la faim devient un danger plus pressant que l’épidémie. Cela avait déjà poussé des milliers de saisonniers à braver les mesures sanitaires pour retourner travailler à l’Ouest.

La Roumanie est l’un des pays les plus susceptibles de souffrir économiquement de la crise du coronavirus à moyen terme. En effet, une grande partie de sa population est émigrée en Europe occidentale pour y travailler (notamment en Italie), et le pays vit beaucoup de l’économie du mandat (c’est-à-dire des Roumains qui renvoient au foyer une partie de leur salaire). L’épidémie a précipité le retour de nombreux Roumains, qui ne disposent pas nécessairement de couverture chômage dans les pays où ils travaillaient, et remplacé l’importation de salaires occidentaux par une importation de chômeurs rentrés au pays.

On dénombre à ce jour 8 746 cas confirmés de coronavirus en Roumanie où 434 personnes en sont mortes tandis que 1 892 personnes ont guéri de la maladie.

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La Rédaction

Article signé par la Rédaction.

 


source/https://visegradpost.com/fr/2020/04/20/emeutes-autour-du-confinement-en-roumanie/

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