3652 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 27 février 2020

19 POINTS & 6 QUESTIONS RÉPONSES

1 Sur l’entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Ismaïl Haniyeh, président du bureau politique du mouvement palestinien Hamas

Ismaïl Haniyeh, président du bureau politique du mouvement palestinien Hamas w1240-p16x9-hamas_0  Ismaïl Haniyeh, président du bureau politique du mouvement palestinien Hamas

Lundi 2 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra à Moscou Ismaïl Haniyeh, président du bureau politique du mouvement palestinien Hamas.

Pendant cet entretien sera évoqué objectivement le rétablissement de l’unité inter-palestinienne sur la plateforme politique de l’Organisation de libération de la Palestine, ainsi que les perspectives de règlement solide et global du conflit au Proche-Orient sur la base juridique internationale reconnue.

2  Sur la visite en Finlande de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

Ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto. 156553082 Ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto.

Mardi 3 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra à Helsinki à l’invitation du Ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto. Le jour même est prévu un entretien entre Sergueï Lavrov et le Président finlandais Sauli Niinistö.

le Président finlandais Sauli Niinistö. Tasavallan presidentti Sauli Niinistö uudenvuodenpuhe 2018  le Président finlandais Sauli Niinistö.

Durant ces pourparlers est également prévue une discussion sur l’ordre du jour bilatéral, régional, et international.

3 Sur les publications concernant le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères

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Jeudi 5 mars, à l’occasion du 50e anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), le site du Ministère russe des Affaires étrangères publiera des informations consacrées à l’histoire de la préparation du Traité. Cette publication s’inscrit dans le cadre d’une initiative conjointe des États dépositaires du TNP.
Nous comptons également diffuser ces informations sous forme imprimée pendant la Conférence d’examen du TNP prévue à New York du 27 avril au 22 mai.
  4 Sur la situation actuelle concernant le coronavirus Covid-19

 

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Compte tenu de la propagation de cette maladie qui provoque une forme aiguë de pneumonie, je voudrais noter ce qui suit.

Vous le savez, la Chine publie des informations officielles. Je ne vais pas les répéter. Nous soutenons totalement la Chine dans ses efforts pour lutter contre cette épidémie. Nous sommes disposés également à apporter un soutien systémique à nos compatriotes qui se trouvent actuellement à l’étranger. Nous diffusons des informations sur les pages de nos ambassades et consulats généraux, ainsi qu’au niveau de nos représentations permanentes auprès des organisations internationales. Nous publions les informations à ce sujet avec des numéros verts. D’ailleurs, le Ministère a procédé à une vérification globale pour évaluer l’efficacité du fonctionnement de ces numéros pour savoir si nos représentants remplissaient de bonne foi leurs fonctions compte tenu de la situation, notamment épidémiologique. Je pense que ces mesures amélioreront le niveau de travail et de responsabilité.

En plus de la Chine, le coronavirus pénètre dans d’autres pays et régions où le nombre de personnes infectées augmente constamment, les zones de contamination s’élargissent.

De tels cas de maladie ont été recensés en République de Corée (1595 malades), au Japon (plus de 800 malades, y compris les passagers du Diamond Princess), en Italie (plus de 400), en Iran (139), à Singapour (93), aux États-Unis (60), en Thaïlande (40), à Bahreïn (33), en Allemagne (27), au Koweït (26), en Australie (23), en Malaisie (22), en France (18), au Vietnam (16), aux Émirats arabes unis (13), au Royaume-Uni (13), en Espagne (13), au Canada (11), en Irak (5), à Oman (4), aux Philippines (3), en Croatie (3), en Inde (3), en Autriche (2), en Israël (2), au Liban (2), en Finlande (2), en Afghanistan (1), au Népal (1), au Cambodge (1), en Norvège (1), en Belgique (1), en Suisse (1), en Égypte (1), en Algérie (1), en Suisse (1), au Brésil (1), en Grèce (1), en Roumanie (1), en Macédoine du Nord (1), en Géorgie (1), en Estonie (1), au Danemark (1), et au Sri Lanka (1).

Je voudrais souligner de nouveau que ces informations changent. Nous informerons, via nos sites et nos représentations à l’étranger, ceux qui s’apprêtent à partir ou se trouvent dans ces pays ou ailleurs, notamment en transit. Les médias et les agences touristiques sont priés de suivre ces informations et de les relayer à toutes les personnes intéressées.

Je voudrais mentionner en particulier la situation en Italie parce que ces derniers temps nous recevons de nombreuses questions, et qu’un grand nombre de citoyens russes visitent ou vivent dans ce pays (près de 45.000).

En deux semaines, le nombre de cas avérés de contamination a atteint 453(dont 12 mortels). Aucune information n’a été rapportée concernant des citoyens russes infectés en Italie. Dans les régions les plus touchées par la maladie (Lombardie, Vénétie) les autorités ont décrété un régime de quarantaine (englobant près de 50.000 personnes), y compris une interdiction temporaire d’entrée et de sortie. En même temps, des mesures de restrictions sont en vigueur dans toutes les régions du Nord du pays jusqu’au 15 mars: les cours dans les établissements scolaires et les activités de masse ont été annulés, les sites touristiques, les musées, les théâtres, les cinémas et les expositions sont fermés aux visiteurs, l’activité commerciale a cessé.

Le gouvernement a l’intention d’étendre certaines restrictions au niveau national (notamment en ce qui concerne les activités de masse qui se déroulent en Italie). On assiste à une pénurie de certains produits alimentaires, de médicaments, de masques et de produits désinfectants.

Nous nous arrêtons en détail sur ce point car nous recevons un très grand nombre de questions.

La communication aérienne entre nos deux pays fonctionne normalement à l’heure actuelle.

Je rappelle qu’hier, le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a publié un grand commentaire intitulé « Sur les recommandations du ministère russe des Affaires étrangères en rapport avec la propagation du nouveau coronavirus en République de Corée, en Iran et en Italie ».

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Je répète que le Ministère russe des Affaires étrangères préconise aux citoyens russes de s’abstenir provisoirement de partir en République de Corée, en Iran et en Italie à part en cas d’extrême nécessité.

En voyageant dans tous les pays où ont été constatés des cas d’infection par le coronavirus, il convient de tenir compte de la situation, de rester particulièrement prudent, de respecter les règles d’hygiène, de prendre en compte les recommandations de l’agence Rospotrebnadzor, d’éviter les lieux de grande affluence. En cas d’apparition de symptômes de la maladie il faut s’adresser immédiatement à un établissement médical pour établir le diagnostic et se faire soigner.

Les établissements diplomatiques russes à l’étranger, je le souligne de nouveau, prennent les mesures nécessaires dans les pays où l’épidémie s’est propagée pour assurer la sécurité aussi bien de leurs collaborateurs que des citoyens russes qui s’y trouvent. Dans leur travail, ces établissements tiennent compte de l’évolution de la situation liée au coronavirus dans le pays d’accueil.

Je voudrais également attirer une fois de plus l’attention des médias et des citoyens qui comptent partir à l’étranger sur la nécessité de souscrire des assurances médicales. C’est particulièrement d’actualité dans la situation actuelle.

Je voudrais dire que nos informations sont complémentaires. Elles complètent les informations publiées par le QG opérationnel officiellement créé en Russie pour le contrôle et le suivi de la situation du coronavirus sous l’égide du gouvernement.

5 Sur la situation actuelle en Syrie

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En Syrie, l’attention reste rivée sur Idleb, qui s’est transformée en bastion de l’alliance terroriste Hayat Tahrir al-Cham. Nous considérons l’inaccomplissement du Mémorandum russo-turc du 17 septembre 2018 comme l’une des principales raisons de la dégradation de la situation.

Malgré le cessez-le-feu décrété le 9 janvier, les terroristes ont poursuivi leurs tirs contre les communes proches et les positions des forces gouvernementales. Depuis cette date, nous avons constaté plus de 1.800 tirs et plus de 430 attaques avec des armements lourds. Plus de 160 civils ont été tués et près de 350 ont été blessés; parmi les militaires syriens les pertes sont encore plus élevées avec plus de 450 morts et plus de 1.100 blessés. De plus, les terroristes ont lancé 10 attaques contre les sites militaires russes, dont deux bombardements de Hmeimim avec des lance-roquettes multiples.

Les positions syriennes sont également visées par des unités turques. En tout, depuis le 3 février, plus de 40 bombardements ayant fait presque 20 morts et plus de 40 blessés parmi les militaires syriens ont été recensés. Ces attaques ont été perpétrées dans les régions où les terroristes tentaient d’attaquer les positions des forces gouvernementales.

Il est évident que dans ces conditions, l’armée syrienne est forcée d’agir résolument. Avec le soutien de l’aviation russe, elle mène l’opération « Aube d’Idleb » visant uniquement les terroristes retranchés dans la zone de désescalade.

Les consultations de la délégation interministérielle russe avec des représentants turcs concernant la normalisation de la situation à Idleb, lancées hier, se poursuivront aujourd’hui à Ankara.

Grâce aux succès de l’armée syrienne contre les terroristes dans la zone de désescalade d’Idleb, pour la première fois depuis une longue période a été rétablie la circulation routière sur l’autoroute M5 (Damas-Alep). Prochainement, les autorités syriennes comptent également rétablir la communication ferroviaire sur la ligne Homs-Hama-Alep.

En février, l’armée syrienne a également réussi à libérer entièrement Alep et ses environs des terroristes, ce qui a permis d’entamer immédiatement le processus de rétablissement de la vie pacifique. Après une interruption de huit ans, l’aéroport international de la ville a accueilli le premier vol en provenance de Damas. Il est prévu de rétablir prochainement la communication aérienne entre Alep et Le Caire.

Nous remarquons le processus de réintégration de la Syrie au sein de la communauté internationale. Le 21 février, une délégation parlementaire syrienne a participé au travail de la 14e session plénière de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée à Athènes. Plus de 20 compagnies syriennes ont participé au salon international de l’alimentation d’Abou Dabi mi-février.

6 Sur l’initiative de l’Union africaine de déployer en Libye une mission d’observateurs militaires

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Nous saluons les déclarations de la direction de l’Union africaine à l’issue du sommet de cette organisation (Addis-Abeba, 9-10 février 2020) concernant sa disposition à envoyer en Libye un groupe d’observateurs militaires afin de surveiller le cessez-le-feu s’il était conclu entre les belligérants libyens.

Nous partons du principe que l’activité des observateurs militaires de l’Union africaine, qui doit se dérouler en coordination étroite avec l’Onu compte tenu du rôle central de l’organisation mondiale dans le processus de paix libyen, pourrait apporter une contribution importante aux efforts de la communauté internationale pour normaliser la situation en Libye, la preuve de l’application à part entière par l’Union africaine du principe « aux problèmes africains une solution africaine ».

Nous espérons que l’implication étroite de l’Union africaine dans le processus de paix en Libye contribuera à la tâche de faire cesser définitivement les conflits armés sur le continent africain, contribuera à la lutte contre la menace terroriste, notamment dans la zone du Sahara-Sahel, et permettra de garantir des conditions de développement favorables pour les pays d’Afrique.

7 Avis concernant les négociations entre les États-Unis et les talibans et leurs conséquences éventuelles pour le processus de paix interafghan

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Je voudrais vous citer la déclaration d’un haut représentant américain faite il y a deux ans, en février 2017.  Le commandant des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, John Nicholson (d’ailleurs, je me souviens que nous avons commenté, peut-être pas cette déclaration précise mais des déclarations similaires de lui) avait déclaré dans une interview accordée au service afghan de Voice of America, ce média libre, démocratique, impartial et non propagandiste: « Oui, la Russie soutient effectivement et tente de légitimer les talibans. L’ampleur de ce soutien est difficile à évaluer, mais le fait est qu’en soutenant les talibans ils aident un groupe qui justifie le terrorisme et prépare des terroristes ». Et ainsi de suite dans le même genre. C’était en février 2017.

Le 29 février est prévue la signature d’un accord entre les Etats-Unis et les talibans sur le retrait des forces étrangères d’Afghanistan.

Que disait déjà John Nicholson sur les tentatives de la Russie de légitimer les talibans?

Il espérait peut-être que nous n’avions pas internet ou que ne savions pas l’utiliser. Ce n’est pas le cas.

La Russie a parlé à plusieurs reprises de l’absence d’alternative aux méthodes politiques et diplomatiques pour régler le conflit en Afghanistan et du soutien aux négociations mentionnées, qui doivent ouvrir la voie au lancement d’un dialogue inclusif interafghan direct sur la paix et la normalisation dans ce pays. Pour cette position en question, nous n’avons pas simplement été critiqués: on a cherché à nous « attacher au poteau de la honte », à nous faire passer pour un État qui ne soutenait pas le droit international et le détruisait. De plus, nous étions directement accusés (j’ai cité un extrait) de soutenir le terrorisme international. Exactement pour la position qui vient de prévaloir aujourd’hui.

RUSSIE Zamir Kaboulov 211df71f445ff62c9ae9b7de66b94c33-870x457Zamir Kaboulov

Zamir Kaboulov, représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour l’Afghanistan, directeur du Deuxième département pour l’Asie du Ministère russe des Affaires étrangères, qui exprime depuis plusieurs années notre position et la formule en grande partie, participera à la cérémonie de la signature de l’accord américano-taliban en tant qu’invité.

Bien évidemment, nous ne nous arrêterons pas à une simple révision des déclarations américaines concernant les talibans et des opinions russes à ce sujet. Je voudrais faire une sélection spéciale parce que cela ne paraît plus simplement comique mais constitue une preuve réelle de:

1. L’instabilité du système politique américain;

2. Son engagement permanent au profit des intérêts intérieurs, des intérêts de ses propres groupes politiques, voire financiers et économiques;

3. L’imprévisibilité de la politique étrangère américaine, ce qui entraîne des menaces directes à l’existence de l’ordre mondial actuel.

Cette liste n’est pas exhaustive.

8  Sur la situation au Cameroun

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La situation reste difficile dans les provinces au Nord-Est et au Sud-Ouest du Cameroun.Nous arrivons à la conclusion que cela est dû aussi bien à la situation instable dans les régions voisines du continent africain qu’à des causes historiques. Le partage des anciennes possessions coloniales sans tenir compte des particularités religieuses, linguistiques et ethniques, des traditions du continent, de la région, a créé de nombreux foyers de tension en Afrique. Le Cameroun ne fait pas exception.

Nous appelons les belligérants camerounais à faire preuve d’un maximum de retenue.Nous partons du principe que la solution aux problèmes intérieurs de ce pays peut être trouvée dans le cadre d’un dialogue national substantiel en respectant les droits de l’homme et en garantissant la primauté de la loi.

Nous sommes convaincus que les Camerounais sont capables de régler par leurs propres moyens les problèmes aggravés et, si besoin, avec le soutien de l’Union africaine ainsi que des organisations sous-régionales, notamment de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale.

Les défis et les risques auxquels est actuellement confrontée l’Afrique centrale sont étroitement liés. La déstabilisation de la situation dans un pays est susceptible de provoquer une réaction en chaîne dans toute la sous-région, ainsi que de se refléter négativement sur les États voisins. A cet égard, dans notre évaluation de la situation au Cameroun, nous jugeons important d’empêcher le franchissement de la limite entre la prévention de la crise et l’ingérence extérieure dans les affaires intérieures de cet État souverain.

9  Sur le lancement du projet de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour combattre le trafic d’armes et les fournitures d’armes aux terroristes

vienna-international-centre  Le Centre International de Vienne (Autriche) est le vaste complexe abritant l’Office des Nations Unies à Vienne (photo prise en 2011) – Licence: CC

Le 21 février à New York a été lancé le nouveau projet de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) visant à empêcher que les armes se retrouvent entre les mains des terroristes. Ce projet a été initié et il est financé en grande partie par la Russie. De nombreuses structures compétentes et États membres de l’Onu ont activement participé à son élaboration et sont disposés à sa mise en œuvre. Pendant l’activité inaugurale, plusieurs autres pays ont exprimé leur intérêt pour adhérer à ce travail. Sachant que les partenaires étrangers ont noté la pertinence et l’opportunité de l’initiative russe.

Dans un premier temps, il est prévu de focaliser les efforts sur une aide aux pays d’Asie centrale en matière de compétences. Il s’agit de l’organisation de séminaires thématiques et de stages d’amélioration des compétences des représentants publics chargés de la lutte contre le trafic d’armes et le terrorisme. Des experts expérimentés de l’OCS participeront aux activités en question.

Compte tenu des premiers résultats, le projet englobera probablement d’autres régions du monde. Nous espérons qu’il permettra également de faire la lumière sur les cas révoltants d’obtention d’armes par les terroristes en Syrie et en Irak.

10 Sur l’éventuel arbitrage concernant le refus des Américains de délivrer des visas d’entrée aux collaborateurs des délégations officielles russes pour travailler lors des événements de l’Onu

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La situation concernant la délivrance de visas aux représentants russes pour entrer sur le territoire américain afin de participer aux activités de différents organes et établissements de l’Onu reste critique. La dernière réunion du Comité des relations avec le pays hôte, le 25 février, a montré qu’il n’y avait aucun progrès en la matière.

Je rappelle qu’au début de l’automne 2019, 18 représentants russes n’avaient pas reçu de visa pour assister à la 74e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Aucun de ces 18 visas n’a été délivré à ce jour. De tels incidents se sont produits avec d’autres délégués russes qui devaient participer aux activités de l’Onu cette année. Les visas ne sont pas délivrés aux représentants russes qui doivent faire partie de la mission, aux citoyens russes sélectionnés pour travailler au Secrétariat de l’Onu, et les visas ne sont pas prolongés pour les diplomates russes travaillant pour la mission.

La non-délivrance de visas par le pays hôte de l’Onu est pratiquée non seulement envers la Russie, mais également envers d’autres pays.

De cette manière, Washington tente visiblement de trier les délégués et les experts participant aux activités de l’Onu, créant ainsi des obstacles très sérieux au travail des délégations nationales. C’est une grossière violation des engagements internationaux des États-Unis prévus par le statut de pays hôte de l’Onu. Cette position est reflétée dans la résolution 17/195 (décembre 2019) de l’Assemblée générale des Nations unies sur le rapport du Comité des relations avec le pays hôte.

Elle stipule également que si la situation relative à la non-délivrance de visas n’était pas réglée dans un délai raisonnable, nous étudierions très sérieusement la possibilité de saisir l’arbitrage prévu par l’Accord entre l’Onu et les États-Unis relatif au siège de l’Onu de 1947. Le Secrétaire général de l’Onu dispose du droit d’initier un tel arbitrage.

Il est évident que ce délai raisonnable s’est écoulé.

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Par conséquent, nous attendons du Secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres des actions concrètes pour initier un arbitrage concernant la violation par les États-Unis de leurs engagements internationaux prévus par le statut de pays hôte de l’Onu. Je voudrais souligner qu’il possède toutes les raisons juridiques pour cela.

11 Sur le durcissement du régime de détention de Viktor Bout

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Selon les informations en provenance de l’Ambassade de Russie aux États-Unis, la raison du transfert du Russe vers le bloc spécial de la prison de Marion (Illinois) a été non seulement son contact non autorisé avec un journaliste, comme l’a déclaré Viktor Bout, mais également sa prétendue correspondance avec un autre détenu d’origine iranienne.

Selon l’avocat du détenu, le contact avec un journaliste avait été approuvé par l’administration de la prison, et la correspondance légitime du citoyen russe s’est retrouvée par erreur entre les mains d’un autre condamné, ce qui est interdit par les règles de la prison. L’avocat compte initier la procédure de contestation jusqu’à s’adresser au tribunal.

De notre côté, nous exprimons notre grande indignation concernant les fouilles zélées de Viktor Bout par les autorités pénitentiaires, notamment le déshabillage complet et l’inspection sous prétexte de rechercher des objets et des substances interdits.

Cette attitude envers les citoyens russes, de véritables sévices, sont inhérents au système américain.

Il est évident que ces actions ne resteront pas sans conséquences.

12 Sur la situation de Konstantin Iarochenko

Family of Russian pilot Konstantin Yaroshenko jailed in USA give press conferenceKonstantin Iarochenko. kidnappé par les autorités américaines

Je voudrais attirer votre attention sur les récentes publications concernant l’état de Konstantin Iarochenko.

Ce n’est pas un simple détenu, mais un individu qui a été kidnappé par les autorités américaines, qui ont grossièrement perverti toutes les normes imaginables du droit international. Depuis des années il souffre de différentes maladies, sans recevoir la moindre aide médicale. Chaque service médical est obtenu de facto par l’envoi de notes diplomatiques, de lettres, et parfois en publiant des déclarations.

Une nouvelle fois son épouse a attiré l’attention sur la détérioration de son état. Nous nous en occuperons. Il est question de nos établissements diplomatiques à l’étranger. Nous appelons les autorités américaines à respecter leurs engagements et ferons tout pour que soit libéré l’homme qui a été « emmuré » dans la prison américaine sans raisons légales, comme nous le voyons de plus en plus sur d’autres exemples.

Nos partenaires occidentaux aiment beaucoup chercher un caractère systémique dans les approches et les actions de différents pays et d’en tirer des conclusions. Les cas de kidnappings, d’interpellations, d’arrestations, de sévices commis par les États-Unis sont suffisamment nombreux pour, en appliquant la même méthodologie que les États-Unis, faire de ce thème une base de preuves de l’inéligibilité de leurs actions.

13 Sur l’évolution de la situation autour de Julian Assange
Le père de Julian Assange, John Shipton, lors de l'ouverture du procès de son fils, lundi 24 février 2020 devant le tribunal de Woolwich (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS AFP)21022767 Le père de Julian Assange, John Shipton, lors de l’ouverture du procès de son fils, lundi 24 février 2020 devant le tribunal de Woolwich (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

On a dépassé les limites de la compréhension, évidemment. Vous le savez, le 24 février à Londres ont commencé les audiences de l’affaire portant sur l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis. Nous savons parfaitement comment cette extradition se terminerait si elle avait lieu. Les exemples sont plus que suffisants. Je rappelle ce qui s’est passé avec Maria Boutina – 117 jours de cellule individuelle sans aucune raison.

L’état de santé de Julian Assange n’est pas simplement inquiétant: il a été qualifié de critique par des experts internationaux. La raison n’est pas l’âge ou une santé fragile: cela résulte de longues tortures psychologiques. Je cite là un expert de l’Onu. Nous devons le comprendre. Après tout, nous sommes en 2020. Il s’agit d’un homme qui a subi une torture psychologique pendant une longue période.

Les observateurs britanniques prédisent un atermoiement du processus et comptent sur l’annonce d’un verdict dans quelques mois, probablement en mai. Ainsi, le journaliste, qui se trouve déjà de facto enfermé depuis plus de sept ans, continue de subir les représailles, dont l’étape finale en cas d’extradition pourrait être une condamnation à vie allant jusqu’à 175 ans.

Le monde entier a qualifié l’affaire Assange d’atteinte à l’institution que sont l’investigation journalistique et les médias indépendants libres, d’atteinte aux droits de l’homme fondamentaux, avec des conséquences catastrophiques.

De telles mesures punitives contre un journaliste au XXIe siècle sont une pratique absolument inadmissible et une honte totale pour les pays occidentaux impliqués, qui se considèrent comme démocratiques et libres.

Cette situation a été commentée par Harlem Désir, représentant de l’OSCE pour la liberté des médias, qui a directement appelé les autorités britanniques à ne pas extrader le journaliste. Vous comprenez, il est question du fait que le système, comme je l’ai dit, est rodé par les États-Unis, que la chaîne fonctionne et continuera de fonctionner. Les militants des droits de l’homme ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude vis-à-vis de l’état de santé de Julian Assange, qui se détériore. Le groupe « Médecins en soutien à Assange » a publié le 17 février une lettre ouverte exigeant de cesser « la violence psychologique et la négligence médicale » à son égard.

William Browder _101806111_hi046999272 William Browder 

Je me dis en permanence qu’il serait probablement temps pour William Browder d’intervenir. Je trouve que c’est le moment, il a une telle expérience. S’il pouvait déployer toute sa puissance, sa force et ses actions antérieures, il pourrait faire sortir Julian Assange. Et le cas échéant, exiger des pays concernés, avant tout du Royaume-Uni et des États-Unis, de décréter des sanctions contre eux-mêmes.

Il est consternant que ce qui arrive à Julian Assange soit le prix payé par le journaliste pour l’accomplissement de bonne foi de son travail et de son devoir civil, à savoir l’information de la société et le partage de l’information à sa disposition. Mais ce qui frappe surtout est la position des médias britanniques dits « indépendants » à ce sujet: au lieu d’une véritable protestation générale, nous ne constatons dans la presse britannique que des publications laconiques et ponctuelles. Seul le journal Guardian fait exception, qui dit ouvertement que les Etats-Unis sont derrière cette affaire.

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Nous nous souvenons, j’espère que vous n’avez pas oublié, comment la presse britannique a couvert l’affaire complètement incompréhensible et mystérieuse des Skripal, comment des États et des individus étaient accusés, comment étaient avancées des suppositions déplacées sans preuves.

Dans le cas présent tout est clair. Il existe un individu concret, qui est encore en vie, bien qu’il soit dans un état critique. Il serait peut-être sensé en l’occurrence pour les médias britanniques de tout faire pour empêcher un crime.

Nous appelons la communauté des militants des droits de l’homme et les structures internationales compétentes à exprimer fermement leur position et à toute faire pour que la justice triomphe vis-à-vis de Julian Assange. Et, je le souligne de nouveau, avant qu’un véritable crime ne se produise. Bien que de nombreux crimes soient déjà commis à son égard, le pire n’est pas encore arrivé.

14 Sur l’anniversaire de l’indépendance de la République dominicaine

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En ce jour, il y a 176 ans, l’un des plus anciens pays des Caraïbes, bien connu par de nombreux Russes, obtenait son indépendance pour devenir la République dominicaine.

Il est également important de rappeler l’histoire de ce pays unique parce qu’il a incarné de nombreux traits et manifestations ayant déterminé le mouvement de toute la région de l’époque de la dépendance coloniale vers l’image moderne d’un État véritablement souverain. Sur cette voie, des générations de Dominicains ont surmonté de nombreuses épreuves: l’oppression de la métropole européenne, la tentative de rétablir la domination étrangère, l’agression extérieure qui s’est manifestée notamment sous la forme de deux occupations à un intervalle de 50 ans. Sur la toile de fond de ces péripéties historiques, le mérite du peuple dominicain dans la formation de sa propre identité et de son propre vecteur de développement suscite un respect sincère.

Le fait qu’aujourd’hui ce pays, notamment en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, mène une ligne ferme au profit de la formation d’un ordre mondial juste et démocratique, où seraient respectées à égalité les voix de tous les pays sans exception, indépendamment de leur poids politique ou capacités économiques, revêt un sens symbolique particulier – car autrefois Saint-Domingue a été fondée en tant que première colonie permanente des Européens dans le Nouveau monde.

Cette époque est révolue depuis longtemps: de nos jours la capitale dominicaine n’est pas un monument du passé colonial révolu, mais un centre important de la vie politique de toute la région des Caraïbes, dont le rôle augmente dans les affaires mondiales, notamment aujourd’hui que l’on constate le retour de la Doctrine Monroe.

Je voudrais me joindre aux vœux du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov adressés à son homologue dominicain et exprimer à la population de ce pays, au nom du Ministère, nos meilleurs vœux de bien-être et de prospérité.

15 Sur le rapport d’experts « La redéfinition de l’ordre régional en Europe postsoviétique et en Eurasie »

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Notre attention a été attirée par le rapport préparé par un groupe multinational de politologues, intitulé « La redéfinition de l’ordre régional en Europe et en Eurasie ». Préparé sous l’égide de la fondation Friedrich Ebert, on notera la contribution côté russe d’experts de l’IMEMO et du MGIMO. Il a été présenté à l’IMEMO affilié à l’Académie des sciences de Russie le 27 février 2020.

Il s’agit d’une analyse collective préparée par des experts indépendants de différents pays (États-Unis, Russie, et plusieurs pays européens). Le rapport exprime leurs avis personnels, qui ne reflètent pas la position officielle des États dont ils sont citoyens. Il est question d’un point de vue d’expert indépendant, scientifique et privé. Compte tenu du thème en question, nous trouvons le travail effectué par les experts utile, même si nous ne pouvons pas être d’accord avec certaines dispositions et conclusions du rapport.

A cet égard, je voudrais expliquer en particulier que conceptuellement et dans notre travail pratique, nous partons du principe que les pays qui sont qualifiés de « médians » (six républiques situées à la périphérie Ouest et Sud de la Russie) ne doivent pas être perçus à travers le prisme de la bataille géopolitique et des « zones d’influence ».

Nous sommes convaincus (le gouvernement russe en parle constamment) que tous ces pays indépendants, relativement jeunes, sont des entités autonomes dans les relations internationales, et qu’il faut respecter leurs particularités, leur étape de développement. C’est pourquoi nous ne trouvons pas tout à fait justifié de proposer des recettes extérieures qui prédétermineraient les voies de développement de ces pays sans tenir compte de leurs avis et situation dans le système international.

En principe, nous estimons qu’il faut adopter une large vision des questions relatives à la sécurité et au développement en Europe et en Eurasie, en tenant compte du contexte historique, des intérêts des peuples et de tous les pays de notre grand continent. La sécurité doit être commune et indivisible en Eurasie.

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Le scénario le plus prometteur et optimal du développement pacifique dans notre voisinage commun réside dans la mise en œuvre de l’initiative du Président russe Vladimir Poutine de créer un Grand partenariat eurasiatique comme un contour continental de coopération, notamment pour créer un large espace de sécurité sans ligne de démarcation ouvert à tous les pays.

16  Sur la disposition de Jack Smith, procureur du Tribunal spécial de La Haye, à entamer les premières procédures dans le cadre de l’enquête sur les crimes des Albanais du Kosovo

Les nouveaux bâtiments de la Cour pénale internationale à La Haye. — © Martijn Beekman AFP file71v8q74ieyb18vpr1cvg  Les nouveaux bâtiments de la Cour pénale internationale à La Haye. — © Martijn Beekman/AFP

Il est question de l’activité du procureur chargé d’enquêter sur les crimes de l’Armée de libération du Kosovo. Sa déclaration  stipule que Jack Smith est prêt à soumettre son analyse concernant un certain groupe d’individus au procès préliminaire. Son approbation par la Chambre compétente permettra d’initier des procès à part entière.

Nous pensons que la nécessité d’avancer des chefs d’inculpation concrets s’impose depuis longtemps. Le Tribunal spécial a été fondé en 2017 sous l’égide de l’UE afin de punir les responsables de crimes tels que les kidnappings en vue d’un vol d’organes pour leur revente sur le marché noir. Sa fondation a été motivée par le rapport d’un député de l’APCE publié en 2010.

Nous sommes convaincus qu’il est inadmissible de passer sous silence les crimes brutaux commis au Kosovo et de les laisser sans enquêtes ni punitions.

Le thème du trafic d’organes doit être suivi de près par la communauté internationale. C’est la réputation de la justice internationale qui est en jeu, de l’UE en tant que garant de l’accomplissement de ses fonctions par le Tribunal spécial et, en principe, de la capacité des institutions européennes à évaluer correctement la réalité. Toutes les personnes impliquées doivent être sévèrement sanctionnées, indépendamment du poste qu’elles occupent actuellement à Pristina.

17 Sur les VIe Folkloriades mondiales

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Pour terminer cette partie introductive je voudrais aujourd’hui, dans le cadre de la « semaine des sept jours gras », annoncer un grand événement culturel directement lié à la préservation des coutumes et des traditions populaires: la République du Bachkortostan accueillera du 18 juillet au 1er août les VIe Folkloriades mondiales du Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels (CIOFF). Ce grand événement se déroulera en Russie en plusieurs étapes. L’ouverture officielle aura lieu le 18 juillet à Oufa, et le 19 juillet se déroulera un défilé de tous les invités en tenues nationales. C’est à partir de cette semaine que l’accréditation est ouverte pour les journalistes russes et étrangers sur le site officiel des VIe Folkloriades mondiales www.folkloriada2020.com.

A cette activité sont attendus plus de 3.000 représentants de 85 pays. Pendant 14 jours, les collectifs des pays et des régions communiqueront entre eux par le biais de la culture.

Des informations plus détaillées seront disponibles sur notre site officiel.

18  Sur le « Mardi gras » des régions russes au Ministère des Affaires étrangères

5a5dee2285600a7f8a54afa9  Carte gastronomique de la Russie

Le Ministère russe des Affaires étrangères et le projet fédéral « Carte gastronomique de la Russie », dans le cadre de l’Année des artisanats organisée en 2020 dans notre pays, vous invitent après la conférence de presse à vous familiariser avec nos plats traditionnels régionaux qui sont servis pendant la « semaine des sept jours gras ». Je pense que vous ne le regretterez pas.

19  Sur l’Initiative des trois mers

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Le mécanisme de l’Initiative des trois mers est apparu en 2016. Notre position à cet égard est la suivante: si certains initiateurs perçoivent dans cette idée la possibilité de consolider les pays de la région sur une plateforme de contention de la Russie, alors nous ne pouvons évidemment pas l’accepter. Nous espérons que l’activité de ce mécanisme, forum et plateforme n’entraînera pas la création de nouvelles barrières en Europe. Nous surveillerons l’évolution de la situation autour de cette structure européenne centrale.

Réponses aux  6 questions:
Question 1 : Vous avez dit que les consultations sur la situation à Idleb se poursuivaient entre la Russie et la Turquie. Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé d’organiser le 5 mars une réunion entre les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de la Turquie. A-t-on évoqué avec les autorités turques la possibilité d’une telle réunion? Avez-vous des détails sur les perspectives d’un accord de paix?
TURQUIE MjAyMDAyZTc1YzI4NTYxYWNiMjE0Njc5MTU3ODAwYTAwMGYxOTMLe Président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé d’organiser le 5 mars une réunion entre les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de la Turquie.

Réponse: Aujourd’hui, le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov a commenté la même question en déclarant qu' »aucune rencontre du Président russe Vladimir Poutine et du Président turc Recep Tayyip Erdogan le 5 mars à Istanbul n’était prévue ». Je viens de citer le porte-parole du Président de notre pays.

le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov 6659357  le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov

En ce qui concerne le fait que de nombreuses questions des correspondants associent le règlement de la situation autour d’Idleb, et nos consultations bilatérales, aux formats multilatéraux existants ou en cours de création, notamment le format que vous avez mentionné en citant Recep Erdogan, la formulation est assez étrange. S’il s’agit de questions bilatérales, elles doivent être réglées au format bilatéral. C’est dans ce but que se déroulent actuellement les consultations, qui pourraient durer quelques jours. Quant à la participation d’autres pays, qui plus est de ceux qui n’ont pas joué un rôle décisif dans la situation sur le terrain, on se demande pourquoi une telle participation est nécessaire. Nous sommes prêts et ouverts à différentes initiatives, mais elles doivent être expliquées. Il faut comprendre pourquoi nous avons besoin de nouveaux formats, quel serait leur sens, ce que nous obtiendrons tous de cela en sachant que nos autres moyens bilatéraux fonctionnent parfaitement, notamment pour régler les problèmes compliqués.

Je voudrais rappeler une fois de plus que les questions relatives aux sommets, aux réunions au sommet et le calendrier du Président de la Fédération de Russie sont commentées par les représentants de l’Administration présidentielle, en premier lieu par son porte-parole.

Question 2 : Pouvez-vous commenter la déclaration du Département d’État américain accusant la Russie de désinformation ciblée du monde entier concernant l’implication des États-Unis dans le coronavirus. Pourquoi ces accusations ont-elles été avancées à ce moment précis?
Depuis quinze ans, les titres régionaux ont perdu la moitié de leurs effectifs aux Etats-Unis. Certaines régions ne sont plus couvertes. 0602302949665-web-tete  Depuis quinze ans, les titres régionaux ont perdu la moitié de leurs effectifs aux Etats-Unis. Certaines régions ne sont plus couvertes.https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/la-presse-locale-americaine-confrontee-a-une-chute-sans-fin-1150849

Réponse: Pourquoi me demandez-vous cela? Demandez-leur pourquoi ils le déclarent à ce moment précis. Vous comprenez, je viens de vous citer la déclaration d’un représentant officiel des forces armées américaines responsable de son secteur en Afghanistan, qui commande les forces de l’Otan et des États-Unis dans ce pays, qui connaissait parfaitement la situation sur le terrain et accusait la Russie de légitimer les talibans. Cette déclaration officielle a été faite lors d’une interview. Il n’a pas été pris au dépourvu ou déformé, c’est une citation directe qui n’a pas été réfutée. Il existe des dizaines de telles citations.

Dans les jours à venir ils signeront un accord, du moins ils en ont informé tout le monde et ont invité un représentant russe à la cérémonie de signature de l’accord avec les talibans. De quoi parlez-vous? Pourquoi m’interrogez-vous sur l’absence d’approche systémique des États-Unis de l’agenda international? Pourquoi m’adressez-vous constamment cette question?

J’ai été frappée par deux autres déclarations faites le jour même à quelques heures d’intervalle.

D’un côté, des hauts responsables américains disent qu’ils savent parfaitement que la Russie ne s’est pas ingérée dans les élections américaines. Et au même moment le Département d’État américain déclare qu’il sait avec certitude que la Russie a commis des cyberattaques contre la Géorgie.

  • Qui invente tout cela?
  • Qui possède un baromètre des intentions et des volontés de la Russie de s’ingérer dans certains processus et pas dans d’autres?
  • C’est absurde, non?

Autrement dit, nous saurions parfaitement qu’ils se sont ingérés dans ceci et pas dans cela.

  • D’où savez-vous cela?
  • Sur la base de quoi?

Il faut demander de commenter toutes ces questions, toutes ces aberrations à l’Ambassade des États-Unis. Elle dispose d’un service de presse d’une centaine de personnes. Qu’il commente. D’ailleurs, je ne plaisante pas en ce qui concerne les effectifs.

Question 3 : Tatiana Golikova, vice-Première ministre russe, a déclaré que toute la communication aérienne entre la République de Corée et la Russie allait être interrompue à l’exception des vols d’Aeroflot et d’Aurora. Cette restriction s’étendra-t-elle aux compagnies aériennes coréennes, y compris Korean Air?

Tatiana Golikova, vice-Première ministre russe, 1582741063_ Tatiana Golikova, vice-Première ministre russe,

Réponse: Cette question ne relève pas des compétences du Ministère des Affaires étrangères. Elle relève des compétences du QG opérationnel pour le contrôle et le suivi de la situation du coronavirus sous l’égide du gouvernement russe. C’est pourquoi je vous prie de vous adresser à ce dernier. De mon côté, je peux lui demander de nous fournir les informations en question et nous vous les transmettrons. Mais c’est lui qu’il faut contacter concernant l’organisation de la communication aérienne, les postes de contrôle (qui s’ouvrent, supplémentaires, déjà en place ou qui se ferment), car le QG réunit différentes institutions, structures, compagnies aériennes et ainsi de suite. Ces questions sont traitées rapidement et sont commentées par les représentants du QG.

Question 4 : Vous le savez, le 9 mars 2020 à La Haye commencera le procès sur l’affaire du crash du Boeing MH17. Reconnaissez-vous la légitimité de la Cour de La Haye et de son verdict final?

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Réponse: C’est une question incorrecte. Vous me mettez dans une position étrange: je dois reconnaître ou non la légitimité des procès qui se déroulent aux Pays-Bas. Comment puis-je le faire? Il s’agit probablement d’un procès concret?

 

Nous l’avons déjà commenté plusieurs fois. J’espère que vous le savez. Et si vous le savez, pourquoi posez-vous encore la question? C’est une question très complexe, les commentaires doivent être très développés. Si le concept de « politique spectacle » prédomine, alors en effet les questions et les réponses seront dans le genre « oui-non », « choisissez l’une des trois cartes ». S’il est question d’une réponse globale ou de la recherche d’une réponse à la question « que s’est-il passé il y a plusieurs années? », alors les réponses et les approches doivent être sérieuses.

Nous avons dit qu’une enquête internationale rigoureuse impliquant tous les figurants, toutes les données, toutes les informations officiellement possédées par les États, leurs services compétents, était nécessaire, tout comme le fait d’échanger ces informations à des conditions égales et d’utiliser les institutions internationales spécialisées basées sur le droit international. Je comprends, vous ne voulez probablement pas l’entendre, cela ne vous intéresse pas. Vous avez une pièce isolée du puzzle et vous voulez vous concentrer sur celle-ci. Et je pense que si nous suivons cette voie, alors dans l’ensemble nous faisons un grand fake global.

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Je rappelle qu’immédiatement après cette tragédie, pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, a été adoptée la résolution 2166 qui a défini la voie et le mécanisme nécessaires pour mener une enquête exhaustive.

Elle ne contenait rien d’infaisable. Tout ce que stipulait cette résolution s’appuyait sur les mécanismes juridiques internationaux et les outils existants pour mener l’enquête. Et il fallait suivre cette voie. C’est la voie pour trouver la réponse à la question.

mh17-7  le crash d’un Boeing de la Malaysia Airlines, le 17 juillet 2014… s’est écrasé  dans l’Est de l’Ukraine, dans une zone contrôlée par les séparatistes prorusses

Un groupe de pays a opté pour une autre méthode, une autre approche du règlement de ce problème.

En l’occurrence: les pourparlers en coulisses, les échanges d’informations opaques, la discrimination des participants au processus, l’inclusion de certains et l’exclusion des autres, l’inclusion d’autres à une étape plus tardive, la campagne médiatique, la réticence à tenir compte des informations officiellement transmises par un État et représentant des données factuelles – il est possible de ne pas être d’accord, mais il est impossible de ne pas en tenir compte (et ce depuis plusieurs années).

Je répète: nous l’avons commenté à de nombreuses reprises, nous avons publié des informations et des articles sur notre site, nous avons tout fait de notre côté pour faire preuve d’une transparence maximale, mais aussi de volonté de répondre à la question « que s’est-il passé? », « qui est responsable? » de manière réellement collective et honnête.

Au final, quoi qu’il arrive, quelles que soient les nouvelles informations dévoilées, nous assistons toujours à la même approche les coulisses, l’opacité, la sélectivité, etc. Si vous vous focaliserez sur les détails à part de ce problème, nous n’avancerons pas.

Le fait est que ce problème nécessite une large vision basée sur le droit international.

Je comprends que dans notre monde, de nos jours, dire que nous exigeons la dépolitisation du procès revient à crier dans le vide, c’est pratiquement impossible. Les médias, les partis politiques, les institutions démocratiques – tout est conçu pour utiliser l’inventaire politique pour atteindre des objectifs dans tous les domaines – de l’économie à la justice, malheureusement. Nous le voyons à présent. Même aujourd’hui j’ai cité de nombreux exemples. Il ne s’agit pas du transfert de gazoducs d’un pays vers un autre et du profit commercial (même si personne ne diminue la signification de ces questions),

mais il s’agit tout de même du fait que la communauté mondiale doit être capable au XXIe siècle de s’unir pour chercher des réponses à la question de savoir comment ces gens sont morts.

Commençons par le banal, le plus simple l’échange de données radar entre les pays qui y sont impliqués d’une manière ou d’une autre, qui étaient capables de posséder de telles données. Ils en disposent. Commençons par le début.

Deuxième point, en tant que personne qui n’est pas liée à la jurisprudence et aux enquêtes, en tant que citoyenne qui a beaucoup lu et vu dans la vie, je ne peux pas répondre à la question de savoir pourquoi à ce jour les grands débris du fuselage et de l’avion n’ont pas été évacués des lieux.

C’est une deuxième partie des questions à régler. Ce n’est pas seulement injuste – c’est barbare. Après un accident de voiture on ramasse les pièces en faisant les calculs sur leur base.

Or c’est un avion! Et d’immenses pièces n’ont pas été évacuées de la région par les représentants du groupe d’enquête et ne figurent pas dans les dossiers de cette affaire.

Elles ne se trouvent pas dans un lieu difficile d’accès, au fond de l’océan ou dans la jungle. Il est possible de venir les récupérer. Pourquoi ce n’est pas fait?

Comment puis-je répondre à la question de savoir si nous considérons le processus comme juste et légitime sans traiter ces deux blocs qui constituent le commencement?

S’il existe des informations qui peuvent aider l’enquête (ces deux blocs influenceront considérablement toute l’enquête), et la communauté internationale ne les obtiendra pas, tout le reste dépendra de l’absence d’informations sur ces deux grands blocs.

Question 5 : Puisque ce procès a commencé, il doit se terminer d’une manière ou d’une autre. En cas de verdict accusatoire, y a-t-il une chance que ces hommes fassent leur peine en Russie?
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Réponse: Êtes-vous sérieux en disant que « cela doit se terminer d’une manière ou d’une autre »? Malheureusement, c’est la communauté occidentale qui montre que les affaires les plus résonnantes ne mènent à rien. Ne savez-vous pas combien d’exemples de catastrophes globales, de meurtres résonnants ont eu lieu dans le monde sans être élucidés?  Je crains de paraître banale, mais avec le monde entier nous avons récemment célébré l’anniversaire de la mort de John Kennedy. Et après cela vous me dites espérer qu’un jour cela sera élucidé? C’est une question d’approche. Si l’approche que j’ai évoquée prévalait, alors j’ai de sérieux doutes que nous arriverions quelque part.

Vous voulez que je participe à ce dialogue complètement hors du champ légal avec vous? Vous voulez que nous agissions à la britannique: une accusation suivie immédiatement par un verdict sans avoir de preuves? Alors cela ne s’adresse pas à moi. Je ne sais pas le faire. Je pense que c’est criminel de faire ce genre de réflexions.

J’espère qu’il reste encore dans le monde des principes de base impossibles à enfreindre. Il existe la présomption d’innocence qu’on ne peut pas enfreindre. On ne peut pas parler d’une éventuelle punition ou de son application en l’absence de preuves, de la possibilité de mener un procès normal. Cela était toujours condamné auparavant, non seulement pas notre Etat, mais également par la communauté occidentale.

Comment pensez-vous que je peux répondre à cette question, comment puis-je entretenir un dialogue avec vous – si ces gens étaient condamnés, feraient-ils de la prison? Vous comprenez toute la monstruosité de la formulation de la question dans ce sens? Si d’autres étaient condamnés, selon vous, pourront-ils faire de la prison? Cédons à la fantaisie pour savoir comment se termineront les procès?

Je suis prête à vous envoyer les informations que nous avons publiées. Peut-être pas tout, mais les fondamentaux,nos requêtes restées sans réponse , qui n’ont même pas été prises en compte. Commençons par cela, et non par ceux qui feront de la prison. C’est une question de la vérité, et non de la présence d’un prétexte pour accuser les gens.

La question est de savoir ce qui s’est réellement passé.

Question 6 : Pendant la Coupe d’Europe de football en 2016, des émeutes ont eu lieu à Marseille. Deux ans plus tard, deux Russes ont été arrêtés soupçonnés d’avoir participé à ces émeutes. Ils se trouvent actuellement en France, sans qu’un chef d’inculpation ne soit avancé à ce jour. Comment peut-on contribuer dans cette situation?

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Réponse: Nos établissements diplomatiques s’occupent de ce problème. J’ai vu ces publications. Des proches de ces individus nous ont écrit. A la prochaine conférence de presse je pourrai commenter plus en détail et parler des actions entreprises. Nous ferons tout pour s’activer en ce sens.


SOURCE/https://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4062030

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « 3652 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 27 février 2020 »

  1. […] 29 FÉVRIER 2020 SANSAPRIORIAFRIQUE & MOYEN ORIENT, AMÉRIQUES, CHINE & ASIE, DIVERS, EUROPE UE, GÉOPOLITIQUE – ECONOMIE, POLITIQUE INTERNATIONALE, RUSSIE, SCIENCES TECHNOLOGIES RECHERCHES, SOCIÉTÉ, TERRORISME, USAAFFAIRE DU CRASH DU BOEING MH17, AFGHANISTAN, ALBANAIS, ALLEMAGNE;, CAMEROUN, CHINE, CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES., CORONAVIRUS COVID-19, COUPE D’EUROPE DE FOOTBALL EN 2016, COUR PÉNALE INTERNATIONALE À LA HAYE, DÉSINFORMATION, EURASIE, EUROPE POSTSOVIÉTIQUE, FINLANDE, FONDATION FRIEDRICH EBERT, GRANDE BRETAGNE, IDLEB, IMEMO, INITIATIVE DES TROIS MERS, ISMAÏL HANIYEH (PALESTINE), JACK SMITH, JOHN SHIPTON (PÈRE DE J.ASSANGE), JULIAN ASSANGE, KONSTANTIN IAROCHENKO (RUSSIE), KOSOVO, LE PORTE-PAROLE DU PRÉSIDENT RUSSE DMITRI PESKOV, LE PRÉSIDENT TURC RECEP TAYYIP ERDOGAN, LIBYE, MARIA BOUTINA, MARIA ZAKHAROVA, MGIMO, MINISTÈRE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGÈRES, OFFICE DES NATIONS UNIES CONTRE LA DROGUE ET LE CRIME (ONUDC), ONU, PEKKA HAAVISTO (FINLANDE), PRÉSIDENT FINLANDAIS SAULI NIINISTÖ., PROCUREUR DU TRIBUNAL SPÉCIAL DE LA HAYE, RÉPUBLIQUE DOMINICAINE, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ANTONIO GUTERRES, SERGUEÏ LAVROV, SYRIE, TALIBAN, TATIANA GOLIKOVA, TRAITÉ SUR LA NON-PROLIFÉRATION DES ARMES NUCLÉAIRES (TNP), TURQUIE, UNION AFRICAINE, USA, VICE-PREMIÈRE MINISTRE RUSSE, VIKTOR BOUT (RUSSIE), VISAS, VLADIMIR POUTINE, WILLIAM BROWDER, ZAMIR KABOULOV (RUSSIE) […]

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