3626 – Suisse … Duel au sommet pour les échanges commerciaux

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Par Patrick Dümmler & Jennifer Anthamatten – Avenir-Suisse.ch – 30/01/2020

L’Allemagne perd son avance en tant que partenaire commercial principal de la Suisse, les Etats-Unis rattrapent leur retard

Les États-Unis sont un partenaire commercial de plus en plus important pour la Suisse, notamment grâce à la forte croissance des exportations pharmaceutiques suisses vers les Etats-Unis, qui ont été multipliées par six depuis le début du millénaire[1]. Si l’on considère l’évolution sur les 30 dernières années, on constate un net déplacement du volume des échanges de marchandises de l’Allemagne vers les États-Unis (voir figure 1).

Alors qu’il y a 30 ans, les États-Unis représentaient un peu moins de 7% du volume total des échanges commerciaux suisses, en 2018, ce chiffre est passé à près de 12%.

Du point de vue suisse, le volume des exportations a fortement augmenté, passant d’environ 8% à 16%.

Les importations n’ont pas évolué aussi fortement. Elles n’ont augmenté que d’un point de pourcentage, passant de 5 à 6% du volume total des importations suisses au cours de la même période.

En parallèle, l’Allemagne perd en importance relative : la part de l’Allemagne dans le volume des échanges de marchandises de la Suisse est passée de près de 30% à environ 23%.

Avec neuf points de pourcentage, les importations ont perdu beaucoup plus que les exportations (trois points de pourcentage).

Ces chiffres le montrent clairement : au cours des 30 dernières années, l’avance relative de l’Allemagne s’est réduite et les États-Unis ont rattrapé leur retard.

L’Allemagne reste nettement en tête sur les importations de marchandises

Néanmoins, l’Allemagne reste le marché le plus important pour la Suisse en termes de commerce de marchandises, tant pour les exportations que les importations.

C’est surtout concernant ces dernières que L’Allemagne est le grand favori de la Suisse : environ un tiers de toutes les importations proviennent du grand voisin germanique.

A titre de comparaison, un seizième seulement de toutes les importations suisses proviennent des États-Unis. En revanche, en matière d’exportations, les États-Unis sont plus proches de l’Allemagne : environ un cinquième des exportations suisses sont destinées à l’Allemagne contre environ un sixième aux États-Unis.

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Au coude à coude pour les exportations de marchandises

Si l’on considère l’évolution des exportations au cours des douze derniers mois, l’écart se réduit entre l’Allemagne, numéro 1, et les Etats-Unis, numéro 2. Bien que l’analyse sur le long terme ne montre (jusqu’à présent) qu’une perte d’importance de l’Allemagne (mais pas de perte de rang), du point de vue des exportations suisses, les Etats-Unis ont déjà supplanté l’Allemagne pendant plusieurs courtes périodes au cours des douze derniers mois (voir figure 2).

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Les Etats-Unis ne sont nullement inférieurs à notre voisin allemand, que ce soit dans le commerce de marchandises, dans celui des services et dans les investissements directs.

Au contraire, les Etats-Unis sont le numéro 1 du commerce des services – aucun autre pays n’échange autant de services avec la Suisse que les Etats-Unis.

En termes d’exportations, les domaines de la recherche et du développement et des droits de licence jouent le rôle le plus important, tandis que les importations comprennent également les droits de licence et les services assurantiels.

En 2018, la part des Etats-Unis dans le volume total des services suisses (importations et exportations) était de près de 20%.

Celle de l’Allemagne suit de près avec 13% (voir graphique 3).

Les importations de services en provenance des Etats-Unis sont particulièrement importantes : elles représentent 24%, signifiant qu’un service importé sur quatre provient des Etats-Unis. Par rapport à 2012, cela représente une augmentation de cinq points de pourcentage.

Les exportations de services n’ont augmenté que d’un point de pourcentage au cours de la même période.

Si la Suisse est donc excédentaire dans ses échanges de biens avec les Etats-Unis, elle est nettement déficitaire dans ses échanges de services. En termes d’investissements directs, les Etats-Unis occupent également la première place dans une comparaison par pays, si l’on considère leurs partenaires commerciaux au niveau national. Pour sa part, la Suisse – avec sa taille réduite – est le septième investisseur le plus important aux Etats-Unis.

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Un partenaire commercial important, mais toujours aucun accord

Ainsi, bien que les Etats-Unis soient le deuxième partenaire commercial le plus important de la Suisse – et même le plus important dans certains domaines –, il n’existe pas d’accord de libre-échange (ALE) entre les deux partenaires économiques.

Alors que la Suisse dispose d’une base légale pour ses relations économiques avec l’Allemagne dans le cadre des accords bilatéraux avec l’UE, celle-ci n’existe pas encore avec les Etats-Unis. Et ce, malgré le fait qu’un ALE permettrait non seulement de créer des emplois supplémentaires, mais contribuerait également de manière significative à la sécurité juridique.

Les deux pays profitent déjà de leurs relations commerciales bilatérales (biens, services et investissements directs) sous la forme de plus de 700 000 emplois directs, dont environ 260 000 en Suisse et 450 000 aux Etats-Unis. Un ALE permettrait de créer de nouveaux emplois grâce à l’augmentation du volume des échanges. Cinq ans après la conclusion d’un tel accord, le commerce de marchandises créerait à lui seul des emplois supplémentaires en Suisse dans le même ordre de grandeur que Roche ou Novartis en Suisse[2].


LIENS

  1. https://www.nzz.ch/wirtschaft/ein-exportwunder-das-trump-der-schweiz-neidet-ld.1524356?mktcid=smsh&mktcval=OS%20Share%20Hub
  2. https://www.avenir-suisse.ch/fr/publication/libre-echange-suisse-usa-un-accord-mutuellement-benefique/

Courte biographie:
Dr. Patrick Dümmler est Senior Fellow et responsable de recherche «Suisse ouverte». Il s’occupe des thèmes de politique énergétique et agricole ainsi que du commerce extérieur. Il est titulaire d’un Master en économie de l’Université de Zurich, a effectué un doctorat à l’EPFZ et a publié de nombreux ouvrages. Après plus de dix ans dans le conseil en stratégie et à la direction d’un groupe de soutien en faveur de l’exportation des techniques médicales, il a rejoint Avenir Suisse en novembre 2015. 

Domaines de spécialisation: >Commerce extérieur > Politique énergétique > Politique agricole
Plus de publications de Patrick Dümmler

 

Courte biographie:
Jennifer Anthamatten travaille en tant que Senior Researcher auprès d’Avenir Suisse depuis février 2017. Elle possède un Bachelor en économie politique et en sciences politiques de l’Université de Berne et un Master en économie politique de l’Université de Zurich. Auparavant, elle a travaillé, entre autres, à PPCmetrics, Credit Suisse, Allianz SE et en tant que collaboratrice scientifique à l’EPFZ et à l’Université de Zurich.
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