3544 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 8 novembre 2019

  1. Sur la visite officielle de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en République d’Arménie

  2. Sur la visite de travail de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en France

  3. Sur la situation autour du Venezuela
  4. Sur la situation autour de la Bolivie
  5. Sur la situation à Haïti

RUSSIE NOV 01.11.2019 MARIA ZAKHAROVA 1042360511

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Sur la visite officielle de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en République d’Arménie

RUSSIE Sergueï Lavrov à Erevan.12137-1573458193Lavrov Erevan 11 Novembre 2019

Conformément aux accords en vigueur, les 10 et 11 novembre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite officielle à Erevan. Le programme du séjour du chef de la diplomatie russe prévoit des entretiens avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le Président arménien Armen Sarkissian et le Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian, ainsi qu’un dépôt de fleurs devant la flamme éternelle au Mémorial Tsitsernakaderb en hommage aux victimes du génocide arménien.

ZOHRAB MNATSAKANIAN Zohrab Mnatsakanian

Sergueï Lavrov et son homologue Zohrab Mnatsakanian participeront au vernissage de l’exposition consacrée au 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique. Le chef de la diplomatie russe prononcera un discours devant les enseignants et les étudiants des universités d’Erevan. Il est également prévu de signer le Plan de consultations entre les ministères des Affaires étrangères de la Russie et de l’Arménie pour 2020-2021.

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Durant leur entretien, les deux ministres des Affaires étrangères évoqueront un large éventail de questions relatives à la coopération bilatérale, à la coopération au niveau de l’Union économique eurasiatique (UEE), de l’OTSC et de la CEI, la coordination des positions à l’Onu, à l’OSCE, au Conseil de l’Europe, et à l’Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) et au sein d’autres forums internationaux. Les deux interlocuteurs se focaliseront également sur la sécurité régionale, notamment les perspectives du processus de paix du Haut-Karabakh.

Nous espérons que la visite officielle de Sergueï Lavrov à Erevan donnera une impulsion supplémentaire au développement de la coopération russo-arménienne d’allié diversifiée et mutuellement bénéfique.

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Sur la visite de travail de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en France

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Les 11 et 12 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en France pour une visite de travail, dans le cadre de laquelle il participera au 2e Forum de Paris sur la paix et se familiarisera avec les projets russes présentés. Des stands thématiques y seront mis en place.

En marge du Forum, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontrera le Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Les deux chefs de diplomatie évoqueront l’agenda de la coopération bilatérale et les principaux thèmes internationaux, notamment la stabilité stratégique, la sécurité européenne, la situation en Syrie, le maintien du Plan d’action global commun sur le nucléaire iranien et les perspectives du règlement de la crise ukrainienne.

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Sur la situation autour du Venezuela

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La situation au Venezuela et autour reste tendue. Les forces d’opposition, aux dispositions radicales, continuent d’essayer d’intensifier l’activité de rue. De nouvelles protestations sont prévues mi-novembre sur l’ensemble du territoire vénézuélien.
Sur cette toile de fond, le gouvernement et l’opposition constructive poursuivent un travail laborieux dans le cadre de la « table ronde du dialogue national ». Ils évoquent les questions politiques, économiques et électorales, notamment la préparation des législatives l’an prochain.
Des signes rassurants de l’implication de l’Assemblée nationale d’opposition dans ce processus se manifestent. Avec la participation de ses députés, une entente a été conclue sur le renouvellement conjoint de la composition du Conseil électoral national.
Nous le considérons comme un premier pas réel pour surmonter la crise institutionnelle et rechercher collectivement des solutions de consensus aux questions politiques intérieures conformément à la Constitution.
Ces accords ont été soutenus par la société. L’église catholique nationale a dit espérer qu’ils permettront de garantir le caractère démocratique et transparent du prochain cycle électoral.
Nous sommes certains que l’implication maximale des forces politiques du pays dans les négociations contribuera à trouver une entente nationale, qui est nécessaire pour régler les problèmes actuels, et notamment économiques. Nous espérons que tous les observateurs extérieurs s’abstiendront de faire des commentaires contreproductifs et permettront aux Vénézuéliens de s’entendre entre eux.

Ceci étant dit, en parlant du « front international », un travail subversif se poursuit afin d’empêcher à tout prix la stabilisation de la situation politique au Venezuela.

Par exemple, la Maison blanche utilise régulièrement ses leviers de pression favoris: les restrictions unilatérales illégales décrétées, malheureusement, très souvent, de manière non système pour l’objectif non dissimulé de renverser le gouvernement vénézuélien légitimement élu.

De manière absolument cynique d’une main le Département américain des Finances accorde des exceptions dans les sanctions économiques pour les compagnies et les particuliers américains interagissant avec les structures publiques vénézuéliennes, et de l’autre décrète de nouvelles restrictions personnelles contre les chavistes. Sachant que dans son élan de sanctions Washington menace ses propres alliés pour les moindres tentatives d’établir des relations constructives avec Caracas.

VENEZUELA Le Groupe International de ContacT ob_8ecffa_9667-grupo-contacto-venezuela  Le Groupe International de Contact

Nous avons également noté la déclaration du Groupe de contact international pour le Venezuela. Je rappelle qu’elle a été publiée le 1er novembre dernier. Nous sommes ravis qu’elle note l’absence d’alternative à la détermination de l’avenir du Venezuela par les Vénézuéliens eux-mêmes. Malheureusement, il est également indiqué que la sortie de la crise n’est possible qu’en transférant le pouvoir après une élection présidentielle « convaincante ».

Nous avons dit à plusieurs reprises que l’imposition de conditions à l’une des parties de la confrontation politique intérieure au Venezuela, et où que ce soit, ne pouvait pas contribuer à la réconciliation nationale, à déboucher sur un dialogue, à trouver des solutions de compromis pour régler la crise. Je voudrais réitérer notre position, qui consiste en ce que la tâche de la communauté internationale soit d’aider à trouver une entente entre les différentes forces politiques au Venezuela.

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Sur la situation autour de la Bolivie

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Nous suivons attentivement l’évolution de la situation autour de la Bolivie.

Actuellement, conformément à l’invitation des autorités boliviennes, la mission d’experts de l’Organisation des États américains (OEA) procède à l’audit des résultats du dépouillement des bulletins de l’élection présidentielle dans ce pays (elles se sont déroulées le 20 octobre 2019).

En même temps, des manifestations se poursuivent dans plusieurs villes, des routes sont bloquées et il y a des affrontements entre groupes de citoyens. Malheureusement, il y a des victimes et des blessés. A cet égard, le Centre des situations de crise du Ministère russe des Affaires étrangères a préconisé aux citoyens russes de planifier avec responsabilité leurs éventuels voyages dans ce pays.
Nous avons remarqué que des médias locaux avaient relayé des spéculations sur une nouvelle « ingérence russe » prétendue, cette fois en Bolivie. Comme dans tous les autres cas, ces allégations sont complètement gratuites. Elles sont infondées.

Cette fois la source de la désinformation est le site de la compagnie Project, enregistrée dans les pays baltes, et qui, financée par des sponsors étrangers, publie des articles commandités d’orientation antirusse.

Cette compagnie cherche à se positionner comme un média russe, mais ne l’est pas. Nous rejetons fermement toute insinuation de ce genre. Nous le percevons comme une provocation, comme un exemple de fake news – que tout le monde combat.

Nous partons du principe que si quelqu’un est en possession d’informations concrètes concernant des violations de la législation bolivienne, ces preuves doivent être examinées dans le cadre des mécanismes bilatéraux existants d’aide juridique.

 

Amerique_du_Sud.svgNous prônons le règlement au plus vite des différends entre les forces politiques boliviennes dans le cadre de la Constitution. Nous tenons en grande estime l’ouverture des autorités du pays à l’initiative sur le déroulement de l’audit international des résultats des élections. Nous nous souvenons que cette demande a été initialement formulée par l’opposition bolivienne, et La Paz est allé dans son sens. Nous partons du principe qu’à l’étape actuelle il est nécessaire de garantir à la mission de l’OEA les conditions pour remplir ses fonctions de manière calme et impartiale. Dans ce contexte, nous trouvons inadmissibles les tentatives de certaines forces politiques d’attiser la tension autour du travail des experts internationaux, d’exercer sur eux la moindre pression qui, selon nous, pourrait compliquer la prise d’une décision objective. Nous sommes convaincus que les déclarations faites par l’opposition bolivienne hors système sur la non-reconnaissance préalable des résultats de l’audit, l’ultimatum fixé aux autorités et les appels à renverser par la force le gouvernement bolivien en place, ne contribuent pas à l’objectif de normaliser la situation dans le pays et sont contraires aux intérêts du peuple bolivien.

Nous voudrions souligner une fois de plus que la Russie souhaite une Amérique latine politiquement et économique stable. Nous développons avec tous les pays de la région, y compris la Bolivie, une coopération mutuellement bénéfique basée sur l’équité, le respect et la non-ingérence dans les affaires intérieures conformément à la Charte de l’Onu et au droit international.

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Sur la situation à Haïti

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Je voudrais m’arrêter spécifiquement sur la situation à Haïti car des questions ont été posées à ce sujet. Nous sommes préoccupés par la hausse significative de la confrontation à Haïti, où depuis trois mois perdurent des manifestations -les affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre depuis le début de l’année ont fait 70 morts, dont 34 policiers-.

Il est évident que les problèmes à l’origine de la crise actuelle à Haïti sont complexes: la situation socioéconomique déplorable couplée à la crise alimentaire, la situation humanitaire gravissime, et la longue paralysie institutionnelle (plus de six mois sans gouvernement fonctionnel à Haïti). Tout cela est la cause de l’atmosphère de chaos et d’anarchie qui règne dans le pays.

Dans ces circonstances, l’objectif de trouver un consensus sociopolitique autour d’un agenda unificateur passe au premier plan.

Nous soutenons de manière immuable les efforts constructifs de toutes les forces politiques responsables dans ce pays, qui visent à initier un dialogue intérieur inclusif. Pour la Russie, en tant que pays qui respecte à la lettre le droit international et le principe de respect de la souveraineté nationale, il n’existe aucune alternative au règlement politique des différends.
A l’étape actuelle, il est surtout nécessaire d’apporter une contribution internationale responsable à Port-au-Prince afin de réduire le degré de la tension sociale et d’empêcher un conflit intérieur à part entière à Haïti.
Nous exprimons notre soutien aux initiatives dans le cadre de l’Onu, nous poursuivrons notre activité dans le cadre du Bureau intégré de l’Organisation à Haïti.

Nous sommes convaincus que les situations de crise doivent être surmontées dans la région uniquement dans le champ constitutionnel, à la table des négociations, que ce soit à Haïti ou au Venezuela. La pratique des doubles standards et de l’ingérence extérieure dans les affaires des Latino-Américains est inadmissible pour nous.

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à suivre


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