3328 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 23 mai 2019

SUJETS TRAITÉS

  1. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Erywan Yusof, Second ministre des Affaires étrangères de Brunei
  2. Sur la visite du Ministre des Affaires étrangères de Cuba Bruno Rodriguez Parrilla
  3. Sur la visite en Fédération de Russie du Ministre des Affaires étrangères du Belarus Vladimir Makeï
  4. Sur la réunion solennelle consacrée au 100e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Afghanistan
  5. Sur la visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Slovénie
  6. Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Japon
  7. Sur la situation actuelle en Syrie
  8. Sur les déclarations américaines concernant les « signes d’un nouvel usage de l’arme chimique par le régime de Bachar al-Assad »
  9. Sur l’évolution de la situation en Libye
  10. Sur la pression des États-Unis contre l’Iran
  11. Sur la situation dans le golfe Persique
  12. Sur la situation au Venezuela
  13. Sur les nouveaux fakes au sujet des incidents de Salisbury et d’Amesbury

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1/ Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Erywan Yusof, Second ministre des Affaires étrangères de Brunei

1362235914001_5842180159001_5842185259001-vsErywan Yusof Second ministre des Affaires étrangères de Brunei

Vendredi 24 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra avec Erywan Yusof, Second ministre des Affaires étrangères de Brunei-Darussalam présent en Russie pour une visite de travail du 23 au 25 mai.

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Les deux interlocuteurs évoqueront en détail les perspectives de développement des liens bilatéraux, et échangeront leurs avis sur les thèmes régionaux et internationaux d’actualité.

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Brunei est un partenaire important de la Russie en Asie du Sud-Est et dans la région Asie-Pacifique dans l’ensemble.

Les relations bilatérales se caractérisent par un dialogue politique stable, l’élargissement de l’interaction entre les députés, les conseils de sécurité, les ministères et les institutions, ainsi que l’approfondissement de la coopération administrative et l’intensification des échanges dans les domaines d’intérêt mutuel. Nous coopérons de manière constructive sur la plateforme de l’Onu, ainsi que dans le cadre des mécanismes bilatéraux existants en Asie-Pacifique.

2/ Sur la visite du Ministre des Affaires étrangères de Cuba Bruno Rodriguez Parrilla

Cuba Bruno Rodriguez Parrilla 1057760715Cuba –  Bruno Rodriguez Parrilla

Le Ministre des Affaires étrangères de Cuba Bruno Rodriguez Parrilla est attendu en Russie pour une visite officielle du 25 au 28 mai.

Lundi 27 mai se tiendra un entretien entre les chefs de diplomatie, pendant lequel il est prévu d’évoquer les différents aspects de la coopération bilatérale, notamment dans le secteur économique et des investissements, ainsi qu’un large éventail de questions régionales et internationales d’actualité. Il est prévu d’accorder une attention particulière aux possibilités de renforcement de la coopération russo-cubaine sur la scène mondiale.

La visite du Ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodriguez Parrilla, vient souligner l’approfondissement continu du partenariat stratégique avec un pays ami et allié de longue date de la Russie.

3/ Sur la visite en Fédération de Russie du Ministre des Affaires étrangères du Belarus Vladimir Makeï

BELARMUS Le ministre des Affaires étrangères du Bélarus Vladimir Makeï kei OON_0_0Le ministre des Affaires étrangères du Bélarus Vladimir Makeï

Lundi 27 mai, le Ministre des Affaires étrangères du Belarus Vladimir Makeï se rendra en visite de travail en Fédération de Russie à l’invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le programme de son séjour prévoit un entretien entre les deux chefs de diplomatie.
Durant cet entretien, il est prévu d’évoquer un large éventail de questions relatives à la coopération russo-biélorusse en politique étrangère, les contacts politiques à venir à haut niveau et au sommet, ainsi que d’échanger les avis sur les problèmes régionaux et internationaux d’actualité, notamment la sécurité européenne et internationale.

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Le Bélarus, ou aussi appelé Biélorussie, est un pays d’Europe orientale ayant pour principaux voisins frontaliers, à l’ouest, la Pologne et, à l’est, la Russie. C’est un pays enclavé ne disposant pas d’accès à la mer.
Le Bélarus est une République présidentielle de 9 577 552 habitants (données de 2011) sur une superficie de 207 600 km2.
La Capitale du pays est Minsk. Sa densité est l’une des plus faibles du continent avec 46 hab./km2.

Comme à leur habitude, les deux interlocuteurs accorderont une attention particulière au travail conjoint au sein des formats d’intégration que sont l’État de l’Union, la CEI, l’OTSC, et l’Union économique eurasiatique (UEE), ainsi que la coordination des actions des deux pays sur la scène internationale.

4/ Sur la réunion solennelle consacrée au 100e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Afghanistan

LAVROV-LISTA-1040x574Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

Mardi 28 mai à Moscou se déroulera une réunion solennelle consacrée au 100e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Afghanistan.

Y sont invités les représentants publics russes, de l’Ambassade d’Afghanistan à Moscou et plusieurs personnalités politiques afghanes.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera un discours de salutations devant les participants à la réunion.

5/ Sur la visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Slovénie

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Les 28 et 29 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail en Slovénie.

Slovenian Presidental elections  2017 le Président slovène Borut Pahor

Il y rencontrera le Président slovène Borut Pahor,

Marjan Sarec, leader of The List of Marjan Sarec speaks with the press in the parliament after he was elected for Prime Minister in Ljubljana  Premier ministre Marjan Sarec

le Premier ministre Marjan Sarec,

SLOVENIE Miro Cerar.sl-3  Miro Cerar.

et s’entretiendra avec le vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères Miro Cerar.

Ce déplacement permettra d’évoquer l’état et les perspectives de développement des relations russo-slovènes, ainsi que la possibilité d’approfondir la coopération dans le domaine politique, commercial, économique et social. Un échange d’avis sur la situation en Europe du Sud-Est est également prévu, ainsi que plusieurs problèmes internationaux d’actualité.
Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la cérémonie d’inauguration d’un monument en hommage au philologue slovène Davorin Hostnik, auteur du premier dictionnaire russo-slovène, à Šmartno pri Litiji.

6/ Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Japon

JAPON RUSSIE 2019-01-14t081822z_795475286_rc17db7344b0_rtrmadp_3_russia-japan_0Les chefs de la diplomatie japonaise Taro Kono (g) et russe Sergueï Lavrov à Moscou, le 14 janvier 2019. REUTERS/Maxim Shemetov

Les 30 et 31 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra à Tokyo pour participer au 4e cycle de pourparlers russo-japonais entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense au format « 2+2 ». Il s’entretiendra également en tête-à-tête avec le Ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono.
Pendant la réunion au format « 2+2 », les ministres évoqueront les problèmes régionaux et internationaux d’actualité dans le domaine militaro-politique, notamment l’évolution de la situation autour de la péninsule coréenne et en Syrie, la non-prolifération et le contrôle des armements, ainsi que la coopération dans la lutte contre les nouveaux risques et défis.
L’entretien entre les ministres des Affaires étrangères prévoit un échange de points de vue sur l’ensemble des relations bilatérales, y compris le dialogue politique, la coopération pratique commerciale, et économique, ainsi que les échanges socioculturels dans le contexte des préparatifs d’une éventuelle réunion bilatérale au sommet en marge du G20 en juin à Osaka.

7/ Sur la situation actuelle en Syrie

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Depuis fin avril nous constatons une escalade dangereuse de la tension autour de la zone de désescalade d’Idleb, où l’on observe la plus forte concentration de terroristes de Hayat Tahrir al-Cham. Le Ministère russe de la Défense couvre régulièrement l’évolution de la situation sur le terrain, notamment à Idleb.

De notre côté, nous ajouterons ce qui suit.

Les actions agressives des terroristes de Hayat Tahrir al-Cham à Idleb – les bombardements de zones d’habitation et les incursions contre les positions des forces gouvernementales syriennes – créent une menace pour la sécurité des citoyens et entraînent la mort de civils, notamment de femmes et d’enfants.

Ainsi, le 12 mai, l’attaque des terroristes contre le centre préscolaire de la ville chrétienne de Suqaylabiyah au nord-ouest de la province de Hama a tué 4 enfants et une femme, et près de 10 enfants ont été blessés.

De plus, les tentatives régulières des djihadistes d’attaquer la base aérienne russe de Hmeimim à l’aide de lance-roquettes multiples et de drones d’attaque créent une menace directe à la sécurité des militaires russes. La dernière incursion des terroristes a été enregistrée ce 19 mai, quand la défense antiaérienne a abattu six roquettes et deux drones d’attaque.
L’aviation russe apporte le soutien nécessaire aux forces gouvernementales syriennes afin de réprimer les foyers d’activité terroriste dans le sud de la zone de désescalade d’Idleb. De telles mesures sont limitées. Je voudrais souligner de nouveau que les frappes des forces armées syriennes et de l’aviation russe sont menées uniquement contre les cibles terroristes confirmées par les services de renseignement.

Il ne peut être question d’une coexistence pacifique avec eux. La Russie reste attachée à l’accomplissement des accords russo-turcs sur Idleb dans leur intégralité, y compris du mémorandum du 17 septembre 2018.

Les récents événements à Idleb et autour ont provoqué une réaction négative prévisible des pays occidentaux, notamment à l’Onu.

Ces deux dernières semaines, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni deux fois pour examiner la situation en Syrie en mettant l’accent sur Idleb.
Les débats qui ont eu lieu ont de nouveau mis en évidence le deux poids deux mesures des Occidentaux et leur approche sélective des aspects humanitaires de la situation en Syrie.
  • A cet égard, nous voudrions demander aux représentants occidentaux qui sont tant préoccupés par la composante humanitaire de la question d’Idleb pourquoi, par exemple, ils ne convoquent pas des réunions spéciales du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au nord-est de la Syrie?
  • Notamment sur les conséquences des opérations antiterroristes de ladite coalition internationale anti-Daech?
Les informations sont plus que suffisantes à ce sujet, ainsi que celles, confirmées, sur la mort de civils syriens suite aux actions de la coalition menée par les États-Unis.
Nous avons déjà mentionné la publication de l’organisation internationale des droits de l’homme Amnesty International sur les événements autour de la prétendue libération de la ville syrienne de Racca en 2017, à laquelle il faut ajouter les rapports publiés ces derniers mois par d’autres ONG.
Nous avons noté en particulier les rapports d’ONG britanniques stipulant que depuis septembre 2014 et jusqu’à aujourd’hui, les frappes aériennes des États-Unis et de leurs alliés dans les provinces de Hassaké, de Racca, d’Idleb, de Deir ez-Zor et d’Alep ont fait plus de 13 600 morts dont plus de 3 800 civils, parmi lesquels 972 enfants mineurs.

De plus, rien qu’au premier trimestre 2019, les frappes aériennes massives de la coalition contre la commune d’al-Baghouz Faoukani dans la province de Deir ez-Zor ont fait plus de 1 200 morts, principalement des civils.

Toutes ces informations sont ouvertes, elles sont publiées sur les sites des organisations mentionnées.

Nous appelons toutes les parties intéressées à en prendre connaissance attentivement, puisque vous leur faites confiance. En ce qui concerne les Américains et leurs partenaires de la coalition, ils devraient s’armer de courage et reconnaître enfin leur responsabilité pour les crimes commis en Syrie.

Concernant la situation autour du camp de déplacés internes de Roukban, nous voudrions noter qu’avec notre contribution les autorités syriennes poursuivent leurs efforts pour évacuer ses habitants.

Grâce aux mesures prises depuis fin mars, ce processus avance activement: plus de 13 000 personnes ont déjà quitté Roukban.

Toutes ont été transportées dans les centres d’hébergement provisoire de la province de Homs. Début mai, ces centres ont été visités par des représentants de structures compétentes de l’Onu, notamment du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, pour s’assurer personnellement que le gouvernement syrien garantissait le niveau nécessaire d’accueil des réfugiés à Homs.
A noter que la grande majorité des « Roukbanais » ont déjà quitté les centres d’hébergement provisoire de Homs pour s’installer dans leur foyer dans les régions contrôlées par le gouvernement syrien.

 

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Concernant l’aspect politique du processus de paix syrien, nous constatons avec satisfaction la coopération régulière établie entre les autorités syriennes et le bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu pour la Syrie.
Récemment, l’Envoyée spéciale adjointe Khawla Matar a visité la capitale syrienne, où elle s’est entretenue avec la direction du Ministère des Affaires étrangères de la Syrie. Nous espérons que le dialogue entre l’Onu et Damas contribuera au lancement d’un processus de paix durable réalisé et mené par les Syriens eux-mêmes avec la contribution de l’Onu conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et aux décisions du Congrès du dialogue national syrien de Sotchi.
Une question a été posée pendant la dernière conférence de presse concernant la garantie de la sécurité à la frontière turco-syrienne. Nous partons du principe que sur la base de tous les accords à ce sujet il faut respecter rigoureusement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.

La situation en Syrie ne pourra pas être stabilisée durablement et solidement sur la base d’actions violant ces principes.

8/ Sur les déclarations américaines concernant les « signes d’un nouvel usage de l’arme chimique par le régime de Bachar al-Assad »

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Notre attention a été attirée par les déclarations faites à Washington ce 21 mai, notamment au niveau officiel, sur les « signes d’un nouvel usage de l’arme chimique par le régime de Bachar al-Assad » au nord-ouest de la Syrie. Cette affirmation a déjà été démentie par le Ministère russe des Affaires étrangères de la Syrie.

Tout d’abord, nous soulignons qu’il s’agit très probablement d’une nouvelle mise en scène organisée par les combattants de l’opposition armée syrienne, cette  fois dans la commune de Kabani (province de Lattaquié). Cette information a été publiée sur les sites appartenant au groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham. Ce sont ces sources douteuses qui ont servi de prétexte aux déclarations officielles d’un pays membre du Conseil de sécurité des Nations unies.
Force est de constater, avec regret, que les insinuations concernant le prétendu usage de l’arme chimique par Damas contre sa propre population font désormais partie intégrante de la politique des alliés de l’Atlantique nord en Syrie et au Moyen-Orient dans l’ensemble. Au lieu de contribuer pleinement au processus de paix syrien avec la participation de tous les belligérants, l’Occident préfère la voie de la déstabilisation permanente de la situation dans cette région.
Sur la toile de fond de ces déclarations sans appel des États-Unis accusant les autorités syriennes d’un « usage régulier de l’arme chimique », Washington et ses alliés affichent ouvertement leur disposition à « réagir immédiatement et de manière appropriée » à ce genre d’intox.

Nous savons bien ce que cela signifie: en bafouant la Charte de l’Onu et le droit international, ils ont déjà lancé à deux reprises des frappes de missiles contre le territoire syrien au profit de cette même opposition armée syrienne, ainsi que des groupes extrémistes et terroristes internationaux sévissant sur le territoire de cet État souverain.

9/ Sur l’évolution de la situation en Libye

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La situation en Libye soulève de sérieuses préoccupations. Les coalitions belligérantes, qui se sont formées autour du Gouvernement d’entente nationale mené par le Premier ministre Fayez Sarraj, d’une part, et de l’Armée nationale libyenne sous le commandement de Khalifa Haftar, d’autre part, continuent de miser sur le règlement par la force des différends qui les opposent.

A cela contribue également le fait que les deux camps ne manquent pas d’armes ni de matériel militaire, qui sont livrés en Libye en contournant l’embargo de l’Onu.

Par conséquent, on compte déjà des centaines de tués, des milliers de blessés et des dizaines de milliers de déplacés internes.

Ce n’est pas tout: l’infrastructure urbaine de la capitale libyenne est détruite. Des combattants inconnus ont récemment coupé l’eau à Tripoli.
Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme. L’Envoyé spécial de l’Onu pour la Libye, Ghassan Salamé, dont nous soutenons totalement les efforts de médiation, a averti que le pays était au seuil d’une grande guerre civile aux conséquences les plus dramatiques non seulement pour la Libye, mais également pour toute la région. C’est ce dont nous parlions durant toutes ces années.

Dans les conditions de cette guerre civile sanglante, des groupes terroristes relèvent la tête en Libye. Ils se sont activés dans l’ouest et au sud du pays, et commettent des incursions criminelles contre les militaires de l’Armée nationale libyenne et les postes de garde des sites pétroliers et gaziers.

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Nous réaffirmons notre position de principe au profit de la cessation des activités militaires et l’établissement d’un processus de paix interlibyen sous l’égide de l’Onu avec pour objectif final de mettre en place des institutions publiques souveraines unies capables de faire revenir la paix et la prospérité sur le sol libyen.

La Russie est prête à continuer d’apporter l’aide nécessaire aux Libyens en coopération avec toutes les parties internationales intéressées.

10/ Sur la pression des États-Unis contre l’Iran

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Nous sommes très préoccupés par l’attisement de l’hystérie anti-iranienne aux États-Unis. Elle a repris de plus belle quand Téhéran a annoncé avoir l’intention de suspendre ses engagements dans le cadre du Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien suite aux sanctions américaines massives.
  • Question: les Iraniens ont-ils le droit d’engager de telle démarches?

De notre point de vue et même du point de vue du droit international, bien sûr, ils ont parfaitement le droit d’engager de telles démarches conformément à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a approuvé ce Plan d’action en 2015.

Son article 26 stipule que « l’Iran considérera un nouveau décret de sanctions comme une raison pour suspendre entièrement ou partiellement l’accomplissement de ses engagements ». C’est pourquoi la question de savoir si l’Iran a le droit ou non peut être considérée comme close, mais aussi comme n’étant pas sujette à débat.

Il ne peut donc y avoir aucune revendication vis-à-vis de l’Iran dans le cadre du Plan d’action.

En même temps, la situation est paradoxale: les Américains se sont retirés eux-mêmes de cet accord il y a un an, mais exigent que les Iraniens ne s’en écartent pas. On revient à la théorie de l’exclusivité. A Washington, les partisans de cette théorie, qui en parlent et la mettent en œuvre, semblent précisément insister pour que pas à pas les États-Unis s’excluent du système actuel du droit international. Sachant que tous les autres doivent rester dans son cadre et celui d’autres engagements.
Les États-Unis exacerbent la situation en envoyant dans le golfe Persique des porte-avions et des bombardiers. Cela s’accompagne de déclarations belliqueuses et d’accusations infondées, sans preuves, selon lesquelles l’Iran exercerait une prétendue « activité subversive » dans la région qui l’entoure, et créerait des menaces pour les diplomates américains en Irak.

Aujourd’hui, Washington ne mentionne pas les Irakiens qui ne représentaient aucune menace pour les États-Unis mais qui sont morts sous le feu de ces derniers.

Cela donne l’impression que Washington provoque sciemment Téhéran, par les sanctions, la pression militaire et une rhétorique brutale et agressive, à réagir plus fermement. On cherche même un prétexte pour une confrontation directe.
C’est une ligne très dangereuse. Non seulement elle détruit intentionnellement le Plan d’action qui était rigoureusement respecté par l’Iran jusqu’à présent, mais risque également de déstabiliser tout le Moyen-Orient.
Nous suggérons aux États-Unis de réfléchir aux conséquences éventuelles de leur comportement agressif, aux problèmes supplémentaires qu’une telle politique pourrait engendrer pour cette région qui a tant souffert et pour toute la sécurité internationale. Sinon, toute la responsabilité retomberait sur Washington.

Nous soulignons une nouvelle fois que la Russie prône la réunion au plus vite de la Commission conjointe du Plan d’action. Des efforts concertés sont nécessaires pour préserver les accords et trouver une solution pour avancer. Les États-Unis ne doivent pas l’empêcher.

11/ Sur la situation dans le golfe Persique

carte-detroit-ormuz_v2Son éventuel blocage par Téhéran, qui en a souvent brandi la menace en cas de conflit aggravé, provoquerait, selon les experts, une crise internationale et une récession mondiale consécutive à l’envolée du prix du brut et des matières premières

 

C’est avec inquiétude que nous avons pris connaissance des communiqués selon lesquels, le 12 mai, quatre cargos pétroliers (deux saoudiens, un émirati et un norvégien) qui naviguaient sous différents pavillons dans les eaux territoriales des Émirats arabes unis à proximité de l’émirat de Fujaïrah, ont été la cible d’attaques ou de diversions par des individus non identifiés. Heureusement, elles n’ont pas fait de victimes et n’ont pas causé d’important préjudice matériel. Le déversement de pétrole en mer a également été évité.

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A en juger par les informations qui nous sont rapportées, les autorités émiraties enquêtent activement sur les circonstances des faits. Nous considérons qu’il faut travailler rigoureusement pour comprendre qui a organisé ces provocations et pourquoi.
De tels incidents nous alarment forcément. Ils créent une menace pour la sécurité de la navigation maritime internationale, notamment quand il est question d’itinéraires commerciaux stratégiques dans cette région.

Tout cela fait monter la tension, déjà élevée dans le golfe Persique à cause du renforcement considérable du groupe naval militaire américain dans cette zone. Malheureusement, les Américains continuent de penser qu’ils peuvent forcer l’Iran, par une forte pression, à faire des concessions, et notamment à renoncer à leur propre programme balistique et à leur prétendue ingérence dans les affaires intérieures d’autres États.

Nous sommes certains qu’un tel scénario risque d’entraîner les conséquences les plus néfastes, et pourrait plonger la région dans un vaste conflit militaire entraînant de nombreuses victimes et destructions. Il est évident que dans ce cas, tous les pays impliqués seraient perdants.

12/ Sur la situation au Venezuela

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La situation actuelle confirme qu’il n’y a pas d’alternative aux solutions pacifiques et civilisées pour régler les différends intérieurs entre les citoyens vénézuéliens.

Nous saluons la disposition du gouvernement et de l’opposition aux contacts préludant le début du dialogue, notamment avec une médiation internationale. Nous soutenons toutes les initiatives tenant compte à part égale des intérêts des parties. Seules des négociations entre toutes les forces politiques constructives au Venezuela prônant un règlement pacifique et diplomatique des différends dans le cadre de la Constitution pourront mener à un règlement durable de la crise.
De son côté, la Russie est ouverte au dialogue avec toutes les parties intéressées par un règlement pacifique de la situation politique intérieure au Venezuela. Je voudrais une fois de plus exprimer la position fondamentale de la Russie.

L’un des principes clés de la politique étrangère russe est le respect immuable de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays. La Russie travaille de manière systématique avec les gouvernements légitimes qui ont reçu un mandat de confiance de leur population, et possédant à ce titre la légitimité et la totalité du pouvoir. Cela nous permet de les avoir comme des partenaires de dialogue capables de mener leur propre ligne indépendante sur la scène internationale, ce qui a une valeur en soi pour nous.

Les déclarations sur la prétendue « responsabilité russe » pour les événements au Venezuela sont absurdes. C’est faux. Ce sont les sanctions des États-Unis et d’autres pays occidentaux qui ont conduit à une sérieuse dégradation de la situation socioéconomique cette année. L’Ambassadeur du Venezuela à Moscou en a parlé récemment aux médias.
Alors que tous les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, et la grande majorité des pays d’autres régions, s’expriment haut et fort contre l’invasion armée du Venezuela, les militaires américains poursuivent leurs provocations ouvertes: le 9 mai, un navire de la garde côtière des États-Unis a été découvert dans les eaux territoriales vénézuéliennes, à 20 km du port de La Guaira. Ces actions ne font qu’attiser la situation et ne contribuent pas au renforcement de la confiance.

Pendant ce temps, l’opposition radicale a engagé des négociations avec le Commandement Sud des forces armées américaines pour renverser le pouvoir légitime. Cela dépasse les frontières du bon sens. Nous appelons tous les politiciens vénézuéliens responsables à se tenir uniquement aux méthodes pacifiques de lutte politique.

Nous jugeons inadmissibles les démarches provoquant la guerre civile et les tentatives de renverser le président légitime par la force. C’est la voie de la violence et de l’effusion de sang.

Les exigences, formulées par des acteurs extérieurs à l’adresse du gouvernement de Nicolas Maduro, de cesser la prétendue persécution de députés de l’Assemblée nationale ne tiennent pas debout. Il s’agit d’un nouvel exemple d’ingérence dans les affaires intérieures. On cherche à faire passer les complices d’un coup d’État pour des « prisonniers d’opinion » et des « victimes de la dictature ».

Dans tout pays civilisé, la participation à une révolte armée est punie par la loi. Pourquoi faut-il faire une exception dans le cas vénézuélien et s’abstenir d’enquêter sur les crimes afin de sanctionner les criminels? Respectons la souveraineté vénézuélienne et les Vénézuéliens.

Une nouvelle violation sans précédent des normes et des principes internationaux a eu lieu la semaine dernière (13 mai). Des policiers américains ont pénétré sur le territoire de la représentation diplomatique du Venezuela à Washington.

C’est une grossière violation des articles 22 et 45 de la Convention de Vienne en matière de protection des représentations diplomatiques.

Je rappelle qu’en mars, la police américaine avait aidé les « diplomates » du président autoproclamé à s’emparer des locaux du Consulat général à New York et de l’Attaché militaire à Washington, et que sa dernière action en date a été d’expulser de force les activistes qui se trouvaient dans l’enceinte de la mission diplomatique avec l’accord du gouvernement vénézuélien. C’est un nouvel exemple scandaleux de violation du droit international et du deux poids deux mesures des autorités américaines.
Bien que nous soyons habitués au chantage, à la pression personnelle et à d’autres méthodes qui sortent du cadre juridique et sont pratiquées à Washington à l’encontre de ceux que les autorités américaines considèrent comme leurs adversaires, on s’étonne de la facilité avec laquelle l’establishment politique américain les utilise, notamment à l’égard de ses partenaires stratégiques. Après le refus des membres de la Cour constitutionnelle de Colombie d’évoquer avec l’Ambassadeur américain à Bogota les amendements à la loi sur le tribunal spécial de la période de transition, le Département d’État américain a annulé les visas américains de ces juges. En fait, les hauts représentants du pouvoir judiciaire colombien ont été assimilés aux membres de la Cour suprême du Venezuela frappés par les sanctions. Que pensez-vous d’une telle équation mathématique?

De son côté, la Russie continue de travailler avec les partenaires vénézuéliens sur un agenda constructif qui est dans l’intérêt des deux pays.

13/ Sur les nouveaux fakes au sujet des incidents de Salisbury et d’Amesbury

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Nous avons pris connaissance de la publication parue cette semaine dans le journal britannique The Guardian concernant les incidents de Salisbury et d’Amesbury. Se référant à des sources anonymes informées du déroulement de l’enquête, le quotidien présente de nouveaux détails faisant ressortir les incohérences flagrantes dans la version britannique des faits. Je voudrais attirer l’attention du Ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni sur ce point. Les diplomates britanniques parlent souvent du nombre de versions qui circulent dans les médias russes par rapport aux faits. Je voudrais dire que les versions évoquées dans la presse russe ne sont rien par rapport au nombre exorbitant d’insinuations, de fuites et d’intox qui circulent précisément dans les médias britanniques. Il ne serait pas inutile que le Ministère des Affaires étrangères britannique donne son avis sur le sujet puisqu’il fait la revue de presse des médias russes sur ce thème.
Il s’avère qu’en l’absence de preuves tangibles contre ceux qui ont été désignés coupables dans la presse et le milieu politique, l’enquête cherche – sans succès – leurs complices. Sachant que la police confirme qu’il est impossible de déterminer l’origine du flacon de « Novitchok » découvert à Amesbury et de l’associer clairement à l’incident de Salisbury.
De facto, ces fuites signifient que malgré le vaste travail mené, la police britannique ne parvient pas à apporter de preuves pour appuyer la version du crime de Salisbury imposée par le gouvernement politique britannique. Je le répète. Tout ce dont nous pouvons parler, c’est uniquement des publications dans les médias britanniques. Et chaque nouvelle publication ne fait que mettre en évidence l’absence de preuves réelles qui pourraient appuyer l’accusation scandée depuis le début par Londres dans le cadre de l' »affaire Skripal ».
Suite à cette publication du Guardian, l’Ambassade de Russie à Londres a envoyé au Foreign Office une requête pour confirmer ou démentir cette information. Nous n’avons toujours pas reçu de réponse, pas plus qu’aux dizaines d’autres requêtes similaires envoyées par les diplomates russes aux organes britanniques compétents. Malgré nos multiples demandes, les autorités britanniques ne peuvent pas nous fournir d’informations véridiques sur l' »affaire Skripal ». De toute évidence, la raison est simple: soit il y a des choses à cacher, soit il n’existe tout simplement aucune preuve des accusations avancées.
Dans ces circonstances, il convient de rappeler la hâte de l’Ambassadeur britannique à Moscou Laurie Bristow, qui, le 22 mars 2018, a réuni une conférence de presse et, s’appuyant sur une présentation floue de cinq ou six diaporamas, a accusé la Russie d' »avoir utilisé l’arme chimique dans les rues de Salisbury ». Pourquoi Laurie Bristow n’organiserait-il pas aujourd’hui une conférence de presse pour faire le compte-rendu des progrès de l’enquête, présenter des faits réels et pas des images du niveau d’un élève de sixième, non pas nouer des chaînes historiques spéculatives mais des vraies informations qu’il a certainement pu obtenir en un an? Je pense qu’il serait intéressant pour les journalistes de poser directement leurs questions à celui qui, à ce que l’on sache, connaît bien la « cuisine intérieure » des incidents de Salisbury et d’Amesbury. Sinon, il n’aurait pas briefé le corps diplomatique à Moscou.
De notre côté, nous voudrions rappeler que Londres continue de renoncer à toute coopération avec les organes russes compétents pour enquêter sur l’attentat contre Sergueï et Ioulia Skripal. De manière inchangée, la Russie est fermement disposée à rétablir la vérité sur ces faits, et continuera d’exiger des autorités britanniques des informations officielles exhaustives et l’accomplissement de leurs engagements juridiques internationaux pour l’octroi d’un accès consulaire à nos concitoyens.

Je voudrais réitérer la proposition faite au Royaume-Uni de passer de la discussion sur des spéculations, des insinuations, des fuites, des intox et des provocations autour de l' »affaire Skripal », aux faits – à condition qu’il en dispose.

à suivre


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3658436

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