3296 – Les Nations de l’Europe et l’Europe des Nations … Un appel à changements …

mai 2019

 Patrick Guiol, Henri Temple et Jean Claude Werrebrouck

Appel à co-signatures aux enseignants, chercheurs, intellectuels, universitaires

Le présent texte a été écrit par

  • Patrick Guiol, sociologue,
  • Henri Temple, professeur de droit,
  • Jean Claude Werrebrouck, professeur d’économie.

Nous souhaitons, à l’occasion des prochaines élections européennes le diffuser très largement afin d’impulser un véritable débat citoyen.

Si vous êtes d’accord merci de nous le signaler sur le blog avec si possible vos noms, prénoms et votre position professionnelle.

Les intellectuels,  enseignants chercheurs , universitaires qui sont d’accord pour associer leur nom à ces pistes de réflexions peuvent l’écrire à <jclwerrebrouck@nordnet.fr> et diffuser à leurs collègues. Grand merci 

Vous figurerez ainsi dans le groupe des personnalités qui souhaitent un véritable changement dans l’actuelle construction européenne.

Bien évidemment les points abordés ci-dessous sont discutables et n’ont d’autre but que de lancer un authentique débat.

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En décembre 2018 les presses de la Sorbonne publiaient un ouvrage collectif signé d’intellectuels universitaires reconnus : historiens, géographes, économistes, juristes, politistes, philosophes, psychosociologues, de 4 pays, et intitulé :

Qu’est-ce qu’une nation en Europe ?

Alors qu’une totale liberté éditoriale leur était laissée le résultat convergent était que les nations sont des faits incontournables, ayant une grande incidence sur l’organisation politique, économique, géographique culturelle des sociétés, et que la vie intérieure et le destin des êtres humains qui y vivent en sont intimement façonnés.

Un déni  »collectif  » de cette réalité est encore imposé par la doxa dominante au moyen de ce qui reste d’un amalgame paresseux et fallacieux entre nation et nationalisme, populisme ou  »repli frileux sur soi »…

Au cours de ces dernières années nul n’a pu ignorer que le continent européen est devenu l’objet de fortes tensions extérieures, et d’enjeux, demandes ou rejets puissants de part des nations, et parfois des peuples qui y sont intégrés.

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Des divergences profondes apparaissent désormais sur l’état actuel et le devenir de la construction politique dont le siège est à Bruxelles, et qui découle juridiquement principalement des traités de Rome, de Maastricht et de Lisbonne.

Il est donc inévitable qu’après avoir réfléchi sur :

  • Qu’est-ce qu’une nation en Europe ?

et après en avoir retenu l’idée que les nations sont incontournables, les enseignants, intellectuels, universitaires et chercheurs se confrontent dès lors à la question désormais logique :

  • Que serait une Europe des nations ?

En effet après le Brexit du Royaume Uni et les tensions irrédentistes apparues dans plusieurs autres pays, le devoir des intellectuels est d’explorer les autres pistes possible, s’il devenait nécessaire ou souhaité de construire une autre Europe pour passer à une Deuxième Union Européenne, comme la France en est venue, de république en république, de la première à la cinquième.

Car le pari idéologique fédéral voulu par Maastricht et, plus encore par Lisbonne, est désormais contesté, ou même fui.  L’Europe doute, souffre et même se rebelle contre ce dogmatisme ; de telle façon qu’il faut prendre en compte ce constat avant d’imaginer ce que seraient d’autres chemins convergents pour une Union apaisée.

1

Avant tout l’Europe politique devra embrasser toute l’Europe géographique et culturelle.

Pas question d’exclure, de laisser partir, de punir ou d’oublier quiconque.

Le Conseil de l’Europe associe bien tous les pays d’Europe (sauf la Biélorussie) et même quelques pays d’Asie comme la partie de la Russie qui s’étend de l’Oural au Pacifique, l’Azerbaïdjan et la Turquie.

Or l’actuelle Union européenne ne comprend pas : l’Albanie, la Bosnie, l’Islande, le Kosovo, la Macédoine, la Moldavie, le Monténégro, la Norvège, le Royaume-Uni, la Serbie, la Suisse.

Ce qui veut dire que, au lieu de présenter ou d’imposer des solution extrémistes, la nouvelle Union devra tout d’abord rassembler, et se fonder sur le consensus de tous.

2

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Il n’est pas envisageable, eu égard à sa dimension de faire figurer la Russie dans la nouvelle Union composée de pays de petite taille ou de taille moyenne.

Pour autant la Russie est européenne par l’ histoire, la culture, les valeurs religieuses, et tout simplement par l’attirance du Peuple russe vers l’Europe et par la forte inclination que les Peuples d’ Europe ont pour la Russie.

Une Grande Europe associera par un traité-cadre de paix et de coopérations, l’ouest et l’est européens (Biélorussie, Russie, l’Ukraine).

En vue de démilitariser cette Grande Europe un nouveau traité d’OSCE sera négocié, impliquant un retrait progressif de l’OTAN, une dénucléarisation, puis la fin des menaces et provocations militaires réciproques.

Les abcès de la Transnistrie, de Chypre nord Est, du Kosovo seront réglés.
La situation en Ukraine sera réglée en tenant compte des particularités et des besoins démocratiques des minorités.

3

Sur le plan politique, l’Europe ne sera forte et unie que si les nations sont fortes et consensuelles. Un nouveau Traité de Rome sera conclu, qui associera tous les pays d’Europe de l’ouest, selon une philosophie confédérale :

Suppression de la Commission, du Parlement, de la Cour de justice.
Création d’un parlement confédéral à deux chambres composées d’élus délégués des parlements de chaque pays : une Assemblée (au prorata de la population) ; un Sénat confédéral compétent pour les questions de politique étrangère et de défense, votant par pays.
Création de 32 agences confédérales de coordination remplaçant les 32 Directions Générales + deux Commissions intergouvernementales de concertation : affaires étrangères et défense. Des coopérations libres s’établiront entre les états qui ont des projets en commun. Ce sont des fonctionnaires nationaux qui se rencontrent pour proposer des actions communes ou concertées.

4

Sur le plan économique et social : l’économie est faite pour les peuples et pas l »inverse.

  • Rétablissement de la préférence communautaire.
  • Taxation à la source des revenus des entreprises réalisés sur un marché national. Interdiction des travailleurs détachés.
  • Rétablissement des politiques agricoles nationales ce qui n’exclut pas des concertations comme ce fut le cas, sur les marchés des productions, à l’origine de l’UE . Préservation des terres arables et des exploitations familiales. Aides aux coopératives de distribution.
  • Renationalisations des services publics par les pays qui le souhaitent. Contrôle des prises de participations étrangères par les pays qui le souhaitent. Participation des salariés. TVA sociale. Maîtrise des salaires astronomiques.
  • En cas de nouvelle crise financière mondiale (explosion de la bulle de la dette de 300 % du PIB mondial): remplacement de l’euro par un écu et un SME perfectionnés.
  • Retour à la maitrise de l’industrie financière par les États. Maîtrise collective de l’émission monétaire  et des variations des taux de change (SME nouveau).
  • Mesures d’égalisation contre les dumpings sociaux, fiscaux ou autres.
  • Préservation des filière menacées.

5

Sur le plan écologique établissement d’une  carbone proportionnelle à la distance des importations. Taxation du kérosène et des porte-conteneurs. Préservation drastique des terres arables et des exploitations familiales.

Grand effort en faveur d’une alimentation saine et naturelle, notamment par un contrôle vigilant aux frontières.

6

Sur le plan juridique : Conservation provisoire des acquis communautaires et renégociation progressive de leur contenu. Remplacement du droit supranational par des lois uniformes confédérales ( réservées aux relations transfrontières) et application par la création de tribunaux spécialisés sur les questions transfrontières.

Réforme de la CEDH par introduction des principes supérieurs de la DUDH de l’ONU (droits des nations).

7

Sur le plan international. Liberté nationale des politiques immigratoires. Aide au co-développement des pays pauvres (sociétés d’économie-mixte et bi-nationales). Sanctions lourdes contre les pays qui ne respectent pas les droits de l’homme ou qui tolèrent les trafics d’êtres humains, de stupéfiants, .

Création de coordinations militaires entre pays des zones concernées. Coopération stratégique de dissuasion Royaume-Uni/France.
Sortie progressive de l’OTAN et de l’OMC

En résumé : une alternative européenne est nécessaire et sera possible, dès lors qu’elle sera souhaitée par le concert des peuples d’Europe.

Les intellectuels,  enseignants chercheurs , universitaires qui sont d’accord pour associer leur nom à ces pistes de réflexions peuvent l’écrire à <jclwerrebrouck@nordnet.fr> et diffuser à leurs collègues. Grand merci

 


source/http://www.lacrisedesannees2010.com/2019/05/les-nations-de-l-europe-et-l-europe-des-nations.html

Note sans a priori >>> C’est une initiative à saluer … et cela ne peut aller que dans le bon sens !

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