3263 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 28 mars 2019

PLAN

  1. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la 7e réunion du Groupe conjoint de planification stratégique
  2. Sur la visite de travail du Ministre abkhaze des Affaires étrangères Daour Kove
  3. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants
  4. Sur la situation actuelle en Syrie
  5. Sur la situation actuelle au Venezuela
  6. Sur la signature de l’accord entre le Royaume des Pays-Bas et les États-Unis pour l’utilisation de l’infrastructure de l’île de Curaçao afin d’effectuer des livraisons humanitaires au Venezuela 
  7. Sur la situation au Nicaragua
  8. Sur la création du Forum pour le progrès de l’Amérique du Sud (Prosur)
  9. Sur un nouvel exemple d’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d’États souverains
  10. Sur la situation dans le Donbass
  11. Sur les approches russes de la lutte contre l’intolérance religieuse
  12. Sur la situation autour de Maria Lazareva

RUSSIE MARS 19 Брифинг 

1/ Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la 7e réunion du Groupe conjoint de planification stratégique
RUSSIE TURQUIE MARS 2019 1553853329377937153_1000x669  Les délégations des ministères des affaires étrangères turc et russe se réunissent à Antalya – AZERTAC – Agence d’Information d’Etat de l’Azerbaïdjan

Les 28 et 29 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail en Turquie (Antalya) pour participer à la 7e réunion du Groupe conjoint de planification stratégique coprésidé par les chefs de diplomatie des deux pays.

Ce groupe travaille dans le cadre du Conseil de coopération de niveau supérieur (CCNS) dirigé par les présidents de la Russie et de la Turquie. La 6e réunion du Groupe avait eu lieu à Moscou le 14 mars 2018.

Durant cette réunion, il est prévu d’évoquer un large éventail de problèmes bilatéraux, régionaux et internationaux d’actualité, notamment la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Transcaucasie, en Asie centrale, en Ukraine et dans la région de la mer Noire.

Les interlocuteurs aborderont le renforcement de l’efficacité de la coopération au sein des organisations internationales.

Le règlement politique du conflit qui dure depuis plusieurs années en Syrie, par l’élimination conjointe des éléments terroristes restants sur le terrain et l’établissement d’un dialogue national sur la base des principes universels du droit international, notamment la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, occupera une place prioritaire lors des pourparlers.

Une attention particulière sera accordée au renforcement de la coopération commerciale et économique bilatérale.

Il est notamment prévu d’évoquer le déroulement de la mise en œuvre de projets stratégiques bilatéraux dans le secteur énergétique tels que la construction de la première centrale nucléaire de Turquie à Akkuyu, et du gazoduc Turkish Stream.

Les interlocuteurs comptent aborder le thème consulaire, notamment les perspectives d’une simplification plus poussée du régime de voyages réciproques pour les citoyens des deux pays.

Les pourparlers permettront également un échange de points de vue sur les démarches concrètes visant à renforcer la coopération socioculturelle russo-turque. Une attention particulière sera accordée à la préparation de l’Année croisée de la culture et du tourisme dans nos pays.

Enfin, il est prévu de signer le Plan de consultations interministérielles pour 2019-2020 pendant la réunion d’Antalya.

2/ Sur la visite de travail du Ministre abkhaze des Affaires étrangères Daour Kove

ABKHAZIA Daur Kove, Abkhazia's Minister of Foreign Affairs daur-kove-apssnyDaur Kove, Abkhazia’s Minister of Foreign Affairs – by

Le Ministre abkhaze des Affaires étrangères Daour Kove est attendu du 31 mars au 2 avril à Moscou pour une visite de travail à l’invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

ABKHAZIE & SES VOISINS L-Europe-joue-toujours-gardes-frontieres-Georgie_0_730_365

Dans le cadre de ces pourparlers russo-abkhazes se tiendra, le 1er avril, un échange d’avis sur les questions centrales de l’agenda bilatéral, ainsi que sur le renforcement des positions internationales de l’Abkhazie.

Une attention particulière sera accordée à l’amélioration de la coopération en politique étrangère sur la plateforme des Discussions de Genève sur la sécurité et la stabilité en Transcaucasie.

3/ Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants

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Le 5 avril, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants à Moscou (cette année, la CEI est présidée par le Turkménistan).

Les ministres échangeront leurs points de vue sur les questions régionales et internationales d’actualité, évoqueront les perspectives de la coopération au format de la CEI en mettant l’accent sur l’intensification du partenariat entre les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la CEI. Il est prévu d’approuver plusieurs documents visant à approfondir la coopération dans le secteur du maintien de l’ordre et la sphère socioculturelle.

Dans le contexte des efforts visant à lutter contre les falsifications de l’histoire et la « lutte contre les monuments », les ministres prévoient d’adopter un communiqué sur la nécessité de sauvegarder et d’entretenir les cimetières militaires et les monuments militaires de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, ainsi que de mettre au point le projet de déclaration des dirigeants des États membres de la CEI à l’occasion du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, qui sera soumis aux chefs d’État.

4/ Sur la situation actuelle en Syrie

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La vie revient progressivement à la normale sur la majeure partie du territoire syrien. On ne peut que s’en réjouir.

Dans le même temps, à Idleb, de l’autre côté de l’Euphrate et au sud du pays, persistent des foyers de tension susceptibles de déstabiliser la situation. Ainsi, les sorties agressives et les provocations des terroristes se sont poursuivies depuis la zone de désescalade d’Idleb.

Ces deux dernières semaines, les bombardements dans les provinces d’Alep et de Hama ont coûté la vie à des dizaines de Syriens, aussi bien parmi les militaires que parmi les civils.

Nous sommes particulièrement préoccupés par l’annonce de l’usage de l’arme chimique par des djihadistes près des villages d’al-Suqaylabiyah, d’al-Rassif et de d’al-Aziziya au nord de Hama, où plus de 20 personnes ont été hospitalisées avec des signes d’empoisonnement chimique.

Pour la première fois depuis le début de l’année, les terroristes ont tiré des missiles contre la ville de Tartous. Les forces gouvernementales soutenues par l’aviation russe ont riposté par des frappes chirurgicales contre les positions de l’organisation terroriste Hayat Tahrir al-Cham.

Ce 23 mars, les États-Unis ont rapporté le succès de l’opération pour éliminer Daech de la rive Est de l’Euphrate.

Cependant, après de longs affrontements pour la ville de Baghouz, les tapis de bombes ont touché des centaines de civils, et des milliers d’entre eux ont été contraints de devenir des déplacés internes. Entre autres, le camp de réfugiés d’al-Hol situé à proximité ne parvient pas à gérer le flux d’arrivants, soit près de 3.000 personnes rien que la semaine dernière. Le nombre d’habitants de ce camp provisoire surchargé a atteint 70.000 personnes.

Dans le contexte du règlement du problème des déplacés internes, nous remarquons les communiqués sur l’évacuation de 360 habitants du camp de Roukban vers le territoire contrôlé par le gouvernement.

Les réfugiés ont profité des conditions créées pour leur accueil au poste de contrôle de Jleb.

La Russie est prête à coopérer avec toutes les parties qui souhaitent réellement aider la population de Roukban. Nous soulignons de nouveau que la cause réelle de la situation de détresse des habitants du camp est l’occupation américaine illégale, et que les convois humanitaires ne peuvent pas régler ce problème.

Sur cette toile de fond, nous avons remarqué la déclaration conjointe des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne à l’occasion de l’anniversaire du conflit syrien.

Il est regrettable que ces pays refusent obstinément de voir les progrès positifs et la stabilisation de la situation en Syrie, et politisent franchement la question relative au retour des réfugiés.

Comme nous parlons du règlement de la crise syrienne sur la base du droit international, nous voudrions rappeler que la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies appelle clairement à respecter la souveraineté et l’intégrité de la Syrie, ce qui exclut l’occupation illégale de toute partie du territoire de ce pays du plateau du Golan jusqu’à l’autre rive de l’Euphrate.

5/ Sur la situation actuelle au Venezuela

usa venezuela opposition donald_trump_et_fabiana_rosales_sipa   D’une manière impromptue, Donald Trump a reçu Fabiana Rosales, l’épouse de Juan Guaido, l’opposant numéro un deNicolas Maduro. © Sipa Press

Mercredi 27 mars, lors de son entretien avec l’épouse de l’opposant vénézuélien Juan Guaido, le Président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis étudiaient « toutes les options possibles » pour forcer les militaires russes à « quitter le Venezuela ».

Le vice-Président Mike Pence, qui a également participé à cet entretien, a appelé la Russie à « cesser immédiatement d’apporter tout soutien au « régime » de Nicolas Maduro » et à se ranger avec d’autres pays du côté de Juan Guaido pour rétablir la liberté du peuple vénézuélien ».

Dans le même temps, pendant les audiences au Congrès, le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a ouvertement déclaré que les États-Unis ne cherchaient pas seulement à faire partir le Président Nicolas Maduro de la scène politique, mais également à faire cesser l’influence de la Russie et de Cuba sur la République bolivarienne.

  • Nous voudrions poser une question à tous ceux que je viens de citer. Sur quelle base juridique s’appuient ces déclarations?

  • A) Sur la base du droit international?

  • B) Sur la base des lois américaines?

  • C) Sur la base d’autres actes juridiques dont tout le monde ignore l’existence?

Honnêtement, ce n’est pas une question rhétorique. Nous voulons réellement obtenir une réponse.

Je souligne une nouvelle fois que les spécialistes russes sont arrivés au Venezuela conformément aux termes de l’accord intergouvernemental bilatéral sur la coopération militaro-technique.

Ce document reste en vigueur. La Russie n’a rien enfreint, ni des accords internationaux ni la législation vénézuélienne.

  • La Russie ne modifie pas l’équilibre des forces de la région.
  • La Russie ne menace personne, contrairement aux individus de Washington que je viens de citer.

Je voudrais souligner une nouvelle fois que c’est la position fondamentale de la Russie, à laquelle nous nous tenons absolument.


groupe de lima 600px-Lima_Group_map

Douze pays américains ont initialement constitué le groupe4:

  • Drapeau de l'Argentine Argentine Drapeau du Brésil Brésil Drapeau du Canada Canada Drapeau du Chili Chili Drapeau de la Colombie Colombie Drapeau du Costa Rica Costa Rica
  • Drapeau du Guatemala Guatemala Drapeau du Honduras Honduras Drapeau du Mexique Mexique Drapeau du Panama Panama Drapeau du Paraguay Paraguay Drapeau du Pérou Pérou

Il a été rejoint ultérieurement par5: : Drapeau du Guyana Guyana Drapeau de Sainte-Lucie Sainte-Lucie


Sur ce plan, nous avons noté la déclaration rationnelle des pays du Groupe de Lima qui « condamne toutes les provocations ou les déploiements de contingents militaires qui représentent une menace à la paix et à la sécurité dans la région ».

Chers Latino-Américains et Canadiens, nous sommes entièrement solidaires avec vous à ce sujet.

De plus, nous soutenons l’appel adressé à tous les pays à contribuer à la recherche de solutions pour rétablir l’ordre constitutionnel au Venezuela. Il est avant tout question de la cessation de l’activité provocatrice du « président par intérim » autoproclamé visant à détruire les fondements juridiques de la structure étatique vénézuélienne, ainsi que de la nécessité de mettre un terme à la persécution internationale du président légitimement élu.

En ce qui concerne les déclarations du Président et du Secrétaire d’État des États-Unis, nous y voyons une tentative arrogante de dicter à deux États souverains la manière dont ils doivent construire leurs relations bilatérales.

Je voudrais rappeler que c’est dans la Rome antique que des proconsuls étaient nommés à la tête des provinces. Mais ni la Russie ni le Venezuela ne sont pas des provinces américaines.

C’est là une divergence fondamentale entre les États qui respectent le droit international

(nous sommes trop nombreux pour que je les énumère tous)

et un groupe de pays qui inventent des prétextes pour justifier leur ingérence dans les affaires intérieures d’autres États.

En ce qui concerne celui que nous « devons » soutenir au Venezuela selon Washington. La Russie soutient le pouvoir légitime. Il existe deux mots-clés dans cette phrase: « pouvoir » et « légitime ». « Légitime » – parce que seul le peuple vénézuélien a le droit de choisir ses dirigeants par le vote, conformément à la Constitution nationale.

  • S’il existe d’autres interprétations, nous voudrions demander des précisions aux hauts responsables américains, parce que nous avons clairement formulé la question: sur quelles bases juridiques légales les autorités américaines s’appuient-elles pour faire les déclarations que l’on entend dernièrement?

Le peuple vénézuélien a fait son choix. Et « pouvoir » – parce qu’il n’existe pas d’autre pouvoir au Venezuela que le gouvernement du Président Nicolas Maduro. Monsieur Juan Guaido peut se proclamer tout ce qu’il veut. De tels cas sont décrits dans l’histoire et dans la médecine.

USA Elliott Abrams.1072037339  Elliott Abrams.

Analysons la réalité dont parlait récemment monsieur Mike Pompeo dans un autre contexte international. En l’occurrence, le droit et la réalité coïncident. Monsieur Juan Guaido n’a aucun pouvoir réel, où qu’aille son épouse.

D’ailleurs, c’est exactement ce qu’a dit récemment le représentant des États-Unis pour le Venezuela Elliott Abrams.

Sur ce point, nous sommes bien d’accord.

Je ne suis pas sûre que d’autres représentants de l’administration à Washington soient au courant de ses déclarations, mais ils peuvent en prendre connaissance.

En refusant au gouvernement de Nicolas Maduro le droit et l’obligation d’exercer le pouvoir, Washington et ses alliés refusent au peuple vénézuélien « ici et maintenant » la vie dans un État doté d’un pouvoir.

venezuela Nicolas Maduro PKL7LCQSU4I6TEFICNX2IS4AXI Nicolas Maduro

Je pense que tout ce qui est fait par rapport au Venezuela est motivé à Washington précisément par les intérêts du peuple vénézuélien à bénéficier des services publics, de la sécurité publique et de l’ordre public.

Nous constatons une succession d’actions visant à déstabiliser la situation:

  • le décret de sanctions contre les secteurs financier, pétrolier, de l’or, la division de la société, des forces armées,
  • les tentatives d’importer par la force l' »aide humanitaire »,
  • et la poursuite des sabotages contre le système énergétique du pays.

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Une nouvelle attaque a eu lieu récemment, cette fois contre la ligne à haute tension en provenance du barrage de Guri – qui avait été la cible d’une cyberattaque trois semaines plus tôt. Bref, la liste est interminable.

Tout cela est une provocation intentionnelle du chaos, de l’effondrement de l’État, dont personne ne sortira vainqueur.

  • En êtes-vous conscients à Washington?

Nous avions posé cette question vis-à-vis de la situation dans d’autres États, et nous avions raison.

Nous voudrions revenir à la conversation qui a eu lieu entre des diplomates russes haut placés et Elliott Abrams ce 19 mars à Rome. Nous avons eu l’impression que les autorités américaines voyaient tout de même la solution de la situation vénézuélienne complexe dans le dialogue entre les parties impliquées.

Je voudrais rappeler de nouveau que le gouvernement légitime du Venezuela est prêt aux négociations et au dialogue, comme il l’a dit à plusieurs reprises. L’approche fondamentale de la Russie est la même. Nous appelons à rester sur le terrain de la réalité et du bon sens.

Revenons à la question du respect des lois.

Récemment, les pseudo-diplomates représentant le président-imposteur Juan Guaido ont pénétré, avec l’aide de la police américaine, dans les bâtiments du Consulat général à New York et de l’Attaché de défense du Venezuela à Washington, qui avaient été laissés vacants par les diplomates vénézuéliens suite à la rupture des relations diplomatiques.

C’est une grossière violation des articles 22 et 45 de la Convention de Vienne en matière de protection des représentations diplomatiques.

Nous voyons la manière dont les méthodes utilisées ces dernières années pour saisir illégalement la propriété diplomatique, notamment russe, sont étendues par Washington à d’autres États souverains.

Le principe de réciprocité a été toujours fondamental en diplomatie.

  • Est-ce que cela signifie que les Américains, en aidant à pénétrer par effraction dans les établissements diplomatiques vénézuéliens, donnent leur accord pour un traitement identique de leurs établissements diplomatiques au Venezuela?

Nous voudrions tout de même terminer notre commentaire sur le Venezuela sur une note positive.

Nous continuons d’apporter notre contribution au gouvernement légitime de ce pays pour stabiliser la situation politique intérieure et régler la crise socioéconomique. Une nouvelle cargaison d’aide humanitaire a été livrée récemment à Caracas, contenant notamment des modules médicaux conformément à la résolution fondamentale 46/182 de l’Assemblée générale des Nations unies et à la demande du gouvernement vénézuélien.

Nous appelons tous les acteurs responsables de la communauté internationale à agir également en respectant les règles et à ne pas imposer leurs « bons services » par la force.

venezuela tareck-el-aissami-600x400 Tareck El Aissami

Ðàáî÷àÿ ïîåçäêà ïðåìüåð-ìèíèñòðà ÐÔ â Âîðîíåæ                                                                      YOURI BORISSOV

La semaine prochaine se tiendra la 14e réunion de la Commission intergouvernementale de haut niveau sous la présidence du vice-Premier ministre russe Iouri Borissov et de Tareck El Aissami, vice-Président à l’économie et Ministre vénézuélien de l’Industrie et de la Production nationale. Nous espérons pouvoir faire un inventaire détaillé des questions relatives à la coopération bilatérale commerciale, économique et d’investissement et signer plusieurs accords dans le secteur de l’économie, du commerce, de l’énergie et de l’éducation.

Je voudrais rappeler la situation dans une autre région du monde.

LIBYE EN 2019 FEVRIER 831733b3e6c4ab6cba0512ffb467b9026d3b61d3

LIBYE 2019 cover-r4x3w1000-5c77d8fbe0cb2-758e8dea61d1543a2619b86de7121b6a72fddb5e-jpg  Le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen (G), et le chef du gouvernement d’union basé à Tripoli (ouest) Fayyez al-Sarraj (au milieu), le 29 mai 2018 lors d’une conférence sur la Libye à Paris POOL/AFP/Archives – Étienne LAURENT

Même si elle ne coïncide pas aussi clairement, elle présente plusieurs similitudes. Dans plusieurs pays, et notamment en Libye, des décisions hâtives ont été adoptées et même la base juridique internationale était adaptée « pour le bien-être des nations du pays ».

Nous nous souvenons parfaitement, cela ne fait pas si longtemps, comment et en combien de temps ont été prises les décisions motivées par l’avenir, les différents bienfaits et la nécessité de faire revenir la liberté démocratique en Libye.

Tout cela était fait dans l’intérêt du peuple libyen. Puis ce qui est arrivé est arrivé.

Depuis plusieurs années s’enchaînent les conférences internationales, se réunissent des groupes de donateurs, ont lieu des négociations, sont organisées des tables rondes, des colloques  pour savoir ce qu’il faut faire avec la Libye.

  • Peut-être faudrait-il enfin commencer à faire l’inverse – d’abord organiser des conférences, des tables rondes, des colloques et évoquer notamment avec la participation de hauts représentants officiels de différents pays le sort de telle ou telle région, d’un pays et d’un peuple, en demandant notamment à ce peuple s’il a besoin d’une telle aide, et, seulement ensuite, agir?

Sinon, nous voyons un nombre grandissant de pays dont l’avenir, honnêtement, est remis en question, dont la structure étatique s’est effondrée et ne se rétablit pas quelle que soit la volonté des acteurs.

La population souffre beaucoup plus des actions engagées pour régler les problèmes du pays que de ces problèmes-mêmes. Ces scénarios se multiplient.

6/ Sur la signature de l’accord entre le Royaume des Pays-Bas et les États-Unis pour l’utilisation de l’infrastructure de l’île de Curaçao afin d’effectuer des livraisons humanitaires au Venezuela 

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Le sujet des « bonnes intentions humanitaires » envers le Venezuela  de la part du groupe de pays occidentaux menés par les États-Unis reste d’actualité. Tout le monde en débat. Nous ne pouvions pas ignorer l’accord signé le 15 mars par les Pays-Bas et les États-Unis permettant d’utiliser le territoire de Curaçao (territoire autonome au sein du Royaume des Pays-Bas) en tant que plateforme de livraisons humanitaires pour la population du Venezuela.

A première vue, ce texte ne fait que permettre aux représentants américains d’accéder aux sites d’infrastructure de Curaçao afin qu’ils puissent les utiliser afin de fournir une aide humanitaire au Venezuela et aux pays tiers qui « subissent une influence négative de la crise dans la République bolivarienne », avec des moyens strictement « civils ».

Il y a pourtant un détail curieux.

Le Parlement et le Gouvernement de Curaçao avaient initialement exprimé leur méfiance vis-à-vis de cette idée, car ils ne voulaient pas provoquer de tensions dans leurs relations avec Caracas. Ils ont été poussés à céder sur foi de la promesse que l’infrastructure du territoire ne serait pas utilisée à des fins militaires. Autrement dit, la Haye a donné aux Américains carte blanche pour utiliser son ancienne colonie en tant que point d’appui de leur ingérence agressive dans les affaires vénézuéliennes sous le couvert de slogans humanitaires.  

Il s’est avéré que cet accord portait sur l’utilisation de moyens civils « et autres ». C’est-à-dire militaires.

Nous espérons que les autorités de Curaçao empêcheront d’utiliser le territoire de l’île en tant que point d’appui d’une nouvelle aventure occidentale susceptible de déstabiliser considérablement la situation dans la région.

7/ Sur la situation au Nicaragua

NICARUAGUA nu-area

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation au Nicaragua, un État ami qui subit une pression extérieure de plus en plus importante de la part des forces qui veulent discréditer le Gouvernement légitime du pays.

Nous saluons le progrès dans l’élaboration d’un ensemble de règles stables pour le dialogue national qui a repris à la fin du mois de février, ainsi que les avancées réelles dans la concertation de l’ordre du jour préliminaire des négociations futures entre les sandinistes et leurs opposants. 

Nous constatons des efforts conséquents du gouvernement visant à stabiliser la situation, ce dont témoigne notamment sa décision de libérer sous 90 jours – conformément aux normes de la législation nationale – tous les détenus arrêtés pour avoir participé aux troubles et aux affrontements armés. Rappelons que plus de 100 contrevenants avaient été assignés à résidence à la fin du mois dernier.

Nous sommes convaincus que les Nicaraguayens sont en mesure de trouver eux-mêmes et sans aucune ingérence extérieure une solution à tous leurs problèmes intérieurs.

Nous espérons que toutes les forces politiques du pays travailleront de manière cohérente et constructive afin d’assurer un développement stable et positif du pays.

Je voudrais apporter une petite précision.

  • Pourquoi parlons-nous de manière si détaillée des ingérences incessantes et de l’influence extérieure sur les affaires intérieures d’autres pays?

Pas parce que nous voulons « troller » nos partenaires occidentaux. Ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une approche absolument pragmatique. Nous ne sommes pas seulement gênés par l’aspect théorique qui provoquera des conséquences absolument réelles, notamment la déstabilisation du système durable des relations internationales basé sur le droit international.

Il s’agit des réalités évoquées par le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

  • Si nos partenaires américains étaient parvenus à améliorer globalement quelque part la situation sur le terrain – même en contournant ou en révisant certaines normes du droit international – nous aurions pu examiner cette expérience, nous appuyer sur elle.

Mais il n’existe aucun exemple de ce genre.

  • Nous constatons une violation du droit international, ainsi qu’une dégradation de la situation sur le terrain.

Cela se solde par des tragédies colossales dans la vie et le destin des peuples de ces pays.

  • Ou sont les cas positifs qu’on pourrait mettre sur la table en tant qu’exemples des actions de Washington du côté du Bien?

Ils n’existent pas. Dans le cas contraire, on pourrait probablement débattre de certaines actions.

La situation en Syrie était susceptible de dégrader l’état non seulement d’un pays, mais aussi de toute la région si on l’avait laissée à la discrétion des « forces du bien » occidentales. Les actions russes donnent au contraire des résultats réels: on respecte le droit international et on constate des progrès réels vers l’amélioration de la situation sur le terrain.         
8/ Sur la création du Forum pour le progrès de l’Amérique du Sud (Prosur)
South American presidents sign declaration in Santiago to create Prosur  Autour du président colombien Ivan Duque qui serre la main au président chilien Sebastian Pinera, hôte de la réunion, on trouve à leur gauche l\’ambassadeur de Guyanne au Chili George Talbot, le président brésilien Jair Bolsonaro et le président équatorien Lenin Moreno. A droite de Sebastian Pinera se trouvent le président argentin Mauricio Macri, le président péruvien Martin Vizcarra et le président paraguayen Mario Abdo Benitez. ils ont signé la création de l\’organisation Prosur, à Santiago, le 22 mars. – Alberto Valdes/EFE/SIPA

Les présidents de sept pays d’Amérique du Sud – de l’Argentine, du Brésil, de la Colombie, du Paraguay, du Pérou, du Chili et de l’Équateur – ainsi qu’un représentant de la Guyane ont signé le 22 mars à Santiago la Déclaration de création d’une nouvelle organisation régionale: le Forum pour le progrès de l’Amérique du Sud (Prosur).

La Russie s’est toujours prononcée pour le rapprochement entre les États d’Amérique latine et des Caraïbes sur une base non-idéologique. Nous avons toujours souligné notre volonté de voir cette région unie, forte dans le domaine politique et stable d’un point de vue économique. Ainsi, nous soutenons fermement les initiatives d’intégration dans la région, ainsi que les organisations et les ensembles multilatéraux, notamment la Communauté d’États latino-américains et caraïbes qui comprend tous les pays de la région sur une base non-discriminatoire et de respect mutuel.

Guidés par le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres, nous estimons que les pays de l’hémisphère Ouest doivent définir eux-mêmes les formes de coopération régionale et sous-régionale qui leur conviennent le mieux.

Nous sommes convaincus que l’aspect principal de l’analyse de ces processus réside dans leur orientation positive « pour » quelque chose et non « contre » quelqu’un, dans l’approche non-exclusive des participants, le respect des particularités nationales des pays et de leur droit de définir par eux-mêmes les formes de leur gouvernance sans aucune ingérence extérieure.

Nous confirmons notre volonté de développer nos relations traditionnellement amicales et la coopération constructive et mutuellement avantageuse avec tous les États membres du Prosur. Nous suivrons attentivement les initiatives futures concernant le développement de cet ensemble et son activité pratique. 

9/ Sur un nouvel exemple d’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d’États souverains

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Nous avons cité de multiples exemples d’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d’autres États.

C’est au tour de la Moldavie où, comme vous le savez, les élections législatives se sont déroulées le 24 février. Durant leur préparation, l’Occident et certains politiciens moldaves ont accusé plusieurs fois publiquement la Russie de prétendue ingérence dans les affaires intérieures du pays, de tentatives d’influence sur les résultats du vote. Comme toujours, aucune preuve n’a été apportée.

Étant donné qu’aucun parti politique moldave n’a obtenu la majorité absolue au nouveau parlement, un processus difficile, qui se déroule parfois dans la douleur, a commencé dans le pays pour constituer la coalition dirigeante et le gouvernement. C’est à cette période délicate que Washington s’est ingéré sans gêne dans le processus par le biais de son ambassadeur à Chisinau Dereck Hogan.

La « lettre ouverte » de Dereck Hogan adressée aux députés moldaves et publiée récemment à Chisinau est un document vraiment unique de par son intransigeance et son cynisme.

Ce n’est plus du « highly likely » (« très probablement ») mais un diktat ouvert des États-Unis vis-à-vis de la Moldavie.

Il affirme directement que la seule voie juste des Moldaves vers une vie meilleure est le « renforcement des relations avec les États-Unis et l’Europe », et que tous les problèmes pourraient être réglés en « revenant aux valeurs occidentales ».

Mais cela ne suffit pas.

Ce message, qui ressemble davantage à une directive, décrit en détail comment et quelles réformes intérieures doivent être menées par le gouvernement et la société moldaves,

  • comment renforcer la cybersécurité,
  • durcir le contrôle des « compagnies étrangères qui cherchent à influencer l’infrastructure cruciale »,
  • et diversifier les sources d’hydrocarbures.

Autrement dit: toute la liste bien connue de recettes et d’outils utilisés par les États-Unis à leurs fins.

Comme à une époque en Ukraine, la Moldavie est poussée au « seul choix possible » par les menaces et le chantage, ignorant de ce fait une grande partie des électeurs moldaves partageant un avis différent.

Nous avons vu sur l’exemple du pays voisin à quoi menait une telle politique, qui plus est quand la population civile était divisée.

Les leçons de l’Euromaïdan n’ont visiblement rien appris à Washington. Qui cherche manifestement à ne pas non plus remarquer ce qui ce passe actuellement en Ukraine. On espère qu’au moins, pour la Moldavie, compte tenu du chemin parcouru avec les États voisins, l’Occident a préparé un autre sort, mais tout témoigne du contraire.

10/ Sur la situation dans le Donbass
DONBASS UKRAINE sitrep-23032019-1728x800_c Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie. Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 23 mars 2019.SUR https://internationalinformant.wordpress.com/2019/03/26/donbass-rapport-de-situation-hebdomadaire/

La situation en Ukraine reste tendue. L’armée ukrainienne poursuit ses bombardements contre les sites d’infrastructure civile.

Les plus résonants ont été les bombardements décrits la semaine dernière dans le rapport de la mission de l’OSCE:

  • le 20 mars contre l’école 77 du village de Golmovski

  • et le 21 mars contre l’école 116 du micro-quartier Troudovskie dans le quartier Petrovski de Donetsk.

  • Dans le second cas, les tirs ont eu lieu pendant les cours. Par un heureux hasard, aucun enfant et aucun enseignant n’a été blessé.

De plus, le 18 mars, les militaires ukrainiens ont détruit la ligne à haute tension et la sous-station de la commune de Staromikhaïlovka par des tirs ciblés de BMP-2. Le sud du village a été privé d’électricité.

Le 19 mars, les tirs de mortiers de 120 et 82 mm à Kominternovo ont endommagé trois immeubles. Le 22 mars, les bombardements contre cette même commune ont endommagé la ligne électrique. Plus de 1 500 habitants ont été privés d’électricité.

En transgressant les Accords de Minsk prévoyant l’interdiction des drones le long de la ligne de démarcation à l’exception de ceux de la mission d’observation de l’OSCE, l’armée ukrainienne continue d’utiliser activement  des drones, notamment d’attaque, dans le Donbass.

 

Selon nos informations, en une semaine les forces des républiques populaires ont détruit trois drones de l’armée ukrainienne, ce qui témoigne de l’ampleur de leur utilisation par l’Ukraine.

De plus, le rapport de la Mission spéciale d’observation (MSO) du 26 mars indique que dans la zone du poste de contrôle de Zolotoe, l’équipe de la MSO a vu deux militaires ukrainiens lancer un drone.

UKRAINE zone du poste de contrôle de Zolotoe LC-20180801-Ukraine-Donbass_0_278_354Passons à la situation près du poste de contrôle de Zolotoe.

Nous ne pouvions pas ne pas remarquer les agissements très étranges de la partie ukrainienne autour de ce poste de contrôle. En annonçant l’intention de Kiev de fermer l’unique poste de contrôle permettant de franchir la ligne de démarcation près de Stanitsa Louganskaïa, dans la région de Lougansk, les représentants ukrainiens dans le Groupe de contact trilatéral, Guerachtchenko et Martchouk, ont annoncé l’ouverture unilatérale par l’Ukraine d’un poste de contrôle près du village de Zolotoe.

Lors des négociations de Minsk, la possibilité d’utiliser le poste de contrôle de Zolotoe par les civils n’avait pas été étudiée, pour des raisons de sécurité.

Je voudrais rappeler également qu’en 2016 à Minsk a été signé un accord-cadre sur la séparation des forces et des armements près de Zolotoe. Cependant, malgré cela, les militaires ukrainiens continuent de concentrer des armements et du matériel dans cette zone.

De plus, la zone minée encore en 2015 par la partie ukrainienne à Zolotoe n’est toujours pas déminée car la séparation des forces dans cette zone échoue constamment par la faute de Kiev. Les routes et le territoire afférent sont parsemés de mines antichars et antipersonnel, ce qui rend impossible un fonctionnement sûr du poste de contrôle de Zolotoe.

La lecture des rapports de la MSO de l’OSCE sur la situation sur le terrain donne l’impression que les gens se font tout simplement éliminer sur ce territoire.

Nous recevons d’innombrables lettres des habitants du Donbass qui se demandent quel sera leur sort. Plusieurs États se sont plus ou moins portés garants de l’avenir de l’Ukraine, ont soutenu les Accords de Minsk et les ont reconnus comme l’unique plan de paix non seulement accepté par tous, mais qui peut aussi réellement fonctionner.

  • Les gens demandent: Comment vivre? Que faire?

Ils sont dans une situation de forteresse assiégée. Ils voient comment le régime de Kiev les déteste.

Rien que depuis le début de la trêve « printanière » dans la région de Zolotoe, les rapports de la MSO de l’OSCE ont constaté onze violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne, notamment en utilisant l’artillerie de calibre supérieur à 100 mm, ce qui est interdit par les Accords de Minsk.

Sur cette toile de fond, on ne comprend absolument pas l’objectif visé par Kiev en fermant le poste de contrôle relativement sûr de Stanitsa Louganskaïa et en annonçant l’ouverture unilatérale du passage pour les civils par une route minée près de Zolotoe.

C’est une sorte de fascisme naturel. Il est question de la population civile, qui n’a qu’une connaissance limitée de la situation. Elle ne dispose pas d’équipements spéciaux pour s’assurer un passage sûr.

  • Pourquoi anéantissez-vous des gens que vous considérez comme les vôtres et qui vivent sur ce territoire où le régime de Kiev compte soi-disant rétablir le contrôle?

11/ Sur les approches russes de la lutte contre l’intolérance religieuse

RELIGIONES

La situation relative aux violences ethniques et religieuses dans le monde contemporain est très préoccupante. La Russie, comme toute la communauté internationale, a été choquée par l’attentat commis le 15 mars dans la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande.

Les dirigeants russes ont fermement condamné ce massacre, et nos citoyens ont exprimé leurs condoléances.

Notre État multiconfessionnel, où la cohabitation pacifique entre les fidèles de différentes religions repose sur des traditions historiques, a surtout été préoccupé par le fait que l’attentat en Nouvelle-Zélande avait été commis sur la base de la haine religieuse. Qui plus est, les terroristes ont encore une fois ciblé les musulmans.

Nous partageons l’indignation des États et des communautés musulmans du monde entier vis-à-vis des événements en Nouvelle-Zélande et soutenons l’appel lancé lors de la réunion extraordinaire du Comité exécutif de l’Organisation de la coopération islamique le 22 mars dernier à Istanbul, concernant la nécessité d’adopter des mesures efficaces visant à protéger des groupes et des individus contre la discrimination et la violence religieuses.

Il s’agit d’un problème très vaste. Nous constatons ces derniers temps dans les pays occidentaux une recrudescence de la discrimination et de l’intolérance motivées par l’antisémitisme, la christianophobie et l’islamophobie.

On constate une hausse des violences sur une base raciste ou xénophobe, dont souffrent les membres des minorités nationales, ethniques ou religieuses, ainsi qu’une progression des actes de vandalisme contre les lieux de culte.         

Afin de combattre ces tendances, la Russie présente chaque année à l’Assemblée générale de l’Onu le projet de résolution

« Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée ».

L’un des éléments-clés de ce texte est la condamnation inconditionnelle de toute négation et de toutes les tentatives de négation des manifestations d’intolérance religieuse, des provocations, des persécutions ou des violences contre des individus ou des communautés sur la base de leur origine ethnique ou de leurs convictions religieuses. On souligne spécialement que les États doivent assurer une mise en œuvre complète et efficace des mesures juridiques, politiques et institutionnelles visant la protection des minorités ethniques, linguistiques ou religieuses, ainsi que le respect de leurs droits fondamentaux sans aucune discrimination.

Le fort soutien dont bénéficie l’initiative russe de manière constante confirme la prise de conscience par les États du fait que toute action en faveur de la haine ethnique, raciale ou religieuse doit être punie par la loi, alors que la dissémination de ces idées et l’incitation à la discrimination raciale ou religieuse doivent être considérées comme des crimes punissables par la loi conformément aux engagements des États dans le domaine du droit international.

Je voudrais rappeler que les États-Unis votent traditionnellement contre cette résolution, et que l’Ukraine suit parfois leur exemple. J’espère que les réalités mentionnées par le Secrétaire d’État Mike Pompeo faciliteront la prise de conscience par les États-Unis de la nécessité de soutenir cette résolution très importante dans le contexte actuel.    

12/ Sur la situation autour de Maria Lazareva

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En mai 2018, la Cour suprême du Koweït a condamné la citoyenne russe Maria Lazareva à dix ans de prison pour détournement de fonds publics koweïtiens.

Le Ministère russe des Affaires étrangères considère comme une priorité l’examen juste et objectif de son affaire par la justice koweïtienne, ainsi que le respect de ses droits et de ses intérêts légitimes.

La situation de la citoyenne russe a été évoquée au cours de l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue koweïtien Sabah el-Khaled el-Hamad el-Sabah qui s’est déroulé le 18 septembre 2018 en marge d’une réunion de haut niveau du Conseil de sécurité de l’Onu à New York, ainsi que lors de sa visite de travail au Koweït du 5 au 6 mars 2019. La Russie a également demandé de changer les conditions de la détention de la citoyenne russe et de les remplacer par une assignation à résidence pendant le procès pour des raisons humanitaires (Maria Lazareva élève seule un enfant en bas âge). L’Ombudsman russe a également posé cette question aux dirigeants du Koweït.   

Les dernières séances de la Cour d’appel sur l’affaire Lazareva ont eu lieu le 10 et le 24 mars. Pour la première fois, les témoins de l’accusation se sont exprimés. Leurs témoignages contradictoires ont encore une fois démontré le caractère infondé des « preuves » qui avaient servi de base à la persécution pénale de notre citoyenne.

Les diplomates russes continuent de fournir à Maria Lazareva une aide consulaire, lui rendent visite dans la prison où elle est détenue, suivent attentivement son procès, assistent à toutes les séances et restent en contact avec ses avocats.

La prochaine séance devrait se dérouler le 21 avril 2019.

Nous espérons que les Koweïtiens garantiront un examen objectif et impartial de l’affaire Lazareva dans le cadre de la procédure d’appel qui est en cours. Nous attendons que le tribunal tienne compte des préoccupations sérieuses vis-à-vis de l’arbitraire juridique auquel la citoyenne russe a fait face par le passé, et prenne une décision juste qui lui permettra de revenir chez elle le plus rapidement possible

 

à suivre


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3592727

Une réflexion au sujet de « 3263 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 28 mars 2019 »

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