3161 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 11 janvier 2019

PLAN DE L’ARTICLE

  1. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono

  2. Sur la situation autour de Maria Boutina
  3. Sur Dmitri Makarenko, arrêté aux USA
  4. Sur les accusations visant Natalia Vesselnitskaïa aux USA
  5. Sur les violations du droit international par les USA
  6. Sur le déroulement du procès concernant l’assassinat d’Andreï Karlov
  7. Sur l’évolution de la situation en Syrie
  8. Sur l’évolution de la situation en Syrie
  9. Sur l’organisation pseudo-humanitaire « Casques blancs »
  10. Sur la décision du Gouvernement fédéral de la Somalie de déclarer persona non grata l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu Nicholas Haysom
  11. Sur les marches aux flambeaux en Ukraine
  12. Sur la situation concernant la délivrance de visas ukrainiens
  13. Sur les déclarations militaristes du Ministre britannique de la Défense Gavin Williamson
  14. Sur la remise des décorations nationales britanniques
  15. Sur la violation des frontières suédoises par les pays de l’Otan
  16. Sur les attaques de hackers contre le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères
  17. Sur le transfert de laboratoires mobiles par le service russe Rospotrebnadzor aux pays partenaires
  18. Sur le 23e Forum économique international de Saint-Pétersbourg
  19. Sur la position de la Russie vis-à-vis de la réforme de l’Onu à l’approche de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle entre l’Allemagne et la France le 22 janvier

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17 QUESTIONS RESUMEES

  • Q1: Congrès américain ….
  • Q2 : les événements au Venezuela
  • Q3 : les USA se retire de Syrie
  • Q4 : cas de Paul Whelan
  • Q5 : Damas et les Kurdes syriens.
  • Q6 : la Russie et le Japon
  • Q7 : Police militaire russe à Manbij – Syrie
  • Q8 : zone de désescalade d’Idleb
  • Q9 : Téhéran & l’UE
  • Q10 : La souveraineté de l’UE
  • Q11 : la vente de Sukhoi Superjet 100 à l’Iran
  • Q12 : assassinat de journalistes russes en Centrafrique
  • Q13 : Traité FNI.
  • Q14 : Président biélorusse Alexandre Loukachenko
  • Q15 : visite du leader du Hamas Ismaël Haniyeh à Moscou
  • Q16 : pourparlers sur l’affaire du crash du Boeing malaisien en Ukraine
  • Q17: Azerbaïdjan

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1/ Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono

Lundi 14 janvier, suite à l’entente conclue entre le Président russe Vladimir Poutine  et le Premier ministre japonais Shinzo Abe à Singapour en novembre et à Buenos Aires en décembre, se déroulera à Moscou le premier cycle des négociations russo-japonaises sur le problème de la signature d’un traité de paix entre les deux pays.

russie japon 58b6808f-699f-4f54-a5ed-a4cc2859a2e7         Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono (D) et son homologue russe Sergueï Lavrov assistent à une conférence de presse à Tokyo, le 21 mars 2018. ©AFP

Les délégations des deux parties seront dirigées respectivement par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono.

Il est également prévu d’évoquer les aspects pratiques du développement des liens bilatéraux et plusieurs autres dossiers régionaux et internationaux d’actualité.

2/ Sur la situation autour de Maria Boutina

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Maria Boutina

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation autour de la citoyenne russe Maria Boutina, arrêtée aux USA sur des accusations montées de toutes pièces il y a six mois.

Récemment, les diplomates de notre Ambassade à Washington ont rendu une nouvelle visite consulaire à Maria Boutina. La Russe garde le moral et consacre beaucoup de temps à la littérature et au sport.
Elle a enfin été transférée vers un régime de détention général. Avant cela, vous le savez, elle était détenue dans une cellule pour criminels particulièrement dangereux qu’elle n’était autorisée à quitter que deux heures par jour, et seulement la nuit.
De notre côté, nous continuerons d’accorder notre soutien à Maria Boutina et de tout faire pour qu’elle revienne au plus vite au pays.
3/ Sur Dmitri Makarenko, arrêté aux USA

Nous suivons attentivement la situation autour du citoyen russe Dmitri Makarenko arrêté par des agents du FBI le 29 décembre dans les îles Mariannes du Nord, territoire américain non incorporé.

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Nous voulons souligner de nouveau que l’Ambassade de Russie à Washington n’a pas pris connaissance des faits par les forces de l’ordre américaines, mais par les proches de Dmitri Makarenko.

En violation de la Convention consulaire bilatérale, les autorités américaines ne nous ont pas informés de cette interpellation dans le délai imparti de trois jours.

Les tentatives de justification qui ont suivi, selon lesquelles une telle notification aurait été envoyée à notre Consulat général de Seattle fermé par les Américains en mars 2018 – ne tiennent pas debout.

Ce 9 janvier, nos diplomates ont enfin réussi à établir le contact avec le citoyen russe. Il doit être transféré en Floride, mais pour l’instant il n’a été transporté que jusqu’à Honolulu, la capitale d’Hawaï. Il est détenu dans une prison locale. Selon lui, son état de santé est normal, il n’a exprimé aucune plainte.

Bien évidemment, nous suivrons de près la situation de Dmitri Makarenko.

Nous insistons sur le fait que les autorités américaines doivent respecter strictement ses droits.
Dans le même temps, nous voudrions de nouveau attirer l’attention des citoyens russes sur la nécessité d’évaluer minutieusement tous les risques lors de la planification de leurs voyages à l’étranger, notamment s’il y a des raisons de supposer l’existence de revendications à leur égard de la part des forces de l’ordre américaines.
Cela concerne avant tout les voyages aux USA et dans les pays ayant des accords d’extradition avec Washington, dont la liste est disponible sur le site du Département d’État américain (www.state.gov).
4/ Sur les accusations visant Natalia Vesselnitskaïa aux USA

russie natalia vesselnitskaïa a56fc283-e1ba-4d28-bb8a-300fdcb0a0ed_jdx-no-ratio_web  Natalia Vesselnitskaïa

La campagne antirusse est entrée dans une nouvelle phase aux USA. Cette fois, les forces de l’ordre américaines ont fait plusieurs déclarations sur un ton traditionnellement russophobe concernant la situation de notre compatriote Natalia Vesselnitskaïa, qui est une avocate professionnelle.
Elle est accusée d’entrave à l’enquête menée à New York concernant un prétendu blanchiment d’argent par la société Prevezon.

Les USA ont pris pour habitude d’ouvrir des enquêtes pénales sur la base d’accusations floues visant des citoyens russes.

Nous le commentons régulièrement. Nous ne sommes pas prêts à nous y résigner, c’est pourquoi nous attendons de Washington des explications claires sur les accusations visant Natalia Vesselnitskaïa.

D’autant que le procès autour de la société mentionnée est terminé depuis longtemps.

Les autorités américaines ont tenté de la faire accuser dans le cadre de la fameuse loi Magnitski pour l’impliquer dans la mort tragique de cet avocat dans la cellule où il était détenu à Moscou en 2009, mais leurs arguments ne tenaient pas debout.

On a l’impression que le parquet américain se venge tout simplement de Natalia Vesselnitskaïa, avocate privée qui représentait les intérêts de Prevezon et avait notamment dévoilé le caractère mensonger des affirmations du fameux fraudeur financier Bill Browder constituant la base de la loi antirusse Magnitski.

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Bill Browder

Il devient évident pour tous qu’à présent, le système juridique des USA est utilisé pour régler des comptes personnels, notamment sur ordre politique.

5/ Sur les violations du droit international par les USA
Bref rappel historique. Les politiciens de Washington, notamment des responsables officiels de l’exécutif américain, accusent en permanence la Russie de ne pas respecter le droit international.
Le début de l’année constitue une bonne occasion de rappeler que les États-Unis, qui sont certainement le pays le plus « pacifique » du monde, ont lancé des interventions et des agressions militaires dans le monde entier au cours de leur histoire récente.

Les USA ont ainsi commis des violations grossières du droit international, mais ont toujours trouvé des justifications – y compris juridiques – à leurs actions.

usa le président woodrow wilson lead_large       le Président Woodrow Wilson 

Initialement, les politiciens américains ne se donnaient pas la peine de jongler avec les formules et les termes: ils disaient tout ouvertement. Ainsi, suite à son investiture en mars 1913, le Président Woodrow Wilson affirmait éhontément qu’il envisageait d’apprendre aux « républiques d’Amérique latine à élire les bonnes personnes ».

Le vocabulaire professionnel des élites politiques américaines s’est ensuite développé, visiblement au fur et à mesure de l’évolution du discours sur les droits de l’homme.

usa le secrétaire d'État américain robert lansing annee 1920 616x510                 le Secrétaire d’État américain Robert Lansing 

Ainsi, le Secrétaire d’État américain Robert Lansing a annoncé en 1922 – pour justifier l’occupation militaire d’Haïti – que ces actions étaient nécessaires pour « protéger la vie et la propriété des Américaines et des étrangers ».
Quelque temps après, cette thèse est devenue la formule favorite destinée à « une utilisation élargie ».
usa 1945 le président truman annonce le bombardement d'hiroshima aux américains fn_ujj9obds  Le président Truman annonce le bombardement d’Hiroshima aux Américains
Dans le même esprit, dans son adresse à la nation en août 1945, le Président Harry Truman a justifié le bombardement nucléaire de Hiroshima et de Nagasaki par la nécessité militaire. Les historiens ne sont pas unanimes concernant la pertinence de ces actions aux répercussions terribles.

Dans tous les cas, il s’agit du seul bombardement nucléaire commis contre des villes de toute l’histoire de l’humanité.   

A l’époque de la Guerre froide, les Américains justifiaient sans scrupules leurs agressions militaires sur l’arène internationale par des facteurs incompatibles avec les normes du droit international et relevant davantage des considérations idéologiques.

USA le Président Dwight Eisenhower   dwight_d-_eisenhower_official_presidential_portrait-2.jpg                le Président Dwight Eisenhower

Ainsi, en évoquant les préparatifs d’une opération visant à renverser le Gouvernement cubain de Fidel Castro, le Président Dwight Eisenhower a ouvertement déclaré en mars 1960 que Washington ne permettrait pas l’établissement dans l’hémisphère Ouest d’un régime dominé par le « communisme international ».
Les autorités américaines ont avancé les mêmes motivations lors des préparatifs d’une invasion sanglante au Vietnam en 1961. Ce fait est notamment reflété par le mémorandum du 8 novembre 1961.
Plus tard, notamment dans la Résolution du golfe du Tonkin du 7 août 1964, les Américains ont justifié de manière très « élégante » le recours à la force militaire par la « promotion de la paix et de la sécurité internationales en Asie du Sud-Est ».
Des slogans idéologiques privés de tout lien avec le droit international ont également servi de couverture aux USA lors d’une opération visant à renverser le Gouvernement de gauche de Francisco Caamaño en République dominicaine en avril-mai 1965.

L’Assemblée générale de l’Onu a condamné à plusieurs reprises ces actions américaines qu’elle jugeait illégales.

Ainsi, la résolution 38/7 du 2 novembre 1983 qualifie ouvertement l’opération militaire de Washington à Grenade en octobre 1983 comme une « violation grossière du droit international », bien que le Président Ronald Reagan ait justifié l’agression dans son allocution télévisée par la nécessité « d’aider les petites nations pacifiques » et de « protéger les citoyens américains ».
De manière similaire, la résolution 41/38 de l’Assemblée générale de l’Onu du 20 novembre 1986 a condamné l’agression militaire des États-Unis contre la Libye en avril 1986 comme une « violation de la Charte de l’Onu et du droit international », bien que les politiciens américains aient tenté d’expliquer leurs actions par leur « droit à l’autodéfense ».
L’invasion de l’armée américaine au Panama, présentée comme un acte d’autodéfense dans la lettre de l’Ambassadeur américain au Président du Conseil de sécurité de l’Onu du 20 décembre 1989, a pourtant été considérée comme une « violation criante du droit international » par la résolution 44/240 de l’Assemblée générale de l’Onu du 29 décembre 1989.   

Après les années 1980 et la fin de la Guerre froide, les pays occidentaux menés par les États-Unis ont perfectionné leur casuistique visant à justifier leurs violations du droit international par le droit international.

On pourrait même constituer un dictionnaire de leurs termes imaginés visant à couvrir et à justifier les violations du droit international.

Ainsi, pour justifier l’opération sanglante et destructrice contre la République fédérale de Yougoslavie du 24 mars au 10 juin 1999, le Président américain Bill Clinton évoquait la nécessité de « rétablir la paix » et de « limiter le potentiel militaire ».
En préparant son invasion en Irak, le Président George W. Bush se justifiait par une « menace » imaginée contre le monde de la part de Saddam Hussein.
Dans un passé récent, la prévention imaginée de la « prolifération et de l’utilisation d’armes chimiques très dangereuses » a servi de prétexte pour lancer des frappes illégales contre la Syrie.

L’expropriation illégale de la propriété diplomatique russe et l’expulsion massive de diplomates russes constituent également une violation du droit international que les politiciens américains justifient par le droit international.

Il serait naïf de croire que la logique de l’establishment politique américain puisse changer dans un avenir proche.

Les événements de ces dernières années montrent clairement que Washington tente de manière de plus en plus active de remplacer le terme de « droit international » par celui d‘ »ordre basé sur les règles ». Des administrations différentes se succèdent à la Maison blanche, qui peuvent changer leur stratégie dans le domaine de la migration, de la santé publique ou des impôts, mais gardent toujours une idée profonde du caractère « exceptionnel » de leur nation. Ce dernier leur offre depuis des siècles des « licences » pour violer les normes fondamentales du droit international.

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Je vous présente ce rappel historique non seulement parce que nous aimons l’histoire – ce qui est réellement le cas – mais plutôt parce que nous entendons souvent ces derniers temps des accusations antirusses évoquant des faits commis régulièrement par ceux-là mêmes qui accusent la Russie.

6/ Sur le déroulement du procès concernant l’assassinat d’Andreï Karlov

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affaire de l’assassinat de l’Ambassadeur de Russie Andreï Karlov.

Le tribunal d’Ankara a accueilli du 8 au 10 janvier les audiences préliminaires sur l’affaire de l’assassinat de l’Ambassadeur de Russie Andreï Karlov. 28 personnes sont sur le banc des accusés, dont dix poursuivis à l’échelle internationale.

L’acte d’accusation constitué par les forces de l’ordre turques à l’issue de l’enquête a été transmis au tribunal en novembre 2018. En parallèle, dans le cadre de l’enquête menée en Russie sur ce crime, les enquêteurs russes étudient les informations transmises par les autorités turques.

Nous continuons de suivre l’évolution du procès. Nous partons du principe qu’à son issue, toutes les personnes impliquées dans ce crime seront identifiées et traduites en justice conformément à la loi.

7/ Sur l’évolution de la situation en Syrie

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Ces derniers temps, la situation évolue rapidement en Syrie.

Grâce aux actions fructueuses des forces gouvernementales syriennes – avec un rôle décisif des militaires russes – les terroristes du Front al-Nosra et d’autres groupes radicaux se sont retrouvés bloqués à Idleb et dans certaines régions à l’est de l’Euphrate.
Nous réaffirmons notre attachement à la mise en œuvre du Mémorandum russo-turc du 17 septembre 2018 sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idleb. Dans le même temps, nous sommes inquiets face au nombre grandissant de violations du cessez-le-feu, dont on a constaté plus de mille occurrences depuis septembre 2018. Il est important d’empêcher la rupture du cessez-le-feu et d’assurer l’évacuation complète des groupes radicaux et des armements lourds de la zone démilitarisée. En même temps, cela ne doit pas servir de prétexte pour que la zone de désescalade d’Idleb se transforme en refuge pour des milliers de terroristes de Nosra. Nous partons du principe que la création de la zone démilitarisée, tout comme de la zone de désescalade, est provisoire.
Vous le savez, fin décembre 2018, le Président américain Donald Trump a annoncé le retrait des forces américaines de Syrie. Nous pensons que la mise en œuvre effective de cette intention par Washington serait un pas dans la bonne direction.

Nous partons du principe que les forces militaires américaines et d’autres unités étrangères se trouvant illégalement sur le territoire de la Syrie doivent quitter le pays.

Il est primordial que les territoires qui seront libérés après le départ des Américains passent sous le contrôle du gouvernement syrien. A cet égard, l’établissement du dialogue entre les Kurdes et Damas acquiert une importance particulière. Car les Kurdes font partie intégrante de la société syrienne. Le rétablissement du contrôle des autorités officielles sur les territoires peuplés par les Kurdes devrait également neutraliser les risques pour la sécurité des voisins de la Syrie.

Dans le contexte du processus de paix, nous poursuivons le travail pour le lancement du Comité constitutionnel à Genève à partir des acquis des pays-garants du format d’Astana.

Les efforts de la Russie, de l’Iran et de la Turquie pour créer un tel comité permettent aujourd’hui de lancer un processus de paix stable et durable. Les parties syriennes, le gouvernement et l’opposition ont approuvé la composition du comité, et ont ainsi confirmé leur intention de participer à son travail. Toute autre décision imposée pourrait faire échouer les négociations.

onu le nouvel envoyé spécial du secrétaire général de l'onu pour la syrie, geir pedersen. image1170x530cropped le nouvel Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu pour la Syrie, Geir Pedersen.

A cet égard, nous confirmons notre disposition à un travail constructif avec le nouvel Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu pour la Syrie, Geir Pedersen.

Les questions relatives à l’aide humanitaire pour tous ceux qui sont dans le besoin et la création des conditions pour un retour volontaire et sécurisé des réfugiés et des déplacés internes ont également leur importance à l’agenda syrien.

Dans le contexte des efforts visant à redresser la situation humanitaire en Syrie, nous accordons une aide appropriée à la population civile du pays directement, ainsi que par l’intermédiaire de différents mécanismes internationaux, notamment dans le cadre du système de l’Onu. Depuis septembre 2015, les militaires russes ont organisé plus de 2 000 actions humanitaires (le volume total de fret transmis dépasse 3 000 tonnes).
En ce qui concerne le problème des réfugiés syriens, nous travaillons activement pour mettre en place le processus de retour des Syriens à leur foyer. Nous menons un travail continuel pour leur apporter l’aide nécessaire en coordination
  • avec le gouvernement syrien,
  • le Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés
  • et d’autres acteurs intéressés.

Le rapatriement des Syriens prend de l’ampleur grâce aux mesures prises. Au total, depuis le 30 septembre 2015, plus de 320 000 réfugiés sont revenus de l’étranger (dont plus de 90 000 personnes depuis mi-juillet 2018) et près de 1,3 million de déplacés internes sont revenus dans leur foyer.

Nous partons du principe que ce processus ne doit pas être entouré de conditions artificielles, ni politisé. La position fondamentale de la Russie est que tous les réfugiés ont le droit de revenir dans leur patrie. C’est un droit fondamental des citoyens syriens.

8/ Sur l’évolution de la situation en Syrie

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Nous constatons avec satisfaction qu’en résultat des appels réguliers de la Syrie et de la Russie à l’OIAC, les experts de la Mission d’établissement des faits d’utilisation d’armes chimiques sont enfin arrivés en Syrie le 6 janvier pour enquêter sur l’incident chimique ayant impliqué l’usage de chlore en novembre dernier à Alep.
Selon les dernières informations, les experts de l’OIAC envisagent de visiter les hôpitaux et les centres médicaux qui avaient accueilli les victimes, ainsi que d’interroger les témoins de l’attaque chimique. Nous espérons que les spécialistes de l’Organisation se rendront bientôt sur les lieux de cet incident.
Compte tenu du temps écoulé depuis cet incident chimique, nous appelons le Secrétariat technique de l’OIAC à intensifier l’investigation et à présenter son bilan dans un rapport spécial du Conseil exécutif de l’Organisation.
9/ Sur l’organisation pseudo-humanitaire « Casques blancs »

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Selon les informations dont nous disposons, il existe toujours sur le territoire jordanien un groupe de militants de l’organisation pseudo-humanitaire « Casques blancs » activement impliqué dans des provocations sur le territoire de la Syrie et coopérant avec les terroristes.
Au milieu de l’été 2018, les Casques blancs, activement soutenus par leurs patrons occidentaux, ont été évacués d’urgence du sud du pays que le Gouvernement était en train de libérer. On sait que les tuteurs de cette organisation pseudo-humanitaire ont promis à ses militants de leur trouver rapidement un refuge dans les pays européens. Vous avez certainement vu les pays de l’UE évoquer la possibilité de leur octroyer l’asile, un titre de séjour, la citoyenneté, une protection ou une aide logistique. Cette question reste pourtant irrésolue depuis des mois.
Les Occidentaux n’ont visiblement aucune envie d’accueillir chez eux des individus qui ont été impliqués dans des crimes très graves ou ont étroitement coopéré avec des terroristes notoires. Les promesses faites aux Jordaniens ne sont pas tenues. Aider des provocateurs dans un autre État en s’appuyant sur des motivations géopolitiques est une chose. Mais les accueillir sur son propre territoire, créer des menaces contre ses propres citoyens et octroyer à ces personnes le droit de séjour voire la citoyenneté en est une autre – absolument différente. Qui plus est, après avoir quitté le Moyen-Orient, certains Casques blancs pourraient raconter volontairement ce qu’ils ont réellement fait en Syrie – ce que leurs tuteurs veulent évidemment éviter.
10/ Sur la décision du Gouvernement fédéral de la Somalie de déclarer persona non grata l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu Nicholas Haysom

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Le 3 janvier, le Gouvernement fédéral de la Somalie a déclaré persona non grata Nicholas Haysom, nommé le 17 août 2018 en tant qu‘Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu.

Dans ce contexte, nous saluons l’activité de l’Onu en Somalie, notamment le travail de sa Mission d’assistance et de l’Office de soutien qui vise le renforcement de la paix et de la stabilité, ainsi que le développement durable de ce pays.

Nous appelons le Gouvernement fédéral de la Somalie et l’Onu à poursuivre leur coopération fructueuse afin d’atteindre ces objectifs.

Nous soulignons la nécessité de mettre en œuvre le plus rapidement possible les ententes conclues entre Mogadiscio et les régions en ce qui concerne
  • le partage des revenus pétroliers et d’autres ressources minières,
  • ainsi que la promotion du dialogue national sur des questions d’actualité
    • telles que la rédaction d’une nouvelle constitution,
    • la réforme du système judiciaire
    • ou encore l’organisation de l’élection présidentielle en 2021.

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Nous constatons le rôle-clé de l’Union africaine et de sa Mission en Somalie dans la lutte contre le groupe terroriste Al-Chabab et dans l’augmentation du potentiel de l’armée somalienne nationale.

Nous confirmons notre respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’indépendance politique et de l’unité de la Somalie.

11/ Sur les marches aux flambeaux en Ukraine

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Nous avons commenté à plusieurs reprises la décision sacrilège du Parlement ukrainien d’inscrire la date de naissance de l’odieux nationaliste ukrainien Stepan Bandera (1er janvier) au calendrier des fêtes nationales officielles en 2019, ainsi que la proclamation de 2019 en tant qu’« année de Stepan Bandera » par l’administration de la région de Lvov. J’ai évoqué en détail pendant notre dernière conférence de presse la tendance inquiétante à la glorification des nazis en Ukraine et à la réécriture de l’histoire à des fins conjoncturelles. On a l’impression que le régime de Kiev ne veut pas seulement falsifier les faits historiques mais souhaite également remplacer, dans la mémoire du peuple ukrainien, le passé héroïque par des « pseudo-héros » qui ont en réalité organisé des massacres d’innocents. C’est ce que confirme la nouvelle décision du Ministère ukrainien de l’Éducation et de la Santé de retirer des manuels d’histoire la mention de la coopération de Roman Choukhevitch avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Au lieu de prendre soin des vétérans de la Grande Guerre patriotique, des marches aux flambeaux de partis nationalistes ont été organisées le 1er janvier à Kiev et dans d’autres régions du pays. L’Ukraine a commencé cette année par une fête nationale devenue officielle en hommage au criminel impliqué dans des massacres. Il y a encore quelques années, quand nous avions pointé les tendances du régime de Kiev actuel, on nous avait répondu que nous dramatisions la situation. Non, nous ne dramatisions pas: nous présentions nos estimations réelles. Et cela s’est produit.
Alors que nous tirons la sonnette d’alarme concernant la situation qui empire de jour en jour et les sentiments néonazis grandissants en Ukraine, qui sont soutenus au niveau officiel,
  • qu’entendons-nous des pays occidentaux qui se battent pour les « valeurs démocratiques »? Rien.

  • Où est la réaction de l’UE, des organisations internationales et des structures de protection des droits de l’homme qui condamnent le nazisme sous toutes ses formes?  Il n’y en a pas.

On se souvient qu’il y a quelques années encore, notamment en 2017, le chef du parti polonais Droit et Justice Jaroslaw Kaczynski avait dit que la glorification de la personnalité de Stepan Bandera en Ukraine pourrait être un obstacle aux aspirations d’intégration européenne du pays. Or ce n’est plus une simple glorification: c’est une fête nationale qui a été annoncée.

Il serait intéressant d’entendre ce qu’en pense aujourd’hui l’UE.

Le silence de la communauté internationale n’est plus seulement un manque de respect envers les victimes du nazisme: c’est une tentative de fermer les yeux sur les événements en Ukraine afin d’atteindre ses propres objectifs. Il est terrifiant d’imaginer jusqu’où peut mener une telle non-ingérence hypocrite.
12/ Sur la situation concernant la délivrance de visas ukrainiens

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La pratique curieuse de délivrance de visas introduite par l’Ambassade d’Ukraine au Mexique a attiré notre attention. Il s’avère qu’en plus de la taxe consulaire, les personnes qui désirent se rendre en Ukraine doivent également verser un « don bénévole » pour les besoins de l’armée ukrainienne. C’est ce qu’a rapporté une chaîne ukrainienne se référant aux plaintes de deux citoyens mexicains confrontés à cette situation quand ils se sont adressés au service consulaire de l’Ambassade ukrainienne pour demander un visa.
Selon les citoyens mexicains, après l’accomplissement de toutes les formalités nécessaires, notamment le paiement de la taxe consulaire, ils ont été forcés de rédiger une lettre mentionnant un prétendu don bénévole d’une certaine somme d’argent qui, selon eux, n’était pas inférieure de beaucoup à la taxe consulaire. Selon les médias, une somme de 5 000 dollars aurait été réunie grâce à ce procédé.
Est-ce possible? Est-ce une pratique normale?
D’après les communiqués de presse, le Ministère des Affaires étrangères ukrainien n’a rien trouvé d’illégal dans les actions de ses collaborateurs. Il s’avère que la pratique des prétendus dons bénévoles existe depuis 2014. C’est une histoire curieuse.
13/ Sur les déclarations militaristes du Ministre britannique de la Défense Gavin Williamson

angleterre ministre britannique de la défense gavin williamson 11054759lpw-11055112-article-williamson-gb-ministre-jpg_4682302_660x281 Ministre britannique de la Défense Gavin Williamson

Nous avons remarqué les déclarations de plus en plus fréquentes du Ministère britannique de la Défense concernant son intention d’accroître la présence militaire du Royaume-Uni dans différentes régions du monde.

La rhétorique militariste n’est plus seulement utilisée par Londres pour afficher son soutien à ses alliés (comme dans le cas de la solidarité avec la ligne de Kiev concernant la mer Noire), mais également comme un moyen de transformer le Royaume-Uni en « véritable acteur mondial » sur la scène internationale après sa sortie de l’UE.

Cette évolution se traduira notamment par la création de nouvelles bases militaires dans les Caraïbes et en Asie du Sud-Est.

Les déclarations du Ministre britannique de la Défense Gavin Williamson en faveur de la militarisation de la politique britannique nous laissent perplexes. Bien évidemment, le Royaume-Uni, tout comme tout autre pays, est autonome dans l’élaboration de sa programmation militaire.
Cependant, sur fond de tension militaro-politique grandissante dans le monde et des efforts entrepris par les membres responsables de la communauté internationale pour le règlement pacifique des situations de crise, les déclarations concernant l’intention de renforcer la présence militaire dans les pays tiers sont contreproductives, déstabilisantes et souvent provocatrices.
Surtout, elles sont contraires aux critiques de Londres qui nous accuse constamment de prétendue « expansion agressive ». Il n’y en a pas de notre côté. Le Royaume-Uni parle ouvertement de ses aspirations. Nous y percevons une contradiction flagrante.

Bien évidemment, en cas de mise en œuvre de mesures créant une menace à la sécurité de la Russie et de ses alliés, notre pays se réserve le droit d’engager des contremesures adaptées.

14/ Sur la remise des décorations nationales britanniques

 Le 29 décembre, le Royaume-Uni a publié la liste traditionnelle des nouvelles décorations nationales. Cette activité se déroule tous les ans mais a attiré l’attention cette fois parce que les autorités britanniques ont récompensé des diplomates britanniques travaillant sur l’axe russe avec la même formulation « pour les mérites dans l’application de la ligne britannique en politique étrangère ».

angleterre laurie bristow 1999-1333-2.35505757.jpg.gallery         Laurie Bristow

Par exemple, l’Ambassadeur à Moscou Laurie Bristow, aux déclarations marquantes duquel nous avons accordé pas mal de temps depuis un an lors de nos conférences de presse (ne serait-ce que sur ses propos insinuant que la Russie serait impliquée dans une série de crimes commis sur ordre de l’État, notamment sur le territoire britannique, ce à quoi nous avons dû réagir en rafraîchissant les connaissances du diplomate anglais sur l’histoire de son propre pays), est devenu « commandeur » de l’ordre de Saint Michel et de Saint Georges.

angleterre lindsay skoll path_2798           Lindsay Skoll

La conseillère-émissaire Lindsay Skoll a reçu le même ordre.

L’ordre de l’Empire britannique de 4e classe a été remis

  • à Charlotte Louise De Warrenne Waller, directrice adjointe pour la Russie du Département Europe de l’Est et Asie centrale du Foreign Office,
  • et à Emma Jill Nottingham, première secrétaire de l’Ambassade britannique à Moscou.

L’ordre de 5e classe a été remis

  • à S. Anthony, collaborateur du département stratégique.
    • Quelle est cette stratégie pour laquelle des ordres sont remis?

Nos relations bilatérales avec le Royaume-Uni sont pratiquement dans l’impasse par sa propre faute, et pour cela on donne encore des récompenses.

  • Vous en avez déjà entendu parler? Pas moi.
Parlons de manière objective, honnête et ouverte. C’est ainsi qu’ont été récompensés les individus qui se sont le plus distingués, selon le cabinet, dans le cadre du travail pour la formation de la ligne britannique autour de l' »affaire Skripal ». A ce que l’on sache, c’est pour cela qu’ils ont été récompensés et non pour le développement des liens bilatéraux qui n’ont pas du tout évolué. Il n’est évidemment question d’aucun progrès dans la promotion de la coopération russo-britannique – et ce n’est pas de la faute de la Russie.
15/ Sur la violation des frontières suédoises par les pays de l’Otan

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Ces derniers temps, la Russie est constamment accusée de différentes violations et ingérences dans les affaires d’autres États. Vous le savez, les pays du nord de l’Europe sont spécialisés dans les phobies concernant les intentions agressives russes et les prétendues violations répétées de leurs frontières. La Suède en fait partie. La propagande est une chose, mais il est difficile de contester les statistiques officielles.
Ainsi, fin 2018, les forces armées suédoises ont publié les statistiques officielles des franchissements illégaux de la frontière nationale. Selon le rapport, dont une partie a été publiée en accès ouvert, cette année, des moyens de transport étrangers (essentiellement militaires) ont pénétré 13 fois sur le territoire du pays.

Toutes les infractions sans exception ont été commises par des pays membres de l’Otan, alors qu’on entendait constamment parler de la Russie.

16/ Sur les attaques de hackers contre le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères

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Pendant la dernière conférence de presse, je vous ai informés du fait que le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères subissait régulièrement des attaques de hackers. Aujourd’hui, je voudrais vous présenter un récapitulatif des informations dont nous disposons pour vous permettre de tirer vos propres conclusions sur l’ampleur des attaques informatiques visant notre Ministère.
Plus de 77 millions d’attaques contre le site du Ministère russe des Affaires étrangères ont été enregistrées entre le 1er janvier et le 30 septembre 2018. Selon nos spécialistes, ces attaques ont été lancées à partir d’adresses IP enregistrées sur le territoire japonais, américain, ukrainien, roumain, allemand, danois, italien, britannique, canadien, néerlandais, saoudien, polonais, turc et chinois.
Le 20 avril 2018 a été enregistrée une vaste attaque DDos non seulement contre le site du Ministère, mais également contre toutes les ressources publiques du Ministère russe des Affaires étrangères sur internet. Sa puissance totale était de plus de 150 Gb/s, ce qui avait provoqué une brève panne du site du Ministère et des sites des établissements diplomatiques russes à l’étranger hébergés sous le domaine mid.ru.
Néanmoins, toutes les attaques informatiques ont été contrées et n’ont pas eu d’impact destructif sur l’intégrité du site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères et des sites des établissements diplomatiques russes.
A cet égard, nous voudrions une nouvelle fois attirer l’attention de nos collègues occidentaux, qui accusent si souvent la Russie de piratage sans la moindre preuve, sur la cybersécurité et la nécessité d’une lutte commune contre les menaces dans le cyberespace.
Nous sommes prêts à coopérer avec les pays en question sur la cybersécurité, à fournir des informations et à organiser des consultations. Nous serions disposés à coopérer si un tel intérêt était exprimé.
17/ Sur le transfert de laboratoires mobiles par le service russe Rospotrebnadzor aux pays partenaires

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Le Service fédéral de surveillance des droits des consommateurs et du bien-être humain (Rospotrebnadzor) a transmis en 2018 des laboratoires antiépidémiques mobiles russes à ses partenaires du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan et de la Mongolie. En janvier 2019, il est prévu de fournir de tels dispositifs à la Guinée et au Vietnam.

Ces laboratoires mobiles sont des élaborations russes modernes et uniques visant à diagnostiquer les foyers d’infections dans les régions difficiles d’accès, ainsi que dans les zones de situations d’urgence.
12 appareils précédemment remis par Rospotrebnadzor aux pays de l’espace postsoviétique participent aujourd’hui à l’examen opérationnel des territoires à la frontière russe, aux études de diagnostic et à la garantie de la sécurité biologique de toute la région eurasiatique.
Hormis l’aide matérielle et technique, l’un des éléments-clés des programmes de Rospotrebnadzor est de mener des recherches conjointes avec les spécialistes des pays partenaires pour étudier les particularités de l’épidémiologie des maladies infectieuses et élaborer des tests, des moyens de diagnostic et des vaccins russes.
Les organisations scientifiques de Rospotrebnadzor organisent régulièrement des formations pour améliorer les compétences des cadres étrangers en matière de sécurité sanitaire du territoire, de diagnostic de laboratoire, de prévention des infections, et de réaction à l’apparition de maladies dangereuses.
La remise de dispositifs russes aux pays partenaires et leur intégration aux systèmes nationaux de garantie de la sécurité sanitaire et épidémiologique est un exemple de la contribution de la Russie à la lutte contre les épidémies par le renforcement du potentiel des pays étrangers proches et lointains.
18/ Sur le 23e Forum économique international de Saint-Pétersbourg

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Conformément à la décision du Président de la Fédération de Russie, le 23e Forum économique international de Saint-Pétersbourg se déroulera du 6 au 8 juin 2019.

Ce forum est organisé depuis 1997 – et depuis 2005 sous le patronat du Président de la Fédération de Russie – pour évoquer les questions d’actualité relatives à l’économie russe et mondiale et un large éventail de problèmes internationaux. Le forum a acquis le statut d’événement politique et économique crucial en Russie et a mérité une large reconnaissance internationale.
Chaque année, son importance se renforce en tant que plateforme prestigieuse et non politisée pour un dialogue informel entre les entreprises et les autorités, l’établissement de contacts d’affaires de confiance, un échange ouvert et franc d’avis entre les représentants officiels, les représentants de l’élite d’affaires, de la communauté scientifique et civile de différents pays sur les problèmes mondiaux d’actualité.
Le nombre de participants russes et étrangers au Forum augmente d’année en année.
Nous vous invitons à vous joindre aux discussions du Forum en 2019 pour participer à son programme riche.

Vous trouverez des informations plus détaillées sur le Forum de Saint-Pétersbourg et ses sessions sur le site officiel du Forum www.forumspb.com.

19/ Sur la position de la Russie vis-à-vis de la réforme de l’Onu à l’approche de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle entre l’Allemagne et la France le 22 janvier

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Le traité d’Aix-la-Chapelle appelé à être signé prochainement est un document franco-allemand bilatéral dont la mise au point se déroule à huis clos. Il nous est difficile de commenter un texte qui n’est pas encore publié à partir de simples « bribes ».

Globalement, en ce qui concerne le soutien apporté par Paris aux aspirations allemandes d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, cela n’a rien de nouveau: la France l’avait déjà annoncé auparavant. En particulier, un tel passage était déjà présent dans la déclaration conjointe du Président français Nicolas Sarkozy et du Premier ministre britannique Gordon Brown en mars 2008, puis avait été réitéré par la délégation française lors des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies à New York.
La question relative à l’adhésion de l’Allemagne au Conseil de sécurité des Nations unies en tant que membre permanent ne sera pas réglée au format bilatéral franco-allemand. Cette décision doit être prise par l’Assemblée générale des Nations unies à l’issue de pourparlers intergouvernementaux avec la participation de tous les États membres de l’Onu.
La Russie se prononce pour la poursuite, lors des pourparlers intergouvernementaux, de la recherche d’un modèle de réforme qui bénéficierait du soutien le plus large possible des pays membres – bien plus large que les deux tiers des voix qui sont formellement nécessaires selon la Charte de l’Onu. Dans l’idéal, il faudrait que ce modèle fasse consensus. Il est important que les pourparlers soient globaux et transparents, sur toutes les propositions, sans établir de calendrier ou de dates-limites.
La Russie prône la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies par l’élargissement de la représentativité des pays émergents d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Nous ne doutons pas qu’au sein de ce grand groupe plusieurs pays sont capables d’apporter une contribution importante au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Dans la composition actuelle du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment son pool permanent, on constate une flagrante sur-représentativité  de certaines régions, notamment du groupe régional des États d’Europe occidentale et autres, dont font notamment partie les USA.

Quoi qu’il en soit, il faut empêcher que les efforts pour apporter au Conseil un caractère plus représentatif n’en détériorent l’efficacité. Quelle que soit la voie empruntée par la réforme, le Conseil de sécurité des Nations unies doit avoir la possibilité de réagir en conséquence et rapidement aux défis et aux menaces. Il est donc nécessaire que le nouveau Conseil reste relativement réduit.

Nous ne cachons pas notre scepticisme quant à l’idée de restreindre le droit de veto, promue par la France et d’autres pays. Nous considérons ce mécanisme comme un élément important pour garantir l’élaboration de décisions équilibrées et réfléchies du Conseil et défendre les intérêts de la minorité. Car il n’est un secret pour personne que le « camp » occidental peut facilement mobiliser un nombre suffisant de voix nécessaires au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer les projets indésirables sans recourir au veto.

La Russie prône continuellement un système harmonieux de relations internationales, dont l’un des principes doit être le règlement politique des crises qui surviennent et l’abandon de la politique de changement de régimes par la force. L’attachement général à de tels principes réduirait objectivement la tension de la polémique autour du droit de veto.

Réponses aux questions:

 

Q1: On a entendu au Congrès américain que les USA avaient l’intention de décréter des sanctions contre les pays qui soutiendraient le gouvernement syrien d’une manière ou d’une autre. Qu’en pensez-vous?

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Réponse: Vous connaissez notre position concernant la politique de sanctions: nous partons du principe que c’est une prérogative du Conseil de sécurité des Nations unies et de ses structures. Seules ses décisions sont légitimes. Selon notre entendement, si nous parlons de la construction d’un monde basé sur le droit il ne peut être question de sanctions unilatérales.

Q2 : Nous savons que le commentaire du Ministère russe des Affaires étrangères concernant les événements au Venezuela a déjà été publié. Après l’investiture du Président élu Nicolas Maduro, des émeutes ont éclaté devant les ambassades du Venezuela dans d’autres pays. Sera-t-il possible d’examiner ces circonstances au Conseil de sécurité des Nations unies? La Russie pourrait-elle y contribuer?

venezuela maduro 2019-01-10t164803z_1716396286_rc126fde85b0_rtrmadp_3_venezuela-politics_0  Prestation de serment de Nicolas Maduro à Caracas, le 10 janvier 2019, après avoir reçu l’écharpe tricolore présidentielle des mains du président de la Cour suprême.REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Réponse: En effet, nous avons rapidement commenté la situation autour de l’investiture de Nicolas Maduro. Un commentaire détaillé a été publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.
En ce qui concerne l’examen de cette question au Conseil de sécurité des Nations unies, tout État – et le Venezuela ne fait pas exception – a la possibilité d’inscrire à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies le thème qui l’intéresse. De notre côté, dans le commentaire mentionné, la Russie a réaffirmé sa disposition à coopérer étroitement avec le pays ami qu’est le Venezuela, sa population et ses autorités légitimes.
En ce qui concerne les manifestations devant les ambassades du Venezuela dans plusieurs pays, nous savons comment elles sont organisées. Nous avons expliqué à plusieurs reprises quel argent finançait l’organisation de telles « performances ».
  • Vous vous souvenez des actions dignes d’un musée d’art contemporain organisées dans le contexte du processus de paix syrien, notamment au Royaume-Uni?
Puis il s’avérait que tout cela était financé notamment par le budget public avec le soutien médiatique direct de Bruxelles. Nous savons parfaitement comment les pays occidentaux savent organiser de telles manifestations devant différentes ambassades, qui les finance et comment.

Nous avons déclaré à plusieurs reprises que les événements au Venezuela étaient une affaire intérieure de cet État, nous avons appelé à ne pas s’ingérer et à donner au peuple vénézuélien la possibilité de régler ses problèmes par des méthodes légales en s’appuyant sur sa propre législation, sur le respect de la Constitution et l’histoire de son État. Nous partons du principe que cette position reste d’actualité.

Q3 : CNN rapporte que les USA ont déjà commencé à retirer leur matériel de Syrie. Quels sont les projets de la Russie et de la Turquie dans ce pays compte tenu du départ des USA de la région?

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Réponse: Ce retrait de matériel est une bonne chose. Parfois, ils retirent le matériel qui ne leur appartient pas.

  • Savez-vous combien de matériel ne leur appartenant pas a été retiré d’Irak? Il est encore vendu aux enchères aujourd’hui.

Quant à votre question, vous parlez avec certitude des plans américains – comme si vous les connaissiez.

Nous nous basons, premièrement, sur les messages publiés sur Twitter et, deuxièmement, sur les commentaires qui y apparaissent immédiatement après la publication de ces nouvelles publications.

A ce jour nous avons l’impression que les Américains quittent la région pour mieux rester – pour reprendre l’expression.

Nous avons déclaré à plusieurs reprises que nous voulions prendre connaissance de leur stratégie.

  • Je pense que la communauté internationale a le droit de savoir ce que les USA ont l’intention de faire en Syrie et le long de ses frontières, et dans quels délais.
  • Je vous rappelle que nous avons fait les mêmes déclarations concernant l’Afghanistan.
  • Nous posions constamment la question de savoir, notamment dans cette salle, quelle étaient la stratégie et les délais de présence des forces américaines en Irak,
  • puis en Afghanistan et maintenant en Syrie.

Combien de fois avons-nous entendu les déclarations de l’establishment des USA disant qu’ils quittaient un endroit, avant de constater que la quantité et la qualité des contingents augmentait.

Je ne partage pas votre certitude concernant le fait que les USA quittent la Syrie, parce que nous n’avons toujours pas vu la stratégie officielle.

Nous voyons un « habit d’arlequin » fait de déclarations, de communiqués sur les réseaux sociaux, d’amendements, de remarques, de désaveux et de re-confirmations – et tout cela en l’espace de deux semaines.

Il est question du plus grand et du plus puissant État du monde sur le plan militaire, qui se trouve illégalement sur le territoire d’un autre État souverain depuis plusieurs années.

syrie 1185179-afp_1br776jpg  Des véhicules de l’armée américaine, dans le nord-ouest de la Syrie

La présence de forces armées américaines en Syrie ne redresse pas la situation et ne fait que l’aggraver. Du moins, c’est la dynamique qui a été insufflée ces dernières années par la présence du contingent américain en Syrie qui menait une lutte sélective contre les groupes terroristes. Nous n’avons vu aucune aide de leur part dans l’établissement du processus de paix. Nous avons seulement entendu régulièrement la thèse selon laquelle il aurait été nécessaire de changer le régime politique dans ce pays.

Si l’on se base sur la somme des faits et des facteurs énumérés, il me semble que la communauté internationale a le droit de savoir ce que les USA ont l’intention d’entreprendre en Syrie et dans la région: envoyer, retirer, renforcer ou réduire leur contingent? Mais la question reste en suspens. C’est pourquoi je ne peux pas confirmer la déclaration mentionnée dans votre question.

Si les intentions des USA se confirmaient, nous pensons que le retrait des forces de Syrie serait un pas positif car leur présence sur le territoire du pays était illégale. Car il est toujours possible d’établir un dialogue avec les autorités officielles, notamment sur l’activité antiterroriste. C’est une pratique habituelle. Si telles étaient les intentions des USA, pourquoi n’ont-ils pas établi un dialogue avec Damas?

Q4 : A quel stade se trouve l’examen du cas de Paul Whelan? Qui pourra le rencontrer prochainement, étant donné que l’accès à la prison de Lefortovo est assez difficile? Pourrait-il être relâché sous caution? La perspective d’un échange contre Maria Boutina est-elle étudiée?

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Réponse: J’ai de nouvelles informations. Je rappelle que pendant les fêtes, le Ministère russe des Affaires étrangères a commenté à plusieurs reprises la situation entourant Paul Whelan, arrêté à Moscou le 29 décembre et pris en flagrant délit lors d’une opération de reconnaissance.
Il est détenu en cellule provisoire à Lefortovo. Si, par le passé, nous pouvions dire clairement que tel ou tel individu était un citoyen américain ou britannique, en l’occurrence il convient de qualifier l’interpellé d' »étranger », compte tenu du nombre de passeports en sa possession. Il est inculpé pour le crime visé par l’article 276 du Code pénal de la Fédération de Russie: espionnage.
Paul Whelan est entré en Russie avec un passeport américain. Pour cette raison, conformément à la Convention consulaire bilatérale de 1964, nous avons accordé un accès consulaire aux représentants américains dès le 2 janvier – ce qui était très rapide, surtout en pleine période de fêtes en Russie.
L’enquête a permis de découvrir que le détenu possédait la citoyenneté de trois autres pays – du Royaume-Uni, de l’Irlande et du Canada.
Les ambassades des pays mentionnés ont été immédiatement informées, qui ont également demandé de lui rendre visite – cette fois en conformité avec la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963. Elles bénéficieront de cette possibilité sur accord dans les délais qui conviendront aux deux parties. Je ne veux tracer aucun parallèle, mais quand on nous pose des questions pour savoir dans quels délais ces pays obtiennent un accès, je voudrais attirer l’attention sur la pratique en vigueur dans les pays qui exigent actuellement un accès à leur citoyen.

Je voudrais souligner en particulier qu’à l’étape actuelle, il n’est pas question d’un échange de Paul Whelan contre une personne détenue à l’étranger.

Il y a de nombreux articles à ce sujet. Il existe des suppositions, des spéculations et des fakes flagrants. Je viens de vous exposer la position russe officielle. Je souligne que les versions avancées par la presse ne sont que des suppositions de leurs auteurs. L’accusé attend son procès.
Q5 : Je voudrais avoir des précisions sur le déroulement des négociations entre Damas et les Kurdes syriens. La Russie joue-t-elle un rôle dans ces négociations?

syrie négociations entre damas et les kurdes syriens manar-01119810015161757885  les tentatives des États-Unis de saboter les négociations entre le gouvernement syrien et les Kurdes. 13/01/2019

Réponse: J’ai déjà commenté le dossier syrien aujourd’hui et une grande partie de ce commentaire était précisément consacrée à la question kurde. Bien sûr, nous surveillons de près la situation de la population kurde en Syrie parce que nous pensons que cela fait partie intégrante du règlement politique de la situation sur le terrain. Les négociations internes qui sont menées relèvent de la responsabilité de Damas. Nous exprimons tout de même notre position, nous en faisons part aux représentants officiels de Damas et nous la partageons régulièrement avec vous, publiquement.
Q6 : Fin 2018, les dirigeants de la Russie et du Japon sont convenus d’intensifier les négociations sur la signature d’un traité de paix basé sur la Déclaration conjointe de 1956, selon laquelle l’URSS était prête à transmettre deux îles des Kouriles après la signature du traité de paix. Actuellement, serait-il correct de dire qu’il existe un ensemble de conditions selon lesquelles le Japon pourrait recevoir ces îles? La Russie les transmettra. Pouvez-vous concrétiser ces conditions?

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Réponse: Je vous respecte en tant que journalistes, mais je suis étonnée d’entendre cette question compte tenu de la quantité d’informations déjà fournies pendant les conférences de presse et publiées sur le site du Ministère des Affaires étrangères. J’ignore pourquoi vous posez ces questions, qui plus est à la veille de la rencontre.
Nous venons d’entendre tellement de déclarations de différents représentants japonais pendant les fêtes que nous avons dû convoquer au Ministère des Affaires étrangères l’ambassadeur du Japon, comme nous l’avons annoncé hier. Les médias japonais jouent également un rôle important dans la création de cette atmosphère médiatique étrange à l’approche des pourparlers. Nous avons défini ouvertement et clairement les approches russes de cette question. Elles sont accessibles sur nos pages officielles. Nous remarquons qu’après chaque déclaration officielle, après chaque cycle de négociations et chaque accord préalable, nous constatons de nombreuses tentatives de trouver des divergences et des incohérences dans les approches des parties ou dans la position de l’une d’entre elles.
Je trouve qu’à l’heure actuelle, le plus juste serait d’offrir la possibilité aux experts, notamment de haut niveau, et aux ministères des deux pays, de commencer un travail concret avant d’entendre des commentaires à ce sujet.
J’ai noté également la manière dont le Ministère des Affaires étrangères japonais a réagi aux questions posées après la convocation de l’ambassadeur japonais au Ministère russe des Affaires étrangères. Il a été dit que les pourparlers avaient besoin d’une « situation calme et de silence ». Voilà la formulation. Je ne parle pas japonais, mais la traduction était qu’il fallait créer une atmosphère de silence pour le travail des experts. Mais ce n’est pas nous qui avons enfreint le silence du travail des experts. Nous avons entendu des déclarations étranges et déplacées du côté japonais. En l’occurrence, je peux seulement partager l’avis des représentants du Ministère des Affaires étrangères japonais sur le fait qu’actuellement l’objectif est de créer une situation de travail normale, qui ne soit pas basée sur les spéculations et la désinformation, pour le travail des ministères des Affaires étrangères qui doivent organiser une rencontre et mener des négociations très prochainement.

Je rappelle que la position officielle de la Russie est exprimée sur le site du Ministère des Affaires étrangères.

Q7 : Pourquoi la police militaire russe patrouille-t-elle à Manbij avec les Forces démocratiques syriennes, et non avec l’armée syrienne?

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Réponse: Je pense qu’il vaut mieux adresser cette question à nos experts et spécialistes militaires.

Q8 : Je voudrais avoir des précisions concernant la zone de désescalade d’Idleb. Quelle est la stratégie? Comment éradiquer la présence des groupes terroristes sans mener d’opérations militaires et sans forcer la Turquie à tenir ses promesses?

 Réponse: Je me suis déjà arrêtée en détail sur cette question aujourd’hui. Théoriquement, les méthodes de lutte contre les terroristes, dans une phase qui n’est pas active et armée, sont nombreuses: le désarmement de combattants, le dépôt des armes, par exemple, en échange de leur amnistie. Les négociations sont précisément là pour mettre en œuvre la partie liée au désarmement des combattants.

Cela arrivait et arrive régulièrement en Syrie, nous en parlons régulièrement. La méthodologie peut varier. Mais de tels commentaires relèvent plutôt des compétences des experts militaires, et j’ai déjà parlé aujourd’hui de la situation concrète sur le terrain.

Q9 : Téhéran a déclaré récemment que le délai pour les négociations avec l’UE était écoulé. Cela fait plus de sept mois que le Président américain Donald Trump a cyniquement quitté le Plan d’action global commun sur le programme nucléaire iranien. Pour sauver la face, l’UE a d’abord déclaré qu’elle mettrait au point son propre mécanisme financier pour poursuivre le commerce et les relations économiques avec l’Iran. La Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’élaborer un mécanisme de protection des compagnies européennes contre les sanctions américaines, ainsi que celle de régler le problème de l’indemnisation du préjudice qui pourrait être subi par les compagnies européennes. Très récemment, elle a déclaré qu’un tel mécanisme serait lancé avant la fin de l’année 2018, mais littéralement avant-hier il a été annoncé qu’on ignorait quand cela arriverait. Le Président français Emmanuel Macron a déclaré qu’en matière de coopération avec l’Iran, il n’irait en aucun cas jusqu’à détériorer les relations avec les USA et ne verserait pas d’indemnisations aux compagnies européennes frappées par les sanctions.

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Réponse: Quelle déclaration audacieuse et résolue.

Q10 : La souveraineté de l’UE subit un sérieux test. La Russie, en tant que co-sponsor des négociations sur le programme nucléaire iranien menées pendant 10-12 ans et considérées comme la « cerise » de la diplomatie mondiale, pourrait-elle influencer les pays européens pour que cette décision soit prise?

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Réponse: Si vous parlez d’un test, alors je pense que la diplomatie russe l’a passé. Et comme vous l’avez justement noté, c’était un long test pour empêcher une évolution agressive de la situation, pour trouver une solution mutuellement acceptable. Il faut reconnaître que l’UE a vraiment fait preuve d’un art de la diplomatie de haut niveau. Le test a eu lieu après la signature de l’accord sur sa mise en œuvre, l’implémentation et, évidemment, après la décision des USA de se retirer de ce traité.
En ce qui concerne l’influence que la Russie pourrait exercer, nous posons, bien sûr, cette question aux collègues européens, à Bruxelles, aux pays membres de l’UE.
Au sujet des conséquences pour le droit international, il faut savoir qu’il ne s’agit pas d’une simple transaction commerciale ou bilatérale, mais d’un accord multilatéral approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies devenu un document obligatoire à remplir.
Nous posons ces questions et les évoquons sous différents aspects (pas seulement la politique, mais également l’économie et les finances). En fin de compte, si nous parlons de la protection des entreprises et du développement des relations économiques mondiales,
  • que faire des tendances qui se sont dessinées il y a quelques années quand la communauté d’affaires internationale a été encouragée à développer les relations avec cette région et ce pays?
  • A quelle vitesse doivent-ils désormais apprendre à réagir au changement de l’agenda politique?
Nous savons ce qu’est la répartition des capitaux, les transactions à terme. Nous savons parfaitement ce que sont les investissements. Et si la communauté internationale, en la personne des plus grandes puissances, détermine une direction en tant qu’excellente opportunité pour les affaires, fournit pour cela une base juridique politique et que les entreprises arrivent et commencent à travailler, une question se pose:
  • dans quels délais les grandes entreprises doivent-elles à présent apprendre à changer leur stratégie si toute cette histoire s’effondre sous nos yeux?
Et elle ne s’effondre pas parce que l’accord était mauvais, mais parce qu’il a commencé à déplaire à quelqu’un.

De notre côté, nous avons passé un test de plusieurs niveaux, nous menons un travail sur différents axes

Vous avez raison de dire que c’est effectivement un test très sérieux pour nos collègues européens, pour Bruxelles.

Je ne pense pas que se pose la question de savoir s’ils ont passé le test de leur propre souveraineté en politique étrangère. Je pense que nous connaissons tous la réponse: ils ne l’ont pas passé, et pas seulement dans le contexte de l’accord en question.

Observez ce qui se passe avec Cuba: un suivi interminable du sillage de la politique américaine sans compréhension des motivations profondes. Souvenez-vous de l’arrivée victorieuse de l’immense délégation du Président américain Barack Obama à Cuba. Et ici encore, de la réorientation des grandes entreprises. Combien d’hommes d’affaires étaient venus? Des centaines d’entrepreneurs importants étaient venus à Cuba pour signer des contrats, c’était leur but. Il me semble qu’en l’espace de six mois tout s’est rétracté.
Dans le contexte de la politique de l’Europe: elle a recommencé à suivre la ligne américaine avant de se retrouver perdue. Mais cette question ne s’adresse pas à moi. Posez-la à la représentation de l’UE à Moscou.

Nous disions et disons encore que l’UE, que les puissances européennes, feraient mieux de songer à la préservation de leur souveraineté en politique étrangère, à leur propre rôle indépendant dans les affaires internationales.

Q11 : Les Américains viennent d’engager de nouvelles mesures contre la Russie en bloquant la vente de Sukhoi Superjet 100 à l’Iran et la fourniture de composantes européennes pour les avions MS-21. Y a-t-il une issue à cette situation?

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Réponse: J’ai déjà répondu à cette question dans d’autres contextes. Nous mettons au point des moyens pour entretenir des relations économiques avec différents pays dans cette situation géopolitique très étrange où, en poursuivant leurs propres intérêts géopolitiques, certaines capitales bloquent la coopération financière et économique entre des pays tiers.

Q12 : Les spécialistes du Ministère russe des Affaires étrangères ont-ils pris connaissance des informations sur l’assassinat de journalistes russes en Centrafrique l’an dernier, qui ont été publiées par différents médias, notamment CNN et Novaïa Gazeta?

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Réponse: J’ai vu les publications à ce sujet et j’ai répondu aux questions, notamment de vos collègues, hier. Notre enquête est en cours, elle n’est pas terminée. Il faut poser des questions, entre autres, aux forces de l’ordre et surtout au Comité d’enquête de la Fédération de Russie. Compte tenu de la tentative et de l’intention de votre média de ne pas fournir de fake news mais des informations objectives, tout en sachant que l’enquête est en cours, il ne faut pas diffuser d’informations contenant des accusations directes sans commentaires des organes compétents qui mènent l’enquête officielle. Quelle est l’approche de cette question dans votre compagnie et dans bien d’autres qui relaient tout cela? L’enquête est en cours. Tout le monde l’ignore? C’est étonnant.

Q13 : Un ultimatum a été fixé à la Russie, qui aurait prétendument violé les termes du Traité FNI. Ce qu’on appelle la « dernière chance ». Il expire le 2 février 2019. Faut-il s’attendre à des actions décisives des USA et des pays de l’Otan après l’écoulement de ce délai? Est-il possible de préserver le Traité? Mène-t-on des négociations à ce sujet?

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Réponse: Nous travaillons actuellement sur la possibilité de contacts avec les autorités américaines à ce sujet. Comme l’a déclaré le 9 décembre le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, Moscou voudrait rétablir le plus vite possible un dialogue substantiel avec les USA sur le contrôle des armements.

Q14 : Que pense le Ministère des Affaires étrangères des déclarations du Président biélorusse Alexandre Loukachenko selon lesquelles si Moscou refusait de compenser à Minsk les pertes de la manœuvre fiscale dans le secteur pétrolier, la Russie pourrait perdre son allié? Est-ce envisageable?

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Réponse: Nous avons reçu plusieurs demandes de commenter les déclarations du Président biélorusse Alexandre Loukachenko. Le Belarus est un partenaire et allié fiable de la Russie. La ligne visant à élargir la coopération stratégique avec Minsk n’est pas à remettre en cause. Cela est fixé notamment dans la Conception de la politique étrangère de notre pays.
Nous pensons que dans le cadre de l’État de l’Union, il est possible de faire encore beaucoup afin d’accroître l’efficacité de ce format d’intégration. C’est dans cette optique qu’a été créé un groupe de travail russo-biélorusse.
En ce qui concerne les questions concrètes abordées par le Président biélorusse Alexandre Loukachenko (la fourniture de produits agricoles, la manœuvre fiscale, le transport automobile et autres), un dialogue est mené au niveau des institutions compétentes.
Q15 : Pouvez-vous commenter le sort de la prochaine visite du leader du Hamas Ismaël Haniyeh à Moscou. Si elle est reportée, quelle en est la raison et à quelle date?

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Réponse: J’ai vu ces publications, des réponses ont été envoyées. Je n’ai pas d’informations concrètes à fournir à l’heure actuelle. On se demande: d’où viennent ces publications en sachant que nous n’avons rien annoncé.

Q16 : Avant le Nouvel an, des médias ont rapporté que les Pays-Bas ne seraient pas satisfaits par la réaction de la Russie à la proposition de pourparlers sur l’affaire du crash du Boeing malaisien en Ukraine en 2014 et étudieraient la possibilité de soumettre ce dossier à une cour internationale. Est-il vrai que la Russie refuse de dialoguer avec les Pays-Bas?
Réponse: Nous avons vu ces publications selon lesquelles la Russie refuserait de coopérer. C’est complètement faux. Vous le savez, le gouvernement néerlandais rend régulièrement des comptes devant le Parlement du pays sur le déroulement de l’enquête autour du crash du Boeing. Mais l’enquête « fait du surplace », d’où la tentative de rejeter toute la responsabilité, comme toujours, sur la Russie. Plus de quatre années se sont écoulées depuis le crash de l’avion, mais l’enquête n’est toujours pas terminée, des circonstances importantes des faits n’ont toujours pas été élucidées. En mai dernier, La Haye et Canberra, brusquant manifestement les choses, ont avancé contre la Russie des accusations officielles d’implication dans la catastrophe du vol MH-17 sans la moindre preuve. De plus, ces deux pays, l’Australie et les Pays-Bas, ont proposé à cet égard des négociations trilatérales.
Une correspondance active via les canaux diplomatiques au sujet des consultations sur l’affaire du MH-17 est menée depuis mai 2018. La rencontre n’a toujours pas eu lieu notamment à cause de divergences dans les approches des parties concernant son objet.
Les Pays-Bas et l’Australie souhaitent parler uniquement de la responsabilité juridique de la Russie et des conséquences qui en découlent – en d’autres termes ils exigent de nous que nous reconnaissions notre culpabilité dans le crash du Boeing malaisien et que nous nous en repentissions.

Cette formulation ultimative ne convient évidemment pas à la Russie.

L’enquête menée par le Groupe d’enquête conjoint n’est pas terminée, les coupables n’ont pas été identifiés, les perspectives d’un procès sur cette affaire sont floues. Nous avons toujours de nombreuses questions sur l’enquête, notamment au sujet de la non-fermeture de l’espace aérien pour les vols civils au-dessus de la zone des activités militaires dans le Donbass.
Nous voudrions également obtenir des explications pour savoir comment, durant l’enquête, sont utilisées et prises en compte les informations qui ont été transmises et sont transmises en grande quantité par la Fédération de Russie aux autorisés néerlandaises. Je voudrais noter que la Russie répond à toutes les requêtes reçues.
Il n’y a toujours pas de réaction claire aux informations présentées pendant la conférence de presse du Ministère russe de la Défense le 17 septembre 2018 sur l’appartenance ukrainienne du missile qui a abattu le Boeing. Elles pourraient également contribuer à une enquête objective et professionnelle sur les raisons du crash du vol MH-17. Ce n’est qu’une partie des questions auxquelles nous voudrions obtenir des réponses. Nous les posons régulièrement sans pour autant recevoir de réponses.
Le dialogue concernant l’organisation de la rencontre se poursuit, et le premier contact au format trilatéral pourrait avoir lieu dans les mois à venir, à condition, bien sûr, que les autorités néerlandaises et australiennes renoncent aux ultimatums et aux accusations politiques infondées en acceptant une conversation substantielle et professionnelle sur les questions vraiment importantes concernant la catastrophe du Boeing. Nous sommes prêts à un tel dialogue.

La question relative aux consultations sur l’affaire du vol MH-17 a été évoquée par les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des Pays-Bas début décembre 2018 lors d’un bref contact en marge de la réunion du CMAE de l’OSCE à Milan. Le Ministère néerlandais des Affaires étrangères n’a certainement pas eu le temps de l’oublier.

Q17: Après le Nouvel an, des plaintes et des informations ont été rapportées concernant le refus de laisser entrer en Azerbaïdjan des personnes de nationalité arménienne. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

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Réponse: Effectivement, nous avons vu un grand nombre de publications à ce sujet, notamment sur les réseaux sociaux. Des incidents ont également eu lieu pendant les fêtes. Nous avions déjà constaté de tels cas auparavant et posions régulièrement cette question aux autorités azerbaïdjanaises, nous disions que, malheureusement, ce genre de cas devenait déjà une habitude incorrecte et mauvaise. Il y a quelques jours, une grande publication détaillée a été diffusée sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas le premier cas de politique discriminatoire ethnique visant des citoyens russes dans ce contexte. D’un point de vue statistique, nous avons pris connaissance d’au moins 16 cas de refus d’entrée en Azerbaïdjan aux citoyens russes pour une raison ethnique l’an dernier. Sachant que les citoyens russes ont été retenus pendant plusieurs heures à l’aéroport avant d’être expulsés de force du pays sans raison officielle.
Ces actions sont une grossière violation des droits des citoyens russes, ce qui va à l’encontre de l’esprit et de la lettre du Traité russo-azerbaïdjanais d’amitié, de coopération et de sécurité réciproque du 3 juillet 1997, de l’accord intergouvernemental sur les voyages sans visa des citoyens du 3 juillet 1997, ainsi que de la Déclaration d’amitié et de partenariat stratégique entre la Russie et l’Azerbaïdjan du 3 juillet 2008.
Le Ministère russe des Affaires étrangères a attiré plusieurs fois l’attention des autorités azerbaïdjanaises sur le caractère inadmissible de cette situation en exigeant de cesser la pratique des interpellations et des expulsions, incompatible avec les relations amicales entre les deux pays dont nous parlons également de manière régulière.
Lors de nos récents contacts avec les autorités azerbaïdjanaises, il nous a été dit que la situation serait corrigée. Nous l’espérons vraiment.

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SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3470895

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