2963 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, 23 août 2018

Points  traités

  1. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu
  2. Sur le 100e anniversaire du service diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères
  3. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Joubeir
  4. Sur l’évolution de la situation en Syrie
  5. Sur les vols d’hélicoptères non-identifiés destinés à soutenir les extrémistes dans le nord de l’Afghanistan
  6. Sur le déroulement de l’enquête autour du meurtre de Nikolaï Glouchkov
  7. Sur l’évolution de la situation autour de l’enquête sur les incidents de Salisbury et d’Amesbury
  8. Sur la possibilité de se rendre à Salisbury et dans les environs
  9. Sur la visite des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) au Royaume-Uni afin de fournir une « assistance technique » à Londres
  10. Sur les déclarations du vice-Ministre américain de la Défense Randall Schriver

 

1 – Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu

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Vendredi 24 août, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu de passage à Moscou.

A l’occasion de leur sixième rencontre cette année, les deux chefs de diplomatie accorderont une attention particulière au processus de paix en Syrie. Les deux interlocuteurs évoqueront la coordination des démarches conjointes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme en Syrie et l’intensification de la recherche de solutions politiques au conflit syrien.

Il est également prévu d’aborder la mise en œuvre de projets stratégiques pour la Russie et la Turquie dans le secteur énergétique, commercial et économique, ainsi que d’échanger les points de vue sur certaines questions d’actualité régionale représentant un intérêt mutuel.

2 – Sur le 100e anniversaire du service diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères

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Comme nous l’avons raconté pendant la dernière conférence de presse, il y a 100 ans, le 27 août 1918, s’ouvrait une nouvelle page de l’histoire des relations diplomatiques de la Russie: au sein du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de la RSFSR a été créé un service destiné à assurer une liaison fiable et confidentielle avec les représentations et les établissements de la République soviétique à l’étranger. Il a été baptisé « Table des coursiers diplomatiques ».

Ce 27 août, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera au vernissage d’une exposition photo documentaire thématique consacrée au « 100e anniversaire des relations diplomatiques du Ministère russe des Affaires étrangères ».

Le travail d’un coursier diplomatique est important et lourd de responsabilités. Il nécessite non seulement des compétences professionnelles et une attitude consciencieuse, mais également une bonne santé car il implique des vols et des transferts longs et fréquents, des situations de stress, des changements brusques de fuseaux horaires et de zones climatiques.

Le travail d’un coursier diplomatique représente également un risque pour sa vie.

Tout le monde connaît les noms de Theodor Nette et de Johann Mahmastal – les coursiers diplomatiques qui ont accompli un acte héroïque le 5 février 1926, alors qu’ils avaient été attaqués dans un train qui roulait à destination de Riga.

Les noms de Theodor Nette et de Johann Mahmastal sont entrés dans l’histoire, le jour de leur acte héroïque est commémoré comme la Journée de la mémoire des coursiers diplomatiques tués dans l’exercice de leurs fonctions.

Aujourd’hui, les collaborateurs du service diplomatique continuent de risquer leur vie en apportant le courrier diplomatique dans les régions frappées par les activités militaires.

3 – Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Joubeir

RUSSIE ARABIE SAOUDITE 68a1136c-28bd-43d8-9403-560202b7a42b  Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Joubeir (D) serre la main à Sergueï Lavrov

Mercredi 29 août, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra avec le Ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Joubeir présent à Moscou en visite de travail.

Cette rencontre des chefs de diplomatie de nos pays s’inscrit dans le cadre du dialogue politique régulier et de confiance avec les partenaires saoudiens sur un large éventail de questions d’intérêt mutuel.

Dans ce contexte seront évoqués en détail les aspects d’actualité du développement permanent des relations russo-saoudiennes diversifiées, ainsi que la mise en œuvre des accords conclus à l’issue de la visite du Roi Salmane dans notre pays en octobre 2017, pendant laquelle il s’était entretenu avec le Président russe Vladimir Poutine.

Une attention particulière sera accordée aux échanges bilatéraux, qui affichent ces derniers temps, une dynamique positive stable. En 2017, ils ont pratiquement doublé par rapport à 2016 pour atteindre 915,2 millions de dollars. Au cours des quatre premiers mois de cette année, les échanges entre la Russie et l’Arabie saoudite ont augmenté de 76,4% pour atteindre 293,2 millions de dollars.

Dans ce domaine, un rôle de coordination important revient à la Commission intergouvernementale russo-saoudienne pour la coopération commerciale, économique, scientifique et technique, ainsi qu’aux groupes de travail spécialisés créés dans son cadre. L’organisation, sous l’égide des autorités compétentes russes, de différentes missions d’affaires dans le Royaume a également fait ses preuves.

La coopération dans le cadre du Fonds russe des investissements directs et du Fonds public d’investissement de l’Arabie saoudite est également un élément considérable de notre coopération avec les partenaires saoudiens. A noter également l’important effet de stabilisation de l’étroite coordination russo-saoudienne concernant la situation sur le marché des hydrocarbures liée aux fameux accords multilatéraux au format Opep+.

Nous remercions les autorités saoudiennes pour l’aide et l’attention portée aux pèlerins russes qui visitent les sanctuaires islamiques à la Mecque et à Médine. La saison du hajj se termine ces jours-ci dans le Royaume. La Semaine de la culture russe en Arabie saoudite, prévue pour cet automne, contribuera indéniablement à l’intensification des contacts sociaux entre les deux pays.

Il est prévu d’échanger les points de vue sur la situation actuelle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en mettant l’accent sur la nécessité de régler les conflits qui perdurent dans cette région stratégique par des moyens politiques et diplomatiques, à travers un dialogue dans le respect réciproque en tenant compte des intérêts et des préoccupations de tous les acteurs intéressés.

Concrètement, il sera notamment question de la situation en Syrie, au Yémen, en Libye, dans le Golfe, et du processus de paix israélo-palestinien.

Un autre sujet abordé par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue saoudien Adel al-Joubeir sera celui des perspectives du travail conjoint dans le cadre du dialogue stratégique Russie-CCG (Conseil de coopération du Golfe), dont le siège se situe à Riyad.

4 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

SYRIE La plus importante est le début du rapatriement des réfugiés syriens1035055048

Les tendances positives se renforcent en Syrie. La plus importante est le début du rapatriement des réfugiés syriens: il n’est pas encore massif, mais on crée actuellement les conditions nécessaires. Le travail a débuté.

Le gouvernement syrien a élaboré et met en pratique un ensemble de mesures visant à favoriser le rapatriement et à faciliter la réintégration sociale des citoyens syriens revenant de l’étranger.

Ces mesures prévoient

  • la simplification du contrôle douanier et d’identité,
  • une aide sociale et des soins médicaux,
  • le soutien à la poursuite des études et à l’emploi,
  • ainsi que l’octroi de crédits à des conditions simplifiées.

Les autorités syriennes, soutenues par les militaires russes, poursuivent le travail de déminage, de déblaiement des décombres et de reconstruction de l’infrastructure sociale et économique.

14 hôpitaux reconstruits ont été remis en exploitation dans la Ghouta orientale et à l’est de la région du Qalamoun depuis le début du mois. Dans la région de Damas à elle seule, les habitants de 15 localités ont accès à des soins médicaux de qualité depuis une semaine. 

Malheureusement, des éléments négatifs persistent. Après le règlement de la situation dans la région de Damas, ainsi que dans celles de Homs, de Deraa et Quneitra au sud du pays, les terroristes concentrent actuellement leurs forces dans le nord, à Idleb.

Les combattants ont déjà pu profiter de la pause pour élargir leurs rangs et augmenter leur potentiel de combat. Ils ont récemment intensifié leurs provocations visant non seulement les forces gouvernementales, mais aussi les civils dans les régions situées près de la zone d’Idleb.

La base aérienne russe de Hmeimim subit régulièrement des attaques de drones. Les systèmes antiaériens russes ont déjà abattu 45 appareils de ce type.

Dans la zone de désescalade d’Idleb, les terroristes interpellent massivement les personnes qu’ils accusent de promouvoir l’accord de réconciliation avec les autorités officielles de la Syrie. On a déjà enregistré plus de 500 cas de ce genre.

Qui plus est, le nord-est de la Syrie reste de fait sous le contrôle des militaires américains qui courtisent les groupes armés locaux en achetant leur loyauté avec des armes. Ainsi, on constate à l’est de l’Euphrate la formation de structures pseudo-étatiques non-prévues par la législation syrienne.

El-Tanf

L’énorme camp de réfugiés de Roukban, situé près de la frontière jordanienne, reste fermé aux autorités syriennes et aux représentants de l’Onu.

Plusieurs centaines de combattants de Daech et du Front al-Nosra se cachent parmi les civils qui sont, de fait, pris en otage et utilisés en tant que bouclier humain.

Les extrémistes possèdent des armes, y compris lourdes. Tout cela se passe au vu et au su des militaires américains qui contrôlent une zone de 55 km autour de leur base illégale d’al-Tanf sur le territoire syrien.

Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière l’interruption du financement de certains programmes de « stabilisation » de la Syrieces derniers soutenaient en réalité l’activité de structures antigouvernementales et ont rejeté la charge de ce financement sur leurs alliés.

Ils s’occupent donc – pas à leurs propres frais, mais grâce aux fonds de leurs alliés au sein de la coalition, c’est-à-dire des Européens et des Arabes – de la reconstruction et de la modernisation de l’infrastructure pétrolière au nord-est de la Syrie.

En clair, ils ont donc lancé le pillage du patrimoine national syrien.

Je voudrais rappeler que les États-Unis, tout comme les autres parties impliquées d’une manière ou d’une autre dans le règlement syrien, ont à plusieurs reprises confirmé leur attachement à l’unité, à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de la Syrie, ce qui a été fixé par dans les résolutions appropriées de l’Onu, d’autres décisions internationales et des ententes russo-américaines sur la Syrie.

Les États-Unis n’ont pas renoncé à ces textes – au moins publiquement –

malgré les tendances observées ces derniers temps. Je voudrais savoir comment cette position correspond aux actions que nous constatons actuellement sur le territoire syrien du côté de nos partenaires.

5 – Sur les vols d’hélicoptères non-identifiés destinés à soutenir les extrémistes dans le nord de l’Afghanistan

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Nous constatons encore une fois des vols d’hélicoptères non-identifiés au nord de l’Afghanistan, qui livrent des armes et des munitions aux combattants de Daech et aux Talibans qui coopèrent avec ce groupe terroriste. Ainsi, selon les médias afghans et la population locale, on constate ces derniers temps des vols de ce genre dans la province de Sar-é Pol.

Cela se passe à proximité des frontières des États d’Asie centrale, dont beaucoup de combattants de Daech en Afghanistan sont originaires. Les structures de force afghanes et le commandement du contingent des États-Unis et de l’Otan déployé dans le pays n’ont pas réagi à ces événements.

Tout cela pose donc une question légitime:

  • qui organise ces vols, arme les terroristes et crée en secret leurs places d’armes à proximité des frontières méridionales de la CEI?

  • Et pourquoi tout cela se passe-t-il dans le contexte d’un contrôle total de l’espace aérien afghan par l’Otan?

6 –  Sur le déroulement de l’enquête autour du meurtre de Nikolaï Glouchkov

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Cinq mois après la mort de Nikolaï Glouchkov, Scotland Yard a enfin publié un communiqué sur le déroulement de l’investigation autour de cette affaire. Il dévoile notamment les images des caméras de surveillance, fait appel aux témoins éventuels qui pourraient contribuer à l’enquête, et présente un bref rapport sur les témoignages et les indices recueillis. Je ne critique ni ne donne aucune appréciation vis-à-vis des actions des forces de l’ordre.

Cinq mois se sont écoulés depuis cette mort survenue sur le territoire britannique.

Les images des caméras de surveillance viennent d’être publiées pour faire appel aux témoins, pour aider l’enquête.

  • Est-ce que cinq mois plus tard, quelqu’un peut se souvenir des circonstances en voyant ces images, se souvenir s’il a vu tel ou tel individu?
  • Est-ce réel?

C’est se moquer des gens et de tout ce que Londres et d’autres États appellent à faire quand il est question de crimes retentissants. Or il s’agit bien d’un crime très résonant qui a été commis sur le territoire britannique. Nous prenons note de ces informations de la police britannique, même si ce communiqué ne contient aucune donnée sur les faits et les versions de la mort du citoyen russe.

Nous continuons d’exiger d’être informés du fond de l’enquête sur la mort du citoyen russe. Force est de constater de nouveau que contrairement à nos requêtes, Londres ne fournit toujours pas d’informations sur les résultats de l’examen de la demande d’aide juridique dans l’affaire pénale sur le meurtre de Nikolaï Glouchkov, qui a été transmise par le Parquet russe aux autorités britanniques le 23 avril 2018, c’est-à-dire il y a exactement quatre mois.

Nous considérons cette absence de réponse comme une violation du droit international car, je le souligne de nouveau, il s’agit de la mort d’un citoyen russe.

Une fois de plus, nous appelons les autorités britanniques à établir une coopération substantielle et responsable avec les forces de l’ordre russes dans l’enquête sur cette affaire.

7 – Sur l’évolution de la situation autour de l’enquête sur les incidents de Salisbury et d’Amesbury

Nous restons préoccupés par l’absence d’informations sur l’état de santé des citoyens russes Ioulia Skripal et de son père Sergueï Skripal ainsi que sur le lieu où ils se trouvent, tout comme par le refus des autorités britanniques d’assurer un accès consulaire aux collaborateurs de l’Ambassade de Russie. Nous jugeons ces actions illégales.

ANGLAIS Le Britannique Charlie Rowley empoisonné au Novitchok a repris conscience549777  Le Britannique Charlie Rowley empoisonné au Novitchok a repris conscience

Nous avons pris connaissance du communiqué sur la nouvelle hospitalisation de l’une des victimes d’Amesbury, Charlie Rowley. Selon les représentants de l’hôpital de Salisbury, à l’heure actuelle aucun patient ne reçoit de soins liés à l’exposition à des substances neuro-paralytiques. Je profite de l’occasion pour souhaiter un rapide rétablissement à Charlie Rowley.

Nous espérons que Londres aura tout de même la présence d’esprit de renoncer à médiatiser de manière provocatrice l’incident de Salisbury, et ne formulera plus d’accusations infondées et erronées comme s’étaient empressées de le faire les autorités britanniques sans attendre les résultats de l’enquête.

Nous continuons d’insister sur une enquête indépendante, objective et transparente autour des incidents de Salisbury et d’Amesbury.

Nous réaffirmons notre disposition à un travail conjoint sur cette affaire. Nous attendons une réaction substantielle aux demandes d’aide juridique du Parquet de la Fédération de Russie envoyées à Londres concernant l’enquête pénale ouverte par le Comité d’enquête russe le 16 mars 2018 sur la tentative d’homicide avec préméditation visant Ioulia Skripal par un moyen dangereux pour tous.
8 – Sur la possibilité de se rendre à Salisbury et dans les environs

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Nous recevons de nombreuses questions concernant la sécurité dans le comté de Wiltshire, notamment à Stonehenge, site du patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi que dans la ville voisine de Salisbury où se situe la cathédrale de Salisbury. Cette destination touristique, prisée notamment des citoyens russes, n’a pas été fermée à l’heure actuelle.

Les autorités britanniques compétentes continuent de mener l’enquête sur l’empoisonnement des citoyens russes Sergueï Skripal et Ioulia Skripal dans la ville de Salisbury, ainsi que de citoyens britanniques dans la ville d’Amesbury.

Étant donné que l’enquête n’est pas terminée, et en tenant compte de la diffusion, par les autorités britanniques, de la version concernant l’implication de la Russie dans ces incidents, il n’est pas à exclure que les touristes russes visitant cette région puissent se retrouver dans le collimateur des services secrets britanniques. Surtout quand l’on sait qu’à proximité se trouve un site militaire du Ministère britannique de la Défense – le laboratoire scientifique et technique de Porton Down.

Il faut prendre en compte tous ces facteurs. A cet égard, nous suggérons aux citoyens de planifier préalablement leurs itinéraires touristiques, de faire preuve de prudence et d’avoir sur eux les numéros de téléphone des représentations diplomatiques et consulaires russes au Royaume-Uni en cas de besoin. Toutes les informations de contact sont disponibles sur nos sites officiels.
9 – Sur la visite des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) au Royaume-Uni afin de fournir une « assistance technique » à Londres

OIAC Le siège de l'OIAC à La Haye1030987980  Le siège de l’OIAC à La Haye

Les autorités britanniques tentent encore d’utiliser à leurs fins politiques conjoncturelles l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a pourtant une vocation purement technique, et d’associer son activité aux provocations qu’ils organisent depuis plusieurs mois.

La semaine dernière a été annoncée une nouvelle visite d’un groupe d’experts de l’OIAC  au Royaume-Uni pour fournir une « assistance technique » à Londres afin d’identifier la substance toxique ayant affecté, en mars 2018 à Salisbury, le père et la fille Skripal, et en juin des citoyens britanniques dans la ville voisine d’Amesbury.

Londres ne juge pas utile de cacher qu’il n’attend pas de l’OIAC une véritable contribution à l’établissement de toutes les circonstances des faits à Salisbury et à Amesbury. Tout ce qu’il attend de cette organisation est uniquement la confirmation des résultats de l’analyse d’un certain produit chimique identique qui aurait été recueilli par les spécialistes britanniques dans les deux échantillons biomédicaux et environnementaux.

C’est un abus flagrant, par le Royaume-Uni, de ses droits en tant que membre de l’OIAC.

Londres n’a pas fait appel à l’article X de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC), qui décrit en détail la procédure d’aide et d’attribution d’une protection aux États en cas d’usage de l’arme chimique contre eux.

Au lieu de cela, les autorités britanniques se sont référées

au chapitre 38 e) de l’article VIII de la CIAC

où il est question d’apporter une aide technique aux États membres dans le cadre de leurs engagements « réguliers » selon la Convention

– en d’autres termes, dans le cadre des tâches de destruction de leurs propres réserves d’armes chimiques et de contrôle des produits chimiques toxiques qui relèvent des compétences de la CIAC.

La manipulation cynique des outils juridiques est la carte de visite de la politique étrangère actuelle de Londres.

Une nouvelle fois, nous attirons l’attention sur le fait que les termes de l’article VIII de la CIAC n’attribuent pas à l’OIAC

  • de mandat pour organiser des enquêtes autonomes, formuler ses propres conclusions, ni pour procéder à une « vérification indépendante » des résultats d’une enquête menée par un État.
Je voudrais souligner à nouveau ce qui, malheureusement, n’est pas expliqué au public, ce dont on oublie de parler: les échantillons n’ont pas été prélevés par les spécialistes de l’OIAC mais par les spécialistes britanniques.

Cette compréhension est confirmée par l’expérience d’application de l’article VIII de la Convention – une telle contribution a notamment déjà été apportée aux États qui manquent de spécialistes qualifiés, d’équipements et de technologies nécessaires. Alors que le Royaume-Uni, nous le savons bien, dispose de tout cela.

Dans ce cas, pourquoi Londres s’est adressé à l’OIAC?

La réponse est évidente: en avançant des accusations complètement infondées sur la prétendue implication de la Russie dans les incidents de Salisbury et d’Amesbury, qui étaient de toute évidence initialement pensés uniquement pour discréditer notre pays, les autorités britanniques tentent à présent de les légitimer en utilisant l’autorité de l’OIAC. En principe, peu importent les articles. Dans l’espace public, il faut faire le lien entre Salisbury et Amesbury, la position officielle du Royaume-Uni et la mention permanente de l’OIAC, ce qui se produit dans les faits. C’est une simple manipulation. Une méthode de propagande classique.

Pour le soutien de la campagne antirusse par Londres, il n’est pas très important que l’OIAC ne soit pas habilitée ni en mesure de déterminer le pays d’origine du prétendu produit chimique retrouvé à Salisbury et Amesbury sous le nom criant de « Novitchok ».

De toute évidence, il suffit amplement pour la machine de propagande britannique que l’OIAC soit impliquée dans la fameuse « affaire Skripal », et qu’elle ait soi-disant confirmé certaines « conclusions » de l’enquête nationale britannique, qui est menée de manière complètement fermée et opaque. L’objectif est très simple: fixer dans l’espace public toutes ces thèses, les grands noms déjà devenus célèbres et les noms connus, les noms des plus grands points géographiques et le nom de la plus grande organisation internationale.

Quant à la possibilité, pour les forces de l’ordre russes, d’accéder aux dossiers de l’enquête, Londres continue d’y opposer son refus malgré nos appels insistants.

10 – Sur les déclarations du vice-Ministre américain de la Défense Randall Schriver

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Nous avons pris note de la déclaration publique du vice-Ministre américain de la Défense Randall Schriver pendant sa visite à Manille.

Le responsable américain a jugé possible d’exercer un chantage sur les Philippines en disant que, soi-disant, la poursuite de la coopération militaro-technique entre Manille et Moscou mettait en péril leurs « relations d’alliés » avec les USA.

Ce n’est évidemment pas la première fois que Washington entreprend une telle tentative malhonnête visant à forcer d’autres pays à renoncer aux achats d’armements russes au profit des armes américaines.

Outre le fait que tout cela soit un exemple marquant de concurrence déloyale et d’aspiration à promouvoir les intérêts de son propre complexe militaro-industriel, de telles attaques indiquent que les USA renforcent leur travail de propagande pour donner une teinte politique négative à la coopération militaro-technique de la Russie avec d’autres pays. A Manille, le vice-Ministre américain de la Défense Randall Schriver est allé jusqu’à dire qu’il ne fallait pas acheter d’armes à Moscou parce que le Kremlin mènerait une «politique étrangère irresponsable». A titre d’argument, le responsable américain a cité une liste de reproches infondés à notre égard, notamment l' »agression en Ukraine » et l' »implication dans les attaques chimiques au Royaume-Uni ».

J’ai une question. Peut-on renverser cette chaîne logique et dire que tous les partenaires à qui les USA vendent leurs armes sont considérés comme menant une politique étrangère responsable?

Prenez la liste des pays où les USA vendent leurs armes, regardez à quels conflits, y compris armés, ils participent, essayez vous-mêmes de conclure qui mène une politique agressive et irresponsable.

Nous jugeons un tel comportement inadmissible.

Il est évident que le développement des liens entre la Russie et les pays de l’Asie-Pacifique en matière de coopération militaro-technique empêche les Américains de renforcer leurs positions militaro-politiques dans la région. Force est de constater avec regret que quand, pour des raisons objectives, ces pays optent pour les produits russes au lieu de leurs analogues américains, Washington n’hésite pas de recourir à la pression et aux déclarations provocantes irresponsables visant à créer une image négative de notre pays.

Nous appelons nos partenaires américains à employer des méthodes de concurrence loyale.

à suivre

SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3323986