2891 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 5 juillet 2018

5 juillet 201819:35
  1. Sur la couverture de la Coupe du monde de football en Russie
  2. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d’action global commun
  3. Sur la situation actuelle en Syrie

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Sur la couverture de la Coupe du monde de football en Russie

Coupe-Du-Monde-2018-France-Uruguay-En-Photos-2  Coupe Du Monde 2018 : France Uruguay – Didier Deschamps

La Coupe du monde de football continue de nous réjouir par ses batailles sportives hautes en couleur. Les experts et les supporters sont unanimes: les matchs sont effectivement spectaculaires. Je ne parle même pas de l’aspect culturel, des possibilités, pour les supporters, d’occuper leur temps libre en dehors des matchs. Une atmosphère fantastique règne non seulement à Moscou, mais également dans toutes les villes – tous ceux qui sont venus le disent sur les réseaux sociaux. Nous voyons que cette exaltation ressentie par les supporters est également relayée par les médias. Ce qui est forcément réjouissant. En effet, nous y accordons de l’attention parce qu’il y a eu beaucoup de désinformation. Ce n’est pas étonnant, parce que malgré toute la boue versée sur notre pays avant le Mondial, il est difficile d’inventer des fables à présent que tout le monde voit la réalité de ses propres yeux.

La campagne russophobe ne s’apaise pas pour autant. Aux avant-postes, malheureusement, se tiennent les médias britanniques qui relaient le plus grand nombre d’affabulations absurdes et complètement révoltantes en citant des politiciens britanniques. C’est horrible. Je ne parle pas de Boris Johnson, de ses prévisions, comparaisons et épithètes.

La Première ministre britannique Theresa May s’est également distinguée en exprimant ses craintes quant à la sécurité des supporters britanniques en Russie. Elle ferait mieux de penser à la sécurité des citoyens britanniques sur le territoire de son pays. On ignore pourquoi elle s’inquiète pour nos supporters, ils vont très bien. Theresa May, ne vous inquiétez pas, vous pouvez venir et voir.

Nous lisons beaucoup de choses dans les médias britanniques. Récemment, le journal The Guardian a écrit que la Russie avait envoyé à la Première ministre Theresa May une nouvelle invitation au Mondial.

Je voudrais attirer une nouvelle fois votre attention sur le commentaire du service de presse de notre Ambassade à Londres sur le fait qu’aucune invitation individuelle n’a été ni envoyée ni retirée aux politiciens britanniques pour le Mondial. Personne n' »attire » qui que ce soit.

C’est un événement international qui se déroule régulièrement en étroite coopération avec l’organisation internationale compétente, c’est pourquoi personne n’invente de nouveaux formats, tout se déroule dans le cadre des engagements protocolaires et des traditions. Je m’adresse au Guardian: pas besoin de fantaisies. Nous sommes ravis de donner la possibilité à tout le monde de soutenir leur équipe, ce qui peut être confirmé par les chefs d’État et de gouvernement, des membres de cabinet de différents pays qui ont voulu soutenir leurs sportifs. Nous les accueillons très amicalement et avec hospitalité en créant toutes les conditions pour qu’ils se plongent effectivement dans cette atmosphère festive.

Il est regrettable que par leurs publications, les autorités et les médias britanniques ont de facto privé des milliers de supporters britanniques de la possibilité de venir, simplement en les intimidant.

Même les sportifs britanniques ont subi ces intimidations. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, le joueur anglais d’origine jamaïcaine Reggae Boyz a déclaré qu’il ne comptait pas prendre sa famille à la Coupe du monde parce qu’il craignait le racisme et la violence à leur égard. Des communiqués ont été relayés par le Guardian indiquant qu’après avoir passé quelques semaines en Russie, le défenseur de l’équipe d’Angleterre avait complètement changé d’avis et était prêt à faire venir sa famille dans notre pays pour les matchs finaux de son équipe. Il est noté que le joueur « profite de l’atmosphère détendue » du Mondial. Comme nous l’avons dit, les mythes tomberont. Nous regrettons que suite à cette terrible campagne politique lancée par le gouvernement du Royaume-Uni, des milliers de supporters britanniques n’aient pas pu venir en Russie simplement parce qu’ils ont été intimidés par leurs propres politiciens.

Cela n’est pas propre seulement au Royaume-Uni. Les hauts responsables de Bruxelles et les médias de l’UE, malheureusement, diffusent également des clichés antirusses, des accusations dans l’esprit « Êtes-vous prêts pour un Mondial honteux? » et ainsi de suite.

Je voudrais rappeler que c’est le titre d’un article paru en mars dans Politico. Le Parlement européen a même publié un « communiqué conjoint sur les événements sportifs et les droits de l’homme concernant l’ouverture de la Coupe du monde de football 2018 en Russie ». Sans entrer dans les détails de ce document, je voudrais souligner de nouveau que ces forces qui développent la russophobie tentent de tout politiser, y compris le sport. Ils associent la Coupe du monde de football à la problématique des droits de l’homme. Tout cela est tellement abject qu’on s’étonne qu’en 2018 les gens ne comprennent pas à quel point tout cela est vraiment visible. Il est impossible de cacher cet engagement politique même derrière de tels documents.

Il y a eu beaucoup de désinformations. Souvenez-vous de la Suède. On a publié des instructions, notamment « ne pas converser au téléphone ». Ces instructions étaient distribuées aux supporters suédois qui venaient ici. Je voudrais vraiment répondre qu’il ne faut pas juger les autres sur son propre exemple.

Pendant que les médias occidentaux tentent de lancer les dernières attaques dans l’esprit de la Guerre froide, la grande fête sportive bat son plein. Elle a rassemblé le monde entier et a montré que même les supporters irréconciliables prêts à défendre l’honneur de leur équipe, à la soutenir dans la joie et à compatir dans l’échec, étaient prêts et pouvaient être conviviaux, pouvaient partager cette atmosphère de fête avec les supporters d’autres équipes.

Nous sommes vraiment ravis que l’hospitalité nationale russe soit tenue en grande estime par les hôtes du Mondial. Il est précisément question de l’échelle nationale parce qu’absolument tout le monde, y compris les politiciens et les organisateurs de l’événement, les forces de l’ordre et les volontaires, les restaurateurs et les employés du secteur hôtelier, les simples supporters russes, les résidents et les citoyens, se sont unis pour rendre cette fête vraiment globale et pour que chaque personne venue en Russie se sente comme un hôte cher et attendu.

Il était agréable de lire le quotidien britannique The Independent qui a noté que « les craintes de bagarres entre les hooligans russes et anglais ne s’étaient pas confirmées ». Qui en aurait douté. Car si cela n’avait pas été préalablement exacerbé en publiant des films spéciaux subventionnés sur les chaînes concernées, on n’en parlerait pas aujourd’hui. Certains voulaient vraiment que cette histoire devienne réalité. Nous le disions il y a un an et demi déjà. Mark Roberts, chef adjoint de la police du South Yorkshire, a parlé avant le match Angleterre-Belgique d’une « bonne atmosphère » et de l' »absence d’incidents » entre les différents groupes de supporters. Comme l’écrit The Independent, des cas isolés de violence ont été constatés entre les supporters anglais eux-mêmes.

Le journal argentin La Nacion a souligné que les « organisateurs avaient réussi à unir les fans dans le cadre de la fête générale du football ». Cette tâche était effectivement difficile compte tenu de l’expérience passée des coupes du monde et d’autres grandes compétitions de football. C’est effectivement ce que nous parvenons à faire à l’heure actuelle. Le Financial Times a noté que la communication entre les fans russes et les supporters étrangers se déroulait dans une atmosphère d' »euphorie » et d' »enthousiasme ». Ainsi, sans inciter et confronter intentionnellement les gens, sans les provoquer, il n’y a effectivement aucune raison que la tension monte. Le journal rapporte que cette communication humaine (people-to-people relations) montre que les relations entre la Russie et le reste du monde peuvent se distinguer significativement de la méfiance et de l’aversion inhérentes à la géopolitique.

Je voudrais m’adresser à tous ceux qui ont été trompés par ces fameux géopoliticiens et les médias occidentaux à travers les publications antirusses. Nous invitons tous ceux qui ne sont pas encore venus, qui n’ont pas eu le temps de profiter de l’opportunité de participer à cet événement étonnant et très marquant qu’est la Coupe du monde de football 2018 en Russie.

 

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Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d’action global commun

Vendredi 6 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d’action global commun en coordination avec Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

RUSSIE UE Federica Mogherini, LAVROV 1020021779

De notre côté, nous réaffirmons la disposition de la Russie à remplir ses engagements tant que les autres parties le feront, et nous ferons tout pour préserver et maintenir la stabilité du Plan d’action.

Nous avons l’intention de poursuivre le développement de notre coopération commerciale et économique avec l’Iran. Nous protégerons notre coopération avec l’Iran contre l’impact des sanctions extraterritoriales. Nous disposons des mécanismes nécessaires pour cela.

Demain, en marge de la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d’action global commun, deux réunions bilatérales du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont prévues avec ses homologues, dont nous vous tiendrons informés.

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Sur la situation actuelle en Syrie

 

SYRIE 1028177088

La situation en Syrie reste difficile.

L’opération de nettoyage du sud-ouest du pays des terroristes se poursuit. Elle combine le recours à la force contre les troupes de Daech et de Nosra, et les décisions prises dans le cadre des négociations et des accords conclus avec les groupes d’opposition armés qui ne veulent pas coopérer avec les terroristes ou les représentants des conseils locaux. Les militaires russes jouent un rôle considérable dans ce travail – aussi bien les officiers du Centre de réconciliation des belligérants que les unités de la police militaire russe qui jouissent du respect et de la confiance de la population. Aux anciens combattants il est suggéré soit de suivre la procédure de régulation du statut, soit de rejoindre les unités volontaires de l’armée syrienne pour servir sous contrat. Les combattants qui ont déposé les armes ne subissent aucune répression de la part du gouvernement.

La population des villes et des communes libérées des terroristes salue le rétablissement du contrôle du gouvernement par des manifestations spontanées, et lève les drapeaux syriens.

Les autorités de la Jordanie voisine, qui souhaitent le rétablissement au plus vite du fonctionnement normal de la frontière jordano-syrienne et l’ouverture de la circulation sur une autoroute internationale importante reliant Beyrouth, Damas et Amman, contribuent à la pacification.

Dans l’ensemble, la situation sur le terrain diffère fortement de l’image du sud-ouest de la Syrie présentée par les médias occidentaux engagés, qui utilisent les reportages tournés par les Casques blancs (après tout, ils sont payés!) et d’autres provocateurs. Nous sommes au courant de ces méthodes malhonnêtes de travail, qui ne visent pas du tout à apaiser les souffrances de la population mais, au contraire, à saper les efforts pour trouver des accords locaux et faire avancer le processus de paix. Tous les mensonges sont bons: les faux chiffres astronomiques de déplacés internes qui grandissent tous les jours soi-disant à cause de l’offensive des forces gouvernementales, l’hystérie concernant l’impossibilité d’envoyer à ce moment précis dans la zone des activités des convois humanitaires, les inventions comme quoi la Russie serait sortie des mémorandums sur la création de la zone de désescalade du sud et d’autres désinformations.

A cet égard, je voudrais souligner une nouvelle fois que le déroulement de l’opération antiterroriste n’est pas contraire aux conditions de mise en place de la zone de désescalade du sud, qui stipulent qu’il faut éliminer les terroristes dans cette région.

Malgré toutes les difficultés, une aide est apportée à la population de la province de Deraa par le gouvernement syrien, par les militaires russes et au niveau de l’Onu. Elle est précisément acheminée dans les communes où la trêve n’a pas encore été conclue.

En ce qui concerne les déplacés internes, il est parfaitement évident que là où l’armée syrienne doit faire face à la résistance armée des terroristes, une partie de la population civile quitte son lieu de résidence. Des couloirs humanitaires et des centres spéciaux de logement provisoire sont mis en place pour ces personnes – par exemple à Jabab, dans la province de Deraa, où l’on apporte une aide à 2 500 personnes.

On ne peut pas spéculer sur le problème des réfugiés et des déplacés internes. Il faut le régler et le faire en pratique. Ce 3 juillet, le Ministère des Affaires étrangères syrien, au nom du gouvernement, a lancé un appel aux citoyens du pays qui avaient dû quitter le pays.

En coordination avec les autorités libanaises, Damas entreprend déjà des démarches concrètes pour faciliter ce processus. Le 28 juin, près de 400 personnes sont revenues du Liban en Syrie. A l’heure actuelle, la liste de retour inclut plus de 3 000 personnes. C’est un chiffre bas mais réel, et il augmente constamment.

La tâche d’éradiquer définitivement le terrorisme sur le sol syrien est notamment compliquée par la présence militaire illégale et absolument injustifiée des USA dans la région d’al-Tanf, où ils ont créé une réserve pour des terroristes restants de Daech. Les autorités syriennes ne sont pas admises sur ce vaste territoire. L’accès humanitaire est fermé aux réfugiés qui sont de facto retenus en otage par les terroristes dans le camp de Roukban.

Si les partenaires occidentaux ont effectivement l’intention d’instaurer une paix durable sur le sol syrien, nous attendons de leur part des décisions appropriées pour assouplir le régime de restrictions unilatérales, et permettre d’acheter librement sur les marchés mondiaux les équipements nécessaires pour reconstruire le pays, des matériaux, de la nourriture, des médicaments et du carburant.

Il faudra réaliser des travaux colossaux pour le déminage humanitaire. Nous appelons nos partenaires internationaux à se joindre aux efforts en ce sens, ce qui contribuerait au retour sûr de dizaines de milliers de Syriens dans leur foyer, y compris ceux qui ont rejoint les pays occidentaux.

 

à suivre…


SOURCE / http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3290159

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