2857 – « Le retrait américain du CDH n’affaiblit pas la Genève internationale » … Un retrait « dans la continuité de la politique de Donald Trump »

1- « Le retrait américain du CDH n’affaiblit pas la Genève internationale »

Genève pourrait-elle pâtir du retrait des États-Unis du Conseil des droits de l’homme?
Interview de Pierre Maudet Forum / 7 min. / à 18:02 RTS-INFO . Suisse
Place forte du multilatéralisme, la Genève internationale ne devrait pas être affaiblie par le retrait américain du Conseil des droits de l’homme (CDH), estime le président du Conseil d’Etat genevois Pierre Maudet.
« Je ne dirais pas que c’est un coup dur, parce que c’était relativement attendu. Il s’agit de la concrétisation du programme du président américain. Nous respectons la décision souveraine des Etats-Unis, mais nous la regrettons »,

explique mercredi dans l’émission Forum Pierre Maudet.

Le président du Conseil d’État genevois juge par ailleurs que cette décision américaine quant à cette agence onusienne sise à Genève a surtout une portée symbolique, plutôt que de réellement diminuer l’impact de la dimension des droits de l’homme.

Pas de risque d’affaiblissement de la Genève internationale

« Les droits de l’homme sont un des piliers de la Genève internationale. Ils rappellent qu’il y a des règles qui sont adoptées ici. Et quel que soit le domaine dans lequel elles sont adoptées, cela repose sur des valeurs fondamentales. Donc je n’y vois pas forcément un affaiblissement de la Genève internationale. Mais j’y vois la nécessité d’ouvrir le dialogue et d’être la plateforme de discussion et d’échange que souhaitent de nombreux pays encore. »

Et pour appuyer ses propos, le conseiller d’État revient sur un exemple récent:

« Nous avons quand même eu l’an passé, avec la visite du président chinois, l’affirmation nouvelle pour un pays qui était relativement peu porté sur le multilatéralisme de la nécessité d’une place située dans un pays neutre pour voir se développer ces échanges… »

Des règles aussi pour encadrer l’avènement du numérique

Pierre Maudet évoque également d’autres domaines où mettre l’accent:

« Nous sommes par essence une cité portée sur le multilatéralisme (…) Surtout à une époque où l’on voit un besoin de règles avec l’avènement du numérique. On ne peut pas rester dans une absence de codification. Donc nous sommes convaincus que c’est à Genève que doivent se discuter ces éléments centraux. »

Une nécessité de règles que même les États-Unis sont obligés d’admettre, estime-t-il:

« Dans le domaine du numérique, les GAFA (ndlr: Google, Facebook, Amazon, Apple) sont aujourd’hui les premiers à demander un espace de discussion, de codification, avec des règles assumées par le secteur public qui s’appliquent aussi au secteur privé (…) En 2017, Brad Smith (ndlr: aujourd’hui président de Microsoft) a évoqué l’idée de Conventions digitales de Genève, dans la lignée des conventions humanitaires. »

Propos recueillis par Christian Favre et Chrystel Domenjoz

jzim

2 – Un retrait « dans la continuité de la politique de Donald Trump »

Micheline Calmy-Rey réagit au retrait des USA du Conseil des droits de l’homme de l’ONU La Matinale / 7 min. / à 07:18 – RTS-INFO . Suisse
L’ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey estime dans La Matinale de la RTS que le retrait américain du Conseil des droits de l’homme s’inscrit « dans la continuité de la politique de Donald Trump », citant notamment le retrait des accords de Paris ou de l’Unesco.
« Ces critiques faites au Conseil des droits de l’homme ne sont pas nouvelles. Donald Trump pense que le Conseil n’est pas objectif »,

explique mercredi l’ancienne conseillère fédérale chargée des Affaires étrangères.

« Le Conseil est perfectible, en particulier sur le point de la critique systématique d’Israël »,

concède-t-elle. Pourtant, les corrections proposées par les États-Unis « ne vont pas du tout dans le sens » de la construction du Conseil, souligne Micheline Calmy-Rey.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a accusé la Russie, la Chine, Cuba et l’Égypte de s’être opposés à la volonté des États-Unis de réformer le Conseil. Elle a aussi critiqué les pays qui partagent les valeurs américaines et encouragent Washington à rester mais qui ne sont « pas disposés à remettre sérieusement en cause le statu quo ».

 

Nombreuses réactions

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision des États-Unis. Mais le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres déplore ce départ et « aurait préféré que les États-Unis restent au Conseil des droits de l’homme », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué.

« On doit s’attendre à d’importantes conséquences pour le Conseil »,

a expliqué l’ambassadeur suisse auprès de l’ONU à Genève Valentin Zellweger.

« Compte tenu de l’état des droits de l’homme dans le monde d’aujourd’hui, les Etats-Unis devraient intensifier leurs efforts et non reculer »,

a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein.

L’Union européenne a déclaré que la décision de Washington « risquait de saper le rôle des Etats-Unis en tant que champion de la démocratie ». Le secrétaire britannique au Foreign Office, Boris Johnson, a évoqué une décision « regrettable ».

« Le Conseil des droits de l’homme permet des abus en exonérant les malfaiteurs par le silence et en condamnant faussement ceux qui n’ont commis aucune infraction »,

a rétorqué Mike Pompeo.

Effet « mauvais » pour les États-Unis

Selon le directeur exécutif du Groupe sur les droits universels (URG), Marc Limon, l’effet sera « mauvais » pour les États-Unis et « très mauvais » pour Israël. « Le Conseil s’en sortira », dit-il.

Le directeur exécutif de Human Rights Watch (HRW) a lui dénoncé un « triste reflet » de la politique « unilatérale » de l’administration de Donald Trump sur les droits de l’homme, celle d’éviter toute critique à Israël « pour ses abus ».

cab avec agences

Publié à 08:31 Modifié à 12:45

Un Conseil créé en 2006

Le Conseil des droits de l’homme se réunit trois fois par an pour examiner les violations des droits de l’homme dans le monde. Il dispose d’enquêteurs indépendants pour examiner des situations telles que la Syrie, la Corée du Nord, la Birmanie ou le Soudan du Sud. Ses résolutions ne sont pas juridiquement contraignantes mais portent une autorité morale.

Lorsque le Conseil a été créé en 2006, l’administration du président républicain George W. Bush n’en avait pas voulu.

Sous le président Barack Obama, les États-Unis ont été élus pour un maximum de deux mandats consécutifs au conseil par l’Assemblée générale des Nations unies. Après une année d’absence, les États-Unis ont été réélus en 2016 pour son troisième mandat qui est en cours.


source/https://www.rts.ch/info/monde/9661070-un-retrait-dans-la-continuite-de-la-politique-de-donald-trump-.html