2697 – Par Michel Raimbaud … 2 Articles … 1- «False flag» et «immoralité» … 2- Syrie, non à la guerre des Trois !

FRANCE Michel Raimbaud. maxresdefault

«False flag» et «immoralité» …  l’ancien ambassadeur de France analyse pour RT la crise syrienne –


Michel Raimbaud a livré pour RT France son analyse sur l’attaque chimique présumée dans la Ghouta et ses conséquences. Convaincu qu’il s’agit d’une «false flag», il dénonce l’«immoralité» de la position de Paris, calquée sur les néoconservateurs.

L’ancien ambassadeur de France Michel Raimbaud qui porte un regard acéré sur les problématiques du monde arabo-musulman, région dans laquelle il a accumulé une expertise fondée sur des expériences de terrain, analyse pour RT France les derniers rebondissements de la crise syrienne.

Pour l’ancien diplomate, qui s’appuie sur les exemples tirés du passé récent du pays, il est fort probable que l’attaque chimique présumée dans la Ghouta, attribuée au gouvernement syrien, ait été montée de toutes pièces : «C’est ce que l’on appelle une false flag (attaque sous fausse bannière)».

«Quand il y a eu une attaque, il a toujours été prouvé – à tout le moins fortement soupçonné – par la suite que ce n’était pas le gouvernement syrien qui en était responsable, mais bel est bien les rebelles modérés, qui sont en fait des terroristes», fait valoir Michel Raimbaud. Il y a deux mois, le secrétaire à la Défense Jim Mattis [1] avait à ce propos admis qu’il n’existait pas de preuve de la culpabilité de Bachar el-Assad dans l’attaque chimique de Khan Cheikhoun[2] d’avril 2017 à laquelle les États-Unis avaient pourtant réagi en effectuant une frappe sur la base d’Al-Chaaryate [3].

Quand l’armée syrienne obtient un succès décisif, on invente une alerte

L’objectif d’une telle stratégie est simple selon l’ancien diplomate, c’est un moyen pour tenter d’annihiler les avancées de l’armée syrienne sur le terrain. «Quand l’armée syrienne obtient un succès décisif, on invente une alerte», fait-il ainsi remarquer, notant que les forces gouvernementales étaient parvenues à libérer la quasi-totalité de la Ghouta orientale [4] ces dernières semaines.

La France qui se présente en sauveur du peuple syrien ? «De l’humour noir»

Dans cette crise, la position de Paris qui menace d’intervenir militairement [5] sur le territoire syrien ne surprend pas outre mesure l’ancien ambassadeur : «La France s’aligne toujours sur Washington, depuis des années déjà.»

Bien qu’elle soit sans surprise, Michel Raimbaud estime que cette position est toutefois «regrettable», d’autant que Paris est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et a donc le devoir en cette qualité de respecter la charte des Nations Unies.

On ne peut pas faire appel à des principes moraux quand on les viole continuellement, c’est immoral, littéralement

«C’est une des grande constatation de cette situation, le droit international est bafoué», note l’ancien diplomate qui rappelle que la France foule ainsi aux pieds la souveraineté des États, le principe de non-ingérence, le droit d’autodétermination des peuples et le droit des États à décider librement de leur régime politique sans intervention extérieure.

«Je trouve gonflé de dire que l’on a un devoir moral d’intervenir. On ne peut pas faire appel à des principes moraux quand on les viole continuellement, c’est immoral, littéralement», poursuit Michel Raimbaud. «Et c’est injuste, la Syrie ne nous a jamais attaqués. Ce n’est pas un agresseur, c’est nous qui l’agressons. Vouloir prendre un rôle pour aller sauver le peuple syrien, ça me paraît de l’humour noir», glisse-t-il encore.

Selon lui, la France a fait le choix de se placer dans «le camp de la guerre» en Syrie, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Turquie, mais aussi d’Israël et de ses alliés islamistes, l’Arabie Saoudite et le Qatar. «Il faut se réveiller parce que le monde est au bord de la guerre», prévient-il.

«Le néoconservatisme a investi l’État profond français»

L’ancien ambassadeur déplore par ailleurs le traitement médiatique de la crise en Occident. «Les médias occidentaux, c’est la ruine. Ils ont discrédité la profession dans leur grande majorité. Au bout de sept ans, ils font mine de ne rien avoir compris», lance-il sans ambages. Pourtant ils ne sont pas les seuls responsables de cette ruine dans le domaine public, selon lui : «Il y a les intellectuels aussi, à droite à gauche ils pensent la même chose. On a jamais vu un pareil unanimisme.»

Un phénomène qu’il attribut au néoconservatisme, importé des États-Unis. Né sous Reagan, le courant partagé autant par les Démocrates que les Républicains s’est accentué depuis la chute de l’Union soviétique et plus encore depuis les attentats du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, remarque Michel Raimbaud.

Les États-Unis mènent une guerre perpétuelle à la France et les Français ne le savent pas

«Le néoconservatisme a investi l’État profond non seulement en Amérique, mais aussi en France, au Royaume-Uni, dans tous les pays occidentaux où ils ont des succursales, et en Israel évidemment, qui est un pilier du pouvoir néoconservateur», analyse l’ancien ambassadeur.

Une influence américaine d’autant plus problématique que les États-Unis ne sont pas un allié de Paris : «François Mitterrand disait que les États-Unis mènent une guerre perpétuelle à la France et que les Français ne le savent pas. C’est une guerre impitoyable, de tous les instants, dans tous les domaines. Il s’agit de la mettre au pas.»


source/https://francais.rt.com/entretiens/49665-false-flag-paris-botte-neoconservateurs-ancien-ambassadeur-analyse-rt-crise-syrienne


FRANCE Michel-Raimbaud-20171125-1728x800_c  Michel Raimbaud

2-Syrie, non à la guerre des Trois (États-Unis, France, Grande-Bretagne)

Allons enfants…
Halte à la guerre infâme !

Paris, le 13 avril 2018.

Une guerre implacable, sauvage, meurtrière et destructrice, fait rage en Syrie depuis mars 2011. Devenue universelle grâce au renfort venu de 120 pays que l’Empire Atlantique a pu attirer dans sa galère, elle menace ces jours-ci de dégénérer en un conflit mondial au sens plein et entier du terme.

Beaucoup parmi les plus optimistes n’en sont plus à se demander si la guerre des Trois (États-Unis, France, Grande-Bretagne) aura lieu ou non, mais si elle s’allumera demain ou après-demain. On a beau en refuser la perspective tant elle heurte la raison, les réalités sont là. Il est évident que la nouvelle guerre froide que l’on a vu apparaître depuis une décennie entre l’Occident et ses complices d’une part, la Russie et ses alliés d’autre part, vire peu à peu à la guerre ouverte.

Si le monde arabo-musulman est le théâtre privilégié et l’enjeu géopolitique de cet affrontement global entre l’Empire Atlantique déclinant et l’Eurasie renaissante ou émergente, la Syrie en est l’épicentre, pour diverses raisons, géopolitiques et stratégiques notamment.

Dans nos « démocraties » occidentales qui unilatéralement se disent grandes, les « élites » qui ont soumis les populations à un lessivage de cerveau sans précédent font semblant de croire encore à la narrative mensongère, immorale et imbécile injectée depuis sept ans dans les méninges ramollies par le « mainstream » médiatique, universitaire et politique. Il serait étonnant que ces esprits pleins de morgue et de suffisance y croient vraiment : ce serait d’ailleurs inquiétant pour leur santé mentale. Écartant donc l’hypothèse, on retiendra plutôt qu’ils ont trouvé un fonds de commerce gratifiant dans cette gigantesque escroquerie intellectuelle et qu’ils ont réussi à l’acclimater sous nos latitudes où l’on se dit cartésien, puisqu’elle provoque si peu de réactions… Pour l’instant !

Si elles avaient une mémoire collective, les opinions se souviendraient du sort de l’Irak, de la Somalie, de la Libye…peut-être de l’ex-Yougoslavie, voire du Yémen où destructions et massacres se poursuivent sous l’égide de l’ami stratégique imprévu qu’est le jeune Mohammed Ben Salman, étreint avec effusion par notre ministre des affaires étrangères lorsqu’il débarque tel le Messie.

Elles reverraient Colin Powell brandissant ses fioles venimeuses et chimiques pour justifier une invasion de l’Irak et son démantèlement.

Pas de sa faute : il était, dira-t-il la bouche en cœur, mal informé par ses « services ». Mais les opinions « civilisées » (que l’on appellerait dédaigneusement « rues » si elles étaient « arabes ») sont anesthésiées par le flot de désinfo et de désintox, hébétées par les débats de société qui leur sont proposés ou imposés, toujours anecdotiques et marginaux.

La guerre ou la paix ? Bof. Quant aux élus, ils sont superbement ignorés : à quoi pourraient-ils servir ?

Frétillant comme son prédécesseur Hollande à l’idée de participer aux frappes contre la Syrie et le « régime de Bachar », Macron, qui réserve ses pensées complexes à son ami Trump, esprit bien connu pour sa subtilité, ose qualifier cette nouvelle attaque illégitime, arrogante et dépravée de « devoir moral ».

Devons-nous nous habituer à voir par les nuits sans lune nos dirigeants se tortiller sur leur fauteuil, le doigt sur le bouton et le petit doigt sur la couture du pantalon, attendant le feu vert des fous du Pentagone ou de la Maison-Blanche pour lancer leurs engins meurtriers sur la Syrie qui ne les a jamais agressés ?

Quelle sinistre comédie ! Comme si 400 000 morts, 13 ou 14 millions de réfugiés, exilés ou déplacés, un pays ravagé, ne suffisaient pas à combler le sens moral de ces hautes consciences.

Après sept ans de mensonges éhontés, de destructions systématiques, de méfaits innommables, peut-on vraiment dire que « le respect de l’autre » est une « valeur de l’Occident » ?

A la vue des séances consacrées à la Syrie et à l’audition des échanges qui les agrémentent, on peut dire que la prestation – navrante – du Conseil de Sécurité témoigne de la ruine globale du système international.

Adieu aux vagues espoirs que l’on pouvait nourrir quant aux capacités des Nations-Unies et à son instance suprême en matière de paix et de sécurité à imposer un ordre pacifique.

Les principes fondateurs du droit onusien, tels que les énonce la Charte fondatrice de San Francisco, ne sont plus ni respectés ni admis comme références par l’ensemble des États représentés à l’Assemblée Générale et certains des membres permanents du Conseil de Sécurité les bafouent sans même s’en cacher, ou les ignorent superbement.

Les Trois Occidentaux, qui osent s’identifier sans complexe à la « communauté internationale » alors qu’ils représentent 7 à 8% de la population mondiale, constituent en effet le corps de bataille du parti de la guerre et du chaos, leurs adversaires – Russie, Chine, Iran, Syrie, etc…– représentant sans ambigüité le camp de la légalité et du droit.

Au-delà du droit, c’est la diplomatie qui est en danger. Bien plus que le clivage Est/Ouest nouveau modèle, il faut incriminer la perte des us et coutumes, des pratiques, des normes et du langage de la diplomatie.

  • Comment justifier le honteux spectacle des représentants occidentaux maniant la menace, l’injure, le mensonge et les propos aberrants dans l’enceinte du Conseil, transformé en parterre d’enragés et de falsificateurs ?
  • Comment qualifier le grossier personnage élu par l’Amérique profonde et soutenu par son État profond dès lors qu’il bombarde ?

Elephantman dans un magasin de porcelaine, il incarne mieux que tout autre avant lui le système que suggéraient, il y a quasiment un demi-siècle, Nixon et Kissinger dans la théorie du Mad Man : l’Amérique doit compter parmi ses dirigeants des cinglés dont l’imprévisibilité sera de nature à terroriser ses ennemis. M. Trump tweete parmi nous.

La France ne vaut guère mieux. Elle fait partie de ces pays qui « prétendent dire le droit » tout en le violant à l’occasion, comme le reconnaissait implicitement son président en décembre dernier dans une interview à France 2. La voilà qui se joint au régime trumpiste criminel pour clamer qu’elle procédera à des frappes contre la Syrie, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité.

Alors que son siège permanent est lorgné par de grands amis comme l’Allemagne, ne risque-t-elle pas de perdre à jamais son statut « privilégié » en s’affichant ainsi prête à bombarder sans mandat un État-membre, après avoir contribué à sa destruction et tenté de renverser son président légitime ?

Ne scie-t-elle pas la branche sur laquelle elle est majestueusement assise, cette France qui naguère tenait la Charte onusienne pour une Bible et fondait sa diplomatie sur la légalité internationale, et qui désormais en bafoue régulièrement les principes majeurs : égalité souveraine des États, non-ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et droit des États à choisir leur régime politique sans ingérence étrangère ? Cette France que l’on écoutait souvent, la « trouvant juste même lorsqu’elle se montrait injuste ».

Revenons aux fondamentaux. Malgré la phrase sacro-sainte qui, en Occident et dans notre Hexagone, sert de gilet pare-balle aux mieux intentionnés, rappelons que Bachar Al Assad, président légitime d’un pays en guerre, sans qui la Syrie ne serait plus qu’un souvenir, fait seulement son devoir.

On servirait moins souvent la rengaine qu’il n’est « pas irréprochable » si l’on posait la question de l’honorabilité de ses ennemis ou détracteurs, qu’ils soient sauvages ou mal dégrossis, ou délicats et donneurs de leçons.

  • Irréprochables, les dirigeants des « grandes démocraties » ?

  • Irréprochables, ceux qui soutiennent l’insoutenable et en masquent l’horreur ?

  • Irréprochables ces retraités aveugles, sourds et muets quant aux crimes inscrits à leur palmarès ?

Nos présomptueux dirigeants qui n’ont cessé de jouer avec le feu et sont responsables de l’embrasement, ne s’émeuvent pas pour autant, sûrs de leur bon droit et de leur aptitude à gérer les évènements entre affinitaires de belles manières.

Si nous l’ordonnons, pensent ces va-t-en guerre qui adorent les ordonnances, il faudra bien que la piétaille des braves gens se mette en marche, au pas cadencé, avec tambour et trompette.

C’est le métier de la France d’en bas d’obéir sans broncher à celle d’en haut, pensent-ils. Eh bien non ! Il faut leur donner tort.

La France est partie prenante dans la nouvelle agression qui se prépare. Si par grand malheur elle est lancée, nul n’en connaît les suites. Il y aura des représailles et nous ne serons pas épargnés. « Pourquoi nous ? » ou « nous ne savions pas » seront de piètre utilité.

Réveillons-nous car il se fait tard.

Michel Raimbaud


source/http://newparadigm.schillerinstitute.com/fr/media/michel-raimbaud-in-syria-and-elsewhere-against-the-war-party-and-the-law-of-the-jungle-rebuild-peace-in-accordance-with-law/


Livre « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » réédité

Publié par: Michel Raimbaud*le: 07 février, 2017

 

livre michel raimbaud la_deuxieme_edition-3cde4Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui s’intéressent aux peuples arabes et/ou musulmans, à leur histoire et leur avenir. Mettant en évidence la vérité profane et politique des évènements actuels et le versant fallacieux de l’appel pseudo-religieux qui les inspire, il vise également un public bien plus large, celui des personnes désireuses de déchiffrer et de démystifier ce vieux monde où l’on sème si facilement la mort et la destruction au nom du Bien, si ce n’est au nom de Dieu.

 

Il y a deux ans paraissait aux Editions Ellipses « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », ce Grand Moyen Orient qui, ayant pris de l’extension au gré des pulsions américaines, s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie, sur plus de 50 degrés de latitude. En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie autant que par sa richesse en gaz et pétrole, mais également parce qu’elle allie à sa diversité culturelle une certaine unité religieuse et civilisationnelle, cette immense « ceinture verte » islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain : sera-t-il unipolaire, aux ordres de l’Occident comme il l’a été depuis la fin de la guerre froide, ou multipolaire comme le préconisent les émergents ? Telle est la question posée.

Les « révolutions arabes » s’inscrivent dans cette problématique planétaire. La « démocratisation » à la mode Bush n’est évidemment qu’un grossier prétexte pour faciliter la réalisation du rêve des stratèges neo-cons américains : remodeler le Grand Moyen-Orient en y cassant les Etats modernes, notamment les Etats-nations à forte identité, afin de le réduire à un patchwork d’entités confessionnelles ou ethniques, de manière à ce que l’Amérique s’en assure le contrôle stratégique et qu’Israël, pilier essentiel de la doctrine neocon, y garde la prééminence sur tous les plans.

Pourquoi crier au conspirationnisme ? Il s’agit tout simplement d’un grand dessein annoncé urbi et orbi par ses promoteurs depuis des lustres, un dessein qui d’ailleurs a trouvé de nombreux complices dans le monde arabe, notamment dans la mouvance islamiste qui a cru tenir une occasion historique d’imposer sa vision politico-religieuse. D’où l’attelage étrange que nous voyons à l’œuvre, réunissant deux alliés de circonstance (mais non contre-nature) qui peinent à regarder dans la même direction, tant leurs messianismes concurrents, celui de l’occident impérial et celui de l’islam sunnite radical, tirent à hue et à dia, tout en visant des objectifs identiques à court ou moyen terme. Pour les Etats et les peuples plongés dans ce tumulte infernal, mais qui refusent de se soumettre à l’arrogant Occident et à l’option obscurantiste des islamistes fanatiques, il n’est pas d’autre choix que de se joindre au camp de la résistance arabe et/ou musulmane, dont les pays émergents sont les alliés naturels.

En septembre 2014, date à laquelle était bouclée la rédaction de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », il semblait possible d’évoquer, malgré une conjoncture qui à première vue interdisait toute issue prévisible, le début de la fin d’une époque et l’amorce d’un basculement de l’ordre du monde.

Beaucoup de sang a coulé depuis lors, les destructions se poursuivent, les ruines s’accumulent. Cependant, bien qu’ils justifient une remise à jour, les multiples développements survenus ne conduisent pas à mettre en veilleuse l’approche générale d’un monde arabo-musulman, enjeu, théâtre et acteur collectif, au centre de la confrontation planétaire opposant l’Empire Atlantique, « maître du monde » de droit divin, à l’immense bloc eurasien et ses alliés qui disputent au nouveau peuple élu l’hégémonie acquise à la faveur de la chute de l’URSS. Ils s’inscrivent au contraire parfaitement dans le schéma précédemment retenu.

Enrichie dans son contenu, la deuxième édition remise à jour intègre donc les évènements enregistrés jusqu’au 31 décembre 2016. Il ne s’agit pas d’une version « corrigée ». En effet, la thèse qui sous-tend « Tempête sur le Grand Moyen Orient » est plus que jamais à l’ordre du jour. Parfois jugée hétérodoxe sinon hérétique en 2014, elle a acquis droit de cité, car elle met en lumière et en perspective la logique profonde des évènements et l’ébranlement géopolitique qui se produit sous nos yeux, à savoir la perte par l’Occident de son hégémonie globale sur la planète. On peut certes discuter cette vision, voire la refuser, mais il n’est plus possible de la balayer d’emblée d’un revers de main.

Sans vouloir en faire un logiciel divinatoire, elle autorise à relativiser l’imprévu, celui notamment que constitue l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche. Bien qu’il se vante d’avoir gagné contre les Establishments, l’imprévisible Donald se pose en héritier de la « révolution » de Reagan, qui porta le néo-conservatisme sur les fonds baptismaux, et il prêche le retour aux sources du messianisme « chrétien » des pères fondateurs : avec un tel pedigree, peu probable qu’il bouscule ce qui est devenu la doctrine quasi-exclusive des faucons occidentaux, droite et gauche confondues et la stratégie qui en découle.

« C’est Trump qui devra faire avec, est-il écrit à la page 687 de l’ouvrage. L’Amériquede « l’État profond », sous la botte du « complexe militaro-industriel » dénoncé par Eisenhower, du « parti de la guerre » qui n’appréciait pas la diplomatie apaisante de Jimmy Carter (futur Nobel de la Paix en 2002) ou du « think tank collectif » qui aurait fait souffrir Obama, n’a probablement pas d’alternative au choix stratégique et géopolitique des néocons ».

Trump, qui mettra en œuvre le « chaos constructeur » selon les règles de la « théorie du fou », prétend s’affirmer comme « le plus grand président que l’Amérique ait connu. Il sera sans doute, si Dieu lui prête un ou deux mandats, l’avatar le plus achevé du néoconservatisme. Ce ne sont pas ses premiers pas ou ses premiers choix qui auront démenti cette affirmation.

Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui s’intéressent aux peuples arabes et/ou musulmans, à leur histoire et leur avenir. Mettant en évidence la vérité profane et politique des évènements actuels et le versant fallacieux de l’appel pseudo-religieux qui les inspire, il vise également un public bien plus large, celui des personnes désireuses de déchiffrer et de démystifier ce vieux monde où l’on sème si facilement la mort et la destruction au nom du Bien, si ce n’est au nom de Dieu.

* Michel Rimbaud, ancien ambassadeur français dans le monde arabe, en Afrique et en Amérique latine. Ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Il est actuellement conférencier en relations internationales à Paris.

Tempête sur le Grand Moyen-Orient – 2e édition enrichie et remise à jour, Editions Ellipses, Paris

http://www.editions-ellipses.fr/product_info.php?products_id=10119

Livre « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » réédité


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s