2694 – Europe… choc des civilisations entre l’est et l’ouest & Vers une Europe illibérale?

  1. Europe: choc des civilisations entre l’est et l’ouest [Le point de vue de CL]
  2. Vers une Europe illibérale?

Note Sans a Priori… il semble nécessaire de savoir ce que veut dire « l’illibéralisme »… déjà pour savoir si on en fait parti ou non … par ailleurs une petite chose me gêne … la sempiternelle référence à Montesquieu –  car il me semble que c’est la Lex anglo-saxonne qui nous régi par le biais de Bruxelles … nos parlements ne font qu’obéir à la Commission …. Est-ce une erreur ?

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  1. Europe: choc des civilisations entre l’est et l’ouest [Le point de vue de CL]

Par charentelibre.fr, publié le , modifié .

Le Hongrois Viktor Orban en est le symbole. Sa réélection probable demain pour quatre années en est le symptôme. La fracture politique entre l’Europe de l’Ouest et l’Est ne cesse de grandir, bien plus profonde qu’une opposition économique entre mondialisation et protectionnisme.

Sur fond de crise migratoire, la vague identitaire prospère au-delà des frontières de l’ex-bloc soviétique pour atteindre celles d’Italie ou d’Allemagne. Au point d’assister à un «choc des civilisations» au sein même de l’Union, à un an des élections européennes?

Si l’on reprend la définition de Samuel Huntington, l’auteur de cette thèse il y a 25 ans,

«les conflits les plus étendus, les plus importants, et les plus dangereux, n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles».

Avec une grande différence dans le cas européen: ce n’est pas la religion qui divise les blocs mais le rapport à la démocratie.

  • A l’ouest, elle apparaît comme acquise et l’exemple à suivre.
  • A l’est, elle est vécue comme tellement fragile après 70 ans de communisme qu’elle peut être limitée (ou illibérale) au nom de la défense de la culture nationale.

Dans ce contexte, la question migratoire et par extension celle de l’islam est un moyen politico-électoral agité pour mener à bien «la contre-révolution culturelle». Celle prônée par Viktor Orban ou son homologue polonais, salué par Trump lors de sa visite à Varsovie comme «le combattant pour la famille, la liberté, la patrie et Dieu».

Avec l’objectif non pas de se protéger de la civilisation occidentale et son multiculturalisme mais de la remplacer, d’être «l’avenir de l’Europe» selon l’expression du Hongrois. Les résultats électoraux de ces derniers mois tendent à lui donner raison. Sur quinze pays de l’Europe de l’est, sept sont gouvernés par les «illibéraux».

Logique dans ces conditions de ne pas quitter l’Europe – et ses milliards d’aides – malgré les menaces de Bruxelles pour des atteintes à l’indépendance de la justice ou la liberté de la presse.

Comme si le projet européen originel devenu trop flou laissait la porte ouverte à toutes les peurs. Au risque de laisser à terme Viktor Orban et ses alliés réussir leur propre grand remplacement.


SOURCE/ http://www.charentelibre.fr/2018/04/06/europe-choc-des-civilisations-entre-l-est-et-l-ouest-le-point-de-vue-de-cl,3235530.php


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2.Vers une Europe illibérale?

OPINION. Partout en Europe, des mouvements partisans d’un conservatisme nationaliste ou d’une forme de populisme anti-européen ont connu de notables succès électoraux ces dernières années. Or, ils influent négativement sur l’ensemble des courants et des pratiques politiques

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Par Nathalie Maillard Romagnoli, enseignante de philosophie, Genève Alain Boyer, enseignant de philosophie et d’histoire, Genève – Publié mardi 31 octobre 2017


Un spectre hante l’Europe: le spectre de l’illibéralisme.

Dévoyant la démocratie libérale par l’invocation constante et très opportuniste du «peuple», il met en danger le patrimoine du libéralisme constitutionnel.

Au fil des siècles, ce dernier s’est formé en étendant progressivement la protection des droits et libertés fondamentales par la limitation et le contrôle sous diverses formes du pouvoir de l’État. Conçu à l’origine comme un frein face à la tentation absolutiste, il est aujourd’hui menacé par la démocratie dénaturée.

Socle libéral de la démocratie en péril

Partout en Europe, des mouvements partisans d’un conservatisme nationaliste ou d’une forme de populisme anti-européen, voire xénophobe ou même raciste, ont consolidé leur popularité et même connu de notables succès électoraux ces dernières années. Or, ils influent négativement sur l’ensemble des courants et des pratiques politiques en Europe et au-delà.

Avec en sus l’élection de Donald Trump, la dérive autoritaire de Recep Tayyip Erdogan et l’interventionnisme délétère de Vladimir Poutine, le socle libéral de la démocratie semble d’autant plus mis en péril.

Mais qu’y a-t-il à perdre à cette régression? Les «réalisations» et la rhétorique des partisans les plus radicaux de ce qu’ils nomment eux-mêmes une «contre-révolution», tels Viktor Orban en Hongrie ou Jaroslaw Kaczynski en Pologne, peuvent nous en donner une idée.

Leurs attaques contre les principes les plus élémentaires d’un libéralisme politique apparu dès le XVIIe siècle en Angleterre donnent par ricochet l’occasion de relever leur prix.

Cependant, les pays et les leaders du groupe de Visegrad ne sont pas seuls en cause, tant s’en faut. Par exemple, les vicissitudes de la vie politique italienne de l’époque des gouvernements Berlusconi l’ont bien montré.

Berlusconi comme précurseur

Pour prendre la mesure de la menace, relevons tout de même les principales atteintes illibérales des gouvernements les plus réactionnaires d’Europe, imités ici ou là par des leaders populistes lorsqu’ils en ont l’occasion. Clé de voûte des institutions libérales, la séparation des pouvoirs, formulée au XVIIIe siècle par Montesquieu, est mise à mal par des réformes constitutionnelles ou, de facto, en violant l’esprit des institutions en vue de concentrer le pouvoir plutôt que de le limiter en le divisant.

Des lois sur mesure

Cela entraîne des atteintes manifestes et réitérées à l’indépendance de l’institution judiciaire. Les juges qui font leur travail honnêtement, comme c’était le cas en Italie, sont alors présentés comme les ennemis du «peuple», celui-ci étant appelé à se ressaisir d’un pouvoir dévoyé. Dans les faits, c’est bien sûr, selon le cas, au profit de l’exécutif, de son chef charismatique ou du parti dominant.

A cela s’ajoutent bien souvent la corruption et des lois sur mesure (pensons à Berlusconi encore!).

Au final, c’est l’Etat de droit patiemment construit au fil des siècles au moins depuis les dispositions de l’habeas corpus (1679) ou de la Déclaration des droits (1689) en Angleterre qui est ébranlé.

Leader charismatique et parlement monocolore

Par ailleurs, la primauté du parlement défendue par John Locke dans son célèbre Second Traité du gouvernement civil (1690) à l’issue de la Glorieuse Révolution anglaise (1688) est remise en question par le rôle d’un leader charismatique appuyé par un parlement très largement monocolore. En outre, l’importance décisive du pluralisme et la valeur du débat démocratique au parlement comme dans la sphère publique sont, dès lors, largement minorées.

Il s’agit simplement de «fabriquer» le consentement du peuple par un recours très unilatéral aux médias pour mettre en avant des thèmes porteurs tels que la lutte contre l’immigration ou toute autre prétendue «urgence du moment».

Le recours par le président Macron aux ordonnances pour court-circuiter les débats sur la réforme du Code du travail ne donne pas le bon exemple

Là encore, les pays de l’Ouest européen ne sont pas en reste: le recours par le président Macron aux ordonnances et, avant lui, par Hollande à l’article 49.3 de la Constitution pour court-circuiter les débats au parlement et dans l’opinion sur la réforme du Code du travail ne donne pas le bon exemple.

De plus, mal qui ne concerne pas non plus que l’Europe centrale, la liberté d’expression et des médias est en danger. Cela passe par une trop banale concentration dans le secteur des médias ou, pire, par une prise de contrôle étatique même si elle reste plutôt indirecte.

Le libéralisme est d’abord politique

Depuis le XVIIe siècle, la tolérance et par prolongement le respect des droits des minorités sont devenus l’un des éléments clés de la tradition libérale.

S’ils restent au cœur du discours public au moins en Europe de l’Ouest, ils n’ont pas pour autant mené à des politiques à la hauteur du défi soulevé par la vague migratoire dès 2015, si ce n’est en Allemagne.

Bien au contraire, c’est trop souvent l’escalade anti-immigrés qui prévaut sur le plan du discours comme de l’arsenal législatif. La criminalisation des migrants porte pourtant atteinte à leur liberté de mouvement et entre en conflit avec le souci libéral de limiter le pouvoir de l’État en évitant d’étendre inutilement le nombre et la portée de lois répressives.

Causes libérales

En opposition à ces dérives illibérales, tout citoyen peut se considérer comme un libéral au sens politique du terme (et non économique) s’il accorde une priorité décisive à des valeurs et des principes tels que l’État de droit, la séparation des pouvoirs et plus spécifiquement l’indépendance de la justice, le gouvernement représentatif et la primauté du législatif, la liberté d’expression et des médias, un forum de débat public ouvert et non manipulé par des fins particulières, la tolérance, la non-discrimination et les droits des minorités, la séparation des Églises et de l’État et enfin un recours au droit à des fins de répression réduit au minimum indispensable.

S’il n’existe et n’existera jamais de définition univoque et qui fasse l’unanimité du terme «libéral», ce sont là indéniablement et de longue date des «causes libérales». Toute atteinte réitérée à plusieurs d’entre elles fait glisser une personnalité politique, un parti, un gouvernement, voire un régime, vers leur envers, à savoir l’illibéralisme.

En dépit des ultralibéraux

En Europe continentale, l’antilibéralisme n’a rien d’une nouveauté. Il s’alimente à une longue tradition réactionnaire ou plus banalement conservatrice qui remonte au moins au rejet des Lumières par les réactionnaires de la fin du XVIIIe siècle comme aux luttes politiques du XIXe siècle opposant conservateurs et libéraux.

La confusion si courante entre libéralisme politique et libéralisme économique qui relèvent, comme le soulignait John Stuart Mill, de principes différents et indépendants – quoi qu’en disent les ultralibéraux contemporains –, a encore étendu le cercle des antilibéraux à une bonne partie de la gauche.

Pourtant, toutes celles et ceux qui accordent du prix à ce qu’il est convenu d’appeler ce libéralisme constitutionnel (ou politique) devraient s’élever pour le défendre sans se laisser déconcerter par les invocations illibérales à la souveraineté d’un «peuple» mythifié et manipulé.



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Illibéralisme … Extraits de wikipédia

L’illibéralisme est, selon Pierre Rosanvallon, « une culture politique qui disqualifie en son principe la vision libérale. Il ne s’agit donc pas seulement de stigmatiser ce qui constituerait des entorses commises aux droits des personnes, marquant un écart plus ou moins dissimulé entre une pratique et une norme proclamée. Le problème est plus profondément de comprendre une étrangeté constitutive »1.

 

Théorisation dans les années 1990

Le terme est utilisé dans les années 1990 par Pierre Rosanvallon et Étienne Balibar, dans le domaine philosophique2. Pierre Rosanvallon caractérise notamment la culture politique française comme illibérale, dont le bonapartisme est selon lui « la quintessence » : « C’est en effet en lui qu’ont prétendu fusionner le culte de l’État rationalisateur et la mise en scène d’un peuple-Un. Le bonapartisme est aussi pour cela la clef de compréhension de l’illibéralisme français. Il le radicalise, en effet, d’une certaine manière, en mettant brutalement à nu ses ressorts les plus profonds »1.

Le terme est habituellement utilisé dans la littérature scientifique anglo-saxonne3. Il est précisé et introduit dans le débat politique et journalistique en 1997 par Fareed Zakaria2 : celui-ci relève alors que « des régimes démocratiquement élus, qui ont souvent été réélus ou réaffirmés à travers des référendums, ignorent de façon routinière les limites constitutionnelles de leur pouvoir et privent leurs citoyens des droits et libertés fondamentales » ; il met en évidence l’émergence de la « démocratie illibérale » « du Pérou à l’Autorité palestinienne, du Sierra Leone à la Slovaquie, du Pakistan aux Philippines »4.

Émergence dans les années 2010

Hongrie et Pologne

En 2014, Viktor Orbán, Premier ministre hongrois depuis 2010, affirme dans un discours vouloir construire « un État illibéral, un État non libéral. Il ne nie pas les valeurs fondamentales du libéralisme comme la liberté, etc. Mais il ne fait pas de l’idéologie un élément central de l’organisation de l’Etat. Il applique une approche spécifique et nationale ». Il appelle à « comprendre des systèmes qui ne sont pas occidentaux, qui ne sont pas libéraux, qui ne sont pas des démocraties libérales, peut-être même pas des démocraties. Et qui pourtant font le succès de certaines nations », citant Singapour, la Chine, l’Inde, la Turquie et la Russie5,6.

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2015 de Droit et justice, dirigé par Jarosław Kaczyński, la Pologne est également caractérisée comme illibérale et proche de l’orientation hongroise7,8,9.

Dans ses vœux à la presse du 4 janvier 2018, Emmanuel Macron consacre une partie de son discours à souligner le clivage qui s’installe, selon lui, au sein de l’Union européenne, entre les démocraties libérales et illibérales. Il vise ainsi la Pologne et la Hongrie, mais aussi l’Autriche qui a plus récemment porté à sa tête une coalition conservatrice incluant le Parti de la liberté d’Autriche, généralement classé à l’extrême droite par les commentateurs politiques2,10.

Pour Ludovic Lepeltier-Kutasi, « l’illibéralisme sonne davantage comme un concept publicitaire que politologique, dans la mesure où il a été inventé de toutes pièces par les communicants de Viktor Orbán à un moment où celui-ci commençait à s’enliser dans une impopularité due à l’échec de sa politique économique et sociale et à l’éclatement de nombreuses affaires de corruption. […] Il a permis de transformer le chef d’un gouvernement banalement de droite, d’un petit pays sans véritable rôle géopolitique, en un gourou new age façon Don Quichotte, luttant avec grand bruit – mais sans réelle conséquence en vérité – contre des menaces imaginaires. « Réactionnaire » et « conservateur » suffisent largement à qualifier la réalité de l’horizon politique et idéologique du Fidesz au pouvoir en Hongrie, dans la mesure où l’opposition viscérale aux valeurs dites « progressistes » en reste l’un des principaux marqueurs »11.

États-Unis

En 2016, après la victoire de Donald Trump lors de l’élection présidentielle américaine, Fareed Zakaria se dit inquiet de la possible « montée de la démocratie illibérale aux États-Unis »12.

Roumanie

Pour le politologue Cristian Pîrvulescu, les mouvements de protestation qu’a connus la Roumanie au début de l’année 2017 répondent à une dérive illibérale du régim



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