2551 – Russie … Sergueï Lavrov répond à 50 questions… et se découvre …

Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour l’émission « Les personnalités avec Naïlia Asker-Zade » sur la chaîne Rossiya 1, Moscou, 11 février 2018

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Note Sans a priori … Interview qui sort « des sentiers battus » et qui aborde à partir de la question 26 sa vision sur son « métier de diplomate », la psychologie dans les entretiens, ses souvenirs, ses débuts (savoir manger en tout en traduisant) et en final son regard sur les relations internationales … Beau métier ! 

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11 février 2018  16:57

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Question: Nous nous rencontrons à la veille de la Journée du diplomate. Le Ministère des Affaires étrangères a-t-il des traditions liées à cette fête?

Sergueï Lavrov:Oui, chaque année le 10 février – et la veille si c’est un jour férié – nous organisons une soirée solennelle pour récompenser les diplomates émérites pour l’année écoulée, notamment avec des prix gouvernementaux et étatiques.
Ce jour-là est généralement publié un décret du Président pour désigner les lauréats des Ordres et d’autres prix gouvernementaux.
Évidemment, nous invitons nos vétérans. Après la réunion solennelle nous avons un échange informel, un banquet pendant lequel nos vétérans se souviennent chaleureusement du passé et donnent des conseils aux jeunes. C’est toujours un événement corporatif dans une ambiance très « maison ». Bien sûr, dans nos établissements diplomatiques à l’étranger et dans les différentes régions de Russie se déroulent aussi des réunions solennelles et d’autres activités avec l’invitation d’étrangers, du corps diplomatique et des représentants du pays d’accueil.

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Question: Je voudrais parler des relations russo-américaines. Vous figurez dans le « rapport Kremlin »: votre nom figure au numéro 65. Pour la première fois, un ministre des Affaires étrangères en exercice se trouve sur une liste noire. Quel était leur objectif?

Sergueï Lavrov: Honnêtement, je suis complètement indifférent par rapport à ce qui se passe aujourd’hui autour de ce « rapport Kremlin », ainsi qu’à tout le reste lié à ce qu’on appelle le « dossier russe » à Washington.
Le rapport et les listes mentionnées sont ridicules. Il était possible de les constituer en une demi-heure. Je suis du même avis que l’ex-Ambassadeur des USA à Moscou Michael McFaul, qui a déclaré que son expert aurait pu imprimer en une demi-heure les annuaires téléphoniques du gouvernement russe et de l’Appareil présidentiel, et relever les noms russes du classement Forbes.

RUSSIE USA l'ex-Ambassadeur des USA à Moscou Michael McFaul, 1029160455 l’ex-Ambassadeur des USA à Moscou Michael McFaul,

Au début, j’avais une sensation très lourde quand tout cela a commencé. Je n’en croyais pas mes yeux ni mes oreilles étant donné que je connaissais personnellement et que je communiquais avec de nombreux responsables de l’administration et du Congrès à Washington.

Ce sont des gens assez sérieux, intelligents et responsables.

Il était effarant pour moi que cette psychose les ait privés de toute once de raison. Cette tendance dure depuis plus d’un an et j’ai progressivement perdu de l’intérêt pour ce sujet. Je la suis parce qu’il faut connaître les faits dans le cadre de mon travail et de mes obligations, mais j’ignore quoi en faire. Je lis les articles de vos collègues qui disent qu’il faut trouver une issue à cette impasse.

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Dmitri Peskov

Dmitri Peskova qualifié nos relations d' »effondrement » – il y a bien d’autres synonymes. Mais quand on nous appelle à chercher des solutions « créatives » pour sortir de cette situation, je peux dire avec responsabilité que nous avons cherché de telles solutions, que nous le faisons et que nous continuerons de le faire.

Nous avons proposé à plusieurs reprises des choses concrètes à nos partenaires américains.

Dans le cadre de mes contacts réguliers avec Rex Tillerson, nous avons transmis nos propositions pour nous éloigner progressivement de cette ligne dangereuse et assez ridicule. Dans la plupart des cas nous ne recevons pas de réaction.

Seule exception positive: le travail professionnel qui avance très bien sur la garantie des annexes au Traité de réduction des armes stratégiques.

Le 5 février 2018, nous devions certifier la mise en œuvre de ce Traité par les deux pays. Cette certification a eu lieu. Sachant que les parties ont exprimé leur disposition réciproque à poursuivre les consultations professionnelles et techniques afin d’élucider les questions qui surviennent sur telle ou telle partie du Traité.

Il y a encore d’autres exemples.

Nous travaillons bien en Syrie au niveau de nos militaires pour la prévention des incidents imprévus et non prémédités. Mais pas seulement.
Il y a également des signes qui indiquent que les USA, comprenant la situation réelle en Syrie, sont prêts à entendre et à essayer de tenir compte des approches que nous promouvons dans le cadre du travail que nous menons sur invitation du gouvernement légitime syrien.
Il y a aussi un contact sur les problèmes syriens, sur les problèmes de la région au niveau des ministères des Affaires étrangères.
Mais quand on parle de retour à la « normalité » de nos relations dans l’ensemble, nous entendons de la part des Américains qu’ils y sont prêts mais que nous devons faire le premier pas, que nous devons « nous repentir ».
C’est devenu systématique. Nous devons « nous repentir » du point de vue de l’Agence mondiale antidopage (AMA) qui est également dirigée par des représentants américains, britanniques et anglo-saxons.

Et nous devons « nous repentir » de tous les autres cas.

C’est alors que nos partenaires occidentaux accepteront généreusement de revenir progressivement à la « normalité ».
Mais ils refusent absolument d’accepter le fait objectif qu’il n’existe pas de situation où seulement une partie fait une erreur et toutes les autres sont complètement innocentes. Je ne veux pas dire que nous sommes innocents. Mais en toute circonstance liée à l’évolution de la crise nous proposons constamment des solutions concrètes pour sortir des impasses.

C’était également le cas en ce qui concerne la mise en œuvre des Accords de Minsk.

UKRAINE RUSSIE au format Kurt Volker-Vladislav Sourkov, resize_vrxzWjtJFy1qIiOwCpdA9E2TYnLDeGVk_980x590  Kurt Volker and Vladislav Surkov in Belgrade 

D’ailleurs, je suis satisfait de l’établissement d’un contact entre les représentants de la Russie et des USA pour l’Ukraine au format Kurt Volker-Vladislav Sourkov, qui se sont rencontrés une nouvelle fois récemment. Je dirais que le résultat n’est pas désespéré. Ils sont convenus de poursuivre ces conversations.
Par conséquent, nous sommes ouverts à tout format acceptable pour les Américains sur une base équitable et sans conditions préalables du genre « repentez-vous pour l’ingérence dans nos affaires intérieures et les élections, et ensuite nous commencerons à discuter ».

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Question: Peut-être provoque-t-on la Russie spécialement pour qu’elle lance une riposte?
Sergueï Lavrov: Je pense qu’ils voudraient déclencher des actions brusques et nerveuses de la Russie. Nous avons cependant une politique mesurée, qui a été définie par le président et évite les improvisations et impromptus de ce genre. Elle est tout à fait cohérente.
Nous l’avançons indépendamment de la conjoncture actuelle en nous basant sur la nécessité de créer les conditions les plus avantageuses possibles pour notre développement intérieur du point de vue de la sécurité, du travail de nos opérateurs économiques, de la sécurité économique et de la non-discrimination envers nos citoyens à l’étranger.
Certains veulent probablement provoquer de notre part des actions qui leur permettraient de renforcer la pression des sanctions et d’introduire d’autres mesures coercitives – mais de toute façon cette pression ne cesse de se renforcer même sans aucune action brusque de notre part.

Voilà une autre raison de s’étonner des compétences de ceux qui avancent la multiplication irréfléchie des sanctions.

A mon avis, des personnes qui connaissent les affaires internationales et la vie en général auraient dû comprendre depuis longtemps l’inutilité des tentatives de changer notre politique à l’aide des sanctions. Nous sommes toujours prêts à résoudre dans le cadre du dialogue les questions posées par nos partenaires du point de vue de leurs intérêts légitimes.

Mais, comme le disent les Américains, le tango se danse à deux. C’est la même chose avec les négociations. Elles exigent deux participants.

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Question: L’année dernière, on disait que nos relations avaient touché le fond, voire l’avaient percé. Quelle est l’étape suivante?
Sergueï Lavrov: Je ne vais pas parler de « fond ». C’est une image très populaire.
Au lieu de supposer, il vaut mieux mener sa propre politique ouverte et honnête qui ne vise pas la punition mais l’unification des pays capables de résoudre de manière réelle et efficace les problèmes mondiaux, notamment de lutter contre le terrorisme et d’autres menaces globales telles que le trafic de stupéfiants, le crime organisé ou l’immigration illégale.
Il s’agit d’une masse de problèmes qui n’ont aujourd’hui aucune frontière dans le monde et qu’on ne peut pas mettre dans une cage pour que les autres, ceux qui se trouvent hors de cette cage, puissent se réjouir que ce problème ne les concerne pas.

C’est impossible. Il n’existe aucune frontière.

On ne peut donc combattre cette tendance que de manière commune. C’est exactement l’objectif de notre politique. Nous sommes toujours en mesure de défendre tous les aspects de notre activité internationale. Nous n’avons aucun projet secret. Toutes nos actions sont ouvertes et s’appuient sur le droit international et la Charte de l’Onu.

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Question: Il y a un important décalage horaire entre Moscou et Washington. Vous réveillez-vous sans problème le matin? N’êtes-vous pas préoccupé par les événements qui auraient pu se passer en Amérique pendant la nuit?

Sergueï Lavrov: De quoi devrais-je m’inquiéter? Dès le matin je regarde, écoute et lis les actualités. Dans la plupart des cas les événements sont prévisibles. Des indices les suggèrent par avance.

Il y a parfois des surprises, mais elles sont très rares.

Par exemple, j’ai été agréablement surpris par la décision du Tribunal arbitral du sport de légitimer nos athlètes. Mais ensuite on a constaté les propos tout à fait attendus des dirigeants de l’AMA et de l’agence antidopage américaine qui ont considéré ce verdict comme révoltant, et affirmé qu’il jetait une ombre sur tous les sportifs « propres », qu’il torpillait les principes olympiques.

Vous savez, ces gens ne peuvent même pas retenir leur émotions négatives et hostiles.

Ce faisant, ils se révèlent. Si le dirigeant de l’agence antidopage critique de manière aussi nerveuse la décision du tribunal, qui est considérée comme sacrée aux États-Unis, cela démontre que toute cette affaire – malgré les faits négatifs que nous avons en effet constatés chez certains sportifs russes – a des fondements purement politiques et vise à dénigrer la Russie à l’aide du mouvement olympique.

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Question: L’accord sur le dossier iranien pourrait-il être mis en œuvre, notamment par nos partenaires d’Europe occidentale, dans la mesure où les USA y ont renoncé?
Sergueï Lavrov: Les Américains n’y renoncent pas vraiment, mais exigent plutôt de le revoirce qui est absolument irréaliste.

Les États-Unis ont pourtant imposé cet objectif aux participants européens à l’accord, notamment à la Grande Bretagne, à la France et à l’Allemagne.

Ces pays devraient coopérer avec Washington sur cette question. Ainsi, les trois États européens participant à l’entente ont consenti à créer avec les États-Unis un groupe de travail, tout en soulignant qu’ils étaient contre toute modification du texte de l’accord, mais qu’ils étaient prêts à examiner d’autres préoccupations concernant l’Iran.
  • Il s’agit tout d’abord de son programme de missilesqui n’est pas interdit –,
  • du respect des droits de l’homme dans le pays et de la conduite iranienne dans la région – c’est-à-dire de la prétendue influence négative de Téhéran sur telle ou telle situation de conflit.

Personne n’a invité la Russie ou la Chine à prendre part à ce travail, bien qu’elles aient participé à l’accord.

Je doute que nous aurions répondu présents, mais nous n’avons reçu aucune invitation.
Nous aurions refusé cette logique parce que l’accord signé avec l’Iran en 2015 a été confirmé par une résolution unanime du Conseil de sécurité et est rigoureusement appliqué par la partie iranienne.

La vérification de l’entente est assurée par l’AIEA.

Son directeur général rapporte tous les trimestres que l’Iran remplit tous ses engagements de manière irréprochable. Selon le dicton américain: « Si ça fonctionne, il ne faut pas réparer ». Cet accord « fonctionne », il est très efficace.
On tente pourtant de le « réparer » et même de le casser avant de lancer les « réparations ». Ce qui n’est pas bon.

Si certains veulent évoquer le programme de missiles: allez-y.

Ceux qui soulignent le caractère déstabilisateur des projets balistiques de l’Iran doivent avancer des arguments réels. L’Iran est loin d’être le seul pays qui développe un programme balistique.

D’autres pays de la région ont les mêmes projets.

Il faut analyser la situation de manière complexe. Je doute qu’il soit juste de mettre sur le même plan le dossier nucléaire et les droits de l’homme, ni d’affirmer que l’Iran doit cesser telle ou telle activité dans la région. L’Iran est un pays influent. Tout comme ses voisins – l’Arabie saoudite voire le Qatar qui est relativement petit – il a ses propres intérêts et ses relations internationales dans la région.

A mon avis, ces actions américaines s’inscrivent dans une approche globalement discriminatoire, peu objective et excessivement exigeante.

Nous avons présenté une alternative à plusieurs reprises. Il s’agit de commencer à bâtir des ponts entre les pays arabes du Golfe et l’Iran.
Tout comme dans le cas du processus d’Helsinki – le processus paneuropéen de renforcement de la confiance et de la sécurité – on peut lancer une conférence ou une réunion (le terme exact n’a aucune importance) dans la région du Golfe impliquant les pays arabes, l’Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, l’Union européenne, l’Onu en la personne de son Secrétaire général ou la Ligue arabe. On peut commencer par les choses les plus simples: renforcer la confiance grâce aux échanges d’information et l’assurance de la transparence de l’activité militaire.

Ensuite, on pourrait organiser des événements communs, des visites de sites militaires, l’observation des exercices. C’est assez évident.

Malheureusement, cette initiative peine à se réaliser depuis des années à cause des partis pris contre Téhéran. Qui plus est, les relations entre l’Iran et les pays arabes font face à un grand nombre de problèmes que nos partenaires soulignent en affirmant qu’il est encore trop tôt pour convoquer une conférence de ce genre.

A mon avis, c’est l’inverse. Ces problèmes resteront présents tant qu’on ne lancera pas le dialogue.

C’est pourquoi nous continuerons de promouvoir cette initiative, dans un contexte où toutes les parties intéressées, naturellement, seront prêtes à cette conférence.

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Question: Quel pourrait être le compromis entre les USA et la Corée du Nord afin de réduire la menace nucléaire?
Sergueï Lavrov: Je ne sais même plus. Nous venons de parler de l’Iran: l’accord sur le programme nucléaire iranien était très clair. L’Iran avait accepté de renoncer à tous les aspects militaires de son activité nucléaire, et en échange les sanctions décrétées unilatéralement par l’Onu, les USA et les pays occidentaux avaient été levées.
Voilà quel était l’accord, grosso modo. Aujourd’hui, les USA exigent la même chose de la Corée du Nord: stopper son programme nucléaire militaire en échange de garanties de sécurité et de la levée des sanctions. Mais si l’accord conclu avec l’Iran, qui est exactement le même, était aujourd’hui brisé et mis en échec par les USA, alors les autorités nord-coréennes feraient certainement le parallèle.

Mais malgré tout, nous ne devons évidemment pas baisser les bras.

Le problème nucléaire de la péninsule coréenne est très grave. Pas seulement parce que nous souhaitons faire respecter le régime de non-prolifération de l’arme nucléaire mais aussi parce que le problème de la puissance nucléaire de la Corée du Nord est utilisé pour exacerber une présence militaire complètement disproportionnée des USA dans la région.
Ils ne sont plus seulement orientés sur la Corée du Nord – bien qu’ils justifient l’accroissement de leur présence militaire par le problème nord-coréen – mais également sur la mer de Chine méridionale où la Chine mène des négociations avec les pays de l’ANASE sur le règlement des litiges territoriaux via les canaux diplomatiques.

Le renforcement de la présence navale et aérienne des USA dans cette région peut clairement, voire intentionnellement, provoquer objectivement un développement militaire de ces litiges territoriaux. Je pense que ce sont des jeux très risqués.

Sous prétexte de ce même problème nucléaire nord-coréen, les USA installent des sites de défense antimissile (ABM) en Corée du Sud, et aujourd’hui au Japon. Avec le segment européen de l’ABM global des USA, ce qui est clairement visible sur les cartes, tout ce système, par coïncidence ou non, encercle étrangement la Fédération de Russie sur l’ensemble de son périmètre, tout en plaçant la Chine à portée de tir. Il est dans notre intérêt de ne pas donner de prétextes pour que de telles tendances se renforcent, or pour cela il faut tout de même s’asseoir à la table des négociations.

A une époque, nous avions avancé avec la Chine l’initiative du « double gel » sous-entendant que la Corée du Nord n’effectuerait pas d’essais nucléaires et balistiques, tandis que les USA et leurs partenaires sud-coréens n’organiseraient pas ou au moins réduiraient considérablement l’ampleur de leurs exercices militaires.

Les Américains nous avaient alors répondu que c’était inadmissible parce que ces exercices n’avaient jamais été interdits, que c’était une activité internationale légitime et que les essais nucléaires et balistiques étaient interdits à la Corée du Nord par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Je suis d’accord: du point de vue d’un légaliste pédant, c’est probablement le cas.

Mais nous ne sommes pas des pédants, nous devons régler les problèmes. Il ne faut pas s’obstiner à croire à sa propre justesse. Je répondais au Secrétaire d’État américain Rex Tillerson, et avant cela à John Kerry, au même argument que le « double gel » était inadmissible pour les Américains, que quand la situation devient très dangereuse, le premier pas doit être fait pas celui qui est plus fort et le plus intelligent.
Pour l’instant nous espérons qu’une certaine détente est encore possible, même si les chances sont faibles quand on connaît les dispositions de Washington.
A l’occasion des Jeux olympiques, un accord a été conclu entre les deux Corées sur la participation de la délégation, des sportifs et des collectifs de danse nord-coréens, ainsi qu’un accord parallèle entre Pyongyang et Séoul sur la reprise des contacts au niveau miliaire – de facto ce « gel » a donc eu lieu.

Du moins, en prévision et pendant les JO, la Corée du Nord ne compte faire aucun geste brusque.

Nous avons également entendu qu’au moins jusqu’en en mars aucun exercice des USA et de la Corée du Sud n’était prévu. Si ce processus objectif de retenue réciproque et d’abstention d’exercices et d’essais acquérait sa propre dynamique, il y aurait une chance de s’asseoir à la table des négociations. Nous y contribuerons par tous les moyens.

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Question: Peut-on dire que les relations entre la Chine et les USA sont vouées à la détérioration? Après tout, chacun de ces pays va revendiquer le statut de superpuissance aussi bien économique que politique dans les années à venir.

Sergueï Lavrov: Personne n’a annulé la concurrence. Vous le savez, la concurrence est le moteur du progrès avec l’entrepreneuriat privé, comme le disait le personnage Ostap Bender.
Mais la concurrence doit être honnête et loyale. Il y a des règles, fixées dans la Charte de l’Onu en ce qui concerne les problèmes politiques et militaro-politiques internationaux, et dans les documents de l’Organisation mondiale du commerce en ce qui concerne les investissements, le commerce de produits et services ainsi que les déplacements de la main d’œuvre. Il existe de nombreuses autres conventions internationales qui régulent différents secteurs d’activité, y compris dans le domaine économique.
Le développement cyclique de l’économie mondiale « propulse » d’abord vers le haut une puissance puis, après une période historique relativement longue, cette puissance ne faiblit pas vraiment mais d’autres se rapprochent du niveau qu’elle a atteint.
C’est le cas, par exemple, des USA après les deux guerres mondiales qui n’ont pas affecté leur territoire. Ils ont fait un bond et ont conservé pendant longtemps des positions dominantes.
Aujourd’hui, je ne dirais pas que les USA ont beaucoup perdu de leurs positions et de leur puissance mais d’autres centres de force se sont élevés:
l’UE en tant qu’entité collective, par exemple – si elle parvient à surmonter les querelles internes qui la submergent et, bien sûr, l’affaiblissent. Nous voulons que cette période de « troubles et de désarroi » soit surmontée et que l’Europe devienne forte et unie.
C’est évidemment le cas de la Chine et de l’Inde, et bien sûr de la Russie à un certain point.
Nous avons une économie plus réduite par rapport aux Américains, aux Chinois et aux Indiens mais la Russie est un acteur géopolitique de poids étant donné qu’ hormis notre propre économie il existe également
  • l’Union économique eurasiatique (UEE),
  • la Zone de libre-échange de la CEI.
  • La Russie est un membre actif d’associations comme l’OCS et les Brics.
Tout cela, couplé à une politique étrangère active et très concrète, fait de nous un centre d’influence mondiale et l’un des centres de ce que nous appelons « l’ordre mondial polycentrique en formation ».

Dans nos documents doctrinaux, ni nous ni la Chine ne qualifions jamais qui que ce soit d’ennemi. Les USA ont commencé à le faire avec l’administration de Barack Obama.

Je crois qu’en 2014, à l’Assemblée générale des Nations unies, ce dernier nous avait qualifiés de «menace» et avait même placé Daech derrière nous.

Cela montre dans quelle direction va la pensée des dirigeants américains en politique étrangère.

A l’époque des démocrates et aujourd’hui des républicains, dans plusieurs documents doctrinaux (la doctrine militaire des USA, la doctrine nucléaire des USA), dans tous les documents fondamentaux conceptuels, la Chine et la Russie sont désignées par le terme « adversaires ».

Le même terme est utilisé dans la loi sur la lutte contre l’influence de la Russie, y compris par les sanctions.

Quand on veut coopérer honnêtement, on peut considérer dans ses pensées quelqu’un comme un ennemi ou un adversaire, un pays qu’il faut réprimer et isoler – comme ils écrivent à propos de nous ouvertement. Mais des méthodes universelles de lutte concurrentielle devraient probablement exister. Or ce n’est pas le cas.
Par exemple, les sanctions contre notre industrie de l’armement sont clairement un acte de concurrence déloyale et malhonnête parce que parallèlement à ces sanctions, les USA « sillonnent » le monde et, à travers leurs ambassadeurs, exigent des pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique qu’ils renoncent à l’achat de notre matériel militaire. Les Américains promettent ensuite de compenser le manque d’équipements dans tel ou tel pays. C’est simplement un grossier évincement du marché par le chantage et les ultimatums.

Vous venez de mentionner les JO. Je pense que cela relève également de la concurrence déloyale car dans une lutte sportive honnête, les Américains ne peuvent visiblement plus nous battre.

Ils pensent que pour reprendre ou conserver le titre incontestable de leader du sport mondial il faut mettre sur la touche ses concurrents. La campagne antirusse, l' »ingérence dans les élections » et tout le reste sont tombés sous leur main. Tous les moyens sont bons.
Je constate une telle approche – à savoir le recours à des mesures de coercition unilatérales illégitimes et illégales pour atteindre des avantages injustifiés déloyaux – dans différents domaines.

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Question: Quels domaines précisément? Vous avez évoqué le sport, la politique, l’économie. Quelle sera la suite? S’attaqueront-ils à la culture?

Sergueï Lavrov: Je ne pense pas qu’ils s’attaqueront à la culture. D’ailleurs, la culture est un domaine dans lequel nous commençons à entrer en concurrence aujourd’hui, mais honnêtement. Prenez le cinéma: la part du cinéma russe a considérablement augmenté et continue de grandir, sachant que notre cinéma est de bonne qualité et bat des records d’entrées au cinéma. Mais c’est un exemple de concurrence loyale. Nous avons simplement commencé à réaliser des films que nos citoyens regardent avec plaisir.

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Question: Vous aussi, vous en regardez?

Sergueï Lavrov: J’en regardais.

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Question: Quels sont les derniers films que vous avez vus?
Sergueï Lavrov: Malheureusement, je n’ai pas vu « Ascension ». Mais à leur sortie j’avais vu « Légende numéro 17 » et « Stalingrad ». J’ai rarement l’occasion d’aller au cinéma. Je regarde en général les films sur DVD ou sur internet.

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Question: En ce qui concerne les ennemis des USA, tout est clair. Mais qui sont nos ennemis ou amis dans le monde?

Sergueï Lavrov: Nous ne qualifions personne d’ennemi, et c’est complètement sincère.

La Conception de la politique étrangère approuvée il y a quelques années par le Président russe Vladimir Poutine, stipule que nous avons l’intention de coopérer honnêtement et efficacement sur la base de l’équilibre des intérêts, de l’équité et du profit réciproque avec tout pays prêt à coopérer sur cette même base.
Même les USA souhaitent poursuivre avec nous la coopération dans l’espace extra-atmosphérique sur la station spatiale internationale ou encore l’achat de moteurs de fusée.
Nous ne voulons pas « nous tirer une balle dans le pied », agir au détriment de nos intérêts, c’est pourquoi nous réalisons ce projet mutuellement bénéfique.
Nous avons encore d’autres projets. Récemment, en parlant de nos plans et projets énergétiques, le Président russe Vladimir Poutine a mentionné que le premier cargo de gaz naturel liquéfié (GNL) de Yamal LNG était parti aux USA.

Cela signifie que les Américains y voient également un certain profit pour eux. Je pense que plus il y aura de telles affaires concrètes, plus il y aura de chances de surmonter l' »anormalité » de nos relations politiques.

Parce que comme le montre la pratique, il faut des fondations économiques solides dans les relations entre les États. Quand ces fondations sont solides et que la coopération économique est de grande ampleur, ceux qui veulent faire des gestes politiques brusques repensent à deux fois avec de « sanctionner », de « faire pression », etc.

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Question: Autrement dit, nous n’allons pas être amis avec la Chine contre les USA?

Sergueï Lavrov: Non. La Chine ne veut pas non plus être amie avec nous contre les USA. Nous ne sommes jamais amis avec qui que ce soit contre qui que ce soit.

C’est le cas de l’Otan, par contre. Chaque jour, les Américains « dressent » tous les autres membres au sujet de la solidarité et du fait que la Russie serait une menace. Sous ce prétexte – or ils en parlent tous les jours depuis des années – ils élargissent la présence de l’infrastructure militaire de l’Otan sur le territoire des membres d’Europe de l’Est directement à nos frontières. Il y a déjà des brigades américaines, canadiennes, allemandes, britanniques et italiennes. C’est clairement une « discipline du bâton ». Même si, lors de nos contacts bilatéraux, de nombreux membres de l’Otan et de l’UE nous disent qu’ils comprennent le caractère insensé et contreproductif de cette situation. Mais la solidarité et le principe de consensus les poussent à suivre ce chemin qu’ils n’apprécient pas du tout.

Dans le cadre du Traité de sécurité collective, nous n’interdisons rien à personne.

Nous avons des engagements, qui sous-entendent que les pays membres de l’OTSC garantissent ensemble la stabilité de notre région commune en empêchant les menaces du terrorisme, du crime organisé et en garantissant l’immuabilité de l’ordre constitutionnel de nos États.
Sachant que tous les pays de l’OTSC participent au programme de coopération avec l’Otan. Formellement, la Russie est également membre du Programme Partenariat pour la Paix, nous avons même le Conseil Otan-Russie. Et nous ne songeons même pas à interdire à nos partenaires de communiquer avec qui que ce soit s’ils ont des intérêts réciproques.

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Question: Nous n’avons pas peur des Chinois?
Sergueï Lavrov: Il ne faut avoir peur de personne.

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Question: 1,5 milliard…
Sergueï Lavrov: Peu importe le nombre d’habitants. Avec une simple approche arithmétique, nous n’irions pas très loin dans les relations internationales. Nous devons nous appuyer sur des faits concrets. Avec la Chine, nous entretenons aujourd’hui les meilleures relations de toute notre histoire. Nos plans sont parfaitement honnêtes, ouverts et mutuellement bénéfiques, ils sont convenus et s’appuient sur le respect réciproque et les intérêts mutuels.

Certains souhaitent spéculer sur le thème que vous venez de mentionner.

L’expérience prouve que ces  idées sont inconsistantes. Par exemple, prenez l’expérience concrète de notre coopération économique avec la Chine en Extrême-Orient et en Sibérie orientale: en regardant les statistiques et les actions concrètes, il est clair que nous développons simplement des projets mutuellement bénéfiques qui ne comportent aucune menace pour l’intégrité territoriale de la Fédération de Russie. Cette ligne sera maintenue. Nous avons des projets d’envergure, profonds et prometteurs de coopération avec la Chine dans tous les domaines.

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Question: Et quels sont les projets de coopération avec le Japon? Le problème territorial reste-t-il central?
Sergueï Lavrov: Pour eux, oui. Pas pour nous. Nous voudrions conclure un accord de paix comme cela avait été convenu en 1956 quand l’URSS et le Japon avaient adopté la Déclaration conjointe. Nous partons du fait que le règlement de tout problème, y compris l’accord de paix (auquel les Japonais lient le règlement de la « question des quatre îles », ce qu’ils appellent les « territoires du Nord » mais qui sont en réalité les Kouriles du Sud), est possible dans les conditions les plus favorables créées par l’approfondissement de la coopération entre les pays concernés dans tous les domaines sans exception – commercial, économique, politique, humanitaire et international.
Pendant plus de 40 ans, nous nous sommes penchés avec la Chine sur le problème de l’appartenance de deux îles sur le fleuve Amour. Au final, il a été réglé seulement quand nos relations ont atteint un niveau de partenariat, un niveau stratégique vraiment sans précédent.
Le Président russe Vladimir Poutine a dit plusieurs fois aux premiers ministres japonais successifs, y compris Shinzo Abe, que nous devions créer dans nos sociétés une atmosphère qui nous permettrait de régler les problèmes sur une base mutuellement acceptable.

RUSSIA-JAPAN-POLITICS-DIPLOMACY le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe 

Les relations commerciales et économiques ont un énorme potentiel, qui est loin d’être épuisé. Les compagnies japonaises investissent beaucoup en Russie. Un accord entre le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sur l’activité économique conjointe sur quatre îles est actuellement en vigueur.
Cinq projets concrets ont été approuvés, dans l’aquaculture et le tourisme. Les projets importants, intéressants et créant des emplois sont assez rares pour l’instant.
Les plans liés au programme du Premier ministre japonais Shinzo Abe intitulé « 8 points », proposant également des projets intéressants, sont d’une plus grande envergure. Mais ce ne sont que les premiers pas. Je suis certain que la complémentarité de nos économies, de nos matières premières, de nos capacités géographiques et des technologies japonaises représente un potentiel infini pour un progrès réciproque.
Bien sûr, nous avons de très bons liens sociaux et culturels. Chaque année, le Japon accueille le Festival de la culture russe. L’an dernier, les « Saisons de la culture » ont été organisées en plus du Festival.

Parmi les domaines dans lesquels nous devons renforcer notre partenariat de manière vraiment significative figure évidemment la politique étrangère.

Les relations du Japon avec les USA ont également de l’importance.

Elles reposent sur un accord mutuel. Le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe en ont parlé à plusieurs reprises, et des discussions avaient également lieu au niveau des ministres des Affaires étrangères et des secrétaires des Conseils de sécurité.

JAPON PRESENCE AMERICAINE Okinawa2

L’accord conclu entre les USA et le Japon sur la sécurité en 1960 implique que les États-Unis ont le droit de déployer leurs bases sur l’ensemble du territoire japonais.

Nous voudrions simplement comprendre comment tout cela affecte la situation générale dans le domaine de la sécurité dans cette région. Car sans comprendre ces aspects, il est très difficile d’évoquer concrètement les questions relatives à l’accord de paix.
Le plus important pour nous – et nous en avons parlé plusieurs fois avec nos amis japonais -, la première question qui se pose en évoquant le problème de l’accord de paix, est l’immuabilité du bilan de la Seconde Guerre mondiale.

Nos collègues japonais ne reconnaissent pas comme immuables les résultats de la Seconde Guerre mondiale en ce qui concerne ces quatre îles.

Ils nous disent ouvertement que c’était une injustice. Mais dans la Charte de l’Onu il est écrit noir sur blanc que tout ce qui a été fait par les puissances victorieuses est immuable et n’est pas soumis à révision.
C’est également une question qui est directement liée à l’évolution de ce sujet, parce que nous avons dit à de nombreuses reprises que la Russie, en tant qu’État-successeur de l’URSS, est attachée à la Déclaration de 1956 qui contient l’engagement, après la signature d’un accord de paix, non pas de « rendre » – comme le demandent nos collègues japonais – mais à titre de geste de bonne volonté de transmettre au Japon les deux îles les plus au sud. La question de savoir quand cette remise aura lieu et à quelles conditions reste à aborder. Mais le sens de cette déclaration, que nous avons réaffirmé plusieurs fois en la personne du Président russe, s’appuie précisément sur l’immuabilité du bilan de la Seconde Guerre mondiale. Et dans ce sens, de sérieuses consultations et discussions nous attendent avec nos collègues japonais.

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Question: Mais dans l’ensemble, y a-t-il un quelconque progrès à ce sujet? Parce qu’on a l’impression que le Premier ministre japonais Shinzo Abe vient une fois par an à Vladivostok en septembre pour dire que le Japon est prêt à régler ce problème d’une certaine manière, et c’est tout.

Sergueï Lavrov: Non, il est également venu à Moscou et je pense qu’il viendra encore. J’ai énuméré les aspects qui semblent contribuer à créer un contexte favorable. Évidemment, il est impossible de régler ce problème en un instant. Mais, par exemple, l’activité économique conjointe est déjà un pas vers un travail commun sur ces îles.
Nous attirons l’attention de nos collègues japonais sur le fait que les privilèges qui existent déjà en Fédération de Russie – le Territoire de développement socioéconomique prioritaire, le Port franc de Vladivostok – sont tout à fait attractifs. Il n’y a aucun besoin de créer un certain organe supranational, comme nos collègues le proposaient à une époque. Nous sommes prêts à signer également un accord intergouvernemental pour un développement plus efficace de l’activité économique conjointe si les privilèges déjà accordés en grand nombre de notre part s’avéraient insuffisants.

Je ne dirais pas qu’il n’y a aucun progrès. Nous avons considérablement fait avancer nos relations, notamment le dialogue politique au sommet qui est réellement confident, franc, amical et honnête.

Beaucoup de choses sont faites dans le secteur économique, mais bien plus pourrait être fait encore. Les liens humains et l’échange de groupes touristiques sont de très haut niveau. Pour l’instant, on ressent le besoin d’accroître la coopération, et dans l’idéal la coordination dans le domaine de la politique étrangère.

Nous avons noté que nos collègues japonais avaient relancé le travail du mécanisme « 2+2 ».

RUSSIE JAPON SAVX1393(1)  La visite du Ministre russe de la Défense, le général d’armée Sergueï Choïgou à Tokyo pour les négociations avec son homologue japonais Tomomi Inada

Avec le Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, nous nous sommes rendus au Japon l’an dernier où nous avons rencontré nos homologues les ministres japonais des Affaires étrangères et de la Défense. C’est également un pas vers le renforcement de la confiance, l’amélioration de la qualité du dialogue politique.

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Question: A une époque, l’URSS exerçait une grande influence sur les pays d’Amérique latine et en Afrique. La Russie pourrait-elle la rétablir? En avons-nous besoin?

Sergueï Lavrov: Cela doit dépendre du moment présent. L’influence exercée par l’Union soviétique s’appuyait surtout sur l’idéologie socialiste et communiste. Les pays qui choisissaient la voie de développement socialiste, de « gauche », même si c’était essentiellement dans le discours, profitaient de la bienveillance de l’URSS.

Dans la plupart de ces pays, l’Union soviétique a effectivement créé les fondements d’une économie nationale indépendante.

De nombreux sites ont été construits, notamment en Afrique et en Asie – un peu moins en Amérique latine. Cuba et le Nicaragua sont les pays avec lesquels nos relations, depuis le début de leur développement indépendant, ont toujours été de très haut niveau.

Quand l’URSS a disparu, nous ne pouvions pas nous occuper de tout, qui plus est des pays étrangers lointains en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Nous devions nous occuper de notre voisinage dans un contexte où un grand nombre de menaces est apparu, que les frontières n’étaient pas fixées et que des terroristes du Moyen-Orient ont commencé à s’infiltrer.

Alors que la Russie elle-même était secouée, nous ne pouvions pas nous occuper de projets lointains de politique étrangère.

Mais au fur et à mesure que ces tendances étaient surmontées, la Russie s’est renforcée,
  • nous avons mis à niveau les relations avec les nouveaux États le long de nos frontières,
  • nous avons aménagé ces relations et les affaires ont commencé activement à apparaître et à se développer chez nous, qu’il s’agisse de compagnies publiques ou privées.
Et ces compagnies se sont intéressées à des projets supplémentaires. Il serait évidemment tout à fait logique d’attirer l’attention sur ce qui reste depuis l’époque de l’URSS.

Cet « héritage » est utilisé aujourd’hui assez activement en Afrique, en Amérique latine et dans les pays asiatiques – au Vietnam, à Laos, au Cambodge.

Ce n’est pas une chose artificielle dictée par la « décision du politburo d’envoyer en Afrique des structures commerciales ». C’est d’un grand intérêt pour les affaires. Dans un grand nombre de cas, les affaires demandent un soutien étatique. Nous apportons un soutien politique et, parfois, nous utilisons nos capacités de crédit à l’export.

D’ici deux ou trois semaines, je me rendrai à nouveau en Afrique.

Nous verrons comment vont les affaires dans les pays partenaires – l’Angola, le Mozambique, la Namibie, l’Éthiopie et le Zimbabwe. Nos compagnies y font beaucoup de choses intéressantes.

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Question: Nous avons déjà évoqué avec vous le thème de la Syrie. La stabilité dans ce pays est-elle durable ou sommes-nous prêts à relancer les opérations militaires en cas de nécessité?

Sergueï Lavrov: C’est ce qui a été dit: si Daech, dont les plans de créer un califat ont été détruits mais qui reste présent quelque part dans la région en groupes disparates, relevait la tête sur le territoire syrien, notre contingent resté à la base de Hmeimim aiderait l’armée syrienne dans la répression de ces récidives.

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Question: Il n’est plus un secret pour personne que les USA fournissent des armes létales en Ukraine. Pourquoi l’Europe ne dit-elle rien?

Sergueï Lavrov: L’Europe ne reste pas silencieuse, mais s’oppose à voix basse et non publiquement. Selon nos informations, dans leurs conversations avec les USA ses dirigeants expriment leur désaccord face aux exigences de Washington que l’Europe se joigne à ces fournitures. Les USA tentent déjà d’attirer dans leurs plans les pays affichant des tendances russophobes – nos voisins baltes et la Pologne. D’après nos informations, les grands et solides États européens sont parfaitement conscients du danger de tels actes et tentent de ramener à la raison leurs voisins. Les USA et les Canadiens ont déjà commencé ces livraisons. C’est regrettable.

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Question: Comment allons-nous réagir?
Sergueï Lavrov: Nous ne pouvons pas interdire aux Américains de fournir quoi que ce soit à qui que ce soit, mais nous en tirerons évidemment des conclusions. Tout cela est suivi de près par les représentants de Donetsk et de Lougansk, qui ont la possibilité de se défendre. Je pense qu’il faut également en tenir compte.

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Question: Peut-être que nous devrions passer des paroles aux actes, par exemple en reconnaissant les républiques autoproclamées de Lougansk (LNR) et Donetsk (DNR).

Sergueï Lavrov: Contrairement à certains de nos collègues internationaux, nous sommes tout de même des hommes de parole.
Nous tenons toujours notre parole, notamment quand elle a fait l’objet de négociations et a été approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Personne n’a annulé les Accords de Minsk.

Je pense que celui qui fera le premier pas pour briser les Accords de Minsk commettra une erreur colossale.
En fait, les autorités de Kiev sont à un pas de cette erreur – si elles adoptaient définitivement la loi sur la réintégration qui vient de passer en deuxième lecture. Nous verrons.
Je pense qu’en Occident se renforce l’opinion selon laquelle il est nécessaire de raisonner le Président ukrainien Petro Porochenko et ceux qui gouvernent l’Ukraine avec lui au sujet de la loi provocante sur la réintégration – qui est encore un projet de loi – ainsi que la loi sur l’éducation qui est déjà en vigueur alors même que la Commission de Venise du Conseil de l’Europe avait tenté de faire modifier le passage qui discriminait toutes les langues des minorités nationales.
Selon nos informations, les émissaires européens qui visitent actuellement Kiev transmettent de tels messages et suggèrent instamment aux autorités de comprendre la contre-productivité de telles approches, et de faire le nécessaire pour corriger leurs actions.
Ils ne peuvent pas encore le dire publiquement, mais je pense que si le régime de Kiev actuel continuait de se comporter ainsi, des déclarations publiques seraient bientôt faites parce que l’Europe observe avec beaucoup de méfiance les processus qui se déroulent en Ukraine, notamment en ce qui concerne l’influence accrue des radicaux et des néonazis.

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Question: En quelle langue parlez-vous avec votre homologue le Ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavel Klimkine lors de vos entretiens téléphoniques et de vos rencontres peu fréquentes?

UKRAINE Pavel Klimkine, nouveau ministre des Affaires étrangères 1022863941  Pavel Klimkine,  ministre des Affaires étrangères Ukraine

Sergueï Lavrov: En russe.

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Question: Votre homologue aussi?

Sergueï Lavrov: Oui. Il est originaire de Koursk.

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Question: D’après vous, quelle est aujourd’hui la raison d’une telle russophobie dans le monde? Était-ce attendu pour vous? Pensiez-vous qu’il y aurait de telles attaques?

Sergueï Lavrov: Nous avons déjà parlé à ce sujet, et le Président russe Vladimir Poutine a exprimé sa position.
En deux mots, après l’effondrement de l’URSS ceux qui étaient à la barre de la nouvelle Russie, par leurs actions, leur politique vis-à-vis de l’Occident, leur disposition exprimée publiquement à devenir une partie du monde civilisé, ont donné en Occident l’impression que cette disposition était dictée,
  • premièrement, par le fait que notre pays n’aurait jamais fait partie du monde civilisé et,
  • deuxièmement, que l’Occident aurait représenté le monde civilisé auquel la Russie aspirerait par toutes les « fibres de son âme ».
Cette illusion a été renforcée dans les années 1990 difficiles quand des conseillers occidentaux, américains et européens travaillent chez nous dans différents ministères, quand on procédait à la privatisation selon leurs recettes.
Dans les années 2000, la Russie a commencé à s’appuyer davantage sur ses traditions et sa place dans l’histoire, à prendre conscience du fait qu’elle n’était pas un pays qui venait d’apparaître de nulle part, mais un pays avec une histoire millénaire ressentie par nos concitoyens, qui en sont fiers et veulent à travers lui poursuivre leur chemin de vie, construire leur État.

Cela a été un choc pour tous ceux qui étaient prisonniers des illusions de permissivité vis-à-vis de la Russie.

Je crois qu’ils n’arrivent toujours pas à se remettre de ce choc.

Quand ils ont compris que leurs tentatives de nous retenir dans leur ligne avaient échoué, c’est alors qu’ils ont commencé les attaques et les « ingérences » actuelles.
Cela a commencé bien avant l’« ingérence » mythique dans les élections, par la « loi Magnitski »** quand personne n’a cherché à comprendre ce qui s’était réellement passé et qu’on spéculait sur une tragédie humaine, sur la mort d’un homme pour formaliser les attaques contre la Russie par la loi.

Puis nos collègues américains ont eu une réaction complètement inappropriée à ce qui s’est produit avec Edward Snowden, quand Barack Obama a annulé sa visite à Moscou où il devait se rendre à la veille du sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, et bien d’autres.

Puis des sanctions ont été décrétées, et seulement ensuite l’Ukraine est devenue un prétexte pour augmenter la pression sur nous.

A présent, l' »ingérence dans les élections » a fait son apparition.

En plus d’un an d’enquête, aucune preuve ni aucune affirmation spéculative n’est apparue. C’est impossible. Si ces preuves existaient, cela fait longtemps qu’elles auraient « fuité ». Je sais comment le système fonctionne aux USA: tout « fuit » quand il y a un très grand nombre de personnes impliquées dans différentes audiences et enquêtes et ainsi de suite.

Ils cherchent à profiter de toute cette hystérie pour détourner l’attention des faits qui se sont réellement produits.

Je suis certain que pour la santé du système américain, il faut enquêter sur les faits qui ont eu lieu au sein du Parti démocrate aussi bien par rapport à Bernie Sanders, contre lequel le Parti démocrate a organisé un complot, que sur la tentative d’enquêter aujourd’hui sur le « rapport Nunes » et le rôle qui a été joué par le FBI dans la lutte politique intérieure entre les démocrates et les républicains. Je suis certain que ce sont des faits désagréables pour certains. J’espère qu’ils feront revenir de nombreux esprits à la raison et que ceux qui seront encore sains abandonneront cette campagne russophobe qui ne fait pas du tout honneur même aux politiciens qui siègent à Washington.

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Question: Vous avez vécu beaucoup de pourparlers différents, plus ou moins réussis. Qu’est-ce qui pourrait vous surprendre aujourd’hui?
Sergueï Lavrov: Je n’ai jamais cherché à évaluer les faits selon s’ils m’étonnaient ou non. Cela fait longtemps que je prends les événements dans le monde comme tels. Peut-être qu’à une étape précoce de ma carrière diplomatique, il y avait des choses qui pouvaient susciter un intérêt particulier chez moi ou, comme vous l’avez dit, me surprendre.
Aujourd’hui, après avoir travaillé tant d’années au sein du service diplomatique, je comprends approximativement à quoi on peut s’attendre de la part de quelqu’un.
Nous comprenons déjà qu’on peut attendre bien plus de l’Amérique qu’on ne le pensait plus tôt. On s’habitue à tout. Il faut simplement voir quel est l’intérêt de ton pays, s’il faut réagir aux processus dans d’autres pays, à leurs actions, s’ils affectent nos intérêts fondamentaux ou s’il vaut mieux ignorer certaines démarches entreprises dans un élan russophobe. C’est pourquoi je cherche simplement à être objectif. La vie est la vie. Il faut analyser ce qui se passe.

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Question: En combien d’années un diplomate devient-il psychologue?
Sergueï Lavrov: Je ne pense pas que le diplomate dusse obligatoirement devenir un psychologue. On peut naître psychologue, on peut apprendre le métier de psychologue. Les capacités psychologiques aident le diplomate parce que la diplomatie vise à aboutir à des accords. Quand on voit un interlocuteur non pas comme une enveloppe, mais comme un homme dont on commence à comprendre l’âme, dont on peut lire les pensées – ou que l’on croit que c’est possible – c’est toujours plus intéressant. Il faut tenir compte des qualités individuelles de son interlocuteur, de ses penchants, de ses hobbies et de ses intérêts – ça aide.

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Question: Et quelle est la différence entre les négociations avec un diplomate et une diplomate? Vous avez une riche communication avec les femmes, vous leur faites une « remise »?

Sergueï Lavrov: Je ne peux pas faire de « remise » aux femmes parce que ce serait politiquement incorrect. Nous respectons les femmes autant que les hommes. C’est la meilleure partie de l’humanité.

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Question: On dit que vous avez même fait pleurer l’ancienne sous-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland. Vous ne regrettez pas?

Sergueï Lavrov: Non, cela ne s’est pas produit. C’est faux.

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Question: Vous plaisantez souvent. Personne n’est d’ailleurs vexé par vos plaisanteries et elles font le tour du monde. Vous le faites exprès?

Sergueï Lavrov: Non, je m’efforce de ne pas plaisanter. Simplement, si dans la conversation une phrase surgit naturellement ce n’est peut-être pas préjudiciable.

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Question: Vous prononcer parfois des discours émotifs. Par exemple, vous apprenez l’éthique aux journalistes. Vous avez également parlé des « bureaucrates » américains. Les « bureaucrates » ont-ils réagi?

Sergueï Lavrov: Je ne sais pas. Vous voyez, nous parlons déjà des relations avec les journalistes. Je respecte beaucoup les journalistes. Parfois je les taquine comme ils me taquinent. Je trouve ça parfaitement normal. Cela renforce les bonnes relations entre les diplomates et les journalistes. Nous communiquons toujours avec notre pool ministériel pendant les missions. Il est très intéressant d’entendre les questions qu’ils posent au fur et à mesure de nos pourparlers. Parfois, nous percevons dans ces questions des indices que nous utilisons.

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Question: Parmi les dernières – votre plaisanterie sur le manteau du Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, qui n’avait rien dans ses poches. Qu’avez-vous généralement dans vos poches?

Sergueï Lavrov: Rien. Mes mains.

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Question: De quoi avez-vous besoin lors des pourparlers: qu’un conseiller soit à côté, d’un stylo, d’un carnet?
Sergueï Lavrov: Il y a toujours un stylo sur la table, et dans ma poche. Ceux qui organisent les pourparlers posent aussi des carnets sur la table des négociations. Dans 90% des cas, lors des entretiens nous sommes assis avec mes adjoints, les directeurs de départements et les collaborateurs. Parfois, des collègues étrangers demandent des entretiens en tête-à-tête. Dans ce cas nous allons également dans leur sens. Cela arrive généralement avec les grandes négociations ou après. C’est une pratique diplomatique normale, quand il faut envoyer un signe de confiance ou poser une question délicate.

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Question: En décembre 2016, vous participiez à un banquet à la Résidence du Ministère des Affaires étrangères quand vous avez appris que l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie en Turquie Andreï Karlov avait été blessé. La diplomatie passe donc de « l’épate » au danger. Comment combiner les deux?

Sergueï Lavrov: Nous pensions que les temps avaient changé et que ce qui était arrivé il y a très longtemps à notre Ambassadeur Alexandre Griboïedov ne pouvait plus se reproduire. Cela a pourtant été le cas. La profession de diplomate reste associée à de grands risques. Si c’est certainement plus probable dans les pays où ont lieu des conflits chauds (l’Ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens avait été tué alors qu’il se trouvait au consulat américain de Benghazi), dans le cas de la Turquie c’était un coup complètement inattendu. Le pays n’était pas aux prises avec des troubles, il n’y avait pas de guerre civile comme en Irak, en Syrie, en Libye ou au Yémen. Notre collègue et ami Andreï Karlov prononçait simplement un discours, vous le savez, devant une société d’amitié (au Centre d’art contemporain d’Ankara).

RUSSIE DIPLOMATE ASSASSINE Andrey Karlov dossier  Andreï Karlov

Je remercie tous ceux qui honorent sa mémoire. En Turquie, une rue a déjà été baptisée en son nom et une autre sera baptisée dans la ville jumelée de Moscou, où est né Andreï Karlov.

RUSSIE Vitali Tchourkine DECEDE , 7508569.image  Vitali Tchourkine,

Quant à l’Ambassadeur de Russie à l’Onu Vitali Tchourkine, qui est décédé d’une mort naturelle mais très rapide, des mesures sont également prises pour immortaliser sa mémoire. Je voudrais remercier tous ceux qui ont abordé ces événements tragiques avec bon cœur.

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Question: On entend souvent « les pourparlers ont continué au déjeuner ». Mangez-vous pendant les pourparlers?

Sergueï Lavrov: Nous mangeons, tout le monde mange. Quand j’ai reçu mon diplôme du MGIMO en 1972 je suis immédiatement parti au Sri Lanka où, jeune diplomate, j’ai travaillé en tant qu’assistant de l’Ambassadeur Rafik Nichanov – nous venions de célébrer son 90e anniversaire, et je lui souhaitais une bonne santé. L’assistant avait pour fonction non seulement de préparer le courrier pour le rapport, mais également de traduire. Quand l’Ambassadeur et son épouse organisaient des petits déjeuners, des déjeuners, j’étais assis à table. En Russie les traducteurs sont assis à la même table. Dans certains pays ils sont derrière. Nos traducteurs sont toujours assis à table, cela fait partie de notre protocole. J’étais jeune, j’avais faim et je comprenais qu’il fallait réussir à traduire et à manger. C’est là que j’ai appris à le faire.

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Question: Aujourd’hui, les traducteurs sont-ils nourris?

Sergueï Lavrov: Ils sont assis à la même table, mais certains d’entre eux demandent de ne pas les servir parce qu’ils veulent se concentrer sur la traduction. Je ne cherche pas à les en dissuader, mais il est possible d’arriver à faire les deux.

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Question: Dans la salle de la Résidence du Ministère des Affaires étrangères où se déroulent les déjeuners d’affaires, il y a une cheminée. Qui est assis dos à la cheminée?

Sergueï Lavrov: Les invités.

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Question: Vous les réchauffez pour les pourparlers?

Sergueï Lavrov: Non, simplement la salle est aménagée ainsi. Il est de coutume que l’hôte soit assis en face de la porte.

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Question: Pour contrôler la situation?

Sergueï Lavrov: Telle est la coutume.

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Question: Y a-t-il d’autres subtilités? Par exemple, donnez-vous systématiquement des baguettes aux partenaires asiatiques?

Sergueï Lavrov: Il ne s’agit du pays des partenaires, mais de la nourriture qu’ils mangent. Si on servait une assiette de soupe à un invité asiatique il ne serait probablement pas poli de lui donner des baguettes.

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Question: Proposez-vous de l’alcool aux invités?

Sergueï Lavrov: Oui, comme le fait tout le monde à l’exception des pays arabes, mais pas tous – certains pays musulmans proposent du vin.

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Question: Avez-vous proposé des vins de Crimée?

Sergueï Lavrov: Oui.

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Question: Et alors, ils en boivent?

Sergueï Lavrov: Ils en boivent.

44

Question: Vous lisez les journaux en format papier ou sur iPad?

Sergueï Lavrov: Les deux.

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Question: Vous reste-t-il du temps pour lire autre-chose que les documents?

Sergueï Lavrov: Rarement.

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Question: Est-ce que les pourparlers peuvent être menés sur un ton élevé?

Sergueï Lavrov: Il n’y a pas de règle imposant que les pourparlers soient menés à 0,3 décibel. Certains ont une voix calme, d’autres plus élevée ou plus basse.

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Question: Avez-vous déjà élevé la voix?

Sergueï Lavrov: On pourrait dire ainsi. Parce que quand on discute, qu’on prouve et qu’on argumente, on devient forcément plus émotionnel. Parfois les émotions sont nécessaires pour faire mieux comprendre sa pensée.

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Question: Il serait étrange de vous demander dans quel pays voudriez-vous vous rendre. Mais y a-t-il un endroit dans le monde où vous voudriez revenir?

Sergueï Lavrov: Le lac Baïkal.

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Question: La Coupe du monde de football pour le corps diplomatique s’est déroulée récemment. Était-ce votre initiative?

Sergueï Lavrov: Nous avons des associations de diplomates, le Conseil de jeunes diplomates, la Direction générale du corps diplomatique qui ont réjoui de nombreuses ambassades par leur initiative collective.

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Question: Aimez-vous jouer au football?

Sergueï Lavrov: Je n’aime pas seulement le football: j’y joue également.

 RUSSIE Sergueï Lavrov 1018147677 Sergueï Lavrov


**La loi Magnitski (Magnitsky Act), officiellement connue sous le nom Russia and Moldova Jackson-Vanik Repeal and Sergei Magnitsky Rule of Law Accountability Act of 2012, est une loi bipartite adoptée par le Congrès américain et le président Obama en novembre-décembre 2012. Ce texte prévoit d’appliquer des sanctions financières et des interdictions de visa contre les fonctionnaires russes suspectés d’être impliqués dans le décès de l’avocat Sergueï Magnitski, symbole de la lutte contre la corruption du système politique1, dans la prison de la Boutyrka de Moscou en 2009. https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Magnitski


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3070334

 

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