2514 – Les banques européennes vont subir de nouveaux ‘stress tests’…

A – Le brief éco. Mon banquier vaut bien un stress-test

B – Les banques européennes vont subir de nouveaux ‘stress tests’

C – Banques … le scénario très, très noir du stress test du gendarme européen

D – Le gendarme bancaire européen insiste sur la « sévérité » du stress test 2018

E – Présentation de L’Autorité bancaire européenne (ABE)

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A – Le brief éco. Mon banquier vaut bien un stress-test

L’Autorité bancaire européenne lance une nouvelle opération de stress-test auprès de 48 établissements bancaires de l’Union.

Faire passer aux banques un « stress-test », une épreuve de résistance, un peu comme un crash-test pour les voitures : c’est l’opération que vient de lancer l’Autorité bancaire européenne. L’image du crash-test pour les voitures est tout à fait adaptée. Il s’agit de tester le seuil de résistance des établissements financiers en cas de nouvelle grave crise économique.

Les leçons de la crise de 2008 ont été tirées.

Hors de question de retomber dans les mêmes travers et d’aboutir à un nouveau Lehman Brothers, la banque américaine qui avait fait banqueroute et plongé le monde dans le chaos financier.

Enfin, c’est bon pour l’économie réelle car, sans véritablement le dire, ces stress-tests sont aussi l’occasion pour les autorités de faire la chasse aux créances douteuses.

Plusieurs scénarios seront testés

48 établissements, qui représentent 70% des actifs bancaires européens, vont être sur le gril.

Le scénario : les banques devront faire comme si elles affrontaient une récession en 2018 et 2019 avec une croissance négative (chute du PIB : −1,2% la première année et −2,2% la seconde).

Une autre simulation consistera en une chute de 28% des prix de l’immobilier en Europe à l’horizon 2020.

L’Autorité bancaire européenne et la BCE vont regarder également si les établissements sont capables de résister à une explosion des dettes publiques ou des entreprises.

  • Que feraient les banques si les assurances manquaient de liquidités pour rembourser leurs clients ?

Enfin, les établissements financiers devront prouver qu’ils peuvent gérer leur passif face à une hausse violente des coûts de financement sur des marchés, eux-mêmes en pleine déroute. Évidemment le Brexit a été intégré dans tous les cas de figure.

Des tests riches en enseignements

Il y a eu trois stress-tests depuis 2014 et la nouvelle vague lancée jeudi 1er février est annoncée comme la plus gratinée. Les précédentes ont servi : les banques ont renforcé ce que l’on appelle leurs fonds propres (elles sont obligées d’avoir en caisses nettement plus d’argent qu’elles n’en ont d’engagé à l’extérieur).

On s’est aperçu aussi que les deux principales banques allemandes, dont la Deutsche Bank, n’étaient pas si solides qu’elles le prétendaient. On a décelé l’extrême fragilité de la banque italienne historique Monte Dei Paschi di Siena, recapitalisée ensuite par l’État italien. En revanche, pas de problèmes du côté des banques françaises. Les résultats de ces tests de résistance seront connus le 2 novembre prochain.


SOURCE/ https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-brief-eco/le-brief-eco-mon-banquier-vaut-bien-un-stress-test_2568701.html


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B – Les banques européennes vont subir de nouveaux ‘stress tests’

L’Autorité bancaire européenne a dévoilé les scénarios retenus pour mener à bien ces tests…

Boursier.com) — C’est reparti pour un tour… Les principales banques du Vieux continent vont être soumises à de nouveaux ‘stress tests’ afin d’évaluer leur solidité financière. L’Autorité bancaire européenne, qui est chargée de réaliser ces évaluations, a dévoilé les scénarios retenus dans le cadre de ces examens dont les résultats seront publiés avant le 2 novembre 2018.

Concrétisation de 4 risques systémiques dans le scénario noir…

Le scénario de base est conforme aux dernières prévisions publiées par la Banque centrale européenne en décembre, tandis que le scénario le plus défavorable suppose la concrétisation de quatre risques systémiques, considérés actuellement comme les menaces les plus importantes pour la stabilité du secteur bancaire de l’UE:

  1. une hausse abrupte et importante des primes de risque sur les marchés financiers mondiaux, qui se répercuterait sur les pays européens et conduirait à un resserrement des conditions financières ;
  2. un cercle vicieux négatif entre la faible rentabilité des banques et la faible croissance nominale résultant de la baisse de l’activité économique dans l’Union européenne ;
  3. inquiétude sur la viabilité de la dette publique et privée dans un contexte de réévaluation potentielle des primes de risque et d’incertitude politique accrue;
  4. un risque de liquidité dans le secteur financier non bancaire avec des retombées potentielles sur l’ensemble du système financier.

… et deux années de récession

Concrètement, ce scénario adverse serait marqué par une contraction du PIB européen de respectivement -1,2% et -2,2% en 2018 et 2019 avant une légère hausse de +0,7% en 2020. Globalement, le scénario implique une déviation du PIB de l’UE par rapport à son niveau de base de 8,3% en 2020, soit le scénario le plus sévère jamais testé par le régulateur.

48 banques, représentant 70% des actifs bancaires de la zone euro, seront passées au peigne fin…


SOURCE/ https://www.boursier.com/actions/actualites/economie/les-banques-europeennes-vont-subir-de-nouveaux-stress-tests-38046.html


C – Banques … le scénario très, très noir du stress test du gendarme européen

Par Delphine Cuny  | 
A view shows the Luxor Obelisk and the Eiffel Tower from the Place de la Concorde in Paris
L’Autorité bancaire européenne (EBA), qui déménagera bientôt à Paris, a lancé ce mercredi sa troisième vague de tests de résistance aux chocs auxquels elle va soumettre 48 banques de l’UE. Le scénario est « le plus sévère » jamais testé, soit deux années de récession et de fortes tensions sur les marchés financiers.
Résultats d’ici au 2 novembre.

C’est une épreuve redoutée par les banques européennes : la troisième vague de « stress tests », les tests de résistance aux chocs, macro-économiques et financiers, qu’elles se doivent de pouvoir encaisser. L’Autorité bancaire européenne (EBA) en a donné le coup d’envoi ce mercredi en dévoilant les hypothèses qu’elle a imaginées : c’est « le scénario le plus sévère à ce jour«  depuis la première édition remontant à 2014, souligne-t-elle dans un communiqué.

Ce scénario très, très noir serait celui de deux années consécutives de récession dans l’Union européenne, en 2018 (-1,2%) et en 2019 (-2,2%), suivies d’un modeste rebond en 2020 (+0,7%). Cela reviendrait à un écart de PIB de 8,3% en 2020 par rapport aux hypothèses actuelles de croissance dans l’UE, à un accroissement de 3,3 points du taux de chômage et à une chute de 27,7% des prix de l’immobilier par rapport aux estimations en vigueur. La sévérité de ces hypothèses se situe « entre le scénario négatif et le scénario extrêmement négatif«  de la Fed américaine en 2017 estime l’ABE.

Ces tests seront appliqués à un échantillon de 48 banques représentant 70% des actifs bancaires de la zone euro, avec l’aide de la Banque centrale européenne (BCE). Les résultats seront publiés au plus tard le 2 novembre. Ils serviront à la BCE à affiner les niveaux de capitaux requis des banques qu’elle surveille.

La précédente vague, à l’été 2016, avait notamment la grande fragilité de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, renflouée par l’Etat italien l’an dernier.

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Correction sur les marchés, dette publique et privée

L’ABE a identifié quatre risques systémiques et détaille les menaces les plus significatives pour la stabilité du secteur bancaire européen, qui peuvent en outre s’enchaîner par un effet boule de neige.

1- Tout d’abord, un risque de correction brutale sur les marchés financiers (d’actions et obligataires) mondiaux, dont « les valorisations sont élevées«  souligne l’ABE : des tensions géopolitiques ou des changements d’attentes des investisseurs pourraient entraîner la chute de la valeur des actifs et une accentuation de la courbe des taux, donc des conditions de financement plus tendues.

2 – Ensuite, l’impact d’un recul de l’activité économique et de la hausse du chômage sur la rentabilité déjà faible des banques de certains pays (on pense à l’Italie notamment).

3 – Troisième menace : une éventuelle remontée des primes de risques (donc des taux) pourrait rendrait difficilement soutenables les dettes publiques et les dettes privées (des entreprises).

4 – Enfin, les problèmes de liquidités dans la finance non bancaire : si les fonds d’investissement, les fonds de pension, les assurances, étaient contraints de brader des actifs, cela accentuerait la chute de la valeur de ces actifs et pourrait contaminer l’ensemble du système.

L’ABE, qui déménagera dans quelques mois de Londres à Paris à cause du Brexit, ne mentionne que très peu la sortie du Royaume-Uni de l’UE : elle indique que son scénario noir « balaie un large éventail de risques macroéconomiques associés au Brexit« , notamment les effets sur les échanges commerciaux avec l’Union européenne.


SOURCE/ https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banques-le-scenario-tres-tres-noir-des-stress-tests-du-gendarme-europeen-766841.html

EBA CONFERENCE DE PRESSE POUR LE CRASH TEST view

D – Le gendarme bancaire européen insiste sur la « sévérité » du stress test 2018

Edouard Lederer Le 31/01/2018

L’EBA donne le coup d’envoi de l’édition 2018 des stress tests. Au total, 48 grandes banques européennes devront s’y soumettre.

L’Autorité Bancaire européenne (EBA dans son acronyme en anglais) donne le coup d’envoi à  la « coupe d’Europe » 2018 des banques du Vieux Continent. En clair, les fameux « tests de résistance » (ou « stress tests ») sont de retour. Le principe reste intangible : le régulateur imagine le scénario d’une tempête économique et vérifie si les établissements seraient capables d’y survivre. Au total 48 banques représentant 70 % des bilans bancaires européens sont concernées par cet examen qui s’étendra jusqu’en novembre prochain.

En même temps que le « top départ », l’EBA a donné le détail de son scénario catastrophe. Les pays de l’Union européenne connaîtraient une récession de -1,2 % en 2018, de -2,2 % en 2019, suivi d’un maigre rebond de +0,7 % en 2020. Sur le plan financier, la période serait marquée par une hausse abrupte des primes de risques, rendant la dette publique et privée moins soutenable et entraînant un brutal manque de liquidité sur les marchés.

Plus rude qu’en 2014 et 2016

  • Ces aléas mettent-ils vraiment les banques à l’épreuve ?

Le régulateur répond sans surprise par l’affirmative, tant, édition après édition, les critiques pleuvent sur un prétendu manque de sévérité des épreuves. Selon lui, le scénario est plus rude que celui des versions 2014 et 2016 de l’exercice. Il est aussi comparable, insiste-t-il aux  tests menés outre-Atlantique par la Fed . « Par comparaison […], la sévérité de ces tests se situe entre le scénario adverse et le scénario sévèrement adverse [prévu par la Fed] », insiste l’EBA. Il est vrai que les tests menés aux États-Unis se sont taillés avec le temps la réputation d’être plus lisibles qu’en Europe.

Cible ratée

Outre-Atlantique, les régulateurs – disposant de moyens importants – font tourner eux-mêmes les modèles de calcul. A l’issue de ce calcul, les banques doivent  atteindre un seuil minimum de fonds propres . Si la banque rate la cible, gare à elle ! Cela signifie qu’elle a échoué, et que mécaniquement elle ne pourra pas, par exemple, verser de dividendes cette année-là.

La version européenne est plus complexe... mais pas forcément plus laxiste. Ce sont les banques qui font tourner leurs ordinateurs et calculent elles-mêmes l’impact du scénario sur les bilan s. Les régulateurs – l’EBA en coordination avec la BCE ou les autorités nationales – en vérifient la cohérence. Il n’y a pas de seuil de fonds propres prédéfini à atteindre. En revanche, l’information est directement versée au contrôle permanent auquel sont soumis les établissements, et les gendarmes bancaires peuvent donc, au cas par cas, exiger un renforcement du bilan.

Edouard Lederer
@EdouardLedererSuivre @EdouardLederer


E – Présentation de L’Autorité bancaire européenne (ABE)EBA f33ad22cb1b3de56f9a706251df2f

L’Autorité bancaire européenne (ABE) est une autorité indépendante de l’UE qui œuvre afin de garantir un niveau de règlementation et de surveillance prudentielles efficace et cohérent dans l’ensemble du secteur bancaire européen. Ses principaux objectifs sont de maintenir la stabilité financière dans l’UE et de garantir l’intégrité, l’efficience et le bon fonctionnement du secteur bancaire.

L’ABE fait partie du système européen de surveillance financière (SESF), qui est constitué de trois autorités de surveillance:

  1. les Autorités européennes des marchés financiers (AEMF),
  2. l’Autorité bancaire européenne (ABE)
  3. l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP).

Ce système comprend également le Comité européen du risque systémique (CERS), le comité mixte des autorités européennes de surveillance et les autorités nationales de surveillance.

L’ABE est indépendante, mais rend des comptes

  • au Parlement européen,
  • au Conseil européen de l’Union européenne
  • à la Commission européenne.

Missions et tâches

Si les autorités nationales de surveillance (et dans un futur proche, la Banque centrale européenne pour les pays participant au nouveau mécanisme de surveillance unique, pilier essentiel de ce que l’on appelle «l’union bancaire») restent responsables de la surveillance des établissements financiers déterminés, le rôle de l’ABE est d’améliorer le fonctionnement du marché intérieur en garantissant une surveillance et une règlementation appropriées, efficaces et harmonisées au niveau européen.

La principale tâche de l’ABE est de contribuer, par l’adoption de normes techniques contraignantes et d’orientations, à la création d’un recueil réglementaire unique dans le secteur bancaire. Ce recueil réglementaire unique a pour but de fournir un ensemble unique de règles prudentielles harmonisées destinées aux établissements financiers dans toute l’UE, qui contribuera à créer des conditions de concurrence équitables et qui offrira une protection élevée aux déposants, aux investisseurs et aux consommateurs.

L’Autorité joue également un rôle important dans la promotion de la convergence des pratiques de surveillance, afin de garantir une application harmonisée des règles prudentielles. L’ABE est également chargée d’évaluer les risques et vulnérabilités dans le secteur bancaire européen, notamment à l’aide de rapports d’évaluation des risques réguliers et de simulations de crises paneuropéennes.

Parmi les tâches définies dans le mandat de l’ABE figurent les enquêtes sur les cas d’application insuffisante de la législation de l’UE par les autorités nationales, la prise de décision dans les situations d’urgence, ainsi que la médiation en cas de désaccord entre les autorités compétentes dans le cadre de situations transfrontalières.

L’ABE joue également le rôle d’organe consultatif indépendant auprès du Parlement européen, du Conseil et de la Commission.

Organisation

 

eba Andrea Enria, le président de l'Autorité bancaire européenne (EBA)

Andréa Enria Président de l’ABE (EBA en anglais)

La représentation extérieure de l’ABE est assurée par son Président, dont le rôle est également de préparer les travaux et de mener les discussions lors des réunions du conseil des autorités de surveillance. Un directeur exécutif prépare les réunions du conseil d’administration et veille aux tâches opérationnelles quotidiennes de l’Autorité.

Les deux organes de gouvernance de l’ABE sont:

  • le conseil des autorités de surveillance, qui est le principal organe décisionnel de l’Autorité. Il prend toutes les décisions politiques de l’ABE, telles que l’adoption de projets de normes techniques, d’orientations, d’avis et de rapports;
  • le conseil d’administration, dont le rôle est de s’assurer que l’Autorité remplit sa mission et accomplit les tâches qui lui ont été confiées. À cet égard, il est investi du pouvoir de proposer, entre autres, les programmes de travail annuels, le budget annuel, le plan en matière de politique du personnel, ainsi que le rapport annuel.

L’ABE coopère étroitement avec les autres Autorités européennes de surveillance (AES) dans le cadre du comité mixte sur les questions transectorielles. Enfin, une commission de recours a été créée afin de protéger efficacement les droits des parties lésées par les décisions adoptées par l’ABE.

Méthode de travail

Afin de garantir que l’ABE remplit ses tâches et mandats de manière efficace et transparente, l’ensemble des éléments rédigés par l’Autorité font l’objet de discussions dans le cadre de groupes de travail et de commissions permanentes auxquels les autorités nationales peuvent apporter leur contribution. L’ABE coopère également de manière régulière avec d’autres organes et institutions dans l’exécution de son mandat.

Des consultations publiques ouvertes sont menées, le cas échéant, sur les éléments régulateurs (normes techniques, orientations, etc.), afin que les parties concernées et toutes les parties intéressées puissent apporter leur contribution en matière de futures normes et orientations bancaires.

L’Autorité recueille également les commentaires et conseils du groupe des parties intéressées au secteur bancaire, un organe établi par le règlement de l’ABE dans le but de faciliter la consultation des parties concernées. Enfin, le cas échéant, l’ABE procède à une analyse des coûts et avantages de chaque proposition. Les éléments finaux sont adoptés, à l’issue d’un vote, par le conseil des autorités de surveillance.

Liens connexes

Résumé du rapport annuel 

Règlement fondateur de l’ABE

Les orientations et recommandations de l’ABE sont traduites dans toutes les langues et sont disponibles dans la section «Règlementation et Politique».

Pour obtenir de l’aide et des informations en cas de problème avec un établissement financier, rendez-vous sur notre espace consommateurs («consumer corner», en anglais uniquement).

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SOURCE/https://www.eba.europa.eu/languages/home_fr